■v " :; rUc.n^Ç / 1 FOR THE PEOPLE FOR EDVCATION FOR SCIENCE L1BRARY OF THE AMERICAN MUSEUM OF NATURAL HISTORY /Bound at\ [a.m.n.h.J ,10 ACTES LA SOCIETE LINNÉENNE IDE BORDEAUX s ACTES S.ûu^Uc/yV^ DE r r LA SOCIETE LINNEEME DE BORDEAUX TOM XXVIII Troisième Série : TOME VIII A PARIS, • CHEZ J.-B. BAILLIÈRE, LIBRAIRE, Rue Haulefeuille, 19; MÊME MAISON * lOnnnts , Madrid et new - roRn. A BORDEAUX, CHEZ CODERC & DEGRÉTEAD ( Maison LAFAKGUE ), Rue du Pas Saint-Georges, 28. 1871 ' \ i: .1 /.i,!' l-i.qv^^res recherches toujours incertaines, souvent infructueuses. Il y a à peine sept ans, nous publiâmes la Faune conchyliologique ter- restre et fluvio-lacustre de la Nouvelle-Calédonie. Cette publication fut favorablement accueillie, et son édition épuisée en peu de mois, démontra l'intérêt qui se rattachait à l'œuvre où nous essayions de dé- voiler les richesses de notre nouvelle colonie. Les mollusques énumérés dans ce travail, bien que récoltés seule- ment sur quelques points des côtes, faisaient pressentir déjà le nombre qui serait atteint, lorsque l'occupation de l'archipel permettrait aux na- turalistes de voyager sans trop de danger dans l'intérieur des terres, ou sur les chaînons montagneux qui forment l'ossature de l'île princi- pale. Nous avons signalé les personnes qui nous ont fourni les documents de notre premier volume, mais nous aurons à en signaler plusieurs autres qui, depuis cette époque, nous ont rendu des services sérieux par (3) les résultats de leurs nombreuses recherches sur des points inexplorés jusqu'alors. Le but que s'était proposé le gouvernement français a été atteint. Une colonie pénitentiaire est établie sur la petite île Nou , en face de Port-de-France et de Nouméa. Tout paraît confirmer les prévisions et donner raison aux expériences commencées. L'état sanitaire du pays a permis de donner un développement convenable à cette institution, qui deviendra la pépinière d'où sortiront les éléments d'une colonisation aaalogue à celles de l'Australie et de Van-Diémen. Déjà, les transportés les plus méritants ont obtenu des concessions de terrain de l'administration. On ne tardera pas, nous l'espérons, à voir s'épurer les mœurs de ces malheureux qui, après avoir cédé à de funestes passions, ont cru longtemps que l'avenir leur était fermé sans retour ; mais, au lieu du triste aspect du bagne, ce réceptacle de toutes les infirmités morales de l'humanité, se voyant en présence d'une na- ture luxuriante et d'un sol fertile et généreux, ils sentiront leur âme s'élever vers la création , ils renaîtront à l'espérance , et le stigmate qui les souillait disparaîtra peu à peu par le travail , la bonne conduite, et surtout par les liens de la famille. Nous nous réjouissons de ce résultat impatiemment attendu, et c'est avec un vif sentiment de gratitude que nous applaudissons aux efforts déjà faits. La petite garnison, appelée en vue de surveiller les convicts, a pro- curé plus de sécurité aux Européens, et les nombreux colons qui se sont établis dans l'archipel, attirés par la nature du sol et la salubrité de sa température, le personnel de la marine généralement très-instruit et porté vers l'observation ; tous ces éléments réunis ont permis de nou- velles excursions à l'intérieur et facilité les recherches. Il est fâcheux que cet accroissement de sécurité ait été cause d'un conflit regrettable entre l'autorité militaire et les missionnaires. Il ne nous appartient pas de juger ici du plus ou moins des torts des deux parties, mais il nous sera permis toutefois de les regretter. Les missionnaires sont venus les premiers déblayer les obstacles, reconnaître le sol et s'initier à la langue des indigènes, sans employer d'autres armes que leur parole convaincue. Les dangers qu'ils ont af- frontés, les privations de toutes sortes qu'ils ont eu à subir pendant sept longues années avant la prise de possession, tout, jusqu'à la mort violente de plusieurs d'entre eux, devait, ce nous semble, militer beau- coup en leur faveur, et si la rigidité du code militaire n'a pas permis ( 4 ) de passer sur quelques détails oîi l'accord n'était pas possible , nous pensons que, dans un pays nouveau, la conciliation doit être la meil- leure des armes pour atteindre le but proposé : une bonne coloni- sation. III. Après MM. Montrouzier, Magen, Souville, Déplanches, Lassime, Lam- bertot, Raynal et Bourgarel, sont venus MM. Destrémaux , Maynard, Villandre, Vieillard, Marie et le R. P. Lambert. Ces deux derniers, surtout , ont augmenté dans de notables proportions, le nombre des es- pèces recueillies par leurs prédécesseurs, et procuré des renseignements sur les animaux. Le Journal de Conchyliologie a publié une série nom- breuse de diagnoses de MM. Crosse, Fischer, Marie, Souverbie et nous, provenant des récoltes de ces explorateurs et des envois successifs du R. P. Montrouzier depuis notre première publication. Nous possédions des espèces des côtes est et ouest de la grande terre, des îles, des Pins, Nou, Art, Pot et Lifou. Aujourd'hui, nous avons à ajouter plusieurs localités nouvellement explorées, dont chacune a augmenté notablement le nombre des espèces inédites, ce sont : sur la côte Sud-Ouest : Koe, Mont Mou, Mont Coqui, Mont d'Or, Payta, et baie Doulari; sur la côte Nort-Est : Gatopé, Arama , Bondé, et enfin les îles Ouvea et Mare, du groupe des Loyalty. Nous avons pu constater la présence, dans ces stations diverses, d'une certaine quantité de mollusques que nous avions déjà reçus, mais dont la provenance nous paraissait douteuse, car ils ne nous étaient parvenus que par des intermédiaires qui n'osaient eux-mêmes nous en affirmer l'authenticité. Il en est malheureusement encore quelques-uns qui, ne nous étant pas arrivés directement, restent dans cet état vague et incertain , et qui sont peut-être destinés à y rester longtemps encore. Le groupe des îles Loyalty a été peu exploré; les espèces qui nous sont arrivées des îles Lifou, Ouvea et Mare, nous font regretter que des explorateurs intelligents ne se soient pas encore dirigés vers ces parages qui nous paraissent receler des formes assez typiques, bien que se rap- prochant beaucoup de celles de la grande île. Nous sommes fondé à penser que toutes les îles basses qui se trouvent au-delà des récifs, fourniront de nombreuses espèces, puisque chaque îlot, pris isolément , en a déjà fourni quelques-unes, par le fait seul du ( 5) transport du bois de Saudal. Le R. P. Lambert nous annonce un envoi de l'îlot Koutoumo, de Goro , Ile des Pins, Mare et des environs de Nouméa. Il serait donc à désirer qu'une commission scientifique fût instituée dans le but d'explorer, non-seulement les grandes terres, mais aussi les îlots épars, la biologie y trouverait son compte et la géologie égale- ment. Nous savons que plusieurs savants ont commencé cette œuvre ; mais l'initiative privée ne saurait suffire en présence des difficultés nombreu- ses qu'entraînent avec elles les explorations coûteuses dans un pays en- core neuf. Les travaux de MM. Montrouzier, Jouan, Lombardeau, Bouquet de la Crye, Eudes Deslongcbamp etc., etc., ont réussi à donner un ensemble satisfaisant sur la zoologie, la géograpbie et la géologie ; mais ce ne sont là que des prodromes, de simples ébaucbes, et il est réservé à do nouveaux explorateurs de faire connaître exactement , ou du moins à peu près, les richesses de ces terres placées à l'extrême orient de l'Europe. Nous pensons que quelques savants commissionnés par l'Institut, dû- ment pourvus d'instruments, et protégés par les forces de la colonie, feraient en moins de deux années, des découvertes plus nombreuses que les efforts isolés de tous ceux qui, jusqu'à ce moment, ont néan- moins tant fait déjà en faveur de la science. Puisse notre vœu trouver de l'écho au sein des sociétés intéressées à la propagation des sciences spéculatives ! IV. Nous avons signalé, dans la première partie de cette faune, le carac- tère particulier qu'affectent les mollusques calédoniens. Ce caractère tranché et typique ne se retrouve en effet que dans l'Archipel. Depuis cette publication, de nouveaux faits sont venus se grouper à notre appel et nous ont prouvé que nous ne nous étions point trompé ; en effet, alors que la conchyliologie marine participe de celle des îles Philippines et de l'Indo-Chine, la conchyliologie terrestre et lacustre garde son cachet propre qui n'a des analogies éloignées qu'avec celles des terres les plus voisines, et, à part le genre Neritina qui a des repré- sentants à Taïti et dans les îles de l'Océan pacifique, la majeure partie des autres mollusques ne se trouve que dans l'archipel Calédonien. ( 6 ) Aiusi, comme nous l'avons déjà dit, les bulimes affectent tous la forme auriculée sans posséder cette expansion du bord droit, particu- lière aux espèces dos îles Feedje et Salomon, comme par exemple les Bulimusmalleatus, morosus, fulguratus, Strangei, etc. Les hélices ont presque toutes une striation sillonnée tout-à-fait uniforme, dont le type principal est YH. inœqualis qui pourtant est signalée de provenance Néo-Zélandaise. Mais le fait le plus saillant, celui qui nous a toujours frappé, c'est la présence sur ces terres de colonies nombreuses et variées de Physes et surtout de Mélanopsides ! Il y a des Physes en Australie, dans certaines îles de la Polynésie, à Tonga; dans l'Indo-Chine, à Ceylan, à Timor, etc., etc., mais nous ne pensons pas qu'on ait signalé des Mélanopsides autre part que dans les contrées les plus méridionales de l'Europe, l'Asie, et au nord dp l'Afrique (4). La présence des Mélanopsides à la Nouvelle-Calédonie est donc un fait de dispersion qu'il est fort difficile d'expliquer et sur lequel nous appelons l'attention des hommes compétents ; quant à nous, nous ne nous croyons pas suffisamment renseigné pour essayer une simple sup- position à ce sujet, nous nous contentons de signaler un fait remarqua- ble au point de vue de la géographie malacologique et de la distribution des espèces. Nous avions témoigné nos regrets au sujet de l'absence des mollus- ques nus dont nul correspondant n'avait envoyé de spécimen, lorsque enfin en 1864, le R. P. Montrouzier nous en fit parvenir deux espèces. Kn 1865, le regrettable Hupé nous en montra quelques-uns, et, en 1867, M. E. Marie en fit parvenir des individus à MM. Crosse et Fischer. Ce dernier se chargea de l'anatomie des ces mollusques ; elle a paru dans le Journal de conchyliologie, 3 e série, vol. X, année 1868. Ces animaux appartiennent aux deux genres : Vaginulus et Athoracophorus. M. Marie, a trouvé une limace sur le sommet du Mont Mou [Lim. Mouensis). Plusieurs autres genres sont venus augmenter le nombre de ceux déjà signalés, ce sont: Limax Linné; Zonites Montfort ; Geostilbm Crosse; Marinula King; Cassidula Férussac; Diplommatina Benson ; Tornatellina Beck , et Ancylus Geoffroy. Quant aux espèces à ajouter à celles décrites antérieurement, elles dépassent le double. La plupart sont nouvelles et ont été décrites (1) Reeve en signale ;i lu Nouvelle-Zélande? ( 7 ) par MM. Montrouzier, Souverbie, Crosse, Fischer, Marie, Pfeiffer et nous. Nous avons dû, comme précédemment, inscrire dans notre ouvrage des espèces que nous ne connaissons pas, tout en nous en rapportant à l'honorabilité de leurs auteurs ; nous n'avons point voulu laisser subsister des lacunes que nous aurions regrettées plus tard. C'est ainsi que nous avons dû y rétablir le Cyclostoma Couderti de Fischer , ayant acquis la certitude de sa provenance. V. L'île principale est désignée sous le nom d'Opao par les Kanaks; l'île des Pins sous celui de Koanié. Nous savions d'après MM. Montrou- zier, Jouan et plusieurs autres que tous les mots ou se rencontrait la lettre u devaient se prononcer ou. Toutes les cartes portaient les noms écrits avec la première lettre seule, comme cela a lieu chez presque tous les peuples: Italiens, Espagnols, Portugais, Anglais, Allemands, etc. Nous nous étions donc accoutumé à écrire Numea, Kunie, Uagap, Nu, Kune, Uen, Tuauru, Uailu, Pitebo, Kunak, Uvea, Lifa, etc., etc., mais il paraît d'après M. Marie , que le gouvernement de la Nouvelle-Calédo- nie a décrété que l'orthographe française devait seule prévaloir, puisque les Kanaks ne possèdent point de Langue écrite et ne connaissent que la langue parlée. Nous ne savons pas jusqu'à quel point ces raisons sont acceptables, car elles diffèrent de celles sur lesquelles s'appuient MM. Montrouzier et Jouan, et qui, nous l'avouons, sont aussi les nôtres. Du moment que c'est une affaire de convention et qu'il est résolu que la lettre u se prononce ou et que cette orthographe domine partout, rien n'était plus facile d'agir avec le Néo-Calédonien comme avec les autres langues. Il pourra se faire alors que les étrangers venus dans la colonie dénaturant les mots par suite de leur prononciation propre, soient trompés involontairement, par les naturels, dans les indications qu'ils seront forcés de demander et que ceux-ci comprendront quelquefois tout à l'opposé. Il eût été préférable sans doute de conserver l'orthographe connue, que de dénaturer une langue admise dans toute la Polynésie depuis la découverte ; mais il nous sera impossible de nous soustraire au décret colonial et nous devrons forcément accepter la prononciation officielle à moins de nous voir taxer de malveillance et changer en ou ce que nous avons écrit en v ! (8 ) VI. Il est peu de pays qui puissent rivaliser, pour la richesse de leurs produits malacologiques, avec l'archipel de la Nouvelle-Calédonnie. Les explorations encore imparfaites opérées par plusieurs personnes , en ont fait connaître, sans doute, une grande partie; mais il reste beaucoup à découvrir surtout dans l'intérieur et dans les îlots voisins. On peut préjuger, d'après notre liste de la première partie et les résultats obtenus en 1 7 années d'occupation partielle, ce qui pourra ré- sulter d'investigations plus complètes , puisque nous avions atteint le chiffre de 135 espèces en 1863, et, que, en moins de 7 ans, nous avons atteint celui de 280 espèces ou variétés tranchées. Nous possédons en MM. Lambert, Marie et Montrouzier, trois zoolo- gistes, dont les observations et les patientes recherches ont éclairé plusieurs points obscurs relatifs aux moeurs et aux habitats de la plupar* des mollusques dont nous ne connaissions que l'enveloppe testacée. Si ces naturalistes avaient des émules dans les îles voisines, nous ne tarderions pas à posséder un plus grand nombre de faits dont notre œuvre se ressentirait promptement ; nous n'aurions pas à regretter des lacunes momentanées dans rénumération des espèces et nous serions plus satisfait des résultats obtenus. Quoi qu'il en soit, nous nous estimons très-heureux des chances nom- breuses qui nous ont permis d'atteindre, en si peu de temps, un chiffre aussi élevé; nous osons espérer qu'on nous tiendra compte de nos efforts à faire connaître la Faune malacologique de notre lointaine colo- nie, et nous nous engageons à ne rien négliger dans le présent et dans l'avenir, pour rendre notre œuvre digne des encouragements et des nombreuses marques de sympathie qui l'ont accueillie au début. VIL Il nous reste maintenant à témoigner notre reconnaissance à ceux de nos amis qui ont bien voulu nous aider de leurs communications et de leurs conseils. Il en est plusieurs, qui n'ont pas hésité à nous confier tout ce qu'ils avaient reçu en espèces terrestres et fluvio-lacustres, nous laissant le champ libre pour les décrire, bien qu'ils eussent toute auto- rité pour le faire eux-mêmes. Ces actes de bonne confraternité et de gracieuse obligeance, nous ont (9 ) touché ; elles ont contribué puissamment à nous encourager dans la voie où nous nous étions engagé depuis 1857. C'est donc avec un vif sentiment de gratitude, que nous citerons les noms de M. le R. P. Montrouzier, notre collègue linnéen, qui nous a envoyé une grande quantité de coquilles et les genres Vaginulus et Athoracophorus ; M. le docteur Saint-Martin Souverbie qui a mis, à notre disposition, toutes les espèces du Musée de Bordeaux; M. Daniel Guestier qui nous a confié celles qu'il avait reçues du R. P. Lambert, curé de Conception, et parmi lesquelles un groupe de bulimes de l'île Ouvea, l'une des Loyalty, dont nous ne connaissions pas les produc- tions ; MM. Villandre et Maynard , capitaines au long-cours , auxquels nous sommes redevable de quelques espèces de Nouméa , Saint-Vincent et Port-de-France ; M. Raynal, des espèces de l'intérieur de la grande île; M. Arthur Morelet , la communication de ses types; M. Crosse, les types de M. Marie et les siens ; l'éminent professeur, M. Deshayes qui nous a permis, avec sa bienveillance habituelle, de comparer nos espèces avec celles de l'immense collection qu'il possédait et qu'a acquise l'Ecole des Mines; le regrettable Hupé, qui nous facilita la recherche de quelques mollusques nus dans les collections du Muséum et de testacés terrestres reçus par l'intermédiaire du ministère de la Marine. MM. Vieillard et Eugène Deslongchamps , tout ce qu'ils avaient rapporté ou reçu; M. Marie, ses types et de nombreuses notes sur les animaux; enfin, M. Aubry Lecomte, qui nous permit l'étude des espèces rapportées par M. Déplanches et étalées à Paris à l'Exposition universelle de 1867. Des remerciements spéciaux doivent être adressés à notre ami et col- laborateur le docteur P. Fischer, pour les soins qu'il a apportés à sur- veiller l'exécution des planches confiées à M. Levasseur. On le voit, les documents, les communications et les conseils ne nous ont pas fait défaut, aussi constaterons nous avec loyauté, les résultats dus au concours de nos bons confrères ; sans eux, il nous eût été fort diffi- cile, sinon impossible, de poursuivre le but que nous nous étions pro- posé. C'est donc un devoir pour nous de leur témoigner hautement notre reconnaissance, espérant la continuation de ce concours pour l'œuvre à laquelle nous nous sommes dévoué et à laquelle nous avons consacré 1 4 années d'études. Andernos, 27 septembre 1869. J.-B. Gassies. ( 10 ) DÉTAILS T0P0GRAPHIOUES PARTANT DU SUD REMONTANT VERS L OUEST Ile Nokaonhoui. — des Pins ou Kounié. — Ouen. — Alcmène. Ilot Koutoumo. Baies du Sud. — Ouié. — Ngo. — Mouea. Nouméa. Ferme-modèle. Conception. Boulari. Saint-Louis. Mont-d'Or. Vallée de Ploums. Bourail. Baie de Dumbea. Ile Moulin. — Taro. — Diendieban. — Art (Belep). Mont Coqui. — Mou. Mont d'Or. Saint-Vincent. Naniouni. Ile Boloupari. — Nou. — Mathieu. — Hugon. — Montagnes. — Ducos. — Le Préilour, - Parseval. — Montra vel. Kouné. Gatopé. Kounak. OUEST-NORD-OUEST Ile Pot. — Surprise. — Huon. CÔTE EST INORD), DESCENDANT VERS LE SUD Ile Nenema. — Boulabio. — Poum. — Boudioué. Embouchure du Diahot. Baie d'Arcourt. Arama. Tiari. Balade. Bondé. Mahamata. Baino. Pouebo. Jenjen. Baie Bayonnaiss. Touo. Ouagap. Ina. Necoué. Baie Lebris. Ouaïlou. Bogota. Kanala. Lac de Kanala. Nekêté. Port Bouquet. Touaurou. Yaté. Kouebouin. ( 11 ) AL LARGE A L EST Ile Loyalty. — Ouvea. — Beaupré. — Lifou. — Vauvilliers. Ile Mare. — Ndoundoure — Tipa. =— Boucher. Sud-Ouest. Ouest. TRIBUS. des Réké. des Manoncoé. de Nouméa. de Saint-Vincent. de Konei. de Goinen. de France. Laguerre. Saint-Vincent. Neoué. Nord -Est.. de Nenema. de Koko. de Bondé, de Jengen. de Kanala. Est .1 de Ouaïlou. de Touaurou. PORTS. Est. Balade. Pouebo. Jenjen. Kanala. Kouaoua. Une foule d'îlots et d'îles basses sont encore ù explorer, aiusi que le.< montagnes et les vallées de l'intérieur. ( 12 ) DESCRIPTION DES ESPÈCES Genre I. — VAGINULE, VAGINULUS Férussac. N° 1 . Vaginuliis plebeius P. Fischer. Journ. Conch., 3 e série, t. VIII, p. 145, avril 1868. [(PI- fis- I.)(0 Corpus elongatum, antice et postice rotundatum, et medio sordide infumatum, zona longitudinale , fusca, obscure diluta utrinque notatum , margine pallii paUidiore, ïutescente; tentacuiis palliais (Fischer). Long. anim. tiv. 50 mill. (ex icône). Hab. L'île Art (Montrouzier), Nouméa (Marie). Animal à corps allongé, arrondi en avant et en arrière, couleur de fumée bronzée, zone longitudinale brun verdâtre obscur un peu estompé; dessous du pied d'un gris sale jaunâtre; tentacules supérieurs oculés au sommet , très-pâles , les inférieurs non oculés et très-petits , cavité pulmonaire intermédiaire et latérale entre la cuirasse et l'extré- mité caudale. Le R. P. Montrouzier a recueilli ce Vaginulus à l'île Art, sous les fouilles mortes et dans les lieux humides. M. Marie l'a trouvé à Nou- méa, c'est-à-dire à l'extrémité opposée, ce qui peut faire supposer que son aire est assez étendue. D'autre part, feu Hupé nous montra cette espèce dans l'alcool en 1863, alors que dous publiions la première partie de notre faune. Il a donc fallu 5 ans pour sa publication , qui a eu lieu dans le Journal de Conchyliologie par le docteur Fischer. Genre II. — ATHORACOPHORE, ATHORACOPHORUS Gray. N° L Atlioracopliorus liirisdo P. Fischer. Journ. Conch., 3 B série t. VIII, p. 1 46. Avril 1868. (PI. I, fig. 2.) Corpus crassum, elongatum, postice acutum, niinutissime rugosum, ad soleam par uni dilatatuni; solea lutescens, concolor; sulcus longitu- dinales médius regularis, sulcis lateralibus obliguis, Œguidistantibus ; (1) Dessin d'oprôs nature, par M. E. Gentils. ( 13 ) clypeo triangularis , punctis minutis, numerosis, adsperso ; color lutes- cens en m maculis sparsis rotundatis, fusco-nigrescëhtibus. Limacella crassa, renifonn is. Long, anim. in alcoh. 80, lat. 15 mill. — (Fischer). II.vb. Ile Art, (Montrouzier), Nouméa (E. Marie). Voir l'excellente anatomie de l'animal, faite par M. Fischer, dans le n° 3 du Journal de Conchyliologie, I er juillet 1868, avec ligures. Animal épais, allongé, acuminé postérieurement, couvert de petites ruguosités, plus grandes vers le pied; dessous du pied jaunâtre ; rugo- sités médianes régulières, les latérales obliques, également distantes; cuirasse triangulaire, recouverte de ponctuations nombreuses, petites et chagrinées ; couleur jaunâtre avec des taches éparses, arrondies, bronze noirâtre enfumé. Limacelle épaisse rendorme. Cet Athoracophorus est également depuis longtemps dans les collec- tions du Muséum, et certainement avant les diverses publications qui ont eu lieu sur notre nouvelle colonie. N° 3. Atlioracopliorus modestus, H. Crosse et P. Fischer. Journ. Conclu, 3 e série t. X, p. 238, avril 1870. (PI. H, Bg. I.) Corpus elongatum, antice rotundaluin, postice subattenuatum, oli- vaceo-nigricans, lineis sut lotis, obliqwis, e linea dorsàli irregularitcr oriundis, nigricantibïiè omnium; solea albida; caput latum, bifurca- tione lineœ dorsalis, medianœ, longitudinalis , nigricdntis , subtrian- gula/riter circumscriptum ; tentacula sut longo intervallo separata, et colore paulo pallidiore; clypeus triangularis, breris, pallidior ; orifi- cium pulmoneum lineœ dorsàli valde vicinum; orificium génitale a tentaculo dextro sat distans et margini soleœ fere contiguum. — Lima- cella? Longit. animalis ambulantis, 22; lat. i 12 mill. Habitat in Nova Caledonia. (E. Marie.) Ons. Species ab A. hiriidine facile distinguenda statura multo minore; capile majore, linea nigricante, subtriangulari circumscripto ; colore corporis irrcgulariter, lineati, nec maculati; clypeo breiiore, loco orifi- ciorum et tentaculis magis distantibus. (II. Crosse et P. Fischer.) Animal allongé, arrondi antérieurement, un peu atténué en arrière, de couleur bronze olivacé, avec des linéoles noires espacées, obliques, une plus forte part de tentacules et parcourt le milieu du dos jusqu'à la marge postérieure ; sole du pied blanchâtre ; tête large, sur laquelle se ( u ) bifurque la ligne dorsale, qui est médiane, longitudinale, noirâtre, sub- triangulairement circonscrite ; tentacules séparés largement, roussâtres, pâles; cuirasse triangulaire, courte, pâle; orifice pulmonaire voisin de la ligne dorsale; orifice génital près du tentacule droit et du bord mar- ginal. — Limacelle? Longueur de l'animal en marche, 22, larg, 4 1/2 mill. H\b. La Nouvelle-Calédonie (M. E. Marie). Observ. — Cette espèce se distingue de VAth. hirudo par sa taille moindre; sa tète plus grosse, sa linéole noire subtriangulaire et raccourcie; son corps irrégulièrement linéolé, non maculé; sa cuirasse raccourcie, ses orifices éloignés des grands tentacules. Genre III. — LIMACE, UMAX Linné. N° 4. Ii. ïttouensis Gassies. Il ne nous est pas possible d'établir une diagnose sur la limacelle qui nous a été communiquée par M. E. Marie. Les souvenirs de ce zélé na- turaliste n'ont pu nous édifier suffisamment sur la coloration et les autres caractères de ce limacien, que nous recevrons probablement plus tard à l'alcool. La limacelle est irrégulière, sans spire, avec un fort épaississement au centre ; la partie inférieure est assez brillante et res- semble assez à du marbre blanc fracturé sans poli. Hau. Le Mont Mou (Nouvelle-Calédonie) (M. E. Marie . Il est donc acquis aujourd'hui, que la Nouvelle-Calédonie possède les trois genres suivants parmi les mollusques nus : Vaginulus, Athoracophorus, Limax. Nous espérons que des recherches ultérieures nous feront connaître d'autres espèces, cachées probablement dans les vallées de l'intérieur. Genre IV. — AMBRETTE, SUCCINEA Draparnaud. N° 5. Succinca ITIontrouieieri CROSSE. Journ. Conch. 3 e série, t. VII, p. 433. 1867. S. Australis, Férussac; Gassies, Faune, p. 19. Observ. — M. Crosse a reconnu que cette espèce, dont nous avions douté nous-mème , n'était point le véritable S. Ausiïalis Férussac; aussi s'esl-il empressé de la dédier à noire honorable collègue. Hab. Ile Art, ( Montrouzier) a lie Lifou, Nouméa, Bouloupari E. Marie . ( 45 ) N° 6. Succinea Paulucciœ Gassies. Joura. Conch., 3 8 série t. X, p. 140, janvier 1870. (PL 1. f. 3.) Testa mediocris, ovata, ad basin dilatata, superne acuminata, angu- lata, apice acuto, striis longitudinaliter undulatis; luteola, nitida, vcl rosea; spira abbreviata, obtusa, superne fortiter contorta; anff. 3 convexi, ultimus 3/i longitudinis œquans; sutura vix profunda , appressa; apertura ovata, oblonga, rotundata, inferne dilatata, superne vix angulata; peristoma simplex, vix callososum continuum, columella patula, vix crassa. Long. 9, diam. 5-6 mill. Apert. o mill. longa, 4 lata. Hab. L'île Lifou (Loyalty) (M. Dâplanches;. (15 specim. vidi). Coquille de taille intermédiaire , ovale à la base et très-acuminée au sommet; stries d'accroissement onduleuses; épiderme jaunâtre, luisant ; test un peu rosâtre ; spire courte, obtuse, fortement tordue au sommet ; tours au nombre de 3, convexes, le dernier formant à lui seul plus des 3/4 de la longueur totale ; suture assez profonde bridant les tours ; ouverture ovale, oblonguo, arrondie, élargie à la base, peu anguleuse au sommet; péristome simple, légèrement bordé, se réunissant par une mince callo- sité avec le bord columellaire qui est un peu épais , par rapport au genre. Observ. — Cette espèce diffère beaucoup de sa congénère de Pile Art (S. Monlrouzieri Crosse); elle est plus allongée, plus solide; sa spire vue en dessus a une torsion très-accusée et le nucléus fait sa révolution sur le côté supérieur. L'espèce qui s'en rapproche le plus est le S. Pfeifferi, Rossm. d'Eu- rope. Nous prions M m « la Marquise M na Paulucci, d'agréer cette modeste dédicace N° 7. S. Fiackcri Gassies (PL 7, flg. 19.) Testa ovata, ventricosa, brevis, ad basin valde dilatata, ad apicetn vix acuminata mamillata, oblique striata, striis elevatis, costulatisque ; spira brevis, obtusa; anfractus 3 convexi, ultimus peramplus; sutura compressa, parum profunda; apertura ovato-rotunda, ad basin valide dilatata, superne vix angulosa; peristoma simplex, columella arcuata Hnearis , candidula; color lutescens-corneus, nitens. Longit. 9, lat. 6, millim. — Apert. 7 mill. longa, 5 1/2 lata. Hab. Conception près Nouméa (Nouvelle-Calédonie) (Lambert). ( 10 ) Coquille médiocre, ovale, ventrue, courte , très-dilatée à la base, à peine et brusquement acuminée au sommet qui est mamelonné , striée obliquement dans le sens spiral; ces stries s'élèvent en côtes assez régu- lières surtout vers le dos et l'ouverture; couleur d'ambre une peu foncé, luisante; spire très-courte, obtuse, composée de trois tours con- vexes, le dernier formant , à lui seul, la presque totalité de la longueur moins 1 1/2 mill. : suture comprimée, peu profonde; ouverture ovale arrondie, très-dilatée à la base, à peine anguleuse au sommet ; péris- tome simple ; columelle arquée, linéaire, un peu blanche, à peine épaisse. Observ. — Cette gracieuse espèce est parfaitement caractérisée par l'am- pleur du dernier tour et de son ouverture, le raccourci du sommet et les stries élevées qui parent le test. Dédié à mon ami M. le docteur P. Fischer, comme faible témoignage de reconnaissance pour les soins qu'il a donnés à l'exécution des planches du présent travail. Genre V. — ZONITE , ZOMTES Montfort. N° 8. Zonites stifofulvus Gassies. Journ. Conch., t. VI p. 49. Janvier 1866. H. Delacouriana Marie. (PI. 1. fig. 4.) Testa rimata, turbinato-globosa, conoidalis, cornea vel fusca, niiida; minutissime striatula; anfractus 6 convexi, gradatim accres- centes, ultimus basi cowoexiuscxdus , antice descendons, subcarinatus ; apice nitidulo ; apertura subrotunda, depressa; peristoma rectum, simplex, acutum; columella vix patula; sutura impressa. Diam. maj. 5 1/4, min. 4, 4 1/2, ait. 4 mill. Hab. L'île Art, Nouvelle-Calédonie (M. Montrouzier), Nouméa (M. E. Marie). (Vu 16 individus.) Coquille perforée, turbinée, globuleuse, conoïdale , luisante, couleur de corne fauve-bronzé, très-finement striée ; spire de six tours croissant régulièrement, le dernier convexe à la base, un peu descendant, sub- caréné; sommet luisant; ouverture subarrondie, déprimée en des- sous; péristome simple, tranchant columelle un peu calleuse ; suture comprimée. Observ. — Celteespèce, trouvée parmi des coquilles envoyées de l'île Ait et de Nouméa par MM. Montrouzier et Marie, diffère fort peu du Z. fulvus, Mul - hr. Elle a seulement ses tours plus turbines , sa suture plus profonde et son ouverture moins déprimée. ( 17 ) Genre VI, HÉLICE, HELIX, Linné. N' 9. M. Artensis Souverbie. Journ. Conch., t. VII, p. 289, 1859. — Faune, p. 19, pi. 1, hg. 2. Hab. Ile Nou, Nouméa, Saint-Louis, baie du Sud, Snail, Kanala (M. E. Marie). N° 10. M. Candeloii Crosse et Marie. Journ. Conch., 3 e série t. VIII, p. 148, pi. VIII, fig. 2, avril 1868. (PI. 2. fig. 2.) Testa latissinie umbilicata, depressa, discoidea, tenuis, pellucida, longiludinaliter obsolète costulato-striata, pallide luteo-flava, castaneo longitudinaliter fasciata; spira depressa, planata; sutura impressa; anfr. 4 planati, embryonales I 1/2 lutei, lœves, ultimus non descen- dais, rotundatus, paulo infra peripheriam albido-cingulatus ; apertura rotundato-lunaris, intus concolor ; peristoma simplex, marginibus distantibus, columeUari vix dilatato, externe acuto. Diam. maj. 6 1/2, min. 5 1/2; ait. 2 mill. Var. p. luteo-viridula, paulo major, vix obscure fasciata, cingulo al- bido, anfractûs ultimi carens. Diam. maj. 7, min. 6; ait. 2. Hab. Sur le Mont Mou, situé à environ 15 lieues au N.-O. de Nouméa Tribu de Saint- Vincent), vu 4 exemplaires. Coquille très -largement ombiliquée, déprimée, discoïde, mince, diaphane, munie de costulations longitudinales obsolètes, et d'une colo- ration jaune pâle, avec de nombreuse fascies longitudinales et d'un brun marron. La spire est déprimée et aplatie, la suture marquée. Les tours sont au nombre de quatre et plans ; les tours embryonnaires sont jaunes et lisses ; le dernier tour non descendant et arrondi, porte une cingulation blanchâtre et peu apparente , un peu au-dessous de la péri- phérie. L'ouverture est de forme lunaire-arrondie, et de même couleur que la partie externe. Le péristome est simple et à bords éloignés l'un de l'autre : le bord columellaire est à peine dilaté, le bord externe tran- chant. La variété ]3 un peu plus grande que le type, et à peine obscurément fasciée, est d'un jaune verdâtre et ne porte pas de cingulation blan- châtre sur le dernier tour. (Crosse et Marie ■. (Collect. Marie, Crosse et Oassies.i Tome XX VIII. 2 ( 18 ) N° 1 1 . H. miniitula Crosse. Journ. Conch., 3 e série t. X, p. 141, avril 1870 (.4). Testa subobtecte perforata, subdepressa, subdiscoidea, parum nitens arcuatim striatula, tenuis, pellucida, viridulo-nigricans ; spira vix prominula; sutura profunda, impressa; anf. 3 1/2mx convexiusculi , ultimus subrotundatus, basi planiusculus ; apert. obliqua, late lunato- rotundato ; peristoma simplex, margine columellari parum dilatata, basait et externo acutis. Diam. maj. : 3, min. 2 1/2 ; ait. 2 mill. (Coll. Marie i. Hab. Nouvelle-Calédonie. (E. Marie]. Coquille à peine perforée, subdéprimée, subdiscoïde , striée finement en travers, luisante , mince , pellucide, couleur vert noirâtre ; spire peu élevée; suture profonde, comprimée; spire de 3 1/2 tours à peine con- vexes, le dernier subarrondi, plane à la base; ouverture oblique large- lunulée, arrondie ; péristome simple, bord columellaire assez dilaté et aigu extérieurement. Observ. — Nous pensons que cette petite espèce pourrait bien un jour être réunie aux zoniles, lorsque l'animal sera connu. N° 12. H. Alleryana Crosse. Journ. Conch., 3 e série t. IX, p. 414, obtobre 1869. Testa subobtecte perforata, subdepressa, planiuscula, tenuis sim a , fragillima, translucida, haud nitens, longitud 'inaliter striatula, pallide riridula, unicolor; spira depressa, planata, sutura sat profunde im- pressa; anfr. 4 planulati, regulariter accrescentes, ultimus non descen- dens, magnus, depresse rotundatus ; apertura vix obliqua late lunaris, concolor ; peristoma simplex, acutum, margine columellari adinser- tionem subdilatato, reflexiusculo, perforationis maximam partem ohtegente, mox acuto. Diam. maj. : 7, min. 5, ait. 3 1/2 mill. Hab. Sur le Mont Mou, Nouvelle-Calédonie (E. Marie'. (Coll. Crosse, Marie et Gassies). Coquille à peine perforée, subdéprimée, aplatie, très-mince et fra- gile, translucide, brillante ; striée finement en long, couleur jaune (1) Quelques espèces nous étant arrivées trop tardivement pour être figurées, nous les ferons reproduire dans un prochain numéro du Journal de Conchyliologie. ( 19 ) verdàtre, pâle, uuieolore; spire déprimée, plane; suture profondément imprimée ; tours au nombre de 4 aplatis, croissant régulièrement, le dernier non descendant, ample, déprimé, arrondi; ouverture un peu oblique, ovale, arrondie, jaune verdàtre; péristome simple, aigu, bord eolumellaire un peu dilaté à son insertion , un peu réfléchi ; renversé sur l'ombilic qu'il recouvre presque en entier. Observ. — # Ceite espèce appartient probablement au genre Zoniie; son test luisant, fragile, rie couleur verdàtre et son ouverture mince la placent clans le groupe des espèces de ce genre. \" 43. H. Perroquiniana Crosse. Journ. Conch. , 3 e série, t. IX, p. 41 4 . octobre 1869. Testa umbilicata, depressa, planiuscula , tennis, translucida , lœvi- gâta, nitidula, olivacea, unicolor; spira depressa , apice vix subpromi- nulo; sutura impressa, profunda; anfr. 4 planulati, regulariter accrescentes , ultimus non descendons, magnus, depresse rotundatus, basi paulo pallidior; apertura vix obliqua , subdepressa, late et oblique lunaris, concolor; peristoma simplex, acutuin, margine colinnellari vix subdilatato, nonreflexo, umbilici mediocris partent, parviusculam occultante. Diam. maj. 7 3/4, min. 6 1/2, ait. 4 mill., apert. fere 4 mill. longa, 3 \/%lata. (H. Crosse \ Hab. La Baie du Sud, Nouvelle-Calédonie (E. Marie) Coquille ombiliquée, déprimée, presque plane, mince, translucide, lisse , brillante ; de couleur olive unicolore ; spire déprimée , sommet un peu élevé ; suture imprimée et profonde ; tours au nombre de 4 apla- nis, croissant régulièrement, le dernier non descendant, ample, dé- primé, arrondi, pâle à la base; ouverture un peu oblique, subdéprimée, largement oblique et lunaire, olivâtre; péristome simple, aigu, bord eolumellaire un peu dilaté, non réfléchi, ombilic médiocre, presque recouvert par le eolumellaire. (Collect. E. Marie, Crosse et Gassies. ) Observ. Cette espèce, un peu plus épaisse que la précédente, pourrait éga- lement être placée parmi les Zoniles, mais l'absence de documents sur le mollusque nous oblige à réserver notre opinion. N° 14. H. eerealis Crosse. Journ., Conch., t. VIII, 3 e série, p. 151, pi. IX, fig. 1, avril 1868. (PI. III, fig. 2.) Testa subimperforata, depressa tennis, longitudtnaliter flexuose ( 20 ) striato-costulata, subepîdermide flwca sordide albida; spirasubimmersa, medio concaviuscula; sutura prof 'unde impressa ;]anfr. 6 angusti, lente accrescentes , ultimus non descendons , magnus, rotundatus ; apertura obliqua, auguste lunaris ; peristoma simplex, marginibus distantibus, callo lato, tenui,junctis, columellaribretissimo, basali etexterno acutis. Diam. maj. 5, min. 4 ; ait. I 3/4 mill. Hab. Le Mont Mou, Nouvelle-Calédonie (M. E. Marie). Coquille paraissant à peu près complètement imperforée, déprimée , mince, munie de petites costulations longitudinales, serrées et flexueu- ses : sa coloration est blanchâtre, mais le test est habituellement recou- vert d'un épiderme mince et persistant, dont la coloration jaune rappelle le ton du froment. La spire, très-déprimée et presque enfoncée, est légèrement concave à sa partie médiane : la suture est fortement mar- quée. Les tours au nombre de 6, sont étroits et s'accroissent lentement ; le dernier non descendant, est grand et arrondi. L'ouverture, oblique, étroite et semilunaire, tend à se rétrécir un peu dans le voisinage du point d'insertion. Le péristome est simple : les bords éloignés l'un de l'autre, sont réunis par un dépôt calleux, large, et mince : le bord co- lumellaire est très-court , le bord basai et le bord droit sont tranchants. Observ. Cette espèce se rapproche des Hélix Bavayi et Lifouana, ei fait partie du même groupe à spire plus ou moins concave, qui est largement représenté en Nouvelle-Calédonie : elle est bien distincte par ses caractères. ( H. Crosse. ) i Coll. E. Marie et Crosse . N° ! 5. H. Baladensis Solverbie. Journ. Conch., t. XI, pi. XII, fig. 1. Faune, p. 36, pi. 1, fig. 21. Hab. Le Mont Mou et le Mont Coqui. ( M. E. Marie). Collect. Crosse, Marie, Mus. Bordeaux, D. Guestier et Gassies. N° 16. H. Saisseti Montrouzier (L. Journ. Conch., t. VIII, p. 205, pi. XI, fig. 4; Faune, p. 25, pi. i, fig. 8. Hab. Mont Mou, Nouméa, Snail, Bouloupari, Bourail M. E. Marie. No 17. H. occlusa Gassies. Journ. Conch., t. V, 3 e série, p. 210, Avril 1865. (PI. II, 6g. 13). Testa aîigustissinie nndrilicata , depressa , subdiscoidea , tenuicula, {{) Non Sfissiti (21 ) super ne, oblique costulata , inferne radiata , apice nitida, lutto-brun- nescens, maculis undatis, rufis variegata et ad suturam distincte macu- iata; spira mx elevata, sutura crispata, carinata, anfractus 4 con- cexiusculi , regulariter accrescentes , depressiusculi , ultimus non descendehs ; locus umbilici lamina titrea obtectus ; apertura obliqua, ovata lunaris; peristoma simplex, rectum, marginibus distantibus, superiore antrorsum arcuato, basali sub-deflcxo ; columella vix callosa, nitida intus griseo-nitida. Diam. maj. 6, min. o; ait. 3 mill. Hab. Port-de-France, Nouvelle-Calédonie \ M. Raynal u Coquille étroitement ombiliquée , déprimée , subdiscoïde , fragile , obliquemeut costulée en dessus ; inférieurement radiée , sommet lui- sant ; couleur jaune-brunâtre avec des taches onduleuses, rougeâtres, variables, se détachant nettement près des sutures ; spire un peu élevée, suture crispée , carénée ; tours au nombre de i un peu convexes , crois- sant régulièrement, le dernier non descendant; fente ombilicale recou- verte d'une lamelle vitreuse , comme Y H. Saisseti; ouverture oblique, ovale-lunaire; péristome simple, aigu à bords distants, le supérieur arqué en avant , l'inférieur un peu réfléchi ; columelle un peu calleuse , luisante, intérieur grisâtre luisant. Obscrv. — Se rapproche de 177. Turneri, mais en diffère par sa taille moin- dre, 6 mill. au lieu de 7 3/4, et par l'absence de callosité denliforme à la base du péristome. (Collect. Gassies ) N° 18. H. Turneri Pfeiffer. Malacol. Blatt., p. 234, 1860; Faune, p. 23. N° 19. H. Astur Souverbie. Journ. Conch., t. VIII, p. 205 , pi. XI, fig. 7-8; Faune, p. 24, pH.fig. 7. Hab. Nouméa , île Nou , Mont Mou , Saint-Louis , Ferme-Modèle , Koé (M. E. Marie . (Coll. Guestier, Marie, Gassies, Musée de Bor- deaux '. N e 20. H. Aphrodite Pfeiffer. Proc. Zool. soc, 4858, Faune, p. 27. M. E. Marie affirme que cette espèce n'est point néo-calédonienne, mais bien des îles Salomon ou Fedjee. ( 22 ) N° 21 . H. Noumeeniii Crosse. Journ. Conch., 3 e série, t. X, p. 241. Avril 1870. (PI. VIII. flg. 14). Testa pervie umbilicata, depressa, discoidea, tenuis, fragillima , vix striatula, saturate molaceo-fusca ; spira planata , apice concaviuscula ; sutura impressa ; anfr. 6 lente accrescentes , ultimus inconspicue sub- angulatus, basi planatus ; apertura obliqua , lunato-rotundata , conco- lor ; peristoma simplex , margine columellari parum dilatato; basali et externo acutis. (H. Crosse.) Diam. maj. 6 , min. 3 1/4 ; ait. 2 3/4 mill. (Coll. Marie et Gassies.) Hab. Dans le voisinage de Nouméa, Nouvelle-Calédonie (E. Marie). Coquille finement ombiliquée, déprimée, discoïde, mince, fragile, finement striée , de couleur brun violet ; spire plane , sommet enfoncé , concave ; suture comprimée ; tours au nombre de 6 croissant régulière- ment, le dernier à peine subanguleux, plaue en dessous; ouverture oblique , lunaire , arrondie , concolore ; péristome simple , bord colu- mellaire assez dilaté ; base et bord aigus. Observ. — Cette espèce est très- voisine de VH. velula Gassies, et ne sem- ble constituer qu'une variété plus grande. Le peu d'individus que nous avons vus ne nous permet pas de tranciier la question. N° 22. H. ritstieula Gassies. Journ. Conch., t. VII. p. 67. Juillet 1858; Faune, p. 28, pi. 1 fig. 11. N° 23. H. dispersa Gassies. H. Gyrina.GsLSs., Journ. Conch., t. VII, p. 369. Juin 1859; Faune, p. 29, pi. 1, fig. 12. Hab. L'île Nou, Nouméa, Ferme-Modèle, Mont Mou , Saint-Louis, Baie du Sud. (Commune.) Animal grêle , noir bleuâtre , tentacules postérieurs 3 mill. ; dessous bleuâtre clair. (M. E. Marie, j N° 24. H. vetula Gassies. Journ. Conch., t. VII, p. 69-70. Juillet 1858; Faune, p. 29, pi. 1, fig. 13. Hab. Nouméa, Ferme-Modèle, Saint-Louis (E. Marie > , Sud delà Nouvelle-Calédonio subfossilp i\ I'îIp Alr-.màne'. ( 23) N° 25. H. costulifera Pfeiffer. Proc. Zool. soc, p. 287. 1854. Reeve, Icon., n° 1418, t. 201. Faune, p. 26, pi. 1, fig. 9. Hab. Le Mont Mou, Nouméa, île Nou, Baie du Sud, Saint-Louis, Doumbea, Snail, Kanala (R. P. Lambert, Montrouzier, E. Marie). Animal blanc jaunâtre en dessous , tentacules jaunes , particulière- ment en dessus, tête gris ardoisé clair, partie postérieure blanc jaunâ- tre. (M. E. Marie.) N° 26. H. pinicola Pfeiffer. Proc. Zool. soc, p. 187. 1854. Reeve, Icon., pi. 201, fig. 13. Faune, p. 27, pi. 1, fig. 10. N° 27. H. Rhizopliorariim Gassies. Journ. Conch., t. V, 3 e série, p. 210-213. Avril 1865. (PI. 1, fig. H). Testa umbilicata , depressa, lenticularis , te nuis , valide et regulariter striata, sordide cornea, immaculata; spira vix convexa , superne ele- vato-depressa , apice nitido , inferne rotundata; anfractus 6 constricti, regulariter accrescentes , ultimus non descendons; sutura impressa, umbilicus perspectivus ; apertura lunaris, parum obliqua; peristoma simplex, rectum. Diam. maj. 5, min. 4 1/4 ; ait. 2 1/4 mill. Hab. Port-de-France, dans les bois. (M. Raynal. ) Coquille ombiliquée , aplatie, lenticulaire, mince, fortement et régu- lièrement striée , couleur de corne sale sans taches ni fascies ; spire un peu convexe , supérieurement élevée et déprimée ; sommet luisant, inté- rieurement arrondie ; tours au nombre de 6 resserrés croissant régu- lièrement , le dernier non descendant ; suture profonde , ombilic ouvert et profond laissant voir les tours embryonnaires ; ouverture lunaire un peu oblique; péristome simple, tranchant; columelle un peu calleuse. Observ. Cette espèce est voisine de 177. velula Gass., mais elle en diffère par les tours plus élevés de la spire, par sa striation moins forte, par son épi- derme sordide et caduc et par sa coloration jaune brun sale. ( 24 ) N' # 28. M. subcoacta Gassies. H. subcoacta Gassies, Journ. Conch., 3 e série, t. X, p. 4 40. Jan- vier 1870. (PJ 1, p. 10). Testa minima, late umbilicata, lenticularis , subconvexo-depressa , transversim striatula, unicolor rubiginosa, epidermide setosa, sub- coacta ; anfract. 5 fegulariter accrescentes , convexiusculi , ultimus vix descendons , sutura profunda ; apertura rotundata , superne angu- Jata , depressa, inferne rotunda ; penstoma simplex , acutum. Diam. maj. 3, min. 2 4/2 mill. ; ait. 2 4/4 mill. Hab. Ile Art. (Nouvelle-Calédonie) (M. Montrouzier). — Vu 3 spécim. Coquille petite assez largement ombiliquée, discoïde, déprimée, stries fines et transversales peu visibles , recouvertes par un épidémie soyeux de couleur rouille uniforme sans taches ni fascies; spire com- posée de 5 tours un peu convexes , croissant régulièrement , le dernier s' évasant à peine en descendant un peu à la base ; suture assez profonde ; ouverture ronde surbaissée supérieurement et un peu anguleuse, arron- die inférieurement ; péristome simple , tranchant. Observ. Cette petite espèce appartient au groupe (tes H. ruslicula, vctula dispersa, etc., etc. Elle en diffère par sa forme très -régulière, son ombilic moins ouvert, sa coloration uniforme et son épiderme soyeux ou feutré; vu à l'île Art sous les débris de feuilles et de cocos germes (rare). (Coll. Gassies.) N° 29. H. Melitse Gassies. Journ. Conch., 3 e série, t. X, p. 144, Janvier 4870. (pi. i,"fig. 9). Testa minima, profonde umbilicata, lenticularis, contexiuscula , transversim acute lamellala, lamellis ad carinam hirsutis, argenteis; unicolor castanea; anfractus comexisculi et rapide accrescentes, ultimus latus, vix descendons, sutura profunda, canaliculata ; apertura hoH- zontalis , ovato-rotundata ; peristoma simplex, rectum, superne anguia- tum, inferne ad columellam vix dilatatum , excavatum. Diam. maj. 3, min. 2 4/2; ait. 2 12 mill.. Hab. Ile Art (Nouvelle-Calédonie'! (Montrouzier) (vu 6 exemplaires . Coquille petite, profondément ombiliquée. Lenticulaire, assez con- vexe, couverte transversalement de lamelles aiguës, élevées, formant une crête en dents de scie, vues sous certains aspects, elles miroitent comme des lames de métal blanc; couleur uniforme brun-marron , sans ( 25 ) taches ni fascies ; spire composée de 4 tours assez convexes , croissant rapidement , le dernier, large et un peu descendant, dépasse le bord co- lumellaire ; suture profonde , un peu canaliculée ; ouverture horizontale embrassant le tour précédent ; péristome simple, tranchant ; columelle à peine épaisse. Observ. Cette petite espèce voisine de YH. ruslicula s'en distingue par sa taille moindre, un ombilic plus étroit et surtout par les lames epidermiques qui la parent. (Ma collection.) Dédiée à M me Mélite René-Lenormand, de Vire, comme faible marque de reconnaissante affection. N° 30. H. Calliope Crosse. Journ. CoDch., 3 e série, t. IX, p. 413. Octobre 1869. Testa umbilicata, depressa, tennis, costulis subflexuose arcuatis , mimitis, subdistantibus , luteo-albidis , longitudinaliter impressa, satu- rate fusca; spira mx elevata, apice planato ; sutura impressa; anfr. 5 planiusculi, sensim accrescentes , ultimus non descendons , depressus , basi planiusculus ; umbilicus latus, pertius, 1/4 diametri subœquans ; apertura diagonalis, lunato-rotundata , concolor ; peristoma simplex , marginibus dislantibus , subconvergentibus ; columellari brevi, externo antrorsum snbarcuato. (R. Crosse, i Diam. maj. 6 1/2, min. 5 1/2; ait. 21 2 mill. Coll. Crosse, Marie et Gassies\ La Nouvelle-Calédonie. E. Marie. Coquille ombiliquée, déprimée, mince, ornée de côtes subtlexueu- ses, arquées, minces, espacées, jaunes blanchâtres , couleur vert bronze unicolore; spire peu élevée, sommet plane ; suture comprimée; tours au nombre de 5 , planes , croissant sensiblement , le dernier non descendant, déprimé, plane à la base; ombilic évasé, profond, 1/4 du diamètre total ; ouverture diagonale , ovale - arrondie , verdùtre ; péristome simple , à bords éloignés; columelle courte, extérieurement renversée, un peu arquée. Observ. — Cette jolie petite espèce est voisine de notre H. Melilœ, mais elle s'en distingue : 1° par sa coloration bronze-vert; 2° ses lames plus espa- cées et plus saillantes, et 3° par sa taille toujours plus grande. N° 31. H. Hengcltei Pfeiffer. In Malak, Blatt., XIV, p. 197. 1867. Monogr., t. V, p. 495, n° 1557 à. Testa umbilicata, conrexo - depressa , solidula, carinata , striata , (20 ) albido-cornea , fasciis 4 angustis fulvidis, 2 supra, 2 infra carinam et periomphalo lato fulvo signata, lœvis; anfr. 5 1 /2 vix convexiusculi , lente accrescentes , ultimus non descendens , antice subdilatatus , subtus planiusculus ; apertura perobliqua , subtriangulari-lunaris ; peristoma rectum, marginibus convergentibus , catlo tenuis junctis , supero antror- sum arcuato , basali incrassato , cum columellari brevi , subverticali fere angulum formante. (Pfeiffer.) Diam. maj. 18, min. 15 1/2, ait. 7 mill. Hab. La Nouvelle-Calédonie (teste M. Landauer, in Pfeiffer). Coquille ombiliquée, convexe-déprimée, un peu solide, carénée, striée, couleur de corne pâle avec 4 bandes fauves, anguleuses, 2 vers le haut , 2 vers le bas de la carène, jaunes et plus larges à la périphérie, luisantes ; tours au nombre de 5 1 /2 , un peu convexes , croissant lente- ment , le dernier non descendant , un peu dilaté en avant , dessus un peu plane ; ouverture subtriangulaire , oblique , lunaire ; péristome aigu, réuni par une faible callosité , arqué vers le haut , épais vers la base et formant un angle presque vertical et court avec la columelle. Observ. M. Landauer, que nous avons vu à Bordeaux, n'a pu nous com- muniquer cette espèce, dont la provenance n r est pas certaine. N° 32. H. Vincentina H. Crosse. Journ. Conch., 3 e série, t. X, p. 238. Avril 1870. (PL VIII, fig. 13. ) T. pervie umbilicata, depresso-turbinata , tenuis, non striata, haud nitens , fulvido-comea , .unicolor ; spira parum elevata, apice planato ; sutura impressa ; anfr. 5 , primi 3 subplanati , penultimus et ultimus non descendens, rotundatus , basi subplanatus; apertura lunaris , lamella parietali mediana , intrante, valida, prominula, albidacoarc- tata; peristoma simplex, concolor, margine columellari vix subdila- tata, basali et externo subacutis. (H. Crosse.) Diam. maj. vix. 2, min. 1 1/2, ait. 1 1/13 mill. (Coll. Crosse et E. Marie). Hab. Saint- Vincent, Nouvelle-Calédonie. (E. Marie.) Coquille petite, ombiliquée, turbinée, un peu déprimée, mince, lisse, sans striation apparente, luisante, couleur de corne brunâtre pâle uniforme; spire assez élevée, sommet plane, suture comprimée peu profonde; tours au nombre de 5, les 3 premiers presque planes, l'avant" dfrnipr ni If dernier non descendants, arrondis, hase presque horizon- ( 27 ) taie ; ouverture étroite , lunulée , avec lamelle pariétale , médiane , forte et profondément visible dans l'intérieur, blanche et courbée; péristome simple , de même couleur que le test , bord columellaire un peu réflé- chi , bords basai et extérieur sub-aigus. Observ. — Celte petite espèce est fort remarquable, en ce sens, qu'elle a le faciès de quelques coquilles européennes et américaines. En effet, elle a, moins la taille, la forme de V Hélix depilala de France, et celle du groupe* des //. labyrinlhica et Monodon des États-Unis. Sa lame pariétale la distingue parfaitement de ses congénères calédoniens, et il a fallu l'affirmation de M. Marie, pour que nous l'avions inscrite dans notre travail. N° 33. II. iiuequalls Pfeiffer. Proc. zool. soc. p. 286, 1854. Faune, p. 32, fig. 17-48. Var, Fischeri, Gassies. Journal Conch. t. VI, p. 271, pi. IX, tig. 12 1857. Observ. L'animal est vivipare. J'ai trouvé, plusieurs fois, des jeunes indi- vidus dans la partie desséchée du corps des Hélices adultes. M. Marie constate le même fait qu'il a pu voir sur les animaux vivants. Je crois que plusieurs autres espèces calédoniennes sont dans le même cas. Le docteur C. Semper a découvert tout récemment que 1'//. inœqualis est dépourvu de mâchoire, et possède une armature linguale tout-à-fait semblable à celle des Glandina. Les espèces du même groupe , mieux connues , pourront entrer plus tard dans le sous- genre Rhytida proposé par Albers. N° 34. H. Ferricziana Crosse. Journ., Conch., 3 e série, t. VIII, p. 278. Juillet 1868. (PI. 2 flg. 9.) Testa late nmbilicata, depressa, orbiculata, oblique rugoso-plicatula, lineis spiralibus, valide impressi s, subdistantibus sculpta, parum nitida, fusco-nigricans ; spira vix elerata: sutura impressa; anfr. 4 4 1/2 pa- rum convexi, sensim accrescentes, uitïmus non descendens, basi sub- planatus, circa umbilicum pervium, 1/4 diametri subœquantem radiato- striatus et concentrice crebriliratus ; apertura parum obliqua, lunato- rotundata, intus nitidula, livide et obscure cœruleo-albida, submarga- ritacea ; peristoma rectum, marginibus subconvergentibus, columellari subdilatato, basali intus incrassato et dentem late obtusum emittente, externo simplice, subacuto et lœviter antrorsum arcuato. Diam., maj., 4 4 1/2, min. 42 4/2, ait. 8 mill. Apertura 6 4/2mill. ( 28 ) longa, vix 6 lata ( Collections Crosse , Marie , Oassies , Musées de Bor- deaux et de Caen. ) Var. p paulo minor, zona angusta, luteo-citrina ad peripheriam cin- gulata, dente marginis basalis carens (an propter œtatem juvenilem?) Diam., maj., 13, min. 11, ait. 7 mill. , apertura 5 3,4 min. longa, 5 lare. (Collection Crosse.) Var. y Monozonaria, minor, curta, fulvido-straminea, fusco longitu- dinaiiter variegata, spira magis planata ; anfr. ultimus magis planus supra peripheriam late fusco zonatus, basiplanatus, transversim mull. sulcatus, striis longitudinalibus fere omnino destitutus; apertura minus lata. Diam. maj. 11 1/2, min. 10 1/2 ; ait. 5 1/2; apert. 41/2 mill. longa, 4 1/2 lata. (Coll. Marie). Hab. Baie du sud (Nouvelle-Calédonie). (E. Marie. 1 Coquille largement ombiliquée, déprimée, orbiculaire, marquée de stries longitudinales rugueuses, serrées et légèrement obliques, que vien- nent couper des lignes spirales fortement accusées, peu nombreuses et es- pacées. Le test est d'un aspect peu luisant, et sa coloration est d'un brun noirâtre. La spire n'est que très-peu élevée; la suture est bien marquée. Les tours de spire, au nombre de quatre à quatre et demi, sont faible- ment convexes et s'accroissant peu à peu ; le dernier tour, non descen- dant et légèrement aplati à sa base, possède , autour de l'ombilic, un système de fines stries rayonnantes, croisées par d'autres stries concen- triques assez nombreuses. L'ombilic, qui laisse voir les premiers tours, occupe environ le quart du diamètre. L'ouverture, faiblement oblique et de forme lunaire-arrondie , est à l'intérieur assez luisante , comme irisée, et d'un ton livide tournant au bleuâtre. Le péristome est droit et à bords subconvergents; le bord columellaire est légèrement dilaté; le bord basai, épaissi à l'intérieur, donne naissance à une dent largement obtuse et placée profondément ; le bord externe est simple, presque tranchant et légèrement arqué en avant. \a>~, bords sont réunis (chez les individus complètement adultes seulement par un mince dépôt de matière émaillée. — Le plus grand diamètre de la coquille est de 14 millimètres 1/2; le plus petit, de 12 1 2 ; la hauteur totale, de 8. La longueur de l'ouverture est de fi millimètres I 2 sur une largeur d'un peu moins de 0. La var. /3 se distingue de la forme typique par sa taille un peu moin- dre, par la présence* à sa péréphérie, d'une bande étroite d'un jaune citron, et par !•' moindre développement, ou m<^me par l'absence duo (29 ) peut-être à un étal complètement adulte de la dent interne du bord basai. — Son plus grand diamètre est de 15 millimètres; son plus petit, de î 1 ; sa hauteur totale , de 7. La longueur de l'ouverture est de 5 mil- limètres 3/4 sur une largeur de 5. (H. Crosse.) Observ. Il nous a été facile, en effet, de juger les caractères de la variole j3 sur plusieurs individus, et nous avons reconnu qu'ils n'avaient pas atteint l'état adulte. N° 35. H. Testudinaria G-assies. .Tourn. Conch., t. VII, p. 368-69, Juin 1859. Faune, p. 30, pi. 1, fig. 14 (incomplète). Hélix Paulucciœ, Crosse, Journ. Conch., 3 e série, t. VIII, p. 154,. pi. 4, fig. 4, Avril 1868. (PI. 2. fig. 3.) Hab. Mont Mou, Mont Coqui, Nouvelle-Calédonie (M. E. Marie). Animal granuleux, totalement noir, arrondi postérieurement, tenta- cules antérieurs 1/2 mill., postérieurs 7 mill. f M. E. Marie.) Observ. Les individus d'après lesquels nous avons établi notre espèce, n'étaient pas aussi adultes que ceux que nous avons reçus depuis. Nous com- prenons, alors, comment M. Crosse en a fait VH. Paulucciœ n'ayanteuque la figure de notre planche. Cependant, dans notre diagnose, nous signalons tous les caractères sauf la réunion du péristome que nous ne connaissions pas. Du reste, MM. Marie, Montrouzier et Lambert, ont toujours envoyé celle espèce sous le nom de Testudinaria, preuve qu'ils l'avaient toujours reconnue. Nous donnons ci-dessous la diagnose de M. Crosse; elle complète ce que la nôtre laissait à désirer (1). (I) Testa umbilicata, turbinato-subdepressa, solidiuscula, suboblique rugoso- plicatula, lineis spiralibus paucis, distantibus inconspicue sculpta , nilidula , viridulo- olivacea , fascia nigro-ca^tanea, lata , supra médium ornata; spira late turbinata, mediocriler elevala; sutura impressa; anfr 5 convexiusculi , sensim accrescentes , ullimus non descendens , paulo supra médium peculariter depressus, peripberia sub- angululus, basi subplanatus, nilidior, concentrice striatus et longitudinaliter obsolète radiato-plicatus , in vicinio aperlurae leviter scrobiculatus; umbilicus conicus, intus castatieo-nigricans, i/6 diametri subaequans ; apertura parum obliqua , flexuose lu- nato-rolundala, intus dente basali, valido, albido profunde coarctala, livide albida, fascia aufractus ullimi transmeante ; peristoma simplex , valde incrassatum , inargi- nibus vix convergentibus, callo crasso, prominulo, lamelliformi (in adultis specimeni- bus)junclis; coluuaellari brevi, externo antrorsum valide arcuato,flexuoso (H. Crosse) ( 30 ) N° 36. M. Vieillardi Crosse et Marie. Journ., Conch., 3 e série, t. VII, vol. XV, p. 58, pi. IV, fig. 5, 1867. (PI. 1,fig. 8.) Testa vix subrimata, orbiculato-convexa, striata, brunneo-castanea, maculis albis, seu albido-roseis, in vicinio suturœ Latis, subregularibus, dein minoribus, flexuosis, fulgùratis variegata ; spira elevata, apice obtuso, castaneo-sublœvi ; sutura impressa; anfr. 6 convexi, lente et regulariter accrescentes, valide et suboblique striati, primi (apice excluso) pallidi, ultimus obtusissime carïnatus, non descendens, striis magis confertis à penultima discrepans, subtus mx convexus, pone colu- mellam albidus ; apertura depressa, lunato-quadrangularis ; peristoma rectum, margine supero simplice, antrorsum arcuato, nigro limbato, basali incrassato, cœruleo-albicante , intus callum latum usque ad insertionem emittente, columellari brevissimo. Diam. maj. 44, min. 12 4/2, ait. 8; apert. 5 mill. longa, 6 1/2lata. Var /3 subdepressa, paulo minor, spira minus elevata. Diam. maj. 12 1/2, min. 4 4 4/2, ait. 6 4/2 mill. Hab. Le Mont Mou, au sommet, à 4,209 mètres au-dessus du niveau de la mer (tribu de Saint- Vincent), à 4 5 lieues environ au N.-O. de Nouméa. Recueillie par M. Vieillard, chirurgien de la marine et bota- niste distingué. Coquille munie d'une fente ombilicale très-étroite, orbiculaire, con- vexe, striée, présentant , sur un fond d'un brun-marron , un système de taches d'un blanc plus ou moins rosé, larges et assez régulièrement es- pacées à la partie supérieure des tours , puis devenant plus étroites , flexueuses et se prolongeant en zig-zags sur le dernier tour. La spire est élevée et se termine par un sommet obtus, presque lisse et brunâ- tre. La suture est bien marquée. Les tours, au nombre de 6, sont con- vexes et s'acroissent peu à peu d'une façon régulière ; ils portent des stries fortes , presque lamelleuses et légèrement obliques ; les premiers (abstraction faite du sommet) sont d'un ton beaucoup plus clair que le reste de la coquille ; le dernier, non descendant et pourvu d'une carène très-obtuse et à peine sensible, possède des stries plus serrées et plus nombreuses que celles du tour précédent, et conserve encore, surtout dans le voisinage du bord droit, quelques vestiges d'un épiderme qui paraît très-caduc; il est à peine convexe, du côté de la base et pré- sente, dans la partie située immédiatement eu arrière de la columelle. ( 31 ) uue coloration blanchâtre qui tranche sur le tond marron. L'ouverture est déprimée, plus large que haute et presque quadrangulaire. Le pé- ristome est droit, le bord supérieur simple, arqué en avant et noirâtre à son limbe extrême, le bord columellaire très-court et blanchâtre ; le bord basai également blanchâtre est épais et donne naissance à l'inté- rieur de l'ouverture à un fort bourrelet d'un blanc bleuâtre, qui se pro- longe en s'atténuant jusqu'à l'insertion du bord droit. Il a été recueilli une variété un peu plus petite et à spire proportion- nellement moins élevée, mais d'ailleurs présentant les caractères de la l'orme typique. L'animal est noir à la partie dorsale, rose violacé sur les côtés et brunâtre à la partie postérieure , qui devient de plus en plus claire ; le dessous du pied est uniformément d'un rose violacé clair. Nous ne voyons guère que 17/. Lombardeaui Montrouzier, qui se rapproche de notre espèce par le système de coloration de la spire et par ses fortes stries ; mais Y H. Vieillardi se distingue facilement par sa spire élevée, ses tours convexes, ses stries proportionnellement moins fortes, sa forme turbinée et non pas globuleuse, son ouverture plus large que haute, et enfin par l'absence des deux lamelles palatales, blan- ches, dirigées dans le sens des tours et situées à l'intérieur de l'ouver- ture, qui caractérisent l'autre espèce. (H. Crosse et E. Marie.) N» 37. H. Afoax E. Marie. Journ. Conch., 3 e série, t. X, p. 139. Janvier 1870. Testa vix-subrimata , orbiculato-convexiuscula , tenuiscula, longitu- dinaliter striata, pallide luteo-fusca , versus basin maculis brunneis, minutis , irregulariter trigonis aspersa, superne in mcinio suturœ série macularum amplarum, subquadratarum , albido et fusco-nigricante artimlatum spiraliter cincta; spira mediocriter elevata, apice obtuso, sublœvi, castaneo; sutura impressa; anfr. b convexiusculi , lente et regulariter accrescentes , valide et suboblique striati, primi (apice excluso) pallide fusci, ultimus obtusissime carinatus, paulo supra mé- dium depressus, non descendens , striis magis confertis et gracilioribus a penultimo discrepans, subtus convexus; apertura depressa, lunato- quadrangularis , intus cœruleo - albida ; peristoma rectum, margine supero simplice, antrorsum arcuato, fusco limbato, basali et externo acutis, columellari subincrassato ; faux ima dentibus duobus , cœruleo albidis munita, altero basali, prominulo, compressa, altero supero, obsoleto, cix conspicuo , callum mentiente. ( 32 ) Diam. maj. 13 12, min, 11 1/2 mill., ait. 7 mill., apert. 7 mill. longa, 6 toto. Hab. La Baie du Sud (Nouvelle-Calédonie), vu 2 individus. (M. E. Marie. ) Observ. — Cette espèce se distingue de Vil. Vieillardi par 3 caractères peu sensibles à première vue : 1° la spire un peu plus élevée; 2° les taches plus rapprochées et plus régulières; 3° enfin , par la lame dentaire du bas du péris- tome. Ces caractères, il est vrai, pourraient bien ne pas être constants, et sur l'un des deux individus de M. Marie, qui ne nous a pas paru complètement adulte, il semble que le bourrelet luclescent de l'intérieur de l'ouverture pour- rail devenir plus épais. Les II. Vieillardi que nous avons vus, bien que plus grands, nous parais- sent également n'avoir pas atteint le summum de développement , et il pourra se faire que, plus tard, on les trouve avec l'ouverture dentée. Il nous est arrivé souvent de prendre une coquille et la décrire comrrte si elle était adulte, et plus tard elle nous parvenait avec des caractères beau- coup plus accusés. Exemple : IL Beraudi, Tesludinaria et multisulcata. N° 38. II. multisulcata Gassies. Journ. Conch., t. VI, p. 272, pi. IX, fig. 3-4. 1857. Faune, p. 22, pi. 1, fig. 5-6. Hab. L'île Nou, Nouméa, Snail, Bélep , Mont Coqui et Mont Mou , (M. E. Marie;, à une. altitude de 1070 met.,. Var. v straminea, ad suturam violaceo-fusco limbata; anf. 5. — Diam. maj. vix 13, min. 11, ait. 5 mill., apert 4 mill. longa, 5 lata. i Coll. Marie). Var. S Minor, magis tennis, fulvido-lutea , unicolor ; anfr. 4 1/2. — Diam. maj. 9, min. 8, ait. 3 1/2 mill. (Coll. Crosse et Marie). Hab. Ouvea (île Loyalty) [var. y^- ; à l'île Nou, Nouvelle Calédonie (var. $) (E. Marie). ' N° 39. H. Ouveana Souverbie. Journ. Conch., 3 e série, t. IX, p. 44, pi. IX, fig. 1 mauvaise . Octobre 1869. (PI. 2, fig. 4.) Testa late et profonde umbilicata, lenticnlaris , depressa, convetius- cula, subcarinata, longitudinaliter minute striata, transversim et oalide sulcata, colore lutescente , uniformi tincta, epidermide te nui , caduca, induta; spira parum elecata; anfractus 4 planulati, rapide erescentes, ultimus descendais 1/3 latitudinis œquans, infra convexius- citlus longitudinaliter sulcatm ; sutura parum profunda , crispata; (33) apertura ovalis ; peristoma simplex ; margine dextro perpendiculari , auperne flexuoso , sinistro dilatato; columella callosa, parum expansa, eorneo-pallida. Diam. maj. 7-8 mill., min. 5-6; ait. 3 mill.; apert. 3 mill. longa, 2 1/2 lata. Hab. Jenjen et Lifou (MM. Déplanches et Lambert). ( Coll. Muséum de Bordeaux , de Caen , Marie et Gassies. ) Coquille largement et profondément ombiliquée , lenticulaire , dépri- mée , un peu convexe , subcarénée , striée finement dans le sens des accroissements, sillonnée fortement en traters; couleur jaunâtre uni- forme , sans fascies , épiderme mince caduc , médiocrement luisant ; spire peu élevée composée de 4 tours presque plans , croissant rapi- dement, le dernier descendant, forme le tiers de la longueur totale ; dessous assez convexe, sillonné en long ; suture peu profonde , crispée ; ouverture ovalaire , plus haute que large , anguleuse au sommet , mé- diocrement élargie à la base; péristome simple, bord droit perpen- diculaire, à peine flexueux par la dépression de la partie médiane supérieure du dernier tour; bord gauche assez dilaté; columelle uu peu calleuse, un peu renversée, couleur de corne pâle; ombilic évasé et profond laissant voir les premiers tours. Observ. Celte espèce ne peut être rapprochée que de noire flctix mullisul- cala, mais il sera toujours facile de la distinguer : 1° à sa taille constamment plus petite; 2° à ses tours moins nombreux et plus plans; 3» à son dernier tour plus grand; 4° à son ouverture plus flexueuse et plus oblique; 5° à son épiderme caduc, et 6° enfin, à l'absence de tubercule à la base du bord columellaire. N° 40. H. Beraudi Gassies. Journ. Conch., t. VIII, 2 e série, p. 68-69. Juillet 1858. Faune, p. 33, pi. 1, fig. 18. Observ. Cette espèce est toujours fort rare, nous ne l'avons reçue que deux fois, de Balade et de Nékété. N° 41 . H. Kaynali Gassies. Faune, p. 34, pi. 1, fig. 19. Obs. Un seul individu nous était connu en 1863. Depuis, nous en avons vu trois autres au Musée de l'Exposition coloniale. Un cinquième est entre les mains de M. P. Paz, de Madrid ; deux au Musée de la Faculté de Caen , un chez moi et deux chez M. Crosse et chez M; Marie. En tout dix exemplaires en 1870, M. Crosse l'a signalée de Kanala Elle est également de Ouagap, où elle a été recueillie par M. DéplancheSi Tome XXVIII. 3 ( 34 ) Cette espèce n'habite pas sur la côte Ouest, mais bien dans les environs de Ouagap, sur la côte Est de l'île, dans une localité désignée sur la carte sous le nom de Ti-Uaka (Marie). N* 42. H. Villandrei Gassies. Journ. Conch., t. V, 3 e série, p. 2-10. Avril 1865. Id. id. t. VIII, p. 271, pi. IX, fig. 1. 1868. (Crosse). (PI. II, fig. 5). Testa late umbilicata, subcarinata, discoidea, fortiter striata , su- perne planulata, inferne convexa, nitida, lutescente brunnescens, superne et inferne radiato-castanea , maculis undatis omata; anfr (ic- tus 5-6 planati, régularités accrescentes , ultimus subdilatatus ; aper- tura mediana, rotundato - ovalis , intus nitida, luteo-brunnescens ; peristoma simplex; columella tennis; sutura linearis, plicata; apice horizontalis , corneo-pallida. Diam. maj. 25 mill., min. 22; ait. 10 mill. Hab. L'intérieur de la Nouvelle-Calédonie (M. le capitaine Villandre). Coquille largement ombiliquée, un peu carénée, discoïde, fortement striée, plane supérieurement, convexe inférieurement , luisante, couleur jaune, brunâtre, supérieurement et inférieurement ornée de taches onduleuses marron ; tours au nombre de 5-6 croissant régulièrement , le dernier un peu dilaté; ouverture sur le plan médian, ovale-arrondie, luisante à l'intérieur sur un fond jaune-brunâtre; péristome simple , à bords distants; collumelle mince à peine calleuse; suture linéaire plissée ; sommet horizontal corné. Observ. Cette espèce est voisine de VH. Raynali Gass., mais elle en diffère par l'aplatissement de sa spire et par le dernier tour non dilaté et plus égal. Elle diffère aussi de VH. Beraudi Gass., par l'absence des malléations, la forme de l'ouverture dépourvue des lames dentifonnes de l'intérieur. M. Crosse a donné une diagnose française d'après l'exemplaire de M. More- let, mais il se trompe en la signalant comme unique; car, la première des- cription a été publiée d'après un individu de notre collection que nous tenons de M. de Folin qui en avait reçu plusieurs de M. Villandre. Dans tous les cas, nul doute ne peut être élevé sur sa provenance calédonienne, M. Villandre n'ayant point relâché en route et les caractères de cette Hélice étant absolument les mêmes que ceux des autres espèces de l'archipel. N" 43. II. sulisidialis ("rosse. Journ. Conch., 3 e série, t. X, p. 239. Avril 1870. (PI. VIII, fig. 15). Testa sat late et pervie umbilicata, depressa, subdiscoidea , transver- sim sulcata, nitidula, castaneo-fulva; spira depresm, subplanata; ( 35) sutura sat profunde impressa; anfr. 5 tfâplaniusculi , lente accrescentes, primi 2 lœmgati, sequentes ad suturam lœviter crispatus, ultimus sub- rotundatus , transversim sulcatus, paulo infra peripheriam lœvigatus, circa utnbilicum profundmn , 1 /o diametri vix superantem sulcatus , basi planatus ; apertura obliqua , auguste lunaris, dente basali, valido, conico, sat profunde sito coarctata, intus sordide albida: perist. sim- plex, margine columellari vix dilatato, basali et externo subacutis. Diam. maj .15, min. 1 3 ; ait. 7 mill. ; apert. 6 mill. longa , 5 3/4 lata. (Coll. Marie). Var. p Globosa , minor-magis saturate castaneo fasca; anfr. 5. — Diam. maj. 11, min. 10, ait. 7 mill. (Coll. Crosse). Hab. Le Mont Mou, Ouagap (var. /3), Nouvelle-Calédonie. (E. Marie). Observ. Species fonna, aperturp, umbilico et dente basali Helici Beraudi simillima, sedmuUo minor, nilidior, magis planala, haud malleata; sculp- tura et testa nilida H. mulhsulcalam commemorans , sed allior, minus laie et magis profunde nmbilicala, forma, apertura et dentis basalis structura dissimilis, (tl. Crosse). Coquille assez largement et profondément ombiliquée, déprimée, sub- discoïde , sillonnée en travers, luisante, de couleur brun-fauve ; spire dé- primée , presque plane , suture assez profondément crispée ; tours au nombre de 5 1/2 presque plans, croissant lentement , les 2 premiers lis- ses, les suivants lisses et crispés vers la suture, le dernier presque rond , sillonné en travers , lisse au-dessous de la périphérie , tour de l'ombilic ayant presque le 1 /5 e du diamètre total ; ouverture oblique , lunulée , anguleuse , munie d'une callosité en forme de dent conique , assez forte , enfoncée à l'intérieur, blanchâtre , intérieur blanc sale ; péris- tome simple , bord columellaire un peu dilaté subaigu à la base et au bord droit. Observ. Cette espèce se rapproche beaucoup de VH. Beraudi Gass., mais elle est beaucoup plus petite, plus ramassée sur son axe et plus solide. Sa coloration, bien que participant beaucoup de sa congénère, ne possède point ses reflets métalliques, et la forme de son ouverture suffirait seule pour l'en séparer nettement. N° 44. H. Kanakina Gàssies. Journ., de Conch., t. VI, 3e série, p. 49, Janvier 1866. (PI. % fig. 40.) Testa late et profunde umbilicata, depressa, solida, oblique, rugoso- plicatula , comeo-nitida, maculis castanea punctatis irregularitor ( 30 ) ornata; spira depressa; anfractus 4 parum contexi, sensim accrescen- tes, ultimus non descendons, basi subplannlatus, radiato-striatus ; umbilicus conicum, fusco-cinctus; apertura rotundato-obliqua, intus corneo-nitida ; peristomate simplici, basait et columellari subincrassa- tis ; sutura impressa, brunnea; apice corneo-nitido. Diam., maj., 6, min. 5; ait. 3 1/4 mill. Hab. L'Ile Art, Nouvelle-Calédonie, rare (M. Montrouzier) (Musée de Bordeaux). Coquille largement et profondément ombiliquée, déprimée, solide, mu- nie de stries obliques, rugueuses assez élevées, couleur de corne lui- sante , avec des taches marron-rougeâtre sur la carène et sur le milieu des tours, très-irrégulières ; spire déprimée; tours au nombre de 4, un peu convexes, croissant rapidement, le dernier non descendant, dessous presque plane avec des stries rayonnantes ; ombilic conique entouré d'une bande brune qui, partant de la base columellaire, va s'enfoncer dans la cavité ensuivant la spire ; ouverture oblique, arrondie, intérieur corné lui- sant, translucide, laissant apercevoir les stries du dessus ainsi que les taches ; péristome simple un peu épaissi vers la columelle et le bord basai; suture marquée, crispée, brunâtre; sommet corné, luisant. Observ. Cette espèce, diminutif de Y H. inœqualis Pfeiffer, en diffère par su taille bien moindre, la dilatation du dernier tour, ses stries régulières qui ne s'anastomosent pas, enfin par l'absence de sillons circulaires. X° 45. H. ltiteolîna GàSSIES. Faune, p. 35, pi. 1, fig. 20. N° 46. H. Goulardiana Crosse. Journ., Conch., 3 e série, t. X, p. 136, 1870. " Testa auguste umbilicata, talde depressa, parum crassa sed solidula, longitudinaliter flexuose et suboblique costulata, subepidermtde tçnuu- sima, decidua, lutescente castaneo-spadicea ; spira pianota; sutura profunde impressa, in ultimo anfractu subcanaliculata; anfr. rie 4 subplanati, embryonales primi 1 1/2 lœves, albidi, ultimus non drs- cendens , peripheria subangulatus , basi suplànatus , costulatus , aper tura obliqua, subhorizontalis, lunato-rotundata, intus cœruleo-albida ; peristoma simplex, marginibus distantibus subconrergeyitibus, colu- mellari incrassato, fornicatim reflexo, umbilii i partem obtcgoite, basuli subincrassato, externe acuto, lemter antrorsum arcuato. Diam. maj. 12, min. 10; ait. 5 mill;. apert. 6 mill. longa, !> lata. (Coll. E. Marie et H. Crosse). ( 37 ) Hab. Mont Mou (Nouvelle-Calédonie) (E. Marie). Coquille étroitement ombiliquée, déprimée épaisse, assez solide, longi- tudinalement et subobliquement pourvue de côtes flexueuses; épiderme mince, peu résistant, brun jaune grisâtre; spire aplatie ; suture profonde comprimée, subcanaliculée au dernier tour ; tours au nombre de 4 suh- aplatis, les premiers lisses blanchâtres, le dernier non descendant, un peu anguleux à la périphérie, base un peu plane et costulée ; ouverture oblique, subhorizontale, ovale- arrondie, blanc bleuâtre à l'intérieur; péristome simple, à bords distants, subconvergents ; le columellaire assez épais, arqué, réfléchi; ombilic presque caché. N° 47. H. Deplancliesi Gassies. Journ. Conch., 3 e série, t. X, p. 141. Janvier 1870. (PI. III, fig. 3). Testa umbilicata , lenticularis , carinata, convexiuscula, longitudi- naiiter sulcata, transversim tenuiter striata, sotidiuscuia, nitens, fuira, zona fusca ad carinam ornato , spira para m elevata; anfractus 3 1 2 rapide crescentes, ultimus descendens , infra concexus, supra medio depressus ; sutura linearis; apertura obliqua, ovalis ; peristoma simple®, acutum, marginibus tenue caltositate junctis, margine dextro perpendi- culari, columellari dilatato , columella alba, umbilicum parum tegens ; apertura intus lutescens, zonata; umbilico penio , profundo, patulo. Diam. maj. 7, min. 5 mill.; ait. 3; apert. 3 mill. longâ, 2 lata. Hab. Ile Lifou (Loyalty ). (MM. Déplanches, Lambert et Marie). (Col- lections Gassies , Marie , Guestier, etc. ) Coquille ombiliquée, lenticulaire, carénée, un peu convexe, fine- ment striée en travers et sillonnée en long, assez solide, luisante, de couleur fauve avec une bande brune sur la carène; spire peu élevée, composée de 3 tours 1/2 croissant très-rapidement, le dernier descen- dant formant à lui seul le 1 /3 de la longueur totale ; dessous convexe , assez fortement sillonné , dessus à peine élevé , dernier tour déprimé vers sa partie médiane , suture linéaire ; ouverture oblique , plus haute que large, anguleuse au sommet, peu élargie à la base; péristome simple, tranchant, bords réunis par une mince callosité ; bord droit plus avancé que le columellaire et dirigé perpendiculairement à l'ouverture ; bord columellaire plus dilaté dirigé à gauche ; columelle blanche , sim- ple, sans bourrelet, mais s'épatant un peu sur l'ombilic, laissant, par transparence, voir la bande brune de la carène; ombilic assez évasé, profond , laissant apercevoir les premiers tours. (38 ) Observ. Cette espèce est presque la répétition en petit de VHel. Strangei Pff. Elle a sa même forme, la même dépression du dernier tour, sa carène mousse et son ouverture oblique à bord plus avancé. N° 48. H. Mont rouzieri Souverbie. Journ. Conch., t. VII, p. 63; t. VIII, pi. 8, fig. 7. Faune, p. 20, pi. 1, fig. 2. Hab. Pouebo (M. E. Marie). N° 49. H. Cabriti Gassies. H. volutella Gass. Journ. Conch., t. VII, p. 70. Faune, p. 21, pi. 1, fig. 4. Hab. Pouebo (M. E. Marie). N° 50. H. Mariei Crosse. Journ. Conch., 3 e série, t. VII, vol. XV, p. 211 et 312, pi. 11, fig. 1. 1867. (PI. I,fig.5). Testa latissime et pervie umbilicata , subdiscoidea , planorbiformis , utrinque concava, tenuiscula, nitidula, striis longitudinalibus flexuo- sis, subobliquis, elegantissime impressa, cornea, maculis rufis varie- gata; spira perdepressa, concava, medio profunde immersa , infundi- buliformis; anfr. 7 angustissimi , subplanati, immersi, embryonales 2 lœves, albido-cornei , sequentes sutura impressa, submarginata discreti, ultimus descendens, cœteros involvens, utrinque valide cari- natus et rufo subregulariter maculatus, medio vix convexiusculus , rufo obscure marmoratus et variegatus ; apertura perobliqua, au ri fur mis, arigusta; peristoma simplex, subcontinuum , flexuosum, alba, margi- nibus lamella prominula, alba junctis , basali latiusculo , subreflexo, externo mox attenuato, medio incurvato, subangulato , et usquè ad insertionem aperturam coarctante. Diam. maj. 4 1/2, min. 4; ait. 2 mill. Hab. Koe, près Nouméa, Nouvelle-Calédonie, trouvée par terre au pied d'un arbre, par M. E. Marie (assez rare). (Collect. Marie, Crosse , Gassies, Muséum de Bordeaux et do Caen.) Coquille pourvue d'un ombilic ouvert et très-large, subdiscoïde, pla- norbiforme, concave des deux côtés (mais un peu plus du coté de la spire), assez mince , à test subdiaphane et légèremenl brillant, surtout près des carènes, sillonnée d'un système de stries Longitudinales, llexueuses , un peu obliques et très-élégantes H ornée, sur un fmid ( 39 ) corné, de taches d'un brun rougeàtre, nombreuses, assez grandes et régulièrement espacées. La spire est excessivement déprimée , concave, infundibulilbrme et profondément enfoncée par conséquent à sa partie médiane. Les tours sont au nombre de 7, ou pour être plus exact, de 6 7/8 , sur les deux individus adultes que nous avons eus sous les yeux : ils sont très-étroits, presque plans et visibles seulement en dessus et en dessous , par suite de l'enfoncement de la spire. Les deux premiers (tours embryonnaires) sont lisses et d'un blanc corné, les suivants sépa- rés entr'eux par une suture marquée et submarginée ; le dernier, légè- rement descendant près de l'ouverture et enveloppant les autres , est fortement caréné et régulièrement tacheté de brun-rouge des deux côtés , presque plan , très-faiblement convexe à sa partie médiane et marqué de taches d'un brun obscur assez régulièrement disposées pour former une sorte de réseau. L'ouverture est très-oblique , auriforme , étroite et inclinée du côté de l'ombilic. Le péristome est simple, subcon- tinu, flexueux et blanc; ses bords sont réunis par une lamelle saillante, également blanche ; le bord basai est large , subréfiéchi et vient s'appli- quer (à l'exception de son limbe extrême qui est libre) sur l'avant-der- nier tour qu'il entame; le bord externe, d'abord large et subréfléchi également, s'atténue ensuite, se recourbe fortement vers sa partie mé- diane, ou il devient subanguleux et continue à rétrécir l'ouverture jus- qu'au point d'insertion : par sa jonction intime avec la lamelle parié- tale, il contribue à rendre le péristome à peu près continu. L'Hélix Mariei vient augmenter d'une espèce le curieux petit groupe d'Hélices néo-calédoniennes, qui se distinguent par la forme anormale de leur spire , tellement enfoncée dans le centre de la coquille , que leur sommet se trouve être plus près du plan basai que du plan spiral , ainsi que l'a fait observer avec raison M. le docteur Souverbie. Comparé aux deux autres connues jusqu'ici du groupe ( l'If. Montrouzieri Souverbie et Y H. Cabriti Gassies) , Y H. Mariei s'en distingue facilement par sa taille plus petite, par le nombre moindre de ses tours ^7 à peine au lieu de 8 1/2 à 9), par sa forme proportionnellement moins et plus légèrement concave de chaque côté , par ses stries plus fortes , par ses sutures peu profondes , quoique bien marquées, par son dernier tour sensiblement moins convexe, presque plan et plus fortement anguleux de chaque côté , par son ouverture plus oblique , plus auriforme , plus inclinée vers la base et resserrée par une lamelle pariétale saillante, par son péristome réfléchi, à bord externe plus flexueux, plus anguleux, et resserrant encore davantage l'ouverture, dans le voisinage de la suture. (40) Sous le rapport de la coloration , notre espèce se distingue plus particu- lièrement de l'if. Montrouzieri par ses taches d'un brun rougâtre et de l'if. Cabriti par la disposition plus régulière de ces mêmes taches , qui forment un réseau (sur la partie médiane du dernier tour, le seul qui soit complètement visible (Crosse). N° 51 . H. Opaoana Gassies (1 ). Journ. Conch., 3 e série, t. VII, p. 61. Janvier 1867. (PI. I, fig. 6). Testa late umbilicata, depressa, obtuse carinata, oblique et concen- trice striata, corneo-rufescens ; apice nitido; sutura mediocri; anfr. 6 regulariter accrescentes , ultimus depressus ; circa umbilicus latum carinatus; apertura obliqua, subdepressa , semi-ovata; peristoma simplex; columella vix callosa, nitida, intus concolor. Diam. maj. 5, min. 4; ait. 2 1/2 mill. Hab. L'île Art et Balade, Nouvelle-Calédonie (MM. Montrouzier et Magen. (Ma collection. 1 ! Coquille largement ombiliquée , déprimée , carénée obtusément , striée en long et en travers , couleur de corne rougeâtre , sommet luisant , suture médiane ; tours au nombre de 6 croissant régulièrement , le der- nier comprimé; bords de l'ombilic élevés- et carénés fortement, ouver- ture oblique un peu déprimée , semi-ovale , péristome simple à bords distants, columelle un peu calleuse, luisante, à intérieur corné rous- sâtre. Observ. Cette petite espèce se rapproche beaucoup de notre H. rusticula pour la partie supérieure du test et des H. Montrouzieri et Cabriti pour l'in- térieure. La carène omblicale est élevée et crispée comme dans ces deux der- nières espèces auxquelles elle tient lieu de trait-d'union. N° 52. H. liOBiibarrteaui Montrouzier. H. Lombardoi Montr., Journ. Conch., t. VIII, p. 206. — Id Souverbie, p. 318. Faune, p. 3, pi. 1, fig. 16. Non H. Lombardoi , comme il avait été écrit par erreur. N° 53. H. Iiifouana Montrouzier. Journ. Conch., t. VIII, p. 206, id. Souverbie, |». 3.1 I, 1860. Faune, p. 30, pi. 1, fig. 15. Var BpalUde eornea, spira immersa planiu&cula. (\) Opao paraissant être le nom indigène de la Nouvelle-Calédonie, nous l'appli- quons à notre coquille. ( 41 ) Cette variété est très-tranchée, sa coloration pâle nous avait frappé dès l'abord, mais nous n'y avions ajouté que la faible importance que l'on doit attribuer à une différence de couleur; cependant les individus mêlés à ceux de Y H. Lifouana type, s'en détachent nettement par plu- sieurs caractères toujours et parfaitement constants ; ce sont les suivants : 1 ° Ombilic plus évasé et profond ; 2° Sommet presque plan, à peine dépassé par le dernier tour ; 3° Ouverture plus horizontale, le bord columellaire à peine descen- dant; 4° Columelle s'épatant fortement sur l'ombilic et comme entaillée supérieurement ; 5° Coloration uniformément pâle. Hab. Lifou (Loyalty) Nouméa, île Nou, Mont Mou (M. E. Marie;. Animal brun verdàtre, antérieurement; jaune verdâtre mélangé de brun, postérieurement; vert sur lés bords, partie postérieure pointue, dessous corne rosée ; tentacules postérieures 7 mill. N° 54. H. Ilavnyi Crosse et Marie. Journ. Conch., t. VIII, p. 149, pi. VIII, fig. 3, Avril 1868. (PI. % fig. 14.) Testa obtecte subrimata, nauliliformis, depresso-globosa, cosiitlix gracilibus, numerosis, prominulis, subobliquis, nigro-brunneis longi- tudinaliter impressa, castanea, albido marmorata; spira immersa, eoncava; sutura impressa : anf. §convexiusculi, angusti, ultimus antice vix descendens, magnus, inflatus, cœteros involvens : apertura subobli- qua, auguste tunans, intus castanea; peristoma simplex, marginibus distantibus, callo lato, tenui, nitidulo junctis, columellari brevi, forni- ■catim reflexo, rimam umbilici fere omnino occultante, exlerno attenuato subacuto. Diam. maj. 7, min. 6; ait. 4 mill.; apert. 4 mill. longa, 1 1/2 lata. Hab. Le Mont Mou, Nouvelle-Calédonie (M. E. Marie). (Collections Crosse , Marie , Gassies , etc. ) Coquille munie d'une fente ombilicale presque complètement cou- verte, d'une forme globuleuse assez déprimée, nautiliforme, marquée •de petites côtes longitudinales , légèrement obliques , nombreuses , serrées, assez saillantes et d'un brun foncé : le fond de coloration du test est marron avec des marbrures blanchâtres. La spire est enfoncée concave à sa partie centrale, la suture marquée. Les tours, au nombre de 5, sont assez convexes et étroites : le dernier à peine descendant, ( 42 ) grand et renflé, enveloppe les précédents. L'ouverture est légèrement oblique, étroite, semilunaire, et d'un brun marron à l'intérieur. Le pé- ristome est simple : les bords éloignés l'un de l'autre, sont réunis par un dépôt calleux mince , large et assez brillant ; le bord columel- laire est court, étalé et réfléchi à sa naissance, de façon à cacher pres- que complètement la fente ombilicale ; le bord externe est atténué et presque tranchait. (Vu 5 individus). D'après M. Marie, « l'animal est bleu foncé en dessus, d'un blanc » bleuâtre en dessous, étroit, très-effilé postérieurement et d'une lon- » geur totale de 1 6 millimètres. Les petits tentacules ont 1 millimètre, » les grands 4 millimètres de longueur : ils sont bleus avec l'extrémité » blanche et plus grosse que le reste. » L'H. Bavayi se rapproche, comme forme générale, de Y H. Lifouana, mais sa spire plus enfoncée, sa taille plus petite, ses costulations, son mode de coloration et son ombilic l'en distinguent facilement. Elle a aussi quelques rapports avec Y H. Lombardeaui, par sa coloration et sa forme globuleuse ; mais elle s'en distingue par sa spire non saillante et même concave, et par l'absence de lamelles à l'intérieur de l'ouverture. (H. Crosse). V 1 55. H. Ceiitilgiana Crosse. Journ., Conch. 3 e série, t. X, p. 136, Janvier 1870. Testa perforata, subnautiliformis, drpresso-globosa, costulis valde gracilibus, numerosis, inœqualibus, lœviter prominulis, subarcuatis, sericeis, viridulis longitudinaliter impressa, jyrofunda; anf. convexi us- culi, subangusti, ultimus antice vix descendens, in vicinio suturœ obtuse angulatus, magnus, inflatus, basi subplanatus ; apertura subobli- qua, fere horizontalis, auguste lunaris, intus albida; jjerislmiKi simplex, marginibus valde distantibus, callo lato, tenui junctis, cohir- mellari brevi, fomicatim reflexo, perforationis partent minimam occul- tante, externo attenuato, subacuto, viridulo limbato. Diam. maj. 9, min. 8; ait. 5 1/2 mill. ; apert. 5 mill. longa, 2 lata. (Coll. E. Marie) (H. Crosse). Hab. Kanala, (Nouvelle-Calédonie) (E. MarieV Coquille perforée, subnautiliforme, globuleuse déprimée, possédant des côtes nombreuses, inégales, gracieuses, élevées, subarquées, soyeu- ses, verdâtres profondément implantées en long; tours au nombre de 5 un peu convexes, subanguleux, le dernier descendant un peu vers la base, obtusément anguleux dans le voisinage de la suturo, grand, renllé, (43 ) presque plane à la base ; ouverture suboblique, horizontale, ovale an- guleuse, intérieur blanc ; péristome simple, bords larges assez distants, réunis par un léger émail, bord columellaire court, réfléchi recouvrant presque la fente ombilicale ; bord droit atténué , subaigu , verdâtre à la marge. Observ. Cette espèce est voisine de Y H. Bavayi Crosse, mais elle est plus grande, sa spire plus profondément enfoncée, le dernier tour plus anguleux, embrassant les premiers et les enroulant autour de l'ombilic. N° 56. H. micropliis Crosse. Journ. conch., t. VIII, p. 91, pi. 1. fig. 3. Janvier 1868. (PI. I, fig. 7.) Testa latissime umbilicata, minima, discoidea, planorbiformis , utrinque concaviuscula , parum crassa , striis validis longitudinaliter impressa, olivaceo-cornea , unicolor; spira perdepressa, medio sub- concava; sutura impressa ; anfr. 4 1/2 angusti, planati, embryonales 11/2 lœves, otivaceo-albidi, sequentes striati, ultimus descendons, cœteros involvens, utrinque subangulatus , medio convexiuscuhis ; um- bilicus vix concatus ; àpertura perobliqua , xersus basin dévia, auri- formis, angusta albida ; peristoma subduplicatum, continuum, crassum, album, partem anfractus ultimi basalem superans, marginibus lamella medio prominula et aperturam coarctante junctis , basali et externo reflexis, flexuose rotundatis. Diam. maj. 1 3/4, min. 1 1/2; ait. 1/2 mill. Hab. Dans les bois près Nouméa, sous les feuilles mortes humides. Vu deux individus (Marie). Coquille très-largement ombiliquée , fort petite , discoïde , planorbi- forme , légèrement concave des deux côtés , médiocrement épaisse , marquée de fortes stries longitudinales , et d'une coloration olivâtre uniforme. Spire très-déprimée , légèrement concave à sa partie médiane ; suture marquée. Tours, au nombre de 4 1/2, étroits et aplatis; tours embryonnaires (1 1/2) lisses et d'un blanc olivâtre, tandis que les sui- vants sont striés : dernier tour descendant, enveloppant les précédents, subanguleux de chaque côté , légèrement convexe à sa partie médiane. Ombilic faiblement concave. Ouverture très-oblique , inclinant vers la base, auriforme, étroite, blanchâtre. Péristome continu, épais, blanc, paraissant double , par suite de la présence , immédiatement en arrière du bord , d'une sorte de bourrelet , et dépassant un peu la base du der- nier tour ; bords réunis par une lamelle saillante à sa partie médiane et ( 44 ) rétrécissant l'ouverture; bord basai et bord externe réfléchis et flexueu- sement arrondis. L'Hélix microphis participe à la fois aux caractères des Anchistoma de Klein et des Polygira de Say, ce qui est la meilleure preuve du peu de valeur de ces deux coupes. L'Hélix Mariei Crosse , établit le passage entre les autres formes Néo-Calédoniennes à spire surbaissée [H. Mon- trouzieri et H. Cabriti) et notre espèce qui est la moins concave de toutes. (H. Crosse). N° 57. H. Acanthinula Crosse. Journ. Conch., t. VIII, p. 94, pi. 1, fig. 6, Janvier 1868. (PI. 3, flg. 1.) Testa umbilicata, depressa, subdiscoidea, tenuis, pellucida, haudni- tida, striis, inœqualiter rugulosis , confertis, subobliquis , longitudina,- liter impressa, subepidermide nigricante , olixacea, unicolor; spira depressa, planata, sutura impressa; anfr. 3 1 /2 planati, penultimus obsolète carinatus, ultimus non descendens, versas basin planiùscnlus, carinis 3 munitus; lacinias brevissima, distantes, spinularum obtusa- rum more emittentibus, prima carina sub suturali, secunda mediana r tertia basali; apertura obliqua, angulato-subovata , latiuscula, intus nitidula, olixacea: peristoma simplex, marginibus conxergentibus, parum distantibus, columellari fornicatim subdilatato, umbilici me- diocris partent exiguam obtegente, basali et externo acutis. Diam. maj. 4 1/2, min. 3 1/2; ait. 2 mi 11. ; apert. 1 1/2 mill. longa, 2 lata. Hab. Nouméa, Nouvelle-Calédonie (M. E. Marie). Collections Crosse, Marie , Gassies , Musées de Bordeaux et de Caen. ) Coquille ombiliquée, déprimée, subdiscoïde, mince, transparente, terne , marquée de stries longitudinales serrées, inégalement rugueuses et légèrement obliques : coloration d'un vert olivâtre uniforme, sous un épiderme noirâtre ; spire déprimée, aplatie ; suture marquée. Tours au nombre de 3 12, aplatis ; avant dernier tour portant une carène obso- lète ; dernier tour non descendant, muni de 3 carènes, la première voisine de la suture, la seconde médiane, la troisième basale. Sur ces carènes on remarque, de distance en distance, des lambeaux d'épiderme très-courts, formant comme de petites épines obtuses, et sujets à dispa- raître facilement par le frottement. Ouverture oblique, presque ovale, anguleuse à cause des carènes, assez large, assez luisante à l'intérieur, et d'un brun olivâtre. Péristome simple, ;ï bords convergents et peu ( 45 ) éloignés l'un de l'autre : bord columellaire légèrement dilaté près de l'ombilic, dont il recouvre une petite partie; bord externe et bord basai simples et trancbants. L7/. Amnthinula est remarquable par la présence d'un épiderme particulier, qui lui donne un aspect noirâtre , et qui , en se lacérant par endroits, sur les carènes, fait prendre à la coquille une apparence presque épineuse qu'elle n'a pas en réalité. Dans cet état, elle rappelle quelque peu 17/. laciniosa de Lowe. Seulement, ces parties saillantes d'épiderme disparaissent facilement par le frottement, et c'est à peu près dans ce dernier état que nous avons été obligé de figurer la co- quille. (Crosse). N° 58. H. dictyodes Pfeiffer. Proc. zool. soc. p. 144, 1846. Faune, p. 37, pi. 1, fig. 19. Hab. Le Mont Mou (E. Marie). Observ. L'Hélix dictyoclcs est sujet à certaines variations qui doivent se diviser ainsi : A. Type décrit et figuré dans la première partie. B. Major, très-grand. Hab. Kanala. C. Trochiformis, très-conique. Hab. Ile des Pins. D. Obscura, couleur brune, sans ponctuations blanches sur la carène. Hab. Boulari. K. Minor, très-petite. Hab. Ile Art. Cette espèce est également fossile dans les terrains quaternaires de l'île des Pin6, de l'ilôt Koutoumo et de l'île Alcmène. N° 59. H. Mb» ue us te Crosse. Journ. Concb. t. VIII, 3 e série, p. 152, pi. VII, fig. 5, avril 1868. Testa umbilicata, depressa, lenticularis, oblique striatula, parum crassa, subdiaphana, corneo-fusca, castaneo confertim reticulato-gut- tata, maculisque nigro-castaneis, latis, numerosis juxta suturam regulariter ornata; spira parum elevata, sutura submarginata; anfr. 6 subplanati, ultimus antice non descendens, carina acuta corneo et castaneo articulata munitus, parte basait maculis castaneis, minutis, confertis elegantissime reticulata, circa umbillcum sat magnum, per- mum, in zonas oblique radiantes confluentibus ; apertura subverticalis, depressa, subquadrangulato-lunaris, intus livide albida, nitida; peris- toma simplex, marginibus distantibus, callo tenuissimo junclis , columellari brevissime dilatato, basait lœviter sinuoso, reflexiusculo, externo, subangulato, ad insertionem attenuato. (H. Crosse). ( 46 ) Diam. maj. 17, min. 15; ait. 7 mill. Hab. Le Mont Mou, Nouvelle-Calédonie (M. E. Marie). Vu 4 individus. (Collect. Crosses, Marie et Gassies.)- Coquille ombiliquée, déprimée, lenticulaire, munie de petites stries obliques, peu épaisse, subdiaphane. Le fond de sa coloration est d'un brun corné clair, sur lequel se détachent une multitude de petites taches d'un brun marron, formant comme un réseau et une série de grandes taches d'un brun plus foncé, nombreuses, régulièrement dispo- sées, et placées près de la suture. La spire est peu élevée, la suture submarginée. Les tours, au nombre 6, sont presque plans; le dernier, non descendant en avant, est muni d'une carène tranchante, articulée de jaune corné clair et de marron, et orné, à sa partie basale, d'un réseau serré de petites taches brunes, très-élégamment disposées, et qui, en se réunissant, finissent par former des zones obliquement rayonnantes au- tour d'un ombilic assez grand et laissant apercevoir les premiers tours. L'ouverture subverticale, déprimée, en forme de croissant, avec une tendance à devenir quadrangulaire, est, à l'intérieur, d'un blanc livide et luisante. Le péristome est simple : les bords, éloignés l'un de l'autre, sont réunis par un dépôt calleux très-mince et peu apparent ; le bord columellaire est très-court et dilaté, le bord basai un peu sinueux et légèrement réfléchi, le bord externe sub anguleux et atténué près du point d'insertion. Cette espèce, dont M. E. Marie a recueilli sur le Mont Mou, 4 ou 5 exemplaires, présente l'aspect général de la variété minor de Y H. dictyo- des Pfeiffer, dont elle a les dimensions. Elle s'en distingue toutefois facilement par sa forme plus lenticulaire, sa spire moins élevée et plus aplatie, le nombre de ses tours (6 au lieu de 7), son ombilic plus grand, son bord columellaire moins étalé à sa naissance, et enfin par sa coloration, qui est tout-à-fait différente. En effet, dans notre espèce, les taches suturales sont proportionnellement plus grandes, du double plus nombreuses et régulièrement disposées, et les petites taches formant réseau sont tellement serrées, qu'elles cachent presque complètement le fond du système de coloration, et font paraître la coquille d'un brun marron. Nous possédons un individu de la variété minor de YH. dictyo- des, qui, possédant exactement le diamètre de notre espèce, a la spire plus élevée de 2 millimètres (9 au lieu de 7). Nous ferons observer d'ail- leurs, que YH. dictyodes, très-commun en Nouvelle-Calédonie, vit éga- lement sur le Mont Mou, mais que, dans cette localité, l'espèce ne se présente qu'avec son maximum de taille. (IL Crosse). (47 ) X° 60. H. Tricïiocoma Crosse. Journ. Conch.,.t. VIII, 3 e série, p. 158, pi. 8, fig. 6. Avril 1868. (PI. II, fig. 11). Testa late umbilicata , depressa, planospira, suboblique corrugato- striata, subepidermide fusca, laciniata, crinita, castanea, albido marmorata: spira valde depressa, planata; sutura impressa ; anfr. 5 planati, sensim accrescentes , ultimus vix descendens , acute carinatus; basi subinflatus , convexiusculus , circa umbilicum profundum , perspec- tivum obtuse carinatus; apertura securiformis , intus castanea, nitida; peristoma simplex, acutum, marginibus subdistantibus , externo versus médium angulato. Diam. maj. 8, min. 6 1/2, ait. vix 2 mill. Hab. Le Mont Mou, Nouvelle Calédonie (M. Marie). (Collect. Crosse, Marie , Gassies , Musées de Bordeaux et Caen.} Coquille légèrement ombiliquée, déprimée, marquée des tries rugueu- ses, légèrement obliques, marbrée de blanc sur un fond de coloration marron, revêtue d'un épidémie brun, laciniô et chevelu. Spire très- déprimée, tout-à-fait plane; suture marquée; tours au nombre de 5, aplatis et s'accroissant peu-à-peu ; dernier tour à peine descendant, muni d'une carène aiguë , légèrement renflée et assez convexe du côté de la partie basale. Ombilic profond, largement ouvert, entouré d'une carène obtuse à son sommet. Ouverture en forme de hache , luisante et d'un brun marron à l'intérieur. Péristome simple, tranchant; bords assez éloignés l'un de l'autre ; bord externe anguleux vers sa partie mé- diane, à l'endroit correspondant à la carène du dernier tour. Cette espèce, recueillie sur le Mont Mou , ainsi que plusieurs autres (1), paraît s'éloigner sensiblement des espèces calédoniennes que nous con- naissons, par son épiderme très-particulier, sa spire complètement plane et la carène tranchante de son dernier tour. Nous ne trouvons guère que Y H. Opaoana Gassies (1), qui semble s'en rapprocher par la forme de son ombilic ; mais, l'auteur, dans sa courte diagnose, ne parle ni d'épiderme , ni de spire complètement plane et présente de plus son espèce comme étant obtusément carénée et munie de stries concentri- ques. La carène de notre espèce est très-aigiie , et ses stries rugueuses sont obliquement longitudinales : il n'y a donc pas de confusion possi- ble. D'ailleurs , Y H. Opaoana provient de l'île Art. (1) Journ. Conch. vol. XV p. 61 , 1867. ( '<8 ) Les espèces d'Hélices suivantes, déjà antérieurement connues, vivent sur le Mont Mou et y ont été recueillies par M. E. Marie : H. Vieillardi Crosse et Marie; H. Saisseti Montrouzier ; H. Lifouana Montrouzier , H. dictyodes Pfeiffer ; H. Baladensis Souverbie ; H. Astur Souverbie (Crosse). Observ. 11 y a, en effet, de grandes différences entre VH. Irichocoma de M. Crosse et notre H. Opaoana. La première est bien plus grande. Diam. maj. 8 mill., tandis que la deuxième ne mesure que 5 mill. Le pourtour de l'ombi- lic est élevé en carène chei les deux, mais le dessus est plus plane chez VH. Irichocoma, et son épiderme lamelleux et ses fortes stries circulaires la distin- guent suffisamment. Elle a le faciès de VH. Lapicida d'Europe , sauf l'ouver- ture qui n'est pas continue et très-simplement membraneuse. Les individus re- cueillis par M. Marie sont-ils bien adultes? N. 61 . H. ostiolum Crosse. Journ. Conch., 3 e série, t. X, p. 240. Avril 1870. Testa perforata, turbinata, vix (sub oculo armato) striatula parum nitida, fusca, unicolor; spira breviter conica, apice obtusula; sutura impressa; anfr. 4 1/2 convexiusculi , embryonales 1 1/2 paido palii- diores, ultimus sat magnus spiram superans , basi subplanatus ; aper- tura subob tiqua, lunato-rotundata , concolor ; peristoma simplex , mar- gine cotumellari breviter dtlatato, molaceo - fusco , basait et externo acutis. Diam. maj. 4 3/4, min. 4; ait. 3 mill.; apert vix 2 mill., longa, 'ï lata. (Coll. Marie et Gassies) (H. Crosse). Hab. La Nouvelle-Calédonie (E. Mariée Coquille perforée, turbinée, mince, finement striée, stries à peine visibles à l'œil nu , assez luisantes , de couleur fauve uniforme ; spire courte , conique , sommet très-obtus , suture comprimée ; tours au nom- bre de 4 1/2 , un peu convexes , les I 1/2 embryonnaires un peu pâles, le dernier assez grand dépassant la spire, base subplanaire; ouverture suboblique , ovale-arrondie , de même couleur que le dessus ; péristome simple, marge columellaire légèrement dilatée, fauve violacée, bords basai et droit aigus. Observ. Cette petite espèce a un faciès européen qui la fait différer de la plupart de ses congénères néo-colédoniennes. N° 62. H. Morosula Gassies. (PI. VII, f. 18). Testa parva, profunde et anguste umbiiicata, subconiea, ccnve.ra , ( 40) transtersim striata, rufescens concolor, striis superne costas elevatas, regulares ad suturam crispatas formantibus; anfractus 5 convexi, regu- lariter crescentes, ultimus vix dilatatus, descendons ; sutura profunda, canaliculata ; apertura rotundata; peristoma simplex intus parum incrassatum fuscum ; color rufescens-fuscus. Diam. maj. 5, min. i; ait. 3 1/2 mill. ; apert. 2 1/2 mill. longa , 1 1/2 lata. Hab. Conception, près Nouméa, Nouvelle-Calédonie (R. -P. Lambert). (Musée de Bordeaux). Coquille petite, munie d'une fente ombilicale étroite et profonde, subconique, convexe , striée transversalement; ces stries forment sur les tours supérieurs des côtes régulières élevées, qui se crispent en se réunissant vers la suture ; couleur chocolat foncé , un peu plus clair vers le haut qui est un peu plus luisant; spire composée de 5 tours convexes croissant régulièrement, le dernier à peine plus grand, des- cendant ; suture profonde , canaliculée. Ouverture subarrondie , aussi haute que large ; péristome simple avec un léger bourrelet brun foncé ; columelle peu épaisse, brun foncé luisant; pourtour de l'ombilic radié de gris sur les stries d'accroissement qui s'y rejoignent et qui sont pri- vées d'épiderme. Observ. Notre espèce diffère peu de VH. o s liolum Crosse, à laquelle nous l'avions réunie; cependant, ses côtes élevées et nombreuses, son épidémie plus solide et plus foncé nous avait obligé d'en faire une variété. Soumise aux yeux exercés de M. Crosse, qui a pu la comparer sur des individus plus nom- breux de son espèce, il n'a pas hésité à l'en séparer. N° 63u H. Iiulaimei Gassies. Journ. Conch., 3 e série, t. 'IX, p. 71. Janvier 1869. .(PI. II, fig. 6). Testa imper for ata , conico-depressa, carinata, solidula , oblique irre- gulariter striata , nitidula, pallide lutea, ad carinam rufo-cingulata ; spira vix elevata; anfr. 4 1/2. — 5 parum convexi, regulariter accres- centes ; ultimus non descendons, medio carinatus, basi subplanatus , nitidior, apice nitido; apertura parum obliqua, lunato-rotundata, intus, albo-cingulata ; peristoma simplex rectum, marginibus subconvergenti- bus, dextro simplici, columellari subincrassato. Diam. maj. 8 1/2 mill., min. 7 1/2; ait. 5 mill. Hab. L'île Art, Nouvelle-Calédonie, Balade, id. i MM. Montrouzier et Magen). Tome XXVIII. 4 ( 50) Coquille imperforée , conique , déprimée , carénée , un peu solide , obliquement et irrégulièrement striée, luisante; couleur jaune pâle avec une bande brun foncé sur la carène du dernier tour et qui va s'effaçant dans les sutures supérieures; spire un peu élevée, composée de 4 1/2 à 5 tours un peu convexes, croissant régulièrement , le dernier non descendant; périphérie carénée, dessous un peu plan, luisant; sommet mousse luisant ; ouverture un peu oblique , lunaire , arrondie , intérieur blanc sur lequel se détache , par transparence , la fascie de la carène; péristome aigu se joignant avec une légère callosité; bord droit simple, le columellairc un peu épaissi. Observ. Les 3 individus qui nous ont été envoyés par le R. P. Montrouzier et par M. Magen nous paraissent encore un peu jeunes, bien que tous soient Identiques; cependant, la columelle s'arrondit parfaitement avec le bord in- férieur, et toute la forme de l'ouverture nous semble normale. Cette coquille a un peu le faciès de 17/. Chamissoi Pf. des iles Sandwich, lorsqu'elle est vue en dessus, mais elle en diffère par l'élévation de sa spire, qui est plus coni- que, la bande de la carène , sa coloration plus foncée en dessus et plus pâle en dessous. Dédiée à mon excellent ami M. Emile Lalanne, numismate distingué de Bordeaux, si connu par sa magnifique collection de pointes de flèches en silex. N° 64. H. Calcdonica Crosse. Journ. Conch., t. VIII, p. 92, pi. 1, fig. 4 et 4 a. (PI. II, fig. 7). Testa imperforata aut obtecte subrimata, turbinata, subgîobosa, solidiuscula, parum crassa, pellucida, striis tenuissimis longitudina- liter impressa, pallide olixaceo-cornea , maculis castaneo-fuscis , irre- gulariter sparsis , raris ornata; spïra mediocriter elerata, api ce pla- niuscula; sutura impressa; anfr. 5 1/2 convexiusculi , régula ritcr accrescentes , èmbryonales 1/2 Unes, eorweo-albïdi , ultimus non des- cendais, versus basin conxexus; apcrtura lunaris, concolor, intus lamina basait, e columella oriunda, tenui, ri.r prominula, albida instructa; pcrisloma simplex, marginibus distantibus, columellari incrassalo , subdilatato , albida, basali ci externn acutis. Diam. maj. 9, min. 8; ait. 5 1/4 mill. ; apert. 3 1/2 mill. longa, 4 lata. Var. |3 paulo minor, rix obtecte perfora ta , ôbscwrior, maculis majo- ribus, in zonas obliquas, latiusculas confluentibiis. Diam. maj, H I 2, min. ~l 3/4; ait. 5 mill.; apert. 3 I 2 mill. h.nga , ï lata. IIab. Bogota, sur Ips bord- du lac do Kanala M. 0. Richard, lieute- ( 54 ) naat de vaisseau). (Vu 5 individus). (Golleet. Crosse, Marie Gassies, Musée de Bordeaux). Coquille imperforée ou munie d'une fente ombilicale recouverte, turbinée, subglobuleuse, assez solide, bien que peu épaisse, translu- cide, très-finement striée dans le sens longitudinal, d'un jaune olivâtre clair, avec un petit nombre de taches d'un brun-marron, semées irré- gulièrement; spire médiocrement élevée, à sommet légèrement aplati. Tours au nombre de 5 1 /2 , assez convexes et s'accroissant régulière- ment; tours embryonnaires (1 1/2) lisses et d'un jaune corné clair; dernier tour non descendant, convexe du côté de la base. Ouverture en forme do croissant, de même couleur que le reste de la coquille, munie à l'intérieur d'une sorte de lamelle blanchâtre , mince , à peine saillante, partant de la columelle. Péristome simple , à bords séparés l'un de l'au- tre ; bord columellaire épaissi, légèrement dilaté, blanchâtre; bords basai et externe minces et tranchants. La variété /3 se distingue par la présence d'une perforation ombilicale non entièrement recouverte, par sa taille un peu plus petite , par sa colo- ration plus foncée et par la disposition de ses taches qui sont plus larges, plus nombreuses, confluentes et finissent par former dos bandes obli- ques assez larges et d'un aspect très-original. (H. Crosse.) i\" 65. II. Dentlrobia Crosse. Journ. Conch., t. VII, p. 96, pi. 2, fig. 5. (PI. 2, fig. 8.) Testa subrimata, turbinato-conica, tenuissima, pellucida, sabhya- lina, pallide viridulo-cornea, unicolor ; spira subclevata; sutura mediocriter impressa; anfrJ 5 1/2 planiusculi, ultimus non descendons, obsolète sub angulatus, versus basin convexiusculus ; apertura subqua- drato-lunaris, concolor ; peristoma simplex, acutiim, margine columel- lari vix ad insertionem fornicatim reflexo. (H. Crosse.) Diam. maj. 5, min. 4; ait. 4 1/2 mill. ; apert. 2 1/2 mill. longa, 2 1/2 lata. Hab. Koe, Nouvelle-Calédonie, trouvée par M. Ë. Marie, sur les ar- bres, ce qui nous a porté à la nommer H. dcndrobia. (H. Crosse). (Coll. Crosse, Marie et Gassies). Coquille pourvue d'une faible fente ombilicale, de forme conique, turbinée, très-mince, transparente, presque cristalline et d'un ton corné verdâtre uniforme, spire assez élevée : suture médiocrement marquée. Tours au nombre de 5 1/2, presque plans ; dernier tour non descendant, ( 52 ) très-faiblement anguleux, légèrement convexe du côté de la base. Ou- verture presque quadrangulaire, de même couleur que le reste de la coquille. Péristome simple, tranchant ; bord columellaire à peine ré- fléchi à son point d'insertion. N° 66. H. Clielonitis Crosse. Journ. Conch., t. VIII, 3 e série, p. 157, pi. IX, fig. 2. Avril 1868. (PI. 2, fig. 12.) Testa subobtecte perforata, depressa, vix turbinata, sublœmgata , haud nitida, tenais, peUucida, pallide luleo-fusca, maculis nigro-brun- neis raris, irregulariter distantibus, ad suturam, et lineolis castaneis, longitudinalibus, flexuosis ornata; spira depressa, vix prominula; sutura impressa; anfr. 5 1/2 6 tix convexiusculi, sensim accrescentes, embryonales 1 1/2, nitiduli, brunnei, ultimus non descendais, rotun- datxis, basi luteo et castaneo confertim et minute guttato-maculatus ; apertura subobliqua, lunaris, peristoma simplex, acutum, marginibus distantibus, columellari dilatato, fornicatim refîexo, perforationis par- tem occultante. Diam. maj. 7 1/2, min. 6 1/3; ait. 4 mill. Hab. Le Mont Mou ^Nouvelle-Calédonie) (M. Marie). (Coll. Crosse , Marie et Gassies). Coquille munie d'une perforation ombilicale partiellement recouverte, déprimée, très-faiblement turbinée, à peu près lisse, terne, mince, trans- lucide, et d'un brun jaunâtre clair, avec un petit nombre de taches d'un brun noirâtre, placées près des sutures et irrégulièrement espacées, et des linéoles longitudinales de couleur marron plus ou moins flexueuses. Spire déprimée, à peine saillante : suture marquée. Tours au nombre de 6 , à peine convexes, s'accroissant peu à peu ; tours embryonnaires (1 1/2) bruns et luisants; dernier tour non descendant, arrondi, présen- tant, à sa partie basale, comme un réseau formé par le développement des fascies longitudinales, et ne laissant paraître le fond de coloration du test que sous l'apparence de petites taches ou gouttelettes jaunâtres, fines et serrées. Ouverture légèrement oblique et en forme de croissant. Péristome simple, tranchant, à bords éloignés l'un de l'autre : bord columellaire dilaté à sa naissance et réfléchi, de manière à cacher une partie de la perforation ombilicale. Cette espèce, recueillie sur le Mont Mou, semble avoir quelque ana- ( 53 ) logie avec Y H. occlusa Gassies {]), que nous n'avons pas eu occasion de voir jusqu'à présent. Néanmoins, comme M. Gassies indique, dans sa diagnose, des costulations obliques sur le test et seulement 4 tours de spire, et qne notre espèce en compte 5 1/2 à 6 et est lisse, nous pensons qu'il y a lieu de la distinguer de l'autre. (H. Crosse). Observ. Nous avons mis à la disposition de M. Crosse la petite collection de types calédoniens que nous avions apportés avec nous à Paris, pendant l'Expo- sition universelle de 1867. M. Crosse l'a visitée, et nous ne comprenons pas ici et ailleurs son manque de mémoire; nous avions trop de motifs d'obliger noire ami, pour ne pas en saisir toutes les occasions. N" 67. II. Conceptionensis Gassies. Testa late et profunde umbilicata, subdepressa , tenais, pellucida , super ne et in fer ne, transversim striata, inferne, longitudinaliter sul- culosa, luteola , ciridans, nitens , concolor, apice planato , sutura impressa plicata; anfr 4 rapide accrescentes vix convexis , ultimus vix descendens , amplus ; apertura verticalis otato-rotundata , intus luteo-pailida ; peristoma simplex , continuis , marginibus distantibus, collumellari erecto, mx patulo , ad peristoma callositate juncto. Diam. maj. 8 mill. , min. 6; ait. 3 mill. ; apert. 3 mill. longa, 2 1/2 lata. Hab. Conception, près Nouméa (Nouvelle-Calédonie). (R. P. Lam- bert.) Rare; vu un individu. (Ma collection.) Coquille à ombilic assez ouvert et profond , subdéprimée en dessus , un peu convexe en dessous , mince , pellucide , striée en dessus et en dessous dans 4e sens transversal , et légèrement sillonnée longitudinale- ment en dessous; couleur jaune verdâtre, luisant, de couleur uniforme sans taches ni fascies ; sommet horizontal , suture comprimée et forte- ment plissée à son insertion ; spire plane en dessus, convexe en dessous ; tours , au nombre de 4 , croissant rapidement , le dernier descendant , plus grand , dépassant l'axe et comme dilaté ; ouverture verticale plus haute que large , oblique , à bords réunis par une légère couche d'émail , le supérieur dépassant l'inférieur ; péristome simple, columelle droite un peu renversée sur l'ombilic et peu épaisse ; intérieur plus pâle que l'extérieur. Observ. Cette espèce est voisine de Vil. Alleryana Crosse, dont elle a la forme générale, la dilatation du dernier tour, et presque la coloration; elle en (\)Journ. Conch., t. XIII, p 220, 1865 (54) diffère : \° par son aspect plus solide; 2° son ombilic bien plus ouvert et pro- fond; 3° sa suture crispée et non canaliculée; 4° par sa striation et son épi- derme luisant, tandis que celui de VH. Alleryana est terne et d'une nuance olivacée. N° 68. H. IiRitiberti Gassies. Testa latissime umbilicata, depressa, discoidea tenuis , peltucida , Ion gitudinaliter et cir citer striata, luteo-fidza, nitens , concolor, apice horizontalis sutura profunda; anfr. 5 jrianati, rapide accrescentes , ultimus non descendons, rotundatus ; apertura rotundato-lunaris intus concolor ; peristoma simplex, marginibus distantibus , columellari vix dilatato, superne expansiusculo. Diam. maj. 8 mil!., min. 7; ait. 2 1/2 mill.; apert. 2 mill. longa, 2 lata. Hab. Conception, près Nouméa (Nouvelle-Calédonie). (R. P. Lam- bert). Rare; vu un individu. (Ma collection.) Coquille à ombilic complètement ouvert, laissant apercevoir tous les tours , de forme lenticulaire , déprimée , mince , pellucide , striée fine- ment en travers , plus fortement en long , comme une trame réticulée ; couleur de corne fauve uniforme , luisant , sauf les deux premiers tours, qui sont plus pâles; suture profonde, spire très-plane en dessus, à sommet complètement horizontal , dessous assez convexe , le dernier tour formant une carène mousse autour de l'ombilic; tours, au nombre de 5, croissant rapidement, le dernier non descendant, arrondi; ou- verture presque ronde , un peu oblique et surbaissée , à bords distants , réunis par une légère callosité , le supérieur dépassant à peine d'un mil- limètre l'inférieur ; le dépôt d'émail qui réunit les deux bords paraît épaissi au centre et vouloir donner naissance à une dent ; péristome simple, columelle à peine épaissie, peu renversée, bord droit un peu dilaté , intérieur de môme couleur que le test. Observ. Cette espèce est très-voisine des //. mullisulcata , Ouveana et Can- deloti ; elle diffère de la première par la forme évasée de son ombilic, l'a- platissement de la spire, l'absence de dent à la partie inférieure du péristome et par sa taille bien moindre; de la seconde par ses tours plus nombreux, l'aplaiissement du sommet, sa spire plus profonde, son ombilic considéra- blement ouvert et son ouverture moins surbaissée ; de la troisième, par sa forme plane, son ombilic plus ouvert, l'absenco de taches et de stries transverses élevées; l'/V. Candeloli ne possède nullement de stries longitudinales, et son ombilic moins large est plus profond. Nous dédions celte jolie petite espèce à noire honorable collègue linnéen et compatriote M. le R. P. Lambcri, comme une faible marque de la reconnais- ( 55) sance que lui doit la science pour son zèle à faire connaître les richesses ma- lacologiques de l'Archipel. (Il ne nous a pas été possible de faire figurer certaines espèces qui nous sont tardivement arrivées, alors que nos planches étaient composées; nous don- nerons leurs ligures plus tard). Genre VIL — BULIME, BULIMVS Scopoli. Ce genre , très-nombreux en espèces et en individus , est frappé d'un cachet typique et spécial qui ne trouve d'analogies éloignées que dans certaines îles voisines de l'archipel de la Nouvelle-Calédonie. Nous pouvons dire que c'est là surtout que la faune malacologique de notre colonie s'affirme et se distingue. Mais si la forme générale est facile- ment appréciable, il n'en est pas de même des caractères spécifiques qui semblent voués à un polymorphisme désespérant. Plusieurs malacologistes ont essayé des études sérieuses sur le grou- pement et la séparation des variations infinies que présentent certains ty- pes. Le travail de M. H. Crosse (4), fait avec conscience et autorité, con- tient des appréciations très-judicieuses, mais qui ne sauraient être com- plètes, l'auteur n'ayant pas eu à sa disposition un nombre suffisant d'objets de comparaison pour établir définitivement les bases d'une classification exempte do lacunes. Nous espérons que plus tard, à l'aide de nouveaux matériaux, il pourra reprendre ce travail et le compléter à la satisfaction de tous. Pénétré do notre insuffisance nous ne chercherons pas à empiéter sur le domaine d'autrui, nous nous bornerons à séparer en groupes distincts les individus qui nous paraîtront avoir le plus d'affinités entre eux. On nous fera sans doute le reproche d'avoir élevé au rang d'espèces certaines formes arrêtées et constantes ; l'on ne se rendra pas compte des immenses matériaux dont nous disposons , depuis 1 4 années de recherches de toute sortes , d'envois nombreux parfaitement authenti- ques et d'objets de comparaison. Plus tard , ceux qui nient le plus ardem- ment seront forcés de se rallier à notre manière de voir en présence des coupes que nous aurons groupées au Musée de Bordeaux où chacun pourra les consulter à loisir. On nous a déjà contesté quelques espèces ; on les a discutées , et à priori il semble qu'elles doivent disparaître de la nomenclature ; seule- ment les faits sont venus en foule confirmer leur valeur, et l'étude des mollusques nous a donné parfaitement raison. (I) Journ. Conch , ô r série, t. IV, p. 105, 1S6i. ( 56 ) Ainsi M. E. Marie a pu étudier les animaux sur place et avec les différences signalées sur les coquilles , il a pu constater celles de l'ani- mal qui sont, selon nous, concluantes pour le maintien de l'espèce. Nous ne citerons pas ici toutes les raisons qui nous ont fait adopter telles espèces, nous renvoyons à leurs descriptions spéciales qui four- niront les détails nécessaires et justifieront, nous l'espérons du moins, les motifs qui nous ont guidé dans cette voie. La majeure partie des Bulimes Néo-Calédoniens appartient à la sec- tion des Placostylus de Beck qui se manifestent par une sorte de dé- pression dorsale fort remarquable et constante. C'est là surtout que se produit le polymorphisme dont nous avons parlé plus haut et que nous avons pu constater sur un nombre considérable d'individus de formes diverses les plus tranchées. Nous avons dû , après sérieux examen, dresser plusieurs divisions ou groupes auxquels nous avons relié les formes qui , ayant des affinités saisissables , passent insensiblement d'une espèce à l'autre. Divisions. 4 re Division. Placostylus, Beck. 4 e Division. Bulimulus, Beck. 2e — Charis, Albers. 5e — Subulina, Beck 3e — Draparnaudia, Mont. Groupes. 1«=i Groupe. Fibratus, Martyn. 5 e Groupe. Sinistrorsus , Deshayes. 2e — Porphyroslomus,PtQiiïQr 6 e — Mat/eni, Gassies. 3e — Souvillei, Morelet. 7 e — Souverbianus , Gassies. 4e — Eddystonensis , Reeve. 1 re Division. — Placostylus , Beck. 1 er Groupe. - - Fibratus , Martyn. 4. Fibratus, Martyn. 7. Edivarsianus Gassies o Buccalis, Gassies. 8. lnfundibulum — 3. Pinicola — 9. Duplex — 4. Boulariensis , Souverbie. 10. Senilis — 5. Insiynis, Petit. H. Oucnsis — 6. Ouveanus, Dotzauer. 12. Lamberli — 2 e Groupe. — Souvillei, Morelet. 4. Souvillei, Morelet. 4. Gucslicri , Gass lies. 2. 3. Cicalricosus , Gassies. Alexander, Crosse. 5. Goroc?isis, Sou verbie. ( 57 ) 3 e Groupe. — Porphyrostomus Pfeiffer. 4. Porphyrostomus, Pfeiffer. (i. Scarabus Albers. 2. Calédoniens , Petit. 7. Annibal, Souverbie. 3. Mariei, Crosse. 8. Bondeetisis , Crosse et Souverbie. 4. Submariei, Souverbie. 9. Bivaricosus , Gaskoin. 5. Pseudo Caledonicus, Montrouzier. 10. tâsopeus, Gassies. 2 e Division. — Charis , Albers. I e Groupe. — Eddystonensis Reeve. 1. Eddystonensis, Reeve. 3. Rhyzophorarus,Gass\us. 2. Bavayi, Crosse. 4. Pancheri, Crosse. 3 e Division. — Draparnaudia , Montrouzier. 5 e Groupe. — Sinistrorsus, Desh'ayes. ■1. Sinistrorsus , Deshayes. 2. Theobaldianus , Gassies. 4 e Division. — Bulirmilus, Beck. 6 e Groupe. — Mageni, Gassies. 1. Mageni, Gassies. 5 e Division. — Subùlina, Beck. 7« Groupe. — Souverbianus , Gassies. 1. Souverbianus, Gassies. 3. Blanchardianus, Gassies, 2. /Irtenste, id. GROUPE I er N° 69. B. fibratus (Limax) Martyn. Fig. of not descr. shells, t. XXV. Faune, p. 39, pi. 4, fig. 1. Animal : Dessus très-granuleux , noirâtre ; plus foncé entre les tenta- cules , qui sont de même couleur que le dessus. Côtés, corne roussâtre ; tentacules postérieurs \ 5 mil. , antérieurs 6 millim. En résumé, plus foncé mais peu différent du B. porphyrostomus. Est répandu dans pres- que toute l'île sous l'une quelconque de ses différentes formes. Le type ne se rencontre guère qu'à l'île des Pins et dans les plaiûes situées au pied du Mont-d'Or. Le type est pour moi celui dont le péristome n'est pas blanc. (La va- riété allongée so trouve à l'île des Pins, à Goro et à Yaté. Il ne se trouve (58 ) nullement à Nouméa. Fréquent à Ouvea et à Mare (îles Loyalty ). (M. E. Marie.) Var. elongata. Hab. Ile des Pins. (M. Marie.) Var. -/.. Mareana, minor , crassiuscula , subepidermide castaneo- fusca , partim decidua , roseo-albida ; anfractus 7, primi 3 1 /2 rosei , ultimus vix ascendens, spiram subœquans ; apertura intus pulchre violaceo-purpurea ; peristoma ebumeum, mox intus molaceo-purpu- reum, marginibus callo crasso tuberculum emittente junctis , columel- lari valde torto-plicato , extemo supeme valde sinuato. Long. 66 ; diam. maj. 28 mill. ; apertura (cum perrstomate) 35 mill. longa, 20 lata. (H. Crosse.) Hab. Ile Mare (Loyalty). (E. Marie.) N° 70. II. buccalig Oassies. B. buccalis Gassies , Journ. Gonch. , 3 e série, t. X, p. 141. Janvier 1870. (P1.5,fig. 1) Testa imper for ata , oviformis , elongata , solida , breviter acuminata , longitudinaliter strigata, transversim striata, fortiter malleata, sordide albo-rosea, apice fulvido, oblique strigata , nitida, epidermide castaneo- lutescente induta, fasciis irregularibus brunneis longitudinaliter, or- nata, ad apicem et ventrem evanescentibus ; sutura appressa, alba; anfractus 7 convexi, ultimus 2/3 longitudinis cequans- apertura magna, ovato-elongata , auriculiformis ; jjcristoma carneolum, crassum, su- peme flexuosum, excanatum, medio calloso , expansum; columella pa- tula, ■ ascendens , plica supeme conica, descendente, callo crasso, ad insertionem supeme plicato cum peristomate juncta; faux aurantiaco purpurea. Long. 85 mill.; diam. 42 mill.; apert. 46 mill. longa, 18 lata. Var. /3, scalaris. Hab. L'île Ouen, sud de la Nouvelle-Calédonie ; île des Pins (M. Dé- planches). Vu 18 exemplaires. (Colleot. Gassies, Musée de Bordeaux.) Coquille imperforée, oviforme, allongée , solide, subitement acu- minée, striée plissée en long, striée en travers, fortement martelée , couleur blanc-rosé, crayeux et luisant , sommet jaunâtre , strié obli- quement, luisant; épiderme brun-jauu.ître , pou consistant, orné de fascies longitudinales brunes, irrégulières, effacées sur le ventre et aux premiers tours ; suture comprimée , blanche; tours, au nombre de 7, ( 50 ) convexes, le dernier formant à lui seul les 2/3 de la longueur totale; ouverture grande , ovale allongée , auriculiforme ; péristome rosâtre ; épais , flexueux supérieurement , excavé vers le milieu , qui est plus épaissi et un peu renversé ; columelle épaisse , ascendante ; pli supérieur conique, descendant , très-épais, une callosité peu saillante à la réunion du péristome et de la callosité columellaire ; péristome réuni par un dépôt d'émail brillant , rougeâtre, intérieur pourpre orangé très-brillant. Observ. Celle espèce, variélé constante de B. fibralus, s'en dislingue par sa forme courie, son ouverture étroite, son péristome flexueux, et surtout par la couleur blanc luisant du test. X" 71. 15 fiiiiicola GàSSIES. H. pinicola Gassies. Journ. Conch. , 3 e série, t. X, p. 142-43. Janvier 1870. (PI. 4,fig. 1.) Testa imperforata, elongata, solida, acuminata, longitudinaliler striata, fortiter malleata, superne epidermide castanea , irregulariter brunneo-fasciata induta, infernepolita, maculis lacteis sparsim ornata ; anfractus superiores albo-rosei; su/uni appressa, linearis, albida: spirà acuta; anfractus 7 convexi, ultimus 2/3 1/2 longitudinis œquans, tix compressas; apertura sem-iocata , elongata, superne vix angulala, non flexuosa, inferne regulariter dilatata; peristoma crassmn] vix. expansum, marginibus càllo-sanguineo junctis ; dénie parictali conico, descendente, intrante; columella asrendens , patula , planata; peris- toma roseo-purpurascens, inlus intense purpurcum , nitidum. Long. 90 mill. ; diam. maj. 44 mill. ; apert. 45 mill. longa, iS lata. H.vn. L'île des Pins , Nouvelle-Calédonie (MM. Déplanches et Lam- bert). Vu 3 exemplaires. (Ma collection.) Coquille imperforée , allongée , solide , pointue , striée en long , for- tement martelée ; épidémie brun, irrégulièrement fascié de brun-noir, dessous luisant , parsemé de taches lactescentes ; premiers tours blancs rosàtres ; suture comprimée , linéaire , blanche ; spire aiguë ; tours , au nombre de sept, convexes, le dernier, formant les 2/3 1/2 de la lon- gueur totale , est un peu comprimé ; ouverture semiovale , allongée , supérieurement un peu anguleuse , régulière , non flexueuse et dilatée à la base ; péristome épais , un peu réfléchi , réuni à la columelle par un dépôt d'émail assez épais , d'un rouge de sang brillant ; dent pariétale conique, descendante, assez enfoncée; columelle ascendante, épaisse, ( 00 ) plane; péristomé pourpre un peu plus pùle sur la marge, intérieur pourpre foncé , intense, brillant. Observ. Celte espèce se distingue du vrai fibralus par un épiderme lisse sans stries rugueuses, par les taches lactescentes du test et la coloration rouge de sang très-intense de l'ouverture. N° 72. B. Boulariensis Souverbie. Journ. Conch. 3 e série t. IX, p. 417. Octobre 1869. (PI. I, fig. 12.) Testa imperforata, ovato-conica, elongaia, nitida, subcompressa, longitrorsum rugulose plicatulo-striata , pallide carneola , epidermide fulvo-castanea , suboblique saturatius strigata, nonunquam lineolis subnigricantibus , tix conspicuis, spiraliter lingulata induta; spira conica, subplanato-corivexa , apice subacuto ; sutura impressa, tenui- ter crenulata, epidermide plus minusve destituta et tumalbida; anfr. 7 parum convexi , 3-4 primi epidermide destituti, pallide carneoli, penul- timus spiraliter obsolète malleato-striatus , ultimus ascendens, spiram superans (3/5 longitudinis testœ œquans) , ovato-subelongatus , basi at- tenuatus, spiraliter subinconspicue striatus vel plus minusve malleatus ; apertura fere verticalis , subelongato-auriformis , superne angulata: intus vivide purpureo-aurantiaca , in fundo pallidior et sub niridula tincta, nitidissima; peristoma obtusum, extus vix subreflexum , carneo- subaurantiacmn , marginibus callo crasso , versus médium tuberculum validum, subacuminatum , emittente junctis, dextro obtuso, ad inser- tionem supra aperturam intus incrassato , postea strictiore , late sub- sinuoso et deinde subverticaliter incrassato, columellari subplanato , intus plica elongata ad tuberculum ascendente munito. Long. 78-96 mill.; diam. maj. 38-43 mill., min. 29-34 mill. ; apert. 37-45 mill. longa, 14-19 lata. Hab. Les bois aux environs delà baie Boulari (R. P. Lambert). (Collect. Musée de Bordeaux et Gassies). Vu 7 exemplaires. Coquille imperforée, ovale-conique, allongée, solide, subcomprimée, rugueusement plissée-striée , couleur de chair pâle sous un épiderme marron fauve avec des bandes longitudinales, subobliques, de couleur plus foncée, quelquefois spiralcment linéolée de petits filets subnoirâtres et à peine visibles; spire conique, subplano-convexe, à sommet un peu pointu; suture bien marquée, finement crénelée par les plis du test, plus ou moins dépouillée d'épidémie et alors blanche ; tours , au nom- bre de sept, peu convexes , les trois ou quatre premiers nus , couleur ( 01 ) de chair pâle , le pénultième spiralement et obsolètement malléé strié , le dernier ascendant , égalant les 3/5 environ de la longueur totale , ovale-suballongé , atténué à sa base , spiralement et peu visiblement strié ou plus ou moins martelé. Ouverture presque verticale, auriforme, suballongée, anguleuse dans le haut, de couleur orangée-pourprée, plus pâle et très-légèrement teintée de verdàtre dans le fond , très-luisante ; péristome obtus , à peine subréfléchi en dehors , couleur de chair sub- orangée , à bords réunis par une callosité épaisse qui donne naissance , vers son milieu et dans la direction même du pli columellaire , à un fort tubercule subacuminé ; bord droit obtus, épaissi en dedans à son point d'intersection, où il recouvre le commencement de l'ouverture, rétréci ensuite et largement, mais peu profondément sinueux, et enfin subver- ticalement épaissi ; bord columellaire un peu aplati , formant en dedans un fort pli allongé , s'élargissant dans le haut sous forme de tubercule. (D r S. M. Souverbie.) N° 73. B. ingignia Petit. Journ. Conch., t. I, p. 57, pi. 3, iig. 1, 1850. (PI. 3. flg. 4.) Testa oblongo-ovata , solida, impcrforata, rufo-fusca, anfractibus 6-7, convexiusculis , perlongum rugosiusculis , ultimo spiram œquantc, columella sinuosa, superne calloso unidentata , inferne oblique- pli - cata; apertura subauriculata intus spadicea, vel spadiceo tincta; labro crasso , reflexo, superne intus sinuato. (Petit.) Var. p testa perforata, apertura rufo-fusca. Long. 65 ; diam. 20 mill. ; apert. 25 longa, 13 lata. Hab. Les îles Lifou et Mare (Loyalty). (MM. Montrouzier et Lam- bert). Coquille ovale-oblongue , imperforée , assez solide , fortement et irré- gulièrement striée en long et en travers , couleur marron foncé avec des taches jaunâtres capricieusement espacées. Spire composée de 6 à 7 tours croissant rapidement vers le dernier qui fait à lui seul les 2/3 de la longueur totale , sommet jaune rosâtre brillant et martelé de petits points comme un dé à coudre ; suture peu profonde ; ouverture auri- culée, rouge brun brillant, péristome un peu épais , réfléchi, couleur chair, bord inférieur arrondi , columelle assez épaisse avec un pli forte- tement tordu, une dent sur la partie médiane, callosité de la columelle réunie au péristome. ( 62 ) Observ. Nous avons enfin pu nous procurer ce bulime, dont nous ne con- naissions que la figure. M. D.» Gueslier en a rapporté plusieurs d'Angleterre, et en dernier lieu, le Musée de Bordeaux en a reçu de M. Monlrouzier, ve- nant des îles Loyalty. Nous en avons reçu également de MM. Vieillard, Marie et Lambert. N° 74. B. Ouveaiiiis Dotzauer. Journ. Conch., 3 e série, t. IX, p. 60, pi. 4, 11g. 4 et 4 , à. . . Janvier 1869. Testa obtecte perforata, clongato-ovata, irregulariter et fortiter rugoso-striata , rugis normuMis elpngatis decussatim impressa , subse- ricea, intense fasca vel pallide striata. Spira regularis; summo obtu- sulo, denudato; sutura irregulariter crenata et plicato-striata , submar- ginata, alba. Anfr. 6; primi nucleolares, elegantissime punctulati, sequentes convexiuseuh ' , ultimus major, paulo ascendens , ovatus , subtus circum perforationem compressiuscidus. Apertura verticalis, spiram subœquam, oiato-auriformis , pallide aurantiaca vel laide albido-fuhescens. Peristoma luteo-albidum , subexpansum , incrassa- tum, intus labiatum; marginibus remotis, callo unidentato junctis supra ad insertionem vix protracta, leiiter sinuato , in média arcuatim paulo protracto; columeUari intus callo tuberculoso , elongato, oblique incrassato , extus late reflexo , perforationem tegente. Long. 5; diam. 26 1/8 mffl. Hab. Ile Ouvea (Loyalty). (Dotzauer). (Colloct. Marie, Crosse, Gues- tier, Gassies, etc.) Observ. Cette espèce rentre entièrement dans le groupe des Placostyles calédoniens, comme l'explique le voisinage de sa patrie (archipel de Loyalty). C'est du B. Edwarsianus Gassies (Faune caléd., p. 40, pi. IV, fig. 2), qu'elle se rapproche le plus, tant par sa coloration d'un brun foncé et sa suture blan- che que par les protubérances de l'ouverture, consistant en une dent conique sur la paroi de l'avant dernier tour et une seconde dent allongée oblique sur la eolumelle. Elle en diffère par ses moindres dimensions, sa forme plus raccourcie, sa sculpture plus forte, son ouverture plus dilatée, à bord droit à peine sinueux; enfin, par une base plus comprimée, ce qui réduit l'ombilic à une simple perforation, souvent entièrement cachée par la callosité du bord, cette espèce partage une particularité spéciale des Placostyles, qui, à la vérité, se retrouve dans quelques autres espèces de Bulimes, d'avoir, à l'étal frais du moins, les deux ou trois premiers tours nucléolaires couverts d'un lapis très-élégant de petites ponctuations. (Dotzauer.) ( 03 ) Var. 5 Lîfouana. — Minor haud crassa, subepidermide fttsca, fere omnino decidua , sordide albida, non nitens. Long. 46 1/2; diam. maj. 26 mill. (Collect. Crosse.) Animal : Dessus très-granuleux , brun. Côtés corne rousseâtre , ainsi que la partie antérieure de la tête. Dessous couleur de corne pâle. Ten- tacules postérieurs ardoisés, 43 mill.; antérieurs corne rosée, 4 1/2 mill. Longueur totale, 60 mill. Semblable au B. fibratus de l'île des Pins ; plus foncé que le B. Por- phyrostomus. Bulimus Ouveanus, var. Lifouana, se trouve à Lifou et à Kanala, sous une forme identique en tous points. VOuveanus est d'Ouvea et de Yaté. (E. Marie.) Observ. Cette espèce et sa variété nous paraissent devoir rentrer dans le B. insignis Petit; aussi, ne les inscrivons-nous que sous toutes réserves. Le plus ou moins de perforation se retrouve fréquemment sur des individus non arrivés encore à l'état adulte complet. Les exemplaires de M. Marie sont parfaitement identiques à la figure du B. insignis, représenté dans le 1 er vol. du Journal de Conchyliologie, pi. 3, fig. \. La coloration de l'ouverture varie du roux au rougeàtre et au blanc sale. La suture est tantôt blanche ou brune. N° 75. B. EdwarsiamiB Gassies. Faune, p. 40, pi. IV, fig. 2. Hab. Lifou et Ouvea (Loyalty), Congoumo , Baye et Touo, Nouvelle- Calédonie. (E. Marie). (Paraît ne pas vivre à l'île Nou.) M. E. Marie nous a communiqué tous les Bulimes de sa collection , et nous avons eu le plaisir d'y reconnaître un bon nombre d'individus de notre espèce que notre zélé confrère avait parfaitement déterminés. Lorsque la coquille n'est pas très-adulte , elle laisse apercevoir une lé- gère fente ombilicale, mais qui disparaît peu à peu, à mesure que la transudation calcaire grossit le péristome. L'entaille du bord droit de- vient alors très-profonde par suite des couches successives qui s'accu- mulent et forment un bourrelet d'une épaisseur considérable. Nous pouvons donc affirmer aujourd'hui la valeur spécifique de ce Bulime, dont l'aire est assez étendue. M. Marie nous promet des ren- seignements sérieux sur l'animal qui doit nécessairement différer de celui des espèces voisines , et les caractères constants de la coquille nous paraissent suffisants pour l'établir définitivement dans la nomen- clature. M. H. Crosse nous reproche d'avoir nommé notre espèce Edivarsia- nus, alors qu'il existait déjà un Bnlime publié par M. A. Morelet sous ( 04 ) le nom à'Edwarsii, ce que nous ignorions; mais, comme la terminai- son n'est pas la môme , nous pensons devoir conserver notre vocable en faveur de l'illustre professeur auquel nous l'avions dédié. N° 76. B. duplex Gassies. Testa imperforata, mediocris , solida, longitudinaliter rugoso-stri- gata, fortitcr mallcata, griseo-alba , subepidermide luteo-castanca , lineis castaneis circum-omata ad spira superans evanescenti ; sutura oppressa, plicata; spira conica, apice obtuso, pallide lutescens ; anfrac- tûs 7 convexis , ultimus 2/3 circiter longitudinis œquans ; supernë vix compressas; apertura oblongo-ovato auriformis, superne angulata, ad basin ocato-obliqua, columella patula, crassa, plica vix elevato-oblonga, plicaparietalis conico-descendente intrante, marginibus albo callo-crasso junctis , dextro fortiter excavato , incrassato , ad basin calloso-reflexo ; intus toiolaceis , iridiscente , margine purpureo-albo , nitido. Long. 65 mill. ; diam. maj. 32; aper. 30 mill. longa, 10 lata. Hab. Ile Nou , Nouvelle-Calédonie. (M. E. Marie.) Coquille imperforée, de taille moyenne, solide, longitudinalement et rugueusement striée , fortement malléée en dessus et en dessous, cou- leur blanc grisâtre, avec un épiderme jaune et brun mélangé, circu- lairement ornée de linéoles tremblées inégales, nombreuses, surtout sur le dernier tour se perdant vers les tours supérieurs qui sont privés d'épiderme ; suture comprimée, plissée fortement; spire conique, som- met obtus, jaune pâle luisant; tours au nombre. de 7 convexes, le der- nier formant les 2/3 de la longueur totale est un peu comprimée supé- rieurement ; ouverture ovale-allongée, auriforme, anguleuse au sommet, ovale oblique à la base; columelle large, épaisse, avec un pli élevé oblong formant un léger sillon creux , pli pariétal , conique , descendant et assez enfoncé; pôristome épais joint par la callosité columellaire ; le bord droit, très-épais et fortement renversé, est entaillé profondément vers le haut et très-épaissi et réfléchi à la base; intérieur violet pour- pré, avec un reflet gris d'acier luisant, bordé de pourpre vif ot blanc sur le péristome. Var. p major: Testa subfossiiis , cretacea, alba, epidermide destituta , cet paulo majore, ponderosa, crassa. Long. 77 mill.; diam. maj. 45; apert. 35 mill. longa, 13 lata. Hab. Ile Alcmène, Nouvelle-Calédonie. (M. E. Marie.) (65) Observ. Cette coquille , comme la précédente, nous a été communiquée par M. E. Marie; bien que différente de taille, il nous paraît difficile de les sépa- rer, les mêmes caractères les réunissent et, à part l'état exira adulte de la variété qui la rend plus grande, plus épaisse et plus ventrue, nous ne savons y trouver aucun motif de séparation. Le type a été trouvé à l'île Nou, résidence des condamnés, située en face de Nouméa; l'individu a été recueilli probablement après sa mort, car l'inté- rieur nous paraît ne pas être très-frais, et la couleur vineuse un peu irisée de gris bleuâtre semble indiquer que le cadavre du mollusque l'a dépoli en s'y putréfiant. La variété a été trouvée à l'île .Alcmène, au Sud, près de l'île des Pins. Parmi le sable renfermé dans l'intérieur, nous avons pu retirer un certain nombre de petites coquilles terrestres et des foraminifères qui feront le motif d'un article spécial lorsque l'envoi du R. P. Lambert nous sera parvenu. Cette coïncidence de Bulimes vivants et en voie d'extinction, nous paraît être une question trop intéressante au point de vue géologique pour que nous la négli- gions; aussi, promettons -nous d'y apporter tous nos soins afin d'en déduire les conséquences probables. L'espèce vivante a été trouvée avec une foule d'espèces similaires de la grande île, mais ayant presque toutes dévié du type primitif en passant par des variations sensibles. Il ne serait donc pas étonnant que l'espèce subfossile de l'île Alcmène fût le prototype de celle de l'île Nou, et que l'influence qui s'est fait ressentir sur les autres n'ait également réagi sur cette dernière en réduisant un peu sa taille. Aussi, si nous appelons celle de l'île Nou le type, c'est à cause de son état civil bien constaté comme mollusque vivant et possédant son épidémie. Son test la rapproche assez du B. Annibal Souverbie, par sa couleur blan- châtre ; son épidémie de certains B. Souvillei et scarabus; son ouverture du B. porpyroslomus, parla blancheur, l'aplatissement du péristome et la cou- leur intense de l'intérieur. On peut dire, avec raison, qu'elle participe de toutes ces espèces et qu'elle a pris à chacune l'un de ses caractères. N° 77. B. senilis Gassies. Jouru. Conch., 3 e série, t. IX, p. 71. 1869. (PI. II, flg. 15.) Testa imperforata, magna, ponderasa, crassa, owto-pyramidata longitudinaliter, rugoso-striata, cretacea (epidermide destituta), sutura impressa, sublacera, spira conico-elongata apice acuto ; anfractus 7 1/21 convexi, ultimus vix 3/4 longitudinis œquans; aperlura elongata, cons- trieta, auriculata, superne angulato-flexuosa , ad basin reflexa; co- lumella crassa, plicata, plica superna, dentiformi, descendente , plica Tome XXVIII. 5 ( 06 ) collumellari crasso, ascendente; peristoma erassissimum , reflexum , marginibus callo crasso junctis , dextro sinuato, margaritaceo ; intus roseo-aurantiaco. Long. 12.9; diam. maj. 65 mill., min. 44; apert. 47 mill. longa, 1 4 lata. Hab. Ilot Koutoumo et île des Pins, sud de la Nouvelle-Calédonie , très-commun (R. P. Lambert). (Coll. D. Guestier, Gassies, Mus. de Bordeaux et de Caen.) Coquille imperforée , grande , pesante , épaisse , ovale , pyramidale , striée rugueusement en long ; couleur crayeuse blanche , par suite de la perte de l'épiderme et de son long séjour aux intempéries de l'air et de l'eau; suture comprimée, un peu lacérée; spire conique, allongée, sommet aigu ; tours , au nombre de 7 1 /2 , convexes ; le dernier formant presque les 3 4 de la longueur totale; ouverture allongée, étroite , au- riculée, anguleuse supérieurement, très-réfléchie inférieurement ; co- lumelle épaisse , munie d'un pli large , arrondi , ascendant , pli pariétal dentiforme , conique, descendant; péristome très-épais, réfléchi, joint par la callosité columellaire , le bord droit sinueux , entaillé vers le sommet ; lamelles d'accroissement très-distinctes , nacrées , formant un fort bourrelet, surtout vers la base columellaire, où il atteint jusqu'à 25 millimètres chez certains individus ; intérieur ayant encore conservé une légère teinte rougeâtre qui paraît orangée par transparence, lavé à la gomme, il est fortement coloré. Cette espèce, reçue en 1868 par M. D. Guestier, qui la tenait du R. P. Lambert , a, depuis lors, été répandue dans plusieurs collections; celles des Musées de Bordeaux, de Caen et de M. Marie, qui l'a rap- portée lui-même. La pesanteur de la coquille et son test dépourvu d'épi- derme nous firent penser d'abord qu'elle devait être en voie d'extinction ; cependant , un reste de coloration rougeâtre , vu par transparence à l'intérieur, nous fesait espérer qu'on la retrouverait plus tard vivante dans quelque îlot inexploré. Dans une lettre que nous avons reçue du R. P. Lambert, nous avons vu une partie de nos suppositions confirmées, mais les secondes com- plètement détruites. Voici un extrait de la lettre de notre honorable cor- respondant : « Conception , le 18 Novembre 1869. » Au sud-est de l'île des Pins se trouve un îlot appelé par les indigè- nes Koutoumo. C'est dans cet îlot qu'ont été recueillis les 50 spécimens ( 67 ) de Bulimus senilis que je vous envoie, ainsi que les autres à l'adresse de M. Souverbie. » L'îlot Koutoumo est de formation marine. Sa base est un immense bloc de pierre calcaire blanche et sonore. Sur cette pierre se trouve un sable terreux végétal fournissant une vie prospère à de magnifiques sapins dont l'îlot entier est presque couvert ; on y voit aussi d'autres gros arbres, et les naturels y font des cultures d'ignames, etc., etc. » C'est dans la couche de sable , entre le calcaire et la surface végé- tale, que l'on voit apparaître les B. senilis. On les trouve encore dans des trous au niveau de cette couche de sable. Il vous sera facile de distin- guer ceux qui ont été trouvés dans ces enfoncements ; ils portent sur leurs coquilles les marques sensibles des injures de l'air. » Il me paraît que ce petit coin de terre a dû être submergé. » J'ai fait chercher en tous sens le B. senilis vivant , on n'en a point trouvé. En retour, on en a trouvé d'autres qui pourraient bien n'être pas sans intérêt pour vous. » P. S. Quand j'ai reçu les B. senilis que je vous envoie par Y Arro- gante, j'avais cru remarquer les traces de coups provenant des soins qu'on s'était donné pour les détacher des matières étrangères. Dès-lors, j'ai dû aller aux renseignements. » J'ai prié le Missionnaire de l'île des Pins de vouloir bien me dire si on ne trouvait pas le dit bulime incrusté dans le corail , ou chargé de divers agrégats. » J'ai demandé en outre si , dans le même gisement , on ne trouvait d'autres coquilles , et surtout des coquilles marines. Je viens de recevoir Tme caisse de B. senilis avec la réponse à mes questions. » On m'écrit : « Je vous envoie une caisse de ces vieux coquillages » dont on ne trouve plus ici l'espèce vivante. Ils sont , comme vous pa- » raissez le désirer, tout terreux , et un bon nombre incrustés dans le » corail. Nous venons d'acquérir l'expérience que ces coquilles ne se » trouvent pas seulement à l'îlot Koutoumo , où elles apparaissent en » plus grand nombre, mais à-peu-près tout autour de l'île des Pins, » dans les endroits du moins qui ont été visités par la mer, ou bien dans » de larges cavernes qu'on rencontre çà et là au-dessous du sol. Géné- » ralement , ces coquilles se montrent dans la couche de sable qui sépare » la couche végétale du corail. Ce n'est que par accident et par le ren- » versement d'un arbre, par exemple, qu'elles apparaissent dans la » terre végétale. Je me suis plu à mettre à part, dans un petit panier, au » fond de votre caisse , une dizaine de ces coquilles , trouvées presque ( 08 ) » ensemble dans l'espace de un mètre d'étendue , comme représentant » bien l'état différent d'âge où elles ont été surprises et arrêtées. » Là où sont ces grosses coquilles et dans d'autres endroits encore , » se trouve une autre espèce aux lèvres moins épaisses et dont il n'existe » plus de vivantes. » » Il résulte de ces renseignements , que le B. senilis n'est pas seule- ment de l'îlot Koutoumo, mais encore de l'île des Pins, dans les endroits de formation analogue à cet îlot. De plus, le B. senilis se trouve incrusté dans le corail et chargé d'agrégats calcaires. Vous remarquerez qu'il n'y a pas de réponse à ma question , de savoir si on trouve des coquilles marines dans le même gisement. Je dois donc m'en tenir, pour le mo- ment, aux échantillons que j'ai sous les yeux. Chose singulière, très- singulière même , dans le corail et autres agrégats qui entourent cette coquille, je n'ai aperçu trace de coquilles marines (1). Je n'y ai découvert que cinq ou six Cyclostomes et un Hélix. Je vais faire à ce sujet de nouvelles recherches, je vous enverrai ces fossiles, ou semi-fossiles , par la première occasion ; je ne sais quand elle se présentera. Un grand malheur qui vient d'arriver m'empêche de vous les envoyer tout de suite (2). » N° 78. B. Ouensis Gassies. B. Ouensis Gassies, Journ. Conch., 3 e série, t. X, p. 142. Janvier 1 870. (Pl.III,fig. 5 ) Testa imper for cita , elongata, fusiformis , acuminata, longitudina- liter et irregulariter strigata , vel malleata, albescens, subepidermide brunneo-lutescente , spir aliter f as ciis brunneis ornata, apice albo-rosea; sutura profunda, albida, crispata; spira conico-pyramidata , acuta; anfractus 7 coywexi, ultimus spira 1/2 longitudinem œquans, compres- sus; apertura semi-ovata, auriformis, elongata, superne angulato- reflexa, ad basin expansa, marginibus callo-crasso junctis , albo, dente parietali medio, conico, plica columellari ascendente; columella patula, (1) Plus heureux , nous avons pu dégager de l'un des exemplaires de M. Marie un opercule de Turbo, et dans le sable qui entourait la variété major du B. duplex, une valve de Seplifer. Il y a donc lieu de penser que l'on trouvera du falun marin, restes de l'immersion prolongée de ces localités. (2) La perle du Paul- Biquet , navire de la Maison Ballande, de Bordeaux, qui s'était perdu sur les récifs en vue de Nouméa. ( 09 ) obliqua, reflexa, sinuata; peristoma patulum , réflexion , medio cras- sum, margine album , intus-luteo-purpureum, nitidum. Long. 86milL; diam. maj. 41 mill. ; apert. 44 mill. longa, 20 lata. Hab. L'île Ouen (Uen) , sud de la Nouvelle-Calédonie , Ploums. (Ma- rie, MM. Déplanclies et Lambert). Vu 4 exemplaires. (Ma collection.) Coquille imperforée , allongée , fusiforme , aiguë , irrégulièrement et fortement striée en long, martelée de taches lactescentes; épiderme brun jaunâtre, orné de fascies spirales brunâtres; sommet blanc rosé; suture profonde, blanche , crispée ; spire conique-pyramidale , aiguë ; tours, au nombre de 7, convexes, le dernier comprimé forme à lui seul la moitié de la longueur totale ; ouverture semi-ovale, auri- forme , allongée , anguleusement réfléchie supérieurement , très-dilatée à la base , bords réunis par une callosité assez épaisse blanche , dent pariétale conique, placée au milieu, pli columellaire ascendant; colu- melle aplatie , oblique , réfléchie , sinuée ; péristome très-réfléchi , plus épais vers le milieu, bords blancs luisants, intérieur jaune pourpre luisant. Observ. Cette espèce possède un faciès qui la fera reconnaître facilement: 4° par sa forme aiguë au sommet et très-dilatée à la base; 2° l'expansion de. son péristome, qui la fait ressembler aux espèces des iles Salomon et Feedjee; 3° son épiderme jaune, strié-malléé , et 4° enfin , par ses taches trigones lactescentes. N° 79. B Lamberti Gassies. Journ. Conch., 3 e série, t. IX, p. 72. 1869. (PI. III, fig. 6.) Testa magna, imperforata, ovato-oblonga , solida, longitudinaliter strigata et circum malleata , epidermide liUeo-brunnescenli nitida , eva- nescenti induta; satura impressa crispata, alba; spira fasiformis, apice obttiso , comeo pallida , nitida; anfractas 7 convexi, idtimus %>§ longitudinis œquans ; apertura verticalis , ovalis , intus saturate , luteo- aurantiaca, nitida; plica parietali minore, tuberculiformis , plica co- lumellari, crassa, ascendente, carneo-nitida , supcrne sanguinea ; peris- toma incrassatum , vix reflexum , albo luteum ; marginibus callositate fuscescente medio tuberculifera junctis ; superne mx angulatum, inferne expansiusculum. Long. 100 mill.; diam. 50; apert. inter. 48 mill., longa, 20 lata. Hab. L'île Ouvea (Uvea), Loyalty, archipel de la Nouvelle-Calédonie (le R. P. Lambert). (Coll. Guestier, Musée de Bordeaux.) (Ma Collection.) ( 70) Coquille grande, imperforée, ovale-allongée, solide, stries longitu- dinales fortes, élevées et irrégulières, entre lesquelles se voient de nombreuses malléations concaves; épidémie jaune-brun, luisant , peu persistant et ayant disparu des quatre premiers tours ; suture compri- mée, crispée, blanchâtre; spire fusiforme, sommet obtus, corné, luisant; premiers tours ponctués de trous comme l'extrémité fermée d'un dé à coudre; tours, au nombre de 7, convexes, le dernier formant à lui seul les 2/3 de la longueur totale ; ouverture verticale , ovale , in- térieurement colorée de jaune-orange très-brillant; pli pariétal très- petit, tuberculiforme ; pli columellaire épais, ascendant, couleur chair luisante avec une tache de sang au sommet; péristome épais, un peu réfléchi, brun-jaunâtre, joint par une légère callosité d'émail brun bronzé lactescent , obtusément anguleux au sommet , réfléchi à la base. Observ. Ce Bulime affecte une forme plus ordinaire à ceux du sud de l'Amé- rique, comme les B. Funckii, planidens, etc., qu'à ceux de la Nouvelle-Calé- donie. — Vu 6 individus. Les exemplaires du Musée de Bordeaux sont plus adultes que ceux de M. Guestier, le péristome est par conséquent bien plus épais. GROUPE II. N° 80. H. Souvàllei Morelet. Test. Nov. Australie, 8 e Bull. Soc. d'hist. natur. de la Moselle, 1856-57. Faune, p. 41, pi. 7, fig. 1. Var. |3 eximius. D. eximius Albers, Malak, Blatt., IV, p. 96. 1857. Cette variété n'est différente du type que par un épiderme plus foncé, presque noir, et par les tons bleuâtres de l'ouverture. Var. S Gatopensis , forma typica paulo minor, fasciolis transversis varis et mox evanidis obscure cincta; spira rosea, epidermide desti- tuta; anfr. 6-6 1/21, ullimus latus , olivaceo-viridulus ; apertura intus pulchre igneo-aurantiaca ; peristoma incrassatum , eburneum aut pal- lide aurantiacum ; marginibus callo crasso , concolore, tuberculum parvum, vix prominalum emittente junctis. (H. Crosse.) Long. 88-95 mill.; diam. maj. 47-56 mill.; apert. (cum pcrislomate) 54-61 longa, 25-39 lata. (Coll. Crosse et Marie, Musée de Bordeaux.) ( "1 ) Animal fortement granuleux dessus, brun, à reflets bleuâtres. Côtés un peu moins granuleux , d'un brun gris légèrement lavé de bleu , l'ex- trémité des bords tirant sur le jaune. Dessous lisse , couleur corne pâle bleuâtre : partie antérieure de la tête brun noir, tentacules plus foncés ; antérieurs 8 mill.; postérieurs 20 mill. Hab. La Ferme-modèle et Gatope, Nouvelle-Calédonie. (MM. E. Mario et Lambert.) Observ. Cette forme est très-remarquable et son épiderme uniformément vert la différencie beaucoup du type; nous attendrons d'en avoir un certain nombre avant de nous prononcer sur sa spécification. Il en est de même de plusieurs autres dans le groupe du Souvillei, qui offrent des particularités fort remarquables, mais qu'il faudrait étudier sur de nombreux individus. Var. i Grammica, major, elongata, pallide castanea, fasciolis trans- versis, crebris subundulatis ; fuscis obscure picta; sutura albida; anfr. 7 1/3; primi (4 1/2) rosei, epidermide destituti, ultimus vix ascendens, spiram subœquans ( * | 56 = 55); apertura pallide aurantiaca, una fauce livide luteo-albida ; peristoma pallide aurantiaco-eburneum, marginibus callo crasso, tuberculum validum, albidum emittente junctis, columcllari valde torto plicato , externo superne vix sinuato. Long. 111 ; diam. maj. 47 mill. ; apert. ( cum peristomate ) 56 mill. longa, 33 lata. (H. Crosse.) Observ. Cette variété a été formée par M. Crosse, qui la plaçait parmi les B. Fibralus. Après mûr examen sur plus de 25 exemplaires reçus de MM. Marie et Lambert, nous n'hésiterons pas à la faire rentrer dans le groupe du B. Sou- villei, dont elle a tous les caractères de forme, d'ouverture et de coloration; c'est tout simplement une forme très-allongée, mais ne différant du type que par cet allongement. Souvent, elle possède un tubercule perpendiculaire à la partie supérieure pariétale de l'ouverture, comme cela se voit chez les très- vieux Souvillei de Goro. Nous avons des Individus types qui mesurent 137 mill. de long sur 67 de diamètre; nous les tenons de M. le capitaine au long cours Maynard, qui les avait recueillis dans une île basse du Sud. Nous en recevons de Goro de taille encore plus grande par le R. P. Lambert ; ils atteignent 150 mill. de long. Hab. Yaté? Conception, Baie du Sud, Mont Coqui (M. E.Marie), Goro (R. P. Lambert). C'est la localité où se trouvent les plus grands individus. Répandu dans le Sud et non à Balade et Kanala. (M. E. Marie.) ( 72) N° 81 . B cicatricosus Gassies. (PI. 4 , fig. 2). B. Souvillei, var. y Kanalensis, Crosse. Journ. Conch., 3 e série, t. IX, p. 69. Testa imperforata, solida, gracilior , subcompressa, ex utroque latere leviter subangulata, epidermide longitudinaliter strigata, mal- leata rufo-castanea induta; lineolis castaneis longitudinis et circum ornatis; spira magis elongata, acuminata; sutura impressa , rugosa; anfra. 7 subplanati , primi epidermide plerumque destituai luteo-rosea, nltimus antice vix ascendens, vix 2/3 longitudinis œquans; spiram su- perans, convexior, versus aut paulo in fr a médium subinflatus; aper- tura auriculiformis ; purpureo-aurantiaca ; peristoma incrassatum, in adultis duplex, albida vel pallide aurantiacum, dextro supeme vix excavatum, ad basin expansum; columella coarctata , patula , plica ascendente, plica pariétale conico descendente, Var. /3 ponderosa, crassiuscula , peristoma duplex , lutea, nitida. Hab. Baie Lebris , Nécoué. (M. E. Marie.) Var. x acutior, concolor, castanea ad B. Alexander similaris. Hab. Kanala. Long. 90-95 mill. ; diam. maj. 55-60 mill. ; apert. 40-45 mill. longa , 20 lata. Hab. Kanala (Nouvelle-Calédonie) (R. P. Montrouzier; Ouvea Loyalty) (R. P. Lambert). Commun. Coquille imperforée , solide, de forme élégante, acuminée au som- p élargie à la base, fortement comprimée et comme écrasée sur le .nier tour à l'insertion columellaire de l'ombilic ; cet écrasement est constant chez tous les individus et provient de certains temps d'arrêt dans l'accroissement de la coquille qui se manifestent plusieurs fois pour ne se caractériser qu'au dernier tour. Il existe même plusieurs temps d'arrêt sur le même individu qui, alors reprenant son accroissement d'une façon irrégulière , a l'air d'avoir été écrasé violemment ; il s'en- suit que les linéoles circulaires ne suivent pas normalement celles qui les précèdent et donnent à la coquille un aspect sordide peu gracieux. L'épiderme est d'un brun jaunâtre parcouru par des linéoles longitu- dinales marron foncé irrégulières ; chez le type, il existe d'autres linéoles circulaires assez nombreuses et irrégulières d'un beau brun foncé. Le ( 73 ) test est fortement strié en long ; souvent , ces stries sont très-élevées et variqueuses, interrompues par de nombreuses malléations; ses premiers tours sont dépourvus d'épiderme, quelquefois même jusqu'au dernier; le sommet est aigu et à peine émoussé , les tours nucléolaires sont jaune rosâtre pointus comme la plupart des autres Bulimes calédo- niens , le dernier est très-ample , comprimé et forme à lui seul presque les 2/3 de la longueur totale ; la spire est très-acuminée et les tours à peine convexes ; la suture est comprimée et rugueuse. L'ouverture est auriforme, à peine anguleuse au sommet, très-élargie à la base; le péristome est épais, jaune blanchâtre luisant et réuni à la columelle par un dépôt d'émail épais; à l'état adulte, le bord droit est un peu flexueux vers le sommet et plus avancé au milieu , sans entaille , le bord basai est fortement renversé , la columelle presque droite est assez épaisse , son pli est allongé et ascendant. Le pli pariétal est assez en- foncé , conique et descendant. La couleur intérieure est l'orange pour- pre plus ou moins intense et brillant. Animal : Dessus granuleux, brun verdâtre, partie antérieure de la tête couleur chair ; côtés couleur chair foncée. Tentacules postérieurs 1 4 mill. (M. E. Marie.) Obscrv. C'est sur plus de 100 individus que nous nous sommes convaincus, M. Souverbie et moi, des caractères constants de cette espèce, dont M. Crosse a fait une variété du Souvillei. Les renseignements fournis par M. E. Marie sur l'animal, ses différences avec celui de l'espèce de M. Morclet devraient déjà militer en faveur de la séparation; puis, le caractère de la dépression des tours qui n'existe jamais chez le Souvillei, sa columelle presque droite, son bord basai renversé et la coloration de son péristome, tout indique une espèce à caractères positifs et constants. Quant à son habitat complètement à l'Ouest, il nous affirme encore sa ' ei ~ leur spécifique, le B. Souvillei ne se trouvant qu'au Sud de la Grande-Tenx "^ c'est par erreur qu'elle a été citée comme provenant de Balade et Kanala. La var. /3 est plus aiguë que le type , plus épaisse ; son péristome est plus double et sa couleur est jaune luisant. Hab. Nécoué, Baie Lebris et Ouvea (M. E. Marie, R. P. Lambert.) La var. x n'a pas de fascies ni de linéoles ; son épiderme est unifor- mément jaune brunâtre, sa forme aplatie, anguleuse et son dernier tour un peu dévié de l'axe la fait ressembler à certaines formes du Bul. Alexander Crosse. Hab. Kanala (M. Montrouzier) , Ouvea (R. P. Lambert). ( U) N° 82. B. AlexaaaaSer Crosse. Rev. Zool.,n°2, pi. 4 , fig. 4-2-3. 1855. Faune, p. 42, pi. 111, fig. 1. Var. /3. proceru-la, peristomate pallidior, tub.erculis fere nullis.— Long. 90 mill. ; diam. 55 mill. (H. Crosse, Etude critique, etc., Journ. Conch., 3 e série, t. IV, p. 108. 1864.) Var. 8. crassa, major, latior, subepidermide nigrescenti-castanea , fasciolis transversis , minutis, fere inconspicuis obscure picta , sordide albida; anfractus ultimus spiram multo superam (: : 66 : 34), ascen- dens , late ventricosus , lateribus compresso-angulatus ; apertura au- rantiaca ; peristoma luteo-aurantiacum , incrassatum , marginibus collo-crasso , tuberculum obtusum emittente junctis , coliimellari late expanso, leviter torto plicato. (H. Crosse.) Long. 119 mill. ; diam. maj. 66 mill.; apertura cum peristomate 65 mill., longa 7 mill., 42 lata. (Coll. Crosse, Marie et Gassies.) Hab. Ouagap, Nouvelle-Calédonie (M. E. Marie). Observ. Varietas 5. B. Souvillei, fasciolis transversis vicina, sed forma et angulo typico anfractus ultimi valde dislincla. Forma typica in loco dicto; Ina, prope Ouagap. (Lieut. Richard.) (H. Crosse, Journ. Conch., 3 e série, t. X, p. 243. Avril 1870.) L'animal est semblable à celui du B. Souvillei de la baie du Sud , à l'exception des côtés, qui ne sont pas jaunâtres. (E. Marie.) Observ. Cette espèce, type et variété, est toujours assez rare; néanmoins, elle a été un peu plus répandue ces temps derniers par MM. Vieillard, R. P. Lambert et E, Marie. Il y a des individus excessivement courts et dont la co- lumelle est très-creuse, ce qui donne un aspect assez étrange au bord basai , qui se trouve alors très-relevé en avant. La variété Crassa, de M. Crosse, possède souvent un épiderme mince d'un jaune doré sombre. Les linéoles ne sont pas toujours bien apparentes, N° 83. B. Gucgtieri Gassies. Journ. Conch., 3* série, t. IX, p. 72. 1869. (PI. III, fig. 11.) Testa magna, imperforata , ovato-pyramidala, solida, longitudina- liter et irregulariter striata, et impresso-mallcata ; epidermide fulvo- brunnescente nitida , lenui, scepe evanescènte induta; sutura impressa, (75 ) valide crispata; spiraconica, apice obtuso lûtes cente , anfractus 7 con- vexi, ultimus vix 2/3 longitudinis œquans , basi dilatatus ; columella lateplicata, lutea; apertura verticalis , angusto-ovalis intus saturate , purpureo-aurantiaca , nitida, plica parietali dentiformi, mediocri , ascendente ; plica columellari , plana, pallide lutea; peristoma incras- satum, reflexum, luteum , marginibus callo crasso , pallide-luteo , medio tiiberculifero junctis ; superne vix angulatum, inferne expan- siusculum, Var. p peristoma alba. Long. 86 mill.; diam. 40; apert. int. 42 mill. longa, 17 lata. Hab. L'île Ouvea (Uvea), Loyalty, archipel de la Nouvelle-Calédonie R. P. Lambert), Mont-d'Or (E. Marie). Vu 20 individus. (Collect. D. Guestier, Gassies, Musée de Bordeaux.) Coquille grande, imperforée , ovale, pyramidale, solide, striée irré- gulièrement en long , et martelée entre les stries de points concaves carrés ou à angles émoussés; épidémie mince, jaune , brun luisant plus foncé vers la base et disparaissant avec l'âge ; alors la coquille prend une couleur fauve luisant, sur laquelle se détachent des fragments d'épi- derme marron foncé; suture comprimée, fortement crispée de plis lon- gitudinaux serrés dans le haut par un cordon qui les fronce ; spire co- nique, sommet obtus , jaunâtre, un peu granuleux comme un dé à cou- dre, visible à certaines expositions de lumière ; tours, au nombre de 7, convexes , le dernier formant à lui seul presque les 2/3 de la longueur totale; columelle large, plane, plissée, tordue, jaune; ouverture ver- ticale, ovale, étroite, intérieur pourpre orangé, brillant; pli pariétal dentiforme, médiocre, ascendant; pli columellaire large, plane, jaune pâle; péristome épais, réfléchi, jaune, réuni par la callosité columel- laire, un peu anguleux au sommet, un peu flexueux en haut du bord droit et dilaté à la base. Observ. Ce Bulime appartient au groupe du Souvillei, mais il sera toujours facile de le séparer du type, par sa forme plus ovoïde et son axe plus droit, par son épiderme plus brun, rougeâtre, ses stries plus rugueuses, la crispation de la suture, le nombre plus grand de ses tours, la torsion de sa columelle et l'ouverture perpendiculaire de l'axe. Cette espèce est moins variable que la plupart de ses congénères; lorsqu'elle et extra-adulte, son péristome est très-épais et fortement adhérent au bord droit, contre lequel il se renverse et se presse. Le plus souvent, le péris- tome est rouge orangé plus ou moins intense; d'autres fois, il est blanc nacré très-brillant. ( " ; i ) N° 84. B €ioroensis Souverbie. Journ. Conch., 3 e série, t. X, p. 76. Janvier 1870. (PI. IV, fig. 5.j Testa imper forata (subrimata), orato-conica , compressa, solida, longitudinaliter ruguloso-striata , alba, epidermide subolh aceo-fulva , hic illic longitudinaliter subinfuscata , subvernicosa induta; spira lon~ giuscula , subcomexo-conica, apice subacuto, sutura impressa , epider- mide destituti , albidi , penultimus subspiraliter malleato-striatus , nltimus lente ascendens, spiram superans (in specïmine nostro 13,21 longitudinis testœ œquans ) , spiraliter malleatus, compressas, basi at- tenuatus; apertura subverticalis, auriformis, intus cœrulescente-alba , pocellanea; peristoma obtusum, haud reflexum , incrassatum , sordide luteolum , nitidum , marginibus callo-crasso , tersus médium tubercu- lum lalidum , subprofunbe situm emittente junctis , dextro superne prope insertionem late subsinuoso , basali antice subprotracto , colu- meUari subverticali, intus ad insertionem longe plicato . Long. 105 mill., ultim. anfr. 65 mill. ; diam. maj. 54 , min. 40 mill. ; apert. intus 52 mill. longa , medio 20 lata. Hab. Goro , Nouvelle-Calédonie (R. P. Lambert). Vu deux exemplai- res. (Collect. E. Marie, Musée de Bordeaux.) Coquille imperforée (subrimée), de forme ovale-conique, comprimée, solide, ruguleusement striée dans le sens longitudinal , de couleur blan- che, sous un épiderme fauve-subolivacé , ça et là un peu plus foncé par bandes longitudinales peu marquées , d'un aspect un peu vernissé ; spire peu allongée, subconvexe-conique, un peu pointue au sommet ; suture bien marquée , dépourvue d'épiderme en dessous ; tours , au nombre de 7, faiblement convexes, les 4 premiers blancs, sans épi- derme , l'avant-dernier subspiralement malléo-strié , le dernier un peu plus grand que la demi-hauteur totale de la coquille , spiralement mar- telé , comprimé , atténué à sa base ; ouverture subverticale , auriforme , d'un blanc légèrement bleuâtre et porcelainacé à l'intérieur ; péristome obtus, non réfléchi, épaissi, de couleur jaunâtre sale, luisant, à bords réunis par une callosité épaisse émettant , vers son milieu , un fort tu- bercule assez profondément situé ; bord droit , largement subsinueux dans le haut, près de son insertion , le basai un peu projeté en avant, le columollaire subvertical, avec un long pli intérieur. Obscrv. M. Souverbie nous ayant confié le type sur lequel il a fait sa des- cription, nous le figurons pi. IV, fig. 3. ( Tl ) groupe m. N° 85. B. pornliyrostomiis Pfeiffer. Proc. Zool. Soc, p. 261. 1 851 . — Faune , p. 43, pi. IV, fig. 3. Var. /3. singularis Morelet. ^ Faune, p. 44, pi. IV, fig. 4). Var. x. abbreviata, oviformis , epidermide luteo-brunnescens. Animal : Dessus un peu granuleux , corne grisâtre brûlée tirant sur le brun. Dessous couleur de chair. Côtés gris de fer. Tentacules posté- rieurs 19 mill., antérieurs 5 mill. Les postérieurs de même couleur que les côtés, les antérieurs plus pâles. Les individus de l'île Nou sont sen- siblement plus foncés que ceux de Nouméa. Hab. Le Sud, depuis Bourail, sur la côte Ouest, jusqu'à Goro, sur la côte Est, sans se trouver néanmoins dans toutes les localités intermé- diaires. C'est ainsi qu'à la baie du Sud et dans les environs , où le sol entièrement ferrugineux est privé de calcaire, ce Bulime très-épais n'existe pas. On le trouve sur les îlots du Sud. A l'île Nou, celui que l'on y trouve est plus petit, a 1'épiderme plus foncé et plus résistant. C'est le Bulime le plus répandu en Nouvelle-Calédonie. (M. E. Marie.) Observ. M. Crosse fait remarquer que M. Pfeiffer et nous, nous ne signalons que 6 tours de spire, alors que lui en a trouvé toujours 7. Nous répondrons à notre honorable confrère qu'il nous a été facile, en effet, de constater la jus- te se de son observation sur le grand nombre d'individus que nous avons eu en notre possession; cependant, je crois qu'il ne faudrait pas être trop absolu, car nous en possédons qui ont 6 tours , 6 1/2, 7 et 7 1/2, bien que tous soient très-adultes, et nous en avons même deux qui pourraient passer pour en avoir 8, en comptant la demi-révolution nucléolaire. Nous pensons que, selon la nature du sol et la différence de nourriture , les individus doivent tendre à se développer ou se raccourcir, et que le terme moyen des tours doit être pris entre 6 1/2 et 7 1/2. .N° 86. B. Calédoniens Petit. Bev. zool., p. 53. 1845. Faune, p. 44, pi. 5, fig. 3. Animal : Dessus brun rouge clair; côtés corne tirant sur le brunâtre; dessous corne pâle bleuâtre. Hab. Congonma (E. Marie), Pouebo (B. P. Lambert). ( 78 ) N° 87. B. Mariei Crosse et Fischer. Journ. Conch., t. VII, 3 e série, p. 187, pi. 7, fig. 1-2. (PI. 5 fig. 2.) Testa vix subrimata, ovato-acuta, curta; parvum compressa, cras- sissima, ponderosa, longitudinaliter rugoso-plicata , pallide carneo- albida, epidermide castanea, lineis atro-fuscis, numerosis , incequali- bus , subflexuosis transzersim cingulata, parum decidua, induta; spira convexo-conica , superne nuda, apice obtusiusculo ; sutura im- pressa; anfr. % parum convenu, embryonales 1 1/2 lœves, luteo-albidi, sequentes suboblique rugoso-plicati , ultimus antice ascendens, spiram superans, basi attenuatus, latere aperturœ lexiter compressais ; coki- mella oblonge piicata, lacteo-alba; apertura fere terticalis, suban- gusta, oblonga, oblique recedens, intus albo, nitida; peristoma valde incrassatum , subrectum, album, in adultis speciminibus extus pallide luteo limbatum, marginibus callo crassissimo, albo, medio tuberculum validum emittente junctis , dextro versus basim valde incrassato, tur- gido, mox attenuato, late sinuato, columellari dilatato, appresso. Long. 68 mill. ; diam. maj. 40 mill. ; apert. intus 32 mill. longa, 11 1/2lata. Var. p Epidermide fuira, lineis atro fuscis destituta, et peristomate extus ad limbum sat vitide luteo insignis. Hab. Gatope , près Nouméa , Nouvelle-Calédonie. Commun. (M. E. Marie.) (Coll. Crosse, Marie, Gassies, etc.) Var. y curta, magis otata; spira magis obtusa; apertura angustiore prœcipue in parte antica; plica columellari et margine dextro perap- proximatis, subparallelis et sinum angustum , elongatum formantibus ; peristomate extus luteo Umbato. Long. 60 mill. (ultim. anfr. 40j ; diam. maj. 38 mill.; apert. 32 mill., longa medio 9, inferne 4 mill. lata. (Mus. Burdi galeuse,) Var. y courte , plus oviforme que le type et à spire plus obtuse. Ou- verture plus étroite, principalement en avant. Pli columellaire et por- tion du bord droit qui lui est opposé très-rapprochés , subparallôles et formant un long sinus étroit. Limbe externe du péristome jaune comme dans la var. p. (Souverbie' (1). (1) Journ. Conch, 3 e série, t. IX, p. 274. Juillet 1859. ( ™ ) Coquille munie d'une fente ombilicale peu apparente, de forme ovale aiguë, assez courte, faiblement comprimée , très-épaisse, longi- tudinalement rugueuse et d'un blanc jaunâtre légèrement carnéolé, sous un épiderme marron , assez tenace , sillonné de lignes transverses d'un brun noirâtre , petites , nombreuses , inégales , légèrement tremblées et présentant , en outre , de distance en distance , des zones longitudinales plus foncées. La spire, conique et à contours convexes, est nue à sa partie supérieure et se termine par un sommet légèrement obtus. Les tours, au nombre de 6, séparés par une suture bien marquée, sont médiocrement convexes; les tours embryonnaires (1 1/2) sont lisses et d'un blanc jaunâtre ; les suivants portent des plis rugueux plus ou moins obsolètes et très-légèrement obliques ; le dernier ascendant près de l'ou- verture et plus grand que la spire, est atténué à la base et légèrement comprimé du côté de la bouche. La columelle , largement développée et d'un blanc de lait est munie d'un pli oblong. L'ouverture , allongée et assez étroite, n'est qu'imparfaitement verticale, car elle est placée obliquement par rapport à l'axe de la coquille , et cette disposition lui donne un aspect tout particulier : elle est luisante à l'intérieur et d'un blanc de lait , ainsi que le péristome. Ce dernier, très-épaissi , presque droit est, chez les individus très-adultes, teinté de jaune pâle à son limbe extrême ; ses bords sont réunis par un dépôt calleux excessive- ment épais , blanc également et portant , à sa partie médiane , un fort tubercule : le bord droit, renflé et très-épaissi près de la base, s'atténue ensuite de manière à former un sinus plus large que profond ; le bord columellaire est dilaté et appliqué sur la région ombilicale , dont il recouvre la fente à-peu-près complètement. La var. /3 se distingue du type par son épiderme d'une coloration fauve uniforme et n'offrant pas trace de linéoles transverses, ainsi que par le développement qu'a pris la coloration jaune du limbe externe du péristome. L'individu figuré est très-adulte et remarquable par l'épais- seur considérable de son péristome. Sa longueur totale est de 68 mill., son plus grand diamètre de 42 ; l'ouverture a 32 mill. de longueur sur 1 1 de largeur 'bords non compris). Nous possédons un exemplaire de cette variété, dont l'ouverture est d'un blanc jaunâtre, qui devient un peu plus foncé immédiatement en arrière du péristome. (H. Crosse.) Observ. Le D. Mariei s'est retrouvé dans plusieurs collections, notamment chez M. E. Magen, qui l'avait confondu avec le B. Caledonicus, au Musée co- lonial, où nous l'avons étiqueté pendant l'Exposition universelle, au Musée de Bordeaux, qui l'avait reçu du capitaine Destrémeaux; et enfin chez M. D. Gués- ( 80 ) lier. On le voit, celle espèce est déjà répandue et se distingue suffisamment pour que chaque amateur puisse la séparer des espèces du même groupe : B. Calédoniens, scarabus , pseudo Caledonïcus, porphyrostomus, etc., etc. M. Déplanches l'avait donné au Musée de la Faculté des sciences de Caen, d'où M. Eugène Deslongchamps nous l'a envoyé avec toutes les autres espèces recueillies par cet honorable et zélé naturaliste. X" 88. Bulimus siibiaiarlei Souverbie. Journ. Conch., 3« série, t. IX, p. 273. 1869. (PI. 5. fig. 3.) Testa vix obtecte subrimata, ovato- subconica , ventricosa, solida, ponderosa, longitudinaliter subrugoso - plicatula , albo-subcarneola , epidermide pallide fulvo castanea, spiraliter nonnunquam fusco multi- lineata induta; spira obtusula, apice nudo , subluteolo; sutura im- pressa, albida ; anfr. 6 convexiusculi, ultimus antice subascendens , plus minusve compressus, lateribus subangulatus, venlricosus, magnus, antice attenuatus , 3/5 longitudinis adœquans ; apertura recedens, obliqua sub- angusta, ringens , intus carneola; peristoma irregulariter continuum, carneolo-album, marginibus callo crasso , medio tuberculum validum emittente junctis, externo valde incrassato , supeme sinuoso, basi (in adultis speciminibus) subito peculiariter emarginato et cum 'columel- lari, plica valida, subtorta, intus prof unde ascendente munito, sinum latum formante. Long. 63-64 mill. ; diam. maj. 37-39 mill. ; apert. intus 30 mill. longa, 12 lata. (Collect. Guestier, Gassies, Musée de Bordeaux). Yu de nombreux exemplaires. Hab, Bondé (Nouvelle-Calédonie), où il est commun, d'après le R. P. Lambert, à qui en est due la découverte. Var. /3 abbreviata, anfr. ultimo 2/3 longitudinis œquante. Long. 57; diam. maj. 37 mill. ; apert. intus 28 mill. longa, 10 lata. Co\^ille munie d'une petite fente ombilicale à peine marquée en dessous de la callosité columellaire, de forme ovalaire-^subconique , ventrue , solide , pesante et ayant des stries longitudinales subruguleu- sement un peu plissées ; elle est d'un blanc subcarnéolé sous un épi- derme d'un fauve châtain pâle, quelquefois transversalement linéolé de nombreux petits traits tremblés de couleur brunâtre ; spire subobtuse , nue au sommet et légèrement jaunâtre. Suture bien marquée, souvent blanche en dessous par suite de là caducité de l'épidermc sur ce point. ( 81 ) Tours au nombre de 6, peu convexes, le dernier étant subaseendant , ventru, grand, plus ou moins comprimé, subanguleux latéralement . atténué intérieurement et égalant les 3/5 environ de la longueur totale, Ouverture oblique à l'axe de la coquille , un peu étroite , grimaçante , carnéolée à l'intérieur. Péristome irrégulièrement continu , d'un blanc subcarnéolé pâle, à bords réunis par un dépôt d'émail épais donnant naissance intérieurement, vers son milieu, à un fort tubercule ; bord labial sinueux supérieurement (chez les individus adultes) , subvertica- lement très-épaissi, surtout en avant, par suite de la superposition suc- cessive des couches d'émail , dont le dépôt étant subitement interrompu ou du moins très-sensiblement atténué à son extrémité antérieure y forme une échancrure très-marquée et tout-à-fait caractéristique ; pli columellaire fort, un peu tordu, assez profondément ascendant en arrière de la columelle , et concourant à former par sa saillie , concur- remment avec celle de l'extrémité du bord droit , un large sinus se pro- filant suivant un plan que l'on supposerait être tout-à-fait perpendicu- laire à celui de l'ouverture et parallèle à l'angle de la coquille. Var. p plus raccourcie que le type, le dernier tour représentant les 2/3 au lieu des 3/5 de la longueur totale. Espèce très-voisine du B. Mariei Crosse (d'où le nom que nous lui avons imposé), mais dont elle se distinguera toujours très-facilement par un peu plus de brièveté relative, par la coloration de son intérieur, par l'échancrure tout-à-fait caractéristique de son péristome à l'état adulte, le seul dans lequel elle nous soit encore connue, et enfin parla forme toute différente de son pli columellaire : dans un âge moins avancé , c'est-à-dire avant l'épaississement du bord droit et la formation de l'échancrure qui en est la conséquence, les autres caractères sus- mentionnés devront être , quand même , plus que suffisants pour la faire reconnaître. Observ. Dans l'état extra-adulte et en raison même de cet état, l'intérieur de l'ouverture présente fréquemment, sur quelques points de la columelle et plus particulièrement au pourtour de l'ouverture en avant, de petites exe, p 6- sances d'émail plus ou moins dentiformes et plus ou moins irrégulièrement disséminées. (S. M. Souverbie.) N° 89. B. Pseudo Calédoniens Montrouzier. Journ. Conch., t. VII, p. 379, pi. 14, fig. 3. Faune, p. 45, fig. 45, pi. 5, fig. 1. (PI. 3, fig. 7, pi. 7, fig. 1-2) Var. ,6 dentata, pi. 7, fig. 2. Tome XXVIII. 6 ( 82 ) Var. x nigra, sutura alba, spira aculior, pi. 3, fig. 7. Vaf. S pala, grisea, epidermide deslituta , aperlura livide violacca. Hab* Ile Art. (M. Montrouzier. ) Var s Chysochila, imper forata, ovato-acuta, epidermide nigro-cas- tanëa induta, superne nuda, luteo-albida ; anfr. 6 1/2 ; apertura irre- gulariter oblonga, ad basin leviter angustata et subrectangularis, intus aurantiaea, pone peristoma vivide purpureo aurantiaca; peristoma aurantiaeum, forma typica minus incrassatum. — Long. 65; diam. maj. 334 mill. ; apert. (cum peristomate ) 40 mill. longa, 20 lata. (Coll. Crosse et Marie. 1 (H. Crosse.) Hab. Galope, Nouvelle-Calédonie. (E. Marie.) Var. y ru fa, epidermide luteo-fusca induta, sutura alba, sœpe bizo- nata, lineolis irregulariter ornata. Hab. L'île Art. (M. Montrouzier). (Ma collection.) Observ. Cette espèce, que nous avons reçue en nombre considérable, puis- qu'elle servait à emballer les petites coquilles , nous a présenté une foule de variations dans la forme et la coloration. Nous ne citons que les plus tran- chées, car nous aurions pu en ajouter beaucoup d'intermédiaires. Tantôt elles se présentent avec une forme courte excessivement trapue, tantôt elles sont très-allongées et acuminées. L'ouverture est ou rétrécie ou large; sa colora- tion passe du brun clair au brun foncé et au noir intense. Chez quelques in- dividus on distingue très-bien une dent conique pariétale qui manque com- plètement chez les autres. Enfin, comme excoption, nous citerons la forme allongée et très-oblique, et un individu scalaire que possède le Musée de Bor- deaux (I). N° 90. B. scarabus Albers. Malak. Blatt., p. 219, pi. I. 1854. Faune , p. 46, pi. 3 fig. 2. Observ. Nous avons reçu cette espèce, en assez grand nombre, d'Arama, situé au nord de Balade. Les individus sont très-colorés et parcourus de ban- des transversales noirâtres ou plutôt brun noirâtre, qui ceignent surtout le dernier tour. La plupart des exemplaires, mêlés avec les nombreuses variétés du B. Pseudo- Calcdonicus , se fondent avec elles, car il est tel individu de ce dernier qui ne diffère presque pas du scarabus. Se trouve également sur la presqu'île Pourn, au Nord. Les individus plus petits forment la variété Tanouensis. (M. E. Marie.) (1) L'intérieur de l'ouverture est presque toujours semé de ponctuations jaunâ- tres ou rougeâlrcs clair qui se détachent très-nombreuses et pressées sur le fond rouge brun foncé de l'émail, Ce fait se reproduit également riiez le V. scarabus. ( 83) N° 91. B. Annilial Souverbie. Journ. Conch., 3° série, t. IX, p. il G. Octobre I8G9. (PI. VI, fig. I,2el5). Testa imperforata vel subrimata, ovato-conica , subcompressa, mc- diocriter ponderosa , longitrorsum rugoso-striata vel rugoso-plicatula, pallide carneola , epidermide plus minusve saturate subfulvo-castanea suboblique saturatius strigata et interdum sed rarissime lineolis , sub- nigricantibus spiraliter cingulata induta : spira subconvexo-conica , apice subacuto , nudo , subrubello , sutura impressa, striato-crenulata, nonnunquam epidermide destitu ta; anfr. 1 concexiusculi, Inngitudinali- ter (prœcipue infra suturam anfractus ullimi) striato plicati, anlepenul- timus et penultimus suboblique striato-malleati, ultimus subascendens , dimidia longitudinem superans , spiraliter plus minusve conspicuc submalleato-striatus, medio subinflatus, antice altenuatus ; aperlura fere verticalis , irregularis , subtrigonaliter ovato-oblonga, intus prœcipue prope labuem subpurpureo-aurantiaca , fauce cœrulescente ; peristoma obtusum, intus incrassatum, pallide carneolo-albidum, interdum sublu- teolumvel subaurantiacum, nitidum, marginibus callo-crasso, versus médium tubcrculum partum, subprof unde silum emillente junctis, externo prope insertionem laie sinuoso , columellari elongato, plus mi- nusve obliquo, interdum fere recto, subplanato, mediocriler lato, inferne cum dextro plus minusve angulalim conlinuo et hic interdum sed rarius intus in denticulum desmente. Long. 71 ; diam. maj. 36, min. 30 mill. ; apert 32 mill. longa, 13 lata. — 75, — 31, — 26 — — 30 — — 13 — — 64, — 32, — 28 — — 24 — — 10 — Hab. 13ondô, Nouvelle-Calédonie. ^R. P. Lambert.) (Coll. Guestier, Gassies, Musée de Bordeaux et de Caen.) Coquille imperforé ou subrimée , ovale-conique , subcomprimée , mé- diocrement pesante , rugueusement striée ou subplissée dans le sens lon- gitudinal , couleur de chair pâle sous un épiderme marron très-intense, ou marron un peu fauve plus foncé , et alors avec des strigations sub- obliques produites par l'assombrissement de la couleur du fond , quel- quefois aussi, mais très-rarement (n'ayant observé ce fait que sur un des vingt-six exemplaires que nous avons sous les yeux , et sur lequel il ne se rencontre encore qu'après une reprise de la coquille, la portion qui la précède n'en présentant nulle trace) spiralement linéolé de noi- râtre ; spire subconvexe-conique , à sommet assez pointu , nu et sub- ( 84 ) rougeâtre. Suture bien marquée, striée, crénelée, quelquefois dépour- vue d'épiderme en dessous; tours, au nombre de 7, faiblement con- vexes , longitudinalement \ surtout en dessous de la suture du dernier tour" striés, plissés, l'antépénultième et le pénultième, mais ce dernier plus visiblement que l'autre, subobliquement striés-malléés , le dernier subascendant, plus long que la spire, spiralement et plus ou moins visiblement strié ou submalléé strié, un peu renflé au milieu, atténué en avant ; ouverture presque verticale , irrégulière, subtrigonalement ovale oblongue, de couleur orange-subpourpré , principalement près du labre, quelquefois seulement près de ce dernier, bleuâtre dans le fond; Péristome obtus, non réfléchi en dehors ; mais , au contraire , assez fortement en dedans , sous forme de bourrelet, par suite du dépôt successif des couches de l'émail, de couleur blanc de chair pâle, quel- quefois un peu jaunâtre ou suborangé, assez luisant et à bords réunis par une callosité assez épaisse, qui donne naissance, vers son milieu et un peu profondément, à un petit tubercule peu saillant, mais presque toujours appréciable ; bord externe largement sinueux près de son in- sertion , le columellaire long, plus ou moins oblique et quelquefois presque ou complètement droit, subaplati, médiocrement large , se continuant dans le bas sous un angle plus ou moins ouvert avec le bord gauche , et là quelquefois , mais plus rarement , se délimitant en dedans sous forme de dent. y Xu 26 exemplaires.) Cette espèce provient de Bondé, Nouvelle-Calédonie, d'où elle a été reçue parle R. P. Lambert, en assez nombreux exemplaires, ce qui l'y fait présumer commune. (Souverbie/ Observ. Cette espèce paraît être intermédiaire entre les B. Bondeensis Sou- verbie, et Pseudo-Caledonicus Montrouzier. Comme le fait observer l'auteur, elle est assez variable dans sa forme, bien que les caractères principaux soient constants. 11 existe pourtant une variété plus oviforme, à lest plus brun et luisant, et qui se rapproche beaucoup du B. Calédoniens Petit. N° 02. Buliiatus Bondeensis H. Crosse et Souverbie. Journ., Conch. , 3 P série, t. IX. p. 270, pi. S. ûg. I. Juillet 1869. (PI. 7, flg.3.) Testa imper forata , ovato-conica, solida, subcompressa, longitudv- naliter rugato-striata , pallide oarneo-albida, epidermide saturate cas- tanea, fusco-wigricante , suboblique strigata, induta; spira conica, apice sàbacuto ; sutura impressa, tix striato-crenulata , sœpe epider- ( 85 ) mide destitula, albida; anfr. 7 convexiusculi , primi 4 epidermide car entes , carneo-albidi , penultimus oblique et absolete malleato-stria- tus, ultimus antice leviter ascendens, spiram paulo superaris, plus minusve conspicue spir aliter substriatus , medio leviter inftatus , basi paululum attenuatus ; apertura fere verticalis , ovato-pyriformis , intus livide luteo-cœrulescens , fauce interdum peculiariter granosa; peris- toma obtusum, haud reflexum, incrassatum, albido-luteum , margi- nibus callo , crasso , versus médium tuberculum médiocre, subprofunde situm, plerumque emittente • junctis , columellari vix verticali , extemo superne leviter subsinuoso. Long. 75; diam. maj. 40 mill.; apert. intus 33 mill. louga, medio 1 9 lata. Var. /3 edentula, tuberculo carens, epidermide fusco-nigricante, peristomate albo et apertura intus ardisiaceo-cœrulea distinguenda. Long. 75; diam. maj. 40 mill.; apert. intus 35 mill. longa, medio 20 lata. Hab. Bondé ^Nouvelle Calédonie). (R. P. Lambert, E Marie.) Coquille imperforée de forme ovale conique , solide , légèrement com- primée, munie de stries longitudinales rugueuses et d'un blanc carnéolé pâle, sous un épidémie d'un marron foncé, traversé obscurément par des bandes un peu obliques et d'un brun noirâtre. Spire conique, ter- minée par un sommet assez pointu. Suture marquée, portant, sur les derniers tours , des stries qui forment comme des crénelures , fréquem- ment dépourvues d'épiderme et blanchâtre. Tours de spire au nombre de 7 et légèrement convexes ; les 4 premiers complètement dépourvus d'épiderme et d'un blanc carnéolé, l'avant dernier présentant des mal- léations obliques et obsolètes , le dernier légèrement ascendant , un peu plus grand que la spire , présentant (sur les individus très-frais seule- ment) de petites stries spirales peu apparentes , légèrement renflé vers la partie médiane, faiblement atténué à la base. Ouverture presque ver- ticale, ovale-pyriforme , d'un jaune bleuâtre livide et présentant quel- quefois , à l'intérieur, chez les individus très-adultes , des granulations toutes particulières , assez visibles et très-sensibles au toucher. Péris- tome obtus, non réfléchi, mais assez fortement épaissi et d'un jaune blanchâtre ; bords réunis par un dépôt d'émail épais , qui , vers sa partie médiane, donne naissance à un tubercule placé profondément et peu développé , quelquefois même complètement atrophié ; bord columellaire à peine vertical , bord externe très-faiblement sinueux à sa partie supé- rieure, ( 86 ) La var. /3 , dont les dimensions sont sensiblement les mêmes , se dis- tingue du type par l'absence constante de tubercule , par la coloration un peu plus foncée et la persistance un peu plus grande de son épi- derme , par la blancheur et l'épaisseur moins grande de son péristome et par la coloration d'un beau bleu ardoisé de son ouverture. (H. Crosse et Souverbie). N° 93. J3, ISivaricosus Gaskoin. Proc. zool. soc, p. 152!. 1854. Faune, p. 47, pi. 3, fig. % (Jeune). Hab. Lifou (Loyalty). (MM. Montrouzier et Lambert.) N° 94. B. InftBudibuIum Gassies. Testa umbilicata , profunde perforata, conico-acuta, globulosa, abbre- viata, superne gibbosa , inferne subdepressa , longitudinaliter slriata, malleata, fulvo-rosea, epidermiae fulvo-brunnea , fasciis longitudinis brunneis ornata; anfr. 7 convexi lente accrescentes , ullimus ventro- sus 4/5 longitudinis œquans, descendante ; sutura impressa , dentieu- lata; apertura auriformis , perpendtcularis , dente conica pariétale, intrante; peristoma crassa, carneola, niticla; margimbus dextro superne flexuoso , excavato; columellam recta, subplicata cum peris- toma calloso junctis ; intus purpureo-aurantiaca , nitens , apice sub acuto. Long. 75 mill.; diam. maj. 40; apert. cum perist. 47 mill. longa, 27 lata. Hab. Ilôt Koutoumo, sud de la Nouvelle-Calédonie. (Vu 1 individu;. (R. P. Lambert.) (Ma collection.) Coquille ombiliquée , profondément perforée , conique , aiguë * globu- leuse, courte, renflée sur le dos, subdépriméc sur le ventre, striée fortement en long et martelée irrégulièrement, de couleur jaune rosâ- tre recouverte d'un épiderme brun-jaune parcouru longitudinalenicnt de linéolcs brunes Irrégulièrement distribuées. Les 5 premiers tours sont privés d'épiderme et les nucléolaires sont jaunes de chrome lui- sant et possèdent les mômes ponctuations qui se voient chez la plupart des Bulimes de l'archipel; la spire est composée de 7 tours médiocre- ment convexes, croissant lentement jusqu'au dernier qui prend alors un grand développement, au point de former à lui seul plus des 4 5 de la longueur totale; ce tour est très-ventru et gibbeux vers l'ombilic, très- descendant et dépassant la carène ombilicale de 18 millimètres ; la suture (87 ) est blanche et appliquée sur les tours en dents de scie ; ouverture auri- forme , perpendiculaire , plus étroite que large avec une dent peu proé- minente placée au bas et en dedans de la paroi gauche ; péristome épais, rosé luisant, assez renversé à la base, bord droit flexueux supérieure- ment, un peu excavé, anguleux, bord columellaire renversé, columelle droite avec un faible pli, épaisse, jointe au péristome par un dépôt d'émail orangé. Intérieur pourpre orangé brillant. Sommet assez acu- miné. Observ. Cette espèce, dont nous ne connaissons qu'un individu, est exces- sivement différente de celles connues jusqu'à ce jour. Elle sera facilement reconnaissablc, à son ombilic élargi et profond, sa forme trapue, sa spire aiguë, sa base perpendiculaire à l'axe et la gibbosité dorsale du dernier tour, et surtout à sa columelle droite presque dépourvue de pli. Comme nous n'avons eu qu'un exemplaire, nous ne pouvons certifier de l'inflexibilité des caractères que nous indiquons; mais nous avouons ne pou- voir les placer qu'entre les D. fibratus et Edwarsianus, 11 existe une variété raccourcie qui s'en rapproche un peu, mais qui cependant en diffère notable- ment par l'absence d'ombilic et la brièveté de sa columelle, son pli aplati et blanc, ainsi que par un épiderme plus sordide. Notre individu serait-il anormal? Nous espérons recevoir d'autres exemplaires qui viendront probablement trancher cette question. N° 95. B. JËsopeus Gassies. Testa stricta umbilicata, profmde perforata, conico-pijramidata , acuminata, ad basin rotundata , turbinata, globosa , abbrexiala, lon- gitudinaliter strigata, non malle ata , albida , nitida, epidermide desti- tuta; anfr. 7 convexi rapide accrescentes , ultimus descendens 1 1/2 lon- gîtudinis œquans , superne obtuse carinalo ; sutura impressa crispata , sublacerata , profunde intrante ; apertura mediocris, auriformis, ocata; peristoma crassa, ad marginibus dextro, vix reflexo , superne exca- vato, sinuato, ad basin reflexo, crasso; columeila callosa, rotundata, reftexa, cum callositate emittente junctis, dente pariétale? intus pal- lide-lutea, peristoma lutea , nitida. Long. 50 mill.; diam. maj. 3i ; apert. 22 1/2 mill., longa 22 lata. Hab. Ile des Pins, sud de la Nouvelle-Calédonie. (R. P. Lambert.) (Vu un individu.) (Ma collection.) Coquille étroitement ombiliquée , peu profondément perforée , coni- que, pyramidale, turbinée, acuminée au sommet, arrondie à la base, glo- buleuse , courte , renflée au dernier tour en dessus et en dessous, ornée de stries longitudinales iïexueuses , assez fortes , sans apparence de mar- v 88 ) tslures , couleur blanchâtre, luisante, épiderme absent sur l'unique indi- vidu connu. Spire composée de 7 tours, très-convexes croissant rapide- ment, les embryonnaires lisses, blancs, brillants, le dernier fortement descendant est très-grand relativement et forme à lui seul la moitié de la longueur totale dépassant l'ombilic de 20 millimètres; la suture est fortement crispée et sublacérée pressant les tours à son insertion, de façon à les brider et les forcer à une plus grande convexité. Ouverture médiocre , ovalaire , auriforme , presque aussi large que longue ; péris- tome épais médiocrement réfléchi au bord droit , assez fortement au bord basai, à la partie supérieure du bord droit se voit une sinuosité comme une entaille assez profonde qui fait paraître la partie inférieure très-saillante et comme tuberculée ; columelle calleuse , arrondie , ren- versée sur l'ombilic et jointe au péristome par un dépôt d'émail épais sans apparence de dent ou de lame , intérieur jaune clair luisant; péris- tome jaunâtre un peu plus foncé, luisant. Le B. Aisopeus se distingue de VInfundibulum , avec lequel il a quelques atlinités : 1° Par son test plus solide; "2° — sa coloration blanche; 3° — son péristome plus entaillé; 4° — sa columelle arrondie; 5° — l'absence de dent pariétale; O — la plus grande convexité des tours; 7° — par ses stries moins fortes et sans martelures; 8e — sa forme pyramidale et sa taille moindre. Gomme nous n'avons eu qu'un individu à notre disposition, il nous serait difficile de nous prononcer sur sa rareté. Le R. P. Lambert n'a pu nous dire si cette espèce avait été trouvée avec les B. senilis de l'île des Pins, de sorte que nous ne saurions affirmer si elle vit encore, car, bien que privée d'épiderme, elle nous parait vivante. Le test est luisant et l'ouverture est très-émaillée. C'est donc en attendant que nous signalons cette singulière espèce qui a peu d'analogie avec les précédentes et celles qui vivent près de l'île des Pins, sur l'îlot Koutoumo, où gisent en grand nombre les individus du B. senilis. GROUPE IV. . N° 96. B Eddystonensis Pfeiffer. Proc. zool. soc, p. 88, 1855. Novit. Conch., p. 54, pi. 26, fig. 1-2. Faune , p. 49. (Pi. 7, fi R . 4. ) Hab. Joujou (Hienguen), Nouvelle-Calédonie!! M. Montrouzier) , Pouebo et Balade ! (E. Magen.) ( 80 ) N° 97. B. Bavayi Crosse. Jouru. Conch., 3 e série, t. VIII, p. 161, pi. 8, fig. 1. (PL 8, fig. 1). Testa subobtecte perforata, ovato-conica , subinflata, crassiusculo , solida, tenuissime striata et confertim rugato-malleata, subepidermide castanea, in adultis speciminibus valde decidua , squalide albido-rosea ; spira conica, apice subacuto ; sutura subcrenata; anfv. 6 convexi, subinflati, ultimus non descendens , spiram superans , ventricosus , dextrorsum recedens, basi oblique rotundatus; columella subplkata, re- cedens; apertura valde obliqua, late subangulato-ovalis , intus polita , nitidula, pallide aurantiaco-limda; peristoma simplex, incrassalum , sat vivide auranticum , marginibus callo-crasso , prominulo , dentem validum, profunde situm medio emittente junctis , columellari expanso, dilatalo, perforationis partem occultante, basali et externo subincras- satis. Long. 7i; diam. maj. i-3 mill.; apcrt. cum perist. il 1/2 mill. longa , medio 29 la ta. Hab. Le sommet du Mont Mou, Nouvelle-Calédonie. (M. E. Marie.) Coquille munie d'une perforation ombilicale en partie recouverte , ovale-conique, légèrement renflée , solide , assez épaisse, très-finement striée et couverte en même temps de malléations rugueuses, serrées et plus apparentes chez les jeunes individus que chez les adultes ; le test est d'un rose-blanchâtre sale , plus ou moins terne , et recouvert, à l'exception des premiers tours , d'un épiderme marron , persistant chez les jeunes individus, très-caduc et se détachant par larges feuilles chez les individus complètement adultes; spire conique terminée par un sommet assez pointu; suture légèrement crénelée ; tours, au nombre de 6, convexes, assez renflés ; dernier tour non descendant plus grand que le reste de la coquille, ventru, tendant à se porter vers la droite c'est- à-dire dans la direction du bord externe , obliquement arrondi à la par- tie basale ; columelle portée en arrière et présentant quelques traces de torsion ; ouverture fortement oblique , largement ovale , subanguleuse près du point d'insertion du bord droit, polie à l'intérieur, assez luisante et d'un ton livide tournant à l'orangé, péristome simple, épais, d'un ton orangé assez vif; bords réunis par un dépôt calleux luisant, épais, développé , saillant , et donnant naissance , vers sa partie médiane , à une forte dent placée profondément à l'intérieur ; bord columellaire ( 00) large , étalé , épais , recouvrant une partie de la perforation ombilicale ; bord basai et bord externe assez épaissis , mais moins pourtant cpie le bord columellaire. Cette belle espèce , qui vient augmenter le nombre déjà assez considé- rable des Bulimos calédoniens do la section des Placostylus , se rappro- che beaucoup du B. Eddystonensis Pfeiffer, par l'aspect général, la co- loration et le système de stries et de malléations du test , mais elle nous semble s'en distinguer nettement par un certain nombre de caractères. Elle est beaucoup plus large , plus renflée et plus ramassée, munie d'une perforation ombilicale , armée d'une forte dent pariétale : ses bords sont réunis par un dépôt calleux très-épais et saillant ; son épidémie est très-caduc, son ouverture plus oblique, beaucoup plus large et nota- blement inclinée vers la droite , ce qui rend l'axe très-différent dans les deux espèces. D'ailleurs , nous avouons conserver encore quelques doutes au sujet de la présence réelle du B. Eddystonensis en Nouvelle- Calédonie , et il ne serait peut-être pas impossible que l'on ait identifié à tort avec cette espèce des individus jeunes de la nôtre. Nous possé- dons , dans notre collection , un individu parfaitement adulte du B. Ed- dystonensis , et il nous paraît bien distinct de notre espèce (I). Nous dé- dions celle-ci à M. Bavay, qui l'a découverte le premier, et l'a mise à notre disposition avec toute l'obligeance possible. Voilà ce que nous écrit, au sujet de cette forme remarquable, M. E. Marie, notre honorable correspondant de Nouméa : (H. Crosse.-) « Le B. Bavayi s'écarte peu du sommet du Mont Mou ; car, dans le » fond des vallées, nous n'avons trouvé aucun exemplaire vivant. Nos » trois indigènes ont passé tout leur temps à chercher cette espèco , car » nous leur avions promis I fr. par Bulime en bon état, et ils n'ont pu » en trouver que six exemplaires. Il semble donc devoir être assez rare. » Les individus roulés , que nous avons rencontrés en plus grand nom- » bre , avaient tous l'avant-dernier tour percé , comme l'un de ceux que » je vous envoie , et qui peut être considéré comme typique. Cette par- » ticularité est due au Kagou ( Bhinochctus jubatus ) , oiseau de la fa- » mille des Ardeidœ , assez répandu dans la localité , et très-friand de » ces Bulimes , qu'il attaque , à l'aide du bec puissant dont il est armé , (4) Nous pouvons affirmer, d'après les autorités de MM. Monlrouzicr et Mage», que le Ê. Eddystonensis habile réellement la Nouvelle-Calédonie; nous l'avons reçu avec l'étiquette Jcnjen collée sur la coquille par le premier, et de Poucbo et Balade par le second. ( »! ) » à l'endroit du test le moins résistant. Au reste , c'est en nourrissant » les Kagous avec des Bulimes qu'à Nouméa on les conserve en domes- » ticité. » (E. Marie.) Animal : Dessus très-granuleux , noir ardoisé plus foncé sur le miliou que sur les bords. Dessous lisse , jaune-verdâtre ; tentacules postérieurs 18 mill., antérieurs 6 mill. ; longueur totale 63 mill. Caractères généraux : Tentacules postérieurs oculés au sommet sans se terminer eu massue vers le milieu de leur longueur, s'amincissant rapidement. L'animal est de forme ovale , oblonguc , plus étroit postérieurement à partir du milieu , le pied toujours arrondi en arrière. Le dessus est toujours granuleux, le dessous lisse. La couleur du dessus est d'une apparence brûlée , celle du dessous est toujours claire. L'orifice anal est sur le côté droit, en arrière des tentacules posté- rieurs. (E. Marie.) N° 98. B. RSiizophorarus (1) GASSIES. B. Paletuvianus Gassies, Journ. Conch. , t. VII, p. 370. Juin 1859. — Faune, p. iS, pi. I I, fig. 2. Hab. Lifou et Ouvea (Loyalty). Observ. Nous avons pu vérifier, sur les nombreux échantillons rapportes d'Angleterre par M. D. Guestier, combien notre espèce est différente du Slutcti- buryi de M. Pfeiffer. La nôtre est bien réellement le B. Founacki adulte. N° 99. B. Pamclkcri Crosse. Journ. Conch., 3 e série, t. X, p. 137. (PI 8, p. 17). Testa auguste perforata, oblonga, tenuiscula, longitudinaliter minu- tissime striata, lincis elevatis subconcentricis , subundulato-rugosis transversim notata, griseo-albida ; spira breviuscula, conica, apice griseo : sutura marginata; anfr. i 1/2 cunvexiuscuU, embryonales primi 1/2 lœves, ultimus spiram longe superans ; apertura oblonga, intus sordide lactea; peristoma simplex, leviter expansum, reflexiuscu- lum, marginibus callo-pallide aurantio, extus lacteo , basait etexterno lacteis. |1) Nous changeons le nom, d'après les observations très-judicieuses de M. Crosse. ( 92 ) Long. 31 1/2', diam, maj. 15 mill. ; apert. (cuiti peristomate) 18 1/2 raill. longa, 10 lata. (Coll. E. Marie.) (H. Crosse.) Hab. Boulari , Nouvelle-Calédonie, dans les montagnes. (Pancher.) Coquille étroitement perforée , oblongue , mince , finement striée en long , couverte de stries élevées presque concentriques , un peu ondu- leuses, rugueuses, d'un gris blanchâtre ; spire raccourcie , conique, sommet grisâtre ; suture marginée ; tours , au nombre de 4 1 \% , à peine convexes , les premiers embryonnaires lisses , le dernier dépassant la spire; ouverture oblongue , intérieur blanc de lait sale ; péristome sim- ple, légèrement étalé, réfléchi , bords calleux couleur orangé pâle , in- térieurement lacté , basai et droit lactés également. Obs. Cette espèce, que nous n'avons pas vue, a été trouvée authentiquement à la Nouvelle-Calédonie, avec l'animal, par M. Pancher; elle affirme l'habitat de notre B. Rhyzophorarus, dont elle a la forme de l'ouverture. Elles appar- tiennent toutes deux au groupe Mallealus, Colubrinus , Morosus, fulgura- tus, etc., etc., des îles voisines: Feejee, Salomon, etc. GROUPE V. N° 100. IB. siiiistrorsus Deshayes. In Férussac, Hist. 11 , p. 24, n° 23, t. 161 , fig. 19-21. — Faune, p. 51, pi. 11, fig. 3. Hab. Art (Montrouzier), Mont Mou (E. Marie) Ouvea , Mare (Loyal ty), île des Pins (R. P. Lambert.) Var. Castaneo zonulatus (Art). — Albido zonulatus (Mare). — Carinatus , magis striatus (île des Pins). Obs. Ces diverses variétés, indiquées et envoyées par le R. P. Lambert, sont parfaitement distinctes : celle surtout de l'île des Pins possède une carène extrêmement aiguë, qui donne à la coquille un aspect inusité parmi les Buli- mes de ce groupe, car la base du dernier tour est presque plane, par suite de l'acullé de la carène. Les deux autres variétés ne diffèrent du type que par leur coloration; quant à la périphérie, elle est obtusement carénée et la base assez renflée. ( ^3) N° 101. B. Tlteobalilianus Gassies. (PI. III, fig. 9.) Bulimus Tlieobaldianus Gassies, Journ. Conch., 3 e série, t. X, p. 1 43, Janvier 1870. Testa paria , sinistrorsa, subcarinata , brevis, adapicem acuminata et turbinata, medio et ad basin gibbosa, rima umbilicali profunde mu- nita; colore griseo-fuVoo uniformi, pariim nitido, ad apicem hites- cente , tincta; striis obliqais flexuosis notata; anfractus 6-7 convexi, primi 5 acuminati; ultimus 2/3 longitiidinis œquans , sutura prof 'unda, denticulata; apertiira rotundata ; peristoma continuum aut subconti- nuum, marginibus simplicibus callositate albo-riifescente incrassatis ; columella lata, fere plana, nonplicata, r'imam umbilicalem vixtegens. Diam. 6 mill.; ait. 8 mill.; apert. 3 1/2 mill. longa, 3 lata. Hab. Ile Lifou (Loyalty). (M. Déplanches.) (Musée de Caen.) Coquille petite, sénestre, subcarénée, munie d'une fente ombilicale étroite, profonde, courte, acuminée et turbinée au sommet, gibbeuse à sa partie médiane et basale ; couleur uniforme d'un gris fauve peu luisant, jaunâtre vers les premiers tours; stries obliques, onduleuses et élevées ; spire médiocre, raccourcie, composée de 6 à 7 tours convexes, les 5 premiers acuminés, le dernier croissant rapidement, et formant à lui seul les 2/3 de la longueur totale ; suture profonde, dentelée, surtout vers les premiers tours ; ouverture arrondie , presque aussi large que haute ; péristome continu ou subcontinu , par suite d'un dépôt d'émail assez épais, bords simples, garnis d'une légère callosité blanc-roux; columelle large, presque plane , sans pli , droite, se recourbant à peine sur la fente ombilicale, intérieur brun-brûlé. Observ. Cette espèce, voisine du B. sinislrorsus Deshayes , en diffère par sa forme trapue, obèse, sa striaiion, le nombre de tours de spire, sa suture crispée, sa coloration, son. ouverture descendante, sans expansion, et par son péristome continu. Je prie mon ami, M. le marquis Théobald de Puifferrat, d'accepter cette mo- deste dédicace, comme une faible marque d'affection. GROUPE VI. N° 102. B. Mageui Gassies. Journ. Conch., t. V, p. 181, pi. VI, fig. 5. 1856. Faune, p. 52, pi. 11, fig. 4. (Non Zonulatus Pfeiffer !) Hab. Mare (Loyalty), île des Pins, Nouvelle-Calédonie (R. P. Lam- bert), Lifou (Loyalty), Nouméa, Snail, Bélep (Art), Kanala, Nouvelle- Calédonie. (M. E. Marie.] ( 94 ) Var. p colorata, luteo-atbidâ , 1-21 parvulis , pallide-castaneis et se- riebus 1-2 macularum nigro-fuscorum transversim cincta, ultimo an- fractu ad basin late bifasciata. Long. 17, diam. maj. 19 mill. (H. Crosse.) Var. 7 monozona, paulo infra suturam pallide castaneo nnifasciata, cœterum luteo albida. Var. S wiicolor, pallide luteo-aldiba. (Ile Mare) . Long. 14, diam. maj. 9 mill. Var. epunctata, zonis circularis nigro - cœrulea , rufula, punctis sparsim nigris ad mcdio et ad suturam, dispersi , circa columellam rufula tincta. Hab. Ile Art. Observ. Cette espèce, que nous venons de recevoir en grand nombre et de divers points de l'Archipel, par le R. P. Lambert, est fort variable sous le rapport des zones et des ponctuations, mais elle a un faciès très-facile à dis- tinguer. Depuis 1856, époque de sa description, nous avons reçu de nombreux individus sur lesquels on a pu établir plusieurs variétés de taille et de colo- ration, sans que le moindre doute se soit élevé sur sa valeur spécifique. C'est bien, ainsi que nous l'avions pensé, une espèce différente du D. Zonulalus Pfeiffer, l'auteur lui-même l'a constaté et affirmé. Cette forme est encore unique dans l'Archipel, où elle représente celle du groupe indien auquel appartiennent les D. Bengalensis , infrafascialus et zonulatus. Son aire est étendue dans presque tout l'archipel Calédonien. GROUPE VIL N. 103 B. Souverbiaims Gassies. Faune, p. 52, pi, 11 , fig. 5. N 104. B. Artciasis Gassies. Journ. Conch., 3 e série, t. VI, p. 50. Janvier 1866. (PI. III, fig 10. ) Testa imper forata, tnrbinata, elongatula, corneo-paUida , tennis, diaphana, nitida, longitudinaliter tenuiter strlata; anfractus 7-8 vix convexis rcgulariter accrescentes , ultimus 1/3 longitudinis formans ; sutura profunda, intrante; apice obtusulo ; aperlura ovato-clongata , columella arcuata, vix callosa; peristoma simplex acutum. Long. 9 mill. ; Diam. 2 mill. Hab. L'île Art, Nouvelle-Calédonie. (M. Montrouzier. ) ( 95) Coquille imperforée, turbiuée, très-allongée, couleur de corne pâle, mince, diaphane, luisanto , finement striée en long; tours, au nombre de 7 à 8 , un peu convexes , croissant régulièrement , le dernier formant 1 /3 de la longueur totale ; suture profonde ; sommet mousse ; ouverture ovale allongée , columelle arquée un peu calleuse , péristome simple et tranchant. Observ. Celte espèce diffère du D. Souverbianus par la forme plus élancée de sa spire, ses tours plus nombreux et plus saillants, son ouverture plus allongée et ses stries à peine visibles à la loupe. N° 405. B. Blancliarilianus GàSSIES. Faune, p. 53 , pi. VI, fig. 1. Observ. Les D. inversus et Janus ont été rayés de la liste des espèces néo- calédoniennes. Genre VIII.— TORN YTELLINE, TORNATELLÏNA Beck. N° 106. T. Noiimceaisis Crosse. Jouru. Conch., 3 e série, t. X, p. 2ii. Avril 1870. (PI. VIII, fig. 16.) Testa iniperfurata , ovato-conica , tenais, pellucida, viridula , fus- culo-cornea; spira mediocriter elongata, apicc obtusulo ; sutura im- pressa; anfr. 5 vix convexiusculi, lœvigata., ultimus spira paulo major basi subrotundatus ; apertura obliquœ, semiovalis, concolor, lamella parietali horizontali, intrante , albida modificata ; peristoma simplex , margine columeUari uniplicato, albido, basali et extemo acutis. (H. Crosse.) Long. 2 1/2 mill.; diam. maj. 1 1 1/4 mill. Had. Ilot Maître, près Noumca , Nouvelle-Calédonie (E. Marie), Lifou (R. P. Lambert. ) (Collect. Marie et Gassies.) Coquille imperforée , ovale-conique , mince , pellucide , verdâtre pâle, ou corné pâle ; spire à peine allongée , sommet obtus ; suture com- primée , aplatie ; tours , au nombre de 5 , un peu convexes , luisants , le dernier un peu plus grand , subarrondi à la base ; ouverture oblique semi-ovalaire , de même couleur que le dessus, lamelle pariétale hori- zontale , enfoncée , blanche ; péristome simple , aigu , bord collumellairo avec un seul pli, blanc. Observ. Nous devons la découverte de ce genre (en Nouvelle-Calédonie) à notre zélé correspondant M. E. Marie, qui déjà avait augmenté le nombre des * ( 96 ) genres et espèces dans de notables proportions. Nous l'avons reçue du R. P. Lambert, provenant de l'île Lifou (Loyally), où elle vit sur les fougères. (Vu 12 individus.) Genre IX. — GEOSTILBIE, GEOSTILBTA Crosse. N° 107. Q. Caledonica Crosse (1). Journ. Çonch., t. XV, p. 184 , pi. VII, fig. 4. 1867. (PI. 4, fig. 4 .) Testa imperforata, fusiformi-cylindracea, tennis, polita, diaphana, corneo-hyalina ; apex subito rotundatus, obtusissimus ; sutura filo- marginata; anfr. 4 vix convexiuscuJi, ultimus lente descendons, tertiam longitudinis partem paulo superans ; apertura elongato-pyriformis ; peristoma simplex, rectum, tenue nec acutuni, leviter incrassatum, marginibus callo tenuissimo junctis , columellari intus lamina longitu- dinali, parmuscula , diaphana, nitida, truncaturam mentiente, basin haud attingente consolidato , basali rotundato, dextro antrorsum ar- cuato. Long. 3 1/21 mill. ; diam. maj. 1 mill. Hab. Nouméa, dans les jardins, assez commune sous les feuilles, les vieux bois. (Collect. Crosse. Marte et Gassies.) Animal incognitum , moribus subterraneis prœditum. Coquille imperforée, cylindracée-fusiforme , luisante, polie, dia- phane , rappelant par la ténuité , l'aspect hyalin et la coloration d'un ton corné-verdâtre de son test, les plus minces de nos Vitrines européennes. Le sommet est brusquement arrondi et excessivement obtus : la suture est finement bordée. Les tours , au nombre de 4 , sont à peine convexes ; le dernier, graduellement descendant , dépasse un peu le tiers de la lon- gueur totale. L'ouverture , piriforme et un peu allongée , est de la même couleur que le reste de la coquille. Le péristome est simple, droit, mince, mais non tranchant, sensiblement épaissi, surtout chez les in- dividus adultes. Les bords sont réunis par un faible dépôt calleux , le bord columellaire est légèrement épaissi et comme renforcé , à l'inté- rieur, par une sorte de lamelle longitudinale petite, transparente, très- brillante, n'arrivant point jusqu'à la base, et donnant à la coquille, vue (1) M. Crosse pense, avec raison, que ce mollusque doit être placé à côté des Cécilianelles, dont il paraît avoir les habitudes et les mœurs souterraines. ( 97 ) sous un certaio angle , l'apparence d'une sorte de troncature qui n'existe pas en réalité ; le bord basai est assez largement arrondi ; le bord droit arqué en avant. Cette espèce intéressante, sur laquelle est établi notre nouveau genre, a été découverte par M. E. Marie , notre zélé correspondant , dans les jardins de Nouméa, ou elle est assez commune. « Elle vit dans les en- » droits humides, sous les feuilles, les vieux bois, etc., et dans la » terre.» [E. Marie.) ( H. Crosse. ) Genre X. — MAILLOT, PIPA , Lamarck. N° 108. P. Artensis Montrouzier. Journ. Conch., t. VII, p. 288, pi. VIII, fig. 4. Mars 1859. Faune, p. 54, pi. G, fig. 21. Hab. L'île Art (Montrouzier ï, Conception, Nouvelle-Calédonie. (M. Lambert.) N° 109. P. obstmeta Gassies. Testa dextra, minutissima , subobtecte rimata , oiato-conica , tenuis- sime diagonalis striatula , vix translucida, fulco-albida, spurca, cre- tacea ; spira conico-lurbinata , apice obtuso , pallide luteo, nitido ; su- tura profunde impressa; anfractus 6 1/2 convexi, regulariter, accres- centes, ultimum 1/3 longitudinis œquans ; aperturapyriformis, stricta, in superiore parte dilatatà , et inferiore obtuse angulata , dentata , la- mellata; peristoma continuum , expansum, album, superne dextro me- diocris unidentata; lamina parietalis majore obliqua ad médium aper- turœ quam obstruet; columella patula , ad locum umbilici expansa. Long. 3 mill. ; diam. maj. 2 1/4 mill. Hab. Les environs de Nouméa et de Conception (rare), (R. P. Lam- bert). (Ma collection.) Coquille très-petite , perforée étroitement , ovale conique , très-fine- ment striée en travers , à peine translucide , de couleur corne pâle , crétacé , d'aspect sale et roulé ; spire déforme conique, turbinée, à sommet obtus, luisant et de couleur jaune, la suture est profondément entrante et toujours recouverte de matières étrangères provenant de l'humus des plantes; tours au nombre de 6 1/2 croissant régulièrement, le dernier formant à peu près le 1/3 de la longueur totale ; ouverture pyriforme, étroite , assez large vers le haut , obtusément anguleusa à la base, dentée; péristome continu très-réfléchi, blanc, bord droit possé- Tome XXVIII. 7 ( 98 ) dant un petit tubercule dehtiforme qui fait face à la base d'une forte lamelle pariétale un peu obliquée vers lui ; cette lamelle partage inéga- lement l'ouverture et en obstrue l'entrée , du centre pariétal à la hau- teur de la dent du bord droit, avec lequel elle forme comme une secon- de ouverture ronde un peu aiguë à la base ; la columelle est épaisse avec un petit pli sinueux ; l'ombilic est presque clos par le renverse- ment de la base du dernier tour, sur la partie externe duquel se voient deux petites scrobiculations punctiformes correspondant aux lamellesde l'intérieur. Obs. Ce petit Pu]) a diffère essentiellement de ses congénères Calédoniens. La forme de son ouverture étroite, presque obstruée par une forte lame pa- riétale, et l'expansion extraordinaire de son péristome, ne se retrouvent, en effet, chez aucun autre. Il se rapproche du P. Arlensïs Souverbie, par son test blanchâtre, crayeux et la forme de sa spire ; mais là se borne la ressem- blance, carie P. Arlensis possède une ouverture presque ronde ornée tout-au- tour de tubercules dentiformes, tandis que le P. obslructa a une ouverture perpendiculaire à l'axe de la coquille très-rétrécie à la base et pourvue seule- ment d'un tubercule au bord droit du péristome. N° 110. Paapa Iiifouana Gassies. Testa dextra, late umbilicata, minima, longitudinis regulariter stria- ta, nitida, corneo-fusca induta, ad ultimum anfractus brunneo-zo- nata ; spira conico-cylindracea, apice mamillata, sutura crenata, impressa; anfr. 6-6 1/2 convexi, ultimum 1/3 longitudinis œquans; apertura obliqua , oxata, plicata, ad basin stricta, plicis 4, 1 colu- mella verticalis descendante, 2 pariétales, primus minor, secunda ma- jor obliquis, albus , exleriore , 1 basali diagonalis minor, lamelli- formis; peristoma crassum, album, roseum, reflexum, superne dextro angulatum excacatum , ad insertionem flexus , tnajoris. Qui partim ingreditur excavationcm. Long. 4; diam. maj. 2 1/2 mill. Hab. Lifou (Loyalty), (MM. Lambert et E. Marie), (vu 1 1 individus^, (ma collection.) Coquille très-petite , dextre , largement ombiliquée, finement et régu- lièrement striée en long, luisante, couleur de corné roussàtre uniforme avec une zone inégale brun rougeàtre, sur la périphérie du dernier tour; spire conico-cylindracée, sommet obtus, mamelonné, suture crénelée un peu profonde; tours au nombre de 6 à 6 1/2 convexes, le dernier formant à lui seul le 1/3 de la longueur totale ; ouverture obli- que, ovalaire, resserrée à la base, ornée de ï plis ou lamelles, le pre- ( 99 ) mier sur la columelle est assez grand , descendant et plongeant à l'inté- rieur, 2 pariétaux dont le premier est fort petit dirigé vers le fond et descendant ; le second est très-grand , placé fort en avant sur le ventre et débordant le péristome, est un peu obliqué à droite , mais perpendi- culairement à l'axe ; enfin le dernier, placé à la base intérieure du bord inférieur, se dirige de droite à gauche en forme de lame. Péristome épais, réfléchi, excavé au bord droit supérieur en face du grand pli qui le dépasse, ce qui fait que vers les deux tiers du bord droit le péristome forme un avancement calleux assez apparent. Obs. Cette espèce a toutes les apparences de nos Pupa Européens : elle participe du P. umbilicala Drap, par la forme de son ombilic la convexité de ses tours et son sommet mamelonné. Son ouverture oblique la raproche beaucoup du P. Dolium Drap., dont elle diffère par les lamelles de son ouver- ture et l'épaisseur de son péristome. Sa striation est également fort remarquable par sa régularité constante. Elle nous a été envoyée de l'île Lyfou l'une des Loyalty où elle a été recueil- lie sous les fougères et dans la mousse. N° II1.P. condita Gassies. Journ. Conch., 3 e série, t. , p. . 1870. (PI. IV, fig. 5) Testa dexlra minutissima , imperforata, ovato-conica , albo-carnea, nitida, lœmgata; spira conica , attenuata, via, • eonicxiuscida, sutura linearis; anfractus 4-4 I 2 lœvigali, ullimus 2/3 longitudinis œquans; apertura rotunda, superne vix angulata , intégra, intus indenlata; pe- ristoma conlinuum , crassiusculum. Var. pzonata. Ultimo anfractu ad carinam et suturam zonatoornata. Diam. 1 mill.; ait. I 3/4 mill. Hab. Ile Art, Nouvelle-Calédonie (M. Montrouzier). (Ma collec- tion.) Coquille très-petite , imperforée, ovale-conique, couleur blanc un peu rosé, luisante, sans stries apparentes, même à la loupe; spire co- nique , atténuée au sommet , un peu convexe , suture linéaire ; tours au nombre de 4 à 4 1/2 croissant assez régulièrement, mais grossissant vers le dernier tour qui fait à peu près les 2/3 de la longueur totale ; ouverture arrondie, un peu anguleuse supérieurement, un peu dilatée inférieurement, entière, intérieur sans dents ni tubercules; péris- tome continu , un peu épais. ( ioo ) Obs. Celle petite coquille que nous avons trouvée parmi des espèces de l'ile Art au nombre de 5 individus dont un seul bien adulte, paraît avoir échappé aux recherches de M. Montrouzier, puisque c'est par hasard que nous l'avons trouvée dans son envoi de 1864. L'aspect général est bien celui d'un Pupa, mais son ouverture un peu dilatée et descendante à la base la fait ressembler à un Ennea. Son ouverture dépourvue de lames, de dents ou de tubercules, la distingue suffisamment du Pupa Arlensis ; sa spire est égale- ment moins turbinée, ses sutures moins profondes'et son ombilic complète- ment clos. Sa taille est moindre. Genre XI. — SCARABE , SCARABUS Montfort. N° 112. S. Clialcostomus Adams. Proc. zool. soc, p. 152, 1830. Faune, p. 55, pi. 3, fig. 5. \° Il 3. S lieopardus Reeve. Monog., pi. 11, fig. 14, 1860. Faune , p. 55 , pi. 3, fig. 6. N° 1 1 i. S. lux Reeve. Monog., pi, Il , fig. 18, 1860. Faune, p. 56, pi. 3, fig. 7. N° 1 15. S. miaior Gassies. Faune, p. 57, pi. 3, fig. 8. (1) Testa imperforata, minuta, compressiuscula , strigata , rufescente , castaneo tel fulro-marmorata; spira abbreviato-acuminata ; varicibus albis ; anfractibus 7-8 subcorrugatis; apertura auguste ovata , depressa, clenticulata, labro columellari contorto. Diam. 8-10 mill. ; ait. 13 mill. ; apert 5 mill. longa, 2 1/2 lata. Hab. Touo, (Nouvelle-Calédonie). (MM. Montrouzier et Magen), Nou- méa. (MM. Marie et Déplanches) , commun. Coquille imperforée, petite, fortement aplatie, assez fortement striée en long , couleur brun assez foncé , marbrée de taches rougeâtres et jaunâtres; spire courte, aiguë, p^yramidale , composée de 7 à 8 tours pressés dont le dernier fait à lui seul les 2/3 de la longueur totale, sutu- re à peine marquée, sommet lisse et aigu. Ouverture étroite, ovale, anguleuse avec deux extrémités, déprimée, dentée, bord columellaire il) Un peu jeune. ( loi ) contourné; plis palataux au nombre de deux très-élargis, verticaux, deux sur la columelle , horizontaux. L'animal de ce Scarabus est d'un blanc légèrement bleuâtre et trans- lucide ; ses tentacules ont 2 mill. de longueur : ils sont bleuâtres , ocu- lés à la base et en massue au sommet. Son pied est lisse à sa partie in- férieure et a environ 7 mill. de longueur. Il vit sous les feuilles et est assez commun dans un bois des environ de Nouméa , situé près de la mer. (M. Marie). Cette note, que nous accueillons avec plaisir, vient combler une lacune dans notre description première et confirmer une espèce que nous avions décrite avec doute ne possédant alors qu'un seul individu. De- puis , nous en avons reçu d'autres, et il nous a été facile de constater la valeur des caractères de cette espèce sur plus de 100 individus. N° H 6. S. imiierforatus A. Adams. In Proc. zool. soc. 1850, p. loi. Pythia imper forata, Pfeiffer, Syn. Auric, n° 79. Testa subimperforota , ovato-acuminata, tenuiscula, sublœvigata, pallide luteseente et lœte castaneo-xariegata; spira concaio-conoidea , apice obtusula, lateribus vix comjjressis, albo-varicosis; sutura linea- ris;anfr. 9 vix coneexiusculi, ad suturam striati , ultimus 23 longi- tudinis subœquans, superne tumidus , basi atlenuatus; apertura snb- verticalis, intus flacida; plicœ pariétales 2, superior elongata, subbi- cruris , altéra maxima, spiraliter intrans, extus duplicata; plica colu- mellaris oblonga, oblique ascendens; peristoma expansum, margine dextro superne subrectu , intus dentibus o incequalibus munito , colu- mellari perdilatato , fornicatim reflexo, subadnalo. Long. 23; diam. maj. 15, min. Il 12 mill.; apert. cum perist. 16 mill. longa. Hab. L'île Art, Nouvelle-Calédonie. (M. Montrouzier.) (Musée de Bordeaux). Coquille presque imperforée, ovale, pointue, mince, luisante, jaune pâle et marron varié ; spire concave-conoïde, sommet obtus, côtés com- primés avec les traces blanches des varices d'accroissement ; suture linéaire ; tours au nombre de 9 un peu convexes striées vers les sutu- res, le dernier formant à lui seul les 2/3 de la longueur totale; ouver- ture presque verticale, jaune à l'intérieur; 2 plis pariétaux, le supé- rieur allongé et assez grand , rentrant dans la spire en se doublant vers le bas ; pli columellaire oblong, oblique, ascendant; péristome (102) réfléchi , bord droit supérieur presque aigu , intérieurement garni de 5 dents inégales, bord columellaire dilaté, réfléchi formant voûte. N° 117. S. €rosi®e»Mras Gassies. Scarabus Crosseanus , Gass. Journ. Conch. , 3* série, t. X, p. 144. Janvier 1870. PI. VII, fig. 5. Testa imper forata, abbreiiato-obesa , griseo cœrulea , ad aperturam alba, sparsim brunneo-maculata , superne et inferne punctis brunnes- cens irregulariter ornata, longitudinaliter striatula ; anfractus 10 de- pressi, uUimus 2/3 longitudinis œquans , striatulus; apice mucro- nato , sutura plicata ; spira abbreviato - acuminata , denticulata, varicibus albis ; apertura angusta , orata, depressa, denticulata, labio dextro patulo , tuberculis 5, 2 inferioribus majoribus instructo; dentés pariétales 2 , infeme horizontalis , superne verticalis ; columellari as- cendante; peristoma fuscum, nitidum, dentés albi. Diam. maj. 10 mill. ; ait. 18-20 mill. Hab. Ouvea (Loyalty) R. P. Lambert (vu 12 exemplaires.) (Collections Guestier, Gassies. Mus. de Bordeaux). Coquille imperforée , raccourcie , ventrue , couleur gris bleuâtre , ou jaune sale, blanchâtre vers l'ouverture, parsemée détaches brunâtres éparses , punctiformes et de taches variqueuses marron foncé partant des deux angles du sommet , suivant les côtés jusqu'à l'ombilic et res- semblant par leur opposition blanche et brune les taches postérieures du hanneton ; finement striée en long ; tours au nombre de 10, dépri- més, le dernier formant les 2/3 de la longueur totale ; sommet mucroné ; suture plissée ; spire courte , acuminée , varices très-blanches ; ouverture étroite, ovale, déprimée, bord droit épais orné de 5 tubercules dont deux inférieurs plus grands et saillants, 2 dents pariétales : l'infé- rieure horizontale , la supérieure verticale ; pli columellaire ascendant ; péristome brun, luisant, dents blanches. Obs. Cette espèce parfaitement distincte de ses congénères est d'une nuance pâle fauve-grisâtre, ou bleuâtre à peine teinte; ses taches sont irré- gulièrement répandues sur le test et ses varices d'accroissement se détachent en blanc très-intense. Dédiée à notre ami M. II. Crosse, directeur du Journal de Conchyliologie. ( 103 ) N° 118. S. Maurulus GaSSIES. Scarabus Maurulus Gass. Journ. Conch. 3 e série, t. X. p. 143. Janvier 1870. PI. VII, fig. 6. Testa rimata, elongato-ovata, pyramidata , nigro-ziolacea, unicolor, vel sparsim punctata , longitudinaliter fîexuose striata, anfractus 12 depressi , ultimus 2/3 \ /2 longitudinis œquans; sutura plicata; spira abbretiata, acuminata, apice erosa, varicibus albo-rufa; apertura sub auguste ovata, denticulata, labro dextro intus crasso , fulvo, tu- berculis 4 munito ,2 inédits majoribus ; dentés pariétales 2 , superne rtongato-conici , inferne subbifidi, descendentes ; plica columellaris excavata, atcendens; pcristoma patulum , refïexum , tiolaceum, niti- dum, intus nigro-cœruleum , nitidum ; dentés albo-fulxi. Diam. maj. ait. 23-25 mill. Apert. 10-11 mill. longa, 5 lata. Hab. La Nouvelle-Calédonie , probablement dans la partie sud-ouest. (MM. Déplanches , R. P. Lambert et Vieillard, (vu 30 exemplaires) (collect. Guestier, Gassies, Musée de Bordeaux.) Coquille à peine et très-linéairement perforée, ovale un peu allongée, pyramidale, d'un noir violet cendré plus ou moins foncé, unicolore , un peu ponctuée brun rougeâtre ; ornée de stries flexueuses longitu- dinales ; tours au nombre de 12, déprimés , le dernier formant les 2/3 1/2 de la longueur totale; suture plissée; spire courte, pointue, sommet mousse érodé, varices blanc-roux; ouverture étroitement ovale, dentée, bord droit épais intérieurement, fauve, garni de 4 tu- bercules, deux grands au milieu; deux dents pariétales, la supérieure conique allongée , l'inférieure subbilule , descendante , pli columellaire excavé, ascendant; péristome large réfléchi , violet, luisant, noir cendré luisant à l'intérieur; dents blanc jaunâtre. Obs. Cette espèce est facilement reconnaissable à son aspect trapu, sa colo- ration noir violet, rarement fasciée. Le Pylhia nigricans Pf. est l'espèce qui s'en rapproche le plus. La nôtre en diffère : 1° par sa perforation ombilicale; 2° ses tours plus nombreux; et, enfin 3° par des sutures plus fortement plissées. Genre XII. — -MARIXULE, MARINULA, Kmg. N* 119. M. FoB»estieri Montrouzier. Journ. Conch. t. XII p. 90 pi. X fig. 1. et p. 261. 1864. Pedipes Forestieri. Montr. Journ. Conch. t. XII p. 41 Laimodonta Forestieri, Mont, in sched. (PL VII, fig. 7.) Testa imperforata, elongato-otata, solidu-la, striis spiralibus confertis ( 104 ) ienuissimis [prima , secundo,, tertiaque infra suturam magi impressis et magi distantibus) sculpta palliée fuir a, parum nitida ; anfract. 5 convexis, 2 primis lœmgatis , cœleris infra suturam depresso margi- natis, nltinio ] j2> longitudinis sup crante, basi attenuato ; apertura obli- qua, semiovali-pyriformis , triplicata concolor , nitida ; plicis inequa- liter, distantibus, parallelis, spiraliter intrantibus, albis; \ parietali magna, lamelliformi,procumbente, % columellaribus parallelis, super a mediocri , infera parva ; peristomium simplex, acutum ; labïum colu- mellare crassum, longirostrum subcanaliculalum cum margine externo inter plicas parietalem et superam columellarem arcuatim incurva us- que ad parietalem continuante. Long. 3 1/2; diam. maj. 2 mill.; apert. 1 3/4 mill. longa, I lata. Hab. L'île Art, Nouvelle-Calédonie (M. Montrouzier). (Musée de Bor- deaux, individu unique). Coquille fusiforme-ovale, un peu solide, imprimée de stries spirales serrées, très-fines et visibles seulement à la loupe, les trois premières en dessous de la suture, plus imprimées et plus distantes), d'un fauve pâle, peu luisante ; tours au nombre de 5 arrondis, les deux premiers lisses, les autres marginés en dessous de la suture par une dépression presque plane du tour, le dernier dépassant la moitié à peine de la hauteur totale, atténuée à la base. Ouverture oblique aux deux axes de la coquille, semi-ovale, pyriforme, munie de trois plis internes, concolore, luisante. Plis inégalement distants, insérés parallèlement sur le test, spiralement entrants, blancs, surtout les deux derniers ; le premier pariétal, grand, lamelliforme, tombant ; les deux suivants columeUaires, plus rappro- chés entre eux que du pariétal, le supérieur médiocre , l'inférieur petit, simulant une dent. Péristome simple, tranchant. Lèvre columellaire longitudinalement subcanaliculôe avec son bord externe se continuant en arc de cercle dans la coquille, derrière le pli columellaire supérieur, jusqu'à la rencontre du pli pariétal. (Montrouzier). Nota. Celte espèce, reçue du R. P. Montrouzier avec l'étiquette suivante : « Laimodonta Forestieri, mini, Art., dédiée à mon bon confrère le Père Fores- tier, » a été, avant publication, adressée en communication au docteur Pfeiffer, et sa réponse ayant été « Spec. nov, sed Marinula » nous avons cru devoir tenir compte d'une décision appuyée d'un nom aussi autorisé que l'est celui du savant concliyliologiste de Cassel. Nous devons dire néanmoins, en justification de notre supposition (Pedipes?) qu'en l'absence du complet développement du bord droit de noire exemplaire ( 105 ) (supposé non adulte et ne pouvant, par conséquent, nous fournir matière à trancher la question), nous noussommes basé sur les considérations suivantes: 4° Coquille positivement striée en travers', 2° deux plis columellaires ; 3° bord externe de la lèvre columellaire se contournant derrière le pli columellaire su- périeur pour aller aboutir, dans l'intérieur de la coquille, à la lame pariétale comme nous l'observons sur deux exemplaires du Pedipes mirabilis Muhlf que nous possédons. (Souverbie). Genre XIII. — MÉLAMPE , MELAMPUS , Montfort. N° 120. ME. Ailamsianus Pfeiffer. Proc. zool. soc. p., 121. 1854. Faune, p. 57, pi. VII, fig. 2. N° 121. M. Australis Quoy et Gadiakd. Astrol. 11, p. 169, pi. XIII, fig. 34-38. M. Stutchburyi , Pfeif., (Ophicardelus). Proc. zool. soc, p. 393. 1856. Faune, p. 58-61 pi. 6 , fig. 5. Obs. Nous avons pu nous assurer de l'identité des M. Auslralis et Slutch- buryi, les nombreux spécimens du Muséum de Paris et ceux de la Nouvelle- Calédonie ne nous ont présenté aucune différence, les échantillons de Quoy et Gaimard sont en tout semblables à ceux de MM. Montrouzier, Magen et Lam- bertot. On pourra donc réunir le M. Auslralis et Stutchburyi, et s'en rappor- tera la figure n° S de la planche VI de la première partie de la Faune. N° 1 22. ME. obtusus Gassies. M. obtusus Gass. Journ. Conch., 3<= série, t. IX, p. 73, Janvier 1869. (PI. IV, Gg. 6). Testa obtecte rimata, conica, subcarinata, nilida, solida, unicolor castanea, ad carinam luteo cincta, longitudinaliter strigata ; spirabrevis, rapide acuminata ; anfractus 9, ultimus 3/4 longitudinis œquans, su- perne planait ; apice mucronato ; sutura depressa, luteola, sublacerata; apertura angusta, sub-flexuosa, super ne angulata, basi ovato-patula, intus castanea, plicis 3, 2 parietaiibus profunde intrantibus, 1 columel- lari majore, ascendente; peristoma subincrassatum, denticulis 8-10, irregularibus, albis munilum, rufo-violaceum ; columella rufo-nitida. Long. 12 mill.; cliam. 7 1/2 ; apert. 9 1/2 mill., longa2 1/2 lata. Hab. L'île Art , Nouvelle-Calédonie (M. Montrouzier), rare. (Ma col- lection). Coquille munie d'une fente ombilicale très-étroite , conique , subca- ( 106 ) renée , luisante , solide , de couleur marron uniforme sauf sur la carène qui est d'un jaune peu vif, striée en long ; spire courte brusquement acuminée au sommet, composée de 9 tours lisses, le dernier formant les 3/4 de la longueur totale, les supérieurs aplatis ; sommet pointu, su- ture comprimée, aplatie, à peine un peu profonde, jaunâtre, sublacérée; ouverture étroite subflexueuse , supérieurement anguleuse ovale étalée à la base, intérieur brun, orné de 3 plis, 2 pariétaux profondément enfoncés, 1 columellaire grand, ascendant; péristome assez épais orné de 8 à 10 dents blanches irrégulières, un peu empâtées dans un émail très-blanc rougeâtre ouviolâtre; columelle rougeâtre luisante. Obs. Celle espèce a le faciès du Met. crassidens, mais il sera toujours facile de les séparer par le nombre des dénis de l'ouverlure et la forme plus obiuse de la spire. N° 123. M. evassideiig Gassies. ( PI. IV, fig. 8.) M. crassidens Gass. Journ. Concb., 3 e série, t. IX, p. 74. Janvier 1869. Testa imper forata , conica, subcarinata , solida, unicolor, castaneo- lutea, nitida , longitudinaliter striatula ad basin; subtilissime cos- tata; spira brexis, rapide acurninata ; anfractus 9-11, ultimus planius- culi 3/4 longitudinis œquans , superne planatus, circum sulcatus; apice acuminato; satura depressa , subcaniculata; sublaeerata; aper- tura ang usta ■, subflexaosa, superne angulata, basi stricta, crassa, in- tas luteo-tiolacea; plicis i-o, 4 parietalibus , 2 superioribus minuscu- lis, profunde intrantibus , inferioribus horizontalibus , 1 columcllari patulo , ascendente; peristoma simplex, hiteo-tiolaceam , denticulis 7 irregiilaribus miinitum, incrassatum, album. Long. 13 mill. ; diam. 8, apert. 10 mill. longa , 3 lata. H.vb. L'île Art , Nouvelle-Calédonie (M. Montrouzier). Ma collec- tion). Coquille imperforée , conique, subcarénée, solide, de couleur uni- firme marron jaunâtre plus foncé vers les sutures, luisante, striée irré- gulièrement en long, avec de petites costulations circulaires à la base- autour de l'ombilic; la spire est courte et très-acuminée au sommet. Les tours sont au nombre de 9 à 1 1 presque plans, le dernier formant à lui seul les 3/4 de la longueur totale , les premiers sont plans et cer- clés de sillons dans lesquels se voienl des ponctuations un peu profon- ( 107 ) des où , dans le jeune âge s'implantent des poils épidermiques courts et raides ; sommet aigu , corné pâle luisant , suture comprimée , subca- naliculée , sublacérée ; ouverture étroite un peu flexueuse , très-angu- leuse supérieurement et rétrécie à la base , plis au nombre de 4 à 5 , 4 pariétaux dont 2 supérieurs très-petits et enfoncés à l'intérieur, 2 in- férieurs plus grands, horizontaux et blancs, pli columellaire épais, tordu et très-ascendant, 7 plis au bord droit intérieur, horizontaux, assez élevés, empâtés dans un émail très-blanc, épais d'où ils surgissent; pé- ristome simple tranchant, columelle très-épaisse, réfléchie fortement et de couleur brun brillant ; intérieur brun violet luisant. Obs. Cette espèce est très-remarquable par sa forme conique subcarénée, son épaisseur, et surtout par son ouverture dentée à profusion et l'empale- ment énorme blanc de lait du bord droit. N° 124 M. cinereus Gassies. Journ. Conch. 3 e série; t. VII. p. 62. Janvier 1867. (PI. 4, fig. 7.) Testa imperforala. ovalo-oblonga, nitida, cinerea tel tiolacea, ad su- turam fasciata, lutea, medio trifasciata luteo-pallescens, longitudina- liter striata , ad carinam transverse sulcata ; spira sublanceolata , arifr. 7-8, ultimus 2/3 longitudinis œquans, superne acutus, liratus ; apice elevata; sutura depressa, lacerata; apertura angusta, superne an- giUata, basi ovato-expansa, patula, intus nitido-brunnescens, plicis 6, bparietalibus, mediocris supra et média horizontalibiis, inferiore des- ceyidente, i columellari ascendente, patula, crassa ; peristoma subpatu- lum, subflexuosum, brmmescens, denticulis 8-9, irregularibus mu- nitum, album, incrassatum. Long. 10 mill. Diam. 5. Apert. 7 mill., longa 1 1/2 lata. Hab. L'île Art. Nouvelle-Calédonie {M. Montrouzier.) (Ma collection). Coquille imperforée, ovale-oblongue, luisante, de couleur cendrée- violacée avec des bandes minces irrégulièrement disposées vers le haut du dernier tour, fauves, brunes ou jaunes, et une jaune vers le bas autour de la columelle; striée en long et transversalement sillonnée à la partie externe de la carène basale; spire presque lancéolée; tours au nombre de 7-8 le dernier formant à lui seul le 2/3 de la longueur totale, les supérieurs aigus ornés de stries noduleuses, élevées ; sommet élevé, détaché brusquement, aigu suture comprimée , déchirée ; ouverture étroite, anguleuse au sommet, ovale, réfléchie et épaisse à la base, ( 108 ) intérieur brunâtre luisant, plis au nombre de 6 médiocres, 5 pariétaux, supérieur et médian horizontaux, inférieur descendant, le columellaire ascendant, épais et calleux ; péristome calleux, légèrement flexueux vers le haut, brunâtre, dents internes du bord droit, au nombre de 8-9, irré- gulières, petites, empâtées, dans un émail lactescent très-épais. Obs. Cette espèce a un faciès tout particulier et, bien que participant de la forme des Me]. Adamsianus et Morosus il sera toujours facile de l'en séparer nettement. N° 125. M. Sciuri Lesson. Auricula Sciuri [Conoculus] Lesson, Voy. Coquille, 340 n° 85. Faune, p. 59, pi. 7. fig. 6. N° 126. M. moaosus Gassies. Journ. Conch. t. VII p. 61, Janvier 1867. (Pi. IV fig.9). Testa imperf or cita, conico-oblonga, solida, rufo-caslanea, nitida, Ion- gitudinaliter et irregulariter strigata ; spira acuminata; anfr. 6-7, ulti- mus%/3 longitudinis œquans, superiore planati ; apice obtusulo; sutura iinearis, luteo pallîda sublacera; apertura angusta superne angulato- fltxuosa, basi ovata, intus albo-cinerea, plicis 3, 2 parietalibus, superiore minuta descendons, inferiore majore horizontali ; \ coUumellari ; me- diocris ascendens, peristoma subincrassatum, brunneum, denticulo I, horizontali, albo. Long. 11-12 mill.; diam. 5-6 ; apert. 7 mill. longa, 2 lata. Hab. L'île Art, Nouvelle-Calédonie s M. Montrouzier.) (Ma Collection). Coquille imperforée, conique-oblongue, solide, couleur brun-rou- geâtre, luisant, irrégulièrement striée en long; spire aiguë; tours au nombre de 6-7, le dernier formant les 2/3 de la longueur totale, les su- périeurs planes ; sommet obtus; suture linéaire, jaune pâle, déchirée; ouverture étroite, anguleuse au sommet et un peu flexueuse, ovale à la base, intérieur blanc grisâtre, plis au nombre de 3, 2 pariétaux, le su- périeur très-petit, descendant, l'inférieur assez grand, horizontal, le columellaire médiocre, ascendant ; péristome un peu épais, brun avec une lame horizontale qui s'épate dans l'émail, depuis la flexuosité jus • qu'à la columelle. 0*5. Cette espèce appartient au groupe des Mel. C nierons, Adamsianus Tri- ( 109 ) licens, etc. Elle a quelque analogie de forme avec quelques espèces indiennes et africaines. N° 127, M. cristatws Pfeiffer. Proc. zool. Soc, p. 122 1854. Faune, p, 59 pi. 7, fig. 8. N° 128. m. torevis Gassies. Faune, p. 60. pi. 7. fig. 4. N° 129. M. granum Gassies. M. granum; Gass. Journ. Concli. 3 e série t. IX p. 74. Janvier 1869. (PI. IV, fig 10.) Testa imperforata, minima, oxiformis, nitida, castanea, epidermide, fulvatenui, longitudinaliter subtilissime striatula; spira conica, brevis ; anfr. 6-7, ultimus 2/3 longitudinis œquans, superne attenuatum; apice mucronato ; sutura médiocris, lacerata; apertura angusta, superne stricta, basi rutundato-patula, intus brunneo-rufescens ; plicis 3, parie- talibus 2 horizontalibus; superiore-majore, columellari 1 medîoeri, as- cendente, carneola ; peristoma simplex, carneo-brunnescens, denticulis 6-7, irregularibus, albis munitum. Long. 6 mill ; diam. 3; apert. 3 1/2 mill. longa, I lata. Hab. L'île Art, Nouvelle-Calédonie (M. Montrouzier.) (Ma collection^. Coquille imperforée, petite, oviforme, luisante, sous un épidémie brun ou fauve très-mince, longitudinalement et finement striée ; spire conique, courte; tours au nombre de 6-7, le dernier formant les 2/3 de la longueur totale, atténués supérieurement au sommet qui est carié ; suture médiocre, lacérée ; ouverture étroite très-rétrécie supérieure- ment , arrondie et épaissie à la base, intérieur rougeâtre, luisant; plis au nombre de 3 dont les 2 pariétaux placés horizontalement, le supérieur assez grand, pli columellaire médiocre, ascendant, rosâtre ; péristome simple, brun rosé, orné de 6-7 plis irréguliers albescents. Obs. Cette petite espèce n'a pas d'analogue dans notre colonie. Elle ressem- ble à une petite graine. N° 130. M. Layardi H. et A. Adams. Ophycardelus Layardi (Laimodonta) H. et A. Adams. Proc. zool. soc. p., 35. n° 7. 1854. Faune, p. 62, pi. VII, fig. 5. ( HO ) N° 131. M. tritieeus Philippi. Mss. Kuster. Auric. p. 49, t. VII fig, 20-22. Faune, p. 62, pi. VII, fig. 7. N° 132. M. sordsdus Gassies. Journ. Conch., 3 e série, t. VII, p. 62. Janvier 1870. (PI. IV, f. 11). Testa imperforata , oiato-conica, nitida, sordide, decorticata, longi- tudinaliter striata, circum-reticulata , pallide cornea, fasciis 5 brun- nets irregulariter ornata; spira bretissima, obtusa, erosa, anfr. 4-5 planati, ultimus 7-8 longitudinis œquans; apice truncato ; sutura im- pressa, sublacerata alba; apertura angusta, basi rotundato-obliqua, in- tus luteo-brunnescens ; plicis 7; parietalibus parvis, maxima descen- dent^, ad 2/3 longitudinis sita ; columellari ascendente , patula ; peristoma simplex, luteo-album tel brunnescens, intus denticulis, irre- gularibus 5-6 albis minutum. Long. 11 mill.; diam. 7 ; apert 8 mill., longa, 2 lata. Hab. La Nouvelle-Calédonie, à l'intérieur. (M. de Folin. ) (Collec- tions Guestier, Gassies et de Folin\ Coquille imperforée, ovale, conique, luisante, décortiquée par places, striée irrégulièrement en long, sillonnée en travers, réticulée, couleur de corne pâle un peu jaunâtre, avec 5 fascies brunes disposées, 2 à la base , 3 au centre et 1 à la suture du dernier tour, qu'elle embrasse et quitte pour suivre celle des tours supérieurs ; spire très-courte, obtuse, forte- ment érodée ne laissant la plupart du temps , subsister que 3 à 4 tours, quelquefois 5, planes, le dernier formant les 7 8 de la longueur ; som- met tronqué, suture comprimée, lacérée, blancbe ; ouverture étroite, base arrondie et oblique, intérieur jaune brunâtre; plis pariétaux au nom- bre de 7, 5 très-petits supérieurement, un plus grand descendant aux 2 3 assez épais, le columellaire ascendant, fortement tordu et épais ; quel- quefois les plis pariétaux se réunissent et forment alors une dent tri- fide très-allongée et épaisse ; péristome simple, blanc jaunâtre, et bru- nâtre, bord droit intérieur orné de 5-6 dents lamelleuses blanches, irrégulièrement disposées et inégales. Obs. Cette espèce, parfaitement distincte de toutes ses congénères, paraît vivre dans les endroits rocailleux et humides; les individus que nous possé- dons n'ont pas bord droit assez, épaissi. ( 111 ) N° 133. M. luteus Quoy et Gaimard. Astrol. 11. p. 163, t. XIII fig. 25-27. Faune p. 62. N° 134. H. fasciatiBS Deshayes. Auricula fasciata, Desh., Encycl. méth., II, p. 90, n° 8. Testa subperforata, subfusiforme-ovata, solidula, sub-lœmgata, niti- dula, alba , fulvo 5-6 fasciata, rarius unicolor pallida ; spira brevis convexo-conoida, apice acute mucronata; sutura linearis: anfr. 9, su- peri planiusculi , rarium subsulcati, ultimus 2/3 longitudinis subœquans basi atténuât us ; apertura verticalis, angusta, basi effusa non dilatata ; dentibus 3 parietalibus et quarto collumellari subœqualibus coarctata ; peristoma acutum, margine, dextro intus albo-calloso, plicis 4-5 trans- versi brevibus munito , columellari dilatato, subreflexa. Long. 13; diam. maj. 8 mill.; apert. 11 rnill. longa, medio 2 1/4 lata. Hab. L'île Art, Nouvelle-Calédonie (M. Montrouzier.) (Ma collection). Coquille prescpie perforée, subfusiforme, ovale, un peu solide, lui- sante, blanche avec 5 ou 6 fascies jaunes ou brunes, rarement unicolore spire courte, convexe, conoïde, sommet aigu, mucroné; suture linéaire; tours au nombre de 9 blancs supérieurement, sillonnés circulairement, le dernier formant à lui seul le 2/3 de la longueur totale, atténué à la base ; ouverture verticale étroite, base non réfléchie ; dents pariétales au nombre de 3 et une quatrième à la columelle très-arquée ; péristome aigu bord droit avec 4 ou 5 plis horizontaux, calleux, blancs, très- courts ; le columellaire un peu réfléchi. N° 135.11. trifasciatus Kuster. Aur. p. 38. t. V. fig. 15-17. Faune, p. 63 pi. VII, fig. 3. N° 136. II. Montroiazieri Souverbie. Journ. Conch. t. XIV, p. 138, pi. VI. fig. 1 et a. (PI. IV, fig. 12.) Testa impcrforata, obverse otato-conica, solida sulcis, spiralibus medio anfractu ultime remoribus aliquoties evanidis et striis incré- ment rude impressis granulata, parum nitida, cinereo-submolacescens ad suturas palhdula; spira brevis, subconvexo-conoidea, apice mucro- nata ; sutura subcanaliculatâ, lacerata, anfr, 10-11, conferti, ultimus ( 112 ) 7/8 longitudinis subcequayis ad tertiam partem superiorem obtuse suban* gulatus, basi attenuatus; apertura obliqua, oblongo-subangusta, su- perne angulosa, basi subdilatata ; plicœ parietalis 3, suprema puncti- formis, vix perspicua, secunda et tertio, majores, transtersœ ; plicd columellaris mediocris, subascendens, marginem extemum attingènsi peristoma rectum, obtusum, margine dextro intus callo longitudinal! albo transverso biplicato munito , columellari tenuissime calloso, ap- presso, sublibero. Long. 46; diam maj. 10 mill.; apert. 13 \\% mill. longa, intus 3 lata. Var. p. minor, ad angulum minus turgida, transversim pallide 1-2 fasciata, vel fasciata. Long. 13; diam. maj. 7 1/4 mill. Hàb. L'île Art, Nouvelle-Calédonie (M. Montrouzier.) (Ma collection'. (Mus. de Bordeaux.) Assez commun. Nouméa (M.Marie). Coquille imperforée , ovale-conique, solide, munie de sillons trans- verses beaucoup plus espacés sur le milieu du dernier tour (où ils sont quelquefois complètement effacés , de même que les stries d'accroisse- ment) et de stries d'accroissement rudement imprimées qui, par leur entre-croisement , la rendent , principalement en-dessus , fortement granuleuse ; spire courte , subconvexe , en cône très-obtus , mucroné au sommet ; suture subcanaliculée , lacérée au dernier tour ; tours au nombre de 10-11 serrés, le dernier égalant presque les 7/8 de la longueur totale, obtusément subanguleux vers 1/3 supérieur, atténué à sa base : Ouverture oblique aux deux axes de la coquille, oblongue, assez étroite, aigûment anguleuse dans le haut, subdilatée dans le bas; 3 plis parié- taux; le premier ponctiforme et quelquefois à peine visible tant il est alors peu formé , les second et troisième plus forts , transverses et à peine ascendants , subtectiformes ; pli columellaire, médiocre, faible- ment montant, implanté en dedans de la columelle, un peu à distance de son bord externe qu'il n'atteint pas , mais vers lequel il se prolonge sous forme de saillie peu sensible; péristome droit, à tranchant mousse et arrondi , sinueux au niveau de l'angle du tour, revêtu inté- rieurement , un peu à distance du bord et parallèlement à lui, d'une mince callosité blanche sur laquelle sont placés deux plis transverses de même couleur, dont l'inférieur est le plus prononcé, correspondant aux intervalles des plis pariétaux ; bord columellaire assez large inférieurement, de couleur jaune livide , presque libre dans le reste de son étendue, celle-ci n'étant revêtue que d'une très-mince callosité, qui ( 113) ne marque pas môme la couleur du lest. — Cette coquille est peu lui- sante et d'une couleur gris-cendré légèrement violàtre , un peu pâle aux sutures. La var./3 offre les mêmes caractères que le type, mais est plus petite, moins renflée, à angle supérieur moins prononcé ; elle porte, sur le dernier tour , de une à deux bandes étroites , pâles , peu marquées , pla- cées l'une sur la carène , la seconde sur le milieu à peu près de l'espace qui lui est inférieur, d'autres fois elle est sans bandes. — Long. 12, larg. 7 1/4 mill. Obs. Dans celte espèce, la disposition des plis aperturaux est assez varia- ble, du moins relativement au côté palatal ; sur ce côté, en effet, les plis sont, le plus souvent, en nombre normal (deux); mais quelquefois aussi il en existe un troisième en -dessus, et môme un quatrième juste en-dessous de l'insertion même du tour, comme d'autres fois aussi il n'en existe qu'un seul, l'inférieur. — Relativement à la callosité longitudinale de ce bord , nous ferons remarquer qu'elle manque quelquefois, et que, lorsqu'elle existe, ce qui est le cas le plus fréquent, elle est, ou uniformément appliquée, c'est- à-dire lisse , ou comme formée par la réunion latérale d'un grand nombre de petits plis Iransverses. Quant au côté pariétal, la variation n'a guère lieu que relativement au pli supérieur ( le ponctiforme), qui est quelquefois à peine visible; d'autres fois, an contraire, très-marqué, et cela dépendant sans que, presque jamais, son développement soit en rapport direct avec celui de la coquille. Malgré l'incer- titude que toutes ces variations pourraient laisser dans l'esprit au sujet de la possibilité d'arriver à la détermination des exemplaires non franchement ty- piques, la forme générale, la granulation et le rapport relatif de la hauteur du dernier tour à celle de la coquille entière seront toujours, en te- nant compte surtout des observations ci-dessus, des caractères certains pour les faire sûrement reconnaître. (Souverbie.) L'animal est d'un gris brun à sa partie supérieure et d'un gris clair sur les côtés; les tentacules sont noirâtres et atteignent à une longueur de 3 mil- limètres. Il vit sous les feuilles, dans un bois des environs de Nouméa, situé près de la mer (E. Marie). N° 137. ]?I. variabilis GassieS. Faune, p. 65, pi. IV, fig. 8. N° 138. M. alluis Gassies. (PI. V, Ûg. i). Journ. Conch., 3 e série, t. V, p. 63. Avril 1865. Testa imper for ata , fusiformi ovata, tennis, nitidiila , translucidtl, Tome XVIII. 8 ( H4) immaculala , alba; spira brevissima, conica; anfractibus 8-9, ultimo 3/4 1/2 longitudinis adœquante, apice acuminata, submamillari; sutura impressa, sublacera; apertura angusta, basi rolundato-obliqua, intus hyalina, plicis 3, duabus parietalibus horizontalibus , snperiore minore, inferiore majore, una columellari ascendente; columella dila- tata, peristoma simplex, margine dextro edentulo. Diam. maj. 2 1/4 mill., min. 1 mill. ; ait. 5 mill. Iîab. L'intérieur de la Nouvelle-Calédonie. (M. Raynal. ) Nouméa. (MM. Lambert et Marie.) (Ma collection.) Var. p abbretiata, anfr. 7. HiB, L'île Art; Nouvelle-Calédonie. (M. Montrouzier.) (Mus. de Bor- deaux.) Coquille imperforée, fusiforme, ovale, mince, brillante, transparente, blanche, sans fascies ; spire très-courte, conique; tours au nombre de 8-9, le dernier formant les 3/4 1/2 de la longueur totale; sommet acu- miné , un peu mamelonné ; suture comprimée , sublacérée ; ouverture étroite, arrondie obliquement à la base, diaphane à l'intérieur, 3 plis, les deux pariétaux horizontaux, le supérieur petit, l'inférieur grand, le columellaire ascendant; columelle dilatée, péristome simple, bord droit sans dents. Obs. Cette espèce diffère du M. variabilis Gassies pour sa petite taille, sa couleur uniformément blanche, sans fascies et son péristome sans dents. La variété diffère du type par sa forme plus raccourcie et le nombre plus res- treint de ses tours, 7 au lieu de 8-9. Son habitat n'est point le même. N° 139. M. Hroaini Philippi. Aurieula Bronnii Philippi in Zeitschr., f. Malak. 1846, p. 98. Melampus Bronni Pfr. Syn. Auric. n° 46. Testa imperforata , o vato -acuminata , solida, concentrice striata, albido-grisea, fasciis 2 latis , interdum confluentibus , nigro-fuscis ornata; spira convexo-conica , acuta, pallida; sutura levis ; anfr. 9 nix convexiusculi , ultimus spiram paulo superans, ventrosior ; aper- tura subobliqua , semiovalis , plicis 2 œqualibus obliquis albis parieta- libus et minore torta columellari coarctata; peristoma acutum , mar- gine dextro leviter arcuato , intus medio costa transcersa alba intrante mnnito, columellari subdilatato , appresso. (Pfeiffer. ) Long. 10; diam. 6 mill.; apert. 6 1/2 mill. longa, medio 3 lata. ITab. Les îles Sandwich (Philippi), Lifou , îles Loyalfv (M. Montrou- zier. iMa collection.) ( H5) Coquille imperforée, ovale, aiguë, solide, striée concentriquement, gris blanchâtre avec deux larges fascies sur le dernier tour, noir brun ; spire conique, convexe, aiguë, pâle, suture mince, lisse; tours au nombre de 9 un peu convexes , le dernier un peu ventru formant pres- que le tiers de la longueur totale ; ouverture un peu oblique , semi- ovalaire, plis pariétaux, au nombre de 2 égaux, obliques, blancs, le collumellaire tordu et arqué, ascendant; péristome aigu, bord droit légèrement arqué, intérieur traversé au milieu par une lame blanche, horizontale et quelquefois la base est munie d'une petite lame perpen- diculaire ; intérieur violet roussâtre. N°U0. M. Caffer Kuster. Auricula Caffra, Kuster, Aur., p. 36, pi. V, f. 6-8. Testa subrimata, ovata, solida, lœviuscula, nitidula, fusco-lutea, fasciis 2 castaneis, altéra supera, altéra subbasaii convexo-conoi- dea, submucronata; sutura linearis ; anfr. 7, superi vix convexiusculi , ulthnus 3/4 longitudinis œqaàns ,• prope suturam striatulus, basi pa- rum attenuatus ; apertura subverticalis , angusta, basi paulo latior, dentibus 2 mediocnbus (et super jacente tertio minore) prope eolumel- lam et callo albo palatali, plicas transversas 5-6 remotas imminente , coarctata; coîumella pi ira mediocri, extrorsum producta, munita; peristoma simplex, acutum, fuscum , margine dextro leviter arcuato, cohimeilari brevi, subincràssato , appresso. Long. 13; diam. maj. 8 mill. ; apert. 10 mill. longa, medio 3 lata. Var. /3 subunicolor nigricans, minor. Hab. L'île Art, Nouvelle-Calédonie; commun. [M. Montrouzier\ (Ma collection.) Coquille subperforée, ovale, solide, polie, luisante, brun jaunâ- tre, avec deux bandes mirron presqus noir sur le dernier tour, convexe conoïde à sommet submucroné et très-raccourci ; suture linéaire ; tours au nombre de 7 un peu convexes supérieurement , le dernier formant les 3/4 de la longueur totale , strié finement près de la suture; ouverture subverticale, étroite, un peu élargie vers la base; dents au nombre de 2 médiocres (quelquefois avec une toute petite vers le haut), bord intérieur droit garni de 5-6 plis horizontaux inséras dans un épais émail blanc; péristome simple, aigu, brun, bord droit un peu arqué; columellc courte, assez épaisse et aplatie. ( H6) N° 141. M. lieai Gassjes. PI. IV, fig. 13. Testa imperforata orato-conica, subcarinata , subglobosa, tix solida , lœmgata , nitida, lutea, superne nigro cœrulea, spira regulariter conica, obtusula, longitudinaliter striata ad basin circiter sulcata; anfr. 7-9 mas convexi, ultimus 3 4 longitudinis formans. Apertura sub- verticalis, subangusta , basi expansa; plicœ pariétales 4, 3 superne me- diocri luteo, inferne majore horizontali, albido , plica columellaris extrorsum vix ascendente, margine dextro superne angulato , intus plicis transiersis, 6 munito. Apice acuto , nigro, sutura mediocris, sublacera, compresse circiter sulcata , alba. Long. 12 mill.; diam. maj. 7 mill.; apert. 9 mil], louga, 2 1/2 lata. Hab. Ouagap (Nouvelle-Calédonie.) (MM. Magen et Villandre. ) Vu 5 individus. ;Coll. Gassies). Coquille imperforée, ovale-conique, un peu renflée, subcarénée, luisante, striée en long et sillonnée de rides transverses à la base , cou- leur jaune roussâtre sur le dernier tour, les autres colorés en noir ou marron foncé avec la spire blanche ; vers la partie haute du premier tour se voient quelquefois une ou deux bandes irrégulières , interrom- pues, s'effaçant souvent en partie ; spire conique, obtuse, régulière ; tours au nombre de 7-9 médiocrement convexes , le dernier formant à lui seul les 3/4 de la longueur totale environ ; ouverture presque verticale, étroite , très-anguleuse supérieurement , assez dilatée à la base , ornée de plusieurs plis ou dents , 4 pariétaux , dont les 3 supérieurs coni- ques et médiocres, ressemblent à des dents de scie, le 4 e est grand, blanc , placé vers la columelle horizontalement à la marge, peu profon- dément dans l'intérieur; la columelle est épaisse presque droite, ren- versée à la base, le pli est assez fort , tordu et ascendant; le bord droit possède dans une sécrétion d'émail blanc, 6 lames horizontales , dont trois saillantes, les autres empâtées; péristome simple, tranchant, épaissi seulement à sa base? sommet assez aigu, noir, luisant, suture comprimée blanche, lacérée, pressée contre les tours par de petits sillons circulaires. Obs Cette espèce n'a guère d'affinilés qu'avec le Mel. flexuosus Crosse ( I ) d'Australie, dont elle a la forme générale et presque la coloration; elle s'en (l)Journ. Concli , 3' série, t. ix, p. 3ÎH , pi. xn, fig. 4. ( 117 ) éloigne : 1° par son (est plus solide; 2° par sa striation et ses sillons circulai- res" 3° et surtout par son ouverture plus dentée et à bord droit épais et lamelleux. L'ouverture ressemble beaucoup à celles des Alexia de France. Dédié à mon excellent correspondant et collègue de Philadelphie, M. Isaac Lea, le célèbre monographe des Nayades, comme faible marque d'affectueuse considération. Genre XIV. — PiÉTIN, PEDÏPES, Adanson. N° 142. P. Joiiaili, MONTROUZIER. Joura. Conch., t. X, pi. IX, f. 11. 1862. Faune, p. 65, pi. VI, f. 22. Genre XV. — PLÉCOTRÊME, PLECOTREMA , H. et A. Adams. N° 143. P. tifttyca, H. et A. ADAMS. Proc. zool. soc. 1856. Faune, p. 67. N° 144. P. SouverJjiei, MONTROUZIER. Journ. Conch., 1. X, p. 231; pi. IX, f. 12. Faune, p. 67, [il. VI, f. 23. Genre XVI. — AURICULE, AURICULA , Lamakck. N° I 45. A. subula, Quoï et Gaimard. Astrol. Il, p. 171, t. XIII, f. 39-40. Faune, p. 69, pi. VI, f. 4. N° 146. A. semisciilpta» H. et A. Adams. (Ellobium) Proc. Zool. soc, p. 9, n° 19. 1854. Faune, p. 70, pi. III, f. II. N° 147. Aurîcula Binueyana, Gassies. (PI. IV, fig. \o). Journ. Conch., 3 e série, t. IX, p. 74. Janvier 1869. Testa imper forata , elliptico-ovata, solida , nitida, longitudinaliter rugoso-striatula; lutea, immaculata ; spira convexo-conica , acuta ; sutura appressa, vix canaliculata , vix lacerata; anfractus 8-9, pla- niusculi, ultinius 2/3 1/4 longitudinis subœquans , apice integro, acuto, comeo-pallido , nitido ; apertura verticalis , auguste oialis; columella truncata , calloso-incrassata , alba ; plica parietali, horizontali, ma- ( 118 ) jore , plica prope columellam mediocri, ascendente ; peristoma acutum, margine dextro, intus leviter albo-labialo. Diam. maj. 5 mill.; ait. H mill.; apert. 7 mil!., longa 2 '1/2 lata. Hab. L'île Art, Nouvelle-Calédonie (M. Montrouzier). (Musée de Bordeaux. Ma collection.) Coquille imperforée , ovale, elliptique, solide, luisante longitudina- lement, finement parcourue par des stries fines et rugueuses, de cou- leur jaune, sans fascies; spire conique, convexe, aiguë; suture com- primée , un peu canaliculée et lacérée en certains endroits , surtout en arrivant près de l'ouverture; tours au nombre de 8 à 9 , sans convexité, le dernier formant à lui seul plus des 2/3 de la longueur totale ; som- met entier, aigu , sans érosion ni troncature , couleur de corne luisante ; ouverture verticale, étroite ; côlumelle tronquée brusquement à la base, épaisse , calleuse et blanche ; pli pariétal assez grand , dentiforme , hori- zontal ; un pli placé près de la côlumelle est médiocre et se dirige vers le haut ; péri stome tranchant, un peu membraneux, intérieur luisant, recouvert d'un émail blanc brillant un peu épais. Obs. Celte espèce est voisine de VA. subula Quoy et Gaimard, mais il sera facile de l'en distinguer par son épidémie jaune brillant, par le plus grand nombre de ses tours et l'intégrité absolue de sa spire. Je prie mon ami, M. W.-G. Binney de Burlington , d'accepter cette dédicace comme faible souvenir de 1867. N°li8. Jk. Hanleyana Gassies. f PI IV, fig. 16). Journ. Conch., 3 e série, t. IX, p. 75. Janvier 1869. Testa imper for ata , minima, nitida, cireum sulcata, longitudinaliter striata, ad basin luteo-rufescens , rufo unifasciata, superne luteo- brunnescens; spira conica vix convexa; sutura oppressa, linearis; anfractus 5-6, planiusculis , ultimus 2/3 longitudinis subœquans, apice inlcgro, acuto, distincto, corneo, nitido; aperta/ra vertical is , anguste ovalis, superne stricta, inferne dilatata; columella intégra, plicala, brunnescens , plica pariétal 'is majore horizontal 7 , brunnes- cente; plica supema minore ascendente, plica prope columellam medio- cri; peristoma crassum inferne vix patulum, ad columellam callositate junctum , margine dextro flexuoso , medio crasso, intus leviter, uigro- brunnescente , lamella horizontali., alba, munitq. Diam. maj. 3 mill.; ait. 5-6 mill.; apert. 1 mill. Longa, 2 lata ad basim'. ( H9 ) Hab. L'île Art, Nouvelle-Calédonie (M. Montrouzier). (Musée do Bordeaux.) Coquille imperforée, petite, luisante, sillonnée circulairement , striée irrégulièrement en long , de couleur brun roussâtre , ou brûlé , avec une fascie ceignant le dernier tour presque à l'angle supérieur de l'ou- verture et se fondant sur le dos, tours supérieurs brun pâle; spire conique un peu convexe , suture comprimée linéaire ; tours au nombre de 5-6 un peu planes , le dernier formant à lui seul les deux tiers de la longueur totale , sommet aigu , très-distinct , sans troncature , corne luisante; ouverture verticale très-étroite au sommet, assez dilatée à la base; columelle non tronquée, brun brûlé avec un pli médiocre un peu ascendant, péristome épais un peu réfléchi vers le bord columel- laire, qui se joint au bord droit supérieur par une callosité émaillée , un fort pli horizontal se détache au-dessus du pli columellaire et un troisième paraît à peine comme un point noir au-dessus dans la partie moyenne pariétale , bord droit flexueux , assez épais , surtout vers sa partie médiane, oîi il paraît entaillé, comme le sont les Cassidula,\et de cette épaisseur part, intérieurement, une lame horizontale blanche; intérieur brunâtre brillant. OOs. Celle petite espèce n'a pas d'analogue auquel je puisse la rapporter, excepté à ta suivante, qui appartient au même groupe. Je dédie celte Auricule au savant M. Sylvanus Ilanley , de Londres. N° 149. A. GainiBlacIii Gassies. Auricula Gundlachi Gassies, Journ. Conch., 3 e série, t. IX, p. 75. Janvier 1869. Testa imperfora , minutissima , nitida, subtilissïme longitudinaliter et circum striatula , corneo-pallida , immaculata ; spira conica, sutura linearis; anfractus 5-6 planiusculi , ultimus 3/4 longitudinis subœ- quans , apice integro , mamillato ; apertura verticalis, angusta-ovalis , superne striata, inferne dilatata, columella intégra, plicata, rufes- cens, plica parietali majore, horizontali, alba, 2 plicis superioribus ascendentibus mecliocribus, plica prope coiumellam mediocri; peris- toma callosum, margine dextro vix flexuoso, medio vix crasso, intus leviter corneo-pallido , lamella horizontali rufescente munito. Diam. 2 1/2 mill. ; ait. 4 mill. ; apert. 3 mill. longa, 1 lata. Hab. L'île Art, Nouvelle-Calédonie (M. Montrouzier). (Musée de Bordeaux.') ( 120 ) Coquille imperforée, très-petite, luisante, finement striée en long et eu travers, visible à une forte loupe; couleur de corne pâle sans fas- cies ni taches ; spire conique, suture linéaire; tours au nombre de 5-6 aplatis, le dernier formant à lui seul les 3/4 de la longueur totale, som- met mamelonné, très-distinct , sans troncature ; ouverture ovale rétrécie au sommet, assez dilatée à la base; columelle sans troncature avec un pli médiocre roussàtre, pli pariétal assez grand, horizontal, blanc, !2 plis supérieurs, dont le premier médiocre, le second à peine visible , tous les deux ascendants; péristome calleux bordé de brun fauve, môme à la columelle et contre les plis pariétaux ; bord droit un peu flexueux , un peu épaissi vers le milieu qui donne naissance à une pe- tite lame horizontale interne roussàtre ; intérieur corné pâle , luisant. Obs. Cette petite espèce et celle qui la précède ont un faciès tout particu- lier et qui n'appartient pas aux Auricules proprement dites; elles forment en quelque sorte le passage entre les Cassidules elles Auricules vraies. Dédiée à mon ami, M. le docteur Gundlach, de Cuba, comme souvenir de 1867. Genre XVII. — CASSIDULE , CASSJDL'LA , Férussac. N° 150. C. marlcBHH (Limax) Martvn. Un. Conch. II, t. 67 f. extr. Ed. Chenu, t. XXIV, f. 2. (Cassidula.) Faune, p. 71, pi. III, f. 9. (Aiiricida.) N° 151. C miistelêna Deshayes, Encycl. méth. Il, p. 92, n° 14. Faune, p. 71, pi. III, f. 10. {Auricula.) N° 152. C. I>ait<*ata GASSIES. (PL IV, lig. 14). Melampus Cassidulus , Gass., Journ. Conch., 3 e série, t. V, p. 63. Avril 1867. Testa imper forata , ovato-conica , hitida, longitudinaliter siriata, fusco-lutea; anfr. ultimus fasciis 6, brunneo-riolaceis ornatus, subepi- dermide tenui , lulea; spira medioeri , conica; anfr. 5-6, ultimus 3/4 longitudinis œquans, supeme erosi, apice obtuse truncato; sutura depressa, medio constricta; sublacerata; apertura angusto-ovalis , supeme angulata, inferne rotundata; intus molacea, plici& < &; \ pct- rietali majore, descendcnte, cum carina circwniwmbilicali juncta; ( 121 ) \ columellari, medioeri, ascendente ; columella fere callosa ; peristoma subpatulum , violaceum , flexuosum , medio sinualo-denticulatum. Long. 7 1/2 mil!.; diam. 5 mill.; apert. 5 mill. longa, 2 lata. Hab. La Nouvelle-Calédonie, à l'intérieur. (M. de Folin.) (Collection Gassies. ) Coquille imperforée, ovale-conique, luisante, striée et côtelée en long, jaune olive; tour inférieur orné de 6 fascies brun-violet assez régulières; épiderme mince jaunâtre; spire médiocre, conique; tours au nombre de 5-6 obtusément convexes, le dernier formant les 3/4 de la longueur totale, le supérieur érodé et l'épidémie piqué presque par- tout, mais plus encore sous la partie ventrale; sommet obtusément tronqué, rongé; suture comprimée et sinuée au milieu par un cordon linéaire , un peu déchirée ; ouverture étroitement ovale , anguleuse au s ommet, arrondie à la base ; violette à l'intérieur, avec 2 plis, 1 parié- tal assez grand , descendant, se joignant au cordon carénai de l'ombilic ; 1 columellaire médiocre ascendant ; columelle assez calleuse ; péris- tome assez épais, violet, flexueux , sinué au milieu du bord droit et muni d'une dent tuberculeuse comme entaillée. La carène ombilicale part de la base de la columelle et vient se joindre à la lame pariétale. Obs. Les premiers individus que nous eûmes nous avaient laissé quelques doutes sur leur valeur générique, et nos amis de Paris pensaient qu'ils de- vaient être placés dans le genre Melantpus , section des Op/ricardelus; mais nous étant procuré des exemplaires plus développés, nous avons pu alors, avec certitude, les placer dans le genre Auricula, section des Cassidula, comme notre nom spécifique l'avait fait pressentir. N° 153. C Hraussi Kuster. Cassidula Kraussi, Kust. Aur., p. V, Pfr., Mon., p. 113. Testa subrimata , ovato-acuminata , solida , sublœvigata, nilidula, saturate fusca; spira conica , acutiuscula ; sutura linearis ; anfr. 7, su- peri plani, spiraliter striati , ultimus 4/7 longitudinis œquans, basi carina compressa arcuala alba, perinmphalum médiocre cingente muni- tus , pone aperturam crista elecata cinctus, antice contractus ; apertura subobliqua, angusta, sinuosa, basi non dilatata, plicis 3 subœqui- distantibus coarctata : parietalibus 2, superiore exigua, obsoleta , nodiformi, altéra valida, transversa, columellari parallela , vix mi- nore; peristoma subsimplex, marginibus non junctis, dextro intus superne bidenticulato , tum callo dentiformi , in cristam promineniem usque ad basin continuato , munito, columellari vix patente. ( 122 ) Long. 13 mill.; diam. maj. 7 1/21 mill.; apert. 8 1/2 mill. longa, intus medio 'I Jata. Hab. L'île Art, archipel de la Nouvelle-Calédonie (M. Montrouzier), Nouméa (E. Marie.) (Musée de Bordeaux. Ma collection). Coquille à peine perforée, ovale-aiguë, solide, polie, luisante, couleur bronze jaunâtre; spire conique, aiguë; suture linéaire ; tours au nombre de 7, les supérieurs aplatis , striés spiralement , le dernier formant les 4/7 de la longueur totale ; caréné à la base , comprimé , arqué , blanc , avec une autre bande entourant la périphérie ; ouverture suboblique, étroite, sinueuse, non dilatée à la base, 3 plis éloignés, arqués; 2 pariétaux, le supérieur très-petit , obsolète, nodiforme, l'in- férieur assez grand, transversal; columelle parallèle, petite; péristome presque simple à bords distants , le droit bidenticulé à l'intérieur et venant se joindre à la columelle qui est assez épaisse. Obs. Cette coquille est garnie de quelques poils épidermiques; les stries spirales manquent en dessus des sutures; a été trouvée à l'île Art sous une pierre enfoncée dans l'eau en compagnie du Plecotrema lypica, par le R. P. Montrouzier, et aux environs de Nouméa par MM. E. Marie et Lambert. Genre XVIII. — CYCLQSTOME, CYCLOSTOMA, Lamarck. N° 154. C. Artesise Montrouzier. Journ. Conch., t. VII, p. 286, pi. VIII, f. 1. Faune, p. 74, pi. 2, f. G. Var. /§ minor. Diam. maj. 7 mill., min. 6; ait. 4 mill.; apert. 3 mill. Obs. Les côtes sont moins élevées que chez le type, mais beaucoup plus pressées et nombreuses (16-17 supérieurement). Les inférieures sont bien moins élevées et comme usées; celles du bord ombilical pressées et un peu flexueuses. Hab. Nouméa; envoyée par le R. P. Lambert (coll. D. G-uestier). N° 1 55. C. Moiilrouzieri Souverbie. Journ. Conch., t. VII, pi. VIII, f. 5. Faune, p. 74 , pi. 2, f. 7. N° 156. V. Bocacjeaniiait Gassies. Faune, p. 76, pi. 2 , f. 2. Diam. maj. 20 mill., min. 16 mill.; ait. 12 mill. (à rectifier à la 1 rc partie). ( 123 ) N° 157. C Giiestierinnum Gassies. PI. V, fig. 5. Journ. Conch., 3 e série, t. VI, p. 50. Janvier 1866. Testa late umbilicata , turbinato-conoidea , solida, luteo-rubra, subepidermide fulvida, tenui, costulis acutis, elevatis, medio anfractu magis elevatis circumdata; spira elevata; sutura prof "un da , canalicu- lata; anfractus 5 1/2 convexi, regulariter accrescentes, ultimus ad aper- turam crispatus ; umbilicus latus , infundibuliformis ; apertura parnm obliqua, vix descendais subcircularis , intus luteo-aurantiaca , nitida; peristoma continuum, subincrassatum , luteum, vel aurantiacum. Operculum c orne uni , conçut um , anfr. concentricis, mamillato, pro- minente Diam. maj. 25 miil., min. 20 ; ait. 19 mill. Hab. L'île Art, Nouvelle-Calédonie (M. Montrouzier.) (Coll. Guestier, Gassies, Muséum de Paris et Bordeaux). Coquille largement ombiliquée, turbinée, conoïde, solide, jaune rougeàtre, avec un épidémie mince, jaunâtre , sous lequel se détachent des côtes aiguës, élevées, surtout vers le milieu des spires qu'elles en- tourent ; spire élevée , suture profonde , canaliculée ; tours au nombre de 5 1/2 convexes, croissant régulièrement , le dernier crispé vers l'ou- verture ; ombilic large en entonnoir ; ouverture peu oblique , à peine descendante, presque circulaire, intérieur jaune orangé luisant; péris- tome continu assez épais,' jaunâtre ou orangé. Opercule corné , con- cave, tours de spire concentriques , nucléus subcentral, assez fortement mamelonné. Obs. Cette espèce que nous avons dédiée à M. D. Guestier, notre zélé con- frère, se dislingue parfaitement de toutes les autres : 1° par sa taille plus élevée; 2° ses tours plus turbines qui la font ressembler à un Turbo', 3° ses côtes nombreuses mais peu tranchantes; i° sa couleur grisâtre sale (dépour- vue d'épiderme); enfin o° son péristome plus épais. N° 158. V. Co&Bilerti Fischer et Bernardi. (PI. V, fig. 6). Journ. Conch., t. Y, 2 e série, t. I, p. 299, pi. X, f. 3-5. Testa late et profunde umbilicata , solida, conico-discoidea , vix turbinata epidermata, cinereo-fulvescens, sordido-evanescens , rugoso- striata , etliris copiosis concentricis munita, circuni sulcata superiori- bus ; sutura impressa , apice oblusulo;' anfractibus 5, rapide et regu- lariter accrcsccntibus , rotundalis ; ultime vix soluto , supra valide et ( 121 ) subtas obsolète lirato; apertura rotundata, breviter réflexa , intusalbd; operculo tenui corneo , concenlrico ; anfractibus 13-14. Diani. maj. 19 mill., min. 17 mill.; ait. I3mill.; apert. 8 mill. longa, id. lata. Hab. La Nouvelle-Calédonie (Fischer et Bernardi.'i (Collect. Crosse, Gassies, Musée de Bordeaux). Coquille largement et profondément ombiliquée, solide , conique , discoïde, un peu turbinée , épidermée, de couleur fauve jaunâtre, sur un fond gris terreux; épidémie brunâtre très-tenu, peu résistant et presque nul sur les premiers tours ; striée irrégulièrement dans le sens des accroissements et parcourue en spirale par des sillons élevés, nom- breux , sur le dessus des tours supérieurs ; mais à partir du dernier, ces sillons s'effacent , et il n'existe plus que les stries ordinaires qui sont pressées , rugueuses et donnent un air décrépit à la coquille. La partie inférieure est dépourvue de sillons spiraux ; tours au nombre de 5 s'accroissant rapidement et régulièrement arrondis ; le dernier à peine détaché et descendant; suture profonde, sommet obtus ou peu acuminé ; ouverture arrondie, un peu anguleuse au sommet, continue, blanche, à bord columellaire un peu réfléchi et calleux , à bord latéral à peine réfléchi chez les individus bien adultes. Opercule mince , aplati, corné, concentrique et orné de 1 3 à I 4 tours ; nucleus médian , très-enfoncé dans l'ouverture. Obs. Cette espèce que nous n'avions pas admise dans la première partie, sa provenance nous semblant (Jouteuse, paraît bien réellement appartenir à la Nouvelle-Calédonie et aux îles voisines. M. Fischer l'a reçue, et plusieurs autres personnes ayant relâché dans notre colonie l'en ont rapportée directe- ment. Elle est très-voisine de notre C. Bocageanum; mais on l'en distin- gue facilement par son aspect terreux, son épidémie caduc, ses sillons moins nombreux et sa couleur brunâtre sans traces rouges. N° 159. ©. Vieillardi GrASSIES. (PI. V, fig. 7). Cyclost. Vieillardi , Gassies, Journ. Conch., 3 e série, t. X, p. 144. Janvier 1870. Testa umbilicata , conico-discoidea, convexa, solida, epidermide lutea induta, sub epidermide calcarea , transversim irregulariter, striolata, longitudinalitcr costata; costis acutis mvmerosis 21-27, ad. apicem eoanescentibus ; spira rix elevata; sutura profanda, canaliculata ; an- fractuso conxexi, regulariter accrescentes , alliants descendons ; ambiti- ons latus , infundibuliformis ; apertura parum obliqua, subcircularis , ( 125') super ne angulata, inttts alba ; peristoma continuum , subincrassatum, roseo-luteum. Operculum corneum, subplanum , nucleo subcentrali; concentriez spiratum. Diam. maj. 18-20 mil!., min. 15-17 mill.; ait. 10-11 mill.; apert. 7 mill. longa, 8 lata. Hab. Jenjen, Kanala (Nouvelle-Calédonie.) (MM. Magen, Déplanches, Vieillard.) (Vu 11 exemplaires.) (Collect. Guestier et Gassies.) Coquille ombiliquée, conico-discoïde , convexe, solide, munie dans le jeune âge d'un épiderme mince, jaunâtre, disparaissant rapidement et n'existant plus dans l'état adulte , le lest devient alors d'un blanc crayeux uniforme; striée irrégulièrement et très-finement en travers , côtelée en long ; ces côtes sont très-aiguës , élevées en lames variant en nombre, selon la taille des individus qui en possèdent 21-23 et même 27, 9 disparaissant vers le nucléus qui est lisse, luisant et de couleur jaunâtre; spire un peu élevée , suture profonde , canaliculée ; tours au nombre do 5 croissant régulièrement; le dernier descendant; ombilic large , profond , infundibuliforme ; ouverture un peu oblique , subcircu- laire, supérieurement anguleuse, blanche à l'intérieur, péristome con- tinu, presque épaissi, bordé de jaune rose luisant. Opercule corné, presque plan, à spirales concentriques et à nucléus presque central. 06s. Celte espèce ne peut être rapprochée que du Cycl. Gnesti'.rianum , Gassies; mais il sera toujours facile de l'en séparer ; 1° par sa forme moins élevée; 2° sa taille moindre; 3° sa coloration crétacée et son épiderme absent; enfin 4° par les côtes lamelleuses et aiguës qui ornent ses spires. Nous l'avons eue de MM. Raynal, Magen, Déplanches, Monlrouzier et enfin de M. Vieillard. Elle ne paraît pas commune. Nous dédions ce Cyclostome à l'honorable M. Vieillard, en témoignage de reconnaissance. Genre XIX. — DIPPLOMMATINE , D1PPLOMMATINA. N° 160. I>. Mai-àei Crosse. (PI. VII, fig 8). Journ. Conch., t. VII, 3 e série, p. 179, pi. VII, fig. 6. 1867. Testa sinistrorsa , nonrimata, oblongo-otata , tenuis, subdiaphana, olivaceo-cornea ; spira turgidula; anfr. 6 convexi , superi 2 sublœves, sequentes obsolète et suboblique capillaceo-striati , ultimus antice ascen- dens, basi rotundatus ; apertura verticalis , subcircularis ; peristoma duplex : internum subcontinuum , breviter adnatum , externum utrin- que expansion , patens , luteolum. Operculum? ( 126 ) Long. 2 ; diam. maj. 3/4 mill. ; apert. 1/2 mill. lata, vix 1/2 mill. longa. Var. p, pallide cameo-albida , peristoma minus distincte continua , albido. Hab. Nouméa, dans un bois au bord de la mer, sous les feuilles, assez communes (M. E. Marie.) ( Collections Marie, Crosse, Gassies, etc.) Coquille sénestre , dépourvue de fente ombilicale , ovale-oblongue , pupiforme , mince, subdiaphane et d'une coloration cornée plus ou moins olivâtre. La spire est assez renflée : les tours, au nombre de 6, sont convexes ; les deux premiers sont à-peu-près lisses ; les autres présentent des stries obsolètes très-fines et légèrement obliques ; le der- nier est ascendant en avant et arrondi à sa partie basale. L'ouverture est verticale , peut-être un peu plus large que longue , mais à très-peu de chose près , et au résumé sensiblement circulaire. Le péristome est double; le bord interne, presque continu, est soudé à l'avant-dernier tour sur une petite partie de la surface; le bord externe est largement étalé, particulièrement développé à droite et à gauche de l'ouverture et d'une coloration jaunâtre uniforme. Opercule? La variété p se distingue de la forme typique par sa coloration d'un blanc légèrement carnéolé , et son péristome blanchâtre et moins fran- chement continu. Obs. Nous n'avons pu retrouver l'opercule dans aucun de nos exemplaires : on sait qu'il est petit, profondément enfoncé dans la coquille et très-difficile à recueillir chez tous les Dipplommatinacés. Il n'y a d'ailleurs aucun doute à avoir,au sujet du genre auquel appartient notre espèce, qui se rapproche beaucoup de ses congénères de l'Australie. La présence du genre Dïpplom- malinaca n'avait pas encore été signalée jusqu'ici en Nouvelle-Calédonie. Sa découverte est de nalure à intéresser les naturalistes, mais elle n'a rien qui doive les surprendre. En effet, les Dipplommatinacés sont représentés en Aus- tralie, aux des Viti, à la Nouvelle-Zélande, dans le groupe des Nouvelles- Hébrides, aux îles Ilervey, aux îles Pelew, dans les Moluques et dans l'Inde. Leur présence dans noire colonie ne fait donc que confirmer par une preuve de plus la régularité de leur distribution géographique. En effet, la Nouvelle- Calédonie est située entre l'Australie, qui possède des Dipplommalitia depuis longtemps connus, et l'archipel Viti , dans lequel M. le docteur Graffe vient de découvrir récemment 2 représentants de ce genre. (H. Crosse.) Genre XX. — HÉL1CINE , HELICINA Lamarck. N° 161. II Togatula MoRELET. Test. nov. Austr., p. 5, n. 11. 1856-57. Faune, p. 77, pi. :> , fig. 10. ( m ) N° 162. H. littoralis Montrouzier. Journ. Conch., t. VII, p. 287. pi. VIII, fig. 2. Faune, p. 77, pi. 2, fig. M. Var. /3, Nouensis , minor, haud striata; peristoma crassiusculum , carneum. Diam. maj. 2 mail., min. 1 1/2 mil!.; ait. 1 mill. (Coll. Marie.) (H. Crosse.) Hab. L'île Nou , Nouvelle-Calédonie. (E. Marie.) N° 163. H. Primeana Gassies. Faune, p. 78, pi. 2, fig. 9. N° 164. H. Gallina Gassies. Journ. Conch., 3 e série, t. X, p. 145. Janvier 1870. Testa conica, valide cannata, transversim et tenuiter striata, nitida, luteo-fulva, alternalim albo et rubro fasciata, prœsertim ad carinam et suturam , infra fasciis lutescentibus , radiatis suturam non attingentibus notata; sutura f ère linearis; apice lœvigato, vix elevato ; aperturasub- trigona, angulosa, ad basin dilatata; peristoma acutum non dilata- tum, callo mediocri albido intus munitum; columella parum truncala, canaliculata, curva; callo umbilicali albo, parum crasso ; apertura intus rufescens, sublranslucens. Operculum corneum, nitidum, fulvum, translucens. Diam. maj. 5 mill., min. 9 mill.; ait. 3 mill. Hhb. Lifou (Loyalty). (MM. Déplanches et Lambert.) Rare. (Ma col- lection.) Coquille subconique à peine un peu plus élevée supérieurement, fortement carénée, finement striée en travers, luisante, couleur jaune fauve, fasciée de rougeatre et de blanc alternant, plus particulièrement sur la carène et à la suture où elles forment un cordon ponctué très- gracieux ; sur la partie inférieure du dernier tour et bordant le péris- tome partent d'autres fascies jaune pâle rayonnantes qui partent du bord et vont s'irradier sur la convexité , se dirigeant vers la carène qu'elles n'atteignent pas. Suture presque linéaire , sommet lisse à peine élevé; ouverture subtrigone, anguleuse au sommet et au bord droit, élargie à la base ; péristome assez aigu, non dilaté, avec un bourrelet intérieur blanc saie , médiocrement épaissi, columelle peu tronquée, canaliculée, courbe, occlus-ion ombilicale peu épaisse, blanchâtre, ne se réunissant pas au péristome; intérieur roussâtre transparent, laissant voir les fascies extérieures. Opercule corné, luisant, fauve, transparent. ( 128 ) N° 165. H. niesliasaa Gassies. (PI. V. 0g. 8.) Helicina mediana, Gass. Journ. Conch., 3 e série, t. X, p. 145. Janvier 1870. Testa conica, obtuse carinata, transversim striatula, nitida, longi- tudinaliter costulata , colore varians , lutea, fulva, alba, viridans , brunnea, irregularUer ad suturam fasciata, fasciis trigonis albidis ; sutura linearis; apice nitido ; anfractus 5 planati, ultimus magis valide ; apertura ovato-trigona ; peristoma acutum , columella abbre- mata, callo umbilicali corneo , parum crasso ; intus albo-roseo-fuha , nitida. Operculum corneum, tenue, fuscum. Diam. maj. 5 mil]., min. 4 mill. ; ait. 3 mill. Hab. L'île Art (Nouvelle-Calédonie.) (M. Montrouzier';. Ile Lifou (Loyalty). (MM. Déplanclies et Lambert;. Commune. (Ma collection.) Coquille conique , obtusément carénée , striée finement en travers , luisante, costulée longitudinalement , de couleur variable, jaune pâle, fauve, blancbe, verdâtre, brune, irrégulièrement ornée vers la suture de fascies blanches, trigones; suture linéaire, sommet luisant, tours au nombre de 5 planes, le dernier beaucoup plus grand; ouverture ovale-trigone, péristome aigu; columelle courte, callosité ombili- cale assez épaisse, couleur de corne; intérieur blanc rosé, fauve, luisant. Opercule corné, mince, brunâtre, médiocrement enfoncée. Obs. Cette espèce, répandue dans presque toutes les localités extrêmes de l'archipel, diffère de ses congénères : 1° par sa taille intermédiaire entre les grandes et les petites; 2° sa slrialion costulée; 3° sa forme trapue; 4° son ouverture aiguë; 5° son opercule mince et brunâtre, et 6° sa carène mousee. N° 168. H. gâfouaiia Crosse. (PI. V, Ûg. 13.) Journ. Conch., 3 e série, t. IX, p. 25, pi. I . fig. 5. 1869. Testa subc idea, globosiuscula , confertim irregularUer strigata et concentrice hatula, subcarinala, fulca subaurantiaca , nitidula ; sutura impressa sublacerata ; spira prominula ; anfractus 5-5 1/2 pa- rum convexi, ultimus carinatus apice luteo-uilido; apertura obliqua, semiovalis, intus carneola, columella breciter callosa , citrina , nitida, adbasim truncata; peristoma expansion, crassum , luteo-album ( ad basim columellœ truncatum) ; operculum corneum rufulo-nigrum , in aperturam profundè xntrans. Diam. maj. 10 mill., min. 8 mill.; ail. mill. ( 429 ) Var. /3 rubello-cerea.. — Differt. spira globosa, colore rubello-nitida , ad suturam carneo cerea intus apertura, rubella. Hab. Lifou, Nouméa. (M. le R. P. Lambert.) Var. /3 Insula Art. (M. le R. P. Montrouzier). (Collections Crosse, Marie, Gassies, Mus. de Bordeaux). Coquille subconoïde, un peu globuleuse, à peine déprimée en des- sous , irrégulièrement striée dans le sens des accroissements, et concen- triquement parcourue sur le dernier tour par quelques sillons régulière- ment séparés, visibles surtout chez les jeunes individus; couleur jaune un peu orangé , luisant plus pâle vers les sutures ; suture déprimée , un peu lacérée; spire médiocre composée de 5 à 5 1/2 tours un peu convexes, le dernier caréné; sommet mamelonné jaune luisant; ouver- ture oblique , semiovalaire , couleur chair, columelle un peu calleuse , tronquée à la base, jaune citron; péristome réfléchi, un peu épais, blanc jaunâtre. Opercule corné brun noirâtre , profondément enfoncé dans l'ouverture. (Vu 35 exemplaires). La variété /3 diffère du type par sa forme plus globuleuse et sa carène presque effacée ; par sa coloration brun-rougeâtre , sa suture d'un rose chair, son sommet blanc sale , son péristome rosé , son ouverture rou- geâtre et ses stries à peine visibles. Ne possédant qu'un seul individu, nous avons cru ne pas devoir l'éle- ver au rang d'espèce. N° 167. H. Mariei Crosse. Journ. Conch.; 3 e série, t. X, p. 244. Avril 1870. (PI. VIII. fig. il). Testa depresso-conoidea , tenuiscula, nitidula, sublœvigata , sublenté vix striatula , pellucida, pallide riridulo-fuscescens , zona alba , casta- neo eleganter articulala, ad suturam cingulala; spira brevissime conica, apice obtusulo ; sutura subimpressa; anfr. '■ . subplanati , primi 2 unicolores, zona suturali car entes , ultimus . < matus , ad peripheriam altéra zona, alba, castaneo plus minusve antidata cinc- tus, basi convexiusculus ; apertura diagonalis , subtriangulari-semi- ovalis, intus albicla; peristoma simplex, albidwm, margine columcllari brevi, callum circumscriplum , viridulo-fuscescentem emittente , etcum basali angidum formante, extemo subincrassato , versus médium levi^ ter angulato. Operculum tenue, livide viridulo-fuscescens. (Crosse.) Diam. maj. 6 mill., min. 5 mill. ; ait. 3 mill. (Coll. Marie.) Hab. Ouagap, Nouvelle-Calédonie. (E. Marie.) Tome XXVIII. 9 ( 130 ) Coquille conoïde déprimée, mince, luisante, presque lisse, à peine légèrement ridée de fines stries, pellucide, couleur verdâtre pâle rous- sâtre, avec une zone articulée blanche et brune suivant la suture ; spire très-courte, conique, sommet obtus, mousse ; suture à peine comprimée ; tours au nombre de 4 presque plans , les 2 premiers unicolores sans zone suturale, le dernier caréné avec une zone blanche à la périphérie, cette zone est interrompue par des taches brunes; base un peu con- vexe ; ouverture diagonale , presque trigone , semi-ovalaire , blanche à l'intérieur; péristome simple, blanc, bord columellaire court, épais, verdâtre, fauve, formant un angle à la base, assez épais extérieure- ment, anguleux vers la périphérie. Opercule mince, livide, fauve ver- dâtre. N° 168. H. nioiiensig Crosse. Journ. Conch., 3 e série, t. X, p. 246. Avril 1870. (PI. VIII, fig. 9). Testa subglobosa, breviter conoidea, solidula, sublœiigata, vix niti- dula, sordide luteo-albida aut citrïna; spira breviter conica , apice obtusulo; sutura subimpressa ; anfr. 4 subplanati, ultimus rotundatus, basi convexiusculus ; apertura diagonalis , subsemioralis, intus sordide albida; peristoma simplex , margine columellari callum circumscrip- tum , castaneum emittente , brevi, castaneo, basait et externo subin- crassatis, aibidis. — Operculum tenue, pallide castaneum. (Crosse.) Diam. maj. 4 mill., min. 3 mill.; ait. 2 1/2 mill. (Collect. Crosse et Marie.) Hab. Le mont Mou, Nouvelle-Calédonie. (E. Marie.) Coquille subglobuleuse à peine conique , peu solide , presque lisse , un peu luisante, couleur blanc jaunâtre citron sale ; spire courte, coni- que , sommet obtus ; suture assez comprimée ; tours au nombre de 4 presque plan?, , le dernier arrondi , plus convexe à la base ; ouverture diagonale, sjmi-ovale, d'un jaune sale; péristome simple, bord colu- mellaire, épais, large, joint au péristome par une couche d'émail élevée de couleur brune, bord extérieur et basai un peu épais, blanchâtres. Opercule mince , brun pâle. N° 169. H. lienigna Crosse. Journ. Conch., 3 e série, t. X, p. 246. Avril 1870. (PI. VIII, 6g. 1-2.) Testa depresso-conoidea , tenuiscula, nitidula, sub lente striât ni ' ( 183) Fossile à l'île des Pins et îlot Koutoumo (Nouvelle-Calédonie.) (R. P. Lambert.) (Ma collection.) H. pinlcola Pfeiffer. Faune , 2 e partie, p. 23; n° 26. Fossile à l'île des Pins, îles Alcmène et Koutoumo. (MM. Lambert et Marie.) (Ma collection.) B. senilis Gassies. Faune , 2 e partie , p. 65 , n° 77. Hab. Non-seulement l'îlot Koutoumo et l'île des Pins , mais encore l'îlot aux Pigeons, les champs de Vao et probablement plusieurs îles basses du Sud. Trouvé libre sur le sol au milieu des bois du plateau de l'île des Pins, ce qui ferait espérer de la trouver vivante. Il existe parmi les nombreux spécimens reçus deux formes bien tran- chées, l'une typique, assez raccourcie et l'autre plus turriculée; nous désignerons cette dernière sous le nom de var. /3 elongata. 290. B. corpulentus Gassies. Testa imper forata , magna, subponderosa, crassiuscula , globosa vel depressa, ovato-pyramidata , longitudinaliter rugoso-striata , cre- tacea (epidermide destituta, fossilis ) ; sutura impressa, apice acuto ; anfractus 6-7 convexi, ultimus 2/3 longitudinis œquans , vix depressus; apertura ovatq-elongata , constricta, auriculata, superne angulato ad peristomam fortiter sinuato , ad Oasin reflexo ; columella crassa vix concava , plicata , plica supema , conica, descendens , plica columel- lari, mediocris, ascendens , ititrans ; peristoma crassum, reflexum , marginibus callo-crasso junctis , dextro valde sinuato, ad médium prominente crasso. Long. 100 mill.; diam. maj. 55 mill., min. 50 mill.; apert. 52 mill. longa, 20 lata. Hab. Fossile à l'île des Pins et à l'îlot Koutoumo, en compagnie du B. senUis, mais plus rare. (R. P. Lambert.) (Collection Guestier, Gas- sies, Musée de Bordeaux.) Coquille imperforée, grande, épaisse, assez pesante, globuleuse, un peu déprimée , pyramidale , ovale , rugueusement striée en long , crétacée , sans épiderme , fossile et souvent encroûtée de dépôts calcai- res ; suture recouvrante , linéaire , sommet acuminé ; spire composée de ( 484 ) 6 à 7 tours un peu convexes, le dernier formant pins des 2/3 de la lon- gueur totale est un peu comprimé à gauche. Ouverture ovale, allongée, étroite , auriculaire , resserrée , surtout chez les individus très-adultes , par l'infléchissement du bord droit qui est fortement entaillé supérieu- rement, le bord basai est assez arrondi, réfléchi; columelle épaisse, un peu concave , plissée , le pli pariétal est conique et descendant , le columallaire médiocre, allongé, ascendant et rentrant ; péristome épais, réfléchi et souvent aplati sans renversement extérieur, réuni à la colu- melle par un dépôt d'émail peu épais relativement, bord droit sinueux fortement entaillé, supérieurement aplati, très-saillant vers le milieu. Obs. Cette espèce est culle citée dans la lettre du R. P. Lambert.. Elle parait plus fossilisée que le D. senilis, avec lecpuel on ne peut la confondre. Elle est plus raccourcie et oviforme; sa dépression est bien moins accusée, son péristome moins épais, ainsi que toute la coquille qui est généralement moins pesante. Le dernier tour de spire et très-grand. Le D- senilis a ses plis, columellaire et pariétal, extrêmement développés et sa columelle au lieu de s'aplatir, se creuse et suit le péristome qui se relève anguleusement avant de prendre son expansion. Le B. corpulenlus est presque toujours engagé dans la roche. Nous avons vainement cherché des traces de coloration. N° 29 1 . B. Debeauxi Gassies. Testa obtecte perforata, ovato-conica, solida, longitudinaliter rugoso- strigata et suboblique malleata, albo-carneola , api ce luteo, epider- mide fusca , irregulariter et longitudinaliter brunnea tincta vel zonis transversim rufis zonata, albo spurca; spira conica, ovato-elongata, apice acuto , punctato; sutura crispata, sublacerata, alba ; anfractus 7 convexiusculi , ultimus spira paulo longior, basi subrotundalus 1/3 lon- gitudinis œquans ; apertura auriformis , subelongata , supeme angulata inferne ovata; columella mediocris, plica elongata, planata, ad basin tuberculata, plica parietalis conica, horizontalis ; peristoma crassum , vix reflexum, album, margine luteo-pallidum , marginibus callo-crasso junctis , albo-margaritaceis , dextro superne flexuoso; inkis auranliaco nitido. Long. 78-80 mill. ; diam. maj. 36 mill., min. 29 mill. ; apert. 40 miH. longa, 18 lata. Hab. L'île des Tins. (R. I\ Lambert); vu 30 individus. (Collections Gucstier, Gassies, Musée de Bordeaux. ( 185 ) Coquille munie d'une petite fente ombilicale presque recouverte par l'expansion columellaire, déforme ovale-conique, solide, longitudina- lement parcourue par des stries élevées, rugueuses, un peu obliques, coupées par de nombreuses malléations , tours embryonnaires pointillés finement, le premier jaune de corne pâle; couleur du test blanc-jaune ou rosâtre ; épiderme brun ou fauve , parcouru longitudinalement par des fascies alternant du brun au jaune, plus ou moins foncé et par des bandes transversales des mêmes nuances et quelquefois seule- ment blanchâtres, par suite de la perte de cette partie de l'épiderme qui, du reste, est assez caduc et manque souvent; l'aspect de la coquille est alors sordide, car elle est presque toujours couverte de reprises fort disgracieuses ; spire conique , ovale , allongée , suture crispée à l'insertion et un peu lacérée , blanche ; tours au nombre de 7 , un peu convexes, le dernier formant presque les 2/3 de la longueur totale. Ouverture auriforme , un peu allongée , anguleuse supérieurement, ovale arrondie à la base; columelle presque sim- ple, droite, avec un pli spiral peu saillant, chez quelques indivi- dus, nul chez la plupart, pli pariétal conique, un peu descendant et placé en avant presque horizontalement; péristome épais à peine un peu réfléchi, blanchâtre, luisant, avec le bord extérieur jaune-pâle , bord latéral un peu flexueux , sans entaille , bord columellaire joint au péristome par un émail blanchâtre assez épais , brillant , nacré ; inté- rieur pourpre orangé, plus ou moins intense, brillant, labre presque blanc, luisant. Obs. Cette espèce que nous avons reçue en assez grand nombre ne peut être rapprochée que du B. porphyrostomus Pfeifier; mais il sera toujours facile de la distinguera à son ouverture toujours régulière et plus large; 2° à son péristome à peine réfléchi et jamais renversé; 3° à sa columelle à peine épaisse, tandis que le porphyrostomus l'a très-avancée et fortement empâtée; 4° son pli pariétal descendant et son bord latéral sans entaille; S enfin, à sa forme plus régulière, la légèreté de son test et sa fente ombilicale qui n'est jamais entièrement recouverte, même dans l'état extra-adulte. Nous prions notre collègue et compatriote M. Odon Debeaux, pharmacien major, d'accepter ce modeste souvenir. N° 292. B. Lalannei Gassies. Testa imperforata vel rimata, fusiformis, acuminata, solida, lon- gitudinaliter et transversim strigata, oblique malleata, reticidata, alba, epidermide fusco-lutea, olivacea, fasciis longitudinaliter obliquis , ( 186 ) brunneis, transversim lineolis nigricentibus orriata ; apice iuteo, punc- tato , nitido ; spira conica, ocato-elongata, sutura impressa; denticu- lata, margine luteo albo filiformi; anfractus 7-8 contexiuscuii , ulti- mus 2/3 longitudinis œquans: apertura auriformis, elongata, superne angulatus, inferrie rotundata, stricta; columella patula , subplanata, plica elongata, ascendens , intrans, roseo-carneola, plica parietalis conica subhorizontalis , rufula ; jjeristoma crassum , reflexum , albo- roseum, margine dextro superne sinuoso, ad basin expanso , margini- bus callo junctis , mediocris, albo-roseo, margaritaceo , intus aurantio- m iniaceo margaritaceo, Long. 87-100 mill.; diam. maj. 45 mill.; apert. 54 mill. longa, i 8 lata. Yar. ( S minor, peristoma album. Long. 80 mill.; diam. maj. 33 mill.; apert. 37 mill. longa, 13 lata. Hab. Boulari (R. P. Lambert); assez commun. (Collect. Guestier, Gassies, Musée de Bordeaux) ; (vu 22 individus.) Coquille imperforée ou à peine rimée , fusiforme , aiguë , solide , longitudinalement et transversalement munie de fortes stries et de mal- léations nombreuses formant treillis , surtout sur le dernier tour ; les embryonnaires sont fortement striés obliquement , sauf les deux pre- miers qui sont lisses et à peine garnis de cette fine ponctuation qui semble être l'apanage des Bulimes calédoniens ; les tours suivants sont très-rugueux et fortement martelés longitudinalement ; le test est blanc ou blanc grisâtre mat, sur lequel s'applique un épidémie assez vivace d'un jaune sale, brunâtre ou olivacé, parcouru dans sa longueur par des fascies brunes très-irrégulières , plus ou moins foncées et traversées par des bandes tremblées , interrompues , brun-noir ; le sommet est jaunâtre luisant: la spire est conique, ovale , allongée , comprimée, recouvrante, crénelée, souvent blanche ou jaune fauve; les tours sont au nombre de 7 à 8 médiocrement convexes , le dernier formant les 2/3 de la longueur totale; l'ouverture est auriforme , allongée , étroite dans l'âge adulte, un peu dilatée au bord droit dans l'état jeune; columellc très-épaisse, renversée fortement sur l'ombilic qu'elle recouvre, pli longitudinal, ascendant, presque plan, pli pariétal conique presque horizontal et rentrant, bord latéral angnleux au sommet, flexueux et presque entaillé faisant saillir la partie médiane ; péristome épais, réflé- chi , souvent double, de couleur nacré rose-chair , réuni à la columelle par un léger dépôt gris-rose , columelle et bord intérieur des plis, rose ( 187 ) vif carminé, intérieur d'an beau rouge orange carminé, glacé de gris nacré. Obs. Ce beau Bulime, lorsqu'il est jeune, est revêtu d'un épiderme brun foncé, glacé de noir qui semble lui en ajouter un deuxième; il rappelle alors le faciès des B. Eddyslonensis Pfr. et Bavayi Crosse. 11 sera facile de le distinguer de ces espèces: 1° par la solidité de son test; 2° sa forme plus allongée; 3° ses fortes stries; 4° enfin par son ouverture étroite, son péris- tome épais et renversé, sa columelle calleuse et la couleur de l'intérieur. Mais n'est-ce pas encore une des nombreuses variétés du B. (Ibratus? Plus tard, nous espérons trancher cette question. N u 293. B. iiubricatus Gassies. Testa obtecte perforata , oiato rotundata, conica, ventricosa , solida , iongitudinaliter sulcata, sulcis flexuosis , imbricatis, numerosis , oma- tis, albis; epidermide brwnnea, vel fusca, irregulariter spiraliter et Iongitudinaliter fasciata, fusco-castanea , induta; sp ira conica, ovato- abbreviata, apice subacuto, punctato, luteo-rufiilo , nUido; sutura com- pressa, plicatula, alba ; anfractus 7 convexi, ultimus descendais, vix 2/3 longitudinis œquans; apertura auriformis, ovata, superne angulata, ad basin rotundata, subexpansa; columella crassa, plicata, ascendens, plica parietalis conica, vix descendens ; peristoma crassum, reflexum, albo-car- neolum, margine dextro superne sinuato vel prominente , marginibus callo-crasso junctis, luteo-pallido , intus intense purpureo-aurantiaco . Long. 78-80 mill.; diam. maj. 40 mill.; apert. 42 mill. longa. 20 lata. Hab. Baie Boulari (Nouvelle-Calédonie) (R. P.Lambert) (Ma col- lection). (Vu 5 exemplaires). Coquille munie d'une légère perforation , de forme ovale arrondie , conique, ventrue, solide, flexueusement parcourue dans sa longueur par des stries élevées en sillons, coupées, en travers, par des stries irri- gulières, nombreuses, qui simulent les tuiles de nos toitures et se déta- chent assez nettement en blanc luisant sur le fond brun du test , qui est plus ou moins foncé et linéolé, en long, de brun foncé, presque noir et jaune obscur , qu'interrompent ça et là quelques fascies transversa- les peu visibles. L'épiderme est peu persistant et les parties qui se dé- tachent laissent voir le test d'une couleur très-blanche. La spire est conique , ovale , ramassée , le sommet est aigu , ponctué , et les 3 ou 4 premiers tours sont jaunes, luisants , bien que striés; la suture compri- mée et plissée à l'insertion est blanchâtre ; les tours de spire sont au nombre de 7 assez convexes , le dernier descendant forme à lui seul ( 188 ) plus des 2/3 de la longueur totale; l'ouverture est auriforme , ovale, anguleuse supérieurement , arrondie et étalée à la base ; la columelle est épaisse, assez large , peu tordue, le pli est ascendant et assez grand, la base columellaire possède un tubercule peu saillant ; le pli pariétal est conique , légèrement descendant et assez entrant. Le péristome est épais, réfléchi et sinueux, le bord latéral est assez fortement entaillé vers le haut et par suite très-avancé vers le milieu , le bord pariétal est réuni au columellaire et au latéral par une callosité émaillée assez épaisse. L'intérieur est d'un rouge pourpre orange souvent très- intense. Obs. Cette espèce est l'une des mieux caractérisées du groupe des Placoslylus par sa forme trapue, son ouverture ample à péristome très-épaissi; sa colu- melle munie à la base d'une légère callosité; enfin, à sa strialion imbriquée très-saillante. 11. Alexaneler Crosse. Faune, 2 e partie, p. 74, n° 82. Hab. Fossile à l'île des Pins. (R. P. Lambert.) (Collection Guestier.) ». sinistrorsus Deshayes. Faune, 2 e partie, p. 92, n° 100. Hab. Ile Mare (Loyalty), fossile à l'île des Pins et îlot Koutoumo (Nouvelle-Calédonie.) (R. P. Lambert,) (Ma collection,) N° 294. B. Turgidulus Gassies. Testa sinistrorsa, late et profunde umbilicata, turbinata, gibba, conica, cornea epidermide fusco-lutea, unicolor-nitida , transversim et irregulariter striata; apice obtuso, mamillato , corneo-pallido , nitido; spira breviuscula, conica; anfractus 5-6 convexi, ultimus depressus, basi umbilicatus ; sutura profonde intrans; apertura ovato-semilunaris , peristoma simplex, vix callosum, reflexiusculum, cum marginibus callo- junctis, columella patula, albida, intus cornea. Long. 5 mill.; diam. maj. 3 1/2 mill.; apert. % mill. longa, 2 lata. Hab. L'île Nou (Nouvelle-Calédonie). (R. P. Lambert); (vu 6 exem- plaires.) (Ma collcctiou.) Coquille sénestre, largement et profondément ombiliqucc, turbinée, bossue, conique, couleur de corne pâle sous un épidémie jaune fauve, ( 489 ) unicolore luisant, striée irrégulièrement en travers, sommet obtus mamelonné, corne pale luisante; spire raccourcie, conique, tours au nombre de 5-6 convexes et tordus sur l'axe , le dernier déprimé et for- tement renversé obliquement sur le précédent, laissant l'ouverture ombi- licale très-découverte ; suture profonde faisant ressortir la convexité des tours ; ouverture ovale , oblique , semi-lunaire ; péristome simple à bords garnis d'une mince callosité, un peu réfléchi et joint à la colu- melle par une couche d'émail qui se relève en continuité distincte , columelle largement étalée blanche, intérieur, jaune de corne. Obs. Cette espèce, diminutif du B. sinislorsus, en est néanmoins très-dis- tincte : 1°par sa taille moindre; 2° la plus grande torsion des tours; son ombilic plus largement ouvert; 3° son péristome plus continu, etc., etc. B. Hageni Gassies. Faune, 2 e partie, p. 93, n° 102. Fossile à l'îlot Koutoumo (Nouvelle-Calédonie.) (R. P. Lambert.) (Ma collection.) Nous possédons plusieurs Bulimes représentés par un seul spécimen et que nous ne pouvons signaler ici que par anticipation, sans les don- ner comme des espèces acquises, nous réservant des comparaisons plus nombreuses lorsque nous aurons reçu d'autres spécimens. I" H. albo roscug- Forme voisine de B. fibratus, var. Bairdii, plus aplatie, allongée, sans ombilic visible, à stries fines, martelées, à suture blanche tranchant beaucoup sur l'épiderme qui est chocolat foncé avec des fascies longi- tudinales marron très-foncé et jaune, interrompues sur les deux avant- derniers tours. L'ouverture est ovale à péristome peu épais, blanc rosâtre; le bord droit est étalé et réfléchi ainsi que le basai, le colu- mellaire fait jonction au moyen d'un dépôt d'émail blanc bleuâtre. La columelle est ascendante avec un pli allongé, tordu vers la gauche, à sa base. L'exemplaire n'est pas très-adulte, car la dent pariétale est à peine indiquée. Cette espèce a le faciès des Bulimes des îles Salomon et Feejee. Long. 85 mill.; diam. maj. 40 mill.; apert. 46 mill. longa, 20 lata. Hab. L'île Alcmène, Nouvelle-Calédonie, Lifou et Mare (Loyalty.) (M. Vieillard.) (Ma collection.) ( 190 ) 2° B. superfaseiatiis, Forme de fibratus, avec un épiderme assez solide, brun fauve sur test blanchâtre ; cet épiderme est orné de petites fascies longitudinales brun foncé et jaune d'ocre qui sont elles-mêmes coupées par des ban- des assez nombreuses des mêmes nuances. Vers le milieu des tours et , surtout sur le dernier et le précédent, se voit une bande large de 7 mill. d'un beau jaune gutte qui , sur les tours supérieurs, passe au blanc par la disparition de l'épiderme. Le péristome est épais, rosé, brillant , l'in- térieur pourpre orangé, le bord supérieur externe jaune, la suture blanc sale. Long. 80 mill.; diam. maj. 33 mill.; apert. 42 mill. longa, 15 lata. Hab. Boulari (R. P. Lambert). (Ma collection.) 3° B. pat? us. Espèce ou variété du groupe du fibratus, munie d'une perforation très-étroite, de forme ovale-conique, striée longitudinalement, martelée obliquement, de couleur jaune rosâtre sous un épiderme fauve olivâ- tre irrégulièrement fascié , en long et en travers , de lignes onduleuses un peu plus foncées. L'ouverture est ovale, arrondie et large à la base ; la columelle est très-épâtée , mais cela peut résulter de la reprise d'ac- croissement; le pli columellaire est ascendant et à peine tordu, le pariétal est médian, horizontal, mais peu développé; le péristome est assez épais, réfléchi et à peine un peu plus pâle que l'intérieur qui est d'un pourpre orangé très-intense. La suture est assez régulièrement dentelée , le sommet jaune luisant. Long. 85 mill.; diam. maj. 45 mill.; apert. 40 mill. longa, 23 lata. Hab. Boulari (R. P. Lambert.) (Ma collection.) 4° B. falcicula. Cette espèce , malheureusement dépouillée de son épiderme et de sa coloration, a un faciès très-facile à distinguer; elle est ovale-allongée, oviforme, pourvue d'une légère perforation, fortement striée en long; ses stries transversales coupent ces premières et les imbriquent; la suture est bordée et crispée. Les tours au nombre de 7, peu couvexes, croissent rapidement vers le dernier qui forme les 2/3 de la longueur totale. L'ouverture est ovalaire, très-anguleuse au sommet et arrondie ;i la base, le péristome est joint ;\ la columelle par un émail épais; la ( 19* ) columelle est subverticale , sans torsion extérieure, le pli pariétal est conique , médian et un peu descendant ; le bord latéral est fortement entaillé vers le haut en forme de faucille , l'extrémité inférieure forme un angle presque aigu. Les bords sont très-convexes, l'intérieur con- serve encore quelques traces de coloration orange et les bords sont jaune clair, à reflets nacrés. Long. 80 mill.; diam. maj. 40 mill.; apert. 44 mill. longa, 15 lata. Hab. Baie du Sud (Nouvelle-Calédonie.) (R. P. Lambert.) (Ma coll.) 5° Meooucusi» Espèce imperforée pyramidale, allongée, aiguë, solide, épaisse, striée fortement en long, suture plissée, blanche, couleur jaune-fauve sale ou blanchâtre, épidémie jaunâtre avec des linéoles longitudinales marron plus ou moins foncé. Spire de 7 tours peu convexes, très-aigus au som- met qui est pointillé, corné-pâle, luisant; le dernier tour est descen- dant , assez renflé et forme environ les 2/3 de la longueur totale. L'ou- verture est auriforme, allongée, anguleuse en haut, un peu arrondie à la base; la columelle est épaisse, presque plane, sans torsion extérieure et assez avancée; le pli pariétal est médiocre, conique et rentrant. Le péristome est épais, calleux, renversé et joint à la columelle par un émail épais brillant, un peu plus pâle que celui des bords qui est rosé, mais plus nacré. L'intérieur est pourpre très-intense. Long. 77 mill.; diam. maj. 33; apert. 35 mill. longa, 14 lata. Hab. Nécoué, baie Lebris (Nouvelle-Calédonie.) (E. Marie.) (Ma col- lection. 6° B earbonarius. Coquille du groupe du fibratus, imperforée, couique, allongée, épaisse, solide, striée en long, martelée en travers, rosâtre sous un épiderme jaune-fauve , taché en long de linéoles brun-noir et en tra- vers de zones jaunes et noires linéaires. Sur toute la coquille se déta- chent des macules blanches et jaunes qui lui donnent un aspect tout particulier, comme si elles étaient le résultat de brûlures. La suture est mince à peine ridée et blanche , le sommet pointillé est roussâtre lui- sant. La spire est de 7 tours médiocrement convexes, le dernier est des- cendant , oblique , formant les 2/3 environ de la longueur. L'ouverture est très- auriculée, ovale, oblique, à péristome épais un peu réfléchi, flexueux au sommet du bord latéral. La columelle est large, épatée et ( 192 ) rejetée obliquement sur l'ombilic , le pli est large , ascendant , assez tordu, le pariétal est conique , très-petit et un peu descendant. Le péristome est couleur chair luisante , la callosité qui le rejoint est rose pâle un peu azuré et nacré; l'intérieur est pourpre orangé. Long. 84 mil!.; diam. maj. 35 mill.; apert. 45 mil!, longa, 20 lata. Hab. L'Ile de Pins (Nouvelle-Calédonie) (R. P. Lambert.) (Ma collec- tion). 7° B. alibreviatus. Cette espèce, ramassée morte et ayant subi les injures de l'air, a été reçue par M. Guestier qui la trouvée dans l'intérieur d'un dolium. Sa forme est celle d'un œuf oblong, elle est trop usée pour préciser sa coloration. Sa striation longitudinale est peu forte et martelée en tra- vers; elle est imperforée, solide, pesante, raccourcie, composée de 6 tours de spire convexes, le dernier a plus des 2/3 de la longueur totale ; il est arrêté par l'épaisseur du péristome et ne le dépasse pas. L'ouver- ture est auriforme, ovale, arrondie, peu anguleuse au sommet, un peu oblique à la base; bord latéral fortement entaillé en haut, très-saillant au milieu; columelle épaisse, calleuse, renversée sur l'ombilic, qu'il clôt entièrement; pli ascendant, large et rentrant, torsion médiocre, pli pariétal conique descendant un peu, très-fort et saillant , callosité épaisse jointe au péristome qui est très-épais et réfléchi, l'intérieur conserve un peu de coloration orange et le bord pariétal laisse saillir ses dents de l'empâtement qui est couleur chair jaune ou rouge saignant; le test est très-luisant , blanc de porcelaine. Long. 68 mill.; diam. maj. 37 mill. ; apert. 35 mill. longa, 15 lata. Hab. Probablement le sud de la Nouvelle-Calédonie , car il n'y avait pas d'indication. (R. P. Lambert). B. Guestieri Gassies. Faune 2 e partie, p. 74-75, n° 83. Var. p major. Cette variété est remarquable , mais seulement par sa taille extraordi- naire qui dépasse de beaucoup celle des premiers exemplaires, qui ne mesuraient que 88 mill. de long ; parmi les derniers reçus, il en est qui atteignent 96 mil]. Comme on le voit, la taille varie beaucoup , mais notre var. Ç> est exceptionnelle. [ 193 ) Long. 110 mill.; diam. maj. 52 mil].; apert. 58 mill. longa., 25 lata. Hab. Le Moat-d'Or (S.-O. (Nouvelle-Calédonie.) (R. P. Lambert). B.fihratiis Martyn. Nous avons pu suivre toutes les variations de cette espèce qui est l'exemple le plus frappant que l'on puisse signaler du degré de poly- morphisme qui peut se produire chez un mollusque dans le développe- ment de la coquille. Mis en présence des 150 individus rassemblés des collections Guestier, de la nôtre et de celles des Musées de Bordeaux et de Caen , nous nous sommes assuré que par des passages insensibles , cette espèce se reliait à presque toutes celles qui habitent l'archipel. Décrire toutes ces variétés serait un travail que ne comporte pas le nôtre actuel. Plus tard, si nous pouvons publier une œuvre générale, nous nous occuperons de faire ressortir ces cas de polymorphisme, par quelques courtes diagnoses, mais surtout en les faisant figurer exac- tement. Les cas de monstruosités sont assez fréquents chez cette espèce , sur- tout le scalarisme et les athrophies buccales , les déviations du péris- tome à l'insertion columellaire , etc., etc. Tous ces faits, mûrement observés, nous forceront à reléguer, plus tard, certaines espèces, dérivés probables d'un type peu saisissable à première vue, mais dont l'expérience de ces dernières anuées nous aura suffisamment démontré les immenses variations. B. balbutias Gassies. Nous indiquons ici unBulime, ou toute autre coquille, dont la forme, très-arrêtée, se rapproche beaucoup des deux genres Vitrina et Succinea. Cette coquille, dont nous ne connaissons pas l'animal, nous a été en- voyée plusieurs fois en nombre, dans le même état. Elle est petite, glo- buleuse comme certaines Bulles, hyaline, de couleur corne pâle luisante ; le test est ponctué comme un dé à coudre, mais très-finement, formant un réseau d'une grande finesse. Sa spire, complètement ronde, est for- mée de 3 tours convexes , le dernier formant les 4/5 mes de la longueur totale , le supérieur est mousse et enfoncé dans la concavité suturale ; la suture forme une petite carène ; l'ouverture est ample, arrondie; le pé- ristome est simple et bordé par l'épiderme qui , en cet endroit, est un peu fauve ; la columelle est mince et sans torsion , comme dans les deux genres cités ; chez quelques individus ; l'ombilic existe à peine , sous la Tome XXVIII. 13 ( 194 ) forme d'une fente linéaire à peine visible ; chez la plupart on n'en voit nulle trace. Diam. maj. 4 mill.; ait. 5 mill. ; apert. 3 mill. longa, 3 lata. Hab. Les environs de Nouméa, de Conception, Baie du Sud, etc., fossile à l'île des Pins. (MM. Déplanches, Magen et R. P. Lambert.) Obs. Nous appelons l'attention de nos correspondants sur ce mollusque, car l'animal seul pourra nous édifier sur sa valeur et la place qu'il doit occu- per dans la nomenclature. Nous n'avons jamais vu d'embryons de Bulimes avec une ouverture aussi normale, unecolumelle sans troncature et une péri- phérie sans carène. Nous possédons de nombreux individus jeunes de la plu- part des Bulimes déjà connus, mais tous, sans exception, possèdent les ca- ractères indiqués et qui s'observent toujours dans cet état; aussi serions-nous très-heureux si nos bons correspondants de la Nouvelle-Calédonie s'occu- paient de nous fournir des renseignements sur l'animal et nous en envoyaient dans l'alcool; ils rendraient ainsi un grand service à la malacologie. Nous recevons aujourd'hui, 24 juin 1871, le numéro du Journal de conchy- liologie qui devait paraître en octobre 1870, et que les événements avaient sus- pendu. Nous y trouvons un travail de M. E. Marie sur les Bulimes néo-calé- doniens, avec quelques rectifications d'habitats. Cet observateur ne s'est pas souvenu, sans doute, qu'il nous avait communiqué ses notes avant de retour- ner à Nouméa, et il sera facile de voir que nous en avons tenu compte. Seu- lement, nous ferons remarquer que nés indications premières nous avaient été fournies par des personnes que nous signalions et auxquelles toute la res- ponsabilité incombe. M. E. Marie se presse un peu au sujet du B. Eddysto- nensis, en niant .«a présence en Nouvelle-Calédonie, alors que nous avons cité les autorités de MM. Magen et Montrouzier, qui l'ont recueilli eux-mêmes à Jenjen (Hienguône), comme nous le certifions pages 88 et 90. L'exemplaire que nous faisons figurer porte encore le nom de la localité de la main du R. P. Montrouzier, et M. Magen nous a affirmé avoir trouvé ce Bulime dans un bois des environs de Balade, et identiquement près de Pouébo. Maintenant, par sa lettre datée de Nouméa, 2 avril 1871, M. E. Marie nous annonce avoir reçu le B. Eddyslonensis de Hienguène(l) ! Nous pensons donc qu'il est toujours prématuré d'affirmer ou d'infirmer l'habitat d'un mollusque alors qu'on n'a pu le vérifier soi-même de visu, et de s'inscrire en faux contre les indications premières, surtout lorsqu'elles portent avec elles des garanties sérieuses comme celles des deux honorables corres- pondants cités plus haut. Quant à l'orthographe de Jenjen ou Ilienguène, nous laissons aux hommes compétents le soin d'élucider cette étymologie. (i)M. Marie nous signale également cette espèce à Ouagap , d'où il l'a reçue, ainsi que le R. P Lambert. ( 195 ) ScaralHis minor Gassies. Faune, 2 e partie, p. 100, n° Mo. Hab. Fossile à l'île des Pins. (Rare en cet état.) (R. P. Lambert. (Ma collection.) Cyclostoma Bocageannni Gassies. Faune, 2 e partie, p. 122, n° 150. Fossile à l'îlot Koutoumo et à l'île des Pins ; très-commun , surtout à l'état jeune. (R. P. Lambert.) (Ma collection.) Helicina Iâfouana CROSSE. Faune, 2 e partie, p. 128, n e 100. Fossile à l'îlot Koutoumo et à l'île des Pins (Nouvelle-Calédonie^. (R. P. Lambert.) (Ma collection.) H. littoralis Montrouzier. Faune, 2 e partie, p. 127, n° 102. Fossile à l'îlot Koutoumo (Nouvelle-Calédonie. (R. P. Lambert.) (Ma collection. ) II. Togatula Morelet. Faune, 2 e partie, p. 120, n° 101. Fossile à l'île des Pins et à l'île Alcmène (Nouvelle-Calédonie). (MM. Lambert et Marie.) (Ma collection.) N° 295. Hydrocena turbinata Gassies. Testa minima, umbilicata, conica, turbinata, tenuissime et longitudi- naliter striatula, rufo-grisea, nitida; anfractus 5 convexi, sensim accrescentes rotimdatis, ultimus ventrosus, subcarinatus, ma; 1/2 longi- tudinis œquans, umbilico rimato , sutura profunda separatis ; aper- tura semi-ovalis , superne angulata, inferne rotundata, cohimella breviter callosa, continua, peristomate subincrassato luteo ; apice ma- millato , rufulo nitido. Operculum tenue subspirale, luteo. Var. /3 carinata. Var. y acutior. Diam. maj. 2-2 1/2 mill. ; ait. 3-3 1/2 mill. Hab. Nouméa, l'île Nou, etc. (R. P. Lambert); vu 15 individus. (Ma collection). Fossile à l'île des Pins. ( 190 ) Coquille petite, ombiliquée finement, de forme conique turbinée , finement striée en long, de couleur rougeâtre sous un épi derme gris cendré, très-ténu, luisant; les tours sont au nombre de o, convexes, croissant assez rapidement et arrondis, le dernier, ventru, obtusément caréné , formant presque la moitié de la longueur totale ; la suture est profonde et très-distincte ; l'ombilic est étroit et profond ; ouverture semi-ovalaire , anguleuse supérieurement , arrondie à la base ; colu- melle à peine calleuse se prolongeant sur la paroi en se détacbant du tour et rejoignant le péristome qu'il continue ; péristome à peine un peu épaissi, jaunâtre; sommet mamelonné rougeâtre, luisant. Oper- cule mince subspiral jaune. La var. /3 possède une carène peu élevée à la périphérie. La var. y est moins convexe et plus aiguë. Obs. Cette petite espèce ne peut être rapprochée que de notre H. Fische- riana; mais il sera toujours facile de la distinguer: 1° à sa taille exiguë; 2° à ses tours très-convexes, et 3° à l'absence de carène ombilicale, ce qui la place dans les véritables Hydrocènes. II. coturiiix. Crosse. Faune, 2 e partie, p. 135, n° 180. Fossile à l'îlot Koutoumo (Nouvelle-Calédonie; (R. P. Lambert.) (Ma collection.) II. pygniîea Gassies. Faune; 2 e partie, p. 131, n° 178. Fossile à l'île des Pins (Nouvelle-Calédonie) (R. P. Lambert). (Ma collection.) H. maritiina MONTROUZIER. Faune, 2 e partie, p. 134, n° 177. Fossile à l'îlot Koutoumo et à l'île des Pins (R. P. Lambert]. Ma collection.) Truncatella conspicua Bronn. Faune, 2" partie, p. 137, n° 183. Fossile à l'îlot Koutoumo ( Nouvelle-Calédonie. ) (P. P. Lambert.) Ma collection. i ( 197 ) N° 296. Fltysa vavicosa Gassies. Testa vix rimata , ovata, ventricosa, contorta, subtilissirne longitu- dinaliter flexuoso-striata, passim malleata, nitida, translucida, luteo- fulva ; spira acuminata , apice integro , nigro-violaceo; anfractibus 6 convexis, ultimo subgibbo , medio varicoso , brunneo , luteo , longitu- dinis 2/3 superante; sutura profunda, subplicata; apertura ovato- oblonga , stricta, ad basin obliqua, superne angulata, columella con- torta, nitida , alba; peristoma simplex, rectum, acutum, mm mar- ginibus callositate junctum, intus brunnco-roseum , nitidum. Diam. maj. 16 mill.; ait. 26 mill.; apert. 17 mill. longa, 6 lata. Hab. Baie Boulari (Nouvelle-Calédonie) ( R. P. Lambert) ; vu 5 exem- plaires. (Ma collection.) Coquille munie d'une fente ombilicale très-étroite, ovale , tordue, ventrue, finement et flexueusement striée en long, luisante, trauslu- cide, jaune fauve avec une ou plusieurs varices produites par les repos d'accroissement, toujours plus développées sur le dernier tour où elles saillent beaucoup en côte élevée, bordée de brun foncé et de jaune vif; spire aiguë, sommet non tronqué, tours embryonnaires fauve-rosé luisant , les premiers noir-violet ; spire composée de 6 tours convexes , le dernier gibbeux, formant plus des 2/3 de la longueur totale ; suture profonde , presque plissée ; ouverture ovale allongée , rétrécie , oblique à la base, supérieurement anguleuse; columelle tordue, blanche, lui- sante; péristome simple, tranchant, callosité jointe au péristome par un dépôt assez mince ; intérieur brun-rosé brillant. Obs. Celle Physe ne nous parail pas suffisamment adulte, malgré sa grande taille, car les arrêls d'accroissement présentent un péristome bordé et assez épais qui produisent les varices supérieures; aussi n'indiquons-nous qu'avec réserve la simplicité du bord latéral. L'espèce dont elle se rapproche le plus est le Ph. caslanea Lamk., mais il sera facile de la distinguer, 1° à sa forme plus courte, plus bossue; 2 a à son test plus luisant et plus clair, 3° à l'acuité du sommet; 4° à sa columelle blan- che, et enfin 5° aux varices d'accroissement , constantes sur tous les indivi- dus (lue nous avons vus. X° 297. Helaiiopsis aeutissima Gassies. (PI. Vl.fig. 13.) Testa ovata, fusiformis , ventrosa, acutissima, longitudinaliter stria- tula , nitida, rufula , sub epidermide , subgranuloso ; intense olivacea, ad peripheriam luteo-pallida nnifasciata ; anfractus H, mediocriter ( 198 ) comexi, rapide aecrescentes , ultimus 1/2 longitudinis super ans , apice acutissimo , integro ; sutura fortiter canaliculata ; apertura ovata , stricta, vix obliqua , super ne et in fer ne angulata, columella vix ar- cuata, truncata, intense violacea, tuberculo crasso , griseo , munita; peristoma simplex, acutum , non flexuosum , intus rufulo-nitido . Oper- culum corneun, tenue, subspirale, nigro-rufulo , nucleo-submarginali. Alt. 5 mill.; diam. maj. 2 mill. ; apert. 3 mill., longa 1/2 lata. Hab. Bélcp (île Art). (M. Montrouzier.) (Musée de Bordeaux, ma collection.) (Vu 26 individus.) Coquille ovale, fusiforme , ventrue , très-acuminée au sommet , striée très-finement en long , luisante , rougeâtre sous un épidémie légèrement granuleux, olive foncé ; la périphérie est ceinte d'une bande circulaire étroite , jaune pâle , qui vient s'arrêter sur la marge du bord droit, à la base du tubercule; spire composée de 8 tours à peine convexes , crois- sant rapidement, le dernier formant un peu plus de la moitié de la lon- gueur totale ; sommet très-acuminé , sans troncature ; suture fortement canaliculée; ouverture ovale, étroite, un peu oblique , anguleuse au sommet et à la base , columelle un peu arquée et tronquée, de couleur violet foncé, luisant, tubercule épais, grisâtre; péristome simple, aigu, non flexueux au bord latéral , intérieur rougeâtre luisant. Opercule corné, mince, subspiral, noir-rougeâtre, nucléus submarginal. Obs. Cette très-petite espèce est distincte de ses congénères par sa taille exiguë, l'acuité et l'intégrité de sa spire, l'épaisseur relativement forte de son tubercule et la canaliculation de sa suture. Nota. Une petite boîte postale, qui vient de nous être adressée par M. E. Marie, pour M. Crosse, a fourni au Directeur du Journal de conchyliologie quelques descriptions d'espèces nouvelles que nous nous empressons de si- gnaler à la dernière feuille de notre travail terminé. Le numéro de juillet 1871 contient également un article très-intéressant de M. P. Fischer, sur l'anatomie des Bulimes Néû-Calédoniens du groupe Placos- tylus; nous y renvoyons nos lecteurs. N° 298. Hélix MossUeriana, Crosse. Journ. conch., 3 e série, t. XI, p. 201. 1871. Testa suboblccte pcrforata , subnautiliformis , depresse globosa , costulis gracilibus , valde numerosis, prominulis , œqualibus , sericeis longitudinaliter impressa, castaneo-fusca ; spira concaviuscula ; sutura impressa; anfract. i 1/2 convexiusculi , ad suturam albo et saturate fusco alternatim maculati , subangusti, ultimus antice vix dcsccndens , ( 199 ) magnus , inflatus , ad suturam vix obtuse angidatus , basi subplana- tus; apertura subobliqua, fere horizontalis , auguste lunaris , basi paulo major, intus livide albido-fusca ; peristoma simplex , marginibus valde distantim, callo lato, tenui junctis , columellari brevi, forni- culatim reflexo , perforationis partem maximam occultante, basali ro- tundata , intus subincrassato , externe subacuto. Diam. maj. 6 1 /2 mill.; min. 5 3/4 ; ait. vix 4 mill., apert. 3 3/4 mill. longa , 2 lata. Var. p grammica , anfractu ultimo albo et castaneo elegantissime et subregulariter variegato. Diam. maj. 6 mill., min. 5 1/2; ait. 3 3/4 mill.; apert. 3 1/2 mill. longa , vix 2 lata. Hab. In loco : Baie du Sud, dicto , Novœ-Caledoniœ. (E. Marie.) Obs. Species inter H. Bavayi et H. Gentilsiana, Novœ-Caledoniœ incolas, média. Differt ab II. Bavayi (cui valde vicina statura et colore), spira vix immersa , multo minus concava, costulis magis numerosis sericeis , umbilico paulo magis conspicue perforato , apertura paulo latiore. Differt ab H. Gentilsiana [cui spira aflinis) colore, statura mi- nore, numéro anfractuum (4 1/2 nec 5) , umbilico magis obtecto , aper- tura paulo minus horizontali , magis obliqua, in vicinio insertionis minus distincte angulato. (II. Crosse.) Nous avons vainement cherché des caractères pour distinguer cette espèce de 17/. Bavayi, M. Souverbie et nous, et malgré une étude at- tentive, nous n'avons pu réussir à les séparer. La seule différence que nous avons pu constater sur les 4 exemplaires de M. Marie, c'est la moindre élévation des lames épidermiques. N° 299. Fupa HAariei Crosse. Journ. Conch., 3 e série, t. XI, p. 202, 1871. Testa auguste perforato-rimata, subglobosa , ventricosa, tenuiscula, subtranslucida , suboculo valide armato tenuissime et suboblique stria- tula, luteo-carnea , unicolor ; spira mediocriter elevata, apice obtuso ; sutura impressa; anfr. 4 1/4 convexi, ultimus 1/3 longitudinis œquans, in vicinio aperturœ leviter coarctatus ; apertura subverticalis , lunato- rotundata; intus concolor; peristoma valde incrassatum; reflexum, violaceum , margine columellari brevi, basali rotundato , externo levi- ter flexuoso, versus insertionem subemarginato , attenuato, extus subs- crobiculato , parietali dentibus'% minuto, altero marginis externi inser- tioni vicino , majore, altero magis profunde sito , parùm conspicuo. ( 200 ) Long, 2 mill.; diam. maj. vix 1 1/2 mill.; apert. 1 1/2 mill. longa., vix 2/3 lata. Hab. In vicinio civitatis Nouméa dictœ, Novœ Caledoniœ (E. Marie). Obs. Species nova, a cœteris Novœ Caiedoniœ Pujris (P. Artensœ Montrouzieri et P. condita Gassiesi) bene distinguenda. (H. Crosse). N° 300. Diplomanatiiaa Perroquini Crosse. Journ. Conch., 3 e sorie, t. XI, p. 204, 1871. Testa sinistrorsa , vix subrimata, breviter turriculata , sub-inflata, tenuiscula sed solidula, oblique striatula, pallide fulva; spira conica, apice rotundato, obtusulo , lœvi ; sutura valide impressa; anf. 6 con- vexiusculi, primi 2 lœves , violaceo-fulvidi, sequentes striis obliquis, subdisïantibus , tenuibus, vix fleiuosis impressi, penultimus subinflatus, ultimus fere usque ad anfractum antepenultimum ascendens, penultimo minor striis fere omnino destituais , basi rotundatus ; apertura subver- ticalis, rotundata, aurantio-fulvida ; peristoma reflexum , subdujilica- tum, continuum, marginibus approximatif, aurantio-fulvidum. Opér- ai lum ? Long. 3 1/2 mill.; diam, maj. 1 3/4 mill.; apert. I 1/4 mill. longa, 1 1/4 lata. Hab. In Nova Caledonia (Perrocpiin) insula Pinnorum? Obs. Species ad sectionem Dianctam Cl. Martensi pertinens , Diplom- matinis insularum Viti dictarum vicina. (H. Crosse). N° 301. Ancylus JVoumeeaisis Crosse. Journ. Conch., 3 e série, t. XI, p. 203. 1871. Testa elongato-ovata, concentrice obscure vix striatula, antice me- diocriter conoexa, postice concaviuscula , sordide cornea; apex postice et paululum dextrorsum situs ; apertura elongato-ovata , intus nitidula livide griseo-cornea. Long. 3 1/2. mill. lat. vix 2 mill.; ait. I mill. ( Collect. Crosse et Marie ). Hab. In vicinis civitatis Nouméa dictœ Novœ-Caledoniœ (E. Marie'. Obs. Species altéra, A.'reticulatus Gassiesi, unica hactenus in Nova Caledonia innoluil (I) insulœ Artensis incola, striis radiantibus e' apice, mediano (ex descriptione auctoris) distincto. (H. Crosse). (1) Journ. conchvl. vol. XIII p. 212, 18G3. ( 201 ) N 302. Planoi'bis Rossiteri Grosse. Journ. Conch., 3 e série, t. XI, p. 204 1871. Testa utrinque late sed par uni profunde umbilicata, lenticularis , valde planata, sublœvigata, tenuis , translucida, luteo-cornea; spira medio concaviuscula ; sutura impressa ; anfr. 3 1/3 planati, ultimus magnus, ad péri plier iam acute carinatus; apertura horizontalis, acute elliptico-ovata , intus albida; peristoma simplex acutum, margine cxterno versus insertionem protracto. Diam. maj. 5 1/2 mill.; min. 4 1/2; ait. 1 1/3 mill. Hab. In insula Mare dicta (Loyalty); ( R. Rossiter) iH. Crosse). ( 202 ) EXPLICATION DES PLANCHES Planche I. Vaginulus plebeius Fig. 1 Athoracophorus hirudo 2 Succinea Pauluccite 5 Zonites subfulvus 4 Hélix Mariei 5 — Opaoana 6 Planche II Hélix microphis. . . . — Vieillardi . . . — Melitae . . . . — Subcoacta. . . , — Rhizophorarum Bulimus Boulariensis. Alboracophorus raodestus. Hélix Candeloli — testudinaria .... — Ouveana — Villandrei — Lalannei — Caledonica — dendrobia Fig. 5 — Hélix Ferrieziana — Kanakiua. . — trichocoma. — chelonitis. , occlusa. . . — Bavayi . . . Bulimus senilis. . 7 8 9 10 11 12 9 10 M 12 13 14 15 Hélix acanthinula Fi^ — cerealis 2 — Deplanchesi 3 Bulimus insignis 4 — — Ouensis 5 — Planche IV Bulimus pinicola Fig. 1 — cicatricosus 2 — Goroensis 3 Geostilbia Caledonica 4 Pupa condita S Melampus obtusus 6 — cinereus 7 — crassidens 8 — morosus 9 Planche III. 1 Bulimus Lamberti — pseudo-Caledonicus var. Theobaldianus Artensis. . . . Guestieri. . . Melampus granum. . . — sordidus. . . — Montrouzieri — Leai Cassidula Balteata. . . Auricula Bioneyana. . — Hanleyana . . Ancylus rcticulatus. . 9 10 10 11 12 13 14 15 16 17 ( 203 ) Planche V. Bulimus buccalis Fig. 1 — Mariei 2 — submariei 3 Melampus albus 4 Cyclostoma Guestierianum 5 — Couderti 6 — Vieillardi 7 Helicina mediana 8 Helicina gallina 9 Pianorbis Fouqueti iO Hydrocœna pygmaea H — coturnix . . 12 — Crosseana 13 — Hidalgoi 14 Helicina Lifouana 15 Truncatella diaphana 16 Planche VI Bulimus Annibal Fig. 1-5 Melanopsis Gassiesiana 4 — elegans 5 — lirata 6 — curta 7 — zonites 8 — sordida 9 — robusta 10 Planche VII. Buli. pseudo-Calcdonicus v. dentata — Bondeensis — Eddystonensis Scarabus Crosseanus — maurulus Marinula Forestieri Diplommatina Mariei Physa Artensis var — Guillaini var. veutrosa Melanopsis fusca 11 — fusiformis 12 — acutissima 13 Melania Jouani 14 — Mariei . 15 — Lamberti 16 — Moreleti var. scalarina. . . 17 Physa auriculata var. zonata .... 18 Physa auriculata var. zonala 10 — hispida var. pilosa 11 — Guillaini typ 12 Melanopsis Mariei 13 — Dumbeensis 14 — Souverbiana 15 Hélix morosula 16 Succinea Fischeri 17 9 Planche V1I1. Bulimus Bavayi Fig. 1 Nerilina Lenormandi 2 Navicella Moreletiana 3 — excelsa , . . . 4 Neritina Chimmoi 5 — Paulucciana 6 — morosa 7 Helicina Jaeta 8 — Mouensis 9 Helicina porphyrostoma 10 — Mariei 11 — benigna , . . 12 Hélix Vincentina 13 — Noumeensis • 1* — subsidialis 15 Tornatellina Noumeensis 16 Bulimus Pancheri 17 ( 204 ) TABLE ALPHABÉTIQUE Genres. Espèces. Page. Ampullaria ormophora . . 133 Ancylus reticulatus .... 1 43 — Noumeensis. . . 200 Appendice 4 80 Athoracophorus hirudo. . 4 2 — modestus 43 Auricula Binneyana. . . . 117 — Gundlachi .... 119 — Hanleyana .... 1 18 — semisculpta . . . 447 — subula ..117 Balissa elongata. ..... . 179 — fortis ici. — tenebrosa id. Bulimus abbreviatus. ... 192 — alboroseus .... 489 — iEsopeus 87 — Alexander .... 74 et 188 — Annibal 83 — Artensis 94 — Bavayi 89 — Bivaricosus. ... 86 — Blanchardianus. 96 — Bondeensis. ... 84 — Boulariensis ... 68 — buccalis. ..... 58 bulbulus 193 — Caledonicus ... 77 — carbonarius . . . 191 — cicalricosus ... 72 — corpulcntus ... 183 — Debeauxi 184 — duplex 64 Genres. Espèces. Page. Bulimus Eddyslonensis. . 88 — Edwarsianus. . - 63 — falcicula 190 — fibralus 57 et 193 — Goroensis .... 76 — Gueslieri 74 et 192 — imbiïcatus .... 187 — infundibulum . . 86 — insignis 61 — Lamberti 69 — Lalannei 185 — Mageni 93 et 189 — Mariei 73 — Necouensis. ... 191 — Ouensis 68 — Ouveanus 62 — Pancheri 91 — patens 190 — pinicola 59 — porphyroslomus. 77 — pseudo-Caledoni- cus. ...... 81 — rliizophorareeus. 91 — scarabus 82 — senilis 65 et 4 83 — sinistrorsus ... 92 et ISS — Souverbianus . . 94 — Souvillei 70 — submariei 80 — superfasciatus. . 4 90 — Thcobaklianus. . 93 — turgidulus .... 188 Cassidula balteala 120 ( 205 Genres Espèce?. Page. Cassidula Kraussi 121 — mustelina .... 120 — nucleus 120 Corrections et additions 208 Cyclostoma Artense .... 122 — Bocageanum. . . 122 — Couderti 123 — Gueslierianum. . 123 — Vieillardi 124 Cyrena sublobata 179 Détails topograpiiiqugs. 10 Description des Espèces. 12 Diplommatina Mariei. . . 125 Perroquini 200 Explication desPlanciies 202 Ceostilbia Caledonica ... 96 Ilelicina benigna 130 — gallina 127 — liltoralis id. — Lifouana 128 — laeta , 132 — Mariei ....... 129 — mediana 128 — Mouensis 130 — • porphyrostoma . 131 — Primeana. . . , . 127 — togalula 126 et 195 Hélix abax 31 — acanlhinula ... 44 — Alleryana 18 — Aphrodite 21 — Arlensis 17 — astur 21 — Baladensis .... 20 — Bavayi 41 — Beraudi 33 — Cabriti 38 — Caledonica .... 50 — Calliope. . . , . . 25 — Candeloti 17 — cerealis 19 — chelonitis 52 Genres. Espèces. Page. Hélix Conceplionensis 53 — costulifera .... 23 et 182 — décréta 180 — dendrobia .... 51 — Deplancbesi ... 37 et 181 — dictyodes 45 — Ferrieziana. ... 27 — Gentilsiana. ... 42 — Goulardiana ... 36 — Ilenschei .... 25 — Inoequalis 27 — Kanakina 35 — Kouloumensis. . 182 — Lamberti 54 — Lalannei 49 — Lifouana 40 — Lombardeaui . . Id. — luteolina 36 et 181 — Mariei 38 — Meliloo 24 — microphis 43 — minutula 18 et 181 — Montrouzieri. . . 38 — morosula 48 — Mouensis 43 — multisulcata ... 32 — Noumeensis ... 22 — occlusa 20 — Opaoana. ..... 40 — osliolum 48 — Ouveana 32 — Perroquiniana. . 19 — pinicola 23 et 183 — Raynali 33 — Rossiteriana . . . 198 — rusticula 22 — rhizophorarum . 23 — Saisseti 20 — subcoacta 24 — subsidialis .... 34 — testudinaria ... 29 — tricochoma. ... 47 Genres. Espèces. Page. Hélix Turneri 21 — vetula 22 et — Vieiliardi 30 — Villandrei 34 — Vincentina 26 et Hydrocena Caledonica . . 134 et — Coturnix. ..... 135 et — Crosseana 133 — diapliana 123 — Fischeri 134 — Hidalgoi 136 — granum 134 — maritima 138 — pygmœa 134 — turbinala 195 Introduction 1 Limax Mouensis 14 Marinula Forestieri .... 103 Melampus Adamsianus . . 105 — albus 113 — australis 105 — brevis 109 — Bronni 114 — cafîer. ....... 115 — cinereus 107 — crassidens .... 106 — cristatus 109 — fasciatus 111 — granum 109 — Layardi 109 — Leai 116 — luteus 110 — Montrouzieri. . . 111 — morosus 108 — obtusus 105 — sciuri 108 — sordidus 110 — trifasciatus. ... 111 — triticeus 110 Melania canalis 158 — Droueli 155 — funiculus 158 . ( 206 ) Genres Espèces. Page. Melania Jouani 157 182 — Lamberti 164 — lancea 156 — macrospira .... 158 182 — Mageni 156 000 — Mariei 159 000 — Matheroni 156 — maurula 155 — Montrouzieri . . . 156 — Moreleti 157 — villosa 154 Melanopsis acutissima. . . 197 — aperta 144 — brevis 145 — carinata 144 — curta 150 — Deshayesiana . . 147 — Dumbeensis . . . id. — elegans 146 — frustulum .... 148 — fusca 150 — fusiformis 153 — Gassiesiana. ... 1 44 — lirata 148 — livida 144 • — Mariei 145 — neritoides .... 154 — Retoutiana . . . . 148 — robusta 149 — Souverbiana . ..152 — variegata 144 — Zonites 151 Navicella afïînis 175 — Caledonica .... id. — cserulescens . . .175 — hauslrum 175 — Hupeiana 176 — livida 176 — Moreletiana. . . . 176 Nerilina aquatilis 173 — Artensis.. ..... 168 — aspersa 167 Genres Espèces. Page. ISeritina asperulata. . . . 4 61 — auriculata 164 — Beckii 161 — bicolor 170 — brevispina 166 — Bruguierii . . . . 182 — canalis 162 — Chimmoi 160 — cornula 162 — corona australis. 167 — coslulata 169 — exaltata 163 — gagates 174 — Lecontei 162 — Lenormandi ... 1 64 — morosa 171 — navigatoria. . . . 174 — Nouletiana 474 — nucleolus .... 168 — obscurata 167 — Pazi 168 — Puulucciana ... 171 — Petilii 160 — pulligera 162 — Rangiana 166 — reticulata 174 — rugata 167 — Siguijorensis. . . 165 — spinil'era 167 — Souverbiana. . . 166 — subgranosa. ... 467 — subsulcata 461 — variegata 473 — Wallisiarum. . . 472 — zébra 473 — zig-zag 175 Pedipes Jouani 417 Planorbis ingenuus 139 ( 207 ) Genres. Espèces^ Page. Planorbis Montrouzieri. . . 139 — Fouqueti 139 — Rossileri 201 Plecoirema Souverbiei . . 117 — lypica 117 Pliysa Artensis 141 — auriculata 1 40 — Caledonica .... 4 41 — castanea 1 40 — Guillaini 142 — hispida 141 — Kanakina 1 40 — obtusa 140 — tetrica 140 — varicosa 197 Pupa artensis 97 — condita 99 — Lifouana Ï8 — Mariei 199 — obstructa 97 Scarabus Chalcosiomus. . 100 — Crosseanus. . . . 102 — imperforatus. . . 101 — Leopardus . ... 4 00 — maurulus 103 — minor 100 — nux 4 00 Succinea Fischeri 15 — Montrouzieri. . . 14 — Pauluccise 4 5 Tornatellina Noumeensis. 95 Truncatella conspicua.. . 4 37 — diaphana 4 38 — labiosa 4 37 — semicostata. . . . 4 38 — valida 438 Vaginulus plebeius 4 2 Zonites subfulvus 46 ( 208 ) CORRECTIONS ET ADDITIONS (1) Page 2 ligne 18 supprimez : , 3 — 5 Nouméa et Port-de-France sont synonymes. — 5 — 42 lisez : Grye. — 6 — 25 après enfin, ajoutez : ; — 8 — 4 explorations , encore imparfaites , — Id. — 6 découvrir , (2). — 9 — 12 et 13 Nouméa et Port-de-France synonymes. — 42 — 7 diluta , notalum ; — 13 — 1 triangulan. — Id. — 37 des tentacules. — 4 6 — 4 4 Dédiée. — 17 — 45 externo. — 18 — 2 p. 241. — Id. — 7 dilalato. — Id. — 12 vert - noirâtre. — 20 — 1 sub epidermide (3). — Id. En renvoi, fin de la page, après Saisseti : In Journ. concli., 3" série, t. Vil. p. 18. 4867. (E. Marie). — 21 — 6 ovato - lunaris. — 22 — 13 brun - violet. — Id. — 29 noir - bleuâtre. — 23 — 8 gris - ardoisé. — Id. — 15 p. 211. — 24 — 21-rî£, au lieu de vu. — 25 — 38 Testa sublate umbilicata. — 26 — 2 après signala : Spira parum elevata , convexa ; sutura mar- ginal , leevis. — Id. — 5 lenuz. — Id. — 13 spire peu élevée, convexe; suture marginée, lisse. — Id. — 15 péristome droit, à bords convergents, réunis par une mince callosité, le supérieur arqué en avant, le basai épaissi et formant presque angle avec le columellaire, qui est court et subvenical. — H. — 27 penultimus convexiusculi — 27 — 37 leviter. — 28 — 9 mulli. — 36 — 28 auricula/flrum. — 32 — 24 violaceo-fusco. — Id — 32 p. 417 (1869), et t. X, p. 82, pi. IX, fîg. 1 (mauvaise. ) (1) On comprendra facilement que le correcteur a pu négliger beaucoup nos épreu- ves, la ponctuation est fautive dans beaucoup de cas , et certaines phrases témoignent de part et d'autre des préoccupations du moment. (2) Nous serons obligé , pour ne pas surcharger Verrala , de laisser à l'expérience de nos lecteurs le soin de remplacer la ponctuation qui , souvent , est intervertie , et nous les prions de mettre surtout des virgules aux diagnoses. (5) Toutes les fois que ce mot sera réuni, il faudra le séparer et le lire : sub epi- dermide. Il en sera de même à piriformis, qui doil s'écrire sans y. ( 209 Page 34 ligne 10 unchOk^ E.levasseur del. et Kit. Imp .13 ecquet.Paris . ICHTHYOLOGIE LES BROYEURS DU TERTIAIRE AQLITAINIEN Par M. E. DELFORTRIE, Vice-Président ' ^ •«■ i ' Les couches miocènes et pliocènes du département de la Gironde abondent en débris de poissons chez lesquels l'appareil masticateur, uniquement formé de dents plates, disposées en pavé, par conséquent impropres à lacérer la proie , doit les faire considérer comme de véri- tables broyeurs. C'est sur cette classe d'individus, différents de genres et d'espèces, que vont porter nos observations. ORDRE DES PLACOÏDES SOUS-ORDRE DES PLAGIOSTOMES GROUPE IDES SQTIALIDlEiNS Famille des CESTRAXIONTES Cette famille est caractérisée par ses dents réunies en séries conti- guës, formant pavé, et dépourvues de tranchant; leur base ou racine, osseuse, de forme très-variable, n'était pas enchâssée dans des alvéoles, mais adhérait simplement aux téguments tapissant la gueule ; la partie supérieure de la dent , la couronne proprement dite , présente des for- mes très-diverses qui , ordinairement , caractérisent les genres ; nous disons ordinairement , car chez certains , selon la place qu'elles occu- pent dans la mâchoire , les dents affectent des formes différentes , le Cestracion Philippii Cuvier, du port Jackson, Nouvelle-Hollande, seul ( 214 ) représentant aujourd'hui vivant de la famille des Cestraciontes , en offre un exemple frappant. (Voir la figure qu'en donne Agassiz , Recherches sur les poissons fossiles, t. III; planche D.) Le miocène supérieur de Saucats, Cestas et Léognan, et le pliocène de Salles nous ont donné une série de dents figurées , planches IX , X et XII, parmi lesquelles celles indiquées sous les n os 10, 16, 19, 21 et 27, nous paraissent avoir pu appartenir à des individus du genre Ccs- tracion, nous en donnons donc la description. Planche IX, Figure 10, A a. ( Saucats, miocène supérieur ) A. Vue par la surface de la couronne. Couronne lisse , de forme presque ovale , divisée par son grand axe en deux plans , dont le postérieur s'incline en arrière et l'antérieur en avant , ce dernier se terminant en hec. a. Vue en dessous. La dent fortement roulée de ce côté est légèrement concave et ne laisse voir que très-imparfaitement une partie de la racine. Planche IX, Figure 16, A, a, (Salles, pliocène) A. Vue par la surface de la couronne. Couronne lisse, légèrement bombée, arrondie sur les côtés et sur la face postérieure , coupée carrément à sa partie antérieure au centre de laquelle s'avance un bec, dont l'extrémité est taillée en double biseau. a. Vue en dessous. L'émail de la couronne en débordant de ce côté forme un bourrelet qui cercle la partie postérieure et la moitié environ des faces latérales. Cette dent, aussi bien conservée de ce côté que du côté de la cou- ronne, laisse parfaitement voir qu'elle était dépourvue de racines et que son adhérence était simplement due aux téguments qui venaient se loger dans une petite cavité circulaire qui se trouve placée près de la base du bec armant lo côté antérieur. ( 215 ) Planche X, Figure 19, A. a. (Salles, pliocène) A. Face externe. Couronne lisse, terminée en pointe aiguë, un étranglement ou gouttière trés-prononcée sépare la couronne de la racine , celle-ci est formée de deux pédoncules séparés. a. Face interne. Couronne lisse , légèrement bombée ; de ce côté, la racine s'étend sur toute la base de la dent sans solution de continuité. Planche X, Figure 21, A, a, b. (Salles, pliocène) A. La dent vue de face et relevée Couronne lisse, terminée en pointe émoussée. a, Vue en dessus. Surface lisse. b. Vue en dessous. De même que la dent décrite figure 16, celle-ci manque de racine proprement dite ; une cavité oblongue et de forme irrégulière , placée à-peu-près au centre de la base , servait de point d'attache aux tégu- ments qui la fixaient. Planche X, Figure 27, A. (Cestas, miocène supérieur ) A. Vue en dessus. Couronne plate, lisse, oblongue, se terminant carrément à l'arrière, arrondie sur les côtés et pourvue d'un avancement à la partie médiane du côté antérieur. Cette dent , dépourvue de racines , porte à sa partie inférieure deux petites gouttières transverses où venaient vraisemblablement s'attacher les téguments tapissant les maxillaires. Les cinq dents que nous venons, de décrire ont été reproduites avec un grossissement considérable. La grandeur naturelle en est indiquée par les deux lignes croisées accompagnant chaque figure. (216) GROUPE DES RAJID1ENS l re Famille PRISTIDES ou SCIES Planche X, Figures 30, 31, 32. Dents latérales du rostre, grandeur naturelle- ( Léognan, molasse ossifère, miocène supérieur. ) PRISTÏS AQUITANICUS Delfortrie L'existence de Pristides signalée depuis longtemps dans l'éocène de France, d'Angleterre et de Belgique n'avait point encore été indiquée dans le falun Aquitanien; nous donnons ici trois dents latérales du rostre pro- venant du miocène supérieur de Léoguan; ces dents, comme chez la Scie des mers actuelles, sont caractérisées par leur grand côté posté- rieur canaliculé, et par leur forme aplatie ; elles se terminent tantôt en fer de lance comme dans la figure 32, tantôt elles affectent à leur extré- mité la forme du ciseau de menuisier connu sons le nom de bec-d'ânc, comme dans les fig. 30 , 31 . De même que chez les Cestraciontes, les Pristides, qui tiennent à la fois des Squales et des Raies , ont les dents des mâchoires , plates et disposées en pavé; nous sommes porté à penser qu'on peut rapporter à ce genre quelques-unes des dents figurées planches IX, X et XII, pro- venant du miocène supérieur de Saucats, Léognan et Cestas et du plio- cène de Salles ; c'est cependant sous réserve que nous proposons l'attri- bution. 2 R Famille RAJIDES ou RAIES SANS AIGUILLONS Certaines Raies présentent, au moins sous Le rapport delà denti- tion, une grande affinité avec les Cestraciontes; les espèces ainsi carac- térisées sont abondamment représentées dans le miocène supérieur, à Léognan, Saucats et Cestas, et dans le pliocène, à Salles, les dents ci- après décrites provenant de ces gisements et figurées planches IX . X et XII, semblent devoir se rapporter à des espèces différentes; nous n'en- tendons pas cependant dire par là que chaque variété de déni représen- terait une espèce ; car, on sait que chez les Raies peuplanl les mers actuelles, les dents varient de forme selon la place qu'elles occupent dans les mâchoires. ( 217 ) Les dents qui nous occupent présentent toutes un double caractère commun consistant : 1° En ce que la couronne, à sa partie antérieure, est creusée d'un sillon plus ou moins profond , au-dessous duquel elle s'allonge en forme de visière ; 2° En ce que, entre la couronne et la racine, existe un étranglement plus ou moins prononcé. A part ce caractère , ces dents présentent entr'elles des différences notables qu'il n'était possible de rendre appréciables à l'œil qu'en gros- sissant considérablement les figures ; les deux lignes croisées accompa- gnant chacune de celle-ci et qui représentent : celle verticale, la hau- teur, et celle horizontale, la largeur de la dent, donnent la mesure du grossissement. Pour éviter les répétitions, nous ferons observer que les lettres, A , a , b , c , d , s'appliquant à toutes les figures qui vout être décrites, in- diquent : A, la dent vue par son côté antérieur ; a la même vue par son côté postérieur, b le sommet de la couronne vu sur son plat, cla dent vue on dessous, et d , la même vue de profil. Planche IX, Figure 4. (Saucats, Ceslas, miocène supérieur] Sommité de la couronne couverte do rugosités irrégulières , légère- ment bombée , ayant la forme d'un hexagone dont les deux pans laté- raux postérieurs forment plan incliné, visière allongée, étroite, per- lant sur son milieu une double arête. La racine est formée de deux longues branches régulièrement arron- dies et se terminant en crochets. Planche IX, Figure 2. (Saucats, miocène supérieur) Sommet de la couronne lisse , plat , de forme irrégulière , ayant la partie antérieure courbe et la partie postérieure composée do trois pans, visière étroite, allongée et de forme irrégulière. Racines doubles, massives , taillées carrément et à bases arrondies. Planche IX , Figure 3. (Saucats, Léognan, miocène supérieur) Couronne couverte, à son sommet seulement , d'un pointillé très- accusé, de forme irrégulière, courbe à la partie antérieure et formée ( 218 ) de deux pans d'inégale grandeur à sa partie postérieure, visière courte, très-élargie. Racines doubles, courtes, formant crochets. Planche IX, Figure k. (Sauçais, miocène supérieur) Couronne portant quelques sillons irréguliers à son sommet , courbe à la partie antérieure et comptant trois pans irréguliers à la partie pos- térieure, visière courte, élargie. Racines doubles , courtes et droites. Planche IX, Figure 5. (Saucats, miocène supérieur) Sommet de la couronne fortement pointillé, à l'exception toutefois d'une bande informe longeant la partie postérieure et la partie latérale gauche , qui est restée lisse ; la partie antérieure suit une courbe irré- gulière portant trois dents de scie à sa partie médiane, la partie posté- rieure est formée de trois pans inégaux; visière courte, élargie. Racine massive portant à la base une échancrure formant ainsi deux branches courtes, arquées et pointues à leur extrémité. Planche IX , Figure 6, ( Saucats , miocène supérieur ) Sommet de la couronne ayant la forme d'un losange , dont les deux côtés formant la partie antérieure, se courbent légèrement pour se termi- ner en pointe à leur point de réunion, un pointillé peu sensible couvre la moitié postérieure du sommet de la couronne ; l'autre moitié est lisse , visière allongée, large, bordée d'un bourrelet à la partie inférieure et coupée en deux parties égales par une arête régulière. Racines doubles, massives à leur naissance, devenant irrégulières et grêles à mesure qu'elles se rapprochent de l'extrémité , la racine droite plus longue que celle de gauche; ces mêmes racines portent chacune sur la face antérieure une petite cavité régulière, profonde, qui, de ce côté, donne à la dent le très-singulier aspect d'une tète coiffée d'une casquette. Planche IX, Figure 7. ( Saucats , miocène supérieur) Sommité de la couronne affectanl la forme d'un losange régulier, un pli sensible, profondément pointillé, la traverse, visière courte et élargie. ( 219 ) Racines massives , doubles ; celle de gauche taillée en biseau , beau- coup plus forte que celle de droite qui est en forme de crochet. Planche IX; Figure 8. (Saucats, miocène supérieur.) Sommet de la couronne très-rugueux , de forme irrégulière , cintré à la partie antérieure et se terminant presque en pointe à la partie posté- rieure ; visière allongée et élargie. Racines en crochets, la droite plus longue que celle de gauche. Planche IX, Figure 9. ( Sauçais , miocène supérieur ) Sommet de la couronne lisse et portant plusieurs dépressions, de forme irrégulière ; visière allongée s'étendant moins en largeur du côté gauche que du droit. Racines fortes; celle de gauche taillée presque en biseau, plus longue et plus massive que celle de droite qui est en crochet. Planche IX, Figure 1 1 . ( Saucats , miocène supérieur ) Sommet de la couronne divisé par un sillon très-profond en deux parties distinctes , l'une et l'autre de forme irrégulière , portant chacune au milieu une cavité autour de laquelle est un pointillé très-accusé. Quatre racines, celles correspondant au côté antérieur, de même forme et longueur, mais plus courtes que celles qui correspondent au côté postérieur; chez ces dernières, l'une plus courte que l'autre est massive et arrondie à la base ; l'autre , au contraire , est allongée et se termine en pointe. Planche IX, Figure 12. ( Saucats , miocène supérieur ) Sommet de la couronne en losange couvert d'un pointillé très-accusé ; visière étroite, très-allongée, se terminant presque en pointe à sa partie inférieure qui est elle-même, surmontée d'une aspérité lisse, de forme oblongue. Les racines qui se détachent d'un bloc taillé carrément se terminent en deux crochets très-courts. ( 2-20 ) Planche IX, Figure 13. (Léognan , miocène supérieur) Sommet de la couronne finement pointillé, arqué très-sensiblement d'arrière en avant, de forme pentagonale, se terminant à l'avant par un bec qui retombe en saillie sur la visière; celle-ci allongée et large. Racine unique, creuse, conique, faisant saillie. Planche IX, Figure 14. (Salles, pliocène) Sommet de la couronne la figure b la représente vue par l'arrière'; légèrement bombé, rugueux; sa partie postérieure porte sur le milieu une arête qui , en s' élargissant d'arrière en avant décrit ensuite deux courbes joignant les côtés; régulièrement arquée à l'arrière elle est formée à sa partie antérieure par deux lignes cintrées qui en se réunis- sant donnent une pointe ou bec n'occupant pas tout-à-fait le milieu du bord, mais placé un peu à sa droite ; visière allongée et élargie. Les racines, qui se détachent d'une masse taillée carrément, consis- tent en trois branches de forme et de grandeur inégales, celle de droite, qui est la plus longue, avant forme de crochet. Planche IX , Figure 14 (bis). (Salles, pliocène) Sommet de la couronne poli, déprimé et formant gouttière à la partie postérieure qui se termine en bec, visière courte, élargie. La racine consiste en une masse unique, saillante, percée de deux cavités circulaires. Planche IX, Figure 15. (Salles, pliocène ) Sommet de la couronne lisse, affectant la forme d'un ovale irrégulier; visière étroite , allongée. Racines massives, à large base, la figure c représentant la dent pla- cée sur le coté et vue en dessous, permet de voir que les deux pédon- cules ou racines séparées par un intervalle fort étroit, ont une base dont la surface est presque égale à celle de la couronne. Nous ferons observer que cette dent a une analogie frappante avec les dents de la Haie bouclée lUria clavata), des mers actuelle.,, dont nous donnons un spécimen sous la figure 22, planche X. ( 2-21 ) Planche IX, Figure 17. (Salles , pliocène ) Sommet de la couronne lisse mais fortement déprimé , de forme ovale, visière allongée , étroite. Racines fortes, celle de gauche à base large, la dioite en forme de croc. Planche IX, Figure 18. (Salles, pliocène) Sommet de la couronne lisse et plat, ayant la forme d'un losange irrégulier dont les deux pans de gauche sont plus courts que ceux de droite; visière courte, élargie. Racines fortes; celle de gauche à large base; celle de droite plus grêle et terminée eu croc. Planche X , Figure 20. (Salles, pliocène) La figure A, qui représente la dent vue de face, permet de voir que le sommet de la couronne affecte une forme assez régulière , arquée en dedans à la partie antérieure, et arquée en dehors à la partie posté- rieure ; la visière est courte et étroite. La figure a montre la dent vue par les racines qui sont roulées , par conséquent informes et inutiles à décrire ; le feston qui s'aperçoit au- dessus des racines est un cordon granuleux d'émail débordant de la cou- ronne. Planche X, Figure 23. (Saucats, miocène supérieur Sommité de la couronne lisse, creusé en gouttière très-prononcée, se terminant en pointe aiguë à la partie antérieure qui s'incline en avant, très-élargie et évasée à la partie postérieure couverte de plis , ou rides. Racines doubles, courtes, massives; celle de gauche taillée en bi- seau, celle de droite en croc. Planche X , Figure 23 (bis). [ Saucats , miocène supérieur) Sommet de la couronne rugueux , creusé comme dans la figure qui précède , terminé en pointe acérée à la partie antérieure et s'élargissant d'une manière très-sensible à la partie postérieure. ( 222 ) Racines doubles, allongées; celle de gauche moins longue et moins aiguë que celle de droite qui se termine en crochet acéré. Planche X , Figure 24. (Saucats , miocène supérieur) Sommet de la couronne très-rugueux, allongé, légèrement canali- culé, terminé en pointe déliée à la partie antérieure, élargi à la partie postérieure. Racines courtes , massives , se terminant carrément ; celle de gauche beaucoup plus forte que celle de droite. Planche X, Figure 25. (Saucats, miocène supérieur ) Sommet de la couronne sillonné dans sa longueur par un canal pro- fond et lisse dont les bords formant les parties latérales de la couronne sont couverts de rugosités ; partie antérieure étroite , inclinée en avant , mais coupée carrément (peut-être n'est-ce que l'effet d'une brisure; nous serions porté à croire que cette partie antérieure se terminait en pointe aiguë), partie postérieure élargie. Racines doubles, massives, courtes, à extrémités arrondies; celle de gauche plus courte que celle de droite. Planche X, Figure 26. (Cestas, miocène supérieur) Sommet de la couronne lisse, canaliculé, finissant en pointe aiguë et recourbée à la partie antérieure , élargi vers la partie postérieure, Racines allongées formant deux crochets réguliers. Planche X, Figure 28. (Cestas, miocène supérieur ) Sommet de la couronne de forme irrégulière , courbe sur l'avant et se terminant en pointe à l'arrière; un cordon lisse longe le pourtour de ce sommet dont le reste de la surface forme saillie et est couvert de rugo- sités très-accusées ; la partie antérieure de la couroune tombe en visière allongée et élargie. Racines doubles , courtes, écartées, se terminant en croc. ( 2-23 ) Planche X, Figure 29. ( Cestas, miocène supérieur ) Sommet de la couronne en forme de losange , plate , lisse ; visière étroite et allongée. Racines doubles, courtes, écartées, finissant en biseau. Planche XII , Figure 65. ( Sauça ts, miocène supérieur) Sommet de la couronne lisse, bombé , très-arqué d'avant en arrière, de forme ovalaire ; la visière courte, large , présente de chaque côté un pli d'émail en forme de gouttelette, dont le relief est très-accusé; elle porte , en outre , sur son milieu une arête à saillie très-prononcée , qui s'étend jusqu'à la bifurcation des racines, ce qui donne à l'ensemble de la dent, vue du côté antérieur, l'aspect d'une face humaine. Racines doubles, massives, se terminant en biseau. Ce n'est pas seulement par les dents que les Rajides accusent leur présence dans le falun : le miocène de Saucats et le pliocène de Salles et de Saucats-Lassime renferment des callosités dermiques ou granu- lations osseuses, se rapprochant des tubercules qui caractérisent la Raie bouclée; ces tubercules (figurés planche X, n 03 33, 34, 35, 36, au double de leur grandeur naturelle), paraissent avoir appartenu à des Raies et se rapporter à deux espèces , ceux figurés n 03 33 , 34- , 35, af- fectent la foj'ine d'un ovale irrégulier ; leur face interne légèrement concave est tantôt lisse, tantôt plissée, quelquefois aussi couverte en partie de petites granulations; sur quelques-uns, chez lesquels est en- levé la première pellicule , on peut reconnaître une structure feuilletée, formée de rayons se dirigeant du centre à la circonférence. La face externe, qui est celle reproduite par les figures, est lisse, bombée, et traversée dans son grand axe par un sillon profond et tor- tueux terminé par une large échancrure à une de ses extrémités , peut- être s'élevait-il de cette échancrure un piquant dont il n'existe plus trace. Le tubercule désigné sous le n° 36 et provenant du pliocène de Salles diffère essentiellement des précédents ; la face externe sous laquelle il est représenté, de forme presque circulaire, montre en un point de la circonférence un avancement ou bec très-prononcé ; cette face , légère- ment bombée est lisse et nacrée ; la face interne fortement mamelonnée, ( 224 ) presque conique, est formée Je couches concentriques superposées, feuilletées perpendiculairement. Des indications qui précèdent , il ressort que le miocène supérieur et le pliocène sont les seules strates qui aient fourni , dans le département de la Gironde , des restes de Cestraciontes , Pristides et Rajides ; aucun de leurs vestiges n'a encore été signalé jusqu'à ce jour, que nous sa- chions au moins, dans le miocène inférieur calcaire à astéries;. 3 e FAMILLE MYLIOBATIDES ou RAIES ARMÉES Les Myliobatides caractérisés par de larges dents plates , ou chevrons, formant par leur juxtaposition un véritable parquet, se distinguent, en outre, par leur plaque pharyngienne, qui, toujours plate et allongée, dépasse la plaque vomérienne , courte et fortement arquée d'avant en arrière ; ils se subdivisent en : MYLIOBATES pourvus de dents médianes et marginales, ces derniè- res sur une , deux ou trois rangées; les médianes qui sont transverses ont leurs extrémités taillées en double biseau, excepté cependant les deux premières et les deux dernières qui, chez quelques individus, se termi- nent soit carrément, soit en biseau simple, soit enfin en crochet, selon qu'elles se soudent par un seul côté à une des dents marginales ou qu'elles n© rencontrent aucune de celles-ci. Les dents médianes sont de même longueur que les marginales ; ces dernières sont , le plus souvent, en forme d'hexagone ou de losange , plus ou moins réguliers , quelque- fois , aussi , on les trouve soit complètement informes , soit festonnées en quatre-feuilles. C'est à tort que quelques auteurs donnent comme un caractère cons- tant chez les Myliobates, la courbure des grands chevrons en arrière; nous ferons observer d'abord que la courbure, quand elle existe, est très-peu prononcée , et qu'ensuite ces chevrons sont tantôt droits, tantôt courbés en avant, tantôt dirigés en arrière, aiusi que nous le verrons pins loin. Le seul caractère Qxe et constanl des Myliobates est d'avoir des dents latérales. Le type du genre esl le Myliobates aquila Duméril, espèce vivante. ETOBATES. — Caractérisés par l'absence de chevrons latéraux et par la courbure des dents qui , dans la mâchoire inférieure, est toujours dirigée en avanl , telle est la diagnose donnée aujourd'hui par la science, ( 225 ) elle est vraie , mais incomplète ; il est d'autres caractères fixes sur les- quels nous appelons l'attention : 1° Dans le genre .Etobates, les dents ou chevrons ne sont jamais terminés en double biseau comme chez les Myliobates, mais finissent en crochets ou pointes recourbées ; 2° Les dents, au lieu d'être simplement juxtaposées entre elles comme chez les Myliobates , sont réunies tout-à-la-fois par juxtaposition et par superposition, et cela à cause des racines qui au lieu d'être perpendicu- laires à la couronne comme chez les Myliobates et Zygobates sont reje- tées obliquement en arrière. Le type du genre est le Myliobates Narinari, de Margraf, actuellement vivant (côtes du Brésil), ZYGOBATES. — Ce genre se distingue par une rangée médiane de larges chevrons se joignant de droite et de gauche à une rangée de che- vrons un peu-moins larges, lesquels, à leur tour, sont soudés latérale- ment à des chevrons plus petits , de forme hexagonale. De même que chez les Myliobates les chevrons grands et moyens ont leurs extrémités taillées en double biseau. Le type du genre est le Myliobates Jussieui Cuvier, espèce vivante (Brésil). MYLIOBATES Les couches miocènes (inférieur et supérieur) et pliocènes de la Gi- ronde renferment de nombreux débris du genre. MYLIOBATES MICRORBIZUS Delfortrie. Planche X , Figure 37, A., a, b. (Léognan, molasse ossifère, miocène supérieur ) Plaque vomérienne entière, grandeur naturelle. Cet individu réunit, ainsi qu'il va être dit, non -seulement des condi- tions spécifiques qui ont déterminé Agassiz à faire deux espèces distinc- tes, mais il porte aussi avec lui un caractère qui l'éloigné tellement de chacune de celles-ci que nous n'hésitons pas à en faire une espèce à part. A. Face externe. La pièce vue ainsi de son côté triturant, fortement arquée d'avant en arrière, légèrement cuurbe sur les côtés, est usée à sa partie antérieure c, par l'effet de la mastication, sur un espace comprenant les trois Tome XXVIII. 15 ( m ) premières dents; elle présente une surface finement ponctuée presque chagrinée, comme chez le Myliobates punctatus Agassiz ; elle se compose de huit chevrons médians se soudant latéralement à une double ran- gée de petits chevrons en losange; et enfin, de même que chez le My- liobates suturalis Agassiz, les chevrons sont unis entre eux par des sutures comme chez les Chéloniens, et non par des contours lisses comme chez la plupart des Myliobates. La ligne d'union des grands chevrons entré eux, qui est presque droite pour les trois premiers , se courbe en avant chez les quatre suivants pour se courber légèrement en arrière entre le septième et le dernier. a. Face interne. Chez les Myliobatides, en général, les plaques dentaires vues du côté de la racine, n'offrent aucune solution de continuité, c'est-à-dire que les chevrons sont de ce côté, comme du côté triturant, parfaitement juxta- posés; contrairement au mode ordinaire, la pièce qui nous occupe, vue de ce côté, qui est concave (ainsi que le montre la figure b la reprodui- sant de profif , présente ce caractère très-singulier : que les racines des dents ou chevrons , soit médians , soit latéraux , ne s'étendent pas sur toute la longueur de la couronne ; il en résulte un vide entre tous les chevrons , de telle sorte que chaque dent juxtaposée à ses voisines du côté de la couronne, s'en trouve être, au contraire, complètement isolée du côté de la racine ; enfin, les six premiers chevrons médians sont très- légèrement pectines, et les deux derniers ainsi que tous les chevrons la- téraux sont à racines lisses. En d se voit la proéminence ou talon qui caractérise toujours la dont médiane postérieure. MYLIOBATES FUNIGULATUS Delfortrie. Planche X, Figure 38, A, a, c. Plaque vomérienne entière, grandeur naturelle. (Léognan, falun libre, miocène supérieur] A. Face externe. Cette pièce , comme toutes les plaques vomériennes de Myliobatides, est arquée d'avant en arrière et courbe sur ses côtés ; la surface tritu- rante lisse, est usée à sa partie antérieure d, par l'effet de la mastication sur un espace qui s'étend de la première à la sixième dent médiane, ce qui rend presque imperceptibles les lignes d'union des chevrons; mais, à partir do. ce point jusqu'à l'extrémité postérieure A ■Ïf4 A fe\ m S -Kfy ^iaSui^ï^ .">, i'! .'•■'"> J i 57 T. XXVIII. PL.X11 52 Si 53 Actes de la Société liiméeime de Bordeaux 46 il IIS 1 \ B A fis 55 f 62 4Z -A ^ L^ 8 i a A 50 a B assisse N -b -a 56 6J 57 T. XXVIII. PL. Xll 51 53 65 A 1 ( 233 ) enfin, M. Wyman en cite une provenant du tertiaire d'Amérique; toutes ces espèces présentent un caractère commun consistant en ce que sur les plaques vomériennes comme sur les plaques pharyngiennes , les dents sont multiples et disposées par rangées comme chez les Pycno- dus ; leur forme même a une grande analogie avec les dents de ces derniers, desquelles elles ne diffèrent réellement que par leur structure feuilletée composée d'une série de 4 à 8 et 1 lames très-minces qui de- vaient se remplacer successivement à mesure que les supérieures s'u- saient par la mastication. Les individus que nous allons décrire présentent également un appareil dentaire à structure feuilletée , et sous ce rapport , ils offrent une cer- taine analogie avec les Phyllodus, mais ils en diffèrent essentiellement quant à l'ensemble ; c'est ainsi entr'autres caractères saillants, qu'au lieu d'avoir comme chez les Phyllodus , les plaques vomériennes et pharyngiennes tapissées de dents multiples, formées chacune d'une seule pile de feuillets , ceux-ci ont leurs plaques couvertes par une masse dentaire unique, formée de deux piles de feuillets, et les mâchoi- res revêtues d'une gaine d'émail , traits spécifiques qui les rangent dans la famille des Gymnodontes à laquelle appartiennent les Diodon, Tétro- don et Mole des mers actuelles. GYMNODUS DIODON Delfortrie. Planche XII, Figure 54, A, B, G. Arc maxillaire avec plaque vomérienne , grandeur naturelle. ( Villenave-d'Omon , molasse ossifère, miocène supérieur) A. Face externe. La pièce ainsi vue de face, montre dans tout son développement l'arc maxillaire, large, légèrement bombé, fortement échancré vers la partie qui se soudait aux os nasaux, percé latéralement de deux cavités régulières qui donnaient passage aux attaches nerveuses; son extrémité antérieure projetée en avant, sensiblement cintrée et se terminant en lame tranchante , forme l'avant de la mâchoire supérieure qui , au lieu d'être simplement formée d'un tissu osseux comme le reste de l'arc , est revêtue dans toute sa longueur d'nne bordure étroite d'émail den- taire qui a conservé tout son poli et sa dureté. Tome XXVIII. \ 6 ( 234 ) B. Face interne. Entre les deux cavités dont nous venons de parler se montre très- distinctement l'appareil dentaire, formé d'une masse unique, composée elle-même de deux piles de lamelles superposées ; le trait perpendi- culaire qui se voit au-devant de la masse et la divise en deux parties égales indique la ligne de jonction des deux piles; chacune d'elles compte treize feuillets ou lamelles ; sur l'une et l'autre de ces piles , la première lamelle a, fortement usée par la mastication, laisse percer sur plusieurs points la lamelle qui lui est superposée. A partir de la base des deux piles de feuillets, une couche d'émail dentaire tapisse toute la voûte palatale b b jusqu'au bord antérieur de l'arc maxillaire qui a son extrémité tranchante et bordée aussi d'émail du côté externe, ainsi que nous l'avons déjà dit. La figure C, qui représente la pièce vue de trois-quarts montre en c c les derniers feuillets formant la dent ainsi que la ligne qui divise les deux piles. Dans la pièce que nous venons de décrire , les feuillets composant la dent sont solidement soudés ensemble ; mais il arrive fréquemment de trouver soit ces feuillets isolés, voir figure 55 (les carriers leur donnent le nom d'ongles de mort), soit une série de feuillets à peine adhérents entr'eux et se détachant au moindre effort ; c'est ainsi que la figure 56 représente un fragment provenant du miocène inférieur (calcaire à astéries) de Cubzac (Gironde), qui se compose de huit lamelles déta- chées. GYMNODUS HETERODON Delfortrie. Planche XII, Figure 57, A, B, C. Arc maxillaire avec mâchoire supérieure adhérente, grandeur naturelle ( Léognan, molasse ossifère, miocène supérieur.) Cette espèce diffère essentiellement de celle qui précède, par la con- formation de la partie antérieure du maxillaire. A. Face externe. Arc maxillaire large, percé de deux cavités régulières qui donnaient passage aux attaches nerveuses, montrant en b la fosse oii se logeait le eondvle, légèrement rejeté? pn arrière vers réchanernre formant ln pourrait appeler le bassin de la coquille , c'est-à-dire la partie com- prise entre la pointe postérieure et le commencement des stries trans- verses. 35. S. Filliouxi Lafont, Bulletin de l'Ass. scientifique de France, n° 81 . 1868; Journal de Conch. t. XVII, p. 11 (exclus. Synon., Vé- rany) 1869 ; S. oflicinalis d'Orb. et Fer. (pro parte). Hist. nat. des Céph. 2, 1 p. 65 , fig. 1 , 2, 3! (tantum). Taille atteignant jusqu'à , 35 centimètres, coquille moins épaisse que dans l'espèce précédente , stries transversales commençant en avant de la longueur totale ; granulations de la face supérieure très-grosses , même chez les jeunes. Ponte en Mai et au commencement de Juin. Cette espèce est la plus grande de nos côtes ; elle a généralement une teinte plus rougeatre que l'espèce précédente , qui a une tendance à tirer sur le vert ; les bras sont aussi plus longs, toute proportion gardée en- tre les mâles et les femelles. Les œufs sont gros (10 à 12 m. m.) allon- gés et contenus en grand nombre dans le sac ovarien. 36. S. Fischeri Nob. S. Filliouxi (olimpro parte); S. ofJicinalisYéraiay? pi. 25. Taille ne dépassant guère 20 centimètres , coquille mince , bien moins épaisse que dans les espèces précédentes, stries transversales commen- çant presque à l'extrémité antérieure , bien plus haut que dans l'espèce précédente, surtout chez les femelles; granulations de la partie supé- rieure grosses , mais moins détachées que dans l'espèce précédente. Ponte en Juillet et commencement d'Août. J'avais confondu cette espèce avec la précédente, dont elle se rappro- che par la position des stries transversales de la face ventrale de la co- quille ; une observation plus attentive des individus qui viennent pondre tardivement dans notre baie , m'a conduit à la certitude qu'ils appar- tiennent à une espèce distincte, que je dédie à mon ami, le docteur Fischer, auteur du Catalogue des Mollusques du sud-ouest de la France. Indépendamment, en effet, de la ponte tardive de cette espèce et de la position reculée du commencement des stries transverses , la coquille des mâles est sensiblement plus étroite que dans l'espèce précédente, et se rapproche, sous ce rapport, de la coquille du S. oflicinalis mâle. La coquille de la femelle est, au contraire, plus large que dans les espèces précédentes, beaucoup plus concave, plus élargie en arrière et plus ( 272 ) acuminée en avant ; enfin , son peu d'épaisseur lui donne une physiono- mie toute particulière. Les œufs sont très-petits et ne dépassent guère 8millim.de diamètre ; les spermatophores sont également plus courts et plus minces que dans les deux espèces précédentes. Comme le S. officinalis, cette espèce est rare et reste cantonnée dans les parties de la baie les plus rapprochées de l'Océan. Le S. Filliouxi, au contraire , est excessivement abondant et se rencontre sur tous les points de la baie. 37. S. Orbignyanà Fer. in d'Orbigny; Fischer, cat. Journ. Conch., t. XV, p. 14. Taille , environ 20 centimètres , coquille étroite, rose, assez épaisse, rétrécie en arrière et fortement acuminée , stries transverses commen- çant en avant de la moitié. Je n'ai jamais vu l'animal vivant. 38. S. rupellaria d'Orb. ; Fischer, cat. Journ. Conch., t. XV, p. 14. Taille , environ 8 à 10 centimètres, coquille étroite , blanche, rétrécie en avant et en arrière , peu acuminée , stries transverses commençant en avant de la moitié. Je n'ai pas vu l'animal vivant ; cependant , la côte de l'Océan est quelquefois couverte des coquilles de ces deux dernières espèces. SEPIOLA Leach. 39. S. Atlantica d'Orbigny. Hab. Le Bassin d'Arcachon, oii elle est rare. Ce genre doit être placé à côté des Loîigo , dont il a toutes les allu- res pendant la vie ; le mode de progression est le même , et les bras tentaculaires ne sont pas retractés comme dans les Saches , mais allon- gés comme chez les Calmars. LOLIGOPSIS Lamk. 40. L. subulata Lamk.; Fischer, Cat. Journ. Conch., t. XV, p. 14. Hab. Un échantillon pris au large des passes. LOLIGO Lamk. 41. L. vulgaris Lamk.; Vérany, Céphal. de laMéd., pi. 34; Férussac et d'Orb., Céphal., pi. 22, fig. 1 ; Fischer, Faune Conch. de la Gironde, supplément, p. 144. Taille 15 a 2"> centimètres, corps large, atténué en arrière, œil ( 213 ) grand, nageoires commençant un peu en arrière des trois-quarts de la longueur du corps, à angles latéraux bien prononcés, bras de la troi- sième paire amincis extérieurement et très-aplatis pendant la natation ; massues des bras tentaculaires longues et portant des ventouses d'iné- gale grandeur; les internes très-grandes par rapport aux externes ; cellules chromatophores grandes. Ponte en mai et juia. Hab. Le Bassin d'Arcachon. 42. L. affinis Nob. (PI. XIII.) Taille 30 à 40 centimètres, corps presque cylindrique étroit, très- long , œil petit , tête courte , nageoires commençant au-dessous [des deux tiers du corps, à angles latéraux médiocrement prononcés, bras médiocres, bras tentaculaires portant une massue longue, trigone, avec une crête assez large dressée pendant la natation , ventouses de gran- deurs très-inégales , cellules chromatophores grandes. Hab. Le Bassin d'Arcachon. Je ne connais pas la femelle de cette espèce; mais j'ai eu à ma dis- position, en octobre 1868 et en septembre 1869, une trentaine d'indi- vidus mâles, portant des spermatophores commençant à s'organiser et à se développer. Il est probable que la ponte doit s'effectuer, comme pour la Sepia officinalis, au mois de février, sinon un peu avant. Cette espèce, très-voisine du L. vulgaris , a les yeux moitié plus petits , la tête plus courte ; le corps des mâles est gros comme dans les femelles de L. vulgaris, mais plus allongé. 43. L. microcephala Nob. (PL XIV.) Taille 50 à 60 centimètres, corps large, atténué en arrière; tête excessivement petite pour la largeur du corps, dépassant peu la moitié de la largeur de celui-ci ; œil médiocre ; nageoires commençant vers les trois-quarts de la longueur totale, à angles externes peu prononcés; massue des bras tentaculaires étroite, portant cinq paires de grandes ventouses , bras ordinaires courts , bras tentaculaires plus courts que le corps ; cellules chromatophores petites. Hab. L'Océan, au large des passes, février 1869. Quatre mâles et une femelle , sans œufs ni spermatophores. La coquille interne est plus large vers son extrémité antérieure, que dans toutes les espèces de nos côtes. 44. L. Forbesi Steenstrup ; Fischer, Supp. à la Faune Conch. de la Gi- ronde , p. 1 45. Taille 20 à 25 centimètres; corps très-atténué en arrière, œil petit; Tome XXVIII. 18 ( 274 ) nageoires commençant un peu au-dessus de la moitié, vers les deux tiers de la longueur totale , à angles externes bien prononcés ; bras ordinaires longs , massue des bras tentaculaires courte , et portant des ventouses de grandeurs à-peu-près égales ; cellules chromatophores petites. Ponte en avril et mai. Hab. Le Bassin d'Arcachon. Cette espèce paraît propre à l'Océan , et se prend en grande abon- dance dans nos parages. 45. L. Moulïnsi Nob.; L. vulgaris Férussac et d'Orbigny, pi. VIII, non Lamk. Taille 30 à 45 centimètres ; corps cylindrique, arrondi en arrière, œil grand ; nageoires commençant en avant, vers les deux tiers de la longueur totale, à angles externes très-obtus; massues des bras tentaculaires plus longues que dans le L. Forbesi, et portant des ventouses de gran- deur à-peu-près égale. Ponte en novembre. Hab. L'Océan; quatre mâles en mai 1868 et 1869, une femelle prête à pondre le 7 novembre 1869. Je dédie cette espèce à mon maître vénéré , M. Charles Des Moulins , le doyen des naturalistes girondins. 46. L. MACROPHTHALMA Nob. (PI. XV.) Taille 25 à 30 centimètres; corps en pyramide renversée, yeux énor- mes , très-r -approchés , tête étranglée entre les yeux et la base des bras ; nageoires commençant en avant vers les deux tiers du corps , à angles bien prononcés ; m issues des bras tentaculaires courtes et portant des ventouses, dont le diamètre varie entre 3 et 4 millimètres, par consé- quent plus-grosses que dans les deux espèces précédentes. L'Océan, au large des passes. Septembre. Cette espèce ressemble beaucoup au L. vulgaris; elle en diffère par ses yeux encore plus gros et les ventouses des bras tentaculaires, qui sont presque égales. 47. L. pulchra Blainv. ; Fischer, Faune de la Gironde, supplément, p. 145; L. média Jeffreys (ex ipso) non Forbes etHanley. Taille 5 à 10 centimètres, nageoires ovales, n'atteignant pas la moitié du corps , couleur rouge foncé. Hab. Le Bassin d'Arcachon , septembre et octobre. L'on pourrait dresser de la façon suivante le tableau synoptique des Calmars que je viens de décrire : ( 275 ) fi. Nageoires plus courtes que la moitié du corps .... L. pulchra. 13. Nageoires plus longues que la moitié du corps . . . . C. Ventouses des ( j petiL * • ' L ' a ffînis. bras tentaculaires < œil \ moyen L. microcephala. très-inégales. / / . . r , . ° l l très-gros L. vulgaris. Ventouses des ( [ P etit L Forbesi. bras tentaculaires \ œil / moyen L. Moulinsi. ( très-gros L. macrophlhalma à-peu-près égales. Les L. vulgaris et Forbesi se prennent communément soit dans le Bassin , soit au large des passes ; les autres espèces doivent habiter ordi- nairement la haute mer et ne venir que rarement sur nos côtes, et seule- ment au moment de la ponte , comme les Ommastrephes. OMMASTREPHES d'Orb. 48. 0. sagittatus Lamk. (sub Loligo) ; Forbes et Hanley, pi. RRR, fig. I ; Fischer, Faune de la Gironde, p. 85. Taille 1 5 à 30 centimètres ; corps grêle et allongé chez le mâle , plus trapu chez la femelle ; bras tentaculaires ne portant de ventouses que sur le dernier tiers, aussi longs que le corps ; dents des petites ventou- ses des bras tentaculaires obtuses ; nageoire formant un parallélo- gramme régulier. Ponte : mars et avril. Hab. L'Océan, ou il paraît assez commun pendant les deux mois ci- dessus; on en prend quelques-uns à chaque coup de chalut. 49. 0. crassus Nob. (PI. XVI). Taille 50 à 60 centimètres ; corps trapu , bras ordinaires épais , bras tentaculaires ne portant de ventouses que sur le dernier tiers, plus courts que le corps , dents dos petites ventouses des bras tentaculaires pointues et courbées ; nageoire formant un parallélogramme irrégu- lier, dont les côtés supérieurs sont plus courts que les inférieurs; coquille étroite. 50. O. Todarus Délie Chiage ; Forbes et Hanley, pi. RRR , fig. 2 ; Fis- cher, Faune de la Gironde, Supplément, p. 146. Je n'ai jamais vu cette espèce, qui se distingue de VO. sagittatus, par son sac plus épais et par ses bras tentaculaires couverts de ventou- ses sur toute leur longueur. M. Fischer ajoute (loc. cit.), qu'il croit que VO. Bartrami Lesueur a été recueilli dans le Bassin d'Arcachon. Je n'ai jamais" rien vu qui ressem- blât à cette espèce , bien caractérisée par sa coquille très-large enavant. ( 276 ) SPIRULA Lamk. 51. S. Peronii Lamk. La Spirule ne vit pas sur nos côtes ; leurs coquilles sont apportées par les courants des mers chaudes. FÉCONDATION DES CÉPHALOPODES J'ai publié, dans les Annales des sciences naturelles (S c o e , t. XI, p. 109) quelques observations sur la fécondation de ces Mollusques; en continuant mes recherches , je suis arrivé aux résultats suivants : Les spermatophores naissent et se développent dans la poche de Needham , au sein d'une vésicule transparente complètement close , à parois indiquées par deux lignes obscures séparées par une ligne claire. Cette vésicule disparaît au moment où se forme le réservoir à sperme, et enveloppe le spermatophore pendant la formation du sac, de la trompe , du ressort à spirale et de l'étui (observations faites sur des Loligo affi- nis, pendant les mois de septembre et d'octobre.) J'ai rencontré quelquefois , soit dans le canal de Needham , soit dans la partie supérieure des vésicules d'Edwards (vésicules séminales de Cuvier), des sphères transparentes, contenant quelques granulations, et au moins aussi grosses que les cellules mères des spermatozoïdes; d'un autre côté, le testicule ne renfermait que des spermatozoïdes ou des cellules filles. Il est donc probable que ce sont ces sphères qui donnent naissance aux spermatophores , et qu'elles sont produites par la partie glanduleuse des vésicules d'Edwards. Les spermatophores se chargent de sperme par leur partie inférieure, très-probablement au moyen du filament glutineux qui sort de la trompe et du ressort en spirale, aidés par les mouvements vermiculaires de l a poche de Needham. Genre SEPIA Le 23 mai 1870, une femelle de S. Filliouxi, depuis lougtemps à l'Aquarium, et assez apprivoisée pour se laisser manier sans trop de difficulté, pondait dans un bassin extérieur et attachait ses œufs à une feuille de Zostèrc. Je la retirai de l'eau et constatai , entre les bras, tout autour de la bouche, un certain nombre de petits sacs remplis de sper- matozoïdes. Ces sacs étaient attachés par leur partie la plus large , et avaient été évidemment éjaculés par la base des spermatopbores. La femelle, remise à l'eau, continua de pondre. Au bout d'environ ( 277 ) demi-heure , en l'examinant de nouveau, je vis que le nombre des petits sacs remplis de sperme avait beaucoup diminué , et qu'il n'en restait qu'environ une douzaine. Aussitôt remise à l'eau , elle s'approcha d'un mâle, qui s'accoupla avec elle; retirée de nouveau, cette femelle avait tout le tour de la bouche garni de petits sacs semblables aux premiers, et adhérents presque tous à la membrane qui se trouve entre le bec et les bras. Après cet examen , je remis de nouveau la femelle dans l'eau , ou elle continua de pondre pendant plus de deux heures, sans interrup- tion nouvelle. Il est bien évident que tous ces petits sacs servent à féconder les œufs, au moment où ils sortent de l'entonnoir et où la femelle les tient entre ses bras. Depuis cette époque, plus de la moitié des femelles que j'ai pu examiner avaient un nombre plus ou moins grand de petits sacs autour de la bouche. Cependant , il se pourrait que ce mode de fécondation ne fût pas le seul employé par ces Céphalopodes ; on trouve, en effet, dans la poche des mâles, un grand nombre de spermatophores qui ne peuvent pas éjacu- ler par le bas , et qui finissent par se crever par le haut , soit par l'effet d'une pression exercée sur eux, soit par un séjour de quelques minutes dans l'eau de mer. Ces spermatophores sont en général grisâtres. Enfin, j'ai souvent trouvé, dans les débris de spermatophores rejetés par les mâles après l'accouplement , un certain nombre de spermato- phores ayant éjaculé par le sommet du réservoir; j'ai également ren- coutré, rarement il est vrai, dans le sac des femelles, de petits cylin- dres compactes composés de spermatozoïdes, et provenant de sperma- tophores ayant éjaculé par le haut. Genre LOLIG-0 Pendant le mois de mai , j'ai constaté que presque toutes les femelles de cette espèce portaient , sur la membrane qui entoure la bouche, entre les bras de la première paire , une sorte de vésicule , de la grosseur d'un gros grain d'orge , remplie de spermatozoïdes parfaitement vivants. Je n'ai jamais trouvé, sur cette membrane, des sacs analogues à ceux que j'avais trouvé sur la S. Fillouxi; les échantillons qui ne portaient pas ces vésicules avaient fini de pondre et n'en portaient aucune trace. Je n'ai rien trouvé de nouveau pour la fécondation du genre Ommas- trephes ; j'ai seulement trouvé des faisceaux de spermatophores dans le sac des femelles d'O. sagittatus et crassus; j'ai même rencontré jus- ( 278 ) qu'à quatre paquets de spermatophores dans la cavité branchiale d'une femelle de cette dernière espèce. Les échantillons de femelles de Sepia, de Loligo et d'Ommastrephes , présentant les particularités que je viens de signaler, sont conservés à l'Aquarium d'Arcachon. ZOOPHYTES ECHINODERMES ASTERACANTHION Muller et Troschel. 1 . A. rubens et A. violageus Gmel. ; Fischer, Catal. des Echinodermes de la Gironde , pages 364 et 365. Obs. Ces deux formes ne constituent qu'une seule et même espèce. Les échantillons rougeâtres , à bras épais , sont des femelles ; les indivi- dus violacés sont des mâles. Depuis trois ans, j'ai pu constater le fait d'une manière certaine, à l'Aquarium, où, chaque année, j'ai été témoin de la ponte et de la fécondation de ces Echinodermes. On a rapporté quelquefois , du large , des échantillons d'une grande Astérie rougeâtre, très-voisine" de l'A. rubens, mais qui pourrait bien constituer une espèce nouvelle ; mâles et femelles sont de la même cou- leur, et leur fécondation s'est également opérée à l'Aquarium ; son aspect est bien plus velouté et d'un rouge plus orangé. LUIDIA Forbes. 2. L. ciliaris Philippi. Obs. Cette espèce est commune au large des passes ; l'estomac de ces Echinodermes est presque toujours rempli de coquilles appartenant souvent au genre Pecten; j'y ai même trouvé un Pecten opercularis de grande taille, qui faisait déborder l'estomac sur les bras; j'y ai récolté également des Mangelia et des Trochus. On doit en conclure qu'elle doit vivre sur le sol comme l'A. rubens, et qu'elle ne doit pas s'enfoncer dans le sable comme le A. Aranciacus. ( 279 ) ASTROPECTEN Link. 3. A. aranciacus Miiller. Obs. Cette espèce est commune, au large , où elle atteint une grande taille ; son estomac est rempli principalement de coquilles qui vivent enterrées dans le sable; j'y ai trouvé , le plus souvent, des Mactra , des Natica, des Syndosmia et des Dischides. 4. A. crenaster Dujardin, Zoophites. Echin., p. 414; Asterias aran- ciaca, var. major Lamk., Anim. sans vert., t. III, p. 251. Hab. L'Océan. Obs. Un échantillon de cette espèce, mesurant 0, 49 centimètres de diamètre, a été pris cet été par le vapeur Y Emile Péreire; il est resté cloué au hangard de la pêcherie jusque bien avant dans l'hiver. TOXOPNEUSTES Agassiz. 5. T. lividus Lamk, (Echinus). Le 28 juillet 1868, les femelles de l'Aquarium ont pondu des œufs de couleur orangée , pendant que les mâles émettaient des masses de sperme. ECHINUS L. 6. E. Flemingi Forbes. Obs. Les échantillons rapportés du large sont très-différents de forme ; les uns sont coniques assez allongés, les autres sont larges et fortement aplatis; la couleur et la forme des épines varie aussi beaucoup; dans les échantillons allongés, elles sont rouges et courtes; dans les sujets aplatis, elles sont plus pâles, plus longues et souvent aplaties à leur extrémité. L'estomac des échantillons rapportés vivants renferme des débris de polypiers pierreux , concassés en morceaux irréguliers, de la grosseur d'un pois , une certaine quantité de vase et des débris de coquilles mortes depuis longtemps. Ces débris étaient probablement recouverts , au moment de leur ingestion , par des êtres vivants. SPATANGUS Klein. 7. S. purpureus Miiller. L'estomac et l'intestin sont toujours remplis d'une grande quantité de sable , de petits cailloux et de débris de coquilles mortes , au milieu desquels on en trouve quelques-unes encore fraîches, et qui ont dû être ingérées vivantes. Arcachon, 20 Août 1871. TABLE PAGES Actes. Tirage à part. Poissons Acanlhoptérygiens 238 2 — Malacoptérygiens abdominaux. . 246 10 — subbranchiens 248 4 2 — — apodes 250 4 4 — Lophobranches 251 4 5 — Plectognates 252 4 6 — Cltondroptérygiens 253 47 Crustacés 260 24 Cirrhipèdes 262 26 Annélides errantes ibid. ibid. — sédentaires 264 28 Mollusques Acéphales 266 30 — Gastéropodes ibid. ibid. — Céphalopodes 270 34 Fécondation des Céphalopodes 276 40 Zoophytes Échinodermes 278 42 Actes de k Société Lirméenne de Borde aux T. XXVIII. PL.XIll. Tioligo affinis ô. ictes de la bociété Lirniéenne de Bordeaux TXXVI1I PL XIV Loligo microccphala ç. ictes de Sa Société Lmnéeime de Bordeaux. T. XXVIII. PL. XV. r N m Loligo macrophtalma . d. Actes Je la Société Lmnéeime de Bordeaux. T. XXVIII. PL. XVI Ommastreplies crassus . o. Actes de la Société Ii- .i- ir le 3S à as Qt ist la s. et i- us Actes de la Société Liiméenïïe de Bordeaux T.XXV111. PL.XV11. Mn 1 ■^ 7 9ejic//vnoém /uAzo/us. /<2 /e même oit cfepra/Zl. - '£o(ù paliidula, 2.<2^ un c/es appendices c/orsauar . $ Qiif t/e Ratez. mosaica^Â. esweloppe cûrnee, B. oi/eUi^ C.C. sulstastce '(bro - gê/aâ//e/ise senvasU c//ùzer / cr&£ ÉTUDE SUR LES RESTES FOSSILES DE SIRENIENS DU GENRE HALITHERIUM DANS LE BASSIN DE LA GARONNE Par M. E. DELFORTRIE, Vice-Président INTRODUCTION Les Halitherium appartiennent aux Thalassothériens, ou mammi- fères d'espèce marine; ils se rattachent à l'ordre désigné, d'abord par Illiger, sous le nom de Siréniens, puis par Cuvier sous celui de Cétacés herbivores , ordre qui comprend aujourd'hui trois genres : les Lamantins, les Dugongs et les Rhytines, vivant près des côtes et à l'embouchure des fleuves ; nous rappellerons en passant qu'il n'est pas d'animaux dont les naturalistes se soient peut-être plus occupés et dont la classification ait donné lieu à plus de divergence d'opinion ; c'est ainsi que : Linné, de 1740 à 1755, dans ses six premières éditions du Systema Naturœ, place les Lamantins dans les Cétacés sous le nom de Trichechus. Hill , en 1 751 , adopte la même classification. Klein, en 1756, forme des Lamantins, Phoques, Morses, Loutres et Castors , une famille qu'il désigne sous le nom d'Anomalipèdes. Brisson , en 1 756 , place les Lamantins et Morses dans les quadru- pèdes sous le nom générique d'Odobenus. Linné, en 1758 (dixième édition Systema Naturœ), après avoir rangé les Cétacés dans la classe des Mammifères, y place son genre Trichechus à côté de l'Éléphant. TomeXXVIII. 1 ( J ( 282 ) Gmelin, en 1788, adopte la même classification. Cuvier, en 1795, place les Lamantins dans les amphibies caractérisés par quatre pieds en nageoire , en disant que les membres postérieurs sont cachés sous la peau. Fischer, en 1804, Desmarets, en 1805, Duméril en 1806, émettent la même opinion. Cuvier, en 1809, revenant sur sa première opinion, se prononce contre la présence de membres postérieurs et forme le genre distinct des Lamantins. Illiger, en 1811, partage les Lamantins en trois genres : Manatus , Halicore et Rhytine. Les Siréniens fossiles paraissent eux aussi, devoir constituer trois genres distincts : 1°Le genre Halitherium (Kaup) comprenant les espèces, ou pour mieux dire, les individus décrits sous les noms de : Hippopotames du- bius (Cuvier), Hippopotames médius (Cuvier), Manatus fossilis (Cuvier), Metaxytherium (de Christol), Manatus Cmieri (de Christol), Halitherium dubium (Kaup), Pugmeodon Schinzii (Kaup), Cymotherium (Kaup), Cheirotherium Brocchii (Bruno), Manatus Brocchii (Blainville), Hali- therium Christolii (Fitzinger), Manatus Guettardi (Blainville), Halia- nassa Studeri (Hermann de Meyer) , Halitherium Serresii (Gervais), Trachytherium ( Gervais ) . 2° Le genre Rhytiodus, récemment créé par l'éminent et regretté M. Edouard Lartet sur deux paires d'incisives supérieures du miocène moyen de Sos (Lot-et-Garonne). 3° Enfin un troisième genre ou sous genre , douteux il est vrai , encore innommé, dont un seul débris de mandibule provenant aussi du miocène moyen du département de Lot-et-Garonne (commune de Montjoye) a été également signalé par M. Edouard Lartet. Nous ne nous occuperons ici que du genre Halitherium. Par leurs caractères tant ostéologiques qu'odontographiques , les Halitherium paraissent devoir occuper une place intermédiaire entre les Lamantins et les Dugongs; comme eux ils ont les os massifs, pesants, sans traces diploïques et comme éburnés; de même que chez le La- mantin, les dents molaires de L'Halitherium sont à tubercules masto- dontiformes disposés en collines transverses, les supérieures à trois racines, les inférieures n'en ayant que deux qui sont transverses, les ( 283 ) Halitherium sont aussi pourvus d'incisives supérieures en forme de défenses, et de petites incisives inférieures, comme les Dugongs et les Lamantins, nous disons et les Lamantins, car il est admis aujourd'hui que ces derniers aussi portent les incisives qu'on leur a si longtemps refusées; mais c'est surtout avec le Dugong que l'IIalitherium présente le plus d'affinité ; comme lui il compte molaires -f- , une surface men- tonnière aplatie, très-déclive, portant cinq petites incisives au lieu de i, comme le Dugong, et enfin leurs formes crâniennes sont également très-voisines. Ainsi que nous l'avons dit, quelques auteurs après avoir d'abord ad- mis chez les Siréniens vivants , la présence de membres postérieurs et d'os rudimentaires du bassin , revinrent plus tard sur cette première opinion; les recherches anatomiques faites depuis, semblent avoir tranché affirmativement la question : Blainville (Ostéographie des mammifères, 1 839-64, t. 3,)s'exprime ainsi : « Chez le Manatus australis les membres postérieurs ne sont formés » que par une seule paire d'os ischions ; ils n'existent sur aucun de nos » deux squelettes de Lamantins ; mais je les ai très-bien observés sur celui » de la collection de Levde , oii chaque os a une forme allongée, légè- » rement courbe dans la longueur, un peu comprimée surtout à l'extré- » mité inférieure , assez élargie et comme tronquée presque carrément ; » je ne serais pas étonné qu'il manquât ici une seconde articulation. » Suit en note : « Cuvier, malgré l'analogie, s'appuyant sur l'observation de Dau- » benton, sur celle de Home et de la sienne, pense que dans cet animal » il n'y a pas d'os du bassin; mais non-seulement cette analogie bien » plus forte que des observations sans précaution, mais encore l'exis- » tence d'un énorme pénis ne devait pas permettre de doute; et en effet, » j'ai observé cet os sur le squelette de Leyde. » Le même auteur traitant du Dugong : « Quoique les membres anté- » rieurs du Dugong soient peu-être un peu moins complets que ceux des » Lamantins , il n'en est pas de même pour les rudiments des membres » postérieurs , qui sont plus compliqués ; ils sont formés de deux os de » chaque côté placés bout à bout, le premier ou supérieur, le plus long, » le plus grêle, assez longuement dicône, joint par une extrémité à » l'apophyse transverse de la vertèbre sacrée et par l'autre à la partie » supérieure du second, plus court, plus large, plus aplati, se portant » obliquement par une bride membraneuse vers le premier os en V. » Siebold et Stannius (Manuel d'anatomie comparée) : « Dans l'ordre ( 284 ) » des Cétacés vrais , le bassin est rudimeutairc ; chez les Dauphins, Nar- » wals , Baleines , il n'est représenté que par deux petits os allongés qui » ne sont unis ni entre eus ni à la colonne vertébrale , ces os corres- » pondent aux ischions, chez le Dugong ils s'ajoutent de chaque côté au » pubis. » Frédéric Cuvier {Histoire naturelle des Cétacés) , traitant des Rhy- tines , dit que leur bassin est formé de deux os attachés à la 25° ver- tèbre et à l'os pubis. Les affinités bien marquées qui existent entre les Siréniens vivants et les Halitheriitm amènent donc à penser que ces derniers devaient être, eux aussi, pourvus d'os rudimentaires du bassin ; jusqu'à présent, il est vrai, la paléontologie n'en a fourni aucune preuve. Kaup, cependant , en parlant des restes de Siréniens d'Allemagne, qu'il décrit sous le nom de Halitheriitm Schinziï, croit que cette espèce, qu'il rapporte au Manatus Guettardi , avait des membres postérieurs rudimentaires. Malgré l'affirmation de Blainville au sujet de l'os pénial qu'il a observé sur le squelette de Leyde, les auteurs persistent à en contester l'existence chez les Cétacés herbivores et ne l'admettent que chez quel- ques Cétacés vrais, les Baleines et les Phoques; à l'appui de l'opinion de Blainville nous donnons plus loin un os pénial qui , selon toute probabilité , a du appartenir à un Halitherium. Les restes fossiles de Siréniens que nous allons d'écrire proviennent : 1° De l'Eocène (calcaire de Blaye) où ils se montrent abondants. 2° Du Miocène inférieur (calcaire à Astéries) où ils sont plus abon- dants encore. 3° Du Miocène supérieur (mollasse ossifère) où il n'en a été rencontré que très-rarement. Les faluns libres , ou sables coquilliers, formant le toit du miocène supérieur, et le pliocène, n'en ont encore, que nous sachions, fourni aucun reste dans le département de la Gironde. Le calcaire à Astéries (miocène inférieur) est l'horizon qu'il nous a été permis d'étudier le mieux ; nous y avons observé : 1° Que la partie supérieure des calcaires bordant la rive droite de la Garonne depuis Bordeaux jusqu'à La Réole, est très-riche en ossements qui se rapportent exclusivement au genre Halitherium; ces restes ne sont pour ainsi dire que des cotes, rarement on y rencontre des vertèbres et plus rarement encore des fragments représentant la tète et les mem- bres; pénétrant dans l'intérieur des terres, de La Réole à Monségur, c'est encore à la partie supérieure du calcaire que se trouvent aboudam- ' ( 285 ) ment les mômes -ossements, mais là ils se montrent quelquefois môles à de rares débris de Rhinocéros et d'Anthracotherium ; dans les couches inférieures, les Halitherium , toujours représentés surtout, par des côtes, mais en moins grande abondance, sont associés aux Squales, Rajidiens ; Chéloniens et Crustacés. Toutes les côtes du genre Halitherium recueillies dans le département de la Gironde, et ayant appartenu à des sujets adultes, sont identique- ment semblables à celles du Manatus Guettardi , trouvées à Etrichy près Etampes , c'est-à-dire , les premières épaisses , triquètres , les dernières aplaties; des sujets très- jeunes nous en ont fourni qui sont cylindriques dans toute leur longueur. Blainville n'a admis que deux espèces de Lamantins fossiles , le La- mantin de la Seine Manatus {Metaxytherium) Cuvieri ou Fossilis et le Lamantin du Pô Manatus {Cheirotherium) Brocchii; nous rapporterons, nous aussi , à une espèce unique sous le nom de Halitherium Cuvieri, tous les restes que nous allons décrire; selon nous, c'est également à cette même espèce , réserve toutefois faite en faveur du Cheirotherium Brocchii, dont il ne nous est pas permis de suffisamment étudier les dents, que doivent être rapportés les Siréniens fossiles dont il a été fail des espèces distinctes sous les noms que nous avons cités plus haut et qui ont été également désignés avec la dénomination de : Lamantin d'Angers ou du Golfe de la Loire ; Lamantin du Golfe du Rhône , La- mantin du Golfe de la Garonne, Lamantin du Rhin, Lamantin du Golfe de la Seine ; l'examen attentif de tous les restes fossiles d' Halitherium jusqu'ici décrits, à l'exception peut-être du Cheirotherium Brocchii, nous le répétons , comme de ceux qui vont l'être , ne présentent pas , selon nous, de caractères vraiment spécifiques, mais seulement, des nuances plus ou moins sensibles , qui paraissent n'être dues qu'à des différences soit individuelles soit d'âge ou de sexe. HALITHERIUM Cuvieri, Kaup. Planche XVIII. Figure 1 , A. B. C. D. Crâne vu en-dessus, de profil, en arrière et en-dessous. (Sain/- Vivien de Monségur [Gironde]; miocène inférieur) Notre collection ; grandeur naturelle, A. Face supérieure. Interpariétal a étroit , allongé, se terminant en gouttière profonde à la ( 286 ) naissance des frontaux /*, le sinciput creusé d'abord près de la crête occipitale , se relève ensuite assez brusquement , ce qui donne au front une forme légèrement bombée. B. Arrière. Crète occipitale c peu saillante , ne dépassant pas les crêtes pariétales ; arrondie en bourrelet, et portant de chaque côté des pariétaux , de fortes impressions musculaires , cuupée sur sa ligne médiane , par une arête saillante qui descend sur l'occipital supérieur d et de chaque côté de laquelle s'observent très-distinctement des impressions musculaires profondes , de forme arrondie. C. Profil. Pariétal b large, allongé, très-sensiblement bombé , g partie squam- meuse où se soude le temporal , large et creusée d'une manière presque insensible; l'occipital supérieur d, iûcliné en avant sous un angle de 45°, forme une large plaque presque arrondie , aplatie , quoique cepen- dant repliée un peu en arrière sur ses côtés ; mince à sa partie supérieure, au point de jonction avec l'interpariétal, et très-épaisse au contraire à sa partie inférieure. D. Dessous. Sur cette figure s'observe parfaitement en h l'énorme épaisseur de la base de l'occipital supérieur; la cavité cérébrale i très-profonde, creusée en bateau, est divisée par une arête médiane à saillie très-prononcée, un bourrelet bien accusé k sépare cette cavité de l'occipital ; entre les deux existe un sillon étroit , profond , qui servait de point d'attache aux lobes cérébraux. Planche XVIII. Figure 2. A. B. C. D. Crâne vu en-dessus, de profil, en arrière et en-dessous. (Saint-Sulpice de Guilleragues [Gironde]; miocène inférieur.) Notre collection; grandeur naturelle. A. Face supérieure. Interparietal a , large à sa partie postérieure qui tombe brusquement en arrière et se relève ensuite pour prendre une forme plate et allongée ; il est légèrement creusé dans sa longueur, sur sa ligne médiane ainsi que jfc sur le bord des crêtes pariétales, qui du reste sont presque insensibles. ( 287 ) Les frontaux f se soudant à Pinterpariétal sur un même plan hori- zontal , donnent à l'ensemble du crâne une forme exactement plate. La branche du frontal droit , qui s'écarte en dehors pour couvrir les orbites , est large , gagnant par un plan oblique très-prononcé , l'apo- physe post-orbitaire supérieure / , qui , courbe à sa partie postérieure , est taillée carrément à son bord latéral , lequel , rentre légèrement en dedans. B. Arrière. Crète occipitale c, fortement carénée, à bords minces et tranchants offrant une saillie considérable près des pariétaux, desquels elle se trouve ainsi nettement séparée par un sillon profond. L'occipital supérieur d, de forme plate et arrondie, montre à son sommet une arête médiane presque insensible , de chaque côté de laquelle sont les impressions musculaires très-peu apparentes. C. Profil. b Pariétaux aplatis, larges, formant par leur jonction avec les frontaux /", une courbe très-prononcée ; g partie squammeuse ou se soude le temporal, large et profondément creusée, l'occipital supérieur d, très-incliné sur l'interpariétal y forme cependant un angle moins prononcé que dans la figure n° \ . D. Dessous. La base de l'occipital supérieur qui est d'épaisseur médiocre , montre en h les aspérités et les creux au moyen desquels il se soude aux occipitaux latéraux, la cavité cérébrale i creusée en barque comme dans la figure n° 1 mais moins profonde , est divisée par une arête médiane , assez peu saillante, si ce n'est à sa partie postérieure, où elle prend nais- sance sur le milieu d'un très-gros bourrelet k, qui , lui-même , est uni à l'occipital par une simple cloison, de chaque côté de laquelle existe une fosse profonde, où venaient se fixer les lobes du cerveau. A la partie antérieure de la pièce se montre un fragment de l'inter- maxillaire ou os incisif m. Planche XVIII, Figure 3, A. B. Arrière crâne vu de trots-quarts et en- dessous. (Beguey [Gironde]; miocène inférieur.) Notre collection; grandeur naturelle. ( 288 ) A. de tr ois-quarts. Interpariétal a. large, présentant une surface exactement plane, sans cavité ni dépression aucune, soit à son point de contact avec l'occipital , soit le long des arêtes pariétales, qui viennent l'affleurer sans faire saillie; g partie squammeuse où se soude le temporal, de forme circulaire» profonde et d'un très-petit diamètre , pariétal b obliquant sensiblement en dehors , l'occipital supérieur d, très-aplati , même vers la région temporale, constitue une plaque de forme arrondie fortement inclinée sur l'interpariétal ; la crête occipitale c d'un relief à peine sensible, porte à sa partie médiane une arête courte , peu accusée , de chaque côté de laquelle sont des impressions musculaires très-profondes. B. En dessous. h Base de l'occipital supérieur, très-épaisse; cavité cérébrale i, creusée en cuvette peu profonde , divisée par une arête médiane très- fortement accusée qui prend naissance sur le milieu d'un gros bourrelet k , séparé de l'occipital par un sillon peu sensible. Planche XVIII, Figure 4, A. B. C. D. Arrière -crâne vu de profil, en arrière et en-dessous. (Blaye, éocène inférieur) Collection Brochon ; grandeur naturelle. A. Profil. Interpariétal a parfaitement horizontal , présentant une surface unie sans dépression aucune , même vers la région occipitale , se courbant d'une manière sensible et régulière vers les pariétaux b, qui eux-mêmes lisses et dépourvus de crêtes, continuent régulièrement la même courbe , ce qui donnerait à une coupe transversale de la pièce la forme exacte d'un demi cercle. Nous figurons en D cette coupe fictive. Au bord même de la partie squammeuse oii vient se souder le tem- poral se montre de chaque côté de la pièce un sillon profond n, courbé en arrière, traversant le pariétal. L'occipital supérieure d au lieu d'être comme dans les crânes qui viennent d'être décrits , fortement incliné sur l'interpariétal s'applique an contraire contre celui-ci suivant une ligue presque perpendiculaire. ( 289 ) B. Arrière Occipital supérieur d, de forme presque ovalaire, sans crête sur l'in- terpariétal avec lequel il est de niveau, pourvu sur la ligne médiane d'une arête , qui , peu sensible à sa partie supérieure, s'accuse de plus en plus en gagnant l'extrémité inférieure et de chaque côté de laquelle se voient de larges et profondes impressions musculaires. C. En dessous. Base de l'occipital supérieur h, très-épaisse, couverte de rugosités au moyen desquelles se soudaient les occipitaux latéraux. Cavité crâ- nienne i, large, peu profonde, ne portant pas trace d'arête médiane et se confondant pour ainsi dire du côté postérieur avec l'occipital. Planche XIX, Figure 5 , A. B. Fragment de sphéno-o capital , vu en-dessous et en-dessus. (St-Aubin , arrondissement de Libourne [Gironde]; Eocène. ) Musée de Bordeaux ; grandeur naturelle. A. Vue en-dessous. a, Condyle occipital gauche assez peu saillant; b, apophyse basilaire, longue, étroite, creuse à sa naissance puis se redressant en bosse à sa rencontre avec le sphénoïde auquel elle se lie par une suture non encore soudée. c , Partie canaliculée du sphénoïde, étroite, lisse, inclinant fortement en avant, d aile ptérygoïdienne gauche, épaisse, verticale, mais incli- nant cependant légèrement en dehors, brisée à sa partie postérieure e; en f se voient encore distinctement les sutures au moyen desquelles elle était soudée à l'apophyse palatine; g apophyse divergente de l'occipital latéral gauche sur laquelle venait se fixer le styloïdien. B. Vue en-dessus. h Cassure de l'occipital latéral gauche, i brisure de l'aile temporale, longée à sa base par un sillon large et profond ; sur cette face l'apophyse basilaire forme avec le sphénoïde un plan horizontal ; k ouverture du trou déchiré. ( 290 ) Planche XIX, Figure 6. Frontal vu de profil. (Grotte de Rauzan [Giroude]; miocène inférieur. ) Collection Trimoulet ; grandeur naturelle. Frontaux a courts, larges, creusés d'abord sensiblement en b au point de jonction avec les pariétaux , puis se redressant brusquement sur la ligne médiane suturée jusque vers la région orbitaire et produisant ainsi un front extrêmement bombé. La branche du frontal gauche qui s'écarte pour couvrir les orbites, est large et gagne par un plan oblique peu sensible l'apophyse post-orbitaire supérieure, c qui est taillée presque carrément tant à sa partie postérieure qu'à son bord latéral , celui-ci rentrant très-sensiblement en dedans. Cette pièce porte avec elle une teinte et une patine qui lui donne l'aspect d'un bronze florentin , les eaux ferrugineuses de la grotte d'où elle provient ont minéralisé l'os en le transformant en hématite. Planche XIX, Figure 7, A. B. Apophyse zygomatique du temporal droit, vue en-dessus et en-dessous. (Beguey [Gironde]; miocène inférieur.) Notre collection ; grandeur naturelle. A. Vue sur ses côtés inférieur et externe. a Partie inférieure, de forme plate , large à sa partie postérieure, où elle porte deux profondes dépressions b b', allongée, arquée et se ter- minant en pointe à sa partie antérieure. c Partie externe , formant angle droit avec celle inférieure , aplatie , large du côté postérieur, allongée, étroite du côté antérieur qui est légèrement creusé. L'ensemble de cette face qui est de forme un peu ovalaire, incline sensiblement en dedans. B. Vue du côté interne. y Qui est la partie correspondante au côté c ci-dessus, est verticale, lisse et à bords supérieurs tranchants; d cassure au point oii la pièce se soudait aux apophyses post-orbitaires. ( 291 ) Suivant une ligne fictive qui unirait e e' la pièce se creuse légèrement pour prendre ensuite un plan presque horizontal jusqu'en f où est une cassure de laquelle partait la portion du temporal qui bifurquait pour se souder au sphénoïde et au pariétal. Planche XIX, Figure 8, A. B. Apophyse zygomatique du temporal gauche, vue en-dessus et en-dessous. (Monségur [Gironde] ; miocène inférieur.) Notre collection ; grandeur naturelle. Les lettres de la figure précédente s'appliquent à celle-ci. Cette pièce qui parait avoir appartenu à un sujet, si ce n'est plus jeune, au moins de forme plus exiguë, diffère de la précédente en ce que : 1°La face inférieure a y est légèrement creusée à son extrémité antérieure. 2° La face externe e , moins creusée à sa partie antérieure, est très- bombée à celle postérieure, incline plus sensiblement en dedans , et a ses bords supérieurs, non plus tranchants, mais arrondis. 3° La face interne g est très-sensiblement creusée dans le sens de sa longueur et dans toute son étendue. Les pièces crâniennes que nous venons de décrire proviennent de gisements fort rapprochés les uns des autres, aucune d'elles ne présente un faciès identique; en les rapportant toutes à une espèce unique, nous les considérons donc séparées , non par des caractères différen- tiels, mais par de simples nuances; il est cependant incontestable que ces formes rappellent exactement celles des Siréniens fossiles décrits sous les différents noms spécifiques énumérés plus haut ; nous trouve- rons plus loin dans l'examen des dents de sérieux éléments à l'appui de notre opinion. Planche XIX, Figures 9 , A. B. C. Fragment de mandibule, de profil et en dessous avec pénultième molaire. (Monségur; miocène inférieur.) Notre collection, grandeur naturelle. A Profil Branche gauche eu partie détruite ou engagée dans la gangue, per- mettant cependant de juger du degré d'aplatissement et de déclivité ( 292 ) de la surface antérieure mentonnière a, qui est très-prononcée, b trou sous mentonnier indivis et démesurément large; branche horizontale présentant une convexité trés-prouoncée dans la partie mandibulaire c qui suit immédiatemeni le trou mentonnier. La branche montante qui fait angle obtus avec celle horizontale , porte en d , une saillie très-marquée , de forme allongée , placée en- dessous de la ligne dentaire et en arrière de la branche. B Vu en-dessous. a. apophyse géni ou portion mentonnière inférieure, formée de deux lobes saillants, accolés, s'élargissant de l'avant à l'arrière, légèrement aplatis, se terminant brusquement , et bien que symphyses, laissant voir entre les deux parties soudées un écartement de deux ou trois milli- mètres. C Pénultième molaire vue en dessus. Couronne oblongue, bilobée sur les côtés, plus large à l'avant qu'à l'arrière, formée avant l'usure, de trois collines transverses mamelon- nées , qui sont aujourd'hui transformées : la dernière , en un talon composé de deux bases accolées, présentant chacune une surface plane , de forme presque circulaire ; les deux premières en deux ilôts , celui de devant plus large que celui qui suit. Cette dent présente une analogie frappante avec celles : 1° De YHippopotamus dubius (Cuvier), Metaxytherium CuHeri (de Christol) de Blaye et de Montpellier ; 2° De l' Hippopotamus médius (Cuvier) , Metaxytherium Cuvieri (de Christol) , de Saint-Michel-la-Chaisine , près de Nantes; 3° De YHalitherium dubium fKaupï, du Rhin; 4° Du Manatus Guettardi d'Etrichy (Seine), voir Blainville (Ostéogra- phie des Mammifères, tome 3, atlas 3, planche IX) ; 5° De YHalitherium Serresii (Gervais) (Zoologie et Paléontologie française , Gervais). Planche XIX, Figure 40 , A. B. C. Mandibule , de profil, de face et en dessous. (Léognan [Gironde] , molasse ossifère, miocène inférieur). Notre collection ; grandeur naturelle. ( 293 ) A. Profil. Surface mentonnière antérieure a aplatie, très-déclive; ligne den- taire b légèrement courbe ; trou mentonnier c indivis, d'une largeur considérable, branche horizontale se repliant en dedans à la hauteur des molaires et s'écartant en dehors vers la région supérieure d de la plaque mentonnière , branche montante , très-large , formant un angle presque droit avec la branche horizontale. B. Face. Surface mentonnière antérieure a, coupée longitudinalement par un sillon peu prononcé, mais cependant apparent, laissé par la ligne de symphyse , de chaque côté de laquelle sont cinq cupules alvéolaires symétriquement rangées; la paire inférieure de cupules b, est placée au point où la surface mentonnière forme étranglement, tandis que la paire supérieure c, se trouve occuper la limite même séparant la région mentonnière de la barre gengivale qui est mince et carénée. A m 010 de cette première alvéole mentonnière, le bord gengival porte de chaque côté une autre alvéole supplémentaire d, étroite, pro- fonde , placée elle-même à m 016 de la première molaire; celles-ci ont disparu , mais leurs alvéoles parfaitement distinctes , permettent de voir qu'elles étaient au nombre de o molaires , dont 4 à deux racines trans- versales, la dernière en germe. C. Vu en dessous La partie inférieure de la surface mentonnière ou apophyse géni a , est formée de deux lobes épais, allongés, moins arrondis et moins saillants que dans la pièce figurée sous le n° 9 , et qui au lieu de se terminer brusquement comme dans celle-ci , viennent au contraire se rattacher sans pli ni dépression à la branche horizontale. Cette mandibule ne paraît différer de celle de Y Halitherium Serresïi (Gervais) , que par la dent supplémentaire de la barre ; ce qui , selon nous, ne constitue qu'une différence individuelle. Pianche XIX , Figure 1 \ . A. B. Portion antérieure de mandibule , vue de face et de profil. (Cenon [Gironde]; miocène inféiieur.) Notre collection , grandeur naturelle. ( 294 ) A. Profil. Ce fragment diffère de ceux décrits sous les n os 9 et \ , en ce que : 1 ° la surface mentonnière a est moins déclive ; 2° le trou sous-menton- nier b, y est plus profondément creusé et moins large à l'orifice ; 3° les deux lobes qui forment l'apophyse géni, ou talon mentonnier c, au lieu d'être légèrement aplatis, selon la forme normale, sont au con- traire parfaitement arrondis , mais suivant une courbe brève qui donne à cette partie une forme presque conique. B. Vu de face. Dans cette pièce , la partie supérieure et l'extrémité inférieure de la surface mentonnière ont disparu ; la partie gauche , même de la portion médiane qui subsiste est fort altérée dans son épaisseur, mais laisse cependant voir encore la trace des deux dernières cupules alvéolaires ; le côté droit , très-bien conservé , montre fort distinctement non-seule- ment la dernière cupule symétriquement placée par rapport à celle de gauche, mais encore toujours en symétrie, non plus seulement une cupule , mais une véritable alvéole profonde , étroite , perçant en a la cloison du trou sous-mentonnier, et qui donne une parfaite idée du mode d'implantation de la pénultième petite incisive inférieure. Ce que nous avons dit plus haut au sujet des formes crâniennes, nous le répéterons pour les formes mandibulaires que nous venons de passer en revue ; bien qu'elles proviennent de sujets ayant vécu sur le même rivage, dans un même milieu, aucune d'elles n'est rigoureusement semblable aux autres. Voudrait-on admettre que plus ou moins de déclivité dans la surface mentonnière , que l'aplatissement plus ou moins prononcé de de l'apophyse géni , fussent autant de caractères constituant des diffé- rences spécifiques? Nous ne partageons pas cette opinion, du reste , la véritable pierre de touche , quant à la question des espèces , sera , pour nous, dans l'étude odontographique qui va suivre. Planche XX, Figure 12. Fragment de crâne vu en dessous , montrant une portion du maxillaire et de l'apophyse zygomatique, côté droit, avec les trois dernières molaires en place. (Saint-Ferme [Gironde]; miocène inférieur). Notre collection ; grandeur naturelle. ( 295 ) Ces dents , comme toutes les supérieures , sont à trois racines , la plus grosse implantée en dedans , leur couronne faisant saillie au point de contact avec les racines. Les deux dernières a et b sont exactement semblables à celles du Manatus Guettardi, figurées par Blainville (Ostéographie, t. 3, pi. IX), et à celles de YHalitherium Serresii (Paléontologie Française ,Gervais .) La dernière a, peu usée, triquètre, plus large à l'avant qu'à l'arrière, porte un fort talon postérieur et un moins accusé à l'avant ; mamelons externes presque intacts , ceux internes transformés par l'usure en deux îlots. La pénultième b, exactement la môme que celle du Manatus fossilis de Blaye, figurée par Cuvier, et reproduite par Blainville , est de forme presque carrée , plus usée que la dernière, bourrelet en avant et en arrière du côté externe ; les mamelons bordant ce côté, presque intacts' les deux mamelons internes de chaque colline, très-usés, et donnant lieu à deux îlots , dont celui de devant est le plus grand. L'antépénultième c affecte une forme carrée , plus régulière que la pénultième, beaucoup plus usée qu'elle; elle montre cependant une partie du bourrelet en avant et en arrière du côté externe ; mais les trois mamelons des collines ont complètement disparu et ont fait place à un large vide bordé d'un ruban d'émail mince et festonné. Planche XX, Figure 13. Pénultième molaire supérieure gauche. (Latresne [Gironde]; miocène inférieur.) Notre collection ; grandeur naturelle. Couronne subtriangulaire, débordant les racines d'une manière très- sensible, bilobée en dedans comme en dehors, le bord antérieur un peu arrondi, plus court que le bord postérieur, qui est droit et très- oblique en dedans ; surface triturante coupée par un sillon transverse oblique ; talon peu sensible en avant, mais bien accentué à l'arrière ; les deux collines n'ont conservé que le mamelon externe ; l'usure a trans- formé les autres en deux cavités profondes , irrégulièrement tréflées , celle de devant sensiblement plus étendue que celle de l'arrière qui est également sur un plan inférieur à celui de sa voisine. Cette pénultième molaire est encore fidèlement semblable , bien que plus petite , à une des dents supérieures du Manatus fossilis de Blaye , décrites et figurées par Cuvier , et reproduites par Blainville ; c'est ( 296 ) également la môme, mais moins usée, et du côté opposé , que la pré- nultième droite de Y Halitherium Serresii ( Gervais , Paléontologie française) et enfin, c'est la même encore, mais du côté opposé, que celle du Manatus Guettardi que reproduit Blainville ( Ostéographie , t. 3, pi. IX). Planche XX, Figure 14 , A. B. C. D. Quatre dents isolées provenant de Cubzac (Gironde ). Miocène inférieur. Collection Brochon ; grandeur naturelle. A, arrière molaire supérieure gauche, ayant appartenu à un sujet adulte, triquètre, droite sur son bord externe, celui interne se dirigeant à sa partie antérieure sensiblement en dedans, au-dessous de la grosse racine qui toujours s'implante de ce côté; deux talons, le postérieur fort et arrondi , celui de devant peu sensible ; côté antérieur de la dent, large et obliquant en dedans ; colline usée laissant encore entrevoir les deux mamelons externes, les autres ayant fait place à deux îlots irrégu- lièrement trèfles, l'antérieur étant celui qui a le plus d'étendue. B, arrière molaire inférieure gauche, deux racines transverses, parais- sant par suite de l'absence complète d'usure avoir appartenu à un sujet très-jeune. Couronne oblongue , versant légèrement en dedans, talon très-prononcé à l'arrière et à peine sensible à l'avant, les deux collines ne portant encore chacune que deux mamelons, le troisième comman- çant seulement à poindre. b représente la même dent de profil. Nous dounons en b' le moulage en plâtre , de cette même dent , usé à la meule ; il est facile de se rendre compte que réduite à cet état , elle offre une analogie frappante avec celles : du Lamantin de la Loire, de celui de Montpellier, de celui de la Seine et de celui du Rhin, figurées par Blainville (Ostéographie). C, arrière molaire supérieure droite, couronne subcarrée, un peu plus large à l'avant qu'à l'arrière , débordant les racines sur ses faces latérales seulement ; talon à l'arrière se reliant au mamelon externe de la première colline; à l'avant, bourrelet longeant toute cette partie de la couronne; vallon transverse très-profond par suite du peu d'usure des collines dont les trois mamelons sont très-apparents. c , la même dent vue de profil , c' moulage usé à la meule, montrant que sous cette forme la dent offre une grande analogie avec la pé- miltième île In fij?. 12 ci-dessus. ( 297 ) D pénultième molaire supérieure gauche, à l'état de germe ; couronne subcarrée versant en dedans, plus élargie à l'avant qu'à l'arrière, bourrelet antérieur allongé , bien détaché , mais ne s'étendant pas encore jusqu'à l'extrémité de la base du mamelon interne; talon postérieur accusé seulement par un pli creux et renversé partant de la base du grand mamelon interne , vallon transverse profond , collines plutôt tri- dentées que mamelonnées. d, La même dent en profil. d', Moulage usé à la meule , qui montre encore le rapprochement existant entre cette dent et celles du Manatus fossilis de Blaye, du Ma- natus Guettardi d'Etrichy et de YHalitherium Serresii de Montpellier. Planche XX, Figure 15, A. B. C. D. Quatre dents isolées provenant de Saint-Aubin (Gironde). (Eocène.) Musée de Bordeaux; grandeur naturelle. A , arrière molaire supérieure droite , la pénultième probablement courte , ramassée ; couronne subcarrée, étroite à l'arrière , élargie à l'avant, qui oblique en dedans; taloD postérieur à peine accusé; bourrelet antérieur bien accentué ; vallon transverse profond ; collines montrant chacuDe les trois mamelons à peine usés. B et C arrières molaires inférieures, B gauche, C droite ; ces deux dents ont leur couronne allongée , triquètre , versant en dehors ; bord posté- rieur, étroit muni d'un fort talon ; bord antérieur, large, avec bourrelet non encore détaché du grand mamelon externe. Dans ces deux molaires le vallon transverse est très-profond , les collines portant à peine traces d'usure indiquent un sujet encore jeune. abc montrent ces trois molaires en profd. a' b' c' représentent leur moulage en plâtre usé à la meule, qui permet de juger du degré de similitude qu'elles présentent avec celles des Ha- litherium déjà cités. D, petite deat à racine grêle, styliforme, couronne allongée, conique, complètement lisse sur une de ses faces (Fig. d') qui représente environ le tiers de sa circonférence, portant au contraire à la base de ses autres faces (Fig. D) c'est-à-dire sur les deux tiers de son contour, une ceinture saillante, crénelée, chargée de cinq petits mamelons. Cette dent, on ne peut plus curieuse, composait avec les molaires qui viennent d'être décrites et divers débris de crâne d'Halitherium , entre Tome XXVIII. 20 ( 298 ) autres le Sphéno-oecipital figuré plus haut sous le u° o , un envoi qu'un propriétaire de la commune de Saint-Aubin, adressait au Muséum de Bordeaux; la teinte commune à tous ces débris, le même degré d'usure des dents qui en faisaient partie, permettent de penser qu'ils provien- nent d'un même crâne et que par conséquent cette intéressante petite dent n'est autre qu'une canine ou une incisive ayant fait partie de la mâchoire dont proviennent les molaires. Est-ce une canine? nous ne le pensons pas si nous en jugeons par l'aspect que présente la mandibule de Léognan figurée plus haut sous le n° 10, et portant trace d'uuo dent supplémentaire sur la barre, dent qui peut être regardée comme canine ; nous voyons en effet que le bord gengival étroit, mince, tranchant porte une alvéole oblongue, aplatie, n'ayant pu servir de gaine qu'à une racine de même forme ; or, la racine de notre petite dent est parfaitement cylindrique : ce n'est dont pas une canine. Est-ce une incisive? tout porte à le croire, non une incisive supé- rieure puisque la force et l'usure des molaires indiquant un sujet adulte, cette défense serait infiniment plus forte , mais nous la considé- rons comme une petite incisive inférieure dont la racine aurait été enchâssée suivant le mode que nous indique l'alvéole allongée et cylin- drique du fragment de mandibule figuré sous le n° \ 1 ci-dessus , si notre appréciation est exacte , le Musée de Bordeaux aurait dans cette dent un petit trésor, car ce serait la première apparition d'une incisive inférieure de Sirénien à l'état fossile. Les recherches odontographiques qui précèdent nous amènent donc à ce résultat que : 1° les dents molaires provenant des étages éocène, miocène inférieur et miocène supérieur du département de la Gironde sont semblables entre elles, bien que paraissant provenir de sujets pré- sentant des différences légères dans leur formes crâniennes et mandi- bulaires. 2° Que ces mêmes dents ^sont identiques à celles ayant appartenu aux Halitherium trouvés jusqu'à ce jour en France et en Allemagne , et décrits sous les différents noms spécifiques que nous avoas énumérés plus haut. Planche XX, Figures 16. Rocher (Monscgur [Gironde]; miocène inférieur). Notre collection ; grandeur naturelle. (299 ) Cette pièce remarquable par la densité de l'os, qui offre la compacité de l'ivoire, consiste dans une portion de la partie externe du labyrinthe ou rocher proprement dit , du coté droit ; la pièce est représentée vue de son côté postérieur, montrant deux cavités dont l'une perfore le rocher de part en part. Ce rocher présente une analogie frappante avec celui de Dugong. Planche XX, Figures 17. A. B. Corne postérieure droite de l'os Hyoïde (Monségur [Gironde]; miocène inférieur). Notre collection ; grandeur naturelle. A. Côté inférieur. Forme allongée , légèrement arquée , large et amincie à la partie an- térieure , devenant épaisse et arrondie à la partie médiane pour repren- dre de nouveau une forme plate et amincie à l'extrémité postérieure. B. Côté supérieur. Partie antérieure plane jusqu'au point où une ligne fictive unissant a b , montre un pli transversal très-prononcé , qui coupe la pièce obli- quement, et à partir duquel elle se redresse sensiblement en dedans. Planche XX , Figures 1 8, A. B. Corne postérieure gauche de l'os hyoïde. (Monségur [Gironde]; miocène inférieur) Notre collection ; grandeur naturelle. A. Côté supérieur. B. Côté inférieur. Cette pièce tronquée à l'extrémité inférieure ne diffère de la précé- dente que par ses dimensions. Planche XX, Figures 19, A. B. Corne postérieure droite de l'os Hyoïde. (Saint-Sulpice de Guilleragues [Gironde]; miocène inférieur). Notre collection; grandeur naturelle. A. Côté inférieur. B. Côté supérieur. Cette pièce à laquelle manque l'extrémité inférieure ,' ne diffère des ( 300 ) précédentes que par la position du pli transversal de la face supérieure indiqué par a b , qui , dans celle-ci , est plus rapproché de la partie antérieure que dans les deux autres pièces. Planche XX, Figures 20. A. B. Omoplate gauche de jeune Sirénien vue en dessus et en-dessous. (Saint-Sulpice de Guilleragues [Gironde]; miocène inférieur.) Notre collection ; grandeur naturelle. A. Face externe. De forme étroite allongée sensiblement convexe, côté interne"», très- arqué, celui externe b, presque droit mais ondulé , crête médiane sail- lante, dont l'apophyse acromion c , se réduit à une petite corne courte ne's'écartant pas de la ligne presque droite tracée par la crête qui divise la pièce en deux fosses égales , apophyse coracoïde d épaisse , recour- bée dans le sens de l'os. B. Face interne. N'offre d'autre caractère saillant qu'une concavité prononcée partant un peu au dessus du col et s'étendant jusqu'à l'extrémité supérieure. Planche XX , Figures 21 et 22. Fragments d' oynoplates , toutes deux du côté droit, provenant le n° 21 de Béguey , le n° 2.2 de Monségur (Gironde). (Miocène inférieur.) Notre collection; grandeur naturelle. Dans ces deux pièces, la crête offre une saillie considérable, les deux fosses sont d'inégale grandeur, celle supérieure a étant plus élargie que la sous épineuse b. Planche XX, Figures 23, A. B. C. Axis\ vu de face de- profil et en arrière (Monségur [Gironde] ; miocène inférieur.) Notre collection ; grandeur naturelle. A. Face antérieure. Celle deuxième cervicale a le corps massif et très-élargi dans la (301 ) région des surfaces articulaires a, qui sont de forme ovalaire et obli- quées très-sensiblement en arrière; apophyse odontoïde forte, saillante, presque droite; ouverture du canal vertébral plus élargie à la base qu'au sommet. B. Profil. a, branches latérales de l'arcade vertébrale assez grêles relativement à l'apophyse épineuse supérieure b, qui est large, épaisse, et inclinant fortement en avant. C. Face postérieure. De ce côté cette vertèbre montre son corps très-élargi et légèrement concave. Planche XX , Figure 24 , A. B. Vertèbre dorsale vue par ses faces antérieure et postérieure. (Monségur [Gironde], miocène inférieur). Notre collection ; grandeur naturelle. A. Face antérieure. Cette vertèbre , qui est privée de son apophyse épineuse supérieure , est une des premières de la série dorsale ; apophyses transverses très- fortes, très-larges, arrondies, inclinant en arrière et légèrement rele- vées, fixées à la partie supérieure des arcs, qui, eux-mêmes, sont extrêmement épais; orifice du canal vertébral de forme ronde , presque régulière , plus large cependant au sommet de l'arcade que vers le corps de la vertèbre. B. Face postérieure. Sur cette face , l'orifice du canal vertébral présente une ouverture considérable due à son excavation qui s'étend dans toute l'épaisseur des arcs, le corps de la vertèbre qui a peu d'épaisseur est large , pres- que aplati à sa base et porte à sa partie supérieure une arête médiane très-prononcée. Planche XX, Figure 25. Apophyse épineuse supérieure d'une des premières vertèbres dorsales. (Saint-Sulpice de Guilleragues [Gironde]; miocène inférieur). Notre collection ; grandeur naturelle. ( 302 ) Cette pièce , vue par son côté postérieur et à laquelle il ne manque que le corps de la vertèbre , montre les apophyses transverses courtes , arrondies, légèrement rejetées en arrière et surbaissées, l'apophyse épineuse supérieure, large, très -allongée, inclinée légèrement en avant et présentant, par suite de l'écartement de ses lamelles, une gouttière profonde s'élargissant de haut en bas et allant se confondre avec la voûte de l'arc vertébral. En a a se montrent encore d'une manière fort apparente, sur les ailes des lamelles, les surfaces articulaires sur lesquelles venait s'appuyer la vertèbre qui faisait suite ? Planche XX, Figure 26 , A. B. C. Troisième ou quatrième vertèbre dorsale vue en avant, en arrière et de profil. (Monségur [Gironde]; miocène inférieur). Notre collection ; grandeur naturelle. A. Face antérieure. Cette vertèbre, privée de son apophyse supérieure épineuse, a le corps allongé et pincé à son extrémité inférieure ; orifice du canal vertébral très-étroit et de forme irrégulière; apophyses transverses courtes, massives, faisant corps avec les arcs. En a a se montrent distinctement les surfaces articulaires qui la mettaient en connexion avec la vertèbre qui la précédait. B. Face postérieure. De ce côté, le corps de la vertèbre plus creusée dans la partie afférente au canal que sur l'autre face , plus pincée et allongée à son extrémité inférieure , présente exactement la forme d'un cœur. C. Profil. Corps de la vertèbre légèrement creusé dans le sens de la longueur, ayant un peu plus d'épaisseur au sommet qu'à la base, celle-ci obli- quant très-sensiblement d'avant en arrière a et b, surfaces articulaires où s'appuyait la côte. ( 303 ) » Planche XX, Figure 27, A. B. C. Quatrième ou cinquième vertèbre dorsale vue à l'avant, à l'arrière et de profil. (Monségur [Gironde], miocène inférieur). Notre collection; grandeur naturelle. A. Face postérieure. Corps de la vertèbre peu élevé , très-élargi , arrondi à la base ; en a a, traces des surfaces articulaires; apophyses transverses courtes, relevées, rejetées légèrement en avant, faisant corps avec les arcs, orifice du canal vertébral , large, arrondi , légèrement étranglé au som- met ; l'apophyse épineuse presque entièrement détruite, montre cepen- dant par ses restes, qu'elle inclinait sensiblement en arrière. B. Face antérieure. De ce côté, le corps de la vertèbre paraît plus étroit, en bb, surfaces articulaires très-larges sur lesquelles venait appuyer la vertèbre qui précédait. G. Profil. La pièce vue ainsi montre le corps de la vertèbre épais et relevant à l'arrière , les branches des arcs très-larges et massives, et en a et b . les surfaces où s'articulait la côte. Planche XX, Figure 28, A. B. Neuvième ou dixième dorsale vue par sa face postérieure et de profil. (Cours [Gironde], miocène inférieur). Notre collection ; grandeur naturelle. A. Face postérieure. Corps de la vertèbre large, pincé à son extrémité inférieure, sensible- ment creusé vers l'orifice du canal vertébral; tîelui-ci très-petit, de forme arrondie avec étranglement très-prononcé à la voûte , apophyses transverses, très-courtes, rejetées en arrière , faisant corps avec les ( 304 ) arcs, apophyse supérieure épineuse très-développée, formant par suite de l'écartement de ses lamelles un canal étroit , profond , divisé dans toute sa longueur par une arête médiane , à saillie sensible ; en a, sur- face articulaire très-apparente; celle du côté opposé est détruite. B. Profil. Corps de la vertèbre très-épais, légèrement creusé, obliquant en avant, en a b, surfaces articulaires indiquant les points ou la côte venait s'appuyer tout à la fois sur l'arc vertébral et sur l'apophyse transverse ; arcs vertébraux aussi larges que le corps ; apophyse épineuse haute , large, arrondie à son extrémité supérieure , amincie en lame tranchante à sa partie antérieure et inclinant légèrement en arrière. Planche XXI, Figure 29, A. B. C. Dernière ou avant-dernière vertèbre costale vue en avant, en arrière et de profil. (Monségur [Gironde]; miocène inférieur). Notre collection ; grandeur naturelle. ■r A. Face antérieure. Corps de la vertèbre large, à base arrondie, surface concave, orifice du canal vertébral très-étroit, de forme ovalaire avec étranglement à la voûte, apophyses transverses massives , très-courtes , tuberculeuses, légèrement inclinées en avant , faisant corps avec les arcs, se terminant elles-mêmes en apophyses antérieures a b montrant les surfaces arti- culaires qui unissaient cette vertèbre à celle qui la précédait, apophyse supérieure épineuse , épaisse sur sa face antérieure. B. Face postérieure. Do ce côté , le corps de la vertèbre est le même que sur l'autre face ; apophyse épineuse épaisse, excavée à sa base seulement, en a, surface articulaire qui unissait la vertèbre avec celle qui suivait ; la même arti- culation qui existait de l'autre côté en b est détruite. C. Profil. Corps do la vertèbre très-épais, légèrement creusé , on a surface arti- culaire large et profonde occupant tout à la fois le haut du corps de la ( 305 ) vertèbre et le dessous de l'apophyse transverse , indiquant le point ou venait appuyer la côte; apophyse épineuse droite, large, assez courte, ayant son extrémité supérieure plus épaisse , mais moins large que la partie médiane. Planche XXI, Figure 30, A. B. Dernière costale , vue sur sa face antérieure et de profil. (Monségur [Gironde]; miocène inférieur.) Notre collection, grandeur naturelle. A. Face antérieure. Corps de la vertèbre très-large , pincé à son extrémité inférieure ; surface concave ; canal vertébral très-étroit et d'une forme qui rappelle exactement un dôme moresque ; apophyses transverses, épaisses, mas- sives, à peine distinctes et confondues dans les arcs ; en a b se montrent, bien qu'en partie détruites , les apophyses antérieures au moyen des- quelles cette vertèbre était articulée à la pénultième. B. Profil. Dans cette vertèbre , qui n'offre plus traces de l'apophyse épineuse , le corps, très-épais, est sensiblement creusé, obliquant en avant, ce qui donne à la surface articulaire plus d'étendue à l'avant qu'à l'arrière ; les arcs vertébraux courts, ramassés, confondus avec les apophyses transverses , sont presque aussi larges que le corps de la vertèbre ; en a surface articulaire large , profondément creusée, s'étendant tout à la fois sur le haut du corps de la vertèbre , sur l'arc et sur l'apophyse transverse , point où venait s'articuler la dernière côte. Planche XXI, Figure 31, A. B. C. Vertèbre sacrée mie sur ses faces antérieure, postérieure et de profil. (Cours [Gironde]; miocène inférieur.) Notre collection , grandeur naturelle. Cette vertèbre, que nous considérons comme la troisième post- costifère ou sacrée , peut être regardée comme un des plus précieux restes que nous aient laissés les Halitherium , puisque l'état de conser- vation parfait dans lequel elle se trouve, permet aujourd'hui d'apporter la lumière dans cette question si controversée de l'absence ou de la présence d'os du bassin chez les Siréniens fossiles. ( 306 ) A. Face antérieure. Corps de la vertèbre épais large, à surface, légèrement concave , montrant par les traces de l'épiphyse non encore soudée , que le sujet n'était pas encore adulte , arrondi sur les côtés , aplati à la partie infé- rieure, creusé, à la partie supérieure formant la base du canal vertébral , celui-ci assez large, aplati, étranglé à la voûte , apophyses transverses très-développées, rejetées légèrement en arrière, longues, larges, épaisses , à pédicules massifs , attachés au centre du corps de la vertè- bre ; ces apophyses qui, en s' éloignant du corps de la vertèbre, tombent d'abord obliquement , se relèvent ensuite à leur extrémité , qui est amincie et taillée carrément; apophyse épineuse supérieure à lame tranchante , ne présentant d'écartement des lames et d'excavation qu'à sa base , d'où prennent naissance les deux apophyses articulaires anté- rieures a b, très-développées, se dirigeant obliquement de droite et de gauche , portant encore d'une manière très-visible les surfaces où s'ar- ticulait la seconde post-costifère. B. Face postérieure. Sur cette face , le corps de la vertèbre , arrondi sur les côtés , porte une échancrure tant à la partie inférieure qu'à celle supérieure ; sur sa surface , légèrement concave , s'aperçoit aussi l'épiphyse encore non soudée ; de ce côté , les apophyses transverses montrent à leurs extré- mités, sur le bord postérieur de celles-ci, deux apophyses articulaires, a b , très-accentuées , où venaient s'attacher les os du bassin. Apophyse épineuse présentant sa face postérieure terminée en lame tranchante , et de la base de laquelle s'avançaient les deux apophyses articulaires postérieures, dont une seule, al, subsiste. C. Profil. La pièce ainsi vue , montre la partie inférieure du corps de la vertè- bre, très-fortement creusée et portant une arête au milieu, les apophy- ses transverses larges, amiucies et relevées à leur extrémité; l'apophyse épineuse large, peu élevée, verticale , moins développée à sa base qu'à son extrémité, qui est arrondie. ( 307 ) Planche XXI, Figure 32 Lombaire, peut-être encore une troisième ou sacrée , vue par sa face antérieure, provenant d'un jeune individu. (Saint- Vivien de Monségur [Gironde] , Miocène inférieure). Notre collection; grandeur naturelle. Corps de la vertèbre large , aplati , de forme presqu'ovalaire; surface concave au centre et sensiblement relevée à la base du canal ; épiphyse prête à se détacher, canal vertébral étroit , en dôme moresque ; apo- physes transverses tombantes , larges près du pédicule qui est très- épais, et allant en se rétrécissant jusqu'à l'extrémité qui se termine presque en pointe, mais en une pointe renforcée portant en dessous un renflement a b qui pourrait être l'apophyse s'articulant au bassin. L'apophyse épineuse , brisée , n'a laissé d'autres traces que celles qui se voient au-dessous du canal. Plancue XXI. Figure 33. Lombaire vue en dessous , provenant d'un sujet jeune. (Saint-Vivien de Monségur [Gironde] Mioeène inférieur). Notre collection; grandeur naturelle. Cette vertèbre a été trouvés à côté de la précédente ; elles apparte- naient vraisemblablement au même animal, car non-seulement elles ont une teinte exactement semblable, mais encore elles semblent parfaite- ment s'articuler; nous la figurons vue en dessous pour montrer que cette pièce est bien une lombaire , c'est-à-dire que, de même que celle figurée sous le n° 32, elle ne porte aucune trace d'os en V. Le corps de la vertèbre ainsi vu est de forme presque carrée, c'est-à- dire aussi haut que large, pincé à sa partie médiane; apophyses transverses semblables de forme à celles de la pièce n° 32 , moins , cependant, le renflement ou apophyse des extrémités et ayant aussi les pédicules moins épais. Sur cette pièce comme dans la précédente, les épiphyses tendent à se séparer du corps de la vertèbre. Planche XXI. Figure 34. Lombaire vue en dessous. (Monségur [Gironde] , miocène inférieur) . Notre collection; grandeur naturelle. ( 308 ) Corps de la vertèbre large, peu épais, très-sensiblement pincé au milieu, les bords intacts ne montrant aucune trace d'os en V; apopbyse transverse courte, mince, assez étroite, tombante. Planche XXI, Figure 35, A. B. Vertèbre caudale, une des premières de la sérié, vue par sa face posté- rieure et en dessous. (Béquey [Gironde]; Miocène inférieur). Notre collection; grandeur naturelle. A. Face postérieure. Corps de la vertèbre élargi , assez élevé, arrondi sur les côtés , aplati à sa partie inférieure et à celle supérieure ; surface concave ; canal ver- tébral étroit, surbaissé, apophyses transverses tombantes, larges, assez courtes , attachées à la partie centrale du corps vertébral par un pédi- cule épais ; apophyse épineuse courte, verticale, dépourvue d'apophyses articulaires antérieures et postérieures. B. Vue en dessous. Sous cette face la pièce montre en a b c les traces d'articulations des os en V, la dégradation de l'os a fait disparaître la quatrième de ces surfaces articulaires. Planche XXI, Figure 36, A. B. Vertèbre caudale , une des premières de la série, vue par sa face anté- rieure et en dessous. (Saint-Vivien de Monségur [Gironde]; miocène inférieure). Notre collection ; grandeur naturelle Cette vertèbre trouvée à côté de celles figurées sous les n° 32 et 33, a comme celles-ci les épiphyses non soudées et paraît provenir du même individu. A. Face antérieure. Corps de la vertèbre élargi , peu élevé , de forme un peu ovalaire , arrondi sur les côtés, aplati à la base, échancré à la partie supérieure formant base du canal, celui-ci étroit, assez élevé, étranglé à la voûte; les apophyses transverses, brisées raz du pédicule permettent cepen- dant de voir quelles inclinaient légèrement en arrière et qu'elles tom- baient brusquement; quant à l'apophyse épineuse, ses débris indiquent qu'elle était rejetée eu arrière. ( 309 ) B. Vue en dessous. De ce côté se montrent très-accentuées en a b c d les surfaces d'arti- culation des os en V. Planche XXI, Figure 37. Vertèbre caudale, très-avancée dans la série portant les os en V vue en dessous. (Saint-Vivien de Monségur [Gironde]; miocène inférieur). Notre collection; grandeur naturelle. Corps de la vertèbre, étroit, allongé , ayant la partie médiane légère- ment creusée et bordée par deux arêtes courbes saillantes , à chaque extrémité desquelles se voient en a b c d les surfaces articulaires des os en V. Apophyses transverses courtes, minces arrondies, rejetées en arrière. Planche XXI; Figure 38, A. B. Vertèbre caudale, une des dernière$\, vue sur ses faces antérieure et postérieure . (Monségur [Gironde]; miocène inférieur). Notre collection; grandeur naturelle. A. Face postérieure. Cette vertèbre , dont le corps est assez épais , présente sur cette face la forme d'un hexagone presque régulier, dont le côté supérieur est très-légèrement arqué. B. Face antérieure. Sur cette face le corps de la vertèbre, plus allongé qu'à l'arrière, a sa moitié supérieure très-régulièrement cintrée, tandis que la moitié infé- rieure est formée de trois pans coupés : celui inférieur parfaitement horizontal, ceux latéraux légèrement courbés en dedans. Planche XXI, Figures 39. Une des branches d'un des derniers os en V. (Monségur 1 Gironde]; miocène inférieur). Notre collection ; grandeur naturelle. ( 310 ) Ce fragment, vu par sa face externe , constitue l'une des branches ou l'un des côtés d'un des derniers arcs vertébraux inférieurs ou os en forme de V; son exiguité d'abord , ensuite l'absence, du côté interne, de toute trace de soudure avec la branche qui manque, dénotent qu'il était un des derniers, le dernier peut-être de la série; a, sa base épaisse, renflée, montre le point d'attache qui l'unissait à la branche détruite; le corps de cet os, mince, à surface externe lisse, étranglé au-dessus de sa base pour s'étaler ensuite en éventail , porte encore en b c les sur- faces articulaires au moyen desquelles il était soudé aux corps verté- braux. Planche XXI, Figure 40, A. B. C. Os pénial vu en dessus, en dessous et de profil. ( Saint-Sulpice de Gailleragues [Gironde], miocène inférieur). Notre collection ; grandeur naturelle. A. Vu en dessous. Cet os grêle, mince, allongé, en massue , portant à la base une tubé- rosité a qui l'attachait à l'ischio-caverneux , présente sur cette face une surface plane , lisse , se redressant d'une manière sensible à l'extrémité supérieure ou il montre en b l'orifice d'un petit canal , ou tubulure , parfaitement net , régulièrement perforé, à parois lisses et dans lequel une tige mince pénètre aisément jusqu'à une profondeur de m 009 mil . B. Vu en dessus. Sur cette face, l'os d'abord triquètre et relevé immédiatement au- dessus de la tubérosité, qui est aussi bien accentuée de ce côté que de celui opposé, s'aplatit légèrement en s'infléchissant pour se redresser encore et s'infléchir de nouveau , mais alors d'une manière sensible , à l'extrémité supérieure. La figure C , qui représente la pièce de profil , donne une idée exacte des inflexions que subit cet os. En attribuant cette intéressante pièce à un Halitherium, nous cro}ons apporter la lumière dans la question si controversée de l'existence de l'os pénial chez les Cétacés herbivores. Ainsi que nons l'avons dit plus haut, la science actuelle penche encore pour la négative, malgré cependant la constatation faite par de Blainville sur le squelette de Lamantin, du Musée de Leyde. Quant à nous, en présence du faciès et de l'origine du précieux m or- ( 341 ) ceau que nous venons de décrire, nous ne pouvions que nous ranger du côté de l'opinion de ce savant naturaliste. Nos raisons , les voici : Cet os , quoique mince et grêle , permet de voir à différentes cassures, 'qu'il est dense, compact et éburné comme tous les restes fossiles de Siréniens ; à sa partie externe comme à celle interne, on n'aperçoit aucune de ces traces de tissu osseux qui sont le caractère propre à tous les autres ossements fossiles sans exception. Nous avons recueilli nous-même ce précieux morceau dans la couche supérieure du calcaire à Astéries de Saint-Sulpice de Guilleragues , près Monségur, gisement où , comme nous le disions plus haut , les débris nombreux de Siréniens se montrent quelquefois mêlés à des restes de Rhinocéros et d'Anthracotherium ; à part quelques rares fragments de Miliobatides, voilà les seules espèces dont nous ayons pu recueillir des restes pendant une période de six ans, durant laquelle nous avons à peine négligé un jour de suivre l'exploitation de la carrière. Ne sommes-nous pas autorisé à admettre avec de telles présomptions que cet os ait appartenu à un Halitherium? Planche XXI, Figure 41, A. B. Métacarpien , le cinquième vraisemblablement, vu sur ses deux faces. (Monségur [Gironde], miocène inférieur). Notre collection ; grandeur naturelle. A. Face externe. a. Tête saillante ; rugueuse, portant les traces d'articulation avec les os du carpe ; corps de l'os plat , lisse, droit du côté externe, sensible- ment arqué du côté interne, élargi et très-déprimé dans l'extrémité phalangienne b, ce qui est le caractère propre du cinquième métacar- pien. B. Face interne. a. Cavité articulaire qui recevait une portion de la tête du quatrième métacarpien , corps de l'os légèrement arrondi d'abord , puis se dépri- mant vers l'extrémité phalangienne. Planche XXII , Figures 42-43-52. Trois côtes ayant occupé les premières places dans la série, provenant de sujets différents. (Saint-Sulpice de Guilleragues [Gironde], miocène inférieur). Notre collection; grandeur naturelle. (312) Ces côtes à double articulation, ce qui indique suffisamment qu'elles figuraient parmi les premières,) paraissent provenir de sujets d'âge différent, car, s'il est présumable que le n° 43 ait appartenu à un adulte, assurément le n° 52 vient d'un sujet bien jeune; toutes trois néanmoins sont de forme identique , courtes , fortes , épaisses , triquè- tres, médiocrement courbes, plates à la partie interne, très-renflées vers leur milieu, puis diminuant insensiblement jusqu'à l'extrémité qui est très-mince et taillée carrément ; sur ces trois côtes existe un peu en dessous de la tête articulaire, une saillie prononcée suivie d'une surface lisse, déprimée, aplatie, assez étendue. Planche XXII, Figure 44. Côte, une des dernières. ( Cenon [Gironde]; miocène inférieur). Notre collection; grandeur naturelle. Cette côte , par son peu de courbure et ses deux extrémités presque également atténuées , indique avoir été une des dernières , la dernière peut-être; comme celles que nous venons de décrire, elle porte en dessous de la tête articulaire, mais bien plus bas que ces dernières, une aspérité très-prononcée , suivie également d'une partie déprimée ; son ensemble est de forme aplatie. Planche XXII , Figures 49-50-51 . Trois côtes appartenant à la série médiane : ( Les deux premières de Saint-Sulpice de Guilleragues, la troisième de Saint- Vivien de Monségur [Gironde]; miocène inférieur). Notre collection ; grandeur naturelle. La grande courbure de ces côtes, leurs dimensions et leurs têtes arti- culaires, démontrent assez qu'elles appartenaient à la série médiane ; leur corps , quoiqu'épais sur leur milieu, n'affecte plus cette forme tri- quètre qui caractérise les premières ; elles sont fortes, massives et apla- ties, munies comme toujours d'une aspérité en dessous de la tête arti- culaire, aspérité immédiatement suivie d'une longue dépression; dans le n° 50, cette dépression est si prononcée que la côte en a subi un renflement à la partie interne, (313) Planche XXII , Figures 45-48. Côtes médianes. (Saint-Vivien de Monségur [Gironde]; miocène inférieur). Notre collection ; grandeur naturelle. Ces deux côtes provenant de jeunes sujets, identiques de forme à celles qui viennent d'être décrites, appartenaient, comme elles, à la série médiane. Planche XXII , Figure 46. Côte, une des dernières. (Cenon [Gironde] ; miocène inférieur). Notre collection , grandeur naturelle. Cette côte paraît avoir été une des dernières d'un sujet extrêmement jeune ; la tête , dépourvue de traces d'articulation , ne se distingue de l'extrémité inférieure que par un peu plus d'épaisseur, le corps de la côte, assez légèrement courbe, est exactement cylindrique dans toute son étendue; l'extrémité inférieure se termine par conséquent en fuseau ; on n'aperçoit , sur cet intéressant morceau , ni l'aspérité, ni l'aplatisse- ment observés sur les côtes ordinaires. Planche XXII, Figures 47, 53. Côtes en fragments. (Saint-Sulpice de Guilleragues [Gironde] ; miocène inférieur.) Notre collection , grandeur naturelle, Ces deux fragments , dont l'un , n°53, représente la moitié supérieure environ de la côte , et l'autre la côte presque entière , privée seulement de son sommet , ont été trouvés ensemble et semblent avoir appartenu au même sujet, qui , évidemment , devait être fort jeune ; leurs corps, cylindrique comme dans la figure 46 ci-dessus, diffère cependant de cette dernière, en ce que sur ces deux petites côtes s'observent d'une manière peu sensible , il est vrai , mais visible cependant , la proémi- nence suivie de dépression qui est si fortement accentuée sur les gran- des côtes dont nous avons donné la description ; mais ces deux petites côtes, qui paraissent avoir pris place dans le milieu de la série, se dis- Tome XXVIII. 21 ( 3U ) tinguent surtout par un caractère tout particulier qui consiste : en ce que sur chacune d'elles, et entre les deux surfaces articulaires vertébra- les, existe une cavité régulièrement arrondie, d'un diamètre de m 003 mm , formant l'ouverture d'un petit canal très-nettement perforé, qui pénètre obliquement dans le corps de la côte , sans cependant le transpercer. Nous indiquons sur la figure , au trait n° 53 a , par une ligne ponctuée, l'obliquité de cette perforation ; la figure 53 montre très-distinctement en b l'ouverture du petit canal ; dans la figure 47, le fossile a été pré- cisément brisé sur cette perforation, qui, mise ainsi à découvert en c, peut être facilement étudiée. Si c'était sur une côte seulement qu'on eût à observer cette perfora- tion , il serait permis, malgré sa régularité, de la considérer comme due à une cause accidentelle; mais, en présence de nos deux spécimens, le doute n'est plus permis , quoiqu'anormales , elles n'en restent pas moins naturelles : problème à résoudre. RÉSUMÉ Les Siréniens fossiles, de même que les Lamantins vivants, forment un genre bien distinct , qui , selon l'opinion de Blainville , paraît plus éloigné des Cétacés que des Phoques. Les Halitherium jusqu'ici décrits , n'offrent dans le système dentaire que des nuances différentielles. Nous n'en reconnaissons que deux espèces : . V Halitherium Cuvieri Kaup , Le Cheirotherium Brocchii Bruno, et encore faisons-nous nos réserves pour cette dernière , dont nous n'avons pu étudier les dents ni sur nature , ni sur moulage. Les Halitherium ont des membres postérieurs se réduisant à un ou deux os rudimentaires du bassin. Ils sont pourvus d'un os pénial. (316 ) PLANCHE XVIII HALITHERIUJVJ Cuvieri Kaup. Figube ( grandeur naturelle.) t A. Crâne vu en dessus. \ — B. Le même vu en arrière. / Saint-Vivien — C. — vu de profil, l de MÔnségur. — D. — vu en dessous. ) 2 A. Crâne vu en dessus. ] — B. Le même vu en arrière. f Saint-Sulpice — C. — vu de profil. I de Guilleragues. — D. — vu en dessous. ' 3 A. Arrière crâne vu de trois-quarts. ) Bé"-uev — B. Le même vu en dessous. ) & '" A A. Arrière crâne vu de profil. \ — B. Le même vu en arrière. r R . — C — vu en dessous. ( Ulaye — D. Coupe fictive. ] ACTES DELASOC.UNN DE BORDEAUX TOME XXVIII PL. 18 HALITHERIUM cuvieri kaup . ( 318) PLANCHE XIX HALITHERIUM Cuvieri Kaup. Figure ( grandeur naturelle. ) 5 A. Sphéno-occipital vu en dessus. — B. — vu en dessous. 6 Frontal. 7 A. Apophyse zygomatique , côté externe. — B. — — côté interne. 8 A. — — côté externe. — B. — — côté interne. 9 A. Mandibule vue de profil. — B. — vue en dessous. — C. Pénultième molaire vue en dessus. 10 A. Mandibule vue de profil. — B. — vue de face. — C. — vue en dessous. il A. Portion mentonnière \ue de face. — B. — vue de profil. Saint-Aubin. Rauzan. Béguey. Monségur. Monségur. Léognan. Cenon. \ El ?È T. XXVIII PL 19 ACTES DE LA SOC LINN DE BORDEAUX HALITHERIUM cuvieri kaup , ^ ( 320 ) PLANCHE XX HALITHERÎUM Cuvieri Kaup. FIGURE ( grandeur naturelle ) 12 Fragment de crâne vu en dessous. 15 Pénultième molaire supérieure gauche. 14 A. Arrière molaire supérieure gauche. B inférieure gauche. — b. La même vue de profil. — 6'. Moulage usé de la même. — C. Arrière molaire supérieure droite. — c. La même vue de profil. — c'. Moulage usé de la même. — D. Pénultième molaire supérieure gauche à l'état de germe. — d. La même rue de profil. — d\ Moulage usé de la même, 15 A. Arrière molaire supérieure droite. — a. La même vue de profil. — a\ Moulage usé de la même. — B. Arrière molaire inférieure gauche. — b. La même vue de profil. — b. Moulage usé de la même. — C. Arrière molaire inférieure droite. — c. La même vue de profil. — c'.- Moulage usé delà même. vue sur deux faces. — D. Petite incisive inférieure — d\ — - 16 Rocher. 17 A. Corne postérieure droite de l'os hyoïde, côté inférieur. B. — côté supérieur. i8 A. Corne postérieure gauche de l'os hyoïde, côté supérieur. B. — — côté inférieur. 19 A. Corne postérieure droite de l'os hyoïde, côté inférieur. B. — côté supérieur. 20 A. Omoplate gauche vue par sa face externe. — B. — — vue par sa face interne. 21 Fragment d'omoplate droite. 22 — — - 23 A. Axis vu par sa face antérieure. — B. — vu de profil. _ C. — vu par sa face postérieure. 24 A. Vertèbre dorsale vue par sa face antérieure. B. — — vue par sa face postérieure. 23 Apophyse épineuse supérieure d'une des premières vertèbres dorsales. 26 A. 5* ou 4« vertèbre dorsale vue par sa face antérieure. — B. La même vue par sa face postérieure. — C. — vue de profil. 27 A. 4 e ou 5° vertèbre dorsale vue par sa face postérieure. — B. La même vue par sa face antérieure. — C. — vue de profil. 28 A. 9 e ou 10 e dorsale vue par sa face postérieure. — B. La même vue de profil. Saint -Ferme. Latresne. Cubzac. Saint- Aubin. MoDségur. Monségur. Monségur. \ Saint-Sulpice (de Guilleragues. ( Saint-Sulpice ( de Guilleragues. Béguey. Monségur. Monségur. \ Monségur. ) Saint-Sulpice ïde Guilleragues. Monségur. Monségur. Cours. 17 C ACTES DELA SOC.LINN.DE BORDEAUX T.XXV1II PL. 20 HALITHERIUM cuvieri kau (322 ) PLANCHE XXI H4LITHERIUM Cuvieri Kaup. Figure ( grandeur naturelle. ) 29 A. Dernière ou avant-dernière vertèbre costale vue par sa face antérieure. | — B. La même vue par sa face postérieure. | — C. — vue de profil. ' 50 A. Dernière vertèbre costale vue par sa face antérieure. — B. La même vue de profil. '■ 31 A. Vertèbre sacrée vue par sa face antérieure. , — B. La même vue par sa face supérieure. — G. — vue de profil. 52 Lombaire, peut-être une troisième ou sacrée, vue par sa face antérieure . 35 Lombaire vu en dessous. 54 — — 55 A. Vertèbre caudale, une des premières, vue par sa face postérieure. — B. La même vue en dessous. 56 A. Vertèbre caudale, une des premières , vue par sa face an- térieure. — B. La même vue en dessous. 37 Vertèbre caudale, très-avancée dans la série. 58 A. Vertèbre caudale , une des dernières, vue par sa lace pos- térieure. — B . La même vue par sa face antérieure. 59 Une des branches d'un des derniers os en V. 40 A. Os pénial vu en dessous. — B. Le même vu en dessus. — G. — vu de profil. 41 A. Métacarpien, le 5 e vraisemblablement, vu par sa face externe — B. Le même vu par sa face interne. Monségur. Mouségur. Cours. Saint-Vivien, de Monségur. Monségur. Béguey. Saint-Vivien de Monségur. Monségur. Saint-Sulpice de Guilleragucs. Monségur. i ACTES DE LA SOC. LINN. DE BORDEA HALITHERIUM cuvieri kaup * ( 324 ) PLANCHE XXII HALITHERIUM Cuyieri Kaup. Figure (grandeur naturelle.) 42. Côte, une des premières. 43. — — — 44. — Une des dernières. 45. — Une du milieu de la série. 46. — Une des dernières. 47. — Une du milieu de la série. 50. — 51. — 52. 53. Une des premières. Une du milieu de la série. i Saint-Sulpice ) de Guilleragues- Cenon. | Saint-Vivien ' de Monségur. Cenon. ) Saint-Sulpioe \ de Guilleragues. ( Saint-Vivien \ de Monségur. | Saint-Sulpice 1 de Guilleragues, j Saint-Vivien ) de Monségur. > Saint-Sulpice J de Guilleragues, 50 ÏM exemplaires roulés et desséchés parmi les galets de la plage, d'une production (végétale ou animale? je l'ignorais) qui m'était totalement inconnue et qui , moulée et enveloppante sur des coquilles uoivalves vulgaires de nos côtes, servait (qu'on veuille bien me passer cette Tome XXVIII. 99 ACTES DE LA SOC. LINN.DE BORDEAUX. T. XXVIII. PL. 22. ,;i *V HALITHERIUM cuvieri kaup N° I. QUESTIONS OBSCURES RELATIVES A L'HYDRACTINIA ECHINATA Flem. ET A L'ALCYONIUM DOMUNGULA Lamk. tous deux LOGEURS de pagures Par M. Charles DES MOULINS , président. S I. — HYDRACTINIES. Il y a des choses qui, pour être passablement vieilles dans la science, ne laissent pas d'être susceptibles d'un certain intérêt de nouveauté lors- que, longtemps observées d'une manière incomplète , puis longtemps encore à-pcu-près oubliées, elles finissent un jour par être ramenées à la lumière , à l'occasion de quelque circonstance qui n'est ni cherchée ni même prévue, mais qui se rencontre inopinément, accompagnée d'accessoires favorables à une étude nouvelle. Tel est le sujet de la présente Note, dont mon ignorance dans les trois spécialités auxquelles elle se rattache, ne devait assurément pas me oiénager l'honneur d'y faire connaître quelque document nouveau; mais si nous n'avons en ce moment parmi nos collègues linnéens, aucun sijécialiste en actinologie et en carcinologie , nous avons du moins à notre portée quelques livres, et je me trouve amené fortuitement à puiser dans ceux-ci quelques fruits, non de ma propre science, du moins de la science d'autrui ; et je ne suis pas tout-à-fait le premier qui ait usé de ce moyen commode pour se donner l'avantage d'adresser la parole au public scientifique. En 1824, je fis un voyage à La Rochelle, et j'en rapportai quelques exemplaires roulés et desséchés parmi les galets de la plage, d'une production (végétale ou animale? je l'ignorais) qui m'était totalement inconnue et qui , moulée et enveloppante sur des coquilles uoivalves vulgaires de nos côtes , servait (qu'on veuille bien me passer cette Tome XXVIII. 22 \ 1 ( 326 ) expression familière) de double paletot à des Bernard-l'Hermite. Cette production, sans être épineuse comme un marron d'Inde, était loin pourtant d'être douce au toucher : elle était hérissée de sortes de papilles ou plutôt de petits tubes desséchés, d'une couleur brune-jaunâtre ou noirâtre ou verdâtre; elle se prolongeait en dehors de l'ouverture de la coquille, en manière d'étui corné, solide, lisse et poli en dedans, for- mant une sorte de vestibule proportionnellement spacieux et qui devait loger fort commodément les bras et les mains du Pagure devenu pro- bablement trop gros pour rentrer en entier dans le test qui lui servait de logement. Personne, et même mon ami Rang qui se trouvait alors à La Rochelle, personne ne put me donner le nom précis de cette production. Il ne tarda pourtant pas à me devenir connu, du moins sous toutes les réserves que m'imposait mon manque d'études spéciales; et je dus n'inscrire que sous le bénéfice du point d'interrogation, faute d'une rédaction plus développée de l'article n° 343 d'un recueil alors tout nouveau {Bulletin des Sciences naturelles et de Géologie du Baron de Férussac, t. I, p. 280, mars 1824) la détermination tirée de l'analyse d'une publication alors récente, qui jamais depuis n'a passé en nature sous mes yeux : Description de quelques nouveaux mollusques et zoophij- tes; par le doct. A. W. Otto , avec 5 planches [in Nov. Act, Acad. Cœs. Leop. Car. Nat. Curios., t. II, part. 2, p. 273) : « 6° Actinia carciniopados; cette actinie enveloppe les coquilles » marines et forme autour de leur ouverture une prolongation [sic, un » prolongement eût été mieux dit) plus ou moins considérable, et ce qui » est remarquable et que nous avons eu souvent occasion d'observer, » elle semble ne s'attacher qu'aux coquilles habitées par les pagures. » — Le doute scientifique devait encore subsister, mais le doute moral n'avait plus de raison d'être pour moi. Cette indication si précise du Bulletin de Férussac avait été précédée par une indication beaucoup plus vague; car Defrance, dès 1816, en décrivant son Alcyon parasite [A. parasitus), fossile du Plaisantin, dans le Supplément, p. 109, n° 4 4, du t. I du Dictionnaire des Sciences na- turelles (Levrault à Strasbourg, Le Normand à Paris, éditeurs) avait ajouté ces lignes : « On trouve dans le" commerce des coquilles univalves » non fossiles qui sont recouvertes d'un alcyon semblable à l'alcyon » parasite. L'ouverture de ces coquilles se trouve très-souvent prolongée » par lui d'une forme triangulaire. On ne savait à quoi attribuer cette » forme singulière; mais je ne doute pas qu'elle ne provienne de l'oc- » cupation de la coquille par un pagure, pendant la vie <1<> l'alcyon, a ( 327 ) — C'est vers 1830 que je recueillis cette indication : j'y inscrivis aussi dans ma collection , le point d'interrogation ; mais le nom spécifique parasitus, appliqué à une espèce fossile à moi inconnue, ne pouvait me permettre de l'étendre à une espèce vivante bien que parasite elle- même, et je ne le conservai que comme synonyme (mais qui dès-lors ne parut plus certain que jamais) de YActinia carciniopados d'Otto. Ce dernier nom , néanmoins, continua à passer inaperçu dans la science en France, car Defrance, en 182o, à l'article Pagure (Fossil.) , dans le t. XXXVII, p. 233 du même Dictionnaire, revint encore sur son Alcyon parasite de 1816, et y ajouta même quelques mots de dé- tails nouveaux , entr'autres l'attribution , encore douteuse pour lui , de ce polypier (sic) au genre Cellepora de Lamarck (lequel est un mollus- que bryozoaire de la science actuelle). Remarquons ici, en passant, que l'honneur de la découverte primi- tive de ce genre prétendu Alcyon revient exclusivement au respectable Defrance, car, dans ces années qui touchent de si près aux temps fabu- leux de l'histoire naturelle moderne, — que dis-je? dans cette même année 1816, — publiant sa célèbre Histoire des Polypiers coralligèncs flexibles, Lamouroux n'avait pas encore eu connaissance de cette sin- gulière production, et n'en faisait aucune mention, ni comme Actinie ni comme Alcyon. Pour l'Actinie, ce silence est fort naturel, puisque les Actinies n'entrent pas dans le plan de son ouvrage; mais, quant aux Alcyons , aucune de ses 51 espèces ne donne lieu à une descrip- tion applicable à l'IIydractinie , à moins qu'on ne veuille supposer qu'il pouvait la considérer comme une forme non sublobée et pour ainsi dire appauvrie de l'Alcyon bourse de mer ( Alcyonium bursa Linné) décrit en 1789 par Bruguière (Encyclopédie méthod., t. I, 2 e part., p. 24, n° 1 1), verdâtre et creux, et dans la cavité duquel on était libre de supposer une coquille pagurifère. Or, pour Lamouronx, cet A. bursa de Bruguière est un être fantastique , hybride , imaginaire , puisqu'il le di- vise en diverses entités dont l'une [Spongodium bursa Lamouroux), prend place parmi les végétaux, tandis que, probablement du moins, il en reporte quelqu'autre forme dans le règne animal, puisque Bruguière dit que quand les papilles très-serrées, cylindriques et transparentes, viennent à « s'épanouir (sic) , on voit que chacune d'elles est terminée par des rayons. » Quoi qu'il en soit, nous pouvons admettre avec plus de chances de probabilité , que Bruguière n'a pas plus décrit en réalité Y Hydractinie parmi les Alcyons qu'il ne l'a décrit parmi les Actinies dont il ne mentionne que 20 espèces, toutes volumineuses et non agrégées. ( 328 ) Laissons de côté cette digression rétrospective , superflue peut-être, et revenons aux faits authentiques : nous n'en avons pas encore fini a\ r ec l'année 1824 qui nous apporte l'article Actinie du t. II, 1 re par- tie , des Vers de l'Encyclopédie , supplément et continuation, à la fois, de la publication personnelle de Bruguière, par Larnouroux, Bory de Saint-Vincent et Eudes Deslongchamps. C'est au premier de ces trois naturalistes qu'on attribue généralement la rédaction de cet article peu longuement développé, puisqu'il n'ajoute à Bruguière que 5 espè- ces (avec descriptions) et 12 espèces douteuses (sans descriptions j : rien de tout cela ne se rapproche, autant que je puis le voir, de l'objet de mes recherches actuelles. Ici , le silence sa fait pendant plusieurs années , du moins dans les livres que j'ai sous les yeux. L'indication fournie par Defrance en 181 G reste oubliée et comme non avenue , non-seulement en France , mais jusqu'au-delà des mers. La 2 e édition des Animaux sans vertèbres de Lamarck (t. II, en 1836) n'avait pas accru d'une seule espèce le genre Alcyon de la première (1816) ; seulement, une simple parenthèse inter- calée à la page 608 renvoyait décidément aux végétaux Y Aie. bursa L. — En 1840 , le t. III de cette même 2 e édition (p. 4I4) enrichissait de 42 espèces les 26 de la première; et c'est là que la lumière aurait pu se faire sur les droits de priorité d'Otto. Sa description originale, complète et partant son nom, était en effet reproduite tout au long et en latin, dans ce volume, pour la rédaction duquel M. Deshayes avait été mo- mentanément remplacé, pendant sa mission de la Commission scientifi- que de l'Algérie , par feu F. Dujardin. L'excellente description d'Otto y figure comme synonyme dans le nouveau genre Cribi'ina d'Ehrenberg, Corallenth. , p. 41 (1834), inter- calé parmi les genres Lamarckiens à la p. 424, immédiatement après le geare Actinie , et le nom spécifique adopté par M. Dujardiu est Cribrine ntântelée (Cribrina palliata) qu'Ehrenberg ne se gêne nullement pour décorer d'un noms (ou que Dujardin en décore pour lui, car je ne pos- sède pas son édition personnelle), attendu que c'est bien Ehrenberg qui a détaché le genre nouveau du vieux genre Actinie : inscrit de la sorte, ce nom spécifique est, aux yeux de l'école à laquelle je m'honore d'ap- partenir, tout bonnement une déprédation; et quant à Yépithète sjie'ci- jiqiie , elle a été empruntée à un vieil ouvrage imprimé en 1761 par Bohadsch, Zooph., tab. II, fig. 1, sous lenom de Médusa palliata. Or, c'est ici un témoignage de plus de cette espèce de giûghtfà qui semble attaché de tout temps à la curieuse production dont je oVbceàpe ( 329 ) aujourd'hui : ce nom, mantelée, traduction rigoureuse de palliata , est détestable, parce qu'il est radicalement faux, palliatus signifiant « qui porte un habit long » (Dict. lat. fr. de Noël) , « vêtu, enveloppé d'un manteau » (Quicherat, Dict. fr. lat., p. 922), tandis que c'est au con- traire l'Actinozaire qui revêt et enveloppe d'un manteau complet la coquille pagurifère. Certes, je n'ignore pas qu'un nom, même mauvais, doit générale- ment être adopté quand il a la priorité pour lui , et je ne voudrais pas donner une marque d'irrespect à l'égard des droits d'un ancien ! mais quand ce nom est non-seulement mauvais, mais qu'il exprime uue idée absolument fausse, doit-on encore le respecter? J'avoue que je crois que cela cesserait d'être juste, puisque le nom spécifique a pour objet d'aider à la distinction d'une espèce, et non d'égarer, par un mensonge explicite, le jugement de l'investigateur qui cherche à déterminer cette espèce; et d'ailleurs, il y a peut-être ici une raison de douter de l'ap- plication du nom de Bohadsch (dont je n'ai pas le moyen de vérifier la description originale), car plusieurs espèces de Cribriuf>s et d'Actinies doivent probablement (d'après Dujardin, pages 420 et 127) être réunies ensemble « quand elles ne diffèrent que par la couleur, » et que « faute » de figures, on ne peut en établir exactement la synonymie. » N'est- ce pas bien le cas d'appliquer ce doute, au moment ou il s'agit d'une spécification qui date de 1761 ? Je dois me demander maintenant si cette cause d'hésitation ne doit pas s'étendre jusqu'au carciniopados d'Otto (1821 à Breslau, et peut- être 1822 ou 1823 à Bonn, car il y a deux publications de lui, que je ne puis vérifier) ? Ce nom, par suite du constant guignon dont je parlais tout-à-1'heure , n'est guère meilleur que palliatus , car pados ne signi- fie rien en grec, si ce n'est le nom du Pô, fleuve d'Italie (Dict. grec-fr. de Planche), et le choix de cette localité spéciale serait au moins singu- lier pour désigner un animal marin répandu, paraît-il, dans tout le bassin méditerranéen. Si, au contraire, avec Blainville (Dict. se. nat. de Levrault, art. Zoophytes devenu plus tard Manuel d'Actinologie), on veut écrire (p. 292 du Dictionnaire) carciniopocles et carciniopodos, on se trouvera à-peu-près aussi peu avancé : carciniopode signifie « dont les pieds ressemblent à ceux du crabe; » ce qui ne veut rien dire ici, ou « qui sert de pieds au crabe , » ce qui est le contraire de la vérité , enfin « à qui le crabe tient lieu de moyen de « locomotion, » ce qui est fort vrai , mais exprimé d'une façon fort insolite. Après tout et au de- meurant, dans ce nom, il est question du crabe, et comme c'est le seul { 330 ) qui fasse mention de cette sorte de rapports entre l'aetinien et le crus- tacé, il peut passer pour réellement distinctif et caractéristique, donc pour acceptable : nous nous occuperons plus tard de ses rapports avec le nouveau nom générique Hydractinie. Epuisons préalablement l'ancienne synonymie : D'après Dujardin (loc. cit. p. 418 et 424), Risso a nommé notre espèce Act. picta en 1826 [Europ. méridion., t. V, p. 286-288) : ce nom plus nouveau reste hors de cause. En 1830, t. LX du Dict. des se. nat. de Levrault, p. 292 (qui est devenu plus tard le Manuel d'Actinologie), Blainville mentionne Y Act. carciniopodos dans la Méditerranée et l'Adriatique , et plus loin dans le même volume, p. 488 , il l'introduit de nouveau (si nous pouvons nous permettre de supposer que c'est le même être) sous le nom Alcyonium echinatum Fleming , 1 828 : ce que nous examinerons plus tard , et en faisant remarquer que ce genre de Fleming est composé d'espèces hétérogènes et doit par conséquent être divisé. C'est là l'importante question à laquelle j'arrive, et dont la solution est pour moi entravée par ma position provinciale qui me force à y laisser de graves lacunes, en m'empêchant de puiser des documents à toutes les sources indiquées. Je poursuis cependant mon travail , me réjouissant de ce que ma vieille expérience me permet de montrer aux jeunes amateurs d'histoire naturelle, par le spectacle même de mon im- puissance à tout éclaircir, combien , quand on s'impose la tâche (comme dirait Rabelais) , de trutiner à fond un sujet quelconque d'histoire natu- relle, on est forcé par la moindre question à y apporter une attention sou- tenue, à lui consacrer beaucoup de temps et de minutieuses recherches. Il nous faut franchir d'un saut onze années, de 1830 à 1841, et, après avoir vu Dujardin , en 1840, nous donner (loc. cit.) le Crihrina palliata Ehrenb. (1834) avec les synonymes : Médusa palliata Bohadsch (1761), Actinia carciniopados _Otto (1822J et Rapp (Ueberdic Polyp., p. 58» 1829); Actinia picta Risso (1 826) ; Puis , avec un point de doute : Actinia parasitica Dugès, Ann. se. nat., 2 e série, t. VI, p. 93? (1836), nous arrivons à la création du nouveau genre pair deux luiluia- listes si justement illustres, sous les noms de : Ihltlractinia, en 1841 , par M. Van Bencden | Hull. Acad. Bruxelles, t. xir ; ( 331 ) Synhydra, en 1843, par M. de Quatrefages. (Voir ses Souvenirs d'un Naturaliste, 1854, t. II, p. 261. — Je parlerai plus loin de sa création primitive.) Ces deux dates me sont fournies par un court et substantiel article de mon jeune et savant ami le docteur Paul Fischer, dans le Bulletin de la Société géologique de France, 2 e série, t. XXIV, pages 689 et 690, séance du 1 7 juin 1 867 ; dans cet article , M. Fischer ne s'occupe direc- tement que d'espèces fossiles du genre , dont les espèces vivantes simi- laires , vues par lui sur nos côtes océaniques , ont été rapportées « par » les Anglais aux genres Alcyonium Fleming, Alcyonidium et Coryna » Johnston, Echinocorium Hassall, Podocoryna Sars, etc.,» et conver- gent évidemment, d'après la description sommaire de M. Fischer, vers un centre commun qui , évidemment aussi , ne peut être autre , à mon sens, que le congénère vivant de Y Alcyonium parasitum (fossile) de Defrance(1816). Cela s'accorde au mieux avec la description si nettement accentuée du Synhydra de M. de Quatrefages dans ses Souvenirs. Il devient clair pour moi que le genre Hydractinie , son synonyme plus vieux de deux ans, se compose d'animaux agrégés, transportés des Actinozoaircs dans les Hydrozoaires et qui doivent avoir l'aspect qu'on pourrait appe- ler à'Actiniens composés. Mais ici se présente une — et non la moins grave , — une des obscurités, dis-je, dont j'ai placé la mention dans la titre même du présent opuscule. J'admets parfaitement que les auteurs un peu anciens aient pu con- fondre génériquement des animaux composés et dont chaque individu est fort petit, avec des animaux parfaitement isolés d'ordinaire et généra- lement plus ou moins gros, tels que sont les vraies Actinies. En effet, les tubes, tubercules ou papilles des Actinies des anciens auteurs, devenues maintenant de simples zoaires (si l'on veut me permettre cette expression) réduits à la condition d'individus distincts au point de vue de la préhen- sion des aliments , étaient alors si obscurément connus qu'on n'était pas bien d'accord sur la question de savoir s'ils étaient réellement creux ou s'ils ne l'étaient pas. Voyez à ce sujet les généralités annotées par Dujardin (2 e édition de Lamarck, citée plus haut, page 406 du t. III), il y dit en propres termes : « Quant à la perforation des tenta- » cules, que M. Rapp admet formellement (1829) et que M. Ehrenberg » (1834) admet avec doute pour les Actinies en la rejetant aussi avec » doute pour les Cribrines, elle nous paraît également douteuse dans « tous les cas. » •j ( 332 ) Elle ne l'est plus maintenant! La Synhydre isolée, séparée de son support commun, est Y une des nombreuses bouches de cette commu- nauté animale qui constitue un exemplaire de l'espèce en question. M. de Quatrefages est parfaitement explicite à ce sujet, et voici, au complet, la citation du passage : « Sur quelque vieille coquille abandonnée, vous voyez s'étendre une » couche assez mince de substance charnue , hérissée de petits mame- » Ions et soutenue par un lacis de matière cornée : c'est le Polypier, » véritable corps commun auquel tient toute la colonie. Les animaux, » fort semblables aux Hydres d'eau douce, ont un corps allongé, » terminé par une bouche qu'entourent six ou huit tentacules mobiles, t> remplissant les fonctions de bras et de mains. Des canaux étroits , » formant un réseau, vont d'un individu à l'autre, et mettent en commu- » nication toutes les cavités digestives, de telle sorte que la nourriture » prise par chaque Polype profite directement à la communauté entière.» Tel est l'être que M. Fischer, aide-naturalite attaché à ce même Muséum où professe avec éclat M. de Quatrefages, cite comme recon- nue iDENTiQUE aux ci-devant Alcyons des Anglais , qui forment aujour- d'hui le genre Hydractinie de M. Van Beneden. Quel rapport peut-il exister entre cet être composé et une Actinie, être isolé, individuel, tel que nous l'annonce la caractéristique de ce grand genre? C'est moi qui entre maintenant en cause et qui essaie de formuler et d'établir cette singulière question : « Parmi ces animaux qu'en 1834 Ehrenberg a définis sous le titre d'Actinines et qu'il caractérise par « un corps entièrement mou , sub-coriace , libre , rampant et nageant , » non adhérent au sol, solitaire, ovipare ou vivipare, rarement gem- » mipare , ne se divisant jamais spontanément , » — parmi ces animaux, dis-je, des apparences trompeuses n'ont-elle pas fait confondre quelques êtres fort différents par leur organisation réelle , et qui sont non des in- dividus distincts et solitaires, mais des colonies d'animaux composés? Ces animaux composés ne sont-ils pas des Hydractinies, et I'Actinia carciniopados d'Otto n'est-clle pas Z'un d'eux ? Il faut combler Y hiatus énorme qui se creuse entre ces deux formes d'êtres si dissemblables, et le genre Cribrina d'Ehrcnberg, non en entier, mais en partie, me semble destiné A COMBLER CET HIATUS. Transcrivons maintenant tout au long la description originale, et que j"ai qualifiée d'excellente, qu'Otto donue de sonActima carciniopados ; car e'est elle que Dujardin donne uniquement comme diaguose du On- brvna palliata Ehrenb. (l)ujard. in Lamk., éd. 2 e , t. III, p. i2(3, n" 9 : ( 333 ) «A. mollis, complanata alba, purpureo-maculata, aperturam testa- rum molluscorum univahium , si à paguris habitantur, instar annuli plus minusve completi , cingens , disci irregularis margine elongato, tenuissimo , ubi testœ adglutinatur, molli, sed in parte libéra, firmiore subcarnea ; ore infero , sub paguri abdomine sito, tentaculorum bre- vium seriebus quatuor instructo. » (Otto.) Que peut-on penser de cette description , et y rencontre-t-on un seul caractère distinctif qui ne s'éloigne entièrement des caractères nor- maux d'une Actinie légitime? Je n'hésite pas : il n'y en a. pas un seul ! et je le prouve. Ne parlons pas de la couleur : nous avons vu qu'on s'accorde à le regarder comme de peu d'importance (Dujardin, loc cit., p. 408, en note) , et nous ne savons pas au juste celle des Hijdractinies de nos côtes occidentales de France , auxquelles on est tenté d'attribuer une coloration en général verdutre ou brunâtre. — Les Actinies ordi- naires ne sont jamais complètement enveloppantes , par conséquent adaptées aux formes des coquilles sur lesquelles elles se posent à volonté et desquelles elles peuvent se détacher de même pour choisir un autre domicile. Tous les détails de cohabitation avec les pagures , d'anneau complet ou incomplet bordant constamment l'ouverture des coquilles, l'irrégularité permanente du disque enfin, — tout cela n'a pas d'analo- gue dans les Actinies. — La singularité do ces faits, Y autonomie générique de Y Hydractinie se prononcent d'une façon bien autrement tranchante dans ce bord , mou tant qu'il est adhérent , et qui devient dur, corné (chitineux) dès qu'il devient libre : rien d'analogue dans l'id iosyncrasie acti- nienne ! L'hiatus dont je parlais s'élargit, — tranchons le mot, se change en abîme quand on nous fait aborder des caractères impossibles , con- tradictoires à l'égard des caractères zoologiques et physiologiques du genre Actinie. J'en appelle à tout zoologiste : « Ore infero, chez une Anémone, une fleur de la mer dont l'orifice unique s'ouvre à la lu- mière !!! Le poète donnerait presque aussi justement pour caractère à ce Polype qu'à l'homme, cœlumque tueri. Ce n'est pas tout : cette bou- che , sub paguri abdomine sito ! Feu Dugès, dans la description de son Actinia parasita (que Dujardin donne pour synonyme un peu douteux du carciniopados) , s'épuise en industries poétiques (Annal, se. nat., 2 e série, t. VI, pi. 7C, p. 94), pour nous faire admettre que « toujours » la bouche du Zoophyte répondait vis-à-vis de celle du crustacé, sans » doute pour profiter des débris qu'il laisse échapper du reste de ses » repas. » Oh! vraiment, c'est charmant! mais songe-t-on à cette Ané- mone dont les tentacules doivent s'agiter librement pour saisir et rap- ( 334 ) porter à la bouche les corpuscules nutritifs ? — pense-t-on à ces ten- tacules traînés et froissés contre le fond plus ou moins dur, inégal et raboteux de la mer, emprisonnés sous les mains du pagure qui les traîne sous lui ? Ici encore , tranchons le mot : cela ne peut pas être : donc, cela n'est pas ! Si, au contraire, vous me montrez cepertuis, cette ouverture que laisse voir la figure de Dugès, et dont fait mention la description d'Otto, — si vous l'interprétez comme l'entrée d'un canal aquifère destiné à porter le liquide vivifiant dans les méats du lacis qui forme la charpente du corps, — ou peut-être même à mettre à portée des cavi- tés digestives quelques corpuscules nutritifs , je dirai : « Je ne sais pas » s'il en est ainsi, mais du moins cela est possible. » A l'appui de ce que je viens de dire, examinons la note de Dugès, publiée en 1836 (trois pages et demie). J'affirme qu'on n'y trouvera que confusion sur confusion entre deux animaux tout-à-fait différents l'un de l'autre : 1° L'Urticœ quarta species de Rondelet, De piscibus , t. I (1554),. lib. 17. cap. 18, pag. 531. — La figure représente un gros et très- normal Actinien (méditerranéen), duquel deux individus solitaires et bien distincts coiffent chacun par un bout les deux extrémités (ouverture et spire) d'une coquille qu'il appelle une Pourpre (très-probablement Murex trunculus L., ou peut-être même M. brandarisL., si sa queue a été cassée); car il n'y a pas vestige de pagure dans la description ni dans la figure et, s'il y en a jamais eu un dans la coquille, il faut qu'il soit mort étouffé par la double coiffe, ou bien qu'affamé par son para- site il ait déménagé. Cet Actinien , à longs tentacules bleus , appartient au genre Cribrina d'Ehrenberg et de Dujardin, qui le cite à la page 418 (loc. cit.), comme espèce nouvelle donnée par Délie Chiaje, et encore comme Act. corallina Risso (Act. rubra? Ehrenb.). Ce genre Cribrina d'Ehrenberg, véritablement actinien et très-voi- sin des Actinies desquelles il l'a démembré, devra, je crois, être conservé à cause des pores latéraux aquifères dont le corps est pourvu sur ses côtés, et deviendra un excellent genre , quand, il aura été tota- lement purgé des Hydractinies qui peuvent s'y trouver cachées sous des descriptions ambiguës ou incomplètes , comme il est arrivé pour les carciniopaclos d'Otto et peut-être pour la Méduse do Bohailsch, et pour YActinia parasita de Dugès. Aussi ne puis-jc proposer comme définitif le nom spécifique carciniopados pour Ylludractinia cchinata Fleming (1828), puisque M. Fischer la desigue comme l'espèce la plus ( 335 ) commune de nos mers d'Europe, et dit avoir vu des Hydractinies isolées sur le Pisa Gibbsii (crustacé). Cet isolement lui permettra-t-il de demeurer dans le même genre? Cette question n'est point affaire à moi, mais aux anatomistes. — Je reviens à la vraie Cribrine de Rondelet, que Dugès et le zoologiste berlinois Lichtenstein n'avaient pu reconnaître et déterminer avec certitude, ce qui n'est pas étonnant en présence d'une figure de* Rondelet; car, d'habitude si peu avare de discours, celui-ci ne lui avait consacré qu'une demi-page, soit dix-huit lignes, dont onze sont confisquées au profit de l'impérieux besoin qu'éprouvait cet auteur de déployer son érudition mythologique. Au milieu de tout ce verbiage , j'ai passé du temps à chercher si je pouvais trouver quelque bribe à glaner, pour le naturaliste, dans l'histoire d'un certain chien apparte- nant à Hercule et dont je n'ai pas réussi à démêler les traces dans le déluge de renvois du Dictionnaire de Chompré, édition de Millin. Mais j'y ai du moins recueilli cette attestation donnée par Rondelet , que la Pourpre était morte et sa cavité rendue inaccessible , tant du côté de la spire que par la couverture qui enveloppe celui de la tête du mollusque [tùm testa clavatâ, tùm capitis operculo). Pour comprendre cette dernière circonstance de la description, il faut savoir que, dans la figure, le premier de ces deux individus de l'actinien montre seul ses six tenta- cules développés, tandis qu'ils restent rentrés dans le second individu qui se trouve ainsi réduit à la forme en cul de cheval (Rondelet, ibid , p. 530) qui constitue l'état de repos bien connu chez les Actiniens. Rien de plus à apprendre de Rondelet , si ce n'est que cette espèce a la chair trop dure pour être mangée par les populations riveraines, ce qu'il n'aurait pas eu besoin d'expliquer, soit dit en passant, si cette subs- tance eût été une charpente chitineuse comme dans le genre Hydractinie. 2° Voici donc un premier point parfaitement élucidé ; mais il ne l'a point été du tout, — et tant s'en faut, par Dugès si soigneux pourtant, d'habitude , dans ses intelligents travaux. Le deuxième point à analyser dans sa Note, c'est la description propre de son Actinia parasita, et surtout la figure qu'il en donne. Premièrement, Dugès ne l'a « rencontrée que sur des coquilles habitées » par des Pagures, » contrairement à Y Actinia effœta Lamk. N° 7, vraie Cribrine d'Ehrenberg et de Dujardin , à laquelle il avait essayé un mo- ment de la comparer. Secondement, « sa bouche répondait toujours vis-à-vis de celle du » crustacé, » et je viens de démontrer par là qu'il est impossible que ce soit la bouche d'un actinien. Il en résulte aussi que cette prétendue 4 ( 336 ) bouche, comme le dit encore Dugès, « n'est qu'un centre idéal » puisque cette enveloppe amincie laisse parfois passer le sommet de la » spire , et les deux larges lobes formés par l'épanouissement du » corps se rencontrent au moins dans la majeure partie de leur étendue » et non-seulement se touchent , mais encore s'agglutinent assez soli- » dément {c'est là V anneau d'Otto) en formant, du côté opposé à la » bouche, une suture longitudinale sous forme d'une ligne enfoncée. » Rien de cela ne convient à un actinien ordinaire. Troisièmement, « elle n'offre une épaisseur notable qu'au voisinage » de la bouche entourée de nombreux tentacules ou barbillons ; » creux et peut-être perforés au bout. Quant aux filaments pourpres » que Rondelet a cru voir sortir de la bouche {sic!) c'est par des pores » nombreux, disséminés à la surface du corps, qu'ils s'échappent.' Ces » pores sont eux-mêmes colorés en violet brillant durant la vie, et » forment un semis de gros points pourpres qui tranchent sur le fond » blanc laiteux de la peau, laquelle brunit seulement par degrés à » mesure qu'on se rapproche de la périphérie (page 94\ Si l'on cherche » ces filaments par la dissection, on les trouve à l'intérieur du corps, » dans des loges longitudinales et étroites où ils sont tortueusement » repliés. Ges loges, séparées par des cloisons, donnent à la surface de » l'Actinie un aspect cannelé qui devient surtout remarquable quand la » pièce a été conservée dans l'alcool , ou elle prend une teinte uniforme » et brunâtre » ( page 95). J'ai à peine besoin de faire remarquer à quel point cet ensemble de caractères d'organisation va mal à un Actinien, — et combien au contraire ceux-ci coïncident plus ou moins exactement avec ceux d'une Hydractinie , sauf celui (qui m'était totalement inconnu) des filaments pourpres, exsertiles, que je ne pouvais retrouver dans nos HydraGtinies mortes , desséchées et roulées par les flots. L'aspect cannelé' existe dans les vraies Cribrines, j'en conviens, les descriptions en font foi; mais les papilles (du moins les principales) de l'Hydractinie desséchée en laissent encore voir souvent la disposition sériale; et enfin, les « points pourpres sur fond blanc » et la « teinte uniforme et bru- nâtre, » signalés par Dugès, s'accordent au mieux avec Yalba purpureo- maculata d'Otto et la couleur brunâtre de nos épaves desséchées. Je l'avoue : tout cela constituerait, à mes yeux, une démonstration suffisante d'identité entre le carciniopados (ou un quelconque de srs vrais congénères) et l'flydractinie , quand même je négligerais d'énon- cer la preuve principale. Citte preuve est déterminante $ dominante! Elle, est extrinsèque, j'en conviens; mais elle a affermi ma plus intime ( 337 ) conviction, et m'a dicté la base la plus profondément scientifique de Y identification que j'annonce. M. Fischer déclare la Synhydre de M. de Quatrefages identique à l'Hydractinie de M. Van Beneden , et il dit que « quand les Hydracti- » nies ont tapissé une coquille, elles continuent le dernier tour et peu- » vent ainsi accroître ses dimensions pour donner aux Pagures une » habitation plus vaste la surface interne de la coquille est tapissée » par une lame mince et lisse. » C'est ainsi qu'au commencement de ce travail, j'ai décrit les Hydrac- tinies desséchées que j'ai recueillies à La Rochelle en 1824 , à Arcachon eu 1850 , etc. , et que je conserve dans ma collection. C'est ainsi qu'en 1822 M. Otto a décrit son Actinia carciniopados , et après lui Dujardin en 1840. C'est ainsi qu'en 1824 Defrance a décrit son Alcyon parasite (fossile), et c'est ainsi qu'en 1867 M. Fischer reconnaît sur ses Hydractinies fossiles le caractère que je viens de transcrire. C'est ainsi enfin qu'en 1836 Dugès décrit son Actinia parasita vi- vante : « Ce n'est pas seulement la coquille que l'Actinie revêt de son » manteau ; elle enveloppe un espace souvent deux ou trois fois plus » grand que cette coquille qui ne peut renfermer que le bout de la queue » d'un hermite arrivé à l'état d'adulte une production de couleur » brune, de consistance cornée, garnit intérieurement toute la portion » du zoophyte qui n'est pas en rapport avec la coquille : l'embouchure » de celle-ci se trouve ainsi prolongée par une expansion un peu moins » dure il est vrai ; on reconnaît toutefois sans peine que c'est une » addition à la coquille , et non une détérioration partielle ; il suffit pour » cela de les détacher l'une de l'autre. Cette production cornée est-elle » l'ouvrage de l'Actinie ou du Pagure ? c'est indubitablement à la pre- » mière qu'il faut l'attribuer, car » etc., etc. ; et ici on retrouve toute l'exactitude et la finesse d'observation habituelles à Dugès. Or, la preuve extrinsèque que je produis, la voici : C'est ce que les Prussiens de nos jours appelleraient, je pense, une preuve psychologi- que , c'est-à-dire une preuve non stupidement matérialiste, mais une preuve fournie par l'expérience, l'analogie et le raisonnement, — trois choses qu'on n'est point parvenu à renfermer dans des casiers ou à peser au trébuchet. Ce qu'on appelle les lois de la nature et qu'on appellerait bien mieux les habitudes de la Création nous montre, à côté de la plus admira- ble unité de plan , une non moins admirable variété dans les détails ( 338 ) d'exécution. Si l'Hydractinie n'était pas un genre autonome , distinct des autres genres et spécialement caractérisé , on n'y retrouverait pas une forme et une nature identiques, pour toutes les coquilles enveloppées, dans le prolongement pagurien. Nul autre genre que l'Hydractinie ne fournira celui-là, diversifié en variétés suivant les espèces de ce genre! Et la preuve en est dans la diversité qu'offrent les constructions fournies par des groupes d'animaux cependant bien étroitement analogues. J'emploie les noms vulgaires. Voyez les nids que construisent pour leurs œnfs et leur progéniture : L'abeille commune , — loges cireuses, géométriques ; La guêpe commune , — loges pergamentacées , géométriques ; La guêpe de Cayenne , — une sorte de tirelire en gros carton ; L'abeille maçonne , — une loge en terre mâchée ; Une autre abeille terricole, commune le long des berges vives des chemins , — un terrier sinueux ; Le frelon : — une manière de terrier sinueux dans le tronc des arbres. Je m'arrête enfin, car pour tout le monde — je le crois — la démons- tration est faite!... Et pourtant, je n'ai pu réassir à consulter des documents qui, au premier abord, paraîtraient devoir être indispensables : 1) La diagnose — et peut-être la figure — du genre Hydractinie de V T an Beneden ; 2) La diagnose originale — et peut-être la figure d'un type générique du genre Cribrina d'Ehrenberg ; 3) La diagnose originale et la figure du Médusa palliata Bohadsch ; 4) La figure originale de VActinia carciniopados d'Otto , ou celle de Rapp , qui en est très-vraisemblablement la copie ; 5) La description et la figure de VActinia picta de Risso. De tout cela, je ne possède que la figure de Dugès, admise comme congénère (et encore avec quelque doute) par Dujardin. Je la reproduis ici ACTINIA PARASITA Annal, se. nat..2« sér., 1850. t. VI, pi. 7, C, avec lig.de la Natice qui lui sert de noyau. ( 339 ) et je le fais avec confiance, au point de vue générique du moins, mais avec toutes réserves au point de vue spécifique, parce que Dugès ne décrit ni ne montre les papilles saillantes qui subsistent sur nos Hydraetinies desséchées. Je crois que sa figure n'est qu'un croquis théo- rique , dans lequel il n'a pu représenter développés et en activité de service les organes qui lui ont été manifestés par la dissection, » (p. 95) ; mais il serait trop téméraire de ma part de l'affirmer. Pourquoi tant de confiance enfin , tant de hardiesse quand mes yeux restent fermés à tant de documents loisibles? Parce qu'il y a des opérations purement intellectuelles, dont les résultats s'imposent, comme je l'ai dit plus haut, à l'expérience , à Y analogie et au raisonne- ment. La description d'Otto et la figure de Dugès m'éclairent et suffisent. Quelques obscurités subsistent, mais elles tiennent à des détails pure- ment accessoires et non au fond de mon sujet; c'est son tort, je l'ai dit dès le début : 4) M. Fischer, dont les sobres paroles ont toutes leur valeur et leur portée, nous annonce que les Hydraetinies « ne se développent que sur » certains Pagures (P. Bernhardus et Prideauxi); les coquilles dans » lesquelles vit le P. oculatus en sont dépourvues. » — Obscure et sin- gulière exception, tandis que les Actinies semblent si indifférentes à la nature motile ou non de leur support ! 2) M. Fischer dit aussi que « la surface externe du revêtement chiti- » neux présente des tubercules et prolongements rameux » et que, quand « les coquilles sont conservées depuis longtemps , on ne voit guère plus » qu'une couche brunâtre granuleuse, parsemée de tubercules plus ou » moins saillants. « Ceci va, d'une part , à lier l'apparence des échan- tillons récents à celle des échantillons fossiles ; et d'autre part , à l'ac- cumulation autour de la prétendue bouche, de quatre rangs de tentacules courts (Otto), de nombreux tentacules ou barbillons (Dugès,), plus saillants et mieux conservés que ceux du reste de la surface de l'Hy- dractinie ; cela se voit fort bien sur les exemplaires desséchés et pas trop roulés. 3) La prétendue bouche est-elle réellement une ouverture, comme l'implique ce nom de bouche et comme le croient Otto et Dugès? Ou bien , est-ce une apparence laissée sur des individus un peu flétris ou desséchés, par la dépression en forme d'enfoncement que pourrait occasionner l'occlusion, parla substance hydractinienne , de l'ombilic de certaines coquilles turbinées? A la rigueur, cela est possible, car ( 340 ) M. Fischer dit (p. 690) ; « Le canal des Murex et des Buccinum est fermé par les Hydractinies. » 4) Dugès croit comprendre, d'après un passage de Johnston qu'il transcrit en latin, qu'on aurait peut-être retrouvé sur les glands de mer (Lepas , Anatifes) son Actinia parasita. Bien plus habile que moi sera celui qui saura interpréter clairement ce passage ! Je n'ai pas dit un seul mot, jusqu'à présent, du mémoire original sur le genre Synhydre de M. de Quatrefages , ni du Rapport à l'Académie des Sciences, présenté sur un ensemble de mémoires de cet éminent naturaliste par M. Milne-Edwards qui consacre trois pages entières à l'analyse exacte de l'un d'eux (le 4 e , celui sur les Synhydres). J'ai sous les yeux ces deux travails de maîtres , dont le premier est accompagné de deux magnifiques planches dessinées avec le merveilleux talent qui est pour l'auteur une de ses habitudes de tous les jours et la compagne assidue de tous ses moments de labeur. Je n'ai point parlé non plus de l'autre, de ce Rapport également digne du professeur illustre qui juge déjà et du futur professeur qui va bientôt juger aussi, dès qu'il aura pris sa place dans le grand aréopage dont le monde entier écoute et respecte les arrêts scientifiques. L'un et l'autre de ces travails ont trouvé leur place dans les Annales des Sciences naturelles; le premier dans le t. XX de la 2 e série, 1843, "pages 230 à 248, planches 8 et 9; le second dans le t. I er de la 3 e "série, 4844, pages 5 à 24 ; les paragraphes relatifs aux Synhydres se trouvent aux pages 11 à 14. — Une simple distraction a fait confondre dans les textes le singulier latin Synhydra avec le pluriel français Synhydres , en sorte qu'un hybride est né de ces deux dénomi- nations, et on lit Synhydra parasites (à titre de nom spécifique latin) au lieu de Synhydra parasita ou parasitica, seul admis dans les voca- bulaires de Noël et de Quicherat. Cela n'a aucune importance réelle ; mais l'éplucheur-juré de textes et de mots, qui marche si loin, pour rechercher leur trace , derrière ces auteurs illustres , ne leur manque assurément pas de respect en avisant un grain de poussière resté ina- perçu, égaré sur des œuvres si bien polies : c'est encore un humble devoir qu'il poursuit, en agitant son plumeau. Dans son mémoire (p. 232), M. de Quatrefages parle de la constante habitation de la Synhydre parasite sur les coquilles habitées par de s Pagures (Buccins ou Turbos) ; mais il ne déclare pas que cette station leur soit exclusive et cela se conçoit, car on ne connaît pas de raison qui empêche qu'on en puisse rencontrer ailleurs. ( 341 ) M. Milne-Edwards, dans son Rapport, constate aussi les faits, et se borne à faire connaître analytiquement ces polypes « qui se trouvent » souvent sur les coquilles de Buccins habités par des Pagures et qui , » au premier abord, ne semblent y constituer que des croûtes rugueuses » et informes. » Hélas ! dans le plan nécessairement circonscrit du présent travail , c'est là tout ce que je puis emprunter à ces deux savants écrits! Dans sa planche 8 , M. de Quatrefages nous montre une gracieuse et luxuriante forêt-vierge de polypes hydraires dont les plus hauts sommets ne dépassent pas, à l'état de vie, sept à huit millimètres (p. 233), et l'analyse microscopique va jusqu'à décrire, dans les divers organes, des portions caractéristiques qui se mesurent par des quatre-centièmes de millimètre! Voilà tout ce qu'à l'état de vie et sous le microscope nos yeux pourraient apercevoir dans les « croûtes rugueuses, informes » et desséchées de nos Hydractinies rejetées sur la plage. C'est à-peu-près tout, aussi, ce qui a été vu, en 1822 et en 1836, par Otto et par Du- jardin dans leurs prétendues Actinies, sauf des différences de coloration, de parties ou de formes qui répondront nécessairement, par la suite, à plus ou moins de distinctions spécifiques que je ne puis préjuger. La Synhydre parasite de M. de Quatrefages paraîtrait avoir pour syno- nyme, d'après son habitation dans la Manche, YHydractinia echinata de Fleming : elle est blanche , avec des teintes ochracées et quelques détails d'un orangé vif. — J'ai retrouvé la citation de ce nom du natu- raliste anglais jusques dans les publications américaines (Recueil de la Société de Portland [État du Maine], t. 1 er p. 91 , qui doit être de 1868 ou 1869) : s'agit-il là de la même espèce que celle de nos côtes océani- ques de France??? Je n'ai plus cette publication sous les yeux, et j'en ai perdu de vue les détails. L'Actinia parasita de Dugès, méditerranéenne, est blanche, à gros points violets ou pourpres. L'Actinia carciniopados d'Otto, méditerranéenne aussi, est blanche, tachée de pourpre. Dugès et M. de Quatrefages ne disent mot du prolongement corné et lisse en dedans, qui sert de logement au train de devant des Pagures ; et pourtant l'espèce du second de ces auteurs en doit être pourvue , puisqu'elle a été reconnue synonyme de Y echinata. Otto et Dugès sont les seuls à indiquer la prétendue bouche placée sous le ventre du Pagure. Voilà tout ce que je sais, et tout ce que je puis savoir. Tome XXVIII. 23 ( 342 ) Mon but unique a donc été et dû être de prouver que ces Actinies d'Otto et de Dugès ne peuvent être autre chose que des Synhydres de M. de Quatrefages — des Hydractinies de M. Van Beneden. Tous les détails anatomiques et physiologiques me sont, par force, et doivent me rester complètement étrangers. § 2. — Alcyo.mum domuncula. La présente étude a été la cause occasionnelle de la 'rédaction de celle qu'on vient de lire. Notre éminent collègue M. l'ingénieur des mines Linder, secrétaire général de la Société Linnéenne, a passé le mois de septembre dernier à Toulon, d'où il m'a fait l'amitié de me rapporter deux singuliers corps à-peu-près spongiformes colorés à l'état sec en jaune orangé, envelop- pant et recouvrant chacun de toutes parts une coquille univalve de mollusque , habitée par un Pagure. Il n'est laissé à ce pauvre reclus , pour communiquer avec la mer, qu'une très-minime ouverture ovalaire arrondie ou obscurément trigone, rarement étroite et comprimée, de 10 à 42 millimètres de long sur 7 à 8 de large et qui tend soit à se rétrécir, soit à s'élargir très-peu en s'enfonçant dans l'épaisseur , proportionnelle- ment considérable et un peu flexible à l'état de, vie , du polype alcyonien qui sert de double enveloppe au dit Pagure. Ce crustacé est un peu poilu , d'un rouge vineux et n'a pas été reconnu sur les côtes océaniques de la Gironde (1), et je ne doute pas qu'on ne rencontre des exemplaires plus grands de cette sorte de noix dans son brou qui m'a été rapportée ; car l'un des deux n'enveloppe qu'un Cerithium vulgatum dont la spire se dessine assez peu encroûtée ; l'autre offre une apparence oviforme qui fait présumer par sa régularité qu'elle renferme un Nassa reticulata ou toute autre coquille buccino'ide de dimensions analogues (une trentaine de millimètres sur une ving- taine). Les Pagures en question sont les tristes victimes des services qu'ils rendent à l'alimentation publique , contre les exigences de laquelle ils semblaient pourtant bien garantis par le solide et double rempart qui les change en une masse presque informe; et ce n'est pas directement, en effet, qu'ils sont utiles à l'alimentation de l'homme. Mais les pêcheurs (l) Je dois ce renseignement à notre collègue M. Alexandre Lafont , qui habite Arcachon et en connaît si bien la faune. ( 343 ) toulonnais , qui en connaissent le prix , vont les draguer au large et les rapportent en grand nombre. Aussitôt rentrés de la pêche, ils vident leurs filets sur la plage ; ces petites masses alcyonaires , qui sont alors d'une belle et vive couleur rouge brun-orangé , sont brisées ainsi que les coquilles qu'elles renferment, et les Pagures dénudés sont employés comme appât pour la pêche des poissons fins qui en sont excessivement friands. Le titre général de ma notice annonce au lecteur, pour cette partie-ci comme pour la précédente, des obscurités dont je n'ai pas été en position d'éclaircir la première — le nom spécifique du Pagure. Je vais, malgré l'absence de spécialité carcinologique qui m'y rend inhabile, résoudre la deuxième question — le nom spécifique de l'Alcyon. Ce n'a pas été chose facile pour mon ignorance; mais par bonheur, la troisième obscurité (qu'il ne m'est pas donné non plus de dissiper) , m'a aidé victorieusement et avec toute certitude , à dissiper la deuxième. Je m'explique, et j'avoue quo*c'est chose nécessaire en pré- sence d'un problème ainsi posé. Il était évident que j'avais affaire à un Alcyon (de Lamarck) ; mais quel nom spécifique choisir parmi 51 Alcyonium qu'admet Lamouroux dans son Histoire des Polypiers flexibles en 1816? — parmi les 68 qu'en 1 824 il enregistre dans Y Encyclopédie méthodique ? — parmi les 1 genres d'Alcyonaires énumérés ( sans monographie spécifique ) par Blainville dans son Manuel d'Actinologie en 1830 dans le Dictionnaire des sciences naturelles? — parmi les 40 Alcyons proprement dits, enfin, de la 2 e édi- tion des Animaux sans vertèbres de Lamarck, t. II, en 1836? Heureusement pour moi , Lamarck tenait encore en 1816 avec une ténacité systématique qu'explique sa cécité commençante , à l'existence réelle d'oscules et de polypes exsertiles, souvent visibles , dans son genre Alcyon, tandis que, dès cette même année 1816 (pp. 327 — 334), La- mouroux commençait à dissimuler fort peu qu'il n'y croyait plus guère, au moins dans la majeure partie des espèces connues. Le texte et la classification de Lamarck demeurèrent donc jusqu'en 1 836 parfaitement intacts et furent fidèlement reproduits par Dujardin dans la 2 e édition de ce grand ouvrage; mais alors, éclairé par les professions de foi bien explicites de Lamouroux en 1824 [Encyclop. méthod. ) et par les autres progrès récents des études , Dujardin rompit nettement avec les vieux errements lamarckiens, et déclara qu'il fallait définitivement (pp. 539 et 598 du t. II des An. s. vert:) renvoyer aux Éponges tous les Al- cyons dépourvus d'oscules polypifères. ( 344 ) Mais, à côté de cette déclaration qui tranchait les difficultés pour l'avenir, subsistaient encore, dans ce même volume, les diagnoses lamarckienncs d'Alcyons en cours de déménagement pour émigrer chez les Éponges. J'essayai de parcourir ces diagnoses lamarckienues , si courtes, si étriquées, si sèches, si pauvres de détails lumineux, si éloignées en un mot des descriptions d'abord sommaires, puis un peu causeuses (si j'ose parler ainsi) et finalement riches et fécondes en ensei- gnements utiles, auxquels nous ont accoutumés, à l'exemple du bon vieux Bruguière , ses savants et vraiment libéraux continuateurs Lamouroux , Eudes Deslongchamps, Deshayes, etc. Là sont les vrais modèles des professeurs qui désirent sincèrement aider la pénurie scolaire de l'élève en le contraignant, à force de zèle et d'obligeance pédagogiques, à ap- prendre quelque chose d'utile et de pratique, pourvu qu'il veuille s'appli- quer à mettre à profit les documents qu'on place ainsi à sa portée. Ce fut pourtant une de ces diagnoses lamarckiennes — la plus courte peut-être, car elle ne contenaifque cinq mots, — qui me fit ouvrir les yeux et m'amena tout droit au but, mais grâce à l'aide des deux premiers de ces grands et estimables travailleurs : Alcyonium domuncula Lam. An. s. vert. éd. 2* t. II (1836) , p. 600, n e 4. A. tuberiforme , liberum; osculis oblongis, subacerratis. A. domuncula Bulletin des se. n° 46. p. 169. (Il m'a été impossible de retrouver cette source, que ma bibliothèque ne renferme pas, et qui est de bien des années antérieure au grand et riche Répertoire fondé en 1823 par Férussac). A. bulbosum? Esper. Suppl. 2, tab. XLII. Mus. n° , Mém. du Mus. I, p. 76! n° 2. (A ces citations, fournies par la 1 re édition de Lamarck, Lamouroux ajouta, dans la 2 e édition , les deux suivantes : Oliv. Zool. Adriat. Spongia domuncula Lamouroux, Polyp. flex., p. 28, n° 28, et En- cycl. méth. (Vers, t. II, 1 re partie, p. 337, n° 28). « Habite la Méditerranée. Mon cahinet. Ses oscules sont petits , » oblongs, semés comme par groupes » (Lamarck, 1 r * et 2' éditions.) Or, nous avons vu précédemment qu'il n'y a pas eu réalité aôscules polypifères à trouver dans les Alcyons passés dans le grand gëWe Éponge, et pourtant Lamarck nous montre ici des iTÔù's obtânijs, semés comme par groupes. Voyons donc ce que nous dira Lamouroux. te voici : ( 345 ) Eponge Maisonnette ; convexe , surface unie , presque papillaire , très-celluleuse intérieurement. (Lamour., Pol. fiex. (1 81 6) , p. 28, n° 28.) Spongia Domuncula ; rubro-aurantia convexa ; superficie impervia , sub-papillosa ; intùs creberrimè cellulosa; Bertol. Decad. 3, p. 103. Olivi, Zool. Adriat., p. 241... Ginn., oper. post. , 1. 1; p. 44, tab. 49, fig. 104. Golfe de Gênes. Nota. « M. Bertoloni a cru devoir retirer ce Polypier du genre Alcyo- » nium pour le placer parmi les Eponges, parce qu'il n'a vu aucun » polype , aucune cellule polypifère sur des individus fraîchement sortis » de la mer; mais il y a tant de circonstances qui ont pu faire périr ces » petits animaux! J'ai adopté cependant l'opinion du naturaliste génois, » par la confiance que j'ai dans ses lumières, en attendant que je puisse » étudier ce Polypier. » L'illustre et consciencieux professeur Lamouroux va maintenant achever, en 1824, dans le t. II, 1 re pa/tie, p. 337, n° 28 de YEncycl. méthod., Vers , de nous édifier complètement sur la deuxième question, qui semblait la plus difficile à résoudre. Il reproduit ici in extenso tous les documents que je viens de trans- crire dans l'ouvrage de Lamarck et dans le sien; il ajoute même un second synonyme d'Esper (Âlcyonium tuberosum Esper, Zooph., p. 41, tab. 13) à celui qu'il avait déjà donné en indiquant la tab. 12 de cet auteur. Puis il ajoute les intéressantes observations que voici : « Cette singulière production est arrondie et tubériforme , envelop- » pant des coquilles sans pénétrer dans leur intérieur, qui fournit quel- » quefois une habitation au Pagure henni te; il semble la préférer à » toutes les autres ; souvent elle recouvre comme un parasol le dos du » Coîicer dromia. Sa contexture, dans l'état de dessiccation, est fibreuse, » mais à fibres très-fines, très-serrées et très-douces , peu élastiques; » la surface est très-lisse, presque toujours sans pores ni cellules, ou » bien avec quelques oscules virguliformes, petits, épars et clairsemés. » La couleur de ce polypier est d'un rouge orangé ou brun-clair. Sa » grandeur varie suivant le corps qui le supporte. Je l'ai souvent reçu » de la Méditerranée. M. Bonnemaison l'a trouvé aux environs de » Brest. » Ici , Lamouroux reproduit la note de sa page 28 des Polypiers flexibles de 1816, que j'ai transcrite plus haut ( « M. Bertoloni ce » polypier sur le vivant. ») Puis il termine en disant : I ( 346 ) » Dans l'état sec, il me semble se rapprocher davantage des Alcyons » que des Eponges: Les pêcheurs des côtes d'Italie lui donnent le nom » de Perella di mare; on l'a également appelé le Reclus marin, à cause » du pagure qui semble en être inséparable. » Voilà donc la deuxième question vidée; et les carcinologistes daigne- ront me pardonner mon ignorance et Y archaïsme de. mon énonciation, car je ne possède rien de plus nouveau que la 2 e édition de Lamarck; mais mon jeune ami le docteur Paul Fischer, consulté sur la détermi- nation du grand ei.du petit crustacés qui vivent l'un et l'autre à l'abri du corps marin rapporté par M. Linder, a bien voulu venir à mon secours et me faire connaître que ce corps est un vrai spongiaire du groupe alcyonidien , et qu'il porte actuellement un nouveau nom géné- rique, d'autant- meilleur qu'il est très-expressif du faciès subéreux qu'il présente : Suberites Domuncula Lmk. (sub Alcyonio,) Mais elle n'est pas terminée du tout à l'égard de la troisième ques- tion : « Que sont ces trous, ces incisions virguliformes que Lamarck admet comme oscules (oblongis, subacenatis) dans sa diagnose? — des- quelles Lamouroux ne dit pas un seul moi en 4816 dans ses Polypiers flexibles, — qu'il fait figurer de nouveau en '1824 dans l'Encyclopédie comme pouvant exister ou n'exister pas, — qu'il désigne pourtant encore sous ce vieux nom d' oscules — et qui, finalement, existent bel et bien, semés comme par groupes, ainsi que le dit Lamarck, dans les deux exemplaires qui m'ont été apportés par M. Linder, et dans les quatre vivants qui lui ont été tout récemment envoyés de Toulon? Ce sont, à proprement parler, des piqûres de lancette, qui ne dépas- sent guère un millimètre en longueur (à l'état sec) et qui, parfois rédui- tes à la largeur d'une simple fente exactement linéaire, sont parfois aussi très-sensiblement bâillantes vers leur milieu ou vers l'une de leurs extrémités {et dans ce dernier cas rigoureusement virguliformes). Qu'il soit presque nul ou un peu spacieux, ce bâillement laisse entrevoir le tégument un peu luisant (membraneux ou testacé) d'une minime bestiole qui y est logée et qu'on parvient à extraire à l'aide d'une aiguille ou d'une lame de canif bien fines. La bestiole est toujours comprimée, recourbée sur elle-même, libre dans sa logette oii elle se présente quelquefois couchée sur le dos, mais presque toujours le dos en haut. En effet, on croirait voir uns infiniment petite Crevette. Cette première impression a été confirmée par le docteur Fischer, à qui notre diligent collègue le docteur Souvcrbie, directeur du Musée de Bordeaux, nous a rendu le service de faire parvenir l'animal encore à l'état de vie. (347 ) C'est un crustacé amphipode du groupe des Gammarides, voisin du genre Gammarus et lui appartenant peut-être ; mais les très-nombreu- ses espèces que ce groupe compte dans la Méditerranée n' étant pas encore faites, la réponse de notre commun et savant ami a dû se borner à nous faire connaître que le petit animal , long d'un demi-millimètre en moyenne , ne fait que se servir d'un logement qu'il n'a pas eu le mérite de se façonner à lui-même; ce sont tout simplement les canaux aquifè- res du spongiaire qui le lui fournissent tout préparé pour son usage. Plus hardis que nous, les pêcheurs toulonnais ne perdent pas leur temps à consulter les spécialistes, comme nous l'avons fait sans honte. Pour eux, on ne trouve dans le Domuncula que des Pagures femelles et en plein état intéressant : leur progéniture naissante a pour domicile légal ces piqûres virguliformes. Mais les livres nous enseignent, contrairement à la susdite assertion, que tous les crustacés portent leurs œufs, en attendant l'éclosion, atta- chés en paquets et de diverses manières, soit suspendus sous l'abdomen et la queue de la femelle, soit renfermés dans un sachet particulier, simple ou double , formant un ou deux appendices qui font suite à la queue. Nous savons aussi que, tout particulièrement, les Pagures femelles ont soin de pourvoir, d'instinct, au succès de l'éclosion qui va avoir lieu, en se transportant d'avance dans des espèces d'enfoncements oii s'accumule un sorte de sable coquillier formé principalement de très-petites coquilles uni valves et mortes, dont chacune va pouvoir offrir un logement proportionné à un des enfants qui vont sortir des œufs. Celui-ci attendra dans son logement qu'une nouvelle année , en s'ou- vrant , amène avec elle un premier changement de peau et la nécessité de trouver une habitation un peu plus spacieuse ; car les mues de ces animaux sont régulièrement annuelles, et cette règle générale et bien connue, empêche tout d'abord qu'on tienne compte du préjugé des pêcheurs. La troisième question ne conserve donc plus qu'un mince détail (le nom précis du Gammaride) au nombre des obscurités de mon sujet et , tout au contraire , elle répand une clarté nouvelle sur un objet bien curieux et traité , avec tout le charme dont il sait orner l'éminent ta- lent et la profonde érudition dont il est doué , par l'illustre professeur VanBeneden, de l'Université Catholique de Louvain. Rien de gracieux et d'instructif à lire, comme la Conférence que ce célèbre zoologiste a donnée au public dans une séance solennelle de l'Académie Royale des sciences de Bruxelles, le 46 décembre 1869, ( 348 ) sous ce titre : Le Commensal isme dans le Règne animal. — La science pratique la plus riche y brille à côté de la plus saine philosophie et fait honte à une autre science boiteuse qui, de notre temps, a fait trop sou- vent école : misérable production de l'esprit humain mutilé, cette fausse science qui ne veut pas de Dieu ou le relègue au fond d'un kiosque doré comme une pagode impuissante, méconnaît les deux parts dont se com- pose la science universelle ! Elle veut bien, elle aussi, se targuer d'un peu de philosophie; mais .pour faire triompher la cause de ce qu'elle nomme le positif, elle l'isole et va jusqu'à nier l'existence réelle de tout ce qui , en fait de sciences, est purement du domaine intellectuel. Elle ne sait pas — on ne veut pas voir que tout ce qui est positif tire toute sa logique et toute sa force de ce qui est en dehors de la matière. Mais , patience ! le temps marche : Dieu qui a tout créé , a tout ordonné avec une sagesse infinie : chaque erreur passe à son tour, et la vérité est éternelle ! Je suis heureux de profiter de cette occasion pour rendre hommage à l'illustre professeur belge et faire remarquer qu'il a, le premier, enrichi la science d'une nuance de Commensalisme qui n'avait pas , à ma connaissance du moins, été remarquée avant lui. Dans l'une des savantes notes dont il a illustré la brillante conférence à laquelle je viens de faire allusion, il s'exprime ainsi (page 26 du tirage à part, p. 644 des Bulletins de l'Académie Royale des sciences de Belgique, 2 e série, t. XXVIII, n° 12; 1869), note infrapaginale n° 10 : « Outre les nombreux commensaux que nous avons signalés , on en » reconnaît à tout instant encore de nombreux. Indépendamment des » Hijdractinies , on trouve également des Alcxjons sur les coquilles ha- » bitées par les Pagures, et cette association est souvent si heureuse, » que le Pagure ne quitte même pas sa coquille, quand l'espace devient » trop étroit ^l'alcyon forme à l'entrée un VRAI vestibule qui suffit au » Pagure pour mettre la partie antérieure du corps à l'abri. » La récolte de M. Linder, à Toulon , nous permet donc d'ajouter un nom — celui du Domuncula , à ce recensement des Commensaux , déjà si riche, et le nom seul du Pagure nous manque encore pour que l'asso- ciation soit complètement signalée. Ces merveilleuses harmonies de la nature sont en effet si régulièrement combinées que , dans bien des cas, le nom de l'un des commensaux doit permettre à l'observateur d'eu conclure avec probabilité le nom de l'autre. C'est ainsi qu'on lit dans la note suivante (n° 11) de M. Van Peneden, l'étonnante histoire du Parjuras Prideauxii, des cote:-, d'ÉGôssé* qui a pour commensal ( 349 ) principal une anémone de mer (Adamsia palliata « is almost a necessity » of existence to P. Prideauxii, » dit le lieutenant-colonel Stuart- Wortly ) , et je me permets de citer ce fait particulier , parce que nous avons ce même Pagure sur nos côtes , où il peut trouver aussi le Natica monilifera qu'il habite quelquefois, mais ou M. Al. Lafont n'a pas eu encore l'occasion de citer Y Adamsia palliata; celle-ci est une Cribrine d'Ehrenberg, de laquelle j'ai parlé plus haut sous le vieux nom de Médusa palliata Bohadsch , à l'occasion de YActinia carciniopados d'Otto. Mon travail ne serait cependant pas aussi complet qu'il m'est possible — ni ma sincérité Don plus, — si je n'ajoutais encore à cet exposé quelques détails : 1° Depuis son retour à Bordeaux , M. Linder a reçu en deux fois , de Toulon, 24 Domuncula parfaitement frais et contenant presque tous leur Pagure. Sur ce nombre il s'est trouvé deux Pagures d'espèces différentes, et ces deux espèces sont différentes, aussi, du Pagure rouge vineux et pourvu de poils qui habite tous les autres Domuncula observés jusqu'ici. L'une de ces deux espèces est rouge aussi , mais d'un rouge plus vif et plus clair mélangé de jaune, et sa carapace est dépourvue de poils : c'est le Pagurus striatusMiln. Edw., Ann. des se. nat. 2 e sér.t. VI. p. 270. et Hist. des Crust., t. II. p. 219 (Méditerranée). L'autre est parfaitement glabre également, et sa carapace est très- luisante. 2° M. Van Beneden ne donne aucun détail sur la forme et le trajet de ce vrai vestibule qu'il donne pour abri supplémentaire aux Pagures dont il parle. Le vestibule du Domuncula tend à s'enrouler autour de l'axe de la spire de la coquille, et à continuer pour ainsi dire le trajet de cette spire ; mais cette continuation est plus ou moins irrégulière , parfois contournée, et on trouve des individus chez lesquels cette conti- nuation atteint jusqu'à deux tours et demi de spire complets. Il devient alors indispensable que le segment abdominal du Pagure (ce qu'on ap- pelle la queue dans un écrevisse) acquière la faculté de s'allonger, et c'est ce qui arrive en effet (sans aucun accroissement dans le nombre des parties, puisque celle-là n'est pas articulée comme les autres divisions du crustacé) : M. Linder évalue à trois fois et demie la longueur qu'a acquise, en sus de celle de la carapace, cet allongement de la queue dans le plus long des individus qu'il a retirés entiers de leur vestibule. ( 350 ) S III. — LOGEURS FOSSILES DE PAGURES. Et maintenant , au moment de terminer cette notice , je vais rempla- cer les obscurités attribuées à mon sujet général et qui se trouvent en par- tie dissipées, par un fait positif, extrêmement curieux , inattendu et que je crois entièrement neuf, — par un fait dont la première connaissance et la première preuve m'ont été fournies à la fois , le 10 novembre der- nier (1871). J'ai sous les yeux un très-bel exemplaire de ce que j'appellerai provi- soirement un Domuncula fossile (!), du subapennin de Salles (Gironde). M. le D r Fischer avait déjà annoncé (loc. cit. p. 690), qu'il existe d'autres genres parasites fossiles , des Hydractinies de Bordeaux {Celle- pora echinata Michelin, Icon. Zooph. p. 74, pi. XV. fîg. 4); c'est à l'un des chercheurs les plus assidus , et au plus heureux dans ses découvertes — à notre vice-président, M. le juge de paix Delfortrie , — que nous devons le précieux échantillon dont il s'agit. Le Domuncula vivant n'était alors connu d'aucun de nous. M. Delfortrie, dans le cours de ses persévérantes investigations en faveur des dents palatales de Raies, trouva dans les faluns sableux de Salles, une tubérosité uniforme ou, mieux encore, difforme et gibbeuse, munie d'un trou subarrondi, carac- tère unique et trop vagne pour lui faire délaisser, même momentané- ment, l'objet déterminé de ses recherches. Il fit l'abandon de ce rognon à notre collègue M. Benoist — un autre chercheur infatigable. Celui-ci me voit occupé, le 9 novembre, à l'étude des deux Domuncula vivants et de couleur orangée rapportés de Toulon par M. Linder; puis il revient le lendemain, me disant « mais vous n'avez pas cela fossile ! » et il pose sur ma table un exemplaire pierreux, plus gros que ceux de M. Linder (à peu près cinq centimètres sur quatre ; ouverture sub-marginée en dedans, gibbeusement épaissie en dehors du côté extérieur, et de 12 à 13 millimètres de gueule sur 10). Cette masse irrégulière, sableuse, cal- caire, est d'un poids très-faible et évidemment d'une friabilité très- grande. L'identité extérieure étant parfaitement et complètement reconnue, sans le plus court instant d'hésitation, M. Benoist use de toute la rigueur de son droit de propriétaire (je n'aurais jamais eu le courage de m'exposer à pareil sacrifice!); armé d'un vieux canif, il attaque ce Domuncula, ou je croyais trouver logé en toute probabilité un petit Turbo rugosus ou plutôt (à cause d'une dépression ombilicale qui me paraissait (351 ) très-manifeste) uu très-gros Troehus magus. Le parasite changé en sable calcaire blanchâtre et à peine aggloméré, se laisse facilement entamer, percer en tous sens, torturer enfin de toutes manières Point de grosse coquille à l'intérieur! mais un large canal spiral et à paroi assez bien polie (logement du feu Pagure!) tournant autour d'une robuste columelle de même substance sableuse, mais assez forte- ment colorée en ocre jaune. Je me rappelai aussitôt ce que dit de son Alcyon, parasitus Defrance, dans le Supplément, p. 109, du tome 1 er du Dictionnaire des sciences naturelles (1816) : « Je possède des coquilles de différents genres, trou- » vées aux environs de Plaisance en Italie, qui sont recouvertes en tota- » lité par cet alcyon, mais dont l'ouverture n'est pas fermée ; « et il en conclut implicitement que l'alcyon a été le logeur d'un pagure ; or, le cas est évidemment identique en ce qui concerne l'échantillon que nous venons de reconnaître à l'état fossile. Je me rappelai surtout les paroles de cet illustre observateur, dans son article Pagure (Fossil.) du t. XXVII, pages 232 et 233 du même Dictionnaire (1 825) , — article dans lequel il remarque qu'on ne trouve pas, dans la craie de Saint-Pierre-de-Maëstricht, les coquilles qu'ont dû habiter les énormes Pagures dont on y rencontre les pinces , « parce » que très-probablement elles ont disparu, » et il renvoie, pour cette disparition, au mot Pétrification (t. XXXIX, pp. 243-307. 1826) sorte de volume où il traite à fond ce sujet tout spécial d'études . — Mais, sans aborder ces longues généralités, il me suffira de rappeler ici ce que dit encore Defrance de son Alcyon parasite, à la page 233 du 37 e volu- me, déjà cité. Il y parle des turritelles et des rochers recouverts par cet alcyon « dans les couches du Plaisantin supérieures à la craie, et il » ajoute : On ne peut douter que les coquilles fossiles qui en sont cou- » vertes, n'aient servi d'habitation à quelque espèce de ce genre (Pagure) » qui a disparu dans cette couche. Dans ce cas, le contraire de ce qui » s'est passé dans la couche crayeuse de Maëstricht serait arrivé en » Italie, où les coquilles se seraient conservées quand les crustacés » qui les habitaient ont disparu. » Le premier et le second de ces deux cas se trouvent donc dûment constatés dans les annales de la Science, et M. Van Beneden, dans son importante note n° 1 citée ci-dessus, a opéré leur conciliation pourrais- je dire, en exposant le fait de l'existence d'un vrai vestibule qui épargne à certains Pagures actuellement vivants la peine de chercher un nouveau domicile en remplacement de celui qui pour eux devient trop exigu. Je ( 352 ) n'apporte donc à la question du Commensalisme qu'un seul document nouveau, lequel prouve que la même dérogation aux habitudes instinc- tives des Pagures était déjà, chez eux, en usage à l'époque pliocène. Et en effet, à la place où M. Benoist, en brisant la masse sableuse, y cherchait la spire disparue d'une coquille présumée assez volumineuse, il rencontra des restes bien caractérisés du test d'une très-petite univalve (Ringicule ou Actéon) qu'il jugea avoir servi de domicile initial à ce volumineux Pagure ; de cette façon, le crustacé a grossi et grandi au fur et à mesure de la croissance de l'Alcyon qui a continué à lui fournir un abri proportionné à sa taille. Il y a ici deux choses à considérer. — En premier lieu, ses deux pin- ces ne sont que très-légèrement inégales, et par suite il aurait pu sortir et changer de coquille s'il l'avait voulu : ce sont deux circonstances étrangères aux habitudes paguriennes, et à ce titre elles méritent d'être fort remarquées. Qu'on y voie, si l'on veut, un effet dépendant de Yidiosyncrasie spé- ciale de certains Pagures, j'y consens volontiers ; car me souvenant de ce que dit M. Van Beneden avec une bonhomie aussi spirituelle que vrai- ment philosophique {Commensalisme , p. 9) : « Nous connaissons au » moins le mot maintenant , si nous ne connaissons pas la chose ; » — mais il m'est impossible de ne pas être invinciblement porté à croire qu'il existe, dans ces deux caractères, une particularité d'importance spécifique, puisqu'elle est constante; car on sait que les règles géné- rales de l'instinct d'une espèce déterminée d'animaux sont très-peu sujettes à varier au commandement des cas individuels ou exceptionnels. Pour achever l'exposition des faits, j'ajoute que le sable calcaire ou magma très-friable qui constitue ce que j'appelle provisoirement le Domuncula fossile , contient un assez grand nombre de valves séparées de petits acéphales du terrain subapennin qui renferme ce rognon. Celui-ci, lors de la fossilisation , a-t-il été substitué à la substance spon- giforme qu'il a dû remplacer? C'est probable à mes yeux ; mais comme il n'a conservé extérieurement aucun caractère intrinsèque de diffé- rence spécifique, nous ignorons si ce magma informe n'a pas été méca- niquement formé par la simple coagulation des sucs organiques prove- nant de la dissolution du corps spongiaire : dans ce cas, ce ne serait plus un fossile proprement dit, et il no mériterait plus de prendre place dans le catalogue des espèces animales. Dans cette incertitude , nous avons dû chereber à nous procurer quelques éléments nouveaux pour une appréciation plus exacte. Mes ( 353 ) yeux affaiblis et fatigués ne pouvaient porter le tribut de leurs efforts à ces recherches délicates ; mais trois de mes savants et zélés collègues ont eu la bonté de me venir en aide. M. Gustave Lespinasse a mis son excellent microscope de Naquet , l'habile expérience pratique qu'il a acquise de cet instrument, et son inépuisable obligeance au service de M. le D r Souverbie et de M. Alexandre Lafont , et ces trois messieurs ont constaté les faits suivants , que le dernier d'entr'eux a bien vonlu rédiger lui-même pour être consignés au procès-verbal de la séance du 10 janvier 1872 : 1° Le Suberites Domuncula vivant, de la Méditerrannée , traité par une solution bouillante de potasse caustique, a laissé un résidu qui, examiné au microscope (obj. 5; oculaire 1 ; grossissement 280 diamè- tres), a montré une masse de spicules isolés, très-longs, légèrement arqués, cylindriques, terminés à leurs bouts en pointe cylindro-conique très-courte; ils sont creux, et leur longueur égale ou dépasse un peu le champ du microscope ; 2° Les spicules du Sitberites suberea vivant, des côtes océaniques de la Gironde, traité par le même procédé , sont plus longs que ceux du S. Domuncula; ils sont également cylindriques, légèrement arqués, mais leurs extrémités se terminent en une pointe longuement effi lée ; 3° Des fragments du corps fossile trouvé à Salles par M. Delfortrie et communiqué par M. Benoist (indiqué ci-dessus provisoirement sous le nom de Domuncula fossile), après avoir été traités par l'acide chlorhy- drique , ont laissé un résidu qui , examiné au microscope (même gros- sissement que ci-dessus), se montre composé d'amas de spicules réunis par leur milieu de manière à ressembler à une châtaigne ou à un our- sin. Ces corpuscules sont de forme aciculaire et égalent environ le 1 2 e de la longueur des spicules du Suberites Domuncula vivant. Mais ce n'est pas tout , car voici un fait tout nouveau , plus récent encore que le précédent, et qui semble promettre aux logeurs de Pa- gures l'importance future d'une branche toute spéciale dans les études carcinologiques ! Notre collègue M. Alexandre Lafont, d'Arcachon, avait recueilli et conservait depuis 4 ou 5 ans dans ses tiroirs quatre rognons fossiles du falun subapennin de Salles (Gironde). Plus petits que l'échantillon précité et fourni par MM. Delfortrie et Benoist , ils ont absolument la même la forme générale, la même faciès , la même ouverture subcircu- laire pour l'émersion du Pagure ; mais leur section a révélé en eux une ( 354 ) nature toute différente : au lieu d'un magma calcaire et privé de toute structure déterminée , ils nous ont montré la structure la plus préci- sément et la plus élégamment spécialisée. Ce sont des masses poreuses à vacuoles contiguës égales et régulières, qui n'ont absolument rien de commun avec les espaces vides et irréguliers d'un spongiaire ; et en effet, comme l'écrivait encore M. Fischer à M. Souverbie, on ne conce- vrait pas qu'une structure distincte pût laisser des traces dans un spongiaire formé uniquement de sarcode , qui est si facile à se décom- poser avant sa fossilisation et entre-mêlé de spicules. C'est au contraire bien évidemment un bryozoaire , et on retrouve sur certaines cassu- res de l'ouverture et sur les surfaces libres qui se sont conservées sur quelques parties de ses parois , les Stries longitudinales et les Sec- tions horizontales — régulières aussi, qui dessinent la forme des loges du bryozoaire. Celui-ci , envoyé de suite à M. le D r Fischer par M. Souverbie, a été reconnu et déterminé par lui sous le nom de Cel- lepora parasitica Michelin, Iconographie Zoophytologique, pi. 78. fig. 3, fossile des faluns de la Touraine et de l'Anjou, « d'après des individus qui avaient entouré une coquille et qui en avaient pro- » longé les derniers tours. » (Fischer, in litt., 16 janvier 1872). Voila donc une détermination bien authentique, mais qui a présenté aussi une circonstance singulière. La substance poreuse , examinée au même microscope par MM. Lespinasse , Souverbie et Lafont , leur a présenté, elle aussi, de nombreux spicules siliceux : ils font l'objet de la 4 e observation, rédigée par M. Lafont pour le procès-verbal du 1 janvier et conçue ainsi qu'il suit : 4° Des fragments du Cellepora parasitica trouvé à Salles par M. La- font, traités de la même manière que dans les trois observations précé- dentes, ont laissé un résidu composé, comme le n° 3, de spicules réunis par leur milieu et ressemblant aussi à de petits oursins. Ces corpuscules sont franchement naviculaires et égalent le 1 e de la longueur des spi- cule du Suberites Domuncula vivant. M. Lafont a ajouté, dans sa note pour le procès-verbal, les observa- tions suivantes : « 5° Des' fragments d'un corps analogue, provenant du Muséum de » Bordeaux, ont donné des spicules très-ressemblants à ceux du fossile » de MM. Delfortrie et Benoist (n° 3) , mais plus petits. » « En présence de ces faits, M. Lafont dit que les corps fossiles des » faluns n'appartiennent positivement pas au genre Suberites et se ral- » liant à l'opinion exprimée dans la lettre de M. Fischer, il annonce ( 355 ) » qu'il se rappelle avoir trouvé des corpuscules analogues dans la partie » corticale du pédoncule du Pennatula grisea : il s'engage à étudier la » question sur les animaux vivants, dès qu'il sera de retour à Arcachon. » Nous avons donc affaire à plusieurs corps fossiles très-différents entr'eux; mais, en ce qui concerne le n° 3, de Salles*, il subsiste toujours à mes yeux une grande cause d'incertitude , tirée de la non-homogé- néïté de structure du magma calcaire et fortement fossilifère qui constitue la masse de cette pseudomorphose de Domuncula; car le D r Fischer écrivait ces jours derniers à M. Souverbie : « On trouve des » spicules dans tous les fonds de mer et provenant d'une foule d'épon- » ges après leur décomposition. » La petitesse extrême de ces spicules qui se fourrent partout, rend donc cette supposition fort applicable au cas dont il s'agit , et il n'est point étonnant que le falun de Salles en soit abondamment pourvu. Avons-nous sous les yeux un fait analogue? Il est encore permis •d'en douter, mais il est sage d'ajourner toute tentative de désignation spéci- fique : je suis du moins trop étranger à la spécialité de pareilles études, pour en vouloir assumer la responsabilité en présence, surtout, d'un individu unique. Je ne pousserai donc pas plus loin, pour ce fait spécial, une étude pour laquelle je suis trop mal armé , 1° Parce que nous ne savons nullement si, dans ces basses classes de l'animalité, ne se retrouverait pas la propriété, qu'on a déjà reconnue chez les Foraminifères, de se perpétuer à travers plusieurs étages géo- logiques et jusques à l'état vivant; 2° Parce que nous n'avons jusqu'à présent aucun caractère intrinsè- que distinctif à signaler d'une manière certaine entre le Domuncula vivant et son semblable fossile ; 3° Parce que je me souviens fort bien que Marcel de Serres , dans la visite dont il honora ma collection, encore bien restreinte, en 1822 ou 1823, me dit en examinant le Butta lignaria de Basterot, que c'était parmi les fossiles de Bordeaux qu'il avait eu l'occasion d'étudier, le seul qui ne lui eût dévoilé aucune différence appréciable entre le fossile et son analogue vivant. Or, évidemment, Marcel de Serres voulait parler d'espèces assez volumineuses et assez bien étudiées, pour être certaine- ment caractérisées pendant son court séjour à Bordeaux ; mais depuis lors, bien des naturalistes assurément compétents font profession de croire que bon nombre de fossiles subapennins se retrouvent encore aujourd'hui à l'état vivant, et chaque jour nous apporte de nouvelles preuves de la justesse de ces assimilations. ( 350 ) Nous sommes donc autorisés désormais à compter sur la recon- naissance future, dans nos faluns, de nombreux documents, en partie méconnus jusqu'ici , sur les Logeurs fossiles de Pagures , qui offriront certainement un intérêt tout spécial dans la nombreuse légion des ci- devant polypiers envoûtants fossiles. Nous en connaissons déjà avec certitude , en outre de ceux que Defrance a vaguement indiqués, deux genres de natures fort différentes, puisqu'ils appartiennent, l'un aux Hydrozoaires ( Hydraclinia Fischer, loc. cit.), l'autre aux Bryozoaires (Cellepora parasitica Michelin , ioc. cit.) : ce dernier a été décrit comme spongiaire dans le 27 e étage (subapennin) du Prodrome de d'Orbigny, sous le nom mal appliqué de Monticulipora echinata d'Orb. 1847, et n'est autre que VHydractinia echinata. En 1852, dans le 3 e volume de cet ouvrage , d'Orbigny ne mentionne aucune espèce fossile du genre Alcyon de Lamarck, et n'indique aucun spongiaire dans son 26 e étage (Falunien). 23 Janvier 4872. N° II. NOTES SPÉCIFIQUES ftCR LE GENRE POLIÀ (D'ORBIGNY) VIVANT ET FOSSILE -- . >j »». g; « Parmi les mollusques acéphales , on a longtemps délaissé le groupe des Solénacées , malgré l'élégance et la singularité de leurs formes, parce que, de la ressemblance de ces formes chez les coquilles , on a cru pouvoir conclure à la ressemblance des caractères essentiels de l'orga- nisation chez les animaux qui les construisent. C'était une erreur et, lorsqu'on en est venu enfin à s'en apercevoir, les premiers travailleurs s'en sont tenus timidement à instituer des coupes sectionnaires ou sous- génériques dans le genre linnéen Solen. Selon mon habitude, dont je n'ai jamais su ni voulu me départir avant que le mouvement, devenu général , ne fût consenti par le plus grand nombre des naturalistes , je suis demeuré au nombre de ces traî- nards de la science multiplicatrice de genres, lorsqu'on 1832, dans le t. V des Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux (p. 92! et suiv.), j'ai publié une Notice sur la répartition des espèces dans les genres Solen, Solécurte, Sanguinolaire et Solételline de M. de Blainmlle. Plus tard , ce mouvement s'est accentué et les classificateurs se sont jetés avec une sorte de furie sur le vieux genre Solen de Linné, pour le dépecer et porter dans l'étude fort malaisée de ses espèces un peu de clarté qui a fini, comme il arrive souvent, à se métamorphoser en un peu de confusion. — De proche en proche, on a fini par ranger vingt- deux genres — plus ou moins selon les auteurs, — sous cette bannière ondoyante et vague des Solénacées. Notre grand eonchyliologiste M. Deshayes qui , d'habitude , procède lentement dans l'adoption des coupes génériques afin d'arriver un peu Tome XXVIII. M •1 ( 358 ) plus tard à constituer celles-ci à telles enseignes que leur solidité devienne désormais inattaquable, — M. Deshayes , dis-je, commença d'abord à élever de prudentes digues contre cette invasion désordonnée de noms génériques nouveaux. Longtemps il se refusa à scinder ce genre Solen au premier aspect si naturel. Il ne voulut accepter ni Ensis , ni Cerati- solen, ni Cultellus , et n'accueillit plusieurs autres genres qu'à mesure que l'étude des animaux qui les babitent les rendît évidemment néces- saires. Peu à peu la lumière se fit , et ce fut souvent sous les opérations du scalpel manié par ses habiles mains qu'elle jaillit incontestable et incontestée aux'yeux de tous. Les genres que je viens de nommer et de désigner implicitement furent reconnus bons et valables, et la famille des Solénacées se trouva définitivement constituée , après épuration , de telle façon que ses bases ne seront plus changées. J'ai entre les mains ce beau code partiel auquel, en 1860, l'illustre professeur du Muséum a donné le nom de Description des animaux sans vertèbres découverts dans le bassin de Paris, pour servir de sup- plément à son premier ouvrage (1824-1837) sur les Coquilles fossiles des environs de Paris , et j'y trouve la loi qui régira désormais ce beau groupe des Solénacées. Sept genres le composent (t. I, p. 1 46) : Solen Linné , ayant pour type le Solen vagina Linné (S. marginatus Pull, nomen antiguius) ; Ensis Schumacher Solen ensis Linné; Ceratisolen Forbes et Hanley Solen legumen Linné; Novaculina Benson Solen slliqua Linné; Solecurlus Blainville Solen slrigilalus Linné; Siliqua Megerle Solen radialus Linné; Cultellus Schumacher Solen cultellus Linné. Par suite d'une circonstance qu'il m'est absolument impossible de comprendre ou d'expliquer autrement qu'à l'aide d'une erreur origi- naire d'impression (qui se sera conservée par distraction parce que le nom du genre en question n'avait plus à reparaître dans tout le cours de l'ouvrage), — par suite de cette erreur, dis-je, les registres de l'état civil des mollusques me contraignent d'employer, pour le petit et élégant genre qui fait l'objet unique de la présente note, un nom (Polia d'Orbi- gny, Paléontologie française; terrains crétacés ; t. III. p. 390, 1843) synonyme de Ceratisolen Forbes et Hanley , qui n'est que de 1 8 î S. ainsi que l'a fait remarquer Hœraes dans sou grand ouvrage en 1855, t. II. p. 16. ( 359 ) Le genre Polia D'Orbigny n'a , à ma connaissance , qu'une seule es- pèce vivante , et elle est commune à l'Océan et à la Méditerranée. Ce genre étant excellent, le fossile décrit sous le nom de Solen legumen par Basterot eu 1823 dans les faluns Bordelais, a été inévitablement rapporté par cet auteur à l'espèce vivante , à laquelle elle ressemble en effet beaucoup, quand on n'en voit que l'extérieur. C'est pour cette raison sans doute que Hœrnes l'a figurée , pi. I, fîg. 15 a, 15 6, vue en dedans et en dehors (figure très-mauvaise , si ce n'est sous le rap- port de sa silhouette et de son extérieur). Je n'ai jamais vu l'espèce fossile que D'Orbigny mentionne sous ce même nom pour le terrain subapennin , dans l'Astezan seulement (Prodr., t. III, p. 179, n° 284)! Hœrnes cite, d'après Mayer, dans le miocène , à Saucats, le môme nom spécifique legumen, pour une espèce que je n'avais pas reconnue en 1832 et que je n'ai jamais réussi à voir depuis lors, si du moins il fallait le croire Yanalogue fossile de l'espèce vivante ; mais , je le dis hardiment, je ne crois pas un mot de cette assimilation, et je suis convaincu qu'on a pris pour analogue une espèce excellemment distincte quoiqu'évidemment voisine de la vivante , et que je n'ai connue qu'en 1870. Bare, plus petite, fragile et très-difficile à manier avec sécurité par cette raison même , il est plus que probable qu'elle n'avait été étu- diée qu'extérieurement ou en fragments peu caractérisés dans leurs dé- tails intérieurs, et que, par suite , elle a été méconnue depuis 1825, époque de la publication de Basterot sous le nom de Solen legumen » jusqu'à MM. Delfortrie, Benoist et Linder qui l'ont trouvée en bon état et l'ont immédiatement jugée tout-à-fait distincte en la retrouvant en 1 870 (comme Basterot avant 1825) à Saucats, — jusqu'à M. Linder qui l'a jugée de même en la retrouvant bientôt après à Cestas (rive gauche du ruisseau, en face de l'Église) , — et jusqu'à moi-même qui viens d'en reconnaître deux très-petits fragments (recueillis et confondus par moi avec les dé- bris d'une autre mollusque, entre les années 1832 et 1860, dans le banc de Gradignan exploré jadis par D'Àrgenville (1) ; — et cela tou- jours au même niveau, dans la partie supérieure la plus pure et la plus fine des faluns libres du miocène supérieur [Falunien B. D'Orbigny). C'est elle que je vais décrire avec tout le soin dont je suis capable, après avoir discuté préalablement < — et séparément — les caractères ( 1) L'exploration de ce banc par D'Argenville est une tradition transmise aux na- turalistes Bordelais par notre vénéré collègue M. Raymond Péry, mort en 1860, à l'âge de 9i ans, et par conséquent presque comtemporain de l'explorateur mort, je crois, seulement dans la 2° moitié du siècle dernier. ( 360 ) attribués (en bloc) au genre (supposé monotype) et à l'espèce en même temps (puisque D'Orbigny ne connaissait qu'elle seule). Tout ce qui, dans cette discussion, sera imprimé en caractère itali- que, reproduira textuellement au complet et dans le même ordre tous les mots employés par D'Orbigny dans sa description originale de 1843 [Paléontologie française; terrains crétacés, t. III, pp. 390-391). Je laisse de côté, comme de juste, la diagnose de l'animal, et je n'extrairai d'abord de la description générale que les caractères diagnostiques gé- nériques du test, acceptés de tout le monde, mais augmentés par moi de quelques observations entre parenthèses. Quant à la diagnose spécifique, qui suivra la précédente et qui sera également exposée in extenso et en italique, j'y ajouterai toutes les observations nécessaires pour faire distinguer l'espèce fossile de la vi- vante. Il me faudra être un peu verbeux; mais le sujet est neuf, délicat et compliqué par bien des inexactitudes successives. DIAGNOSE GÉNÉRIQUE DU POLIA D'Orbigny. Coquille allongée ou oblongue (ce dernier mot me semble inutile^ équivalce, inéquilatérale (mais très-peu), bâillante à ses deux extrémités (également arrondies, la postérieure un peu plus large dans le sens ver- tical que l'antérieure). Impression palléale pourvue d'un léger sinus anal (sa profondeur atteignant à-peu-près l'à-plomb vertical du bord antérieur de la principale impression anale , d'oii je conclus que l'épi- thète léger n'est guère exactement appliquée à ce sinus). Impressions musculaires superficielles, au nombre de quatre à chaque valve : une buccale, allongée (transversalement) , triangulaire (non ! il y a une autre impression entre elle et les crochets), placée sous les crochets dans leur extrémité antérieure seulement , et partant de là pour so diriger vers l'avant de la coquille) ; deux anales dont une longue (non pas longue , mais un peu allongée tranversalement , ou subtriangu- laire) près du bord du ligament[non pas près du bord, mais bien déci- dément en arrière du bord du ligament), et une autre petite, oblique, divisée en deux parties, placée au milieu de la coquille; celle-ci sans doute propre aux sijihons (voir, dans la diagnose spécifique, tout ce que j'ai à dire sur la 1 re et la 2 e dos impressions anales, que je ne con- teste pas en principe); et une quatrième sous les crochets en face du liga_ (i) Position dite naturelle par d'Orhigny, c'est-à-dire lu coquille posée vertica- lement (la bouche enbas, l'anus en haut), les crochets placés du côté de l'observateur. (361 ) ment (c'est la 3 e anale : [voir les détails dans la diagnose spécifique]). Charnière formée sur la valve gauche (1) de deux dents divergentes, et de trois sur la valve droite. Une côte élevée, oblique ou transverse, part des crochets et s'étend plus ou moins vers le milieu de la coquille. Il y a également sur la région cardinale , du côté buccal, une côte longitu- dinale, interne (le mot longitudinale n'est plus générique , car c'est là que se montre le caractère spécifique le plus saillant de la nouvelle es- pèce fossile : je le ferai ressortir avec tous les détails nécessaires). Ligament externe appuyé sur des nymphes lamellaires. Un épidémie brillant dépassant la coquille (et ne pouvant plus exister, comme de juste, sur le fossile). DIAGNOSE SPÉCIFIQUE DU POLIA D'Orbigny. (Rédigée uniquement d'après l'espèce vivante.) Coquille allongée oit oblongue } équivalve , inéquilatérale , bâillante à ses deux extrémités. Polia legmtiend'Orb., 1 843 ; des côtes de France, espèce vivante. — Rien de particulier ù dire ici sur cette coquille commune , dont j'ai sous les yeux 18 valves océaniques ou méditerranéennes, jeunes ou adultes , dont 2 dépareillées et 1 6 appartenant à 8 individus complets. Polia Saucatsensis Nob. , 1871 , des faluns libres supérieurs (miocène) de Pont-Pourquey, commune de Saucats (MM. Delfortrie et Benoist) et, au même niveau, commune de Cestas (M. Linder) ; espèce fossile. — J'ai sous les yeux cinq valves (dont une jeune) en très-bon état pour la charnière , une autre moins entière , une dont on ne voit que l'extérieur, et quelques menus fragments plus ou moins caractérisés. La coquille est très-allongée. Son côté buccal me paraît un peu plus rétréci , proportionnellement , que dans l'espèce vivante , et certaine- ment plus comprimé qu'elle ne l'est de ce même côté : elle doit donc être un peu moins bâillante. Ses stries extérieures (toutes d'accrois- sement) sont proportionnellement plus faibles que dans l'espèce vivante : aussi semble-t-elle lisse et fort brillante. Impression palléale, pourvue d'un léger sinus anal. Cette impression, très-ténue, à peine ondée dans son parcours, est parallèle au bord ; le fond du sinus est limité par une ligne plus large que dans le reste du parcours. (Voir la diagnose générique pour ce que j'ai dit de la profondeur du sinus.) (Fossile). Construite comme la vivante, pour son fond de sinus comme ( 362 ) pour son parcours, elle paraît avoir le sinus plus profond que dans l'es- pèce vivante, car, autant que la faiblesse des impressions permet de le constater, elle semble dépasser, en arrière , l'à-plomb vertical da l'impression musculaire (anale) principale. Impressions musculaires superficielles , au nombre de quatre à cha- que vahe, savoir : i° Une buccale, allongée, triangulaire , placée sous les crochets; Toutes les impressions sont difficiles à apprécier avec précision , à cause de leur superficïalité plus ou moins grande. La buccale , qui est unique, est la plus apparente de toutes, striée fortement dans le sens de la longueur tranversale de la coquille quand celle-ci est adulte; dans la jeunesse on ne voit guère que les stries radiantes (obliques ou verticales) vues par la transparence du test. — La description de D'Orbigny est, selon moi, inexacte, car Y impression , bien limitée, est en forme de ruban ou bandelette (tœniiformis , comme celle des Lucines , allant de l'avant à l'arrière de la coquille avec une légère courbure dont la convexité à peine sensible regarde le bord , au contraire de ce que montre la figure 3, pi. 225 de l'Encyclopédie, où cette convexité regarde le bord dorsal de la coquille. — Rien ne justifie à mes yeux l'épilbète triangulaire que D'Orbigny donne à cette impression buccale, et Hœrnes qui la figure un peu trop courte, lui donne le véritable sens de sa cour- bure. Pour mériter le nom triangulaire , il faudrait que tout l'espace jusque sous les crochets fût occupé par l'impression buccale, et il n'en est rien. Il y a bien une très-petite cicatrice double sous cette petite pointe des crochets, mais elle appartient évidemment à l'extrémité antérieure de l'anale supérieure, extrémité séparée du reste de son éten- due par la côte élevée transverse ou subtransverse dont il va être ques- tion plus loin (lorsque toutefois cette côte existe bien distinctement comme dans l'espèce vivante , tandis qu'elle est plus ou moins affaiblie ou effacée dans la fossile ). (Fossile). — Son impression buccale, de même forme que dans l'espèce vivante, est proportionnellement plus courte en arrière, parce qu'elle est limitée en avant par la côte interne et saillante de la région cardi- nale, dont il va être question quand j'aurai terminé la description des impressions musculaires. (Cette seconde côte, qui est ici la principale, n'est pas en réalité la plus importante des deux, parce que sa direction est variable et fournit ainsi un caractère purement spécifique; je dois donc en renvoyer la description à la place que D'Orbigny lui donne dans sa diagnose générique). ( 363 ) 2° Deux anales (elles sont trois en tout) dont : 1) Une longue près du bord du ligament ; Très-superficielle et vague, elle est difficile à observer, et ne peut guère être vue qu'en faisant miroiter la valve sous le jeu de la lumière. Aussi a-t-elle été interprétée diversement dans le peu de figures que je possède du Solen legumen. Dans la pi. 225 fig. 3 de l'Encyclopédie, elle est rudement accentuée, à la façon de toutes les anciennes gravures en taille douce et à hachures. Elle s'y montre très-grande, partagée en trois segments, par une ligne blanche et assez large, dont la partie centrale disparaît cachée sous la valve opposée (gauche) dont la figure montre l'extérieur. — Le segment qui, en réalité, semble correspondre à la vraie impression anale n° 1, représente un triangle acumiué, dont le côté dorsal côtoie de très-près le bord du même nom , et dont Yacumen côtoie ce même bord en se dirigeant vers la partie postérieure du crochet. Ce compartiment du dessin ne mérite nullement l'épithète longue que lui assignerait la des- cription de D'Orbigny. La dite épithète conviendrait moins mal à la figure donnée par Hœrnes (pi. I. fig. 1o a) : là, l'impression anale est faible mais bien déterminée, ovale-oblongue mais non longue, car elle l'est môme moins que l'impression buccale téniiforme dont j'ai déjà parlé. Mais Hœrnes semble avoir pris le parti d'éluder la difficulté d'attribution et de description des deux autres impressions anales dé- crites dans le caractéristique de D'Orbigny, et à cette fin il a pris le moyen le plus simple qu'on puisse imaginer : il a tout bonnement sup- primé ces deux autres impressions anales, ne faisant aucune mention d'aucune des impressions musculaires quelconques, soit dans sa dia- gnose générique, soit dans sa diagnose spécifique. L'unique impression anale qu'il figure et que je viens de mentionner est effectivement, dans l'espèce vivante, à-peu-près conforme à cette figure et à la mention qu'en fait D'Orbigny, et c'est son bord ventral qui circonscrit le fond du sinus de l'impression palléale. D'Orbigny vient de dire ce sinus léger : la figure de Hœrnes le montre au contraire assez profond puisqu'il atteint en avant, en moyenne, l'à-plomb vertical de l'extrémité extérieure de cette impression anale. Je dis en moyenne , car cette délimitation me parait vague et variable : au lieu d'atteint en avant, il faudrait parfois dire n'atteint pas (dans des vieux échantillons de ma collection) , et par- fois dépasse (dans des jeunes échantillons de ma collection). On voit que malgré tous mes efforts, il faut que je m'en tienne, pour ce détail, aux à-peu-près. ( 364 ) Qa'on me permette de le dire : Tous ces détails vagues et ingrats ont été si peu rigoureusement étudiés par la plupart des auteurs d'ouvrages généraux qui ont tous prétendu donner la figure du Solen le- gumen (vivant) de Linné, qu'on voit Blainville (Manuel de Malacologie, pi. LXXX, fig. 1 , sous le nom de Solécurte gousse) figurer correcte- ment (ou à-peu-près) l'impression buccale, mais il semble la faire précéder en avant par une autre impression téniiforme et plus petite, qui ne peut exister en réalité. Il limite en arrière l'impression buccale par la côte transi erse interne de D'Orbigny en la faisant diriger d'arrière en avant, tandis qu'en réalité elle se dirige toujours d'avant en arrière ; — et enfin il supprime (ainsi que Hœrnes !) trois impressions anales sur quatre, et donne à son unique anale la forme triangulaire courte et acuminée que lui prête l'Encyclopédie {loc. cit.). — Conclurai-je de là qu'il y a peut-être, dans ces figures, deux espèces distinctes? Xon! car on peut bien dire que tout le monde a sous les yeux le même S. legumen, espèce très-vulgaire dans la Méditerranée comme dans l'Océan (ma collection, pour les deux localités, comme dans Linné, Ginel. Syst. nat. éd. 13 a p. 3224, n° 4). Il faut avouer seulement que tous ces détails sont vagues dans les coquilles vivantes, à cause de la superfiçialité des impressions, et difficiles à bien voir. Les figures de Plancus (valves fermées) pi. III. fig. o, et de Gualtieri (valves séparées) pi. 91. fig. A, ne montrent aucune trace d'impressions musculaires quelconques; toutes deux sont citées pour le Solen legumen par Lamarck (2 e éd.). Maton et Rackett, non plus que Favanne et les planches de Brocchi ne présentent rien qui ait rapport à la question qui m'occupe ici. Je ne possède pas d'autres figures du S. legumen vivant, et je n'en possède aucune de celui ou de ceux qui ont pu lui être rapportés comme analogues fossiles. {Fossile.) Cette impression anale de l'Encyclopédie (n° 1) limitée comme je viens .de le dire pour la coquille vivante, à sa portion trian- gulaire, se retrouve nettement, mais uniquement à l'aide du jeu de miroitement à la lumière, sur la seule valve qui , parmi celles que j'ai sous les yeux, ait conservé en bon état sa portion postérieure. Je répète qu'elle ressemble beaucoup mieux à ce fragment postéro-supérieur du dessin fourni par l'Encyclopédie qu'à l'impression anale unique qui se trouve dans la figure donnée par Hœrnes. 2) Cette deuxième impression musculaire anale de D'Orbigny est aiusi caractérisée par lui : -( 365 ) Et une autre petite, oblique, divdse'e en deux parties , placée mi mi- lieu de la coquille; celle-ci sans doute propre aux siphons Après tout ce que je viens d'exposer d'incertitudes et d'appréciations diverses de la part de divers auteurs, il me semble que je puis, sans honte, avouer toute la vérité : malgré l'attention que j'y ai mise et les efforts variés que j'ai tentés, je dois dire franchement que je ne sais retrouver ni l'une ni l'autre des deux parties de cette deuxième anale de D'Orbigny , — ou plutôt , peut-être , que je ne réussis pas à la voir distinctement. Je suis loin de nier son existence, et je la confonds peut- être avec quelques-unes de ces traces obscures que j'aperçois tantôt ici, tantôt là , vers ce que D'Orbigny appelle le centre de la coquille. Armé d'une bonne loupe, j'ai fait miroiter en divers sens toutes mes valves et je les ai également observées par transparence ; mais je ne suis arrivé à aucun résultat constant et certain, bien que j'aie cru parfois apercevoir comme deux gouttes contiguës, placées en avant du fond du sinus, vers le milieu de la hauteur et vers le milieu de la longueur transversale de la coquille. Cela ne m'est arrivé, du reste , que pour des valves qui ont perdu leur transparence par l'âge et l'épaississement de leur test ; j'aime donc mieux, — de peur de mentir sans le vouloir, — prier qu'on me permette de ne rien affirmer, et de laisser subsister cette lacune dans l'exposition de ma présente étude. (Fossile.) Je n'en vois non plus aucune trace dans les valves fossiles que j'ai sous les yeux, non plus que des deux sous-divisions que D'Or- bigny attribue à cette 2 e et. si problématique impression. 3) Cette troisième et dernière impression musculaire anale de D'Or- bigny est par lui désignée sous la seule indication : Et une quatrième sous les crochets , en face du ligament. Quant à celle-ci , je n'éprouve aucun doute : on la voit distinctement à tous les âges , lorsqu'on la cherche avec attention. C'est une cicatrice un peu crispée , irrégulièrement linéaire, qui cô- toie de très-près, en dedans de la coquille, toute la longueur delà lamelle qui porte le ligament et l'épaississement qui porte les dents de la charnière, en passant par dessous la côte transversale (ma barre dé- currente de 1832), qu'elle dépasse très-peu dans la direction delà portion antérieure de la coquille. — Plus la coquille est vieille, plus on la distingue facilement. {Fossile.) Mais, dans l'espèce fossile, oii la côte interne cardinale prend beaucoup plus d'importance et de largeur, je ne puis réussir à voir l'impression passer sous cette côte et se prolonger si peu que ce ( 360 ) soit en avant d'elle ; peut-être cette côte, en se courbant dans la direction du centre de la valve, a-t-elle la propriété de refouler légèrement dans cette direction l'extrémité de l'impression, de façon à ce que cette extrémité ne se distingue plus da reste de son parcours ; et ce qui me le ferait croire (même atec certitude, puisqu'il n'y a plus de transpa- rence dans le test du fossile), c'est qu'au-delà de la courbure de la côte, toute la largeur (plus considérable proportionnellement que dans l'es- pèce vivante,) du bord dorsal de la valve paraît complètement lisse. C'est encore là un caractère distinctif très-net entre l'espèce vivante et l'espèce fossile. (Pour bien comprendre ceci, il faut qu'on prenne la peine de lire ce que je vais donner de détails, dans le paragraphe relatif à la côte cardinale, organe dont j'ai déjà parlé en passant, et dont l'impor- tance spécifique est capitale ! Charnière formée sur la valve gauche de deux dents divergentes , et de trois sur la talie droite. Cela est exact; mais on peut ajouter : 1° Que ces dents, surtout celles de la valve droite, s'écartent souvent beaucoup l'une de l'autre ; 2° Qu'elles sont parfois bifides et presque toujours fort irrégulières de forme, ce qui s'explique par la grande friabilité de la substance de la coquille; elles sont presque toujours ébrécbées ou même frustes; 3° Qu'elles me paraissent proportionnellement plus fortes, plus énergiques dans l'espèce fossile que dans l'espèce vivante ; mais, à cause de la friabilité du test de celle-ci, je n'ose pas établir comme caractère spécifique la différence qui me semble exister et qui m'avait d'abord fait naître l'idée de nommer l'espèce fossile P. crassidens. Une côte élevée, oblique ou transverse, part des crochets et s'étend plus ou moins vers le milieu de la coquille. C'est là la côte caractéristique de tout ce groupe de genres de Soléna- cées, qui n'y manque jamais, et qu'en 1 832 j'ai nommé barre décurrente. Elle se modifie parfois, !° en s' affaiblissant comme dans le genre Polia jusqu'à disparaître presque entièrement, 2° en se transport/Dit jusqu'à l'extrême bord antérieur comme dans les vrais manches de couteaux (genres Solen, Xovaculina, Siliqua, Cultellus et même Ensis ou elle est excessivement affaiblie). Je veux profiter de cette occasion pour dire que le mot barre, qui convient bien mieux au faciès de cet accident que celui de côte en ce qui concerne les espèces du genre Siliqua de Megerie (parce qu'il ne se traduit pas '/ l'intérieur El '/ ïïeœtériewr des valves comme dan- le- (367) bivalves ordinaires) , convient bien moins, au contraire , que celui de côte dans les vrais manches de couteau (parce qu'il y forme un vrai pli du test, qui affecte également l'intérieur et l'extérieur des valves). On a donc bien fait de n'adopter que le nom vague et général côte, et de rejeter ma proposition pour le nom barre, qui est trop spécial. — Je reviens maintenant à la côte oblique ou transverse dont parle D'Orbigny. Elle est faible, ai-je dit, et ne s'avance pas vers le bord ventral, dans le genre Polia, au-delà du tiers de la hauteur de la valve ; elle se dirige, en partant du crochet, obliquement, d'avant en arrière, et forme un angle d'un peu plus de 45 degrés avec l'axe de la plus grande longueur de la coquille. Elle forme un épaississement peu saillant, comme écrasé et peu nettement limité sur le disque interne de la valve quand la valve est vieille, mais plus saillant et plus énergique quand elle est jeune. Théoriquement considérée, cette côte devrait être dite oblique ou verticale plutôt qu'oblique ou transverse, puisqu'elle part de la base antérieure des crochets (bord dorsal) pour se diriger du côté ventral de la coquille. Elle sépare ainsi fondamentalement le côté antérieur du côté postérieur de la coquille dans le genre Polia comme dans le genre Siliqua Meg. , mais non dans les genres Solen, Ensis, Novaculina et Cultellus puisqu'elle y est reportée avec la charnière à l'extrême avant, ni dans le genre Solecurtus ou elle cesse totalement d'exister. {Fossile.) La côte y est plus élargie, plus vaguement délimitée et moins saillante que dans l'espèce vivante , mais un peu plus oblique en dehors, ce me semble. Sa longueur proportionnelle est la même. Il y a également sur la région cardinale, du côté buccal, une côte saillante, longitudinale, interne, Cette 2 e côte que D'Orbigny nomme cardinale et qui appartient en- tièrement à la région buccale est sublamelliforme, constante dans son existence, hormis chez les manches de couteau, ou il ne reste plus de place pour elle, mais inconstante dans sa forme et dans sa direction. Parallèle au bord dorsal antérieur et rectiligne ou peu s'en faut dans le genre Siliqua, elle devient plus longue et constamment rectiligne dans le Polia vivant, mais oblique, plus ou moins courbe et extrêmement énergi- que dans le Polia fossile. — Il suit de là qu'elle contribue à circonscrire et à dessiner dans l'espèce fossile une sorte de triangle presque équila- téral, à angles mousses, dont la base des crochets figurerait le sommet, tandis que dans l'espèce vivante, il semble que cette figure se change en un long triangle fortement isocèle et couché qui semble avoir pour base (très-étroite) la • côte transverse de D'Orbigny, que je viens de décrire. ( 368 ) La côte cardinale, dont il s'agit maintenant, est, dans l'espèce vivante seulement, très-saillante, sublamelliforme, se détachant à angle droit sur le plan de la valve, parfaitement parallèle au bord dorsal, et par conséquent rectiligne ! {Fossile.) Mais, au contraire, dans l'espèce fossile que je décris, elle est oblique-courbe (un peu plus ou un peu moins, je le répète), beau- coup plus énergique que la côte dite Iransterse qui part des crochets. La convexité de cette côte courbe regarde le bord dorsal de la coquille, et cette même côte diminue en s'élargissant un peu jusqu'au milieu de la hauteur de la valve , oii elle se dissipe et disparaît sans atteindre le bord ventral. Il résulte de ces deux côtes un caractère spécifique qui complique beaucoup l'énoncé des descriptions, mais qui distingue spécifiquement, de la manière la plus énergique, l'espèce fossile de l'espèce vivante. Son importance est telle, à cause de sa courbure et de son volume, qu'on aurait pu se borner, pour la distinguer au premier aspect de la vivante, delà nommer Polia bicostalis; mais j'ai eu une raison spé- ciale pour choisir le nom purement local et historique saucatsensis , pour rappeler, oii qu'elle puisse avoir été reconnue ou doive être reconnue à l'avenir, que cette excellente espèce a été, pour la première fois, distinguée spécifiquement, à Saucats , du Polia legumcn vivant, avec lequel tous les auteurs, à partir de Basterot en 1825, l'ont con- fondue, quand ils ont eu l'heureuse chance de la recueillir soit en bon état, soit imparfaitement conservée. Il n'est peut-être pas tout-à-fait inutile, dans le but de rendre les descriptions claires et précises, de faire remarquer une fois de plus et d'énoncer une fois pour toutes, que ces deux côtes (la transverse et la cardinale) suivent deux directions entièrement divergentes, la tra?ïs- verse partant de la face antérieure des crochets et se dirigeant sans courbure vers le bord ventral de la coquille duquel elle se rapproche plus ou moins, marchant tantôt verticalement, {Solen squama Blainv.) tantôt obliquement d'arrière en avant {Solen radiatus Lam. et Nahan- tensis Nob.), tous trois vrais Siliqua de Megerle, tantôt d'avant en arrière (genre Polia D'Orb.) , ce qui a pour effet de rendre l'impression buccale plus longue en arrière, plus ténii for me (I). (1) Je profite de l'occasion qui se présente de citer le nom de mon Solen Nahanlensis de 1852, pour rappeler que, d'après M. Nyst, Fost. tert. de Belgique, p. -47 (1843), j'avais été devancé par Say, dont je ne possède pas l'ouvrage et qui avait décrit mon espèce sous le nom de Solen costatus (Americ. conch. pi. 18); le mien dojt donc disparaître. Eu second lieu, et par la même occasion, je reconnais que le nom de Solen [Cul- ( 369 ) Ligament externe appuyé sur des nymphes lamelleuses. Un épiderme brillant dépassant la coquille. Rien à ajouter, sous le rapport spécifique, à ce double énoncé générique. Il ne me reste qu'à faire voir, d'un seul coup-d'œil , en quoi l'espèce fossile diffère de la vivante. C'est dans ce but que je vais donner, non les diagnoses complètes , qui seraient inutiles ici , mais les caractères uniquement diagnostiques qui distinguent essentiellement ces deux es- pèces l'une de l'autre. Polia legumen [viv.) Testa compressiusculâ, sinu palliali mediocri; costà transversa (D'Orb.) parùm obliqua, crassiusculâ, robustâ; costâ cardinali (D'Orb.) sublamelliformi , longâ, recta, mar- gini dorsali paralleld. Polia Sauça tsensis [foss.). Testa magis compressa , sinu palliali vix profundiori ; costà transversâ (D'Orb.) magis obliqua, te- nuiori ; costà cardinali (D'Orb,) crassiori, breviori, plus minusve, incurva, obliqua, ad médium circiter valvœ partent attingenlc. POLIA SAUCATSENSIS Ch. Des M. .Fis. 1. Fis. 2. Fk Fis. i. Fis. 5. Valve droite, vue à l'extérieur. Valve droite , vue à l'intérieur. Charnière de la valve droite, grossie Dents de la valve droite, grossies. Dents de la valve gauche, grossies. tellus) tënuis Philippi, Enum. Moll. Sicil. p. 6. n° i, pi. I, fig. 2, doit prévaloir quoique de 1836 seulement, sur mon S ventrosus 1852, parce que je n'ai pu donner ni ■description complète, ni figure, tandis que Philippi a donné l'une et l'autre, lesquelles se trouvent aussi, d'une manière indubitable, dans le même ouvrage de M. Nyst, p. 46, n° 8, pi. I, fig. 5 a, a, b (optimœ). Je ne possède pas non plus le célèbre ouvrage de Philippi. ( 370 ) Afin de rendre mon petit travail aussi complet que possible , je crois devoir transcrire ici la description que Hœrnes donne dans son grand ouvrage, si généralement et si justement apprécié, du Polia legumen, qu'il cite : Vivant, au Sénégal, sur les côtes européennes, méditerranéennes et océaniques de l'Europe ; Fossile, dans plusieurs localités allemandes dont l'une (Gauderndorf), précédant immédiatement la citation de la figure 1 5 de sa planche I , semblerait avoir fourni le type figuré ; — en France, à Saucats ; — en Suisse , à Saint-G ail et dans le canton de Berne ; — en Italie , à Asti et à Castel-Arquato. Mais cette coquille, considérée jusqu'ici comme unique dans son genre , est nécessairement fort fragile à l'état fossile surtout, et par suite difficile à observer bien complètement. Je crois donc pouvoir me per- mettre de dire — mais sans pouvoir l'affirmer — que la figure publiée par Hœrnes a eu principalement pour modèle un spécimen vitant, et j'ajouterai môme qu'il me semble avoir été peu étudié en ce qui concerne les impressions musculaires, toujours superficielles et vagues, — con- clusion qui me semble ressortir avec évidence des détails d'étude que j 'ai exposés ci-dessus. Voici la diagnose spécifique fournie par Hœrnes : P. testa elongata , lineari, depressa (c'est compressa qu'il aurait fallu dire, le dos étant en haut et le ventre en bas) , utroque latere obtusa, lœmgata; cardine centrali, bidentato , dente altero bifido. Cela ne dit assurément pas grand'chose dans un genre qui n'est plus monotype, et je n'y ajouterai pas non plus grand'chose qui puisse aider à la diagnose de deux espèces de ce genre; en transcrivant ici la description détaillée, en allemand, de Hœrnes, pages 17, 18, dont notre laborieux secrétaire général, M. Linder, a eu la bonté de faire la traduction française. « La coquille est longue, droite, très-mince et fragile, arrondie à ses deux extrémités (point tronquée comme chez les Solcn; un peu plus large à l'arrière qu'à l'avant, presque équilatérale et comprimée; la sur- face extérieure est, comme chez les Solcn, entièrement recouverte de stries recourbées à angle droit qui, toutefois, ne se redressent pas brusquement, comme chez les Solen, mais se recourbent à l'extrémité antérieure parallèlement à cette extrémité. Deux dents, dont une est bifide, existent à chaque valve. Les deux empreintes musculaires soaft très-rapprochées et placées très-près du bord cardinal; l'antérieure est (371 ) un ovale allongé en pointe ; la postérieure, proportionnellement beau- coup plus petite, est située au-dessus du sinus anal. » La figure très-exacte que je donne ici a été dessinée (à l'aide du microscope pour les détails des impressions et pour les dents) par notre jeune collègue M. E. Benoist, d'après un exemplaire de Pont-Pourquey (Saucats), et gravée sur bois par l'habile artiste bordelais, M. Gouillaud. Maintenant que le genre Polia n'est plus monotype, il nous reste à savoir s'il devra être augmenté d'un analogue fossile , ou d'une troi- sième espèce. 4 8 Décembre 1871. NOTE ADDITIONNELLE AU § II DE LA NOTE N° I. (Page 342.) Mes lectures ont été longtemps, par diverses causes, si retardées et si irrégulières, que je n'ai aperçu que lorsqu'il n'était plus temps de le eiter dans ma Note sur l'Alcyon Domuncula de Lamarck, un passage du beau mémoire (Thèse pour le doctorat ès-sciences, in Annal. Se. nat., 1870) de M. Gaston Moquin-Tandon , sur l'anatomie de I'Ombrelle. C'est dans le golfe de Marseille , dans les vastes prairies de grandes Zostéracées marines {Posidonia) , qu'il a rencontré le moins rarement ce curieux mollusque, avec « de nombreux genres de Crustacés , parmi » lesquels domine le Bernard-l'hermite, toujours logé dans une coquille » revêtue d'une éponge ressemblant par la couleur et la grosseur à une » orange, et fort recherché, sous le nom de pyade, par les amateurs de » pêche , qui se servent de son abdomen comme amorce. » Ce document me fait connaître deux détails intéressants et qui man- quent à ceux que j'avais pu réunir, — l'abondance du Domuncula près de Marseille comme près de Toulon, — et le nom vulgaire, local, qui est donné par les pêcheurs marseillais au Bernard-l'hermite. 26 Février 4872. Charles Des Moulins. NOTE SUB QUELQUES OSSEMENTS DE CÉTACÉS DE LÉOGNAN (Gironde) Par M. E. DELFORTRIE, Vice-Président , et M. le Docteur Paul FISCHER, correspondant. Les récentes découvertes d'ossements appartenant au genre Squa- lodon, permettent de reconstituer assez complètement la tête de ce singulier cétacé ; mais l'étude des autres parties du squelette est restée très-peu avancée ; à part une première vertèbre cervicale fort contes- table , nous ne possédons aucun document qui puisse confirmer les affinités zoologiques du Squalodon avec les différents groupes des cétacés actuels. Nous ajouterons même que quelques naturalistes considèrent le Squalodon, comme le représentant d'un groupe d'animaux assez éloi- gnés des cétacés, et dont le Zeuglodon serait le type. Cette opinion a été refutée par M. Gervais qui rapprocherait volontiers le Squalodon de certains Dauphins et en particulier des Inia. Les pièces dont la descrip- tion est donnée ci-dessous nous font penser que le Squalodon est peut- être voisin des Platanista et intermédiaire entre ceux-ci et les Inia. Les fossiles que nous allons décrire proviennent tous du grès marin de Léognan ou grès à Squalodon. Nous ne citons que ceux dont l'iden- tification avec le Squalodon paraît probable, mais nous n'oserions pas affirmer qu'elle est certaine, puisque l'on n'a jamais trouvé à téôguan une portion importante de squelette. ( 373 ) Planche XXIII, Figure 1 A B C. Sternum. Collection de M. Delfortrie. Ce fossile remarquable est incontestablement une première pièce sternale de cétacé. Il est aplati, subtriangulaire, dilaté supérieurement, tronqué, et rétréci intérieurement ; un peu bombé en dehors, légèrement concave en dedans. Son bord supérieur aminci, présentait probablement une petite échancrure à sa partie moyenne. Les angles supérieurs sont épaissis et portent une surface rugueuse destinée à l'insertion des ligaments qui unissaient la première pièce sternale à la première côte. Au-dessous de ces surfaces articulaires, l'os diminue de largeur en augmentant d'épaisseur. Le bord inférieur tronqué est pourvu d'une large surface articulaire , destinée à entrer en contact avec la deuxième pièce sternale, qui nous manque. La face externe est perforée, vers le tiers inférieur de sa longeur, par une fente longitudinale qui se convertit en un trou arrondi à la face interne. Cette fente qui se retrouve chez les Cachalots, les Globiceps , etc., est le vestige de la séparation de la première pièce sternale en deux moitiés symétriques. Dimensions Longueur 19 centimètres. Largeur 22 centimètres. Épaisseur 4 centimètres 1/2. Observations. — Nous n'avons pas à démontrer ici que ce sternum n'appartient pas à un Sirénien. Chez ces animaux le sternum diffère radicalement par la présence d'un appendice supérieur médian, aigu et allongé, qui rappelle assez bien celui du Balœnoptera rostrata. D'ailleurs il n'est pas un seul Sirénien dont les dimensions approchent de celles de notre fossile. Mais parmi les vrais cétacés, de quel groupe peut-on le rapprocher? Il faut d'abord éliminer les cétacés pourvus d'une pièce sternale unique. Chez toutes les Baleines (Balœna, Balœnoptera, Megaptera ,) et probablement chez les Baleines fossiles (Plesiocetus) qui ne diffèrent pas beaucoup du Balœnoptera rostrata, le sternum est une pièce uni- Tome XXVIII. 25 (374 ) que, rhomboïdale, en forme de cœur ou de trèfle. Or, notre pièce pro- vient d'un sternum composé au moins de deux os , puisque son bord inférieur présente une large surface articulaire. Chez les Inia, le sternum est représenté comme unique, mais il offre des caractères très-remarquables. Sa surface extérieure porte des saillies apophysaires qu'on n'a signalées que dans ce seul genre et qui manquent sur notre pièce. Parmi les cétacés à pièces sternales multiples, 'deux groupes bien tranchés , au point de vue de la structure du sternum , peuvent être établis; et ces groupes correspondent à des divisions zoologiques naturelles. Le premier groupe comprend les Dauphins (Globicephalus, Mono- don, Orca, Pseudorca, Grampns, Phocœna, Delphinus, etc). Leur première pièce sternale porte au-dessous de la surface articulaire desti- née à l'insertion de la première côte, et sur le bord latéral, un appendice plus ou moins développé , en forme de corne et qui fait défaut sur notre pièce. Cet appendice est constant, Le deuxième groupe comprend les Cétacés hétérodontes (Catodon, Hyperodon, Ziphius,) et les Platanistes qui sont très-voisins des Cachalots. Le sternum du cachalot d'après Flower (I) se composerait de deux pièces : une pièce supérieure fort large , subtriangulaire , dilatée supé- rieurement, rétrécie inférieurement, à bords latéraux obliques, dépourvus d'appendices, à surface extérieure lisse et percée à sa partie moyenne d'un large trou. Cette pièce supérieure est composée de deux moitiés symétriques, mais il est probable que chez les adultes la soudure des pièces latérales s'opère progressivement et que le trou central diminue peu à peu. La forme est sensiblement la même que sur notre fossile. Chez Y Hyperodon, la première pièce sternale diffère de celle du Ca- chalot par son bord Inférieur relativement plus large. Le trou n'existe qu'au centre du bord inférieur et il est complété par les deux moitiés latérales de la deuxième pièce sternale. Chez le Ziphius, même forme, mais la première pièce est divisée comme chez le Cachalot, et il en est de même de la deuxième. Les appendices latéraux du sternum manquent aussi bien chez les Hyperodon et les Ziphius que chez les Calodon. (1) On the Osteology of thé Cachalot (Trans. Zoological Soc. , vol. VI, part. 0, pl. GO, fig. 3. J8GK.I. (375) Le sternum des Platanista ressemble beaucoup à notre fossile; la première pièce a la même forme , quoique un peu plus élargie inférieu- rement , mais on ne voit pas de trou ou de fente à la face externe. Son bord supérieur est légèrement échancré ; ses bords latéraux sont obli- ques , sans appendices. En résumé , notre fossile n'a d'analogie qu'avec le sternum du Cacha- lot, de l'Hyperodon et du Plataniste ; et c'est avec ce dernier cétacé que ses rapports nous semblent les plus intimes. Si l'on se rappelle maintenant que les couches marines, ou il a été dé- couvert, ne renferment, en fait de cétacés, que des Dauphins du groupe des Dslphinorhynchus de taille médiocre , et des Squalodon , dont quel- ques individus atteignaient une taille énorme (I), on est porté à attribuer cette pièce au Squalodon. Le Squalodon a d'ailleurs un certain nombre d'affinités avec les Platanistes par sa mâchoire longuement symphysée , et ses dents de deux types bien différents. Il est donc probable que le sternum de Léognan est une pièce ster- nale de Squalodon; nouvelle preuve des rapports du Squalodon avec les vrais cétacés. Pianche XXIII , Figure 2. A. B. Vertèbre lombaire. Collection de M. Tournouër. Cette vertèbre est une lombaire. En effet , il n'existe pas de surface articulaire sur le corps, ainsi qu'on le voit sur les premières dorsales de cétacés ; le pédicule des apophyses transverses est très-mince ; les lames de l'apophyse épineuse portent un tubercule antérieur ; le canal vertébral est très-élevé et étroit ; enfin , la face inférieure du corps de la vertèbre manque de surfaces articulaires destinées à l'insertion d'un os en V, et porte une crête longitudinale médiane. Elle doit, par conséquent, être rapportée à une des trois ou quatre premières lombaires. Ses caractères les plus remarquables sont : l'éloignement des apo- (1) M. Delfortrie a donné le dessin d'un maxillaire inférieur de Squalodon Grate- loupi qui mesure 0,75 centimètres, quoique incomplet. ( Description d'une mâchoire inférieure de Squalodon Grateloupi , Actes de la Soc. Linn. de Bordeaux ,vol. XXVII.) Cette longueur est égale à celle de la moitié du maxillaire inférieur du Balœnoplera roslrala. ( 376 ) physes transverses de la base de l'apophyse épineuse , et par conséquent leur rapprochement du segment inférieur, l'élongation du corps de la vertèbre ; la saillie des tubercules antérieurs de la base de l'apophyse épineuse , et la direction postérieure et oblique de celle-ci au-dessus du canal vertébral ; la grande étroitesse et la hauteur de ce canal. Les surfaces articulaires antérieure et postérieure du corps sont pla- nes , sans rugosités , par conséquent elles indiquent un animal adulte à épiphyses soudées. Leur forme est une sorte de pentagone* à angles très- jémoussés. Dimensions. Longueur du corps de la vertèbre. . 85 millimètres. Largeur 75 — Hauteur 65 — Hauteur du trou vertébral 35 — Plus grande largeur \\ — Observations. — Cette vertèbre n'appartient pas à un Sirénien ( Hali- therium) ; elle en diffère par son trou vertébral très-étroit, ses lames de l'apophyse épineuse très-élevées et rapprochées ; son apophyse épi- neuse haute, étroite et très-oblique ; son corps allongé. Elle ressemble beaucoup aux lombaires de Globicephalus, quoique relativement plus courte. Elle indique, par sa taille, un animal inter- médiaire entre les Globicephalus d'une part, les Grampus et les Tursiops d'autre part. Planche XXIV, Figure 3. Fragment de côte. Collection de M. Brochon. Quoique cette pièce soit incomplète , elle montre une double articu- lation avec le corps et l'apophyse transverse des vertèbres dorsales qui lui correspondaient. Elle a pu appartenir à une des côtes comprises entre la troisième et la septième. Elle est large, épaisse, aplatie en avant et en arrière; elle porte une gouttière sur la face antérieure et la face postérieure. Son bord supé- rieur, à partir de la cavité qui s'articulait avec l'apophyse transverse de la vertèbre correspondante, est épaissi et rugueux sur une longueur de 10 centimètres environ; à cette surface rugueuse fait suite une crête terminée par une saillie très-prononcée; la tète de la cote destinée à s'articuler avec le corps de la vertèbre antérieure est assez étroite. ( 377 ) La courbure de cette côte est prononcée; son tissu spongieux, à aréoles petites, n'a aucun rapport avec le tissu très-compacte des côtes de Siréniens. Dimensions. Longueur 300 millimètres. Largeur 40 — Épaisseur 16 — Observations. — La texture de cette côte et ses dimensions ne la rapprochent que de certains Dauphins. Elle est un peu moins grande que les côtes correspondantes du Globicephalus ou du Mono don. Son aplatissement et sa texture spongieuse empêchent de la confondre avec une côte d'Halitherium. Planche XXIV, Figure 4. Vertèbre cervicale. Collection de M. Delfortrie. Cette vertèbre, dont les caractères anatomiques sont extrêmement re- marquables, a été trouvée également à Léognan. Sa forme, la largeur du canal vertébral, la minceur de lames de l'apophyse épineuse, la briè- veté de celle-ci, enfin la présence sur Je corps de la vertèbre d'une longue parapophyse, en font incontestablement une cervicale et très- probablement la sixième. Il est malheureux que le corps soit fracturé et que l'une des parapophyses nous manque. Le corps est à-peu-près arrondi en avant ; sa face postérieure est plus large que l'antérieure ; sa longueur ou épaisseur est relativement consi- dérable; elle atteint 25 millimètres, lorsque la largeur du corps ne dépasse pas 32 millimètres. Or, chez presque tous les vrais cétacés, le corps des cinq dernières cervicales, a une épaisseur ou longueur à peine appréciable , et se réduit souvent à une simple lame osseuse tan- tôt libre , tantôt soudée aux autres cervicales. Ici la longueur du corps vertébral révèle un cétacé dont le cou était développé, et dont les vertèbres libres pouvaient jouer les unes sur les autres, ce qui devait donner à l'animal une allure très-différente de celle de nos Dauphins actuels, dont la tête et le dos semblent tout d'une venue, par suite de la brièveté de la région cervicale. Le trou vertébral est très-large, cordiforme, assez élevé ; les lames de l'apophyse épineuse sont minces; l'épine est courte et semble un peu ( 378 ) inclinée en avant. Les deux; lames qui la forment en s'accolant ne sont pas complètement soudées sur la ligne médiane. Les apophyses articu- laires sont bien développées; l'antérieure qui était recouverte pas l'apo- physe de la vertèbre précédente, est horizontale et placée sur un plan un peu plus élevé que celui de la postérieure. L'apophyse transverse est fracturée, mais elle paraît large et inclinée obliquement de haut en bas et de dedans en dehors. Le segment inférieur du corps vertébral fournit une très-longue apo- physe dirigée obliquement de haut en bas et de dedans en dehors; cette partie constitue le processus inférieur de l'apophyse transverse ou la parapophyse, et entre ce processus inférieur et le processus supérieur, passe l'artère vertébrale ; mais ici le canal de l'artère vertébrale reste largement ouvert, ainsi qu'on le voit sur les cervicales correspondantes des vrais Cétacés. Chez les Siréniens le canal de l'artère vertébrale est fermé, ainsi que chez la plupart des mammifères. Dimensions. Épaisseur ou longueur du corps vertébral . . 25 millimètres. Hauteur du corps (face antérieure) 30 — Largeur du corps (face antérieure). ...... 32 — Hauteur du canal vertébral 24 — * Largeur du canal vertébral 38 — Longueur de la parapophyse 34 — Observations — Cette vertèbre a appartenu à un 'cétacé, dont toutes les cervicales étaient libres. Ces cétacés sont, à l'époque actuelle, peu nombreux, et se réduisent aux genres Balœnoptera , Platanista, Inia, Pontoporia, et peut-être Sténo. La petite taille de notre cervicale exclut l'idée d'un rapprochement avec les Balénoptères fossiles ou Plesiocetus. D'ailleurs, chez ces aui- maux , les dernières cervicales sont d'une extrême minceur et la forme quadrangulaire de leur corps est caractéristique. Chez les Platanistes, le corps des cervicales est déjà assez long ; le cou paraît distinct et bien développé. Si l'on examine la série des vertèbres cervicales du Plataniste, on trouve que la sixième présente une très- longue parapophyse ayant la même direction que celle de notre pièce. La forme du corps vertébral est semblable; le trou vertébral est cependant moins élevé chez le Plataniste, et l'apophyse épineuse est plus courte, mais les deux lames qui la composent ne sont pas soudées complètement ( 379 ) Les affinités sont donc tellement grandes qu'on ne peut douter que notre pièce n'ait appartenu à une sixième cervicale d'un cétacé très-voisin du Plataniste. La septième cervicale du Plataniste manque de parapophyse ; celles- ci sont très-courtes sur la cinquième. Sur la quatrième elles tendeDt, en se rejoignant avec le processus supérieur, à fermer le canal de l'artère vertébrale, qui est clos sur la troisième. Chez l'Inia, mêmes affinités; mais les cervicales de l'Inia sont toutes assez minces. La sixième cervicale est celle dont les parapophyses sont les plus longues, quoiqu'elles n'atteignent pas les dimensions de celles des Platanistes. Le corps vertébral a la même forme que celui de notre pièce ; le canal vertébral est plus haut. La septième cervicale n'a pas de parapophyses ; le canal de l'artère vertébrale est fermé sur la troisième. Nous n'avons pas examiné la région cervicale du Pontoporia. Notre pièce tout en présentant quelques différences avec les pièces correspondantes du Platanista et de l'Inia , a donc appartenu à un ani- mal du même groupe zoologique, c'est-à-dire, à un cétacé vrai, dont le cou était long, dont les cervicales étaient libres et épaisses, et dont la mâchoire inférieure était longuement symphysée. Or, il n'existe dans le miocène du sud-ouest de la France que deux groupes de Dauphins à longue symphyse, les Squalodon d'une part et les prétendus Delphinorhynchus appelés primitivement : Delphinus da- tionum, Delphinus lophogenius, Delphinus macrogenius, etc. Notre pièce semble trop petite pour être attribuée à un Squalodon ou au Delphinus macrogenius, d'un autre côté elle paraît trop grande pour les autres Dauphins fossiles ,^qui d'ailleurs sont connus imparfaitement. Nous n'osons donc pas pousser plus loin une détermination hasardeuse. Mais quelle que soit l'hypothèse qu'on puisse faire, il est impossible de ne pas être frappé, des affinités que nous signalons, pour la deuxième fois, entre les Platanistes et les Cétacés fossiles de Léognan. Les rap- ports du sternum que nous attribuons au Squalodon, avec le sternum du Plataniste, nous avaient paru dignes d'intérêt, mais la conformation ana- logue des cervicales est encore plus saisissante. Les Dauphins miocènes se rapprochaient donc presque tous de quel- ques formes actuelles fort rares et peut-être en voie d'extinction , telles que les Platanista, Inia et Pontoporia, animaux qui vivent à l'em- bouchure des fleuves et qui les remontent à de grandes distances. ( 380 ) Planche XXIV Figure 5, A. B. C. Vertèbre dorsale, une de celles ayant dû figurer vers le milieu de la série. Collection de M. Delfortrie. A. Face antérieure Face articulaire du corps arrondie sur les côtés et à sa partie infé- rieure , légèrement aplatie à sa partie supérieure ; canal vertébral large, élevé et de forme presque ogivale; apophyse épineuse en lame tran- chante , portant à sa base deux appendices articulaires à saillie très- développée , à la partie interne desquelles se voient deux cavités ovalaires profondes , où venait s'appuyer la vertèbre qui précédait ; apophyses transverses courtes , droites , de largeur et d'épaisseur moyennes, prenant du développement à leurs extrémités articulaires; pédicules peu épais , prenant naissance à la partie supérieure du corps vertébral. B. Face postérieure. De ce côté , la surface articulaire du corps de la vertèbre est plus élargie que sur la face antérieure, arrondie sur les côtés et sensiblement aplatie au sommet comme à la base. L'apophyse épineuse , mince et tranchante , porte à sa base une cas- sure qui a fait disparaître les articulations postérieures, lesquelles, au- tant qu'on peut en juger, semblent avoir été fort exiguës. C. Profil. Corps vertébral étroit , allongé , sensiblement cintré à sa base, qui est lisse; arcs vertébraux larges, articulations antérieures très-dilatées; apophyse épineuse très-développée en hauteur, ainsi qu'en largeur à la base surtout , et fortement rejetée en arrière. Cette pièce accuse par l'état parfaitement lisse des faces articulaires, antérieure et postérieure du corps de la vertèbre qu'elle provient d'un sujet adulte. Dimensions. Longueur du corps de la vertèbre. . . 58 millimètres. Largeur 55 — Hauteur 32 — Hauteur du trou vertébral. 28 — Sa plus grande largeur 27 — (381 ) Le corps de cette vertèbre a une remarquable longueur pour une dor- sale ,' longueur qui concorderait avec celle de la vertèbre lombaire plus haut décrite. Cette dorsale qui paraît avoir appartenu à un animal plus petit, pourrait bien néanmoins provenir d'un Squalodon. Planche XXIV, Figure 6 A , B. Os en V. Collection de M. Delfortrie. A. Profil. Branches larges, à bords latéraux arqués, mais plus sensiblement à l'avant qu'à l'arrière , la fin de la courbe indiquant de chaque côté le point de soudure des branches, à partir duquel l'os se dilate alors en une large apophyse épineuse inférieure , qui fait saillie en dehors des branches, surtout du côté antérieur; cette apophyse a sa base très-faible- ment cintrée, amincie au milieu et renflée à ses deux extémités surtout en avant. , B. Face Surfaces articulaires larges et épaisses; les deux branches latérales, minces , creusées sensiblement , ce qui donne une forme ogivale ren- versée à l'ouverture très-développée du canal. L'apophyse inférieure, d'abord en lame tranchante faisant saillie, se termine par un renflement très-accentué. Dimensions. Hauteur ' . 76 millimètres Largeur à la base 58 — Largeur au sommet 47 — Plus grand écartement des lames. . . 29 — Cet os en V un peu plus petit que celui du Narwal , et de la taille de celui d'un Béluga , pourrait bien avoir appartenu à un Squalodon. ( 382 ) EXPLICATION DES PLANCHES. Figure e de grandeur naturelle. Planche 23. Nos 1 A. Première pièce slernale, face interne. — B. Id. face externe. — C. Id - vue de 5/4. 2 A. Vertèbre lombaire , face antérieure. — B. Id. vue de profil. Planche* 24 3 Fragment de côte. 4 A. Vertèbre cervicale, face antérieure. — B. Id. id. postérieure. — C. Id. vue de profil. 5 A. Vertèbre dorsale, face antérieure. — B. Id. Id. postérieure. — C. Id. vue de profil. 6 A. Os en V, vu de face. — B. Id. de profil. 5 Mars I»9*. (Bulletin of the Muséum of comparative zôôlogy at harv.ard collège, Cambridge , Mass. vol. \ \ . n° 1 , on the eard seals). Tome XXVIII. (3 e Seriit: T. VIII. — 4 e Livraison.) S6 ACTES DE LA SOC. LINN. DE BORDEAUX TOME XXVIII PL. 23 XXVIII PL. 24 (Bulletin of the Muséum of comparative zôôlogy at harv.ard collège , Cambridge , Mass. vol. 1 1 . n° \ , on the eard seals). Tome XXVIII. (3 e Seriet: T. VIII. — 4 e Livraison.) 26 ACTES DELA SOC.LINN. DE BORDEAUX TOME XXVIII PL. 24 5 A LES PHOQUES DU FALUN AQUITANIEN Par M. E. DELFORTRIE, Vice -Président. OTARIDÉS Nous donnons ici la description de deux dents qui proviennent de la molasse à ossements de Saint-Médard-en-Jalle , près Bordeaux ; elles y ont été recueillies par MM. Leclerc et Oudri, officiers au 31 e régiment d'infanterie de ligne , tous deux membres de la Société Linnéenne ; nous sommes heureux de pouvoir attacher leurs noms à cette décou- verte , qui a une véritable importance , puisque ce sont les seules de» 4 ' d'Otaries, aujourd'hui connues à l'état fossile , celle de YOtaria prisca Gervais, du Musée d'Avignon, et provenant de la molasse d'Uzès, la seule qui fût décrite , venant d'être rapportée par M. Van Beneden à un Squalodon (les Phoques de la mer Scaldisienne , Bulletin de l'Académie royale de Belgique, t. XXXII, 1871 \. L'analogie frappante qu'offrent les deux dents que nous allons dé- crire , avec celles : 1° De YOtaria jubata, Péron, figurées par Blainville (Ostéographie des mammifères). 2° De YOtaria [Eumatopias) stelleri, Peters, et de YOtaria ursina, Péron (Callorhynus Gray), décrites et figurées par M. J. A. Allen (Bulletin of the Muséum of comparative zôôlogy at harvard collège , Cambridge , Mass. vol. \ \ . n° \ , on the eard seals). Tome XXVIII. (G e Serebt: T. VIII. — 4 e Livraison.) 26 ( 384 ) Cette analogie, disons-nous, nous permet d'attribuer sans hésitation à des Otaridés , les deux dents de Saint-Médard , en en faisant toute- fois deux espèces distinctes, en raison des caractères bien tranchés qu'elles présentent. OTARIA OUDRIANA Delfortrie Figure I. A. B. Dernière molaire supérieure gauche, tue sur ses faces interne et externe. Notre collection; grandeur naturelle. Figure LA. B. Couronne formée d'une pointe conique , obtuse , très-comprimée , lisse , dirigée en arrière , sans trace aucune de pointes supplémentai- res ; racine double ; geni dans presque toute sa longueur, puis se divi- sant ensuite en deux branches, l'une très-courte , droite; l'autre grêle, cylindrique, se dirigeant obliquement en arrière, suivant une ligne droite. Du côté interne (Fig. A), un sillon profond, plus large vers l'écafte- ment des racines que près de la couronne; coupe longitudinalemenl le corps radiculaire qui est bilobé à son point de contact avec la cou- ronne, celle-ci creusée légèrement en dedans. Du côté externe (Fig. B) . le corps radiculaire est égalemenl creusé longitudinalement d'un sillon très-élargi près de l'écartement des raci- nes, et fort étroit touchant la couronne qui est convexe et se courbe légèrement en dedans. Les caractères que nous venons de décrire étaient bien de nature non-seulement à nous faire rapporter cette dent à un phoque à oreilles . mais encore à lui assigner la place que nous lui avons donnée, en effel : 1° Dans les Otaries en général, les molaires comme les canines , par MM. Delfortrie, Benoist, Linder et Artigue , — et à Cestas au nombre de 170, en majeure partie excessivement menus), par M. Linder, au bord du ruisseau, derrière l'église; ce falun libre est du même niveau que celui de Pont-Pourquey, qui n'en est éloigné que de 7 kilomètres environ. Les fragments étiquetés B se subdivisent ainsi qu'il suit : Fragments du dessus ou face supérieure. B. N° I . a. — Fragments portant chacun un ou plusieurs tubercules scrobiculés (gros ou petits); chaque lot se compose de : Trois fragments , bosselés à l'intérieur par des ampoules que je nomme Iméniennes parce que , sous une forme simple et rudimen- taire , elles sont les analogues physiologiques de celles qui carac- térisent le genre Lovenia Gray. Réduites parfois à de simples bour- souflures plus ou moins accentuées , — dans leur état normal très- saillantes , arrondies , ombiliquées et creuses en dedans ( pour loger leur suçoir exsertile). Chaque ampoule ou boursouflure répond à un scrobicule de la face extérieure , lequel entoure son tubercule spi- nifère perforé. — Lorsque les tubercules sont fort petits , ils ne répondent point à une ampoule ou boursouflure bien caractérisée, laquelle s'y trouve souvent alors remplacée , à l'intérieur, par un faible enfoncement ponctiforme ; c'est comme un intermédiaire entre la présence et l'absence d'une véritable ampoule. Dans chaque lot , les trois fragments que je viens de signaler sont marqués, à l'encre , d'un seul gros point (•) ; Deux fragments de même nature que les précédents , peu pour- vus de tubercules bien accentués, mais munis chacun d'un large ( 392 ) bord d'apparence lisse , lequel appartient aux portions du test qui avoisinent le bord de l'échinide ou sa côte sternale ; Un autre fragment analogue à ceux-ci , mais qui n'a conservé qu'un bord lisse plus étroit. Dans chaque lot , ces trois fragments sont marqués , à l'encre , de deux gros points ( • •) ; Quatorze fragments enfin, sans aucune marque à l'encre, des mêmes régions que les six précédents , et qui ne sont bien souvent que de bien misérables frustules, pour l'étude, Au total , pour chaque lot , vingt fragments. == 200. N° 1 . b. — ( Lot unique , au Musée ) : Bases de tubercules scrobi- culés , de toutes tailles , et supports divers pour leur étude et celle des ampoules , au nombre d'à-peu-près 25. N° 1 . e. — ( Lot unique , au Musée) : Pièces apiciales du test, ou du moins avoisinant le sommet du Spatangue et l'origine de ses ambulacres. Leur forme singulière, ou leur épaisseur, leur inté- rieur non lisse , leurs pores , parmi lesquels les génitaux sont fort grands et les oculaires fort petits , rendent ce lot impossible à par- tager. = 27. N° 2. a. — Fragments des ambulacres pairs (pétaloïdes) et leur prolongation en séries {non pétaloïdes) de pores régulièrement espacés. Pour chaque lot, 5 fragments épais et i minces; et une plaque à-peu-près carrée , qui appartient à une région voisine des ambu- lacres pairs; plaque marquée d'un point (•), à l'encre. Il faut remarquer que , dans le lot du Musée, se trouve'une pièce absolument unique parmi les fragments trouvés jusqu'ici. C'est la base complète d'un ambulacre pétaloide , base dont l'extrémité exté- rieure (la plus éloignée du sommet organique de l'échinide) a disparu. Il y a donc , pour chaque lot , 10 fragments, — En tout 100. N° 2. b. — (Lot unique, au Musée) : Fragments de l'ambulacrc impair (antérieur, non pétaloide et toujours privé de gros tuber- cules). Ce lot se compose de onze pièces sans aucune marque à l'encre, parmi lesquelles il faut remarquer un bord complet de l'échinide , — un fond du canal ambulacraire , étroit et mince, — et une autre pièce enfin très-massive, qui me paraît être le fond du bord ( 393 ) inférieur du même canal , mais appartenant à un individu si vieux qu'on n'y voit plus de trace de ses pores ; Et secondement , de quatre fragments très-plats , marqués d'un point à l'encre (•) , composés chacun de 3 ou 4 plaques soudées et dont chacune est percée d'un petit pore ; elles doivent être analo- gues aux plaques marquées d'un point à l'encre dans le lot précé- dent, — Total , pour ce lot du Musée , 1 5. N° 2. c. — (Lot unique, au Musée) : Pièces ou fragments indéter- minés, épais ou minces, diversement ornementés, de formes très- variées , et dont plusieurs paraissent entiers. — Ne connaissant ni leur place précise, ni leur emploi spécial, — ne pouvant même affirmer qu'ils appartiennent tous à la face supérieure (bieD que cela me paraisse évident pour la plupart) , je crois devoir en faire un lot spécial et non partageable qui sera (si j'ose employer cette expression triviale) une sorte de capharnaùm que j'inscris entre les deux inventaires du dessus et du dessous, = 62. Fragments du dessous ou face inférieure. N° 3. — (Lot unique, au Musée) : Quatre pièces marquées à l'en- cre (••) , formées uniquement de plaques non anguleuses et sou- dées entre elles, lesquelles appartiennent aux « deux larges ave- nues lisses » qui constituent les « aires ambulacraires de la face inférieure » (Desor, Synops., p, 327), et vont par conséquent du sillon antérieur ou buccal aux approches de l'orifice anal. — La plus grande de ces quatre pièces est marquée à l'encre, en outre , sur sa face interne, d'un long trait courbe à l'encre ( ^ — -^) qui montre que la portion qui le porte n'appartient plus à la large avenue lisse. A ces 4 pièces sont joints vingt-sept fragments sans aucune mar- que à l'encre, presque tous dissemblables et qui, tous, me sem- blent appartenir à la face inférieure (régions diverses). Je les place donc dans ce lot impartageable, pour lequel ils constitueront un capharnaùm analogue à celui que je viens de former pour la face supérieure , = 31 . N° 4. — Tubercules du bord de l'échinide. Ils sont dépourvus de scrobicule , et les plus petits , souvent sériés en lignes très-fines et régulières, appartiennent à la région supérieure et la moins épaisse de ce bord. ( 394 ) Pour chaque lot , 13 fragments, sans marque ; de plus , un angle saillant, marqué (»), de l'épaisseur du bord. En tout ,140. B. N° 5. — Cinq fragments par lot du bord de l'échinide, = 50. B. N° 6. — Tubercules de la face inférieure , appartenant exclusivement aux quatre ambulacraires paires, car l'antérieure [impaire) se di- vise en deux , qui sont les avenues lisses de M. Desor, et renfer- ment entre elles deux le sternum ( ou, mieux, la région sternale), dont les tubercules très-variés sont plus petits que ceux des anam- bulacraires paires. Les tubercules et les scrobicules de la face inférieure sont de plus petite taille que les grands de la face supérieure, et ne présen- tent, à leur intérieur, ni ampoules lovéniennes, ni boursouflures. Ils sont les plus nombreux parmi les fragments de test que nous avons pu réunir, parce que leur conservation est rendue plus fré- quente par l'épaisseur du test aux environs du bord. Ces fragments sont souvent bordés par des portions en apparence lisses du test. Le pourtour des scrobicules de la face inférieure n'est pas com- plet , parce que leur tubercule n'est pas perpendiculairement cylin- drique , comme celui des scrobicules de la face supérieure : il est plus ou moins incliné, ce qui empêche le pourtour d'être régulier dans la hauteur de ses bords. Pour chaque lot , 30 fragments , et S de plus pour le lot du Musée, ce qui fait en tout 305. • En dehors du partage ci-dessus, M. Delfortrie a collé sur un carton de sa collection cinquante petits fragments ou très-pauvres frustules, que je n'ai pas voulu essayer de décoller pour les par- tager ; ces échantillons, dont aucun n'est remarquable, doivent simplement entrer dans le nombre total des fragments étudiés ,=50. C. — Dans mes matériaux préparatoires aux trois mémoires que j'ai publiés en 1835-1837 , je trouve sous la date initiale 29 décembre 1828, la description bien incomplète et sommaire de tout ce que nous connaissions alors de ce Spatangue, que je plaçai à la suite dudit genre comme species non satis nota, sous le nom de Spat. Hoffmanni , avec ces mots : « Cette superbe espèce ne m'est con- » nue que par deux ou trois fragments de la face inférieur»' du » test, trouvés dans le falun libre de Léognan, par MM. Jouannet » et E.Richard; RR. Les fossettes spinifères scrobicules] ressem- ( 395 ) » blent parfaitement à celles que M. Defrance assigne à la partie » supérieure de son Spatangus ocellatus ; mais il dit que celui-ci » a des tubercules assez gros » [sic, sans rien dire des fossettes ou scrobicules qui y existent , mais plus petites et d'une forme parti- culière) , « à la face inférieure, ce qui le rapproche du Spat. or- » natus » ( dont la face inférieure n'est en effet couverte que de simples tubercules sans fossette ou scrobicule). « L'espèce que je » mentionne ici a dû être beaucoup plus grande que le Spat. or- » natus ; son test a plus d'un millimètre d'épaisseur. » L'un de ces deux ou trois fragments (30 millimètres sur 25) me fut donné par M. Richard et, marqué à l'encre du n°5, constitue aujourd'hui l'unique échantillon-prmceps de nos faluns bordelais, puisque Jouannet et Richard sont morts, et leurs collections dis- persées ou anéanties. — Princeps, dis-je, mais sous les rapports de date et de localité seulement ; car, sous ceux de sa beauté , de sa conservation et de sod intégrité presque parfaite, ce titre devra toujours appartenir à l'échantillon ci-dessus mentionné (A) , dé- couvert par M. F. Artigue. — Le fragment marqué à l'encre du n° 5 a été vu dans mes tiroirs en septembre 1861, par M. Cotteau, qui l'enveloppa même de papier, pour l'étudier à Paris, avec les autres échinides que je le priais de déterminer; mais il oublia de l'emporter avec lui , et je pus le déterminer moi-même lorsque MM. Delfortrie , Benoist , Linder et Artigue m'eurent confié tous les fragments étudiés et l'individu presque entier que j'ai cité con- curremment avec les deux adultes et le jeune que M. Delfortrie a rapportés antérieurement de Taulignan, et le moule en plâtre (n° S 42 , sous le nom de Sp. Nicoleti) de la collection que m'a donnée M. Agassiz avant son départ pour l'Amérique. Cette détermination , de l'avis de tous , ne laisse plus place au doute. Je conserve dans ma collection personnelle l'échantillon marqué à l'encre C n° 5 , qui est, de fait, princeps pour Bordeaux, et dont je viens de parler. Il est sans aucune importance particulière , puisque nous en possédons maintenant un grand nombre de pareils et de plus beaux. J'attribue en même temps, en lui donnant ce même numéro C, et en le déposant au Musée de Bordeaux, mais sans le faire figurer au nombre des fragments de test que je viens d'inventorier, à un petit tube de verre, contenant une épine [courbe à sa base , mais dont l'extrémité spatuliforme est détruite) du ( 396 ) ocellatus, et un tronçon d'une pareille épine; c'est tout ce que j'en possède. Ces fragments viennent des faluns libres de Saucats ou de Léognan , et ne peuvent être attribues à une autre espèce , # puisque nous n'y possédons que celle-là ! Les épines des Spatangues, qui auraient bon besoin d'être étu- diées avec soin, sont courbes à la base, qui est trancbée oblique- ment en sifflet; sont vitreuses, plus ou moins transparentes, blanches , très-faibles et très-fragiles , fort élégamment côtelées et ornementées, tantôt très-courtes, tantôt excessivement longues, fistuleuses, cylindriques ou devenant comprimét 's-spatulif vrmes en approchant de leur extrémité. — Ces caractères généraux paraissent appartenir à tous les vrais Spatangoïdes , car je les connais dans sept espèces appartenant à cinq genres excellents de ce même groupe : Spatangus , Echinocardium , Brissopsis , Plagionotus et Lovenia : je ne possède pas d'autres épines d'espèces vivantes. D. — A Pont-Pourquey, un fragment exceptionnellement beau, trouvé par M. Artigue , et donné au Musée en le mentionnant à part , à cause de sa richesse en documents instructifs , puisqu'il montre : ' 1° le bord complet de l'échinide (dessus et dessous ) ; 2° la partie inférieure du sillon buccal représentant l'ambulacre impair, dont nous n'avons pas d'autre échantillon in situ , puisqu'il est brisé dans l'individu princeps de M. Artigue ; 3° trois rangs de scrobi- cules avec leurs gros tubercules sériés en ligne simplement brisée , ou rectilignes , de l'interambulacraire antérieure gauche ; 4° trois pores extérieurs et plusieurs internes, allant jusqu'au bord, du pétale antérieur de l'ambulacre antérieur pair du côté gauche ; 5° la face interne de l'aire interambulacraire antérieure gauche , montrant les trois séries de renflements ampulliformes qui répon- dent aux scrobicules, et indiquent ainsi une transition qui conduit aux ampoules en tuyaux contournés qui caractérisent à l'intérieur le genre Lovenia. — Cet échantillon , où la face inférieure se trouve mal représentée, est complété par un très-bon fragment avec bord) de cette face inférieure d'un autre individu. — Donc , 2. E. — A Léognan (Gironde), même étage qu'à Pont-Pourquey. Un fragment de près de 2 centimètres en tous sens, du bord complet (mais mal conservé et dont les cassures en forme de trous montrent que les boursouflures de l'intérieur sont creuses) d'une. des aires anambulacraires paires antérieures. Il mérite d'être mentionné à ( 397 ) part, à cause de ces trous instructifs, et aussi parce qu'il est le seul fragment vu à Léognan par M. Linder, ce qui concourt à faire juger que l'espèce y est plus rare qu'à Saucats. Donc, 'I . F. — Flacon contenant les pièces uniques parmi celles que nous pos- sédons , et appartenant à diverses régions , savoir : 1° {Sans marque). Pièce apiciale centrale du sommet organique del'échinide, montrant à l'intérieur le point d'attache du cornet ou empeigne de soulier auquel est suspendu le paquet viscéral tout entier ; 2° Pièce qui parait entière et dont j'ignore la nature, l'usage et la position. A l'opposite de sa marque à l'encre (2°), on voit comme une sorte d'étoile irrégulière , et des impressions de pores, fort compliquées par leurs combinaisons. Je ne connais , nulle part dans les échinides, une pièce analogue à celle-là ; 3° Pièce très-symétrique dans sa forme générale , marquée (3°), et montrant évidemment l'éminence centrale , symétrique , formée par la pointe du sternum ou plastron; 4° Grande pièce pointue d'un bout , presque carrée de l'autre , couverte de tubercules miliaires , et que je crois être une plaque (assule) entière, du côté du dos de l'ôchinide ; mais je n'ai pas les moyens d'en préciser la position; marquée (4°); 5° Fragments du bord' ( complet , dessus et dessous , et unique dans nos récoltes) de l'Amphiope ovalifora Ch. Des Moul., déter- miné par M. Benoist , qui affirme l'avoir trouvé à Pont-Pourquey, et l'a récolté entier dans le calcaire à Astéries de l'Entre-deux- Mers. Cette pièce est poreuse dans son épaisseur. 6° Pièce unique, appartenant au sternum, et montrant sur l'un de ses bords, marqué à l'encre (^ -v) , cinq ou six plaques non anguleuses de Yavenue lisse qui borne son côté latéral ; 7° Bord antérieur (entier) de la lèvre de l'orifice buccal, mar- qué (.7°) En tout, 7. Cr. — Portions du fasciole. Ce fasciole , qui est sous-anal, est le seul qui existe dans le genre Spatangus. Les portions conservées étant fort courtes , et parcourant des pièces fort différemment ornemen- tées , il n'y a pas pour chaque lot même une pièce , et il s'ensuit que ces dix pièces doivent former un lot, impartageable. = 10. Les quatre lots D , E , F , €r , étant uniques , sont déposés au Musée. Le nombre total des fragments inventoriés ci-dessus s'élève à 1,025* ( 398 ) Dans ce nombre , déjà considérable , je n'ai pu reconnaître aucun fragment de la lame buccale interne ; ce n'est, à vrai dire, nullement, surprenant , non pas seulement parce qu'elle est unique dans chaque individu de l'espèce, mais surtout parce que, détachée et brisée, elle ne fournit aucun caractère qui puisse la faire distinguer sûrement d'une frustule quelconque de n'importe quelle portion non extérieure d'un corps organisé testacé. Je vais , dans une note additionnelle, paria- quelle je termine ce mémoire, exposer le peu que je sais sur ce corps si peu connu. NOTE ADDITIONNELLE Il existe , dans les Spatangoïdes seulement, une pièce testacée interne que ce serait folie , je pense, de chercher hors des espèces vivantes , ailleurs que dans nos faluns libres du miocène supérieur; du moins je n'en ai jamais aperçu de traces dans les gangues solides , marneuses ou pierreuses que j'ai eu l'occasion de briser. Je parle ici de la pièce testacée dont j'ai fait connaître l'existence en 1835, à la page 53 du tirage à part de mon Premier mémoire sur les Echinides (Prodrome d'une nouvelle classification de ces animaux) , in Act. Soc. Linn. Bordeaux , t. VII, 4 e livraison, 15 août 1835 (à la page 219 des Actes. — Traitant des caractères naturels des genres, sous le rapport des parties solides seulement, je m'exprimais ainsi qu'il suit, au sujet du genre Spatangus Lam., que j'adoptais tel que cet auteur l'a circonscrit : « Système buccal interne dépourvu de toute partie solide , à l'excep- » tion d'une apophyse auriculaire bifide, de forme particulière, impaire, » fixée à l'angle droit de la bouche (l'échinide étant posée le dos en » dessus) , et qui sert de point d'attache à diverses parties molles. » (C'est ainsi que, chez les Oursins réguliers et pourvus de mâchoires , les auricules servent de points d'attache aux parties molles qui dépen- dent de la lanterne d'Aristote et d'autres organes internes). Mon observation passa, que je sache, entièrement iuaperçue jusqu'à la publication du Catalogue raisonné des Echinides, par MM. Agassiz et Desor, ouvrage qui commença à paraître dans les Annales des Scien- ces naturelles , en *l 847 (t. VI, 3 e série), et qui fut continué daus l<>s t. VII et VIII. — En parlant, comme je l'avais fait 22 ans auparavant, du seul genre Spatangus , ces illustres législateurs il<> l'échinologie ac- tuelle, dirent ces simples mots : « Une large lame plate, verticale, » ( 399 ) ( c'est horizontale qu'il aurait fallu dire ! ) « à la face interne du test , » sur le côté gauche de la bouche. » Depuis ce moment jusqu'en 1858 , époque de la publication du Sy- nopsis des Echinides fossiles, par M. Desor, je n'ai pas non plus ren- contré un seul mot imprimé à ce sujet. M. Desor parle en ces termes , dans une importante observation de la page M 9, et toujours exclusive- ment pour le genre Spatangus actuel , dès-lors scindé en plusieurs genres distincts et admis par tout le monde : « A ces caractères exté- » rieurs viennent s'en ajouter d'autres non moins importants au point » de vue organique, mais d'une application plus difficile pour l'étude » des fossiles. Ainsi , il existe à la face interne de l'aire interambula- » craire impaire un tube ou cône creux que nous n'avons remarqué » dans aucun autre genre. » (Cette pièce, que je connaissais mal, faute de matériaux suffisants , avait été désignée .et confondue par moi , quel- ques pages plus haut (p. 9 du même mémoire), dans les généralités de ce que j'appelais pièces apiciales additionnelles C : « Apophyse en » forme de lanterne ou d'empeigne de soulier, qui est sondée à l'inté- » rieur des pièces apiciales. Elle existe dans tous les genres , et sert à » accrocher supérieurement la masse viscérale » ). — M. Desor poursuit ainsi : « On remarque de* plus , à la face interne de test, sur le côté gau- » che de la bouche, une large lame verticale qui paraît également propre » à ce genre. » (Ayez très-soin de lire toujours horizontale, car cette lame, quels que soient les détails de sa forme, n'est jamais verticale!). Depuis lors encore , je ne connais plus rien d'imprimé à ce sujet, et je crois devoir suppléer au silence général de ceux dont je me trouve encore le contemporain très-attardé , en insérant ici la liste des espèces vivantes de Spatangoïdes dont je possède la lame buccale , soit à l'état d'intégrité, soit brisée ou endommagée, mais toujours in situ, car il me serait , autrement , fort difficile d'en reconnaître sûrement la trace. De 1835 à 1837, je ne la connaissais, dis-je, que chez : Spatangus purpureus Mùller. Je l'ai observée depuis lors chez : Spatangus meridionalis Risso , qui n'en est peut-être qu'une variété ; Schizaster canaliferus Lam. ; Brissus bicinctus Valenc. ; — columbaris Lam. ; — corinatus Lam. ; — (Je n'ai pu la voir sur Brissopsis lyrifera Forbes, pour ne pas abîmer des échantillons trop précieux , mais je ne doute pas de son existence , tant sont étroits les liens qui unissent ce genre aux Plagionotus d'une part, et aux Brissus de l'autre) ; — ( 400 ) Loxenia hystrix Desor; Plagionotus pectoralis Lam. ; Echinocardium cordatum Pennant ; — gibbosum Agass. Il est donc probable pour moi que cette pièce solide additionnelle existe chez tous les vrais Spatangoïdes voisins du genre Spatangus proprement dit, et même sur ceux qui s'en éloignent un peu, puisque je la trouve dans le genre Schizaster ; mais je n'ose m'aventurer plus loin dans des conjectures relatives aux genres du Synopsis, n'ayant rien vu, à ce sujet, qui avoisine les Micraster, par exemple, et autres genres dont les noms finissent en aster. En présence du peu de matériaux — la plupart incomplets — que je possède , ce ne serait pas même ici le lieu de m'occuper avec quelques détails de cet objet assurément fort curieux. Je me borne à affirmer son existence et à appeler sur lui l'attention des observateurs placés plus fa- vorablement que moi pour arriver à des descriptions complètes ; mais je dois ne pas m'abstenir de signaler l'usage de cette curieuse lame nous sommes en effet mieux renseignés à son égard qu'on ne l'est relativement aux fascioles, qu'on a pourtant cru pouvoir employer hardiment à la délimitation des genres , bien que personne ne lâche ce que c'est en réa- lité qu'un fasciole, sous le rapport de son importance et de son rôle dans la vie échinologique. Ici , au contraire , voici ce que nous savons : Lorsqu'en 1837 je publiai mes Tableaux synonymiques , nous igno- rions encore que le Spatangus purpureus existât à l'état vivant sur nos côtes arcachonaises ; mais, au commencement de 1838, j'en reçus de feu Bouchard-Chantereaux , de Boulogne , un individu complet , si propre encore à l'étude, quoique mort, que je pus y recueillir quelques détails d'organisation : il avait trois pouces et demi de long, et avait conserva de l'humidité et de l'odeur dans ses parties molles. Je le sciai horizontalement avec précaution au-dessus de l'orifice anal, et j'écrivis de suite, au fur et à mesure de mes recherches (23 février 1838), mes observations sur la distribution des viscères, sur la direction et la forme du tube intestinal. J'extrais de cette description ce que j'y trouve de re- latif à la lame buccale interne, que je nommais alors apophyse auricu- laire , en considération de sa position, qui ressemble à celle d'une des vraies auricules [terme consacre pour les points de suspension de la lan- terne d'Aristote, et sans aucun rapport réel avec ces pièces, puisqu'il n'y a point d'appareil masticateur chez les Spatangoïdes ; c'est pourquoi j'ai changé plus tard cette appellation impropre en celle de lame buccale, qui vaut mieux , parce qu'elle est plus vague et ne compromet rien. ( 401 ) » Abstraction faite des bords des orifices anal et buccal du test, il y a » quatre principaux points d'attache pour les viscères, savoir : 1° le » sommet apicial interne , auquel est suspendu le paquet viscéral ; » ( au moyen de la pièce soudée que je comparais à un cornet ou à une em- peigne de soulier) ; « 2° la lame buccale, soudée par sa base au côté » droit de la bouche (l'animal étant posé à plat sur sa face inférieure, » le sommet en haut , » ou bien au coté gauche , si l'animal est posé sur le dos et le sommet en bas). «C'est à cette lame buccale que l'appareil » viscéral est attaché par en bas. » (C'est-à-dire que l'animal étant placé le sommet en haut, ce qui est sa position naturelle, le paquet viscéral repose sur le plat de la lame buccale qui, je le répète, est horizontale, parallèle à la face inférieure du test. Si , au contraire, on pose l'animal sur le dos, c'est-à-dire le sommet en bas, le paquet viscéral ne peut, faute de place , être suspendu ; mais il est nécessairement soudé à cette même face plate de la lame buccale); « 3° un point au-dessus de » l'anus; 4° un point à droite ou en avant de la bouche » (où l'in- testin se replie sur lui-même pour devenir le rectum) « La vaste » poche buccale paraît incomplètement et horizontalement coupée en » deux par une membrane forte et coriace qui fait l'office de lèvre in- » terne (postérieure) , et qui s'insère à l'angle de la bouche et se pro- » longe jusqu'au bout de la lame buccale , le long de laquelle elle est » tendue et fixée...., » C'est à cette poche buccale que commence l'œso- phage , qui passe « par dessus la lame buccale , » en s'appuyant sur elle, puis prend encore des attaches à l'extrémité de cette lame buccale (en passant cette fois sous elle) , puis continue à cheminer, sous forme d'intestin, d'avant en arrière. — La lame buccale est également reliée par son extrémité au sommet apicial interne, par une espèce de cordage tendu à travers la cavité du test , et dont l'une des branches se rend à ce sommet, tandis que l'autre va s'attacher au point mentionné ci-des- sus sous le n° 3° (à un point situé au-dessus de l'anus). Une membrane verticale , en forme de voile latine , relie l'une à l'antre ces deux bran- ches du cordage en question. J'ai dit plus haut que la lame buccale est bifide. « Dans le Spatangus » purpureus elle est énorme et proportionnellement la plus large que je » connaisse ; aussi n'est-elle pas une des plus longues. Sa branche in- » terne est pliée en gouttière très-large , obtuse et presque rudimentaire: » elle n'a pas plus de 2 lignes de long sur une largeur à-peu-près égale. » La grande branche , plate , obtuse , semi-ovale , inégalement crénelée » sur ses bords, mesure 6 lignes de long sur 4 de large, à partir de la » bifurcation de ses deux branches. » ( 402 ) Très-pauvre anatomiste comme je le suis , je dois craindre de n'avoir été ni clair, ni scientifiquement méthodique dans les extraits que je viens de donner de ma description du 23 février 1838, et c'est ce qui m'a toujours empêché de la publier, malgré que j'y aie mis tous mes' soins et toute mon application. Nous avons la belle anatomie du genre Echinus, par Valentin; mais qu'y a-t-il de commun entre elle et l'ana- tomie d'un Spatangoïde "? Je ne connais aucun travail analogue pour ce dernier groupe , et je ne sache pas qu'il en existe. Je reviens à la lame buccale du Spatangus purpureus; je viens de la décrire sommairement, et je n'ai plus rien à en dire. Je n'ai pas à par- ler de celle du Sp. meridionalis Risso : pour ne pas sacrifier inutile- ment un individu entier, je ne me trouve qu'une base, presque en forme de soucoupe , d'une lame buccale de celui-ci , et elle ne me paraît pas différer notablement, ce qui ne m'étonne pas, de celle du purpureus. Mais ce qui , au premier aspect , ne lui ressemble guère , c'est celle du Plagionotus pectoralis ; je l'ai qualifiée d'énorme, dans une note juxta-paginale de mes Tableaux synonymiques { p. 38 1 du tirage à part'. J'y ai émis la pensée que Seba a probablement vu cette lame buccale ; car il parle de ligaments (fulcimenta) qui soutiennent intérieurement le test de son Echinanthus maximus; il croyait qu'il existait plus d'un de ces supports , et que les autres étaient brisés (p. 32). Cette obser- vation, que j'avais voulue dessein faire remarquer, a encore passé inaperçue. — Dans l'individu de l'île du Prince, au Sénégal, que mon ami Rang m'envoya en \ 830 ,qui m' arriva tout brisé et ne doit pas avoir dépassé la longueur totale de 'H à \ 2 centimètres , la grande lame , un peu épaisse, légèrement spatulée au bout et en forme d'épée [romaine ; de 22 millimètres de long sur 3 de plus grande largeur, à partir du ro- buste empâtement des deux branches, est relevée de quelques faibles nervures qui ont dû servir aux points d'attache des membranes. La branche courte de la bifurcation est une forte et large épine aplatie, se rétrécissant en pointe mousse, de 2 à 3 millimètres de longueur. Dans l' Echinocardium cordatum de nos côtes océaniques de France , la forme de la lame est encore différente des précédentes, et difficile à définir sans le secours de figures. Elle semble rappeler en gros, mais avec modifications et complications notables, la forme fondamentale des poils dits en navette et qui, fixés par leur milieu et divisés en deux ra- mifications opposées par leurs bases, se font si forl remarquer dans plusieurs plantes , et spécialement dans la famille des Malpighiacées. — La branche principale est linéaire, obtuse à son extrémité ; elle est plier longitudinalement <>u gouttière; elle est longue de 10 millimètres ( 403 ) environ sur \ millimètre de large. La branche latérale est placée d'une façon singulière. Mince et presque vitrée , elle s'élève de la base interne de l'appareil presque verticalement , et se courbe en l'orme de voile triangulaire en passant par dessus la base de la gouttière dont elle tra- verse et dépasse la largeur. C'est l'origine de cette fausse apparence de poil de Malpighiacée que je viens de signaler, car la branche latérale semble ainsi avoir deux parties : l'une d'elles passe , comme un pont , au-dessus de la gouttière dont elle continue la direction , sous forme d'une épine très-aiguë , au-delà du point d'insertion de la lame en gout- tière; et l'autre suit, comme un ourlet, le bord interne de la gouttière à-peu-près jusqu'à la moitié de sa longueur. Il résulte de là que Y en- semble de l'appareil semble représenter une lame obtuse en arrière , aiguë en avant, fixée par sa base vers le milieu de sa longueur, dont les deux extrémités se relèvent presque également vers le vaste espace qu'occupent les viscères dans la cavité du test. Ainsi qu'il était naturel de s'y attendre au sujet de deux espèces con- génères, si voisines et pourtant si distinctes, et que j'ai commis la lourde faute de considérer, dans mes Tableaux synonymiques , comme deux pures variétés (« siibovaUs et p angularis) d'une même espèce lamarckicnne {Spatangus arcuarius) , l'appareil buccal de YEchinocar- dium gibbosum Agass. est construit sur le même plan que celui de YE. cordatum, mais avec quelques modifications. Plus petit, plus mince et plus fragile encore que le cordatum , celui-ci a sa lame principale plus robuste et plus courte, plus large et plus spatuliforme , plus apla- tie, plus régulièrement triangulaire, et plus près de la direction verticale. Je n'ai pas réussi à retrouver son passage, en forme de pont presque complet , par dessus le travers de la lame principale ; mais tout cela est si mince, si substranslucide et fragile , que je n'ose même pas compter sur la rigoureuse exactitude de ce qu'il me semble voir. J'en sais moins encore en ce qui concerne les Brissus, bien plus solides pourtant et plus gros ; mais je n'ose sacrifier les deux espèces , sans échantillon double, que je possède. Je ne puis donc que constater l'existence de l'appareil buccal chez le B. carinatus, grande espèce où- un petit moignon brisé accuse la présence d'une lame brisée par un couteau ou par un crochet. Je vois un peu moins mal la lame assez courte et robuste du Brissus bicinctus Valenc. Elle me paraît en forme de fer de pique longitudina- lement courbé plutôt que plié en fond de canot. Mais je n'aperçois pas la bifurcation latérale de cette lame. Tome XXVIII. 28 ( 404 ) Sur le Schizaster canalifcms , il ne me resto, — et ceci est bien dis- tinct , — qu'un moignon subcylindrique , robuste , de % millimètres de long et montrant la base brisée d'un épanouissement quelconque en gouttière ou en lame (?) Enfin, dans le Lovenia hystrix de la mer Rouge (échantillon rapporté et donné par Rang, en 1837, et que j'ai reçu tout brisé) , — genre qui constitue une merveille inattendue , dans un groupe d'animaux ou chacune des espèces présente une vraie réunion de merveilles ; — je possède aussi , in situ , la lame buccale , mince et transparente , réduite ici aux deux tiers ( atteignant encore ensemble une longueur de 2 milli- mètres sur 1 millimètre de large ) d'une sorte de nacelle ovale , attachée à sa base par un point très-restreint et situé au tiers antérieur de la di- mension totale. Je ne vois absolument rien de plus ; mais je ne saurais m'étonner de cet appauvrissement d'éléments dans un genre où , forcé- ment , les points d'attache et de suspension sont si rares et si faibles. Il ne faut pas oublier en effet que , dans ce genre , il reste aussi peu de place vide que dans les Qypéastroïdes à supports très-compliqués, car presque toute la cavité de l'échinide est remplie par ces singuliers tubes calcaires contournés qui servent d'étuis et d'abris aux tuyaux rétractiles des suçoirs. Ces tuyaux sont en forme de boutons arrondis à l'intérieur du dos de l'échinide; tandis qu'ils sont debout, en forme d'anses de panier repliées, serrées les unes contre les autres, à l'intérieur &m plan- cher de l'échinide où chacun d'eux répond à un des suçoirs et tuber- cules si diversifiés dont cette face inférieure est ornée. A ce propos je dois dire que j'ai depuis longtemps reconnu dans les renflements en forme d'ampoules qui se voient, sous le test du dos des Echinocardium, une sorte de passage gradué entre les Echinides à in- térieur lisse, et ceux dont l'intérieur est garni d'ampoules [Lovetiia ). Un degré intermédiaire de plus m'a été montré par les ampoules si re- marquables ( mais qui ne sont pas encore creusées en tuyaux , qui or- nent , à l'intérieur, les divers compartiments du dos du Spatangus ocel- latus de nos faluns. Qu'il me soit permis , en terminant cette notice , de solliciter et de recommander encore, pour son facile emploi dans les diagnoses géné- riques et spécifiques , la dénomination simple et significative de laquelle je m'y suis servi : Lame buccale ( lamina buccalis ). 7 Août 1872. CRUSTACÉS PODOPHTHALMAIRES ET GIRRHIPÈDES DU DÉPARTEMENT DE LA GIRONDE ET DES CÔTES DU SUD -OUEST DE LA FRANCE Par le D r Paul FISCHER , correspondant. CRUSTACÉS PODOPHTHALMAIRES AVANT - PROPOS Les Crustacés du sud-ouest de la France sont encore imparfaitement connus, et l'on n'a guère recueilli, jusqu'à présent, que les Podoph- thalmaires, que leur grande taille permet de distinguer facilement. Nous pouvons citer cependant plusieurs catalogues locaux qui offrent pour nous une grande importance (I) ; le plus récent et le plus complet est celui de M. Lafont , qui a réuni une série de Crustacés du Bassin d'Ar- cachon. Les espèces de Noirmoutiers avaient été communiquées à Latreille et à Desmarest par Impost et d'Orbigny père , qui ont trouvé plusieurs formes nouvelles. M. Milne Edwards , dans son Histoire na- (1) H. Burcuet, Mémoire pour servir à la faune de la Gironde. Crustacés (Actes delà Société Linnéenne de Bordeaux, t. XV, p. 270). — Lafont, Note pour servir à la faune de la Gironde (Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, t. XXVI). — Lafont, % e Note (\oc. cit., t. XXVIII). — F. Piet, Recherches sur l'île de Noirmou- tiers, 2e édition. 1863. — Beltrémieux, Faune de la Charente-Inférieure . 1864' et Supplément. 186S. ( 406 ) turelle des Crustacés (1) , a décrit également quelques espèces de cette provenance. J'ai trouvé des matériaux pour ce catalogue dans les Musées de Paris, de La Rochelle, de Bordeaux, d'Arcaclion et de Bayonne. Des dra- guages opérés sur plusieurs points du Golfe de Gascogne, particulière- ment en dedans et en dehors du Bassin d'Arcaclion et dans la fosse du Cap Breton , ont augmenté nos richesses carçinologiques. En attendant que des recherches plus prolongées me permettent de dresser le cata- logue des Amphipodes et des Isopodes, j'ai cru pouvoir, dès à présent, donner la liste des Podophthalmaires. Je saisis cette occasion pour re- mercier mes amis, MM. Souverbie, de Folin et Lafont, de leur bien- veillant concours, sans lequel il m'eût été impossible d'arriver à un bon résultat. CHAPITRE I. Ordo podophthalmia. Subordo EUBRANCHIAÏA. Tribus BRACHYUKA. STENO RHYNCHUS Lamarck. 1. Stcnoryncltus phalangiiun Pennant , Zool. Brit. , vol. IV, pi. 9, fig. 17 {Cancer). — Edwards, Hist. nat. Crust., t. I, p. 279 {Stenorhynchus). — Bell , British Stalk-eyed Crust. , p. 2. — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 25. Hab. Toutes les côtes du sud-ouest de la France, depuis l'île de Noirmoutiers jusqu'à Hendaye. Très-commun dans les baies, sur les Zostères. (1) Milne-Edwards, Histoire naturelle des Crustacés. 1834. — Les catalogues des Crustacés des côtes de France se réduisent aux deux publications suivantes : Bot- chard-Ciuntereaux, Catalogue des Crustacés observés jusqu'à ce jour, à l'étal vivant, dans le Boulonnais. 1833. — De Brébisso.n, Catalogue méthodique des Crustacés recueillis dans le département du Calvados. (Mém. de la Société Linnéeune du Calvados. I82S). ( 407 ) 2. S. longirostriâ Fabricius, Entom. syst., Suppl., p. 35$ [Inachus). — Edwards, Hist. nat. Crust., t. I , p. 280 [Stenorhynchus). — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 23, pi. 1, fig. 1-2. Stenorhynchus tennirostris Bell, Brit. Stalk-eyed Crust., p. 6 (?). Hab. Noirmoutiers (Vendée) , La Rochelle ( Charente -Inférieure), Arcachon (Gironde) , Cap Breton (Landes) , par 50 brasses. Obs. Espèce assez rare sur les côtes océaniques de France ; elle a été trouvée par Bouchard-Chantereaux sur le rivage de Boulogne. Elle devient beaucoup plus grande que la précédente ; son rostre est très- long , et les deux pointes qui le composent sont accolées jusqu'à leur extrémité. INACHUS Fabricius. 3. Inaehus scorpîo Fabricius, Entom. syst., t. II, p. 426 {Cancer). — Edwards, Hist. nat. crust., t. I, p. 228 [Inachus). — Heller ) Die Crust. des Sudl. Eur., p. 31. Inachus Dorsettensis Pennant , Zool. Brit., t. IV, pi. 10, fig. 1 {Cancer.) — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 13. Hab. Ile de Noirmoutiers (Vendée), La Rochelle (Charente-Inférieure), embouchure du Bassin d'Arcachon (Gironde) , Cap Breton (Landes) , par 50 brasses. Obs. M. Beltrémieux signale la présence de Ylnachus thoracicus Roux , sur les côtes de la Charente-Inférieure. Je n'ai pas encore vu cette espèce méditerranéenne. PISA Leach. , 4. Pisa Gibbsi Leach, Trans. Linn Soc, t. XI, p. 327. — Edwards, Hist. nat. Crust., t. 1 , p. 307. —Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 27. — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 41. Hab. Noirmoutiers (Vendée), La Rochelle (Charente-Inférieure), Ar- cachon (Gironde) , de 2 à 6 brasses. Obs. Outre cette espèce , qui atteint une très-grande taille sur nos ri- vages , on trouvera probablement le Pisa tetraodon Pennant [Cancer) , indiqué à La Rochelle , par M. Beltrémieux , et qui vit sur les côtes d'Angleterre et dans la Méditerranée. M. de Brébisson l'a recueilli sur les côtes du Calvados. M AI A Lamarck. 5. Mfîiia squinatlo Herbst, Versuch, etc. , pi. 56 [Cancer). — Ed- wards, Hist. nat. Crust., t. I, p. 327 (Maia). -— Bell, British ( 408 ) Stalk-eyed Crust., p. 39. — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 49. IIab. Toutes les côtes du Sud-Ouest. — C. EURYNOME Leach. 6. Etarymome aspera Pennant, Brit. Zool. , t. IV, p. 13„ pi. 10, fig. 3 {Cancer).' — Edwards, Hist. nat. Crust., t. I, p. 354 , pi. 15, fig. 18 (Eurynome). — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 46. — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 54. Hab. Noirmoutiers (Vendée), La Rochelle (Charente-Inférieure), Bas- sin d'Arcachon (Gironde), Guéthary (Basses-Pyrénées), Cap Breton ( Landes), par 28 brasses. Parmi les autres Crustacés de la famille des Oxyrhyncha qu'on trouvera probablement sur nos côtes, je citerai : Acheus Cranchii Leach, signalé à Saint-Malo (Edwards) ; Hyas aranea Linné , à Boulogne (Bouchard) , Noirmoutiers ( Piet ) ; Hyas coarctata Leach , sur les côtes océaniques de France ( Edwards). CANCER Linné. 7. Cancer pàgurus Linné , Syst. nat., éd. XII, p. 1044, — Ed- wards, Hist. nat. des Crust., t. I, p. 413 ( Platycarcinus). — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 59 [Qancçr). — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 62. Hab. Toutes les côtes du Sud-Ouest. — C. PIRIMELA Leach. 8. Pirintiela cienticsilata Montagu, Trans. Linn. Soc. , t. IX, p. 87/, pi. 2, fig. 2 [Cancer). — Edwards, Hist. nat. Crust., t. I, p. &%b{Pirimela). — Bell , British Stalk-eyed Crust., p. 72. — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 64. Hab. Côtes de la Vendée, Bassin d'Arcachon (Gironde), Biarritz Basses-Pyrénées) R. — Vit dans la Manche (Edwards) et à Boulogne (Bouchard-Chantereaux). — M. Lafont l'a trouvé dans lNîstomac dos Raies et des Squales. XANTHO Leach. 9. Xantlio floridus Montagu, Trans. Linn. Soc, t. IX, p. 85, pi. 2, fig. 1 [Cancer). — Edwards, Hist. nat. Crust. , 1. I, p. 394 [Xantho). — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 51. -r Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 67. ( 409 ) Hab. Ilot de Cordouan, le Verdon, Bassin d'Arcachon (Gironde]. Obs. Espèce assez rare sur les côtes du sud-ouest de la France. 10. X. rivulosus Risso, Hist. nat. de l'Eur. mérid. , t. V, p. 9. — Edwards, Hist. nat. Crust., t. I, p. 394.— Bell, British Stalk- eyed Crust., p. 54. — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 66. Hab. Bassin d'Arcachon (Gironde) , Biarritz (Basses-Pyrénées) , Cap Breton (Landes). C. PILUMiXUS Leach. 11. Pilumnui hirtellus Linné, Syst. nat., éd. XII, p. 1045 {Can- cer). — Edwards, Hist. nat. Crust., 1. 1, p. 417 {PUumnus). — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 68. — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur. p. 72. Hab. Ile de Noirmoutiers (Vendée), La Rochelle, Royan (Charente- Inférieure), Pointe-de-Grave, le Verdon, Arcachon (Gironde), Biar- ritz (Basses-Pyrénées), Cap Breton (Landes). — Vit de 2 à 30 brasses. EBIPHIA Latreille. 12. Eriphia, spinifrons Herbst , Versuch, etc., pi. 11, fig. 65 [Cancer). — Edwards, Hist. nat. Crust., 1. 1, p. 426. — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 75. Hab. Arcachon (Gironde), Royan (Charente-Inférieure). Obs. Il semble que cette espèce méditerranéenne ne dépasse pas la Manche au Nord. Elle est commune sur les côtes du Pas-de-Calais (Bouchard-Chantereaux) et du Calvados (Brébisson). CARCINUS Leach. 13. Carciuus niœnas Pennant, Brit. zool., t. IV, p. 3, pi. 3, fig, 5 (Cancer). — Edwards, Hist. nat. Crust., 1. 1, p. 434 (Carcinus). r- Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 76. —Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 91. Hab. Toutes nos côtes. CC. Edule. — Littoral. PLATYONYCHUS Latreille. 14. Platyonycltus latipcs Pennant, Brit. zool., t. IV, pi. 1, fig. 4 [Cancer). — Edwards, Hist. nat. Crust., 1. 1, p. 436 [Platyony- chus). — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 93. Portumnus variegatus Leach, Edinb. Encycl., t. VII, p, 391. — > Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 85. ( 410 ) Bas. La Rochelle (Charente-Inférieure), Arcachon (Gironde , Cap Breton (Landes), Hendaye (Basses-Pyrénées), embouchure de l'Adour. — Vit dans le sable. POLYBIUS Leach. 15. PoîySjiBis Meisslowi Leach, Malac. Brit., pi. 9. — Edwards, Hist. nat. Crust., t. I, p. 439. — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 116. Hab. La Rochelle (Charente-Inférieure), Bassin d'Arcachon (Gi- ronde), Cap Breton (Landes 1 , Biarritz (Basses-Pyrénées), etc. C. Obs. Dans le Bassin d'Arcachon , ce Crustacé vit au niveau du balan- cement des marées ; mais on le prend au large par de grandes profon- deurs (30-40 brasses \ et parfois en quantités considérables. Espèce boréale qui, jusqu'à présent, manque dans la Méditerranée. PORTUNUS Fabricius. 16. Portïsa&ïBS puber Linné, Syst. nat., éd. XII, p. 1046 [Cancer). — Edwards, Hist. nat. Crust., t. I, p. 444 [Portunus). — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 90. — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 82. Hab. Toutes les côtes du sud-ouest de la France. C. Obs. Quoique commune , cette espèce n'est pas recherchée par les pêcheurs de nos côtes. Elle est édule en Normandie. 17. P. depurator Linné, Syst. nat., éd. XII, p. 1043 Cancer'. — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 83 [Portunus), — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 101. Portunus plie atus Risso , Crust. de Nice, p. 29. — Edwards, Hist. nat. Crust., t. I, p. 442. Hab. La Rochelle (Charente-Inférieure) , Arcachon (Gironde' , Biar- ritz I Basses-Pyrénées \ — De 2 à 6 brasses. 18. P. Iiolsattis Fabricius, Eutom. syst., Suppl., p. 366. — Edwards Hist. nat. Crust., 1. 1, p, 443.— Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 109. — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 85, Hab. Bassin d'Arcachon (Gironde), Cap Breton (Landes). R. 19. P. marmoreus Leach, Malac. Brit., pi. 8. — Edwards, Hist. nal. Crust., 1. 1, p. 442. — Bell, British Stalk-eyed Crusi.. y. 105. — Heller. Die Crust des Sudl. Europ.. p. 85. ( 411 ) Hab. Noirmoutiers .Vendée), Arcachon (Gironde), Cap Breton [Landes), Golfe de Gascogne, à de grandes profondeurs ( de 45 à 10,0 brasses). 20. Portunus aretiattis Leach, Malac. Brit , pi. 7, fig. 5-6. — Bell, British Stalk-eyed Crust, p. 97. — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 88. Portunus Rondeleti Bisso , Crust. de Nice, pi. 1, fig. 3. — Ed- wards, Hist. nat. Crust., t. I, p. 444. Hab. La Hochelle (Charente-Inférieure), Arcachon (Gironde); de 2 à 1 brasses. Obs. 1 . Espèce commune dans la Manche , sur les côtes du Pas-de- Calais (Bouchard-Chantereaux) et du Calvados (Brébisson). Obs. 2. Outre ces espèces de Portunus , on trouvera probablement, sur nos rivages, le Portunus corrugatus Pennant, indiqué à La Ro- chelle par M. Beltrémieux. GONOPLAX Leach. 21. t-onoplax rhomboïdes Fabricius , Entom. syst., p. 404 {Can- cer). — Edwards , Hist. nat. Crust., t. II, p. 62 [Gonoplax). — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 104. p. Gonoplax angulata Fabricius, Ent. syst., Suppl., p. 341 [Can- cer). — Edwards, Hist. nat. Crust, t. II, p. 611 [Gonoplax). — Bell, Brit. Stalk-eyed Crust., p. 130. — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 103. Hab. En dehors du Bassin d'Arcachon , de 15 à 50 brasses. Obs. Le type de cette espèce est méditerranéen. Sur les côtes d'An- gleterre , il est remplacé par le Gonoplax angulata Fabricius , dont le céphalothorax porte deux épines à son angle externe. Mais cette der- nière forme n'est peut-être qu'une variété. Nous n'avons jamais trouvé que le type; néanmoins, M. Beltrémieux cite à La Bocbelle les deux formes. PACHYGBAPSUS Stimpson. 22. PacIaygrapsMs marmoratus Fabricius, Mantissa, t. I, p. 319 [Cancer). — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 111 [Pachygrapsus). Grapsus varias Latreille, Hist. nat. Crust., t. VI, p. 67. — Ed- wards, Hist. nat. Crust. t. II, p. 88. Hab. Noirmoutiers (Vendée), La Hochelle, Royan ( Charentc-Infé- ( m ) rieure), Cordouan, Arcachon (Gironde), Biarritz, Saint- Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées). CC. — Littoral. Obs. Belle espèce , très-abondante dans les rochers et les pierres au niveau des marées. Elle manque sur les côtes d'Angleterre. PINNOTHERES Latreille. 23. Pinnotliercs pisum Linné, Syst. nat. éd. X, p. 628 [Cancer). — Edwards, Hist. nat. Crust. , t. II, p. 31 [Pinnotheres). — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 121. — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 117. Hab. Toutes nos côtes , dans les Mytilus , Cardium, Tapes, etc. Obs. Il nous a été impossible , jusqu'à présent , de trouver le Pinno- theres veterum Bosc, qui vit dans les Pinna. Nos spécimens de Pinna en sont dépourvus. EBALIA Leach. 24, Ebalia franchi Leach, Zool. miscell. III, p. 20. — Edwards , Hist, nat. Crust., t. II, p. 129. — Bell, British Stalk-eyed Crust,, p. 148. — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 127. Var. /3. Ebalia chiragra Fischer , Les Fonds de la Mer, t. II , p. 45. (1872). Hab. Toutes les côtes du Sud-Ouest , de 20 à 250 brasses. C. Obs. J'ai donné le nom d'E. chiragra aux échantillons du Golfe de Gascogne , qui diffèrent des figures de YE. Cranchi. La carapace est un peu plus longue que large , atténuée en avant, dilatée latéralement, bifide en arrière, finement tuberculeuse, à tuber- cules aplatis et ronds. La région cardiaque porte deux renflements assez rapprochés, latéraux, et un renflement intermédiaire. Un gros tuber- cule surmonte la région intestinale ; les régions branchiales sont ren- flées. Le bord latéro-antérieur de la carapace est entier. Bras de la première paire de pattes étroits , très-allongés , portant de gros tubercules à leur surface ; avant-bras courts et tordus ; mains très- larges , renflées à leurs deux extrémités ; le renflement le plus prononcé se voit au niveau de l'insertion de l'index ; bords opposés des pinces denticulés. Couleur rosée, sur laquelle les tubercules se détachent par leur colo- ration d'un rouge vif. Longueur de la carapace , Il millimètres; largeur, 10 millimètres. Notre variété diffère du type Je YE. Cranchi par son rostre plus allongé ( 413 ) et ses mains plus renflées. La différence entre les mâles et les femelles est très-peu sensible. Dans le voyage d'exploration du Porcupinc , cette espèce a été dra- guée par 690 brasses. ATELECYCLUS Leàch. 25. Atclecyclus cruentatus Desmarest, Considér. sur lesCrust., p. 89.— Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 142.— Heller, Die Crust. desSudl. Eur., p. 132. Hab. Noirmoutiers (Vendée), La Rochelle Charente-Inférieure), Arca- chon (Gironde). THIA Leach. 26. Tlûa polita Leach, Zool, miscell. , pi. 103. — Edwards, Hist., nat. Crust., t. 2, p. 144. — Bell., British Stalk-eyed Crust., p. 365. — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 134. Trouvé, par M. Lafont, dans l'estomac des Squales {Miistellus) , pé- chés en dehors du Bassin d'Arcachon. CORYSTES Latreille. 27. CWystcs dcntatus Fabricius, Entom. syst., SuppL, p. 398 (Albunea). — Edwards, Hist. nat. Crust., t. II , p. 1 48 [Corystes). — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 136. Cancer Cassivelaunus Pennant, Brit. zool., t. IV, pi. 13, fig. t3. — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 159 (Corystes). Hab. Noirmoutiers (Vendée), La Rochelle (Charente-Inférieure), Arca- chon (Gironde), Cap Breton (Landes), par 28 brasses. Tribus ANOMURA. DROMIA Fabricius. 28. Dromia vulgaris Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 173. — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 369. — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 145. Hab. La Rochelle (Charente-Inférieure), Arcachon (Gironde), dans les parcs aux huîtres. Obs. Cette espèce , assez rare sur nos côtes , paraît plus commune sur tout le littoral de la Manche. Sa présence sur les côtes d'Angleterre est assez exceptionnelle. ( 414 ) HOMOLA Leach. 29. Homola spinifrong Lamarck, Hist. nat. anim. sans vert., éd. I, t. V, p. 245 [Doripe). — Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 183, pi. 22, fig. 2-4 [Homola). — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ. p, 149. Hab. La Rochelle (Charente-Inférieure). Obs. Les seuls exemplaires de cette espèce méditerranéenne, recueil- lis sur nos côtes, sont conservés au Musée Fleuriau, de La Rochelle. Ils ont été pris au large par des pêcheurs. PAGURUS Fabricius. 30. Pagurus BcniltarcUas Linné* Syst. nat., éd. XII, p. 1 049 {Cancer). — Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 21 5 (Pagu- riis). — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 171. — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 160 (Eupagurus). Hab. Toutes nos côtes; dragué au large dans les coquilles de Bucci- num undatum Linné, C. — Vit de 20 à 45 brasses de profondeur. 31. P. Prideauxi Leach, Malac. Brit., pi 26, fig. 5-6. — Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 216. —Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 173. — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 161 [Eupagurus). Hab. Avec l'espèce précédente. Un peu moins commun. 32. P. llyndmanni Thompson, Report on theFaunaoflreland. (Brit. assoc. 1843, p. 267). — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 182. Hab. Cap Breton (Landes) ; dragué par 28 brasses. 33. P. lîcvis Thompson , Report on the Fauna of Ireland ( British as- soc, 1843, p. 267). — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 184. . Hab. Dragué au large, sur plusieurs points du golfe de Gascogne, dans les coquilles de petits Mollusques gastéropodes ( Turritella , tfatica , etc.), par 30 à 50 brasses. 34. P. Caancnsis Thomson, Report on the Fauna of Ireland ( Brit. assoc, 1843 , p. 267). — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 178. Il vr. Noirmoutiers (Vendée', Arcachon (Gironde 1 *, Cap Breton (Landes^. Obs. Ce Pagure vit sur toutes les côtes de l'Ouest de la France. J'en ai vu des exemplaires provenant de Brest (Finistère). ( 415 ) 35. P. meticulosus Roux, Crust. de la Médit., pi. 42. — Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 217. — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 167 [Eupagurus\ Hab. Cap Breton (Laudes). Dragué par 30 brasses. 36. p. Lafoiiti Fischer. Hab. Bassin d'Arcachon (Gironde). — M. Lafont. Obs. Cette nouvelle espèce de Pagurus appartient au groupe du P. Dillwyni S. Bâte. Voici ses caractères : Carapace lisse; bord antérieur portant en avant trois petites pointes; une médiane obsolète et une de chaque côté, en dehors des pédoncules oculaires. Pédoncules oculaires lisses, pourvus à leur base d'une épine triangulaire, un peu moins longs que la base des antennes internes et des antennes externes. Antennes externes ne dépassant pas la moitié de la longueur de la première patte gauche. Pattes de la première paire très-inégales ; celle du côté gauche beau- coup plus longue et plus forte que la droite , très-finement granuleuse , à bords lisses, non dentés. Avant-bras gauche subcylindrique, plus long que le bord interne de la main; main subcylindrique, peu dilatée; bras assez long, portant quelques poils épars. Patte droite très-courte, delà longueur des antennes externes , et , par conséquent , de moitié plus petite que la patte gauche ; main et doigt portant des poils blonds et assez gros. Dernier article des deuxième et troisième paires de pattes portant une rangée de poils. Couleur jaunâtre très-clair, avec quelques taches rosées. Longueur totale : 25 millimètres. Cette espèce diffère du P. Dillwyni par ses bras et avant-bras gauches de la première paire dépourvus d'épines à leurs extrémités antérieures; par ses antennes externes plus courtes , à base plus longue que les pé- doncules oculaires , et munie d'une épine qui manque chez le P. Dill- wyni. 37. P. misantliropug Risso, Hist. nat. de l'Eur. mérid., t. 5, p. 44. — Roux , Crust. de la Médit., pi. 4 4, fig. 4 . — Edwards , Hist. nat. Crust., t. II, p. 228. — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 477, pi. 5, fig. 46-48 [Clibanarius). Pagurus oculatus Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 226 (non Pagurus oculatus Fabricius). Hab. Bassin d'Arcachon (Gironde), Biarritz (Basses-Pyrénées), Noirmoutiers (Vendée). — Littoral. ( 416 ) Obs. Cette espèce est la plus répandue sur nos rivages. Elle est très- bien représentée dans la figure citée de Roux. Les types du Muséum de Paris, qui ont servi à la description du Pagurus oculatus Milne Edwards, se rapportent à l'espèce de Risso. PORCELLANA Lamarck. 38. Porccllaiia platycheles Pennant, Zool. Prit., t. IV, pi. 6, fig. '12 [Cancer.) — Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 255 [Porcellana). — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 490. — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 185. Hab. Noirmoutiers (Vendée ), La Rochelle ( Charente-Inférieure), Cor- douan, Arcachon ( Gironde), dans les rochers et les pierres, à peu de profondeur. 39. p. longicornis Pennant, Zool. Brit., t. IV, pi. 1 , fig. 3 ( Can- cer). — Edwards, Hist. nat. Crust. , t. 2, p. 257 {Porcellana). — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 193. — Heller , Die Crust. desSudh Eur., p. 186. p. Porcellana bicuspidata Fischer, Les Fonds de la mer, t. H , p. 46, (1872). Hab. La Rochelle (Charente-Inférieure) , Arcachon (Gironde), dans les pierres et les coquilles draguées par quelques brasses de profon- deur. Var. /3. Arcachon (Gironde) , Cap Breton (Landes) ; dragué par 28 brasses. Obs. La variété /3 , que je considérais comme une espèce distincte , ne peut être maintenue sous ce titre. Elle est caractérisée par ses avant- bras portant à leur bord interne deux fortes épines. Mais, en examinant un grand nombre de P. longicornis, il est facile de constater que ce ca- ractère s'y montre accidentellement et que, sur quelques individus, le bord interne de l'avant-bras droit peut être lisse et celui de l'avant-bras gauche pourvu d'une ou plusieurs dents. Le Porccllena priocheles Kinahan. (Dublin, Nat. soc, p. 31 , 1857), a été institué peut-êtro pour la même variété. Tribus MACROUKA. GALATHEA Fabricius. 40. Galatltea atrigosa Linné, Syst. nat., cd. XII, p. 1053 { Can- cer )..— Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 273 ( Galathea). — (417 ) Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 200.— Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 189. Hab. Noirmoutiers (Vendée), La Rochelle (Charente-Inférieure), Ar- cachon (Gironde), Cap Breton (Landes), par 28 brasses. 41. G. sf|uainifera Leach, M»alac. Brit., pi. 28. — Edwards, IL , nat. Crust., t. II, p. 275. — Bell , British Stalk-eyed Crust., p. 197. — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 190. Hab. Noirmoutiers (Vendée), Arcachon j Gironde), Cap Breton (Lan- des) , tout le Golfe de Gascogne, dans les draguages opérés à une grande profondeur. Obs. Nos exemplaires sont tous très-jeunes. Avec eux se trouvent quelques débris d'un genre voisin qui sera plus tard obtenu en bon état : le Munida rugosa Fabricius ( Galathea). SCYLLARUS Fabricius. 42. Scyllarus arctus Linné, Syst. nat., éd. XII, p. 1053 {Cancer). — Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 282 {Scyllarus). — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 195. — S. Bâte, List of the British mar. Invert. Fauna. 1861. Hab. Noirmoutiers (Vendée), La Rochelle (Charente-Inférieure). Obs. On rencontre quelquefois cette espèce sur les côtes de Bretagne. PALINURUS Fabricius. 43. Paliiiurus vulgaris Latreille , Ann. du Mus., t. III, p. 391. — Edwards, Ris. nat. Crust., t. II, p. 292. — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 213. — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 199. Hab. Toutes nos côtes , mais plus abondant sur les rochers. CALLIANASSA Leach. 44. Calliaiiassa subterranea Montagu , Trans. Linn. Soc, t. IX, p. 89, pi. 3, fig. 1-2 {Cancer). — Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 309 {Callianassa). — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 217. — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 202. Hab. Bassin d'Arcachon (Gironde). R. GEBIA Leach. 45. Gebia littoralis Bisso, Crust. de Nice, p. 76, pi. 2, fig 2 {Thalassina). — Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 313 [Ge- bia). — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 205. ( 418 ) Had. Bassin d'Arcachon (Gironde), Hendaye (Basses-Pyrénées). Obs. La plaque moyenne de l'extrémité de la queue est presque qua- drangulaire et porte quelques poils d'une extrême ténuité , à peine vi- sibles. Chez le Gebia deltura Leach, ces poils sont plus visibles, et l'on aperçoit en outre deux sillons longitudinaux. Le Gebia deltura a été trouvé à Boulogne (Pas-de-Calais) , par Bou- chard-Chantereaux. ASTACUS Fabricius. 46. Astacus fluviatilis Fabricius, Entom. syst./Suppl., p. 406. — Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 330.— Bell, British Stalk- eyed Crust. , p. 237. — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur. , p. 21 4. Hab. Les eaux douces du sud-ouest de la France. Peu abondant. HOMARUS M. Edwards. 47. Hoaiiarus vulgaris Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 334. — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 242.— Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 219. Hab. Toutes nos côtes. NEPHROPS Leach. 48. NepHrops Norwegicus Linné, Syst. nat., éd. XII, p. 1058 {Cancer). — Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 336 (Nephrops). — Bell , British Stalk-eyed crust., p. 251 . — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 220. Hab. Plusieurs exemplaires ont été rapportés du large par les pê- cheurs d'Arcachon. Obs. Cette belle espèce paraît localisée. Découverte sur les côtes de Scandinavie, puis sur celles de la Grande-Bretagne, elle été retrouvée plus tard dans l'Adriatique et la Méditerranée. Entre ces localités ex- trêmes, nous ne connaissons, sur les côtes de France, que le Golfe de Gascogne où elle ait été signalée. CRANGON Fabricius. 40. Crangoii vulgaris Fabricius, Entom. syst., Suppl., p. 410. — — Edwards, Hist. nat. Crust., p. II, p. 341. — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 256. — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 226. Hab. Toutes nos côtes. C. ( 419 ) Obs. Il est remarquable que ce Crustacé, si commun sur nos rivages, ne soit utilisé comme aliment que sur quelques points du littoral. Les pêcheurs de la Gironde ne le mangent point. Il est très-abondant dans la Baie de l'Aiguillon où, en une demi- heure, M. de Quatrefages en a vu pêcher plus de 100 kilogrammes, vendus à raison de 0,03 centimes le kilogramme. On l'appelle Bouc. ( Quatrefages , Souv. d'un Natur., t. II, p. 373, 1854). 50. c. ffasciatMg Risso , Crust: de Nice, pi. 3, fig. 5, p. 82. — Ed- wards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 342. — Bell, British Stalk- eyed Crust., p. 259. — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 228. Hab. Bassin d'Arcachon (Gironde). Obs. Je n'ai vu que deux exemplaires de cette espèce, recueillis par M. A. Lafont. 51. C trispiaaosus Hailstone, Ami. and mag. of nat. hist., t. VIII, p. 261, fig. 25. — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 265. Hab. Cap Breton (Landes). Dragué par 28 brasses. 52- C. spinosiiB Leach, Trans. Linn. Soc, t. XI, p. 346. — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 261. — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 229, pi. 7, fig. 16. Hab. Cap Breton (Landes). Dragué par 45 brasses (M. deFolin). NIKA Risso. 53. Wil&a edulis Risso, Crust. de Nice. p. 85, pi. 3, fig. 3. —Ed- wards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 364. — Bell, British Stalk- eyed Crust., p. 275. — Heller, Die Crust. des Sudl. Europ., p. 232. Hab. Bassin d'Arcachon (Gironde). Dragué par 4-6 brasses. 54. HT. platyiira Fischer, Les Fonds de la Mer, t. II, p. 46. 1872. Hab. Cap Breton (Landes) ; par 28 brasses. Obs. Espèce nouvelle dont voici les caractères : Carapace lisse ; bord antérieur de la carapace portant trois pointes presque égales en longueur ; une pointe médiane aiguë et une au-dessus de chaque échancrure oculaire. Écailles des antennes externes aiguës au sommet et triangulairement allongées. Bras didactyles de la deuxième paire grêles, relativement plus courts que chez le N. edulis* Abdomen assez grêle et arrondi. Tome XXVIII. 9 ( 420 ) Plaque moyenne de la queue courte, non canaliculée , arrondie, à peine atténuée à son extrémité, et portant deux petites épines à droite et deux à gauche sur sa face supérieure. Plaques latérales de la queue arrondies et courtes. Longueur : 20 millimètres. Ce Crustacé diffère des Nika edidis et N. Couchi, par la plaque moyenne de sa queue courte , à peine atténuée en arrière , non canali- culée , et par la brièveté de l'épine médiane du bord antérieur de la carapace. CARIDINA M. Edwards. 55. Caritlina Dcsmaresti Millet, Ann. des se. nat. , 1 re série, t. 25, p. 460, pi. X, B, 1832 (Hippolyte ).— Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 376. — Joly, Ann. des Se. nat. , 2 me série, t. 19, p. 34, pi. 3, 4, 1843 [Caridina). — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 237. Hab. Etang de la Négresse, lac d'Yrieu (Basses-Pyrénées); canal de dégorgement de l'Adour, près Saint-Sever (Landes). Obs. Cette belle espèce de Salicoque d'eau douce a été découverte, par M. Millet, dans les eaux de la Mayenne, de la Sarthe, du Thouet, du Layon, etc. En 1832 , L. Dufour la trouva près de Saint-Sever et la si- gnala comme un Crustacé voisin du genre Pandalus (Ann. soc. entom. de France, t. III, p. 477). Eu 1843, M. Joly la mentionna dans le canal du Midi et put en étudier le développement. Récemment, enfin, MM. de Folin et de Nansouty l'ont recueillie en abondance dans le lac d'Yrieu et l'étang de la Négresse. Parmi les localités où elle a été indiquée en dehors de la France, je signalerai la Corse, la Sicile et la Dalmatie. PALiEMON Fabricius, 56. Palœmon serratus Pennant, Zool. Biït., t. IV, p. 19, pi. 16, fig. 28 (Astacus).— Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 389 (Palœmon).— Bell , British Stalk-eyed Crust., p. 302.— Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 263. Hab. Toutes nos côtes. Obs. Cette espèce est portée sur les marchés mélangée aux suivantes : P. squilla, P. rectirostris; mais elle est plus rare. ( m ) 57. Palœmon Edwards! Heller, Die Crust. desSudl. Eur., p. 265. Palœmon locusta Latreille, Hist. des Crust. et des Ins., t. VI, p. 265. — Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 392. Palœmon longirostris Edwards, Hist. uat. Crust., t. II, p. 392. Hab. Embouchure de la Gironde; Noirmoutiers (Vendée). Obs. C'est par suite d'une erreur typographique que cette espèce est nommée Palœmon longirostris par M. Milne Edwards qui avait déjà catalogué un Palœmon longirostris de l'embouchure du Gange. L'espèce de la Gironde est indiquée sous le nom de Palœmon longipes dans la collection du Muséum. Espèce abondante à l'embouchure la Gironde, et qui remonte jus- qu'à Bordeaux où on la pêche. Elle est appelée Crevette blanche , Esquille ou Esquirre à Bordeaux. Rondelet en parle déjà en 1558 et lui donne le nom vulgaire que je viens de citer, Squille à Bordeaux, et Santé en Saintonge. « On en » prend, dit-il, quantité en la coste de Saintonge, principalement en » hiver. » {Hist. ent. des Poissons, p. 399). M. Edwards lui assigne les caractères suivants : « Cette espèce res- semble beaucoup au Palémon squille ( Palœmon rectirostris ) , mais s'en distingue facilement par ses pattes beaucoup plus grêles et plus longues; celles de la dernière paire lorsqu'elles sont reployées ( éten- dues ) en avant , dépassent de beaucoup l'extrémité de l'appendice la- melleux des antennes externes. La forme de la main est également dif- férente ». J'ajouterai que le rostre est large, peu arqué; il porte à son bord su- périeur de 8-10 dents, et, à son bord inférieur, 4 dents. L'extrémité dépasse légèrement les appendices lamelleux des antennes externes. La main est très-longue , plus ou moins renflée à sa base. Couleur pâle. 58. P. squilla Linné, Syst. nat., éd. XII, p. 1051 ( Cancer ).— Bell , British Stalk-eyed Crust., p. 305. ( Palœmon ). — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 267. Palœmon antennarius Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 391. Hab. Toutes les côtes du Sud-Ouest, avec le Palœmon serratus Édule. 59. p. rectirostris Zaddach , Synop. Crust. Pruss. , Prodr. , p. 1.— Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 26. ( 422 ) Palœmon squilla Edwards, Hist. nat. Crust., t. 2, p. 390 ( non Linné ). Palœmon Leachi Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 307. Hab. Toutes nos côtes. C. Obs. Cette espèce est la plus commune dans le Bassin d'Arcachon , et par conséquent celle qu'on mange en plus grande quantité. Sur quelques exemplaires nous n'avons trouvé qu'une dent au bord inférieur du rostre. GO. W. imitellis Fischer. Hab. Bassin d'Arcachon , péché avec les autres Palœmon dans les Zostera ( 1 à 2 brasses ). Obs. Le corps de cette nouvelle espèce est grêle et comprimé. Rostre étroit, un peu recourbé, portant 9 dents à son bord supérieur, dont une en arrière et une autre au niveau de l'échancrure oculaire. Les denticulations qui avoisinent l'extrémité du rostre sont très-petites. Le bord inférieur du rostre est entièrement lisse , à l'exception d'un rudi- ment de denticulation près du sommet. Antennes externes un peu plus courtes que la longueur du corps. Ecailles des antennes externes obli- quement tronquées au sommet. Longueur totale : 40 millimètres. Ce Palémon est voisin du P. rectirostris ; il en diffère par son rostre lisse en dessous, relativement étroit, et dépassant à peine le pédoncule des antennes externes. VIRBIUS Stimpson. 61. 'Wirlsiang viridis Otto, Nov. act. Acad. Leop. Car., t. XIV, pi. 20, fig. 4 (Alpheus). — Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 372, et Règne anim. de Cuvier, Crust., pi. 53, fig. 3 ( Hip- polyte ). — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 286 (Virbius). Hab. Côtes de la Vendée et de la Charente-Inférieure ; Arcachon (Gi- ronde), commun à basse mer dans les Zostera; de 'I à 3 brasses. 62. V. variait» Leach, Malac. Brit. , pi. 38, fig. 6- 16 [Hippolyte). — Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 371.— Bell, British Stalk- eyed Crust. p. 286. — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 288 ( Virbius ). Hab. Côtes de la Vendée ot de la Charente-Inférieure. ( 423 ) HIPPOLYTE Leach. 63. Hippolytc Crasaclai Leach, Malacol. Brit., pi. 38, fig. 17-21. —Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 376. — Bell, Brit. Stalk- eyed Crust., p. 288.— Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 283. Hippôlyte crassicornis Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 375. Hab. Bassin d'Arcachon, dans les parcs aux huîtres. C. Obs. L'Hippolyte crassicornis trouvé à Saint-Malo par M. Edwards ne diffère pas du type de Leach. Bouchard-Chantereaux a signalé depuis longtemps YH. Cranchi parmi les Crustacés du Boulonnais. ATHANAS Leach. 64. Athanns nlfesccms Leach, Encycl. Edinb. , t. VII, p. 401 [Palœmon). — Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 366 (Atha- nas).— Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 281.— Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 281. Hab. La Bochelle ( Charente-Inférieure), Arcachon (Gironde), Cap Breton (Landes). Obs. Espèce qu'on trouve presque toujours dans les éponges dra- guées par 2-4 brasses; vit aussi daus les parcs à huîtres d'Arcachon. • ALPHEUS Fabricius. 65. Alplieus ruber M. Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 351, et Règne anim. de Cuvier, Crust., pi. 53, fig. 1. — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 271. — Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 274. Hab. Bassin d'Arcachon (Gironde) , de 2 à 4 brasses. PENjEUS Fabricius. 6. Penseur ©rfoigHftyaiBMS Latreille, Nouv. Dict. d'hist. nat., t. XXV, p. 154. — Desmarets, Consid. sur les Crust., p. 225. — Edwards, Hist. nat. clés Crust., t. II, p. 415. ■ Hab. Noirmoutiers ( Vendée ). Obs. Espèce mal connue. Ses caractères principaux seraient : un ros- tre très-long portant 8 dents à son bord supérieur et deux seulement au bord inférieur. Carène dorsale non divisée par un sillon dans son épais- seur. ( 424 ) 67. P. siflïlionoccrMS Philippi, Archivfûr naturg. 1840, p. 190, pi. 4, fig. 2.— Heller, Die Crust. des Sudl. Eur., p. 295, pi. 10, fig. 12. Penœus membranaceus Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 417. (non Risso). Solenocera Phiïijjpii Lucas, Ann. de la Soc. eut., 2 e sér., t. VIII, p. 223, pi. 7, fig. 2. 1850. Hab. Rapporté par les pêcheurs de l'Océau , d'en dehors du Bassin d'Arcachon (Gironde). Obs. Espèce rare dans la Méditerranée et qui diffère du P. membra- naceus par son rostre très-court dépassant à peine les yeux, et par la structure particulière de ses antennes internes. IPHITHOE Bâte. 68. IphitSaoe trispiuosa Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 329 (Cuma). — S. Bâte, Ann. and mag. of nat. hist., 1856, p. 459, pi. 14, fig. 5 (Halia). — S. Bâte, List of marine Crustacea ( Dredging Committee ) , 1 861 ( Iphithoë). Hab. Cap Breton (Landes) , de 30 à 40 brasses. Obs. Nos exemplaires diffèrent du type de Bell , par la présence de quatre épines sur la ligne médiane de la carapace. BODOTRIA Bell. 69. Bodotria fferox Fischer, Les Fonds de la mer, t. II, p. 47, 1872. Hab. Cap Breton (Landes), par 40 brasses de profondeur. ( De Folin et Fischer). Obs. Carapace ovale, finement granuleuse, obtuse en avant; rostre subtronqué el fendu à sa partie moyenne ; bord antéro-inférieur de la carapace muni d'une forte épine. Antennes supérieures composées de trois articles dont le dernier est bifide. Antennes inférieures filiformes , simples, aussi longues que la totalité du corps. On aperçoit quatre segments thoraciques distincts , non soudés entr'eux ; le premier est extrêmement court, Les pattes sont égales entr'elles, très-étroites. Les segments abdominaux sont au nombre de six ; l'avant-dernier est le plus long. Les appendices de ces segments sont garnis de poils nom- breux à leurs extrémités. Ils sont composés de deux articles. ( 425 ) Les stylets de la queue sont composés chacun , d'un premier article court et de deux épines terminales , plus longues du double et ciliées. Longueur : 8 millimètres. Espèce très-différente du Bodotria arenosa Bell , par sa carapace munie d'une épine à son bord antéro-inférieur, par ses longues anten- nes inférieures , par ses segments thoraciques bien distincts et par la brièveté du premier article des stylets de la queue. Elle diffère du B. Goodsiri Van Beneden, par sa carapace moins dilatée en avant, son premier segment des stylets de la queue plus court , ses antennes infé- rieures beaucoup plus longues, et son corps plus grêle et plus allongé. DIASTYLIS Say. 70. Dlastylis bicomiis S. Bâte , Carcinological Gleanings. Ann. and mag. of nat. hist., February 4865, p. 84, pi. 1 , fig. 2. Had. Cap Breton (Laudes) , par 40 brasses de profondeur. Obs. Espèce décrite par S. Bâte , d'après des individus dragués aux îles Shetland. 71. D. ©rbignyl Latreille, Bègue anim. de Cuv., t. 4, p. 153, 1829 ( Condylurus).— Milne Edwards, Hist. nat. Crust., t. III, p. 553, 554. Hab. Cap Breton (Landes) , de 30 à 70 brasses de profondeur. La Bochelle (Charente-Inférieure). Tout le Golfe de Gascogne, dans les draguages. Obs. Cette espèce, décrite on 1829 par Latreille, est donc antérieure aux autres Diastylis des mers Européennes. Voici la diagnose originale : « Le thorax et le test, vus en dessus , sont divisés en cinq segments, dont le premier beaucoup plus grand, porte les antennes, les yeux et les pieds-mâchoires ; dont le deuxième et le troisième ont chacun une paire de pieds, dont le quatrième porte les deux paires suivantes, et le cinquième la dernière. Les yeux sont petits et point saillants. Toutes les antennes se terminent par des filets simples ; les inférieures sont plus longues. Les côtés antérieurs du premier segment sont prolongés en pointe et forment deux écailles rapprochées en manière de bec. Les pieds se ter- minent en pointe soyeuse ; quelques-uns des intermédiaires ont, comme dans les Schizopodes, un appendice extérieur près de leur base; la queue est étroite , de sspt annoaux , dont le dernier allongé , conique , ( 426 ) s'avance eatre les deux appendices latéraux qui sont grêles, en forme de stylets de deux articles, dont le dernier soyeux. » J'ai rapporté à l'espèce de Latreille, plusieurs spécimens de Diasty- lis que j'avais déjà rapprochés du D. Rathkei Krôyer (Voy. en Scand., pi. 5, fig. 1 ). La carapace est ovoïde, bombée, finement granuleuse, prolongée en avant sous forme de rostre assez aigu et fendu longitudinalement jus- qu'aux yeux. Les antennes supérieures sont composées de deux articles et terminées par un troisième article double et plus étroit. Les segments thoraciques sont au nombre de cinq. L'abdomen se compose de six seg- ments. La queue est formée de trois appendices : un médian et deux latéraux. L'appendice médian d'abord renflé, s'atténue en pointe et porte des poils sur ses bords ; il atteint la longueur du premier article des appendices latéraux ou uropodes. Ceux-ci se composent d'un premier article, plus long que les suivants, et de deux filaments terminaux ciliés dont l'externe est un peu plus gros que l'interne , peut-être existe-t-il d'autres petits segments au filament externe ; mais je ne les lui ai pas vus sur mes exemplaires. Le Diastylis Orbignyi est très-voisin du D. Rathkei Krijyer (loc. cit." , il en diffère par quelques caractères peu importants ; sa carapace paraît plus rugueuse et l'appendice médian de la queue présente quelque dif- férence; il en est de même pour le Diastytis Rathkei S. Bâte (Brit. Dias- tylidse, Ànn. and mag. of nat. hist., 1856, t. 17, p. 451, pi. 13), néan- moins je crois que l'on pourra les réunir sous un même nom. Le Dias- tylis Rathkei Van Bénéden (Mém. de l'Ac. Roy. de Belg. , t. XXXIII, p. 76, pi. 13), est probablement une espèce distincte dont le premier article des uropodes est relativement beaucoup plus court. UAlauna rostrata Bell (Brit., Stalk-eyed Crust., p. 331 ), considéré par S. Bâte comme synonyme du Diastylis Rathkei, a le rostre plus long, et les articles terminaux des uropodes sont très-inégaux. Ces différences entre plusieurs formes considérées par les auteurs comme identiques , prouvent, ou que plusieurs de leurs caractères ne sont pas spécifiques , ou que l'on a compris sous un même nom des es- pèces distinctes. ( 427 ) Subordo AN0M0BRANCI1IATA MYSIS Latreille. 72. Mysis spinielosa Leach , Trans. Linn. Soc, t. XI, p. 350. — Edwards, Hist. nat. Crast., t. II, p. 457, et Règne anim. de Cuvier, pi. 54 bis, fig. 3. Hab. Côtes de Vendée, île de Noirmoutiers. Obs. Cette espèce paraît commune dans la Manche, où elle est si- gnalée sur les côtes du Pas-de-Calais (Bouchard-Chantereaux), et du Calvados (Brébisson). 73. Itt. chamarlcon Thompson, Zool. researches, p. 28, pi. 5, fig. 1 -1 0. — Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 458. — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 336. Hab. Cap Breton (Landes); par 50 brasses. 06.9. Espèce qui diffère de la précédente , par son front obtus et pres- que entièrement dépourvu de prolongement rostriforme , et par ses lames externes des appendices latéraux de la nageoire caudale moins obtus. CYNTHIA Thompson, 74. Cyntltia armata Edwards , Hist. nat. Crust.> t. II , p. 463. Hab. Près de Noirmoutiers (Vendée). SQUILLA Fabricius. 75. Squllla Dcsmaresti Risso, Crust. de Nice, p. 114, pi. 2, fig. 8. — Edwards, Hist. nat. Crust., t. II, p. 523. — Bell, British Stalk-eyed Crust., p. 354. — Heller, Die Crust. des Sudl. Eut., p. 307. Hab. Trouvé dans l'estomac de Squales {Mustellas), péchés en dehors du Bassin d'Arcachon ( Lafont ) CHAPITRE II. DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE. La faune des Crustacés podophthalmaircs du sud-ouest do la France, comprend , jusqu'à présent , 75 espèces , dont 73 sont marines et 2 ( 428 ) fluviatiles. J'ai dû , pour arriver à dégager le caractère de cette faune, la comparer d'une part avec celle des îles Britanniques , telle qu'elle a été établie par Bell (1) , White (2) S. Bâte (3) , et d'autre part, avec celle de la Méditerranée , qui a été résumée complètement dans le livre de Heller (4). Parmi ces 73 Crustacés marins , 47 sont communs aux mers d'An- gleterre et à la Méditerranée ; ils n'ont par conséquent aucun caractère spécial , mais ils prouvent la continuité de la faune littorale qui , en Europe, est régulièrement distribuée du N. au S.; ce sont : Stenorhynchus phalangium , — longiroslris t lnachus scorpio. Pisa Gibbsi, Maia squinado, Eurynome aspera, Cancer pagurus, Pirimela denticulata, A'anlho floridus, — rivulosus, Pilumnus hirlellus, Carcinus mœnas, P 'lai yony chus latipes, Porlunus puber, — depuralor, — holsatus. — marmoreus, — arcualus, Gonoplax rhomboïdes, Pinnolheres pisum, Ebalia Cranchi, Thia polila, Corysles dentatus, Pagurus Bernhardus, — Prideauxi , Porcellana platycheles, — longicornis, Scyllarus ardus, Gaïalhea slrigosa, — squamifera, Palinurus vulgaris, Callianassa sublerranea, Ilomarus vulgaris, Nephrops norvégiens. Crangon vulgaris , — spinosus, — fascialus, Nika edulis, Palœmon serratus, — squilla, — recliroslris, Virbius varians, Hippolyle Cranchi, Alhanas nilescens, Alpheus ruber, Squilla Desmaresti. Dromia vulgaris, Quelques-unes de ces espèces viennent combler une lacune dans la distribution géographique ; c'est ainsi que le Nephrops norvégiens n'avait pas de station connue entre les mers du Nord et la Méditerranée. Il est (1) A History of the Brilisb Stalk-eyed Crustacea. 1855. (2) A Poptilar History of British Crustacea. 1857. (5) List of the British marine Invertebrate Faiina (Drcdging Cominittee ). 1801. (4) Die Ciustacecn des Sudlichen Europa. 1865. ( 429 ) probable qu'eu le cherchant par des profondeurs de 30 à 60 brasses, on l'obtiendra sur tout le littoral de l'ouest de la France. 10 espèces de la Méditerranée paraissent sur nos rivages du S.-O., sans dépasser la Manche au N., ce sont : Eriphia spinifrons, Pagurus meliculosus, Pachygrapsus marmoralus. (lebia liltoralis, Aielecyclus cruenlatus, Palœmon Edwardsi, Homola spinifrons, Penœus siphonocerus, Pagurus misanlhropus, Virbius viridis. 9 espèces , au contraire , vivent dans les mers d'Angleterre (1 ) et sur nos côtes du S. 0., mais n'entrent pas dans la Méditerranée : Polybius Hensloioi, Diasly'As bicornis, Pagurus Cuanensis, Jphlihoë trispinosa, — lœvis, Mysis chamœleon, — Hyndmanni, — spinutosa Crangon lrispinosus y 7 espèces enfin semblent , jusqu'à plus ample informé , propres au sud-ouest de la France , ce sont : Pagurus l.afonti, Diastylis Orbignyi, Niha platyura, Bodolria ferox, Palœmon imbellis, Cynlhia armala. Penœus Orbignyanus, En rapprochant ces chiffres , on voit donc que notre faune est parti- culièrement mixte ; environ les deux tiers de ses espèces sont commu- nes aux mers de la Grande-Bretagne et à la Méditerranée , \ sont mé- diterranéennes , 9 sont celtiques , et 7 sont spéciales , jusqu'à plus am- ple informé. Les éléments provenant des deux faunes qui bornent l'ouest de la France sont équivalents, nouvelle preuve que les espèces se rem- placent graduellement du N. au S., le long de nos côtes, de la même façon que les espèces fossiles se sont successivement remplacées dans le temps , de bas en haut , et lorsque leur gisement est régulièrement stratifié. Si l'on compare notre faune carcinologique avec celle des régions plus froides du nord de l'Europe, on constatera que quelques genres qui (i) ? espèoes des mers d'Angleterre ont été trouvées sur les côtes françaises de la Manche et de la Grande-Bretagne, sans dépasser l'embouchure de la Loire au S. Ce sont : Acheus Cranchi, Hyas aranea, H. coarclala, Pisa telraodon, Gebia dellura, ÂfXius slirhynchus, Cuma Àudouini. ( 430 ) donnent les meilleurs caractères pour la constitution des provinces zoo- logiques marines , manquent dans nos eaux. Ces genres sont : Chionœcetes, Geryon, Lilhodes, Calocaris, Neclocrangon, Sabinea, Leucon, Podopsis, Lophogasler, Themislo, etc. Mais lorsqu'on cherche à établir la liste des genres de la Méditerranée qui font défaut dans notre faune, on est stupéfait de leur nombre. Tels sont : Leplopodia, Amalhia, IJerbslia Lissa, Mithrax, Acanthonyx, Lambrus, Aclœa, Thalamila, Lupa, Ocypoda, Gelasimus, Brachynolus, Helerograpsus, Euchirograpsus, Grapsus, Meiopograpsus, Plagusia, Acanlhopus, Ma, Calappa, Cycloe, Dorippe, Cymopolia, Eihusa, Lalreillia, Albunea, Pseudibacus, Calliaxis, Polycheles, Lysmala, Gnalhophyllum, Ephyra, Aulonomea, Ponlonia, T y pion Anchistia, Syciona, Stenopus, Gonodaclylus, La Méditerranée, comme H. Milne Edwards l'a déjà fait remarquer à juste titre, est donc un centre géographique des plus importants. Mais elle offre un autre intérêt , c'est qu'un grand nombre de genres qu'on y remarque : Leptopodia, Mithrax, Acanthonyx, Lambrus, Lupa, Thala- mita, Ocypoda , Grapsus, Metopograpsus , Calappa, Plagusia, Acan- thopus , Albunea , Gonodactylus , etc., semblent avoir leur centre de création dans les mers tropicales , et que leur présence dans la Méditer- ranée marque l'extrême limite N. de la répartition géographique de ces genres. Ils indiquent , au milieu d'une population carcinologique , pour ainsi dire européenne, les éléments provenant de la mer des Indes ou l'Océan Atlantique équatorial. Cette introduction n'a pu s'effectuer qu'au moment où les eaux de la Méditerranée renfermaient , avec de nombreux Polypiers astréens , une faune à faciès encore plus chaud que celui qu'elle possède aujourd'hui. Il faut doue remonter à l'époque de la mer miocène , alors que de vastes bras d<- mer recouvraienl une portion de l'Asie mineure, de l'Egypte , ( 431 ) et faisaient largement communiquer les eaux de l'Océan Indien avec celles de notre Europe, Cette même hypothèse me paraît nécessaire pour comprendre les af- finités de la faune conchyliologique marine du miocène ; elle peut d'ailleurs être démontrée par l'étude attentive des fossiles. Il est à re- gretter que les fossiles Crustacés du miocène moyen et supérieur, ainsi que ceux du pliocène , soient trop rares pour qu'on puisse tirer quelque conclusion, à ce point de vue, de leur examen comparatif. Il est nécessaire , maintenant , de tenir compte très-sérieusement , dans l'étude des faunes actuelles, des phénomènes géologiques anté- rieurs des contrées où elles sont cantonnées. En un mot , la distribution géographique des animaux est la conséquence de leur distribution stra- tigraphique. CHAPITRE III. CRUSTACES CIRRHIPEDES. Les Cirrhipèdes du sud-ouest de la France sont peu nombreux en espèces. Leur détermination ne présente pas de grandes difficultés , surtout avec un guide aussi sûr que la remarquable monographie de Darwin (1). Quelques espèces intéressantes ont été signalées dans les catalogues locaux de Beltrémieux (2) et de Lafont (3). J'ai vérifié la plupart des espèces dans les Musées de Bordeaux , d'Arcachon , ainsi que dans la collection particulière de M. Ch. Des Moulins ; et j'ai pu les recueillir presque toutes dans mes excursions sur le littoral, La synonymie des Cirrhipèdes n'est guère embrouillée que pour les Balanus , dont les espèces , avant l'apparition de l'ouvrage de Darwin , étaient fort mal caractérisées. 4) AMonograph on the subclass Cirripedia. Lepadidœ. 1851. — Balanidœ , 1854. (2) Loc. cit. (3) Loc. cit. ( 432 ) CHAPITRE IV. Subclassis CIRRHIPEDIA. Ordo thoragiga Familia BALANIDiE. BALANUS Bruguière. 76. Balanus perforatus Bruguière , Encyclop. méthod. , .Vers , pi. 1 64 , fig. \ 2 infra. — Darwin , A Monogr. on the subclass Cirripe'dia, p. 231, pi. 5, fig. la-lrf, pi. 4, fig. 3a-3c. p. Balanus Cranchi Leach, Encycl. Brit. Suppl., vol. 3. 1824. 7 Balanus fistulosus Poli, Test. utr. Sicil., pi. 6, fig. 1. Hab. Toutes nos côtes. — Var. p, Arcachon. — Var. 7, côtes de la Vendée. CC. 77. JB. improvisus Darwin, A Monograph on the subclass Cirri- pedia, p. 250, pi. 6, fig. \a-c. Hab. Côtes de la Charente-Inférieure, sur les plages vaseuses , attaché au Mytilus edulis; Bassin d' Arcachon (Gironde). Obs. Cette espèce vit dans les eaux saumâtres, et peut même résister quelque temps au contact des eaux douces. Elle est tellement abon- dante dans les localités où l'on élève les Moules , qu'il est quelquefois difficile de trouver une coquille de Mytilus qui en soit dépourvue. 78. B. amphitrite Darwin, A monograph on the subclass Cirri- pedia, p. 240, pi. 5, fig. 2. Lepas Balanoides Poli , Test. utr. Sicil., tab. 5 ( non Linné ). Hab. Côtes des Landes , sur les brindilles de Pin maritime , à Gastcs ( Des Moulins ) , Cap Breton ( de Folin ). Obs. Le test est remarquable par sa coloration d'un rose vif chez les adultes, et d'un blanc-rosé chez les jeunes. Cette espèce paraît habiter surtout les régions chaudes de l'Atlantique , depuis la Méditerranée jus- qu'à l'Equateur. Elle a été cependant signalée accidentellement eu An- gleterre. ( 433 ) 79. B. balanoides Linné, Syst. nat., éd. XII, p. 4108 ( Lepas ). — Darwin, A monogr. on the subclass Cirripedia, p. 267, pi. 7» fig. 2 a -2 d ( Balanus ). Balanus palmatus Lamarck, Hist. nat. des anim. sans vert., n* 15. Hab. La Rochelle, Roy an (Charente-Inférieure), Cordouan, Arcachon (Gironde), Biarritz, Saint-Jean-de-Luz [Basses-Pyrénées). CC. Obs. 1 . La base de ce Balanus est membraneuse. Il pullule à la limite supérieure du balancement des marées et reste longtemps à l'air libre ; il paraît avoir son centre de développement dans les mers froides. Obs. 2. M. Beltrémieux signale , dans sa Faune de la Charente-Infé- rieure, le Balanus tintinnabulum L., parmi les espèces de notre littoral, mais ce Cirrhipède n'arrive sur nos côtes, que sur la carène des navi- res; il appartient plutôt aux mers chaudes et à la Méditerranée. ACASTA Leach. 80. Acasta spongites Poli, Test. utr. Sicil., tab 6, fig. 3-6 (Lepas). — Darwin, A Monograph on the subclass Cirripedia, p. 308, pi. 9, fig. 1a. -1d. (Acasta). Acasta Montagui Leach, in Lk., Anim. s. vert., éd. 2 , t. V, p. 668. Hab. Bassin d'Arcachon, dans les éponges draguées par quelques brasses de profondeur. PTRGOMA Leach. 81.Pyrgoma anglicum G. B. Sowerby, Gênera of récent and foss. shells, fig. 7, n° 18. — Darwin, A Monogr. on the subclass Cirripedia, p. 360, pi. 12, fig. 4a-4c. Pyrgoma sulcatum Philippi, Enumer. Moll. Sicil., p. 252, pi. 12, fig. 24. Hab. Cap Breton (Landes), dans les Dendrophyllia et Paracyathus ; Biarritz (Basses-Pyrénées) ; de 50 à 70 brasses. CORONULA Lamark. 82. Coronula Biscaycnsis Van Beneden , Bull. Acad. Roy. de Belgique, 2 8 série, t. 29, 1870, p. 105. Hab. Golfe de Gascogne , sur le Balœna Biscayeyisis. Obs. 1. Espèce très-bypothétique , qui n'a été vue par aucun natura- liste. Segnette remarqua des sortes de couronnes creusées dans les té- ( 434 ) guments de la Balcino de Biscaye, échouée à l'Ile de Ré en 1682; le gardien du phare de Biarritz signala un banc de coquillages incrustés à la partie supérieure du corps de la Baleine qui visita Saint-Sébastien en 1 854. — M. Van Beneden , supposant que chaque espèce de Baleine porte une espèce de Coronule spéciale, a proposé le nom de Coronula Biscayensis pour la Coronule supposée propre à la Baleine de Biscaye. Obs. 2. M. Piet (Recherches sur l'île de Noirmoutiers , 2 e édition , 1863), annonce que d'Orbigny père aurait trouvé le Coronula diadema sur un Marsouin. Cette assertion paraît peu plausible, puisque les Diadema ne se rencontrent ordinairement que sur les Balénoptères du genre Megaptera. CHTHAMALUS Ranzani. 83. Chtliamalus stellatus Poli, Testacea utr. Sicil., tab. 5, fig. 18-20 ( Lepas). — Ranzani, Memor. di storia naturale, tab. 3, fig. 21-24 (Chthamalus). — Darwin, A Mouograph. on the subclass Cirripedia, p. 455, pi. 18, fig. 1. Hab. Cap Ferret ( Gironde), Saint-Jean-de- Luz (Basses-Pyrénées) ; sur les coquilles et les pierres du rivage. Obs. Espèce répandue sur toutes les côtes du sud de l'Angleterre et de l'Irlande , et commune dans la Méditerranée , ainsi qu'aux îles de Madère, du Cap Vert, etc. VERRUCA Schumacher. 84. Verruca strbiaiï» 0. Muller , Zool. Danic. Prodr., n° 3025 (Lepas). — Darwin, A Monogr. on the subclass Cirripedia, p. 518, pi. 21, fig. 1 a-\f {Verruca). Hab. Toutes nos côtes, sur les coquilles [Pecten, Avicula) draguées au large. Famlia LEPADIDjE. LEPAS Linné. 85. Lepas anatïfcra Linné, Syst. iiat., éd. XII, p. 1109.— Darwin, A Monogr. on the subclass Cirripedia, p. 73, pi. 1, fig. 1. Anatifa lœvis Lamarck, Hist. nat. anim. sans vert., t. V, p. 404. 11ab. Toutes nos côtes, sur les corps flottants. C. 86. Ii. Hilli Leach, Tuckey's Congo Exped., p. 413. 1818 [PenMas- mis). — Darwin, A Monogr. on the subclass Cirripedia, p. 77. pi. 1 , fig. 2 [Lepas). ( 435 ) Hab. Fixé à la carène des navires , principalement de ceux qui arri- vent de la côte d'Afrique. ( Collection Des Moulins. ) Obs. Espèce facile à reconnaître , par l'absence de la dent interne umbonale du scutum. 87. II. anscrifera Linné, Syst. nat., éd. XII, p. 1109. — Darwin , A Monogr. on the subclass Cirripedia, p. 81, pi. 1 , fig. 4. Anatifa striata Lamarck , Hist. nat. des anim. sans vert., t. V, p. 405. Hab. Toutes les côtes , sur les corps flottants, avec le Lepas anatifera. 88. Ii, pectâitata Spengler , Skrifter naturhist. Selbskabet 2 , B. 2, IL, tab. 10, fig. 2. 1793. — Darwin, A Monogr. on the subclass Cirripedia, p. 85, pi. 1, fig. 3. Lepas sulcata Montagu, Test. Brit., pi. 1, fig. 6. Hab. Soulac (Gironde), sur du bois flottant. (Collection Des Moulins.) 89. Ii. fascicularis Ellis et Solander, Zooph., pi. 15, fig. 5. — Darwin, A Monogr. on the subclass Cirripedia, p. 92, pi. 1, . %• 6. Anatifa vitrea Lamarck , Hist. nat. des anim. sans vert., t. V, p. 405. Hab. Toutes nos côtes. Obs. Le type de Lamarck provient de Noirmoutiers (Vendée), et lui avait été communiqué par Latreille. CONCHODERMA Olfers. 90. Coueliodcrnia aurituni Linné, Syst. nat., éd. XII, p. 1110 {Lepas). — Darwin, A Monogr. on the subclass Cirripedia, p. 141, pi. 3, fig. 4 {Conchoderma). Otion Cuvieri Lamarck, Hist. nat. des anim. sans vert., t. V. p. 410. Hab. Côtes de la Charente-Inférieure. (Beltrémieux.) 91. C virgatatan Spengler, Skrifter naturhist. Selbskabet, B. 1, tab. 6, fig. 9 {Lepas). — Darwin, A Monogr. on the subclass Cirripedia, p. 146, pi. 3, fig. 2. Cineras vittata Leach, Encycl. Brit., Suppl., vol. 3. 1824. — La- marck, Hist. nat. des anim. sans vert., t. V, p. 408. Hab. Côtes de la Charente-Inférieure. (Beltrémieux.) Tome XXVIII. 30 ( 430 ) SCALPELLUM Leach. 92. Scalpellum vulgare Leach , Encycl. Brit., SuppL, vol. 3. 1 824- — Darwin , A Monogr. on the subclass Cirripedia , p. 222, pi. 5 , fig. 1 5. Lepas scalpellum Linné, Syst. nat. éd. XII, p. 1109. Hab. En dehors du Bassin d'Arcachon, fixé sur des Tubulaires. (Lafont.) POLLICIPES Leach. 93. Pollicipcs cormicopia Leach, Encyclop. Brit., SuppL, vol. 3. 1824. — Darwin , A Monogr. on the subclass Cirripedia, p. 298. pi. 7. fig. 1. Lepas pollicipes Gmelin, Syst. nat., éd. XIII, p. 3213. Hab. Toutes nos côtes rocheuses. C. Obs. Un autre Cirrhipède de ce groupe a été signalé par M. Cailliaud sur les côtes de la Loire-Inférieure, c'est VAlepas parasita Rang, Manuel des Moll., p. 364, pi. 8, fig. 5 (Darwin, A Monogr. on the subclass Cirripedia, p.. 163) , qui vit fixé sur les Méduses. CHAPITRE V. DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE, Je n'ai à donner ici aucune conclusion au sujet de la distribution géographique de nos Cirrhipèdes, qui est infiniment plus étendue que celle des Crustacés Podophthalmaires. En effet , presque tout le groupe des Lepadidœ vit en haute-mer, sur les corps flottants , et n'est poussé à la côte que par les vents régnants ou les tempêtes. Plusieurs Bala- nidœ sont dans le même cas. Ces circonstances expliquent suffisam- ment leur diffusion dans presque toutes les mers. Cependant, la plupart des Balanus , Acasta, Pyrgoma, Chthamalus et Verruca ont un habitat littoral, et peuvent dès-lors entrer en ligue pour la composition des faunes marines. ( 437 ) Sur les 18 espèces de Cirrhipèdes de nos côtes, 7 sont distribuées dans presque toutes les mers du globe : Lepas anatifera, Lepas fascicularis, — Hilli , Conchoderma auritum , — anserifera, — virgatum. — pectinata , 1 vit en parasite sur une Baleine ( Balœna Biscayensis ) : Coronula Biscayensis. Les autres se subdivisent ainsi : 7 sont représentées à la fois dans les mers de la Grande-Bretagne et dans la Méditerranée : Balanus perforatus, Verruca Strômia. Acasla spongites, Scalpellum vulgare, Pyrgoma anglicum, Pollicipes cornucopia. Chlhamalus stellatus, 2 appartiennent aux mers -du Nord et manqueraient dans la Médi- terranée : Balanus improvisus, Balanus balanoides, 1 enfin est méditerranéenne et ne paraît pas indigène sur les côtes d'Angleterre : Balanus amphitrite. La Méditerranée est peu riche en Cirrhipèdes , et ne possède qu'un très-petit nombre d'espèces propres. TABLE DES MATIERES Actes. Tirage à pari. Avant-Propos. — Crustacés Podophthalmaires 405 3 Chapitre I er . — Catalogue des espèces 406 4 Brachyura 406 4 Anomura 413 11 Macroura , 416 i4 Anomobranchiala 427 25 Chapitre IL — Distribution géographique 427 25 Chapitre III. — Crustacés Cirrhipèdes 451 29 Chapitre IV. — Catalogue des espèces. . . . '. 432 50 Balanidœ 432 30 Lepadidœ 434 52 Chapitre V. — Distribution géographique 456 34 CATALOGUE CRITIQUE DES OISEAUX OBSERVÉS DANS LES DÉPARTEMENTS DES LANDES , DES BASSES-PYRÉNÉES ET DE LA GIRONDE Par M. P.-E. DUBALEN, Titulaire, - jy ■ r aO cz. w *jr ii PREMIER ORDRE. OISEAUX DE PROIE, ACCIPITRES, I re DIVISION. OISEAUX DE PROIE DIURNES, ACC1PITRES DIURNI. Famille. — VULTURIDES, VULTURID^). S.-Fam. - VULTURIENS, VULTUMNM. Genre I. —VAUTOUR, VULTUR Linné. 1 . Vautour moine , Vultur monachus Linné. Vultur cinereus Gmel. — V. arrianus et monachus Lapeyr, — Œgy- pius niger Savig. — Œ. cinereus B. p. — Gyps cinereus B. p. De passage en juillet, demeure jusqu'en octobre. Assez rare sur les Pyrénées françaises; plus commun sur les Pyrénées espagnoles. Le Vautour moine est très-méfiant et difficile à capturer. Genre II. — GYPS , GYPS G.-R. Gray. 2. Gyps fauve , Gyps fulvus Briss. Vultur fulvus Briss. — ■ V. percnopterus et fulvus Daud. — ■ V. leucocephalus Mey. et Wolf. — V. persicus Pall. — V. Kolbi Temm. — V. fulvus et occidentalis Schleg. — Gyps occidentalis B. p. — G. vulgaris Savig. Sédentaire. Commun sur nos Pyrénées. En 1 871 , je surpris, sur la montagne de la Rhune , près Saint- Jean-de-Luz , un individu de cette espèce dévorant un lapin dont les chairs étaient encore palpitantes. < ( 440 ) Quant à la race occidentale du prince Ch. Bonaparte, nous n'y voyons qu'une simple variété dans la couleur du plumage. Parmi les nombreux individus que nous avons observés (près de 40), nous avons remarqué les transitions des plumes plus ou moins acuminôes , susceptibles de varier du cendré au brun clair, quelquefois même tirant sur le roux. Genre III. — NÉOPHRON , NEOPHRON Savig. 3. Néophron percnoptère, Neophron percnopterus Savig. Cathartes percnopterus Temm. Assez commun , sédentaire et de passage sur les Pyrénées. Cet oiseau est très-méfiant et difficile à capturer. Son odorat primerait sur celui des autres Vulturiens. Le Gyps fulvus Briss. et le Neophron percnopterus descendent sur les bords de l'Océan pendant tout le temps qu'ils nourrissent leurs petits. On les rencontre jusqu'à Cap Breton, Mimizan. Dans ces para- ges en effet, ils trouvent des charognes en abondance. Dans ces der- niers temps , on a capturé un Gyps fulvus Briss. à la Teste. Famille. — GYPAÉTIDÉS', GYPAETIB2E. Genre IV. — GYPAÈTE, GYPAETUS Storr. 4. Gypaète barbu, Gypaelus barbatus Temm. Gypaetos grandis Storr. — G. alpimis , aureus et castaneus Daud. — G. leucocephalus et melanocephalus Mey. et Wolf. — Phene ossifraga etgigantea Savig. — Ossifraga (Laguna in Dioscoride, Mat. méd. Espagn. 1580). Le Gypaète barbu habite nos Pyrénées pendant toute l'année ; plus rare sur la chaîne française que sur la chaîne espagnole. Il attaque souvent les brebis , les chamois , etc. Perdu dans l'espace , il guette les troupeaux , et dès qu'une malheureuse brebis s'aventure dans un lieu escarpe , le Gypaète fond sur elle avec la rapidité d'un trait, se cramponne à sa tète et l'aveuglant de ses grandes ailes, l'animal effrayé s'enfuit , et court le plus souvent se jeter dans l'espace ; brisé par sa chute, il devient la proie du roi de nos montagnes. Les pâtres le redoutent beaucoup. L'observation de M. Ul. Darracq , reproduite à l'historique du Vultur rnonachus Linn., dans l'Ornithologie Européenne de MM. Degland et Gerbe, sur le. courage de cet oiseau, doit se rapporter sans nul doute h l'historique du Gypaetus barbatus Temm. D'après le dire de nombreux ( 441 ) pasteurs, ils ne redoutent nullement le Vautour, mais beaucoup le Gypaète ; ce qui semble en effet plus vraisemblable. Le prince Ch. Bonaparte a fait de notre Gypaète des Pyrénées sa race occidentale ; mais la variation dans la taille et la coloration plus ou moins intense des plumes qui se retrouve par transitions légères depuis le Gypaetus barbatus Temm., jusqu'au type de la variété occidentale B. p., ne permet pas, croyons-nous, de maintenir cette dénomination. Famille.— FALCONIDÉS, FALCONID^J. S.-Fam. I — AQUILIENS, AQUIL1NM. Genre V. — AIGLE, AQUILA Biuss. 5. Aigle tacheté , Aquila nœvia Briss. Aquila melanoœtos Savig. — A. planga Vieill. On ne rencontre , dans notre région, que des sujets de première et seconde année , de passage irrégulier. Assez rare. 6. Aigle fauve, Aquila fuka Savig. Aquila aurea et nigra Briss. — A. nobilis Pall. — A. regia Less. — A. Bartelemyi Jaub. De passage régulier sur nos montagnes , mais assez rare. 7. Aigle botté, Aquila pennata Brehm. Hieraetus pennatus Kaup. Très-rare et de passage accidentel. Un seul sujet , capturé aux en- virons do Dax, figure au Muséum de Bayonne. Genre VI. — PYGARGUE , HAL1ŒTHUS Savig. 8. Pïtgargue ordinaire , Haliœtus albicilla Leach. Haliœtus nisus Leach. De passage sur la côte océane , depuis le mois d'octobre jusqu'au mois de décembre, et quelquefois même janvier. La plus grande partie des individus de cette espèce nous viennent de Cap Breton , Soustous , Cazaux , La Teste. Genre VIL — ICHTHYAÈTE, ICHTHYAETUS Lafres. 9. Ichthyaète fluviatile , Ichthyaetus fluvialis. Pandion haliœtos Keys et Blas. — Balbuzardus haliœtus Flem. — Pandion fluvialis Savig. De passage irrégulier; se" tient près des grands cours d'eau. Se ren- contre en septembre, octobre et avril. Assez rare. ( 442 ) S.-Fam. II. — BUTÉONIENS, BUTEOMN/E. Genre VIII. — CIRCAÈTE, CIRCAETVS Vieill. 10. Circaète Jean-le-Blanc , Circaetus gallicus Vieill. Circaetus leucopsis et auguinùm Brehm. De passage régulier en août et septembre. Se rencontre dans les grands bois de nos montagnes , les forêts qui bordent les grands cours d'eau. Quelques couples se reproduisent sur les pins de Mimizan , Ar- cachon (D 1 Marmottan). En 1867, nous rencontrâmes, àSoustous, un nid de Gircaète Jean-le-Blanc à terre , parmi les genêts. Genre IX. — BUSE, BUTEO G. Cuv. 1 1 . Buse ordinaire , Buteo vulgarls Bechst. Buteo albus Daud. — B. nutans et fasciakis Vieill. Sédentaire et de passage ; fréquente les grands bois , les semis de pins, les alentours des maisons d'habitation. Cette espèce varie consi- dérablement. (V. Albinismes). 12. Buse pattue, Buteo lagopus Vieill. Butuates buteo Less. — B. lagopus. B. p. — Archibuteo lagopus Brehm. De passage accidentel. Le seul sujet capturé, qui figure au Muséum de Bayonne , vient de la forêt d'Yraty, près la Bidassoa. Genre X. — BONDRÉE , PERNIS G. Cuv. 13. Bondrée apivore, Pernis apivorus B. p. Buteo apivorus Briss. Très-rare. De passage accidentel sur nos Pyrénées. C'est par une grande erreur que M. A. Docteur (Act. Soc. Linn. Bordeaux. 1856) la dit commune dans la Gironde, où fut capturé un individu en 1843. (Muséum de Bordeaux). Deux autres sujets en 1872, dans la vieille forêt de La Teste ( D r Marmottan ) . S.-Fam. III. — MILVIENS MILTINM. Genre XI. — MILAN, MILVUS G. Cuv. 14. Milan royal, Milvus regalis Briss. Milvus castaneus et russiçus Daud. — M. ictinus Savig. — M. ru- ber Brehm. Sédentaire et de passage en septembre el octobre. Los sujets qui demeurent toute l'année se tiennent près des grands cours d'eau , des étangs. Quoi qu'en ait dit M. Docteur (toc. cit.), le Milan royal est commun partout. 15. Milan noir, Milvus niger Briss. Milvus ater Daud. — M. œtolius Vieil!. — M. fuscus Brehm. Le Milan noir se rencontre , encore plus communément que le Milan royal , dans la vallée de l'Adour, de Dax à Bayonne. On le rencontre encore , mais en moins grand nombre , dans le Bassin d'Arcaclion et le Bassin de la Gironde. Le Milan noir niche quelquefois à terre, parmi les bruyères, comme nous l'a fait observer M. Laralde à Saubrigues (Landes). Sédentaire ; mêmes habitudes que l'espèce précédente pour l'habitat. Le Milan noir, plus petit que son congénère , le chasse néanmoins souvent des localités qu'il habite. S -Fam. IV. — FALCONINÉS FALCOMlSyE. Genre XII. — GEBFA UT, H1EROFALCO G. Cuv, 16. Gerfaut Islandais, Hierofalco Islandicus Brehm. Gyrfalco Islandicus Briss. Trois individus femelles, de cette rare espèce, furent capturés à des époques diverses: 1835, 1837, 1864, à Cambo, Saint-Jean-de-Luz , Dax (Muséum de Bayonne). M. A. Docteur rapporte qu'une femelle a été capturée , en mars 1848 , daus le département de la Gironde, et figure à la collection de la Faculté des Sciences de Bordeaux. Genre XIII. — FA UCO.N, FALCO Linn. 17. Faucon commun, Falco communis Gmel. Falco peregrinus Briss. — F. cornicum Brehm. Habite nos montagnes , sédentaire et de passage. S'aventure souvent en plaine en automne et au printemps. 18. Faucon hobereau, Falco subbuteo Linn. Hypotriorchis subbuteo Boie. — Dendrofalco subbuteo B. p. Assez commun. Se tient dans les bois ; en automne on le rencontre souvent sur le littoral, à la recherche des oiseaux fatigués par les coups de mer ; à ce moment il paraît peu farouche. M. Loche mentionne (Actes de la Soc. Linn. Bordeaux. 1836) le Falco vespertinus Linn. N'ayant aucune preuve de la présence de cet oiseau dans le Sud-Ouest , nous croyons prudent de le passer sous silence. ( AU ) 19. Faucon émérillon , Falco smirillus Savig. Falco regulus Pall. — F. lithofalco et œsalon Gmel. — F. cœsius Mey. et Wolf; — Œsalon lithofalco Kaup. Les sujets jeunes et femelles adultes se rencontrent assez communé- ment, les mâles adultes sont plus rares. 20. Faucon cresserelle, Falco tinnunculus Linn. Falco brunneus Bechst. — Tinnunculus alaudarius G. R. Gray. — Cerchneis tinnunculus Boie. Commun et sédentaire ; fréquente les vieux édifices , les tours élevées , où il vit en nombre ; dans la campagne il vit seul. S.-Fam. V. — ASTURIENS , ASTUR1NM. Genre XIV. —AUTOUR, ASTUR Lacép. 21. Autour ordinaire, Astur Palumbarius Bechst, Dœdalion ■palumbarius Savig. — Accipiter astur Pall. — A. gal- linarum Brehm. — Spanius palumbarius Yieill. Sédentaire et de passage ; se tient dans les grands bois de la Gironde, de la Chalosse, d'Yratv, en été. Plus commun dans les forêts de pins en hiver. 22. Autour épervier , Astur nisus Key et Blass. Accipiter maculatus Briss. — Dœdalion fringillarius Savig. — Accipiter nisus Poil. Sparvius nisus Vieill. Commun et sédentaire dans toute la région. D'après les observations de M. Loche [loc, cit. ) , Y Astur major Degl. aurait été capturé aux environs de Bayonne. Cette espèce est encore très-douteuse pour beaucoup d'ornithologistes et très-rarement ren- contrée ; elle n'a même pas d'habitat bien déterminé. Quoique nous ayons pleine confiance dans le dire de M. Loche, nous passerons cette race sous silence , n'ayant pu nous convaincre de sa présence dans le Sud-Ouest. Genre XV. — BUSARD, CIRCUS Lacép. 23. Busard harpaye , Circus œruginosus Savig. Circus rufus Schleg. Les jeunes se rencontrent assez communément ; les sujets adultes sont beaucoup plus rares. Un jeune sujet ouvert en 1868 avait dans la gave des fragments de Limnées, que j'ai cru pouvoir rapporter à la Limnœa palus/ris. ( 445 ) 24. Busard Saint-Martin , Circus cyancus Boic. Circus gallinarius Savig. — Strigiceps pygargus B. p. — S. cyancus B. p. Rare pendant plusieurs années , 1845 à 1867, aujourd'hui assez com- mun dans tous nos départements, niche dans les taillis ou M. Perris l'a observé. 25. Busard de montagu , Circus Montagui Vieill. Circus cinœraceus Naum. — Strigiceps cineraceus B. p. M. le docteur Marmottan nous a signalé la capture de deux femelles aux environs d'Arcachon, mai 1871. Un sujet mâle, capturé dans la Gironde, figure au Muséum de Bor- deaux. 2 me DIVISION. OISEAUX DE PBOIE NOCTURNES , ACCIPITRES NOCTURNI. Famille. — STRIGIDÈS, STBIGIBJE. S.-Fam. I.— ULULIENS, VLULWJE. Genre XVI. — CHEVÊCHE, NOCTUA Savig. 26. Chevêche ordinaire , Noctua ninor Briss. Noctua glaux Savig. — N. passerina Jenyns. — N. veterum Licht. — Athcne passerina Boie. — A. noctua Boie. i — A. psilodac- tyla Brehm. — Surnia noctua Keys et Blas. De passage régulier, commune. Quelques sujets demeurent toute l'année. Genre XVII. — HULOTTE , SYRN1UM Savig. 27. Hulotte chat-huant, Syrnium ululans Savig. Syrnium aluco Brehm. — Ulula aluco Keys et Blas. De passage en hiver, se rencontre communément dans les bois de pins. S.-Fam. II. — STRIGIENS , STRIGINJE. Genre XVIII. — EFFRAYE , STRIX Linn. 28. Effraye commune , Strix flammea Linn. Strix guttata Brehm. — Aluco flammeus Flem. Sédentaire et commun , se tient sur les vieux édifices, quelquefois dans les taillis de la Chalosse, varie du blanc au brun foncé. (Muséum de Borîieaux, de Bayonne. Var.) ( 446 ) S.-Fam. III. — AS10NIENS, ASIONINM. Genre XIX. — HIBOU, OTUS G. Cuv. 29. Hibou bbachyote , Otus brachyotus Boie. Otus palustris Goulcl. — Œgolius brachyotus Keys et Blas. — Brachyotus œgolius. Arrive en automne, se tient presque toujours à terre ; chasse pendant le jour dans les lieux très-ombragés. Un sujet que je tirai en 1867 avait près de lui une musaraigne dont les chairs étaient encore palpitantes. 30. Hibou vulgaire , Otus vulgaris Flemm. Bubo otus Savig, — 0. communis Less. — 0. otus Schleg. — Œgolms otus Keys et Blas. Sédentaire et de passage ; habite les grands bois , le soir se rapproche des maisons d'habitation. Genre XX. — DUC , BUBO G. Cuv. 31. Grand-duc, Bubo maximus Flemm. Otus bubo Schleg. — Bubo Italiens Briss. — B. Europœus Less. B. Germanicus Brehm. Assez rare dans nos contrées; se tient dans les grands bois. Genre XXI. — SCOPS , SCOPS Savig. 32. Scops ordinaire , Scops Europœus Less. Bubo scops Boie. — Otus scops Schleg. S. œphialtes Savig. — S. Aldrovandi Willug. — S. Zorca Swains. — S. carniolica Brehm. Arrive au printemps, repart en octobre. Très-commun. Voici ce que rapporte M. le D r Burguet , et ce que reproduit M. A. Docteur sur la Chouette Harfang , Strix nictea Linn. ( loc. cit. } : « De passage aux environs de Soulac, où elle s'abat quelquefois dans » les bois ; on l'observe surtout à l'approche des hivers rigoureux. — » Enfin : quelques individus ont été tués. » Nous ne pouvons que manifester notre étonnement sur la présence de cette espèce dans la Gironde , tandis qu'on ne compte qu'une seule capture en France. Mais nous n'avons pu retrouver ces sujets tués à Soulac ; aimant mieux nous ranger du côté de tous les ornithologistes que du coté de MM. Burguet et Docteur, qui sont sans preuves , nous ne saurions admettre cette espèce , même avec beaucoup de doutes. ( 447 ) DEUXIÈME ORDRE. PASSEREAUX , PASSEIŒS l re DIVISION PASSEREAUX ZYGODAGTYLES , PASSERES ZYGODACTYL1. Famille V. — PICIDÉS, PICIDJE. S.-Fam. I. — PICIENS , PIC IN JE. Genre. XXII — DRYOPIC , DRYOPICUS Boie. 33. Dryopig noir, Dryopicus martius Boie. Carbonarius martius Kaup. Cette rare espèce se rencontre dans la forêt d'Yraty, située à l'extré- mité du département des Basses-Pyrénées. Le Dryopic est très-farouche et difficile à capturer. Sédentaire. Ce qui nous étonne, c'est sa présence dans les bois de pins des Lan- des (A. Docteur, loc. cit. ) , là où les Piciens sont relativement rares. Genre XXIII. — PIC, PICUS Linn. 34. Pic épeiche , Picus major Linn. Picus cisa Pall. — Dendrocopus major Boie. — Dryobates major Boie. Commun dans les bois de chênes. En automne , on les voit dans les vergers , inspecter avec grand soin l'écorce des arbres fruitiers, Sé- dentaire. 35. Pic leuconote , Picus^ leuconotus Bechst. Picus leuconotus Bechst. — P. cirris Pall. Se rencontre quelquefois dans la forêt d'Yraty et d'Urdos (Hautes- Pyrénées). M. Loche {loc. cit. ) dit cette espèce sédentaire dans les Basses-Pyré- nées. Malgré toutes nos recherches , nous n'avons pu confirmer ce fait. 36. Pic mar, Picus médius Linn. Picus varias Briss. — P. cinedits Pall. Commun et sédentaire dans tous les grands bois de chênes de la ré- gion qui nous occupe, même dans la Gironde. ( 448 ) 37. Pic épeicHette, Picus minor Linn, Picus varius minor Briss. — P. pipra Pall. — Dryobatcs minor Boie. Sédentaire et de passage , se rencontre dans tous les grands bois de chênes de toute la région. Genre XXIV. — GEC1NE, GECINUS Boie. 38. Gécine verte , Gecinus viridis Boie. Picus viridis Linn. — Chloropicm viridis Malh. — Brachylophus viridis Swains. Sédentaire, très-commun partout. Les Piciens se rencontrent dans les forêts de pins de la Lande , mais y sont relativement plus rares que dans les forêts de chênes. S.-Fam. II. — TORQUILLIENS, TORQUILLA. Genre XXV. — TOBCOL, T0RQU1LLIA Briss. 39. Torcol ordinaire, Torquilla vulgaris. Yunx torquilla Linn. Arrive en août, devient très-gras en septembre et octobre, repart vers la fin de ce dernier mois. Commun. Famille. — COCULIDÉS, COCULID^J. S.-Fam. — COCULIENS, COCULWJE Genre XXVI. — COUCOU, CUCULUS Linn. 40. Coucou gris, Cuculus canorus Linn. Cuculus rufus Bechst. — C. hepaticus Lath. — C. borcalis Pall. Commun , arrive aux premiers jours du printemps repart en juillet et août. Genre XXVII.— OXYLOPHE, OXYLOPHUS Swauis. 41 . Oxylopiie geai , Oxylophus glandarius B. p. Coccyzus pisanus Vieill. — C. glandarius Savig. — Coccistes glan- darius Koysfet Blas. Très- rare, deux individus capturés aux environs d'IIendayc 1849- 1 853 , figurent au Muséum de Bayonne. ( 449 ) 2 me DIVISION - PASSEREAUX SINDAGTYLES, PASSERES SINDACTYLL Famille. — COKACIADIDÉS , CORAC1ADIDJE. Genre XXVIII. — ROLLIER, CARACIAS Linn. 42. Rollier ordinaire, Coracias garrula Linn. Galgulus garrulus. De passage irrégulier en août et septembre , le Rollier paraît préfé- rer les bois de pins. Tous les sujets capturés jusqu'à ce jour nous vien- nent des environs de Cap-Rreton, Soustons , Mimizan ; ils sont peu fa- rouches. Famille. — MEROPIDÉS, MEROPIDm Genre XXIX. — GUÊPIER , MEROPS Linn. 43. Guêpier ordinaire, Merops apiaster Linn. Merops chrysocephalus Amel. De passage irrégulier , peut-être même accidentel , se rencontre tous les quatre ou cinq ans, par petites compagnies, en juillet et août, dans toute la région. Se tient dans les jardins et les vergers. (Muséum de Bayonne; notre collection). En 1870 on en tua à la Bas- tide-Bordeaux (M. Lépine). Famille. — ALCÉDINIDÉS, ALCEDINIDJE. Genre XXX. — MARTIN-PÊCHEUR, ALCEDO Linn. 44. Martin-Pêcheur ordinaire, Alcedo Ispida. Commun; sédentaire, cet oiseaux fut assez rare pendant les années 4866, 1867, 1868 dans toute la région. 3 me division PASSEREAUX DÉODACTYLES , PASSERES DEODACTYLI. Famille. — CERTHHDÉS, CEBTHIID^. S.-Fam. I. — SITTIENS , S1TTINJE. Genre XXXI. — SITELLE, SITTA Linn. 45. Sitelle torchepot , Sitta Euvopœa Lath. Sitta ccesia Mey et Wolf. — S. a f finis Blyth. Sédentaire et commune dans les lieux boisés, excepté dans la région pinicole, où elle est rare. ( 450 ) S.-Fam. II. — CERTHIENS , CERTHINJE. Genre XXXII. — GRIMPEREAU, CERTHIA Linn. 46. Grimpereau familier, C 'erthia familiaris Temm. Certhia brachydactyla Brehm. Sédentaire ; commun partout ; plus rare dans la région pinicole. Genre XXXIII. — TICHODROME, TICHODROMA Illig. 47. Tichodrome échelette, Tichodroma muraria Illig. Petrodroma muraria Vieill. — Tichodroma phœnicoptera Temm. Sédentaire sur les Pyrénées ; plus rare du côté français que du côté espagnol. Cette espèce, que l'on rencontrait assez communément sur les vieilles tours , la cathédrale de Dax , les environs de Pau et Bayonne, a disparu depuis une dizaine d'années. De passage accidentel dans le département de la Gironde, où MM. de Kercado et Des Moulins l'ont observé , ainsi que M. Barreyre , de Cadillac. Famlle. — UP UPIDÉS , UPUPID^. Genre XXXIV. — HUPPE, UPUPA Linn. 48. Huppe vulgaire, Upupa vulgaris Pall. Upupa epops Linn. Arrive en avril, repart en octobre, souvent même en septembre ; se tient dans les taillis. Famille. — CORVIDÉS, CORVID^J. S.-Fam. I. — CORVIENS , CORVINjE. Genre XXXV. — CORBEAU , CORVUS Linn. 49. Corbeau ordinaire , Corvux corax Linn. Corvus maximus Scopol. Sédentaire et de passage ; quelques couples demeurent toute l'année sur les bords de l'Océan et dans les grands bois de la contrée. 50. Corbeau corneille , Corvus corone Linn. De passage en hiver ; vit en société du Corvus corax. Commun. 51. Corbeau mantelé, Cormis comix Linn. Cornix cinerea Briss. — Corone comix Kaup. Commun. Se rencontre depuis l'automne jusqu'aux derniers jours d<> l'hiver, à Saint-Jean-de-Luz , Bayoune, Dax, Cap-Breton, La Teste, ( 451 ) Royan ; se tient dans les marais ou sur le bord des cours d'eau ; beau- coup plus rare à l'intérieur des terres que sur les bords de l'Océan. 52. Corbeau freux , Corvus frugilegus Linn. Cornix frugilega Briss. — - Corvus granorum et advena Brehm. — Colœus frugilegus Kaup. De passage en hiver, séjourne pendant toute la mauvaise saison. 53. Cordeau choucas, Corvus monedula Linn. Lycos monedula Boie. — Colœus monedula Kaup. — Monedula turrium , arborea et septentrionalis Brehm. Le Choucas se rencontre dans nos trois départements , mais beaucoup moins commun que les espèces précédentes. Genre XXXVI. — CHOCARD , PYRRHOCORAX Vieill. 54. Chocard des Alpes , Pyrrhocorax Alpinus Vieill. Pyrrhocorax pyrrhocorax Temm. Le Chocard habite nos Pyrénées ; l'hiver il descend en plaine. Cette espèce est plus commune que la suivante. Genre XXXVII. — CRAVE, CORACIA Briss. 55 .Crave ordinaire , Coracia gracula G. R. Gray. Fregilus graculus G. Cuv. — F. Europœus Less. F. erythropus Swains. — Pyrrhocorax graculus Temm. — P. rupestris Brehm. — Coracia erythroramphos Vieill. Habite nos montagnes toute l'année; descend en plaine pendant l'hiver. Moins commun que l'espèce précédente. Genre XXXVIII. — CASSE-NOIX , NUC1FRAGA Briss. 56. Casse-noix ordinaire , Nucifraga caryocatacles Temm. Caryocatactes maculatus Kock. — C. caryocatacles Schleg. — C. nucifraga Nilss. — Nucifraga gutlata Vieill. — N. brachy- rhyncha Brehm. Deux individus auraient été capturés dans notre région pinicole ; l'un d'eux figure au Muséum de Bordeaux. (M. le D r Souverbîe.) Passage tout-à-fait accidentel. S.-Fam. II. — GARRULIENS, GARRULIN/E. Genre XXXIX. — PIE , PIC A Briss. . 57. Pie ordinaire , Pica albiventris Vieill. Pica caudata Linn. — P. melanoleuca Vieill. — P. Europœa Boie. P. varia Illig. Tomb XXVIII. 31 ( 452 ) Très-commune partout ; de passage et sédentaire : var. Albinismes. Genre XL. — GEAI, GARRULUS Briss. 58. Geai ordinaire , Garrulus glandarius Yieill. Glandarius pictus Kock. Sédentaire et de passage. Très-commun partout; en moins grande abondance dans les pins : var. Albinismes. (Muséum de Bayonne.) Famille. — LANIIDÉS , LANIID3). S.-Fam. I. — LANIENS , LANIWJS. Genre XLI. — PIE-GRIÈCHE , LANIUS Linn. 59. Pie-grièche grise, Lanius excubitor Linn. Lanius cinereus Briss. — L. major Pall. De passage régulier ; se rencontre depuis les derniers jours du prin- temps jusqu'au commencement de l'automne. Pas très-abondante. 60. Pie-grièche méridionale , Lanius meridionalis Temm. Très-rare, de passage accidentel. Un sujet, capturé aux environs de Pau , figure au Muséum de Bayonne ; un second individu , capturé aux environs d'Orthez , me fut adressé en 1 868. 61 . Pie-grièche d'Italie , Lanius minor Gmel. Lanius Italiens Lath.-— L. tigil Pall. — Enneoctonus ItalicusB. p. Très-rare; un sujet capturé aux environs d'Oloron figure au Muséum de Bayonne ; un second , capturé dans le département de la Gironde , figure au Muséum de Bordeaux. M. Burguet [loc. cit.) dit cette espèce de passage régulier. M. A. Docteur reproduit encore cette erreur. 62. Pie-grièche rousse , Lanius rufus Briss. Lanius pomeranus Gmel. — L. rutilus Lath. — L. rufipcs Betzius. L. melanotis Brehm. — Phoneus rufus Kaup. — Enneonoctonus rufus B. p. Arrive en avril, repart eu août. Commune partout. 63. Pie-grièche écorchedr, Lanius collurio Linn. Lanius spinitorquus Beclist. — L.'Dumetorum Brehm. — Enneo- noctonus collurio B. p. Mémos habitudes que l'espèce précédente. Aussi commune. ( 453 ) Famille. — STURNLDES, STURNIDm S.-Fam. I. -* STURNIENS, STURNW^. Genre XLII. — ÉTOURNEAU , STURNUS Linn. 64. Étourneau vulgaire, Sturnus vulgaris Linn. Sturnus varius Mey et Wolf. De passage en hiver, se tient dans les prairies près du bétail. Com- mun. Genre XLIII. — MARTIN , PASTOR Temm. 65. Martin-Pasteur , Pastor roseus Temm. Acridothères roseus Rauz. Un individu fut capturé en 1 868, dans la lande. (M. le D r Souverbie. ) Le '15 août 1 87 1 , M. Camiade en rencontra une quinzaine dans les en- virons d'Hendaye. Le 12 juin 1870, M. le D r Souverbie trouva chez M. Mathieu , marchand naturaliste, un sujet capturé à Macau ; le chas- seur qui le tua en vit deux autres le môme jour. Famille. — FRINGILLIDÉS, FRINGILLIDjE. S.-Fam. I. — PLOCÉPASSÉRIENS, FLOCEPASSERWJE. Genre XLIV. — MOINEAU, PASSER Briss. 66. Moineau ordinaire , Passer domesticus Briss. Pyrgita domestica Boie Commun partout. Var. Albinismes. 67. Moineau espagnol , Passer hispanicus Degl. Pyrgita salicaria B. p. — Passer salicarius Schleg. De passage, se rencontre chaque année aux environs d'Hendaye et de Saint-Jean-de-Luz , se tient toujours dans la campagne, quelquefois avec le Passer domesticus Briss/Pas très-abondant. M. A. Docteur cite comme assez commun le Moineau Italien , Passer Italiœ Degl. — Cet auteur rapporte même en avoir tué au Jardin-Public de Bordeaux. Avant 1856 et depuis cette époque, aucun ornithologiste n'a pu s'assurer de sa présence dans le Sud-Ouest, aussi croyons- nous prudent de ne pas l'admettre. 68. Moineau friquet, Passer montâmes Degl. Passer montanina Pall. — Pyrgita montana Boie. Commun, de passage régulier, arrive en avril, repart à la fin automne, niche en grand nombre dans le nord-est du département de la Gironde. ( 454 ) 69. Moineau soulcie, Passer pctronia Degl. Passer sylvestris Briss. — Pctronia rupestris Degl. De passage régulier, plus commun dans l'est et sud-est de la région, que dans les autres parties où il se trouve rarement. S -Fam. II.— PYRRHULIENS, PYRRHVL1NJS. Genre XLY. — BOUVREUIL , PYRRHULA Briss. 70. Bouvreuil ordinaire, Pgrrhula lulgaris Temm>. Pijrrhula rubieilla Pall. — P. Europœa Vieill. De passage régulier chaque printemps, se tient le plus souvent dans les vergers où il se nourrit des fleurs des arbres fruitiers. Genre XLYI. — SERIN, SERINUS Koch. 71. Serin méridional, Serinus mcridionalis Brehm. De passage régulier au printemps et en automne. Commun. S.-Fah. III. — LOXIENS, L0XW2E. Genre XLYII. — BEC CROISÉ, LOX1A Briss. 72. Bec croisé ordinaire, Loxia curvirostra Linn. Curvirostra abietina Mey. — Curvirostra pinetorum Brehm. De passage très-irrégulier en automne et en hiver, arrive par compa- gnies assez nombreuses et s'établit dans nos forêts de pins et en tous lieux où il rencontre des Conifères. Ils sont peu sauvages et faciles à capturer. S -Fam. IV. — COCCOTHRAUSTIENS, COCCOTHRAUSTINjE. Genre XLYIII. — GROS BEC, COCCOTHRAUSTES Briss. 73. Gros bec ordinaire , Coccothraustcs vulgaris Vieill. De passage régulier; se rencontre en septembre jusqu'en décembre et janvier. Rare au printemps. S.-Fam. V. — FRINGILLIENS , FR1NG1LLINJE. Genre' XLIX. — YERDIER , CHLORIS Brehm. 74. Yerdier ordinaire, Chloris flavigaster Swains. Hgurinns chloris Kock. — Chlorospiza chloris B. p. Sédentaire et de passage. Commun. ( 455 ) Genre L. — PINSON , FRINGILLA Linn, 75. Pinson ordinaire , Fringilla cœlebs Linn. Passer spiza Pall. — Structus cœlebs Boie. Sédentaire et de passage. Commun. Var. Albinismes, plumes lavées de blanc. (Notre collection). 76. Pinson des Ardennes , Fringilla montifrigilla Linn. Struthus montifrigilla Boie. De passage régulier en novembre jusqu'en janvier. Genre LI. — NIVEROLLE , MONTIFRINGILLA Brehm. 77. Niverolle des neiges , Montifringilla nicalis Brehm. Leucosticte nivalis. 0. des M. Se rencontre sur les Pyrénées près des neiges ; descend dans la plaine pendant les hivers rigoureux. Assez rare. Le Muséum de Bordeaux pos- sède un individu tué dans la Gironde. Genre LU. — CHARDONNERET, CARDUELIS Briss. 78. Chardonneret élégant, Carduelis elegans Steph. Spinus carduelis Kock. Sédentaire et de passage. Commun. Var. Albinismes. (M. A. Sire.) Genre LUI. — TARIN , CHRYSOMITRIS Boie. 79. Tarin ordinaire , Chrgsomitris spinus Boie, De passage régulier en septembre, octobre, avril. Commun. Genre LIV. — LINOTTE , LINOTTA B. p. 80. Linotte ordinaire , Linotta cannabina B. p. Linaria cannabina Boie. Sédentaire et de passage. Commune. Var. Albinismes. (Muséum de Bordeaux.) Genre LV. — SIZERIN , LINARIA Vieill. 81. Sizerin cabaret, Linaria rufescens Vieill. Linaria minima Briss. — L. flavirostris Brehm. — Linotta lina- ria B. p. — Acanthis rufescens B. p. — Linacanthis rufescens 0. des M. Assez rare. De passage presque accidentel en octobre et novembre, se rencontre le plus souvent dans les vignes hautes. Beaucoup plus rare dans le département de la Gironde que dans les deux autres. ( 456 ) S.-Fau. Vil. — EMBÉR1ZENS , EMBEMZINJE. Genre LVI. — PROYER , MILIARIA. 82. Proyer d'Europe , Miliaria Europœa Brehm. Emberiza miliaria Linn. — Cynchramus miliaria B. p. — Eryp~ tophaga miliaria Caban. De passage régulier tous les hivers ; se tient dans les champs en compagnie des Alouettes, etc., etc. Commun. Genre LYII. — BRUANT, EMBERIZA Linn. 83. Bruant jaune , Emberiza citrinclla Linn. Emberiza sepiaria Briss. — E. eleothorax Bechst. Sédentaire et de passage en avril et octobre. Un certain nombre se reproduit dans nos contrées. 84. Bruant zizi , Emberiza cirlus Linn. Sédentaire et de passage au printemps et en automne. Sédentaire dans toute la Chalosse et le département de la Gironde. Assez rare dans la région pinicole et aux environs de Bayonne. 85. Bruant fou , Emberiza cia Linn. Emberiza pratensis Briss. — E. barbata Scop. — E. lotharingica Gmel. — Buscarla cia B. p. De passage régulier tous les hivers , mais en assez petit nombre. 86. Bruant Ortolan , Emberiza hortulana Linn. Emberiza chlorocephala Gmel. — Citrinella hortulana Kaup. — Hortulanus chlorocephalus B.p. — Glycyspina hortulana Caban. De passage en avril, effectue son retour vers les derniers jours du mois d'août et les premiers jours de septembre. En Chalosse , on le chasse à ces deux époques pour l'engraisser en volières. Cette chasse serait aussi productive dans le département de la Gironde.Var. Mélanismes. 87. Bruant des neiges , Emberiza nivalis Linn. Hortulanus nivalis Briss. — H. glacialis Leach. — Emberiza montana et mustellina Gmel. — E. glacialis Lath. — E. bo- realis Degl. — Plectrophanes nivalis Mey et Wolf. — Passerina nivalis Vieill. Pendant l'hiver de \ 870-71 ', un individu fut capturé à Montgaillard , près Saint-Sevcr, et apporté à M. V. Diris, qui l'a monté. (Notre col- lection.) ( 457 ) Genre LVIII. — CINCHRAME , CINCHRAMUS Boie. 88. Cinchrame schoenicole , Cinchramus schœniclus Boie. Emberiza schœniclus Liim. — E. passerina Pall. — E. arundina- cea Gmel. — E. Ditrazzi B. p. — Schœnicola arundinacea B. p. — Buscarla pityornis B. p. De passage régulier en hiver, se tient dans les joncs, les buissons , dans les plaines marécageuses. M. A. Docteur {loc. cit.) signale le Cinchramus pyrrhuloïdes Caban, qui aurait été capturé en novembre 1855 aux environs de Bordeaux. Famille. — ALAUDLDES . AL AUDIBLE. S.-Fam. I. — ALAUDIENS , ALAVDINjE. Genre LIX. — ALOUETTE , ALAUDA Linn. 89. Alouette des champs, Alauda arvensis Linn. Alauda vulgaris Leach. — A. cœlipeta Pall.— A. montana Crespon. De passage en automne , demeure jusqu'au printemps. Var. Al- binismes. 90. Alouette calandrelle, Alauda brachydactyla Loisler. Alauda arnearia Vieill. — Calandrella brachydactyla Kaup. — Melanocorypha arenaria B. p. — M. italica et brachydactyla Brehm. — Phileremos brachydactyla Keys et Blas. — Calan- dritis brachydactyla Caban. De passage en automne et en hiver; voyage par petites bandes, se tient dans les champs découverts , les sables du littoral. Cette espèce est ici la moins abondante du genre. La Calendrelle est fort appréciée des éleveurs à cause de son chant agréable et particulier. 91. Alouette lulu, Alauda cristatella Lath. Alauda arborea Linn. — A. nemorosa Gmel. — Galerida nemo- rosa et arborea Brehm. — Lullula arborea Kaup. De passage en automne , demeure jusqu'en février et mars. Quelques rares sujets sont sédentaires. Genre LX. — OTOCORIS , OTOCOR1S B. p. 92. Otogoris alpestre , Otocoris alpestre B. p« Alauda alpestris Linn. — A. virginiana Briss. ■— A. flava Gmel. A. nivalis Pall. — Eremophila cornuta Boie . — Phileremos alpestris Brehm. ( 458 ) Un sujet fut capturé aux environs de Dax, vers le 2o août 1872 , à une chasse aux filets. (Collection A. Sire. ) — Dans Y Ornithologie Eu- ropéenne , MM. Degland et Gerbe citent des apparitions de cette espèce aux environs de Bordeaux , que nous n'avons pu confirmer. Genre LXI. — CALANDRE , MELAXOCORYPHA Boie. 93. Calandre ordinaire , Melanocorypha calandra Boie. Assez rare de passage accidentel dans le département des Basses- Pyrénées. Cette espèce n'a pas été signalée dans les départements des Landes et de la Gironde. Genre LXII. — COCHEVIS, LULLULA Kaup. 94. Cochevis huppé, Lullula cristata Kaup. Galerida cristata et undata Boie. — G. viarum Brehni. Sédentaire et de passage, se tient sur les routes, les plaines ari- des, etc. Famille. — MOTAC1LLIDES, MOTACILLID.E. S.-Fam. I.— AN1HIENS, ANTHININM. Genre LXIII. — AGRODROME, AGRODROMA Swaius. 93. Agrodrome champêtre, Agrodroma campestris Swains. Anthus campestris Bechst. — A. rufescens Temm. — A.rufus Vieill. Arrive en mai , effectue son retour en septembre ; se tient de préfé- rence dans les plaines arides et sur les dunes du littoral , où il séjourne quelques jours à l'époque de ses migrations. Genre LXIV. — PIPI , ANTHUS Bechst. 96. Pipi Richard , Anthus Richardi Vieill. Anthus longipes Hollandre. — A. rupestris Ménest. — A. ma- cronyx Gloger. — Cory dalla Richardi Yig. De passage régulier en septembre et octobre. Se rencontre dans les herbages près des étangs, et dans les prairies qui bordent les grands cours d'eau :Royan, Blaye, Arcachon, Cazaux, Bayonne, Saint- Jean-de-Luz. 97. Pipi des arbres , Anthus arborais Bechst. Pipaslcs arborais Kau. — Dendronanlhus arborais Blyth, Arrive vers les premiers jours d'avril , se tient sur les arbres isolés an milieu des landes de bruyères eu avril et mai; dans les champs parmi les herbages en automne, époque oii il esl très-gras. ( 459 ) 98. Pipi des prés , Anthus pratensis Bechst. Anthus sepiarinus Vieill. — A. tristis Baill. — Leimoniplera pra- tensis Kaup. Très-commun; de passage en mars et en septembre. Var. Albinismes , face et gorge d'un blanc pur. (Notre collection. ) Yar. Isabelle. (Muséum de Bordeaux. ) ,99. Pipi spioncelle , Anthus spinoletta B. p. Aiithus aquaticus Bechst. — A . montanus Koch. De passage en avril; se rencontre dans les premiers jours de son ar- rivée dans les prairies maritimes de Royan, Blaye, Arcachon, Bayonne, Saint- Jean-de-Luz , Hendaye ; remonte ensuite vers les Pyrénées en sui- vant les bords de la Nive, de la Nivelle, de la Bidassoa et de la Garonne. 1 00. Pipi obscur , Anthus obscurus Keys et Blas. Anthus rupestris Nilss. — .4. Petrosus Flem. — A. littoralis Brehm. —A. aquaticus Selby. —A. immutabilis Degl. — Spipola obscura Leach. De passage sur tout le littoral en avril, septembre et octobre ; vit seul ou en petit nombre. Pas très-abondant. S.-Fam. III. - MOTACILLIENS , MOTACILLWJE. Genre LXV. — BERGERONNETTE , MOTACILLA Linn. 1 01 . Bergeronnette printanière , Motacilla flava Linn. Motacilla verna Briss. — M. flazeola Pall. — Budytes flava B. p. Motacilla neglecta Gould. Arrive en avril , repasse en septembre et octobre ; beaucoup demeu- rent tout l'été. 1 re Var. Bergeronnette de Ray, Motacilla flava Rayi Schleg. Motacilla campestris Pall. — M. flavcola Temm. Mêmes habitudes que l'espèce type. Se rencontre aux environs de Bordeaux, Arcachon, ou elle est commune. (M. leD r Marmottan.) Plus rare aux environs de Bayonne. 2 e Var. Bergeronnette à tête cendrée , Motacilla flava cinereocephala Schleg. Motacilla cinereocapilla Savi. — M. Feldedgii Michael. — Budytes cinereocapilla B. p. Moins abondante que la variété précédente. Plus commune aux en- virons de Bayonne qu'aux environs de Bordeaux. ( 460 ) 3° Var. Bergeronnette mélanocépnale , Motacilla fiai a melanocephala Schleg. Motacilla melanocephala Liehst. — M. flam . Var. 3 borealis et var. 5 Africana Suûdew. — Budytes melanocephala Ménest. Le 3 Septembre 1872, j'ai rencontré aux halles de Bordeaux une Motacilla flava melanocephala Schleg mâle.. Elle se trouvait avec les Motacilla flâna Linn. , qui arrivent sur nos marchés, des environs d'Arcachon. Si ce sujet ne vient pas du département de la Gironde, on peut néanmoins affirmer qu'il aura dû être capturé sur quelque point du Sud-Ouest. 102. Bergeronnette grise, Motacilla alba Linn. Motacilla cinerea Briss. De passage en mars , effectue son retour en septembre et octobre , se tient de préférence dans les champs nouvellement labourés. Quelques couples se font remarquer presque chaque année dès le mois de jan- vier, se cantonnent et se reproduisent dans la contrée. Var. Bergeronnette de Yarell, Motacilla alba Yarellii Dubaï. Motacilla lugubrîs Temm. — M. alba lugubris Schleg. — < M. alba Flem. Mêmes habitudes que l'espèce précédente. Commune partout. A 03. Bergeronnette boarule , Motacilla boarula Penn. Motacilla flava Brist. — M. sulphurea Bechst. — M. melanopa Pall. M. montium Brahm. — Calobates sulphurea Kaup. — Pallenura flava B.p. — P. sulphurea B.p. Arrive au printemps , repart en automne. Se tient près des cours d'eau, assez commune dans les Pyrénées. C'est par erreur que MM. Degland et Gerbe la donnent comme sédentaire dans les Basses-Pyré- nées. Genre LXVI.— AGUASSIÈRE , HYDROBATA Vieill. 104. Aguassière gincle, Hydrobata cinclus G. R. Gray. Cinclus aquaticus Bechot. — Hydrobata albicollis Vieil. Sédentaire. Habite les Pyrénées près des torrents et des cours d'eau qui descendent des montagnes. Il nous paraît fort étrange et invraisem- blable que cette espèce s'égare quelquefois dans le département de la Gi- ronde, comme le dit M. Burguet [loc. cit.), et le reproduit M. A. Docteur. ( 461 ) Famille.— ORIOLIDÉS-, OMOLIDJE, Genre LXVII. — LORIOT, ORIOLVS Linn. 4 05. Loriot jaune, Oriolus galbula Linn. Coracias oriolus Scepol. Arrive au printemps , repart en Juin. Commun. Famille.— TURDLDES, TUBDIDtâ. Genre LXVIII. — MERLE , TURDUS Linn. 106. Merle noir, Turdus merula Linn. Merula merula Bois. — M. vulgaris B.p. Sédentaire et de passage. Cet oiseau , si commun il y a quelques an- nées , devient chaque jour de plus en plus rare dans tout le Sud-Ouest. Des chasseurs et des paysans nous ont rapporté en avoir trouvé des quantités morts pendant les mois de juin, juillet et août 1869. Var. Albinismes. 1 07. Merle a plastron , Turdus torquatus Linn. Merula montana Briss. — M. torquata Boiss. — M. collaris et al- pestris Bréhm. De passage en hiver et au printemps. Fréquente les vallées 'de nos montagnes et se rencontre encore , mais rarement , sur tous les points, de nos départements. 108. Merle litorne, Turdus pilaris Linn. Turdus musicus Poil. — Accentorius pilaris Kaup. De passage tous les hivers , surtout du 1 er au 30 janvier ; voyage par bandes. 109. Merle drain. Turdus viscivorus Linn. Turdus major Briss. — T. arboreus Brehm. Sédentaire et de passage; arrive vers le 15 septembre, repart en avril. Var. Albinismes. (Muséum de Bordeaux ; collection Sentex ). 110. Merle mauvis , Turdus iliacus Linn. Turdus illas Pall. De passage [régulier ; arrive en octobre , abonde dans les vignes en automne, surtout aux environs de Bordeaux! 111. Merle grive , Turdus musicus Linn. Turdus pilaris Poil. — T. philomelos Krehm. Arrive par petites bandes en automne , repart au printemps. ( 462 ) Genre LXIX. — MOXTICOLE , MONTICOLA Bon-. 112. Montigole bleue, Monticola cyanea. ■ Petrocossyphus cyaneus Boie. — Petrocincla cyana Keys et Blas. Assez rare. Sédentaire dans les Pyrénées. Se tient dans les gorges. Très-farouche et difficile à capturer. 413. Monticole de roche , Monticola saxatilis Boie. Petrocincla saxatilis Vig. — Petrocossyphus saxatilis Boie. — P. Goureyi et polyglottus Brehm. Plus commun que l'espèce précédente. Sédentaire. Se tient sur les montagnes; descend dans la plaine pendant l'hiver. Ces deux espèces, que l'on rencontre sur tout le cordon des Pyrénées, n'ahondent nulle part. Genre LXX. — ROSSIGXOL , PHILOMELA Selby. 414. Rossignol ordinaire, Philomela luscinia Selby. Luscinia philomela B. p. — Lusciola luscinia Keys et Blas. — Erythacus luscinia Degl. De passage régulier; arrive en avril, repart en septembre. Commun. Genre LXXI. — LUSCILE , LUSCIOLA Schleg. 4 45. Luscile rouge-gorge , Lusciola rubecula Schleg. Dandalus rubecula Boie. — Rubecula familiaris Blyth. — Ery- thacus rubecula Macgill. Sédentaire , se tient dans les grands bois pendant l'été; dans les buis- sons , près des maisons d'habitation pendant l'hiver. 416. Luscile gorge bleue , Lusciola cyanecula Scldeg. Cyane cula suecica Brehm. De passage régulier du 15 au 30 avril ; suit les grands cours d'eau, la Garonne, la Dordogne, l'Adour, la Nive, etc., etc. A son retour de septembre , il est moins abondant et se rencontre en tout lieu. 4 17. Luscile rouge-queue , Lusciola phœnicura Schleg. Ficedula phœnicura Boie. — Phœnicura ruticilla Swains. — Ery- thacus phœnicurus Degl. Arrive au mois de mai , demeure jusqu'en octobre. Commune. 118. Luscile tithys, Lusciola tithys Schleg. Ruticilla Gibraltarensis Briss. — R. tithys Brehm. — Phœnicura tithys Jard. et Selby. — Erythacus tithys Degl. ( 463 ) Arrive en avril , repart en octobre. Après leur arrivée , bon nombre so rapprochent des Pyrénées pour la ponte. Commune, Var. Albinismes. Mâle dont toutes les plumes sont d'un blanc presque pur. ( Collection G. Camiade. ) Genre LXXII. — TRAQUET , SAXICOLA Bechst. 119. Traquet motteux, Saxicola œnanthe Bechst Vitiflora cinerea et grisea Briss. — Œnanthe cinerea Vieil!. — Vi- tiflora œnanthe Boie. Arrive en avril, demeure une quinzaine de jours sur le littoral, puis continue son passage ; reparaît en septembre et octobre , époque du retour. Quelques couples se reproduisent sur les dunes de la côte. 120. Traquet stapazin, Saxicola stapazina Temm. Vitiflora rufa Briss. — V. stapazina B. p. — Œnanthe stapazina Vieill. De passage presque régulier, mais assez rare. Arrive en avril, re- paraît quelquefois en septembre. Genre LXXIII. — TARIER , FRUTICICOLA Macgill. 121. Tarier ordinaire, Fruticicola rubetra Macgill. Saxicola rubetra Bechst. — Pratincola rubetra Koch. — Œnanthe rubetra Vieill. Arrive au printemps , repart en octobre. Se rencontre partout. 122. Tarier rubicole, Fruticicola rubicola Dubaï. Saxicola rubicola Bechst. — Pratincola rubicola Koch. — Œnanthe rubicola Vieill. Sédentaire et de passage. Se tient le plus souvent en plaine. Mêmes habitudes que l'espèce précédente. S.-Fam. II. — ACCENTORIENS , ACCENTORINjE. Genre LXXIV. — ACCENTEUR , ACCENTOR Bechst. 123. Accenteur alpin, Accentor alpinus Bechst. Habite les plus hautes montagnes des Pyrénées. Rare dans le dépar- tement des Basses-Pyrénées ; manque dans ceux des Landes et de la Gironde. M. A. Docteur {loc. cit.) nous apprend que l'Accenteur alpin niche dans la Gironde ; mais nous refusons de croire parce que nous n'avons pas vu , et que le fait n'est pas vraisemblable. ( 464 ) M. V al Diris aurait capturé un sujet de cette espèce en 1 835 , à La Fauquille , près Saint-Sever. 124. Accenteur mouchet , Accentor modularis Bechst. Tharraleus modularis Kaup. — Prunella modularis Vieill. Se tient pendant l'été dans les grands bois qui avoisinent les Pyré- nées ; pendant l'hiver il se répand dans toute la contrée. S.-Fam. III. — SYL VIENS , SYLVINjE. Genre LXXV. — FAUVETTE , SYLVIA Scopol. 425. Fauvette a tète noire , Sylvia atricapilla Scopol. Curruca atricapilla Swains. — Epilaïs atricapilla Caban. De passage en avril, septembre et octobre. Son passage d'avril s'ef- fectue en quelques jours. Commune. 126. Fauvette des jardins, Sylvia hortensis Leth. Sylvia œdonia Vieill. — Curruca hortensis Koch. — Epilaïs hor- tensis Kaup. — Adomis hortensis G.-R. Gray. Arrive en mai , demeure jusqu'en automne. Commune. 127. Fauvette ordinaire, Sylvia garrula Bechst. Curruca garrula Briss. — Sylvia curruca Lath. Arrive en mai , demeure jusqu'en automne. Commune. 1 28. Fauvette Orphée , Sylvia Orphœa Temm. Sylvia grisea Vieill. — Curruca Orphœa Boie. De passage en avril, août, septembre et octobre. Son passage d'avril s'effectue en quelques jours. Assez rare aux environs de Bayonne , Dax , Pau ; plus commune aux environs de Bordeaux , Saint-André-de- Cubzac, Bourg, Lesparre. M. Burguet [loc. cit. ) a signalé une capture du Sylvia melanocephala Lath. dans la Gironde ; le sujet aurait fait partie de la collection de M. Dubroca de Barsac. C'est là le seul renseignement que nous ayons sur la présence de cette espèce dans notre contrée. 129. Fauvette grisette, Sylvia cinerea Briss. Curruca cinerea Briss. — C. sylvia Steph. — Sylvia fruticeti et cinerea Bechst. Arrive en avril , repart dès les premiers jours d'octobre. Commune. Genre LXXVI. — PITCHOU , MELTZOPHILLUS Leach. 130. Pitciiou de Provence , Melizophillus provincialis Jcnyns. Thamnodus provincialis Kaup. ( 165 ) Sédentaire dans la lande , de Bordeaux à Bayonne ; se tient dans les joncs, les buissons épais où il est assez difficile à capturer. S.-Fam. IV. — CALAMOHERPIENS , CALAMOHERPINJE. Genre LXXVII. — HYPOLAIS , HYPOLAIS Brehm. 131. Hypolaïs ictérine , Hypolaïs icterina Z. Gerbe. Hypolaïs salicaria B. p. — H. polyglotta De Sélys. — Ficedula hypolaïs Keys et Blas. — Salicaria italica B. p. Arrive vers le mois de mai , repart en septembre ; se tient dans les bosquets , les jardins, etc. Commun. 1 32. Hypolaïs polyglotte , Hypolaïs potyglotta Z. Gerbe. Ficedula polyglotta Schleg. Arrive au printemps , et repart vers les derniers jours de l'été; se tient sur les grands arbres. Genre LXXVIII. — ROUSSEROLLE , CALAMOHERPE Boie. 133. Rousserolle turdoïde , Calamoherpe turdoïdes Boie. Arundinaceus turdoïdes Less. — Salicaria turdoïdes Keys et Blas. Acrocephalus arundinaceus G.-R. Gray. — Salicaria turdina Schleg. Arrive dans les premiers jours du printemps ; se tient dans les marais parmi les roseaux. A l'époque des amours, le mâle, cramponné à un roseau, ne cesse de chanter tout le jour près du nid de la femelle. Son chant est bruyant et désagréable. Repart en août. 134. Rousserolle effarvate, Calamoherpe ar undinacea Boie. Acrocephalus arundinaceus Naum. — Salicaria arundinacea Boie. Calamodyta strepera G.-R. Gray. — Calamoherpe obscuro- capilla Dubois. Arrive dans les premiers jours de mai ; se tient parmi les joncs et les- roseaux autour des étangs. Repart dans les premiers jours de septembre.. 135. Rousserolle verderolle, Calamoherpe salicaria. Calamoherpe palustris Boie. — Salicaria palustris Keys et Blas. — Calamoherpe pratensis Jaubert. Arrive en mai ; se tient généralement sur les saules près des lieux marécageux. Repart dans les premiers jours d'août. . ( 466 ) Genre LXXIX. — BOUSCARLE , CETTIA B. p. 136. B:)uscarle LUsemoïDE , Cettia luscinoides Z. Gerb. Pseudo-lucinia Savii B. p. — Lusciniopsis Savii B. p. — Lusci- niola Savii B. p. (1). De passage régulier; assez rare aux environs de Bayonne, plus abon- dant aux environs de Bordeaux, marais de Cubzac, Ambès, Magri- gne, etc. Arrive en Avril, repart en juillet. 137. Bouscarle cetti, Cettia cetti Degl. Potamodus cetti Kaup. — Cettia altisonaus et sericea B. p. — Sali- caria cetti Keys et Blas. — Calamodyta cetti et sericea G.-R. Gray. — Bradypterus cetti Caban. Se rencontre chaque année dans les marais de la Gironde. Plus rare dans les Landes et les Basses-Pyrénées. Arrive en mars, repart en octobre. Genre LXXX . — LOCUSTELLE , LOCUSTELLA Kaup. 138. Locustelle tachetée, Locustella nœvia Degl. Acrocephalus fluviatilis Naum.- t - Calamoherpe locustella Boie. — C. tenuirostris Brelim. ■ — Salicaria locustella Selby. — Lo- custella Rayi Gould. Arrive en Avril; se tient dans les joncs près des nappes d'eau; se rencontre dans toute la région. Repart en septembre. Pas très-abondante. Genre LXXXI — PHRAGMITE , CALAMODYTA Mey et Wolf. i 39. Phragmite des joncs , Calamodyta phragmitis Mey et Wolf. Acrocephalus phragmitis Naum. — Calamoherpe phragmitis Boie. Calamodus phragmitis Boie. — Salicaria phragmitis Selby, Commun depuis le printemps jusqu'aux derniers jours de l'été ; se tient dans les joncs près des étangs et des cours d'eau. 140. Phragmite aquatique, Calamodyta aquatica B. p. Calamodyta caryceti et schœnobœnus B. p. — Calamodui salica- rius Caban. — Salicaria aquatica Keys et Blas. Commun. Arrive en petit nombre dès le printemps et repart en sep- tembre. Mômes habitudes que l'espèce précédente. (1) Si nous avons reproduit ici la synonymie du prince Cb. Bonaparte, c'est sim- plement pour rappeler avec quelle facilité cet auteur a jeté, la confusion dans les genres et les espèces. ( 467 ) Famille. — TROGLODYTLDÉS , TROGLODITIDœ. Genre LXXXII. — TROGLODYTE , TROGLODYTES Vieill. 141. Troglodyte mignon, Troglodytes partulus Koch. Troglodytes Europœus Vieill. — T. punctatus Boie. — T. vul- garis Temm. — T. troglodytes Schleg. — Anorthura communis Rennie. Commun partout. Sédentaire ; se tient dans les haies et les buissons épais. Famille. — REGULLDÉS , BEGULIDsE. S.-Fam. I. — REGULIENS , RE GV LIN M. Genre LXXXIII. — ROITELET , REGULUS G. Cuv. 142. Roitelet triple bandeau, Regulus ignicapillus Liehst. Regulus pyrocephalus Brehm. Commun. De passage en avril ; effec'ue sou retour en octobre. Se tient sur les grands arbres et sautille sans cesse. 143. Roitelet huppé, Regulus cristatus Charlet. Regulus flavicapillus Naum. De passage dans les premiers jours de mai ; effectue son retour en octobre. Mêmes habitudes qne l'espèce précédente. S.-FAM. II. - FICEDULIENS , FICEDVLINM. Genre LXXXIV. — POUILLOT , FICEDULA Briss. 144. Pouillot fitis , Ficedula fiti s Koch. Phyllopneuste fitis Mey et Wolf. — P. icterina B. p. — P. trochi- lus Keys et Blas. — Phylloscopus trochilus Brehm. — Ficedula trochilus Boie. Commun dans toute la contrée. Arrive en avril , repart en septembre; se tient dans les bois ; en août et septembre dans les vergers et les jardins. 1 45. Pouillot véloce , Ficedula velox. Phyllopneuste rufa B. p. -—Phylloscopus rufus Kaup, — Ficedula rufa Bechst. Très-commun partout. Sédentaire et de passage ; mêmes habitudes que l'espèce précédente. 146. Pouillot siffleur, Ficedula sibilatrix Koch. Phyllopneuste sibilatrix et sylvicola Brehm. — Sylvicola sibilatrix Eyton. — Sibilatrix sylvicola Kaup. Tome XXVIII. 32 ( 468 ) Pas très-abondant. Se rencontre en mars, juin, juillet et août dans les bois. 1 47. Pouillot de Bonelli , Ficedula Bonelli Keys et Blas. Phyllopneuste Bo?ielli B. p. Arrive en mai , repart en septembre ; passage régulier. Assez rare. Mêmes habitudes que l'espèce précédente. Famille.— PAKIDÉS, PAMID/E. S.-Fam. I. - P ARIENS, PARWjE. Genre LXXXY. — MÉSANGE , PARUS Linn. 1 48. Mésange charbonnière , Parus major Linn. Parus robustus Brehm. — P. fringUlago Pall. Sédentaire. Se tient dans les bois, les jardins, etc., etc. 1 49. Mésange noire , Parus ater Linn. Parus atricapillus Briss. — P. carbonarius Pall. — P. abietum Brehm. — Pœcile ater Kaup. De passage régulier; quelques individus sont sédentaires. C'est la moins commune du genre. 150. Mésange bleue, Parus cœruleus Linn. Parus cœrulescens Brehm. — Cyanistes cœruleus Kaup. Commune et sédentaire. 1 51 . Mésange huppée , Parus cristatus Linn. Parus mitraius Brehm. — Lophophanes cristatus Kaup. Sédentaire et abondante dans les forêts de pins de Bordeaux à Bayonne, où elle se nourrit en majeure partie de processionnaires. Se rencontre en plus grand nombre près du littoral. 152. Mésange nonnette, Parus palustris Temm. Parus cinereus communis Baldeust. — P. salicarius Brehm. — P. fruticeti Walleng. Sédentaire sur les Pyrénées. En automne et en hiver, elle s'avance jusqu'à la Dordogne. Se tient près des marécages ; quelques sujets sont sédentaires dans la Chalosse et dans tout le département des Basses- Pyrénées. Genre LXXXVI. — MÉCISTURE , MECISTVRA. 153. Mécisture errante, Mecistura vagans Leach. Acredula caudata Kock. — Œgithuhis raudatus Boie. — Paroides ( 469 ) caudatus et longicaudus Brehm. — Mecistura caudataB. p. — Orites caudatus G-.-R. Gray. Sédentaire. Se tient dans les grands bois. Suivant les paysans de la Chalosse, cette espèce n'apparaîtrait dans les vergers et les jardins qu'à l'approche de la pluie. Il est vrai en effet , cpie cette espèce a certaines habitudes erratiques remarquables. S.-Fam. II — OEGITHALIENS , OEGITHALWJE. Genre LXXXVII. — PANURE , PANURUS Koch. 454. Panure a moustaches , Panurus biarmicus Koch. Calamophilus biarmicus Leach. — Mystacinus biarmicus Boie. — Œgithalus biarmicus Boie. — Calamophilus barbatas Keys et Blas. Se rencontre, mais rarement, sur les bords de la Bidassoa. Deux individus de cette localité figurent au Muséum de Bayonne. M. A. Docteur (loc. cit.) la dit très-rare dans les marais du Médoc où on la prend le long des chenevrières. Nous n'avons pas d'autres documents sur cet habitat douteux. Œgithalus pendulinus Boie. M. A. Docteur [loc. cit.) mentionne cette espèce comme habitant les bords des cours d'eau; sédentaire, mais peu commune il est vrai. Nous n'avons jamais rencontré la Rémiz penduline , et il n'est pas à notre connaissance qu'il ait été capturé quelque sujet dans le Sud-Ouest, point opposé à sa zone géographique. Mais pourquoi M. A. Docteur ne nous dit-il pas dans quelle collection sont les individus dont il parle ? Ampelis garrulus Linn. , Jaseur du Bohême. « Très-rare, de passage accidentel. M. A. Docteur {loc. cit.) » M. A. Docteur néglige encore ici de nous dire dans quelle collection figurent les sujets capturés. — Le Jaseur du Bohême est rare en France, et ne se rencontre que pendant les hivers rigoureux dans le nord de cet État. Cette espèce n'ayant jamais été observée , à notre connaissance, dans le Sud-Ouest , nous ne pouvons l'admettre comme faisant partie de notre faune. Famille. — MUSCICAPIDËS, MUSCICAPID/E. S.-Fam. I. — MUSC1CAPIENS, MUSCICAPINM. Genre LXXXVIIÎ. — GOBE-MOUCHE , MUSCICAPA Briss. 155. Gobe-Mouche noir, Muscicapa nigra Briss. ( 470 ) Muscicapa ficedulina Linn. — M. atricapilla Linn. — M. musci- peta Bechst. — M. luctuosa Temm. De passage régulier en avril, effectue son retour en septembre. Pas très-abondant. 156. Gobe-Mouche a collier , Muscicapa collaris Bechst. Muscicapa atricapilla. Var. Y Gmel. — M. albicollis Temm. — M. streptophora Vieill. De passage en avril et en septembre. Plus commun pendant la se- conde époque de son passage que pendant la première. Genre LXXXIX. — BUTALE , BUTALIS Boie. 157. Butale gris , Butalis gnseola Boie. Muscicapa grisola Linn. Arrive dans nos contrées dans les derniers jours de février, effectue son retour en septembre et octobre. Beaucoup se reproduisent dans la région. Famille. — HIRUNDINIDÉS, HIBUNDINIDAu. Genre XC. — HIRONDELLE , HIRUNDO Linn. 158. Hirondelle rustique, Hirundo rustica Linn. Hirundo domestica Briss. — Cecropis rustica Boie. — C. pagorum. Commune partout. Var. Albinismes H. de Laurent. Arrive en avril, repart aux premiers jours d'octobre. Genre XCI. — CHELIDON , CHELIDON Boie. 1 59. Chelidon de fenêtre , Chelidon urbica Boie. Chelidon fenestrarum et rupestris Brehm. Commune partout. Arrive en avril , repart en octobre. Genre XCII. — COTYLE , COTYLE Boie. 160. Cotyle riveraine, Cotyle riparia Boie. Cotyle fluviatilis et microrhynchos Brehm. Commune. Se tient près des rivières , des grands étangs. Arrive en avril , repart en août. ( 471 ) IV e DIVISION PASSEREAUX ANOMODACTYLES , PASSERES ANOMODACTYL1. Famille V. — CYPSÉLIDÉS, GTPSELID^. Genre XCIII. — MARTINET, M1CROPUS Mey et Wolf. 164. Martinet noir (I) , Micropus mwarius Mey et Wolf. Cypselus apus Illig. — C. niger Leach. — Micropus apus Boie. Commun. Arrive eu mai , repart en août. 162. Martinet alpin , Micropus alpinus Mey et Wolf. Cypselus melba Illig. — Micropus melba Boie. De passage régulier sur nos Pyrénées, mais assez rare. Arrive en mai , repart en août. Famille — CAPRIMULGLDÉS , GAPBIMULGID^J. S.-Fam. I — CAPRIMULGIENS, CAPRMULGWM. Genre. XCIV. — ENGOULEVENT, CAPRIMULGUS Linn. 163. Engoulevent d'Europe, Caprimulgus Européens Linn. Caprimulgus punctatus Mey et Wolf. — C. vulgaris Vieill. — C. maculatus Brehm. — Nyctichelidon Europœus Linn. Commun. Arrive en avril, repart en octobre. 164. Engoulevent a collier roux, Caprimulgus ruficollis Temm. Caprimulgus rufitorquatus Vieill. De passage accidentel. Trois sujets capturés aux environs de Bayonne figurent au Muséum de cette ville. TROISIÈME ORDRE. PIGEONS, COLUMBM Famille. — COLOMBIDÉS, COLUMBIB^) S.-Fam. I.— COLOMBIENS , COLUMBINM. Genre XCV. — COLOMBE, COLUMBA Linné. 165. Colombe ramier, Columba palumbus Linn. Columba tor quota Leach. — Palumbus torquatus B.p. (lj Pendant l'hiver de 1871, le 24 décembre, j'observai un Martinet près de la Bourse de Bordeaux , et malgré un froid très-intense , le sol couvert de neige, je revis cet oiseau tous les jours jusqu'au 1 er janvier 1872, époque où je quittai cette ville. Son vol était lourd et saccadé et semblait avoir perdu en partie cette force de mouvement caractéristique de la famille. ( 472 ) Très-commun à son double passage d'automne'et du printemps. Une partie hiverne dans les grands bois de la contrée. 166. Colombe colombin, Columba œnas Linn. Palumbœna columbella B.p. Arrive en automne avec la Columba palumbus Linn., mais un peu moins abondante. Mêmes habitudes que l'espèce précédente. 167. Colombe biset, Columba lima Briss. Columba œnas Linn. — Col. domeslica Gmel. Très-rare , de passage accidentel. Deux individus capturés près de la Bidassoa, un troisième aux environs de Saubrigues (Laudes, 1845), figurent au Muséum de Bayonne. M. A. Docteur {loc. cit.) signale un individu tué par M. Gièse, à Saint-Médard-en-Jalle, près Bordeaux, en 1840. Les Columba palumbus Linn. et C. œnas Linn. sont l'objet de diffé- rentes chasses aux filets. La plus productive , particulière au Sud-Ouest, se fait dans les gorges des Pyrénées. Celle de Sarre près Saint-Jean- de-Luz a acquis un renom. S.-Fam. II. — TURTURIENS, TVRTURINJE. Genre XCVL— TOURTERELLE , TURTUR Selbv. 168. Tourtebelle vulgaire, Turtur vulgaris Eyton. Turtur auritus Ray. — T. migratorius Seiby. — Peristera turtur Boie. Commune, arrive au printemps, niche et repart dans la dernière quinzaine d'Août. On la chasse au filet sur le littoral. Cette chasse est très-productive. QUATRIÈME ORDRE GALLIMCÉS, GALLINjE Famille. — PTÉKOCLLDÉS, PTEROCLIBM. S.-Fam. I.— PTÉROCLIENS, PTEROCLWM. Genre XCVII. — GANGA , PTEROCLES. 169. Gaivga cata, Pterocles setarius Temm. Œnas cata Vicill. — Pterocles setarius Temm. — /'. alchata Licht. Ptcroclurus alchata B.p. ( 473 ) De passage accidentel sur les côtes du Golfe de Gascogne. Rare. ( Muséum de Bayonne ). 170. Ganga unibande, Pterocles arenarius Temm. Œnas arenarius Vieill. De passage accidentel. Deux sujets capturés dans la Lande figurent au Muséum de Bayonne. S.-Fam. II. - SYRRAPTIENS, SYRRAPT1NJE. Genre XCVIIL— SYRRAPTE , SYRRAPTES Temm. 171. Syrrapte de Pallas, Syrraptes Pallasii Temm. Hétéroclites tartaricus Vieil. — Syrraptes paradoxus Licht. — 5. heteroclytus Vieill. Un individu femelle fut capturé en juin 1863 sur la lande de Bisca- rosse et figure au Musée de Bayonne. Famille. — TETRAONLDÉS, TETRAONIDJŒ. S.-Fam. I.— TÉTRAONIENS, TETRAONWjE. Genre XCIX. — LAGOPÈDE , LAGOPUS Briss. 172. Lagopède alpin, Lagopus mutus Leach. Lagopus vulgans Vieill. — L. montâmes Brehm. — L.alpinus Niss. Sédentaire. Habite en été la région des sapins ; l'hiver, se rencontre sur les montagnes moins élevées de la chaîne pyrénéenne; lorsqu'il est pourchassé il s'étend à terre et déploie ses ailes. Son plumage blanc se confondant avec la neige , il échappe ainsi aux recherches du chasseur. Genre C, — TÉTRAS, TETRAO Linn. 173. Tétras urogalle, Tetrao urogallus Linn. Tetrao crassirostris Brehm. — Urogallus major Briss. De passage irrégulier sur nos Pyrénées. Rare. (Muséum de Bayonne). Un individu aurait été capturé sur les confins du département des Lan- des et la Gironde d'après M. Burguet (??). Genre CI. — GELINOTTE , BON AS A Steph. 174. Gelinotte des bois, Bonasa sylvestris G. R. Gray. Bonasia betulina B. p. Se rencontre sur nos Pyrénées. L'hiver, elle s'aventure quelquefois assez loin dans la plaine. On la rencontre jusqu'à Bordeaux où elle est rare, dans la Ghalosse ou. elle est plus commune, et enfin dans les Basses-Pyrénées. ( 474 ) S.-FAM. II. — PERDRICIENS , PERDRICI1S&. Genre Cil. — PERDRIX , PERDRIX Kmss. 175. Perdrix rouge, Perdrix rubra Briss. Perdrix rufa Latk. — Caccabis rubra Kaup. — C. rufa G. R. Gray. Commune en Chalosse , en Béarn; assez rare dans la Lande , aux environs de Bayonne et de Saint-Jean-de-Luz ; moins rare dans la Gi- ronde. Sédentaire. Les compagnies de passage rares. Yar. Albinismes. 476. Perdrix grise, Perdrix cinerea Charlet. Perdrix cineracea Brehm. — Starna cinerea B. p. — S. perdrix B. p. Commune sur les confins des départements de la Charente-Inférieure et de la Dordogne. Manque dans les Landes , les Basses-Pyrénées et une partie de la Gironde. Genre CIII. — CAILLE , COTURNIX Moerhing. 177. Caille commune, Coturnix communia Bonnat. Coturnix dactylisonans Mey. — C. vulgaris Flem. — Ortygion coturnix Keys et Blas. De passage en mai , septembre et octobre ; quelques couples se re- produisent dans la région. Quelques rares sujets demeurent toute l'an- née. Var. Albinismes. CINQUIEME ORDRE. ÉCHASSIERS, GRALLJE. I 1-e DIVISION. ÉCHASSIERS COUREURS, GRALLJE CURSORES. I" S.-Division. COUREURS UNCIROSTRES , CURSORES UNCIROSTRI. Famille. — OTIDÉS , OTIDJE. Genre CIV. — OUTARDE , OTfS Linn. 178. Outarde barbue, Otis tarda Lima. Otis major Brehm. De passage accidentel. Trois sujets capturés aux envi nuis de Biar- ritz et de Bidart, à quelques aunées d'intervalle, figurent au Muséum (475) de Bayonne. Deux autres sujets figurent au Muséum de Bordeaux; l'un d'eux qui est adulte, fut capturé près de Lesparre (Médoc), en 1848. 179. Outarde cannepetière , Otis tetrax Linn. Otis minor Briss. — Tetrax campestris Leach. De passage régulier toutes les années , assez rare en avril , beaucoup plus commune en octobre et novembre. Cette espèce est aujourd'hui plus commune dans nos contrées qu'il y a une vingtaine d'années. Famille. — CHARADRILDÉS , CHABADBIID^J. S.-Faii. I. - OEDICNËMIENS, OED1CNEMWJE. Genre CV. — ŒDICNÈME, ŒDICNEMUS Temm. 180. Œdicnème criard, Œdicnemus crepitans Temm. Assez commun. Se tient dans les plaines découvertes et les terrains arénacés. De passage en avril, effectue son retour en août, septembre, jusqu'en janvier. S.-Fam. II -CHARADRIENS, CHARADRUNM. Genre CVI. — PLUVIEB , PLUVIALIS Barrère. 181. Pluvier doré, Pluvialis aarea Briss. Pluvialis apricarius B. p. De passage dans les premiers jours de mars, effectue son retour en septembre, octobre, et se rencontre même tout l'hiver. 182. Pluvier varié, Pluvialis varius Schleg. Pluvialis squatarola Macgill. Assez rare à son passage d'avril ; se rencontre un peu plus commu- nément en septembre, octobre et novembre. Genre CVII. — GUIGNARD , MORINELLUS B. p. 183. Guignard de Sibérie , Morinellus Sibericus B. p. Endromias morinella Brehm. De passage accidentel. Quatre sujets figurent dans les collections du Sud-Ouest : Muséum de Bayonne , Muséum de Bordeaux. Les deux sujets du Muséum de Bayonne ont été capturés sur les falaises de Bi- dart ; ceux du Muséum de Bordeaux , dans la Gironde. Genre GVIII. — GRAVELOT , CHARADRIUS Linn. 184. Gravelot a collier, Charadrius torquatus Leach. Charadrius hiaticula Linn. — Œgiolites hiaticula Boie. — Hiati- cula annulata G.-R. Gray. — H. tor quota G.-R. Gray. ( 476 ) De passage en mars ; se tient sur la grève en société des autres petits échassiers. Quelques couples se reproduisent et demeurent jusqu'en automne , époque du retour. 185. Gravelot des Philippines, Charadrius Philippinus Scopol. Charadrius curonicus Beseck.- — C. flaviatilis Bechst. — C.minor Mey et Wolf. — C. hiaticula Poil. — C. intermedius Mènet. — C. zonatus Swains. — Œgialtes minor Boie. — Œ. curonicus Keys et Blas. De passage irrégulier, assez rare. Arrive en mars, vient se reproduire sur les sables du littoral. Tous les sujets que j'ai vus viennent de la côte, depuis Cap-Breton jusqu'à Hondaye. (Muséum de Bayonne. Notre collection.) 186. Gravelot de Kent, Charadrius C antianus Luth. Charadrius littoralis Bechst. — C. albifrons Mey et Wolf. Œgia- lites cantianus Boie. Arrive en Mars ; se rencontre sur tout le littoral et n'aboûde nulle part; se reproduit, repart en août. Genre CIX. — VANNEAU , VANELLUS Linn. 187. Vanneau huppé, Vanellus cristatus Mey et Wolf. Vanellus gavia Leach. — V. bicornis Brehm. De passage en octobre et novembre , beaucoup hivernent , effectuent leur retour en mars. S.-Fam. III. - OSTRALÉGIENS , OSTRALEGINM. Genre CX. — HUITBIEB, OSTRALEGUS Less. 188. Huitrier pie, Ostralegus vulgaris Less. Ostralegus Europœus Less. De passage régulier sur tout le littoral eu automne, toujours seul , pas très-abondant; très-rare au printemps. S.-Fam. IV. — STREPSILIENS , STREPSILINM. ' Genre CXI. — TO UBNE-PIEBRE , STREPSILAS Illig . 189. Tourne-pierre a collier, Strepsilas collaris Temm. Strepsilas intcrprcs Illig. De passage régulier en mai , repasse en août et septembre ; se tient en société des autres petits échassiers qui vivent sur le littoral ; se plaît aussi sur les rochers émergés. (477 ) Famille. — SCOLOP ACIDES , SCOLOPAC1DJE. S.-Fam. I. — NUMÉNIENS , NUMENINJE. Genre CXII. — COURLIS , NUMENIUS Mœrh. 190. Courlis cendré , Numenius major Steph. Numenius arquatus Lath. — N. médius Brehm. De passage en mars , effectue son retour en septembre et octobre. Quelques couples sont sédentaires dans le Bassin d'Hendaye ; quelques- uns se voient aussi toute l'année sur le Bassin d'Arcachon. (M. le D r Marmottan. ) 191. Courus corlieu, Numenius phœopus Lath. Numenius minor Linn. — N. atrocapillus Vieill. — « Phœopus ar- quatus Steph. De passage en avril , effectue son retour en novembre. Moins ré- pandu que le Numenius major Steph. S.-Fam. H. — LIMOSIENS, LIMOSINjE. Genre CXIII. — BARGE, LIMOSA Briss. 192. Barge rousse, Limosa rufa Briss. Limosa Meyeri Leisl. — L. ferruginea Pall. — L. noveboracensis Leach. — Limicula lapponica Vieill. — Fedoa Meyeri et pec- toralis Steph. De passage irrégulier au printemps et en automne; se tient dans les marais et les prés salés du littoral. N'est pas abondante. 193. Barge a queue noire, Limosa melanura Leisl. Limosa major Briss. — L. œgocephala Leach. — L. islandica Brehm. — Limicula melanura Vieill. — Fedoa melanura Steph. Gambetta limosa Koch. De passage régulier au printemps et en automne. Beaucoup plus commune que l'espèce précédente ; mêmes habitudes. M. A. Docteur donne la Limosa cinerea Degl. comme de passage chaque année et se rencontrant à La Teste [loc. cit.). — Il y a erreur de la part de cet auteur : la Limosa cinerea Degl. qui habite l'Asio et la Sibérie , est de passage très-accidentel en France , si toutefois elle y a été observée. M. A. Docteur, en la mentionnant de passage régulier, a donc été l'objet de quelque méprise. ( 478 ) S.-Fam. III. — SC0L0PAC1ENS, SCOLOPAC1NM. Genre CXIV. — BÉCASSE, SCOLOPAX Linn. 194. Bécasse ordinaire, Scolopox rusticola Linn. Scolopax major Leach. - — S. pinetorum et syhestris Brehm. — Rusticola vulgaris Vieill. — R. Europœa Less. — R. sykestris Macgill. — Scolopax scoparia B. p. Arrive dans les premiers jours d'octobre , repart dans le courant de février, et s'attarde quelquefois jusqu'en mars. La Bécasse est parfois très-abondante dans les forêts de pins qui bordent la côte de l'Océan. — Yar. Albinismes à rémiges blanches. (Muséum de Bayonne.) Genre CXV. — BÉCASSINE, GALUNAGO Leach. 495. Bécassine double , GalUnago major B. p. Telmatias gatlinago Boie. — T. nisoria Brehm. — GalUnago Montagui et major B. p. De passage en avril, août et septembre. La Bécassine double ou Lombarde , se tient dans les grands marais , où elle est peu abondante. 196. Bécassine ordinaire, GalUnago média Leach. Pelorhynchus Brehmii Kaup. — Telmatias gatlinago et Brehmii Boie. — GalUnago scolapacinus , Brehmii et Sabini B. p. Sédentaire et de passage ; arrive en nombre dès les premiers jours d'octobre, et repart dans les premiers jours du printemps. Quelques rares sujets demeurent toute l'année. î 97. Bécassine sourde, GalUnago minima Leach. GalUnago minor Briss. — G. gallinula B. p. — Lynmocryptes gallinula Kaup. — Philolimnos stagnalis et minor Brehm. De passage en automne et au printemps , se tient dans les grands marais ; quelques couples se reproduisent dans ceux de la Gironde. S.-Fam. IV. — TR1NGIENS , TRWGWJE. Genre CXVI. — SANDEBLING , CALIDBIS Illig. 298. Sanderling des sables , CaUdris arenaria Leach. Arenaria vulgaris Bechst. — A. grisea Bechst. — .1. caUdris Mey. — CaUdris grisea minor Briss. — C. rubidus Vieill. De passage régulier sur nos côtes au printemps et en automne ; pas très-abondant à la première saison , plus commun à la seconde. Se tient sur le littoral avec les autres petits Échassiers. (479) Genre CXVII. — MAUBÈGHE , TRINGA Linn. 199. Maubèghe ganut , Tringa canutus Linn. Tringa ferruginea et cinerea Brùm. — T. nœvia, grisea et islan- dica Gmel. — T. australis Lath. — T. rufa Wills. — Canutus islandicus et cinereus Brehm. • La Maubèche canut se rencontre sur notre littoral depuis le 1 avril jusqu'au 10 ou 15 mai ; voyage par bandes plus ou moins nombreuses. 200. Maubèghe maritime, Tringa maritima Briim. Tringa nigricans Mont. — T. canadensis Lath. — T. arquatella Pall. — T. striata Flem. — Arquatella maritima Baird. Pas très-abondante. De passage sur le littoral en octobre et novem- bre, plus rarement en avril. Cet oiseau vit généralement seul. Genre CXVIII. — PELIDNE , PELIDNA G. Cuv. 201 . Pelidne cogorli , Pelidna subarquata Brehm. Ancylocheilus subarquata Kaup. De passage régulier en mai et en automne ; se tient dans les prés salés, souvent en société des autres petits Échassiers. Pas très-abondante. 202. Pelidne variable , Pelidna variabilis Steph. Pelidna cinclus B. p. — P. alpina Brehm. De passage sur le littoral en août et septembre. Quelques sujets de- meurent tout l'hiver ; effectue son retour en mars et avril. Très-commun. 203. Pelidne de Sghinz , Pelidna Schinzii B. p. Cinclus major et torquatus Briss. Mêmes habitudes que l'espèce précédente , mais arrive en février. M. le D r Marmottan a bien voulu nous communiquer les nombreuses séries de Pelidna variabilis Steph. et de P. Schinzii B. p. qui ont été préparées sous ses yeux , et c'est avec la plus grande exactitude que le sexe et le jour de la capture de chaque Pelidne ont été marqués pour chaque sujet. D'après les judicieuses remarques de cet observa- teur, on peut assigner les caractères suivants propres à la Petidna Schinzii B. p. : Pelidna Schinzii B. p. , taille moins forte que chez la Pelidna variabilis Steph. Mâle. — Bec beaucoup plus court que le mâle de la Pelidna varia* bilis Steph. Femelle. — Bec d'égale longueur que celui du mâle de la Pelidna variabilis Steph. ( 480 ) A ces caractères, ajoutons la remarque de M. le D r Marmottan : La Pelidna Schinzii B. p. entre en plumage de noces dès le mois de mars, tandis que la Pelidna variabilis Steph. ne revêt ce plumage que dans les premiers jours de mai. Les caractères que je vieûs de retracer ne seront pas sans doute à l'abri de toute critique ; on pourrait , en effet, faire intervenir l'influence des milieux pour la mue de la Pelidna Schinzii B. p. ; car, d'après les observations de M. Schlegel (Revue critique des Oiseaux d' 'Europe) , la variété serait propre à l'ancien monde et habiterait des régions plus tempérées que celles qu'habite une partie de l'année la Pelidna varia- bilis Steph. (les régions arctiques des deux mondes) , ce qui pourrait faire prétexter le retard dans la mue de cette dernière espèce. Mais le caractère constant, est la longueur du bec dans chaque sexe. Ad- mettons que Schlegel et Blasius aient pu arriver à avoir une série par transitions légères , depuis le bec du mâle du P. Schinzii B. p. jusqu'au P. variabilis Steph., mais il est plus que probable que ces observateurs n'auront pas tenu compte du sexe. Du reste , M. le D r Marmottan continue ses observations et fera con- naître le résultat de ses recherches. 204. Pelidne de temminck Pelidna Temminckii. Leimonites Temminckii Kaup. De passage irrégulier sur nos côtes en août , septembre , avril et mai, vit seul ou par petites bandes. Assez rare. (Muséum de Bavonne. Notre collection. ) 205. Pélidne minule , Pelidna minuta Boie. Actodromas minuta Kaup. — Pelidna pusilla Brehm. De passage régulier sur nos côtes en septembre , octobre , avril et mai , mêmes habitudes que l'espèce précédente et plus commune. Genre CXIX. — COMBATTANT, MACHETES G. Cuv. 206. Combattant ordinaire, Machetes pugnax G. Cuv. Pavoncella pugnax G. Cuv. — Philomachus pugnax G. R. Gray. De passage en octobre et novembre , plus commun à cette époque qu'en avril et mai. Il est assez rare de rencontrer dans notre région le Machetes pugnax G. Cuv. , avec la collerette. Genre CXX. — CHEVALIER, TOTANUS BechsT, 207. Chevalier brun , Totanus fuscus Bechst. Erythroscelus fuscus Kaup. — Totanus longipes Meis et Schinx. (481 ) Assez rare. De passage régulier sur le littoral en octobre et novem- bre , mais en très-petit nombre. On le rencontre quelquefois dans les grands marais de la région. ( Notre collection. Muséum de Bayonne. ) 208 Chevalier gambette , Totanus calidris Bechst. Gambetta calidris Kaup. — Totanus littoralis Brehm. — T. stria- tus et nœtius Briss. De passage régulier en octobre , novembre , mars et avril ; très-abon- dant sur le littoral. Quelques sujets demeurent toute l'année. 209. Chevalier stagnactile , Totanus stagnalis Bechst Très-rare ; de passage accidentel sur nos côtes. M. Loche (Act. Soc. Linn. Bordeaux 1 836) 1 , signale deux captures aux environs de Bayonne. En 1869 , j'en capturai un troisième au Boucan près Bayonne. (Notre collection. ) 210. Chevalier cul-blanc, Totanus ochropus Temm. Totanus rivalis etleucurus Brehm. — Hedromas ochropus Kaup. De passage régulier en septembre, octobre et avril ; se rencontre sur le littoral et le long des grands et petits cours d'eau, Commun. Genre CXXI. — ABBOYEUR, GLOTTIS Koch. 211. Abboyeur ordinaire, Glottis canescens Strichl. Glottis natans Koch. — G. chloropus Nils. — G. grisea Brehm. De passage régulier sur le littoral en septembre et octobre. Pas très- abondant ; rare en avril. Genre CXXII. — GUIGNETTE , TRINGOTDES B. p. 212. Guignette vulgare, Tringoïdes hypoleuca C. R. Gray. Actitis hypoleuca Boie. — A. stagnalis Brehm. De passage régulier en avril , mai , septembre et octobre. Se tient sur le littoral pendant les quelques jours qui suivent son arrivée , puis remonte les cours d'eau et se rencontre jusqu'à leurs sources. Famille. — PHALAKOPODLDÉS, PHALAROPODIDœ. Genre CXXIII. PHALAROPE , PHALAROPUS Briss. 213. Phalârope dentelé, Phalaropus fulicarius B. p. Phalaropus rufescens Briss. — P. lobatus et glacialis Lath. — P. rufus Bechst. — P. platyrhinchus Temm. — P. griseus Leach. Crymophilus rufus Vieill. De passage irrégulier en novembre et décembre sur tout le littoral ( 482 ) pendant les hivers rigoureux. Ils sont peu méfiants et faciles à appro- cher. Famille. ~ RECURVIROSTRLDÉS, RECURVIROSTRID&j. Genre CXXIV.— RECURVIROSTRE , RECURVIROSTRA Linn. 21 4. Recurvirostre avocette , Recurvirostra avocetta Linn. Recurvirostra fissipes Brehm De passage régulier en septembre , octobre , avril et mai. Se tient dans les prés salés, à l'embouchure des fleuves. Pas très-abondants. Famille. — HIMANTOPODIDÉS, HIMANTOPODID^J. Genre CXXV. — ECHASSE , HIMANTOPUS Briss. 21 5. Echasse a manteau noir , Himantopus melanopterus Temm. Himantopus candidus Bonnat. — H. rubipes Bechst. — H. atrop- terus Mey et Woff. — H. vulgaris Bechst. — H. albicolis Vieill, — H. Plinii Flem. — H. longipes Brehm. — Hypsibates hi- • mantopus R. Nitzsch. De passage accidentel , très-rare. Deux sujets tirés aux environs de Biarritz figurent au Muséum de Bayonne. Famille. — RALLIDÉS , RALLIBM. S.-Fam. I. - RALLIENS , BALLINM. Genre CXXVI. — RALE , RALLUS Linn. âl 6. Râle aquatique, Rallus aquaticus Linn. Rallies sericeus Leach. — R. Germanicus Brehm. Arrive en octobre et novembre pour passer l'hiver. Se tient près des cours d'eau , dans les herbages des prairies marécageuses. Genre CXXVII. — CREX , CREX Bechst. 217. Crex des prés , Crex pratensis Bechst. Ortygometra crex Leach. — Crex herbarum et alticeps Brehm. Arrive en septembre et octobre , hiverne , repart en mars et avril. Se tient dans les plaines parmi les herbages. Genre CXXVIII. — PORZANE , PORZANA Vieill. 218. Porzane marouette, Porzana maruetta G.-R. Gray. Gallinula porzana Lath. De passage régulier en septembre et octobre ; hiverne et repart en mars et avril. Mômes habitudes que l'espèce précédente. ( 483 ) Il est à observer que les genres Porzana et Crex sont séparés par des caractères bien secondaires , et ces deux genres n'en devraient-ils peut-être faire qu'un seul. 219. Porzane Bâillon, Porzana Bailloni Degl. Gerb. Phalaridion pygmœa Kaup. — Porzana pygmœa B.p. — Zapo- rina pygmœa B. p. Se rencontre presque toutes les années en mars , mais en très-petit nombre , dans les grands marais de la Gironde et des Landes ; rare dans les Basses-Pyrénées. 220. Porzane poussin, Porzana minuta B.p. Zaporina minuta Leach. — Phalaridion pusillum Kaup. De passage régulier ; arrive en mars , se reproduit dans les marais de la région , principalement ceux de la Gironde ; repart en juillet. Genre CXXIX. — GALLINULE , GALLINULA Briss. 221. Gallinule ordinaire, Gallinula chloropus Lath. Stagnicola septentrionalis et chloropus Brebm. De passage en octobre et novembre , biverne , repart en mars ; se tient près des étangs et des cours d'eau, S.-Fam. II. — FULIGIENS, FULICWJE. Genre CXXX. — FOULQUE , FULICA Linn. 222. Foulque noire , Fulica atra Linn. Fulica leucoryx et œthiops Sparm. — F. atrata et pullata Pall. — F. platyuros Brebm. . Arrive en novembre, demeure tout l'hiver; vit en société lorsque l'hiver est rigoureux. Var. Albinismes. (Muséum de Bayonne.) 3 me DIVISION ÉCHASSIERS HÉRODIONS , GRALLM HERODIONES. Famille. — GRUIDÉS , GBUID^J. Genre CXXXI. — GRUE , GRUS Pall. 223. Grue cendrée , Grus cinerea Bechst. Grus vulgaris Pall. De passage régulier en octobre et novembre , effectue son retour en avril. Cet oiseau pose peu , et joignant à cela un naturel très-farouche, il est difficile à capturer. Mais , comme tous les oiseaux qui vivent en société , on peut le prendre avec des appeaux de son espèce. Tome XXVIII. 33 — 484 — Tous les oiseaux qui vivent en société, par là même sociables, pour- raient tous s'élever à l'état de domesticité. Nous avons gardé une Grue pendant plusieurs années ; elle reconnaissait parfaitement les personnes de la maison, et venait prendre le pain au bout des doigts; elle était très-familière avec le chien et terrible pour les personnes et animaux étrangers. Nous avons pu observer à La Fauquille', chez M. Y» 1 Diris, le même fait de la part d'une Cigogne qui , le soir, perchait avec les poules. Cet oiseau a vécu près de quinze années à l'état de domesti- cité. Un Yanneau, que dous avons vu chez M. Abadie à Saint-André-de- Cubzac, ne paraissait pas moins familier. Famille. — AEDÉIDÈS, ARDEID.E. S.-Fam. I. — ARDÉIENS , ARDEINJE. Genre CXXXII. — HÉRON , ARDEA Linn. 224. Héron cendré , Ardea cinerea Linn. Ardea Rhenana Sander. — A. cineracea Brehm. De passage régulier au printemps et en automne. Se tient près des eaux comme tous ses -congénères. . 225. Héron pourpré , Ardea purpurea Linn. Ardea purpurascens et Ardea cristata purpuracens Briss. — A. va- riegata Scop. — .4. caspia Gmel. — A. botaurus purpurata et rufa Gmel. — A. monticola Lapeyr. — A. Pharaonica B.p. De passage régulier^ mais peu abondant. Rare au printemps, plus commun en automne. Quelques couples se rencontrent toute l'année sur le Bassin d'Arcachon, Fond de Lége. (M. le D r Marmottan. ) Genre CXXXIII. — AIGRETTE , EGRETTA B. P. 226. Aigrette garzette , Egretta garzetta B. p. Egretta melanorhyncha Rartl. — Herodias egretta Boie. — H. can- dida Brehm. — Erodius albus Macgill. Se rencontre , tous les hivers , dans nos grands marais. Pas très- abondante. 227. Aigrette blanche, Egretta alba B.p. Egretta melanorhyncha Harlt. — Erodius albus Macgill. — Hero- dias candida Brehm.— H. egretta Boiss. De passage accidentel pendant les hivers rigoureux. Deux sujets cap- turés aux environs de Bayonne figurent au Muséum de cette ville. ( 485 ) Genre CXXXIV.— CRABIER , BUPHUS Boie. 228. Crabier ordinaire , Buphus comatus Boiss. Cancrophagus ralloides Kaup. — C. luteus Briss. — Buphus casta^ neus , ralloides et Illyricus Brehm. De passage presque toutes les années soit au printemps , soit en été , soit en automne. Assez rare. Genre CXXXV. — BLONGIOS , ARDEOLA B.p. 229. Blongios de Sturm, Ardeola Sturmi Degl. Gerb. Ardetta Sturmi et guttwralis B.p. — Ardeiralla Sturmi J. Verr. Les deux sujets dont parlaient le prince Cli. Bonaparte ( Comptes-ren- dus de l'Académie des Sciences, 1856 ) , Degland et Gerbe ( Ornithol. Européenne), furent capturés aux environs de Bayonne (I) et envoyés par M. Darracq en communication à M. Gould. Ces deux individus figu- reraient au Muséum de Bayonne , s'ils eussent été remis à leur pro- priétaire. M. Pbilippe, de Bagnères-de-Bigorre, aurait rencontré un ou deux individus de cette espèce dans les Pyrénées.? (M. le D r Marmottan). 230. Blongios nain, Ardeola minuta B.p. Botaurus pusillus Brehm. — B. minutus Boiss. De passage en avril, mai, septembre et octobre. Quelques sujets hi- vernent , d'autres se reproduisent sur les bords de la Nivelle près de Saint- Jean-de-Luz . Genre CXXXVI. — BUTOR, BUTOR Swains. 231 . Butor étoile , Butor stellaris Swains. Botaurus stellaris Steph. — B. lacustris et arundinaceus Brehm. De passage en septembre, octobre et avriL Plusieurs sujets hiver- nent, quelques-uns se rencontrent toute l'année dans les grands maré- cages de la lande. Genre CXXXVIL— BIHOREAU, NYCTICORAX Steph. 232. Bihoreau d'Europe , Nycticorax ardeola Temm. Nycticorax Europœus Steph. — N. nycticorax Boiss. — N. Gardeni B.p. — Nyctiardea Europœa Swains. — Nyclirodius nycticorax Macgill. De passage irrégulier en-hiver. Assez rare. (i) Ces deux sujets furent capturés à un an d'intervalle , dans la -vallée de la Nive. ( 486 ) Famille. — CICONIIDES, OICONIID^J. Genre CXXXVIII. — CIGOGNE , C1CONIA Briss, 233. Cigogne blanche , Ciconia alba \Yillugh. Ciconia albescens, nixea et candida Brehm. De passage régulier ; arrive par bandes plus ou moins nombreuses. Commune pendant certaines années, assez rare pendant d'autres. 234. Cigogne noire, Ciconia nigra Gesn. Melanopel 'argus niger Reichenb. — Ciconia fusca Briss, Rare. De passage irrégulier au printemps et en automne. La plupart des Cigognes noires qui figurent dans nos muséums et collections parti- culières , ont été capturées sur les coteaux voisins de l'Adour, depuis Dax jusqu'à Aire. (Collection Sentex. Muséum de Bayonne.) Très-rare dans les autres parties de la région. M. A. Docteur [loc. cit. ) signale une capture à Saint-Pardon (Gironde) en 1841. M. Barrère, de Cadillac, possède dans sa collection un sujet capturé dans la Gironde. Famille. — PLATALÉIDÉS , PLATALEIDœ. Genre CXXXIX. — SPATULE, PLATALEA Linn. 23d. Spatule blanche, Platalea alba Scopol. Platalea leucorodia Linn. — Platca leucorodia Leach. De passage assez irrégulier, soit au printemps, soit en automne. Les sujets adultes manquent (I). Famille. — TANTALLDÉS, TANTALIDsE. Genre CXL. — FALCIXELLE , FALCINELLUS Bechst. 236. Falcinelle éclatant, Falcincllus igneus G. R. Gray. Tantalus falcinellus Linn. — Ibis sacra Temm. — I. ignea Leach. 7. falcincllus Kaup. — I. castaneus Brehm. ■ — Tantalides falcinellus Wahl. Rare. De passage accidentel ; arrive par petites bandes. Le Muséum de Bayonne possède plusieurs individus tirés dans les départements des Basses-Pyrénées et des Landes. On le rencontrerait dans la Gironde. (M. Burguet, loc. cit.) (1) M. Gassies nous a signalé une capture de la Spatule rose aux environs d'Agen, en 183S , dans le lieu dit Dolmayrac. ( 487 ) SIXIÈME ORDRE PALMIPÈDES, PALMIPEDES l re DIVISION PALMIPÈDES TOTIPALMES, PALMIPEDES TOTIPALMATI Famille. — PÉLÉCANIDÉS, PELECANIDJ1 Genre CXLI. — PÉLICAN, PELECANUS Linn. 237. Pélican onocrotale , Pelecanas onocrotalus Linn. Pelecanus roseus Eversm. — P. minor Riipp. — P. .anocrotolus a minor B. p. Voici ce que nous empruntons à M. A. Docteur : « De passage très- » accidentel. M. Jouannet rapporte qu'un Pélican a été trouvé mort au » pied des dunes de La Teste ; un autre a été tué , à ma Connaissance , » sur la côte de Soulac. En juin 1849, trois furont abattus à Cubzac , » un de ces derniers figure au Muséum de Bordeaux. » Un nouveau sujet , capturé en 1865 , dans les marais de Blanquefort, figure au Muséum de la même ville. (M. le D r Souverbie.) Genre CXLII. — FOU, SULA Bmss. 238. Fou blanc, Sula alba Mey. et Wolf. Sida bassana et major Briss. — S. major Brehm. — Moris bas- sana Leach. — Morus bassanus Vieill. Se rencontre sur notre littoral au moment des fortes tempêtes de l'automne et de l'hiver. Le Fou , harassé par les vagues et les vents est souvent jeté à côte, où il se laisse prendre à la main. Les jeunes sont plus rares et se rencontrent jusqu'aux premiers jours du printemps. Genre GXLIII. — CORMORAN , CARBO Lacép. 239. Cormoran ordinaire, Carbo cormoranus Mey. et Wolf. Phalacrocorax carbo Leach. — P. médius Nilss. — P. carbo a médius B. p. — Graculus carbo G.-R. Gray. — G. major Temm. — Hydrocorax carbo Vieill. — Cormoranus crassi- roslris Baill. — Haliœus cormoranus Naum. De passage au printemps et en automne ; une partie hivernent. Quel- ques couples se reproduisent sur les rochers du fond du golfe. ( 488 ) 240. Cormoran huppé , Carbo cristatus Tcmm. Phalacrocorax graculus Leach. — P. cristatus Steph. — Gra- culus cristatus et Linnœi G.-R. Gray. — G. cristatus a Des- ma.resti B. p. — Hydrocorax cristatus Yieill. — Carbo graculus Mey. et Wolf. — C. Desmaresti Peyraud. — C: leucogaster Cara. De passage régulier au printemps , mais néanmoins assez rare. MM. Degland et Gerbe [Ornith. Europ,), dans leurs bonnes remar- ques sur les espèces et variétés du genre Carbo Lacép., prêtent à M. Ul. Darracq la mention du Carbo graculus Temm., espèce exotique que ce naturaliste aurait observé aux environs de Bayonne. M. Ul. Darracq si- gnale en effet une troisième espèce de Cormoran dans son catalogue (Act. de la Soc. Linn. Bord. 1836), sous le nom de Carbo graculus non de Temminck, mais de Meyer et Wolfman , qui est le même que le Carbo cristatus Temm. Il y a donc eu, de la part de cet auteur, double emploi dans la détermination d'une seule espèce. Du reste , le Carbo graculus Temm. ne figure pas au Muséum de Bayonne. Famille.— PROCELLAELDÉS, PBOCELLABIDjE. Genre CXLIV. — PETREL, PROCELLARIA , Linn. 241 . Pétrel glacial , Procellaria glacialis Linn. Procellaria cinerea Briss. — P. hiemalis Brehm. — Fulmarus glacialis Kaup. — Rhantistes glacialis Kaup. Deux individus trouvés morts sur la plage de Cap Breton , figurent au Muséum de Bayonne. En mars 1 871 , je rencontrai deux sujets morts à la Chambre-d'Amour, près Biarritz; leur mauvais état de conserva- tion ne me permit pas de les préparer. M. Loche a mentionné cette espèce aux environs de Bayonne (Act. Soc. Linn. Bordeaux, 1836). M. de Kercado a donné au Muséum de Bordeaux un superbe sujet capturé à Royan en 1869. Genre CXLV. — PUFFIN , PUFFIXUS Briss. 242. Puffin cendré , Puffinus cinereus G. Cuv. Puffinus Kuhlii B. p. De passage accidentel. Un sujet- capturé à Mimizan en 1854, figure au Muséum de Bayonne. 243. Puffin des Anglais , Puffinus Anglurum Boic. Ncciris puffinus Keys et Blas. ( 489 ) Assez rare. De passage irrégulier. (Muséums de Bayonne et de Bordeaux.) M-. Loche (loc. cit.) mentionne le Puffinus major Faber et le Puf- finus faliginosus Strickl. aux environs de Bayonne. N'ayant nul autre document sur la présence de ces espèces dans nos contrées, nous avons cru prudent de ne pas les admettre. Genre CXLVI. — THALASSIDROME , THALASSIDROMA Vig. 244. Thalassidrome tempête, Thalassidroma pelagîca Selby. Hydrobates Ferrœnsis Brehm. — H. pelagica Boie. Se rencontre pendant les grandes tourmentes sur tous les points du golfe. On en a tué assez loin de l'Océan, dans l'intérieur des terres. 245. Thalassidrome cul-blanc , Thalassidroma leucorhoa Degl. Gerb. Hydrobates Leachii Boie. — Thalassidroma Bullaki Boie. — T. Leachii B. p.< — T. melitensis Scbembri. Mêmes observations que pour l'espèce précédente , mais moins abondant. 246. Thalassidrome océanien , Thalassidroma oceanica Schinz. Oceanites Wilsoni Keys et Blas. — Thalassidroma Wilsoni B. p, M. Hardy reçut, en 1854, deux sujets capturés par un capitaine de navire dans le Golfe de Gascogne (I). Nous en possédons un troisième pris par le capitaine Martin près de la passe du Bassin d'Arcachon (l 870. ) Famille. — LARILDÉS, LARIID.E. S.-Fam. I. — LESTRIDIENS, LESTRW1NM. Genre CXLVII. — LABBE , LESTRIS Illig. 247. Labbe pomarin , Lestris pomarinus Temm. Stercorarius striatus Briss. — S. pomarinus Vieill. — Lestris sphœriuros Brehm. — L. pomarinus et fusais B. p. — Copro- theris pomarinus Reich. — Cataractes pomarina Steph. — G. parasitica Pall. Chaque année on le rencontre dans le Golfe , mais assez rare. 248. Labbe parasite , Lestris parasiticus Degl. Cataracta cepphus Brùm. — C. parasitica Retz. — Cataractes pa- rasitica Pall. — Lestris Boii Brehm. — L. Richardsonii Swains. — L. parasitica Keys et Blas. «— Stercorarius parasiticus — S. cepphus Degl. (1) Degland et Gerbe {Ornilh- Europ. } ( 490 ) Se rencontre accidentellement dans le Golfe. Un individu en 4867, dans les marais de Sainte-Marie (Landes) , distants de la mer d'une vingtaine de kilomètres. (Muséum de Bayonne.) En 1846, un individu fut capturé sur la Dordogne, près de Cubzac. (Muséum de Bordeaux. ) S.-Fam. III. — LARIENS, LARINM. Genre CXLVIII. — GOÉLAND , LARUS Linn. 249. Goéland leucoptère , Larus leucopterus Faber. Larus minor Brehm. — Laroides glauco'ides et leucopterus Brehm. — Glaucus leucopterus et glacialis Bruch. — Plautus leucop- terus Reich, — Leucus leucopterus et leucopterus a minor B.p. Deux sujets capturés au phare Saint -Martin , près Biarritz, figurent au Muséum de Bayonne. 2oO Goéland marin , Larus marinus Linn. Larus niger et varius Briss. — L.arus maximus Leach. — -, Leucus marinus Kaup. — Dominicanus marinus Bruch. De passage et sédentaire. Arrive en automne , hiverne , repart aux premiers jours du printemps. Quelques rares couples se reproduisent sur les rochers du phare Saint-Martin. Les jeunes sont beaucoup plus communs que les sujets adultes. C'est une des espèces communes dans le golfe. 251 . Goéland brun , Larus fuscus Linn. Larus. griseus Briss. — L. flaripes Mey et Wolf. — L. cincreus Leach. — Leucus fuscus Kaup. — Laroides melanotus. haran- gorum et fuscus Brehm. — Dominicanus fuscus Bruch. — Clu- peilarus fuscus B. p. Se rencontre chaque année dans le golfe , mais assez rare. Arrive eu automne. 2.52. Goéland argenté, Larus argentatus Brûim. Larus cinereus Briss. — L. glaucus Retz. — Laroides argentatus et argentaceus Brehm. — Glaucus argentatus Bruch. De passage régulier. Se rencontre dans le golfe depuis le mois de septembre jusqu'aux premiers jours d'avril. Quelques sujets demeurent toute l'année et se reproduisent sur les rochers du phare Saint-Martin. M. Ul. Darracq (loc. cit.) rapporte qu'un sujet lui lue au sommet du Pic du Midi «le Bagnères de Bigorre. (491 ) 253. Goéland cendré , Larus canus Linn. Larus hyvernus Gmel. — L. cyanorhynchus Mey et Wolf. — L. procellosus Bechst. — Gavia cinerea major Briss. De passage régulier en automne , en hiver et au printemps, néan- moins assez rare. Les jeunes sont plus communs que les sujets adultes. 254. Goéland tridactyle , Larus tridactylus Linn. Rissa Brunnickii Stepli. — R. cinerea Eyton. — R. tridactyla Macgill. — Laroides , rissa et minor Brehm. — Cheimonea tridactyla Kaup. — Gavia cinerea Briss. — G. cinerea nœvia Briss. — G. tridactyla Boie. — Larus rissa Brùnn. — L. tor- quatus, gavia et canus Pall. Arrive dès les premiers jours de l'automne, repart en mars. C'est l'espèce la plus commune du genre. Très-abondante dans le golfe. Le Goéland tridactyle remonte , en hiver, les fleuves et les cours d'eau jusqu'à une assez grande distance de la mer. On le voit à Dax sur l'A-' dour, à Cambo sur la Nive, jusqu'à Agen sur la Garonne, etc., etc. Le soir, ils regagnent les bords de l'Océan en nombre prodigieux. 255. Goéland rieur, Larus ridibundus Linn. Larus erythropus Gmel. — L. atricilla et nœvius Poil. — Gavia ridibunda et G. ridibunda phœnicopus Briss. — Xema ridibun- dus Boiss. — A', pileatum Brehm. — Chroicocephalus ridibun- dus Eyton. Commun en automne et en hiver. Repart des environs de Biarritz dans les premiers jours de mars , se rencontre à l'embouchure de la Gironde et dans le port de Bordeaux jusqu'aux premiers jours d'avril , époque où il a revêtu en partie son plumage de noces. En 1867, deux individus furent capturés dans le bassin de la Bidassoa pendant le mois de mai. 2:56. Goéland mélanocéphale , Larus melanocephalus Natterer. Xema mclanocephala Boiss. — Gavia melanocephala B.p. Passage irrégulier. Rare. M. le D r Marmottan captura un de ces Goélands le 4 Février 1871. (Arcachon). M. Lafont aurait vu un vol de cette espèce en décembre!872. 257. Goéland pygmée , Larus minutus B.p. Larus d'Orbignyi Aud. — L. nigrostis Less. — L. pygmœus Bory. — Gavia minuta Macgill. — Chroicocephalus minutus Eyton. — Ilydrocolœus minutus Kaup. — Xema minutum Bois. ( 492 ) De passage irrégulier sur nos côtes ; assez rare. Un individu femelle que nous possédons , fut capturé en janvier 4 8721 dans les marais de Rivière près Dax. Le Muséum de Bayonne possède quatre individus. M. le D r Marmottan en a tué un à Arcachon en 1871 . S.-Fam. III. — STERNIENS , STERNIN^. Genre CLIX. — STERNE , STERNA Linn. 258 Sterne hansel , Sterna anglica Montag. . Sterna aranea Willst. — Thalasseus anglicus Boie. — Laropsis anglica Wagl. — Gelochelidon palustris Macgill. — G. anglica B.p. — G. balthica et meridlonalis Brehm. De passage accidentel. Très-rare. Deux sujets capturés dans le Golfe de Gascogne figurent au Muséum de Bayonne. 259. Sterne caugeck , Sterna cantiaca Gmel. Sterna Boysii Lath. — S. columbina Schrauck. — S. nœvia Bew. — S. canescens Mey et Wolf. — S. Bergii Reichenb. — Thalas- seus cantianus Boie. De passage régulier. Se rencontre depuis le mois d'avril jusqu'en mai. Cette espèce est assez rare depuis quelques années. M. le D r Marmottan nous a signalé la capture d'un sujet de cette espèce le 14 février 1872. Arcachon. 260. Sterne hirondelle , Sterna hirundo Linn. Sterna fluviatilis Naum. — S. marina Eyton. — Hydrocecropis hirundo Boie. De passage régulier au mois de mai et de septembre , remonte les cours d'eau en compagnie de YHydrochelidon fissipes. 261 . Sterne arctique , Sterna arctica Temm. Sterna paradisea Briinn. — S. hirundo Linn. — S. macro ur a Naum. — S. argentata Brehm. — S. Nitzschii Kaup. — 5. hi- rundo B.p. De passage irrégulier en avril et septembre. Plusieurs sujets figurent au Muséum de Bayonne. En 1 869 , nous la capturâmes sur le Bassin d'Arcachon. 262. Sterne Dougall , Sterna Dougalu Montag. Sterna paradisea Key et Blas. — S. Macdougalli Macgill. — Hy- drocecropis Dougallii Bp. — Thalassea Dougallii Kaup. ( 493 ) De passage très-irrégulier. Quelques sujets capturés aux environs de Bayonne figurent au Muséum de cette ville. Rare. 263. Sterne naine , Sterna minuta Linn. Sterna minor Briss. — S. melopoleucos Gmel. — S. antartica Forster. — Sternula minuta Boie. — S. pomarina Brehm. De passage accidentel , très-rare. Deux sujets figurent au Muséum de Bayonne. Genre CL. — GUIFETTE , HYDROCHELIDON Boie. 264. Guifette fissipède , Hydrochelidon fissipes G. R. Gray. Viralva nigra Steph. — Hydrochelidon nigricans et obscurd Brehm. — H. nigra Boie. Se rencontre communément en avril, mai , septembre et octobre sur tous les points du golfe et les cours d'eaux qui s'y déversent. Les sujets adultes sont plus rares que les jeunes. 3 me DIVISION. PALMIPÈDES LAMELLIROSTRES , PALMIPEDES LAMELLIROSTRI Famille. — AMATIDÉS, ANATID^. S.-Fam. I— ANATIENS, ANATININjE. Genre CLI. — CYGNE , CYGNUS Linn. 265. Cygne sauvage , Cygnus férus Ray. Cygnus musicùs Bechst. — C. melanorhynchus Mey. — C. olor a major Pall. — C. Xantorinus Naum. — Olor musicus Wagl. Se remarque pendant les hivers rigoureux dans tout le Sud-Ouest. Assez commun pendant les années de ses apparitions. 266. Cygne de Bewick , Cygnus Bewickii Yarrell. Cygnus olor a minor Pall. — C. Islandicus Brehm. — C. minor Keys et Blas. — Olor minor B.p. Arrive , pendant les hiders rigoureux , avec le C. férus ; quelques in- dividus ont été tués en 1839. (Burguet, loc. cit.) Depuis 1845 , l'espèce s'est montrée fréquemment, tant sur les côtes de la Manche que sur celles du Golfe de Gascogne. (Degland et Gerbe, Ornith. Europ., vol. II, p. 475.) Nous n'avons d'autres renseignements sur cette espèce , qui ne figure dans aucun de nos Muséums ni collections particulières. • ( 494 ) 267. Cygne domestique , Cygnus domesticus Ray. Cygnus mansuetus Ray. — C. gibbus Rechst. — C. sibilus Pall. — C. olor Vieil. — Anas olor Gmel. — A. cygnus Linn. En 1829-1830 , on captura aux environs de Bayonne deux individus de cette espèce. ( Le Muséum de Rordeaux possède un individu abattu à La Teste et monté par le capitaine Loche, du 4o e de ligne). (M. A. Docteur.?) S.-Fam. II. — ANGÉRIENS , ANCERWJS. Genre CLII — OIE , ANSER Rarrère. 268. Oie cendrée , Anser cinereus Mey. Anser férus Steph. — A. palustris Flem. — A. vulgaris Pall. — A. s y le es tris Brehm. De passage régulier tous les hivers. Se rencontre dans les marais, les étangs, les rivières de tout le Sud-Ouest. Pas très-abondante. 269. Oie sauvage , Anser segetum Mey et Wolf. Anser sylvestris Briss. — A. férus Flem. — A. arvensis Brehm. De passage régulier toutes les années. Mêmes habitudes que l'espèce précédente, mais beaucoup plus commune. 270. Oie a front blanc, Anser albifrons Redits. Anser septentrionalis sylvestris Rriss. — A. crythropus Flem. — A. médius Temm. — A. intermedius Naum. — A. Bruchi R.p. De passage irrégulier. L'Oie à front blanc ne se voit pas toutes les années , mais elle arrive par bandes. Les passages ont lieu tous les cinq ou six ans. (Muséum de Rayonne. Collection Sentex.) Genre CLIII. — RERNACHE , BERNICLA Steph. 271. — Rernache nonnette , Bernicla leucopsis Roie. Anser bernicla Leach. — Bernicla leucopsis Roie. — B. Ery- thropus Steph. — Anser leucopsis Rechst. On ne compte aux environs de Rayonne que deux captures en 1829-30, ( Muséum de Rayonne. ) Aurait été rencontrée pondant les hivers très- rigoureux à Arcachon. 272. Bernache cravant, Bernicla brenta Steph. Anser torquatus Frisch. — A. brenta Pall. — Bernicla melanopsis M.ic-ill. ( 495 ) De passage pendant les hivers rigoureux. Beaucoup moins rare que la B. leucopsis Boie. Ne s'éloigne que peu de la mer et des grands étangs de la côte. (Mus. de Bordeaux, Bayonne, notre collection.) S.-Fam. III. — ANATIENS, ANATINM. Genre GLIV. — TADORNE , TADORNA Ray. 273. Tadorne de Belon , Tadorna Bcloni Ray. Tadorna familiaris Boie. — T. mdpanser Flem. — Vulpanser ta- dorna Keys et Blas. Pas très-commun, mais de passage régulier. Se rencontre tous les hivers dans le Bassin d'Arcachon , beaucoup plus rare aux environs de Bayonne où on ne compte que deux captures et une troisième dans les marais de Saubusse près Dax. (Coll. Coudanne.) Genre CLV, — SOUCHET , SPATULA Boie. 274. Souchët commun , Spatula clypeata Boie. Rhyncopsis clypeata Steph. Se rencontre toute l'année , mais en petit nombre dans les grands étangs et marais de la lande, où il se reproduit. De passage régulier en novembre , décembre , janvier et février. « Anas moschata Linn. Très-rare. De passage accidentel; s'est » montré plusieurs fois sur les côtes maritimes de Soulac pendant les » hivers rigoureux. (A. Docteur, loc. cit.) » Je ferais observer à M. A. Docteur, que Y Anas moschata Linné n'est pas un oiseau d'Europe et ne peut avoir été tué plusieurs fois à Soulac. Si cet auteur eût bien examiné les plumes et les membranes interdigi- tales , il aurait sans nul doute reconnu le cachet de la domesticité. Ces caractères n'eussent-ils pas été apparents , ces canards n'en étaient pas moins des volatiles échappés de quelque ferme. Genre CLVI. — CANARD , ANAS Linn. 275. Canard sauvage , Anas boschas Linn. Anas fera Briss. — Boschas domestica Swains. De passage depuis les premiers jours de novembre jusqu'en février ; variétés de plumage nombreuses surtout chez les femelles. — Variété à huppe sur la région occipitale supérieure, sujet mâle. (Muséum de Bordeaux. M. le D' Souverbie). C'est le plus commun des anatiens. C'est à l'A «as boschas Linn. que doit être rapporté le Canard femelle ( 496 ) qui figure au Muséum de Bayonne sous le nom d'Anas bilinearis Ul. Darracq. Plumage isabelle , bec brun clair de la longueur de celui de YAnas boschas , légèrement courbé au sommet et renflé à la base; mandibule supérieure parsemée de points ou petits enfoncements , rayée transversalement sur son milieu par deux traits jaunes de m 001 , de largeur et distants de m 008 à m 009. Sa couleur et son bec déformé ne peuvent être qu'une anomalie ; et, quoi qu'il en soit, nous ne saurions admettre sa valeur spécifique, et nous considérons le nom imposé par M. Ul. Darracq comme sans valeur. Genre CLVII. — CHIPEAU, CHAULELASMUS G-.R. Gray. 276. Chipeau Bruyant, Chaulelasmus strepera G. R. Gray. Chauliodus strepera Swains. — Ktinorhyncùs strepera Eyton. — Querquedula strepera Macgill. De passage irrégulier. Rare aux environs de Bayonne , Blaye , Am- bès, etc. Cette espèce est loin d'être aussi commune que le dit M. A. Docteur [loc. cit.) (Muséum de Bayonne.) Genre CLVIII. — MARÈQUE , MARECA Steph. 277. Marèque Pénélope , Mareca penelope Selby. Mareca fistularis Steph. Commune durant l'hiver dans toute la région ; les femelles sont plus abondantes que les mâles. Genre CLIX. — PILET, DAFILA Leach. 278. Pilet agutigaude , Dafila acuta Eyton. Dafila caudacuta Steph. — Phasianurus acutus Wagl. — Trache- lonetta acuta Kaup. De passage régulier en décembre, effectue son retour en février et mars. Assez commun. Quelques sujets hivernent. Genre CLX. — SARCELLE , QUERQUEDULA Steph. 279. Sarcelle d'été, Querquedula circia Steph. Querquedula glaucopterus et scapularis Brehm. — Cyanoptcrus circia Eyton. — Pterocyana circia B.p. De passage régulier en avril, se rencontre assez communément dans le Bassin d'Arcachon et les grands marais de la Gironde , Ambès , Cub- zac, Blaye, etc. ; plus rare aux environs de Bayonne. (497 ) 280. Sarcelle sargelline, Querquedula crecca Steph. Querquedula minor Briss. — Q. subcrecca et creccoides Brehm. — Nettion crecca Kaup. Arrivent en novembre, bon nombre hivernent, repartent en février et quelquefois en mars seulement. Très-commune. Genre CLXI. — FULIGULE, FULIGULA Steph. 281. Fuligule morillon, Fuligula cristata Steph Aythya fuligula Boie. — Nyroca fuligula Flem. Se montre chaque année en octobre et novembre par vols assez nom- breux , repasse en janvier. Quelques sujets hivernent. 282. Fuligule milouinan, Fuligula marila Steph. Aythya marila Boie. — A. islandica et leuconotus Brehm. — Ny- roca marila Flem. — Fuligula Gesniri Eyton. De passage irrégulier, assez rare dans le Bassin d'Arcachon et aux environs de Bordeaux. Bare aux environs de Bayonne. 283. Fuligule milouin, Fuligula ferina Steph. Nyroca ferinaFlem. — Aythya ferina Boie. — A. erylhrocephala Brehm. De passage vers la fin novembre, quelques-uns hivernent,, effectue son retour en février et les premiers jours de mars. Commun. 284. Fuligule nyroca, Filigula le-ucophthalmos. Aythya nyroca Boie. — Nyroca leucophthalmos Flem. — Filigula nyroca Steph. De passage irrégulier. Bare aux environs de Bordeaux et Arcachou , très-rare aux environs de Bayonne. (Mus. de Bayonne. Notre collection.) Genre CLXII. — GABBOT, CLANGULA Flem. 285. Garrot vulgaire , Clangula glaucion Brehm. Clangula chrysophthalmos Steph. — C. vulgaris Flem. — Glau- cion clangula Kaup. De passage régulier. Se rencontre depuis les premiers jours de dé- cembre jusqu'à la fin janvier. Les femelles assez communes, les mâles très-rares. Genre CLXIII. — HABELDE, HARELDA Leach. 286. Harelde glaciale , Harelda glacialis Steph. Clangula glacialis Boie. — Pagonstta glacialis Kaup. — Crymo- nessa glacialis Macgill. ( 498 ) Un individu jeune a été capturé dans le Bassin d'Arcachon en 1850 , et donné à M. le D r Souverbie. (Muséum de Bordeaux). Genre CLXIV. — EIDER, SOMATERIA Leagh. 287. Eider vulgaris, Somateria mollissima Boie. Nous ne savons sur cette espèce, que ce que rapporte M. A. Docteur [loc. cit.) : « M. Gièse possède dans sa collection un individu tué à la » Teste, vers 1832, et qu'il a acheté sur le marché. » V Anas spectabilis Linn. — Somateria spectabilis Boie est porté rare sur le Catalogne de la statistique du département , mais n'ayant eu d'au- tres renseignements sur cette espèce nous la laissons dans le plus grand doute et la passons sous silence. Genre CLXV. — MACREUSE , OlDEMIA Flem 288. Macreuse ordinaire, Oidemia nigra Flem. Melanitta nigra Boie. — Oidemia leucocephala Flem. Commune aux environs de Bordeaux et du Bassin d'Arcachon , plus rare aux environs de Bayonne. 289. Macreuse brune, Oidemia fusca Flem. Melanetta fusca Boie. De passage régulier sur les côtes maritimes de la Gironde , mais assez rare. Très-rare aux environs de Bayonne. (Mus. de Bordeaux.) S -Fam. IV. — MERGIENS, MERGINŒ. Genre CLXVI. — HARLE, MERGUS Linn. 290. Harle bièvre, Mergus merganser Linn Merganser gulo Steph. — M. castor B.p. De passage régulier tous les hivers, du moins la femelle. Le maie ne se rencontre que pendant les hivers rigoureux. 291. Harle huppé, Mergus serrator Linn. Merganser cristatus Briss. — M. serrator Steph. — Mergus serra- tus et niger Gmel. — M. leucomelas Brehm. De passage régulier tous les hivers, mêmes observations que pour l'espèce précédente, seulement plus commune. 292. Harle piette, Mergus albellus Linn. Mergus glacialis Briinn, — M. asialicus Gmel. — Mergellus albel- lus Selby. ( 499 ) De passage régulier tous les hivers; mêmes observations que pour le Mergus serrator Linn. Plus les hivers sont rigoureux , plus on rencontre de Harles ; les fe- melles des trois espèces nous viennent chaque année , mais les mâles sont plus rares et n'apparaissent que pendant les froids les plus in- tenses. Ces oiseaux détruisent beaucoup de poissons, aussi doit-on les chas- ser des étangs où on élève. • 4 me DIVISION PALMIPÈDES BRACHYPTÈRES , PALMIPEDES BRACHYPTERI. Famille. — PODICIPIDÉS , PODICIPID/E Genre CLXVII. — GRÈBE , PODICEPS Lath. 293. Grèbe huppé, Podiceps cristatus Lath. Lophaithya cristaia Kaup. — Podiceps mitratus et patagiatus Brehm. De passage irrégulier depuis quelques années ; ne se rencontre maintenant que pendant les hivers rigoureux, voyage alors en société. 294. Grèbe oreillard, Podiceps auritus Lath. Podiceps auritus V. B. — P. obscurus cornutus — P. hybridicus Lath. — Podiceps arcticus Bote. — P. octacus B.p. Rare. De passage accidentel. M. A. Docteur {loc. cit.) rapporte que M. Gièse possède dans sa collection un individu tué en 1832, sur la Garonne à Bordeaux , quai de Bacalan. Un sujet capturé à Arcachon figure au Muséum de Bordeaux. 295. Grèbe a cou noir, Podiceps nïgricollis Sandes, Podiceps auritus Lath. De passage irrégulier. Se rencontre pendant les hivers rigoureux , mais en assez petit nombre. Cette espèce est mal déterminée au Mu» séum de Bayonne oîi elle figure en plusieurs exemplaires. 296. Grèbe castagneux, Podiceps fluviatilis Degl. et Gerb. Podiceps minor Lath. — P. pygmœus Brehm. — Sylbeocyclus mi* nor B.p. — S. europœus Macgill. De passage régulier tous les hivers, se rencontre sur tous les cours Tome XXVIII. 34 ( 500 ) d'eau , les étangs , etc. En 1 867 , un couple se reproduisit sur les étangs de la barre de Bayonne. Famlle. — COLYMBIDÉS , COLYMBIDJE. Genre CLXVIII. — PLONGEON, COLYMBUS Linn. 297. Plongeon imbrin, Colymbus glacialis Linn. Colymbus torquatus Brùnn. — C. atrogularis Mey. — C. maxi- mus et hy emails Brehm. — Eudytes glacialis Naum. Les jeunes de passage irrégulier, assez rares. Les adultes de passage accidentel. Un sujet capturé aux environs de Dax, figure au Muséum de Baronne. 298. Plongeon lumne, Colymbus arcticus Linn. Colymbus macrorhynckos Brehm. — Eudites arcticus Naum. Les jeunes sont de passage presque régulier tous les hivers, mais aucun sujet adulte n'a encore été capturé dans le Sud-Ouest. 299. Plongeon cat-marin, Colymbus septentrionalis Linn. Colymbus lumne , borealis et stellatus Brùun. — C. striatus Gmel. — C. rufogularis Mey. — Eudytes septentrionalis Naum. Les jeunes de passage pendant les hivers rigoureux; les sujets adul- tes comme pour l'espèce précédente. Famille — ALCIDÉS, ALCID^J. S.-Fam. I. — URIENS , VRINJE. Genre CLXIX. — GUILLEMOT, UBIA Briss. 300. Guillemot troïle , L'ria troile Lath. L'ria lomvia et Starbag Briinn. — U. norœegica Brehm. Se rencontre tous les hivers sur nos côtes, souvent en nombre, après les tourmentes, quelquefois même la plage est couverte de leurs cada- vres. En mars 1868, je rencontrai mort au phare Saint-Martin, un sujet en plumage d'été. 301. Guillemot grylle , l'ria grylle Lath. Uria minor, nigra et striata Briss. — U. gryllo'ides et balticu Brùnn. — U. scapularis Steph. — Grylle columba B.p. De passage accidentel; rare sur nos côtes. Le 2 avril 187^, oxplorant la côte entre la barre de Bayonne et Biarritz , avec MM. J. Camiade et J. Coudanne, nous pûmes compter ving-neuf individus de cette bonne espèce , morts depuis une quinzaine de jours, tués par un ouragan qui ( 501 ) s'était déclaré pendant la nuit , suivant le rapport des pêcheurs de la barre de Bayonne. Leur mauvais état de conservation ne nous permit d'emporter que quelques têtes. S.-FAM. II. - ALCIENS, ALCINJE. Genre CLXX. — MACAREUX , MORMON Illig. 302. Macareux moine , Mormon fratercula Temm. Fratercula arctica Vieill. — Lunda arctica Pall. — Mormon arc- ticus Macgill. De passage irrégulier. Ne se rencontre pas chaque année sur nos côtes ; mais certains hivers, abîmés par les vents et les vagues , la mer les jette sur ses bords par centaines. Genre CLXXI. —PINGOUIN, ALCA Linn. 303. Pingouin torda, A Ica torda Linn. Alca minor Briss. — A. balthica et unisulcata Brùnn. — .4. gla- cialis Brehm. — Utamania torda et pica Leach. Se rencontre presque tous les hivers dans les mêmes conditions que YUria troyle et le Mormon fratercula. ESPÈCES EXCLUES . Astur major Degl. (M. Loche, Actes de la Soc. Linn. Bordeaux Falco vesperlinus Linn. (M. Loche, id. Surnia nyctea Keys et Blas. (M. Docteur, id. Passer ltaliœ Degl. (M. Docteur, id. Cinchramus pyrrhulloides Caban. (M. Docteur, id. } Œgithalus pendulinusBoie. (M. Docteur, id. Ampelis garruhis Linn. (M. Docteur, id. Limosa cinerea Degl. (M. Docteur, id. Puffinus fuliginosus Strickl. (M. Loche, id. Puffinus major Faber. (M. Loche, id. Somateria spectabilis Boie. (M. Docteur, id. Anas moschata Linn. (M. Docteur, id. ADDENDA. Nous signalerons encore les captures suivantes : Coracia gracula G.-R. Gray, aux environs de Cazaux. Pterocles arenarius Temm. — Nous avons encore à mentionner une nouvelle capture dans le Sud-Ouest, de cette rare espèce. Le sujet mâle ( 502 ) qui nous occupe a été trouvé sur le marché de Bordeaux, le 27 janvier 4873, et nous ne doutons pas un instant que cet oiseau n'ait été capturé dans notre région. Cet individu avait dans la gave 225 graines, que M. Durieu de Maisonneuve a eu l'obligeance de déterminer ; elles ap- partiennent au genre Lupinus (1). (Notre collection.) Thalassidroma Wilsoni Schinz. — Un second sujet de cette litigieuse espèce aurait été capturé dans le golfe pendant l'année 1872 (2). Ce 3 Février 1873. (1) Ces graines seront semées par M. Durieu , qui nous fera connaître l'espèce dans les Actes de la Société Linnéenne. (2) Les passages des mois de septembre, octobre , novembre et décembre 1872 , janvier 1873, ont considérablement différé de ceux des années ordinaires. — Les vents Sud, Sud-Ouest, Ouest ayant soufflé pendant tous ces mois, pourraient bien être une des causes premières de ces changements dont nous allons énumérer les particularités les plus remarquables. — Les Anatidés ont été très-rares ; nous n'avons pu observer que quelques Anas boschas , et tandis que ces espèces, qui chaque année nous visitent en masses considérables, ne se sont montrées qu'en très-petit nom- bre, des espèces rares qu'on n'observait que pendant les hivers très-froids , ont été rencontrées cette année ; telles sont : la Fuligula nyroca et la Bernicla brenla , qui a été commune pendant les mois de décembre et janvier. Les Hirundinidés n'ont quitté nos contrées que vers les premiers jours de novembre ; aussi croyons-nous que la direction des vents exerce beaucoup plus d'influence que la température, sur le passage des oiseaux. T. XXVIII. Soc.Lmn 6 Bord x ^â »*> V * -I 1 * •■'■* PI. 25. RA1A BRACHYURA . (lafont.) .'•,OÎ.\fi^ DESCRIPTION D'UNE NOUVELLE ESPÈCE DE RAIE Par M. A. LAFGNT, Membre titulaire. RAIA BRAGHYURA Làfont (PI. 23.) Disque formant un parallélogramme à-peu-près régulier, à bords antérieurs ondulés, à angles latéraux mousses, couvert d'aspérités, excepté sur la tête , qui est presque lisse ; sur le dos une rangée d'ai- guillons , qui se continue quelquefois avec la rangée médiane de la queue, qui est large, aplatie, portant trois rangs d'aiguillons et bien plus courte que le corps ; pas d'épines ni d'aiguillons , ni en dessus , ni en dessous du corps ; un petit aiguillon sur le bord antérieur de l'orbite ; museau un peu arrondi ; nageoires caudales assez développées. Couleur générale chamois (à l'état frais , puis un peu plus tard cen- drée ) , avec de nombreuses taches étoilées noirâtres , et cinq ou six jaunâtres ou blanchâtres de chaque côté du corps. ■ Dessous du corps ■ blanc. Mâchoire portant 85 rangées de dents , à-peu-près pareilles aux dents latérales de la R. bâtis jeune, mais beaucoup plus courtes que celles des rangées moyennes de cette espèce. Dents pointues et sembla- bles chez le mâle et la femelle, Longueur totale d'un à* m ,88; largeur m ,67; longueur de la queue m , 36 ; diamètre de l'œil m , 023 ; évent m 027 ; organes copulateurs peu développés , atteignant à peine le bout des ventrales. Longueur totale d'une £ l m , 13 ; du museau à la ceinture scapulaire m , 51 ; du milieu des nageoires ventrales au bout de la queue m , 455 ; diamètre transverse m , 80 ; diamètre du museau , en passant entre les mâchoires, m , 66 ; du bout du museau à la mâchoire supérieure m , \ 6 ; du bout du museau à l'angle des pectorales ro , 52 ; de ce point à la fin Tome XXVIII. 35 ( 504 ) de la pectorale O m , 51 ; distance interoculaire O m , 1 1 ; du bout du mu seau à la même ligne ra ,13 ; longueur de l'évent m , 03 ; longueur de l'œil m , 02, par conséquent plus petit que l'évent. Cette espèce est très-voisine de la R. bâtis ; elle en diffère par son disque âpre en dessus , portant une rangée d'aiguillons sur la ligne mé- diane, par l'absence d'aiguillons sur les pectorales, par sa queue plus courte et plus robuste, par ses dents non prolongées en une pointe longue, acérée et recourbée. en arrière , plus nombreuses (85 rangées), tandis que je n'en trouve que 76 dans deux sujets de même taille de R. bâtis. Les ventrales sont aussi moins longues que dans cette espèce. Habitat. L'Océan au large des côtes de la Gironde ; de janvier à septembre elle est assez commune ; je n'ai pu constater sa présence de septembre à janvier. Obs. Nos pêcheurs la confondent avec les R. asterias et jR. bâtis, sous le nom de Raie blanche ou de Raie lisse. Arcachon, le 6 Janvier 1873. Nota. — Le dessinateur a irop accentué le bord des taches blanches , qui se fon- dent insensiblement avec la teinte grise de l'animal. LES GITES DE CHAUX PHOSPHATÉE DANS LE DÉPARTEMENT DU LOT ; LEUR FAUNE, LE MODE ET L'ÉPOQUE PROBABLES DE LEUR FORMATION ; Par M. DELFORTRJE , Vice-Président de la Société Linnéenoc de Bordeaux. Les dépôts de chaux phosphatée jusqu'aujourd'hui connus dans le département du Lot, gisent tous sans exception dans des crevasses de rochers à la surface de plateaux jurassiques d'une altitude moyenne de 330 mètres; le dépôt qui fait l'objet de ce mémoire s'exploite en ce moment commune de Beduer, canton et arrondissement de Figeac , dans une de ces crevasses d'une largeur de 8 mètres. Au mois de sep- tembre de cette année l'exploitation n'avait encore eu lieu que sur une longueur de 30 mètres ; mais la fente du rocher et la matière exploi- table s'étendent bien au-delà ; sa profondeur est de 9 m 80 e . Nous de- vons ces renseignements précis à M. Géraud , mûdecin-vétérinaire à Souillac, qui saisi de l'importance paléontologique de ce gisement, a bien voulu se transporter sur les lieux pour nous procurer des échan- tillons. Ce n'est qu'après avoir traversé une première couche de près de 5 m d'épaisseur, ne contenant que de faibles traces de phosphate, ceoendant très-appréciables, que commence réellement à apparaître la chaux phosphatée recherchée par l'industrie, ou plutôt la phosphorite , puis- qu'elle constitue une variété dépourvue de cristallisation. Cette pre- mière couche, ou toit de mine, consiste en une roche rougeâtre, tantôt friable, tantôt cristalline, formée de fer limoneux semé de grains sphé- roïdaux de péroxide de fer; la phosphorite qui repose immédiate- ment au-dessous comprend une série de couches peu épaisses, alternant entr' elles , formant un massif de près de 5 m . Mais ces couches sont très. ( 50G ) dissemblables quant au faciès. C'est ainsi que tantôt la pbospliorite ap- paraît sous forme d'une roche celluleuse gris-rose, très-friable, d'une grande légèreté; tantôt c'est une roche gris-cendré, compacte, ayant l'aspect d'une roche brûlée ; d'autres couches sont d'une roche d'un blanc sale, tantôt très-dense et semée de paillettes brillantes, mais non micacées, lui donnant l'aspect d'un granit; tantôt feuilletée, tendre et boursoufflée ; à celle-ci en succède une d'un blanc laiteux , très-friable quoique compacte ; enfin dans d'autres couches la matière phosphatée se présente sous forme soit mamelonnée, soit guttulaire et tantôt d'un blanc mat , tantôt colorée et quelquefois rubannée et zonée comme l'onyx. Ce massif, composant le dépôt de phospborite, est littéralement pétri d'ossements de chéiroptères ; aucun autre vestige de vertébrés ou inver- tébrés ne s'y observe , et la quantité de ces débris est si prodigieuse que nous pensons pouvoir évaluer à une cinquantaine le nombre de squelettes de ces animaux recueillis dans 10 kilog. environ de cette roche; ces squelettes, bien qu'entiers, présentent toute leur ossification désarticulée, mais à peine déplacée. C'est ainsi , par exemple, que pour les membres thoraciques, à côté du radius et du cubitus, se trouvent, repliés en éventail , les os métacarpiens. En observant attentivement la contexture de ce dépôt, il est facile de se convaincre qu'il est formé de couches régulières et successives de squelettes, en un mot qu'on fouille dans un véritable cimetière de chauves-souris. D'une pareille constatation naissent naturellement les deux questions suivantes : les chéiroptères enfouis dans la phosphorite ont-ils été saisis vivants lors de la précipitation du phosphate, c'est-à-dire asphyxiés, soit par dégagement de gaz, soit par suite d'envahissement d'eaux tor- rentielles, ou bien au contraire avaient-ils déjà cessé de vivre lors de la précipitation? Nous n'inclinons pas seulement pour cotte seconde hy- pothèse , mais nous disons qu'elle est seule admissible ; la preuve pal- pable , irréfutable , nous la trouvons dans un osselet fort curieux , res- semblant tellement, par ses tours de spire, à un hélix ou à un bulime, que pendant quelque temps nous et bien d'autres (parmi lesquels des conchyliologues, et j'ajouterai des meilleurs, nous pouvons même dire hardiment que d'autres après nous s'y tromperont) , nous l'avions, di- sons-nous, considéré comme un mollusque ; cet osselet n'est en réalité que le limaçon du rocher d'un chéiroptèce , et ce n'est qu'après l'avoir plus tard trouvé soudé au rocher, que nous avons été édifié' sur son compte. Eh bien ! ce limaçon détaché du rocher et ce même limaçon ( 507 ) soudé au rocher, nous le comptons aujourd'hui sur notre table au nombre de près de cent exemplaires, et nous l'avons, nous pouvons dire , toujours trouvé détaché de la base du crâne , car ce n'est que sur deux têtes seulement que nous l'avons reconnu en place. Ces os de l'oreille isolés, détachés des crânes, mais toujours reposant près d'eux, démontrent que les chéiroptères dont nous retrouvons les débris étaient déjà à l'état de squelettes lors de la précipitation de la phosphorite qui les enveloppe; et comme il est impossible de ne pas reconnaître là une véritable nécropole chéiroptérienne renfermant les restes de nombreu- ses générations de chauves-souris, qui , après avoir habité l'antre dans lequel elles déposaient leur guano , ont fini , lors du dénouement fatal , par tomber inertes sur cette couche , produit de l'organisme animal , chaque jour accumulée , dans laquelle , après avoir vu inhumer leurs devancières , elles ont été s'ensevelir à leur tour ; ne semblerait-il pas logique d'en tirer cette conséquence : que la masse de chaux phospha- tée de ce dépôt ne serait autre chose qu'un guano transformé , en un mot, que la formation de Beduer paraîtrait n'être due qu'à l'accumu- lation de matières animales et pas à d'autre cause ? Il est probable que cette transformation du guano en chaux phos- phatée s'est opérée graduellement , lentement , sans dégagement de gaz nuisibles à la gent chéiroptérienne qui, durant cette transformation, n'aurait cessé d'habiter son logis, et d'y vivre et de s'y éteindre comme devant ; cela semble résulter au moins de la composition même de la roche ferrugineuse ou toit de mine dont nous avons déjà parlé , où se montrent de légères traces de phosphate, et dans lequel abondent aussi les ossements de chauves-souris. Hâtons-nous d'ajouter que la faune de cette couche diffère essentiellement de celle de la masse phos- phatée, d'abord, parce que les ossements de chéiroptères ne se retrou- vent plus, à ce niveau, dans la position normale où nous les avons in- diqués dans la phosphorite ; mais que dans la couche ferrugineuse il y a , au contraire, confusion complète ; que beaucoup d'os sont brisés, et qu'ensuite les chéiroptères y sont associés aux Tapirs, Felis et Hyènes ca. ractérisés par de nombreux débris, la plupart roufés, au milieu desquels se trouvent des mollusques mêlés à des cailloux quartzeux de grosseurs diverses, mais ne dépassant pas en général celle d'une amande, A quel agent cette couche ferrugineuse supérieure devrait-elle sa for- mation, si ce n'est à l'action d'eaux torrentielles, qui après avoir dénudé ces bancs fossilifères si développés depuis l'Ariége jusqu'au Tarn, en avoir arraché nos Tapirs et Félins , nos mollusques , avoir, en chemin , ( 508 ) min , usé ces débris , leur avoir associé des restes d'Hyène , des cail- loux roulés, avoir entraîné avec ceux-ci les boues argileuses chargées, de fer limoneux , sont venues enfin s'engouffrer dans l'habitat des chéi- roptères, ou, par la force de leur irruption, elles ont alors bouleversé les couches superficielles de guano sous lesquelles reposaient de nou- velles générations de chauves-souris , les descendantes vraisemblable- ment en ligne directe de celles qui alors étaient déjà empâtées dans la phosphorite ? Nous résumerons ainsi nos observations : le gîte de Beduer ^Lot pa- raîtrait n'être qu'un dépôt de guano transformé. Les gîtes de phosphorite exploités dans le Lot et le Tarn-et-Garonne, présentent un type commun, caractéristique ; tous sans exception, occu- pent des crevasses de rochers; ces crevasses ont un fond sans fissures com- muniquant avec les couches inférieures, la phosphorite, dit M. Leymerie (Journal d'Agriculture pratique , février 1 872 ) ne parait avoir aucune racine avec le sol; elle serait en un mot en vase clos. «A Crégols, » arron- dissement de Cahors (Lot) dit M. Filhol (Journal de Zoologie, t. I er , n° 4 , p. 280; « j'ai découvert une exploitation d'où l'on [extrayait une » brèche constituée en entier par des ossements de chauves-souris. » Le Musée de Bordeaux vient de recevoir un échantillon de phosphorito du Tarn-et-Garonne où abondent aussi les os de chéiroptères. S'il ve- nait à être reconnu , et la chose n'est pas sans quelque probabilité, que le cas observé à Beduer comme à Crégols , et dans un des dépôts du Tarn-et-Garonne, fût commun aussi à tous les autres gîtes, ne pour- rait-on pas alors être autorisé à en conclure que les phosphates du Lot et du Tarn-et-Garonne, n'auraient trouvé leur origine que dans l'intervention de l'organisme animal? La question que nous venons de soulever offre d'autant plus d'intérêt à être sérieusement étudiée , que ce n'est pas seulement dans le Lot et le Tarn-et-Garonne , que les dépôts de phosphate de chaux gisent dans des crevasses de rochers , et uniquement dans des crevasses, mais on les compte aussi, et nombreuses, d'abord dans plusieurs autres de nos dépar- tements, et ils sont également depuis longtemps signalés à l'étranger , notamment , en Belgique , dans lp royaume de Bavière , dans le duché de Xassau etc. , etc. (I). (1) Au moment où ce mémoire est sous presse, la Galerie Etnographique de Bor- deaux reçoit des nodules de chaux phosphatée mêlés à des poteries, colliers, amu- lelles et débris de cabane d'origine alzcquc , le tout recueilli dans le dépôt de guano ( 509 ) Après avoir touché à la question relative à la formation de ces phos- phates , il nous reste à rechercher l'âge de ces mêmes formations. Si l'étude qui précède ne nous a pas permis de lever complètement le voile épais qui l'enveloppe , il nous a , au moins , été donné d'en soulever un coin qui nous a montré clairement l'origine quater- naire de la couche à Tapir, Félin et mollusques, qui renferme des traces de phosphate. Or , comme cette matière n'a pu se produire que postérieurement au dépôt, les phosphates de cette couche sont donc, et cela sans conteste possible , de formation récente , au moins géologi- quement parlant. Quant à la masse de phosphate que recèlent les couches inférieures, elle est postérieure , c'est évident à l'époque jurassique , puisqu'elle repose dans des crevasses de rochers appartenant à cet étage. Mais où est la raison suffisante pour en déduire qu'elle est tertiaire et se serait conti- nuée jusqu'à la période miocène, ainsi que le dit M. Daubrée , de l'Ins- titut (Association scientifique de France, t. IX, Bulletin d° 214, p. 168 et que l'a aussi avancé M. Leymerie [toc. cit.) ? Cette opinion n'étant appuyée d'aucune preuve , demeure à l'état de simple hypothèse, sans la rejeter précisément, puisque à ce défaut de preuve dous ne pouvons nous-même opposer une preuve contraire ; nous nous demandons seulement s'il n'y aurait pas lieu de rajeunir considérablement cette formation, et tout en reconnaissant, bien en- tendu, son droit d'aînesse sur les phosphates de la couche ferrugineuse, si on ne devrait pas la considérer comme s'étant produite pendant la même période géologique, c'est-à-dire, à l'époque quaternaire. Les preuves , nous l'avons dit , n'existent pas , mais nos raisons les voici : Ces crevasses, occupées aujourd'hui par les phosphates dans la roche jurassique, rien ne démontre non-seulement qu'elles se soient produi- tes et que le phosphate s'y soit formé pendant la période qui porte ce nom, ni même pendant l'âge tertiaire qui lui a succédé; mais, au con- traire , on serait porté à penser que contenant et contenu ne datent que de l'époque quaternaire,. En effet, admettons un instant qu'elles re- qui recouvre en entier l'îlot Maccabi , voisin des îles Chinchas ( Pérou ) ; ces no- dules, qui se présentent sous l'aspect de concrétions terreuses de teinte jaunâtre-, très-friables, ont fourni à l'analyse une quantité notable d'acide phospliorique. Voilà un fait qui non-seulement vient à l'appui de notre théorie, mais qui pourrait bien aussi, en la généralisant, amener à cette conclusion que tous les dépôts de chaux phosphatés ne sont que des guanos transformés. {Noie de l'auteur.) ( 510 ) montent à l'époque jurassique ou à la période tertiaire , qu'a-t-il dû se passer sur ces plateaux du département du Lot pendant le nombre immense d'années qui nous sépare de ces temps géologiques ? Négligeons , comp- tons pour rien les grandes commotions s les soulèvements, les affaisse- ments, la marche des glaciers, etc., etc., qui auraient pu, durant ces époques , détruire ou simplement combler ces crevasses ; arrêtons-nous seulement devant l'effet probable qui aurait dû résulter des eaux tor- rentielles; elles seules, évidemment, auraient suffi pour combler, avec les boues qu'elles ont dû charrier, l'espace profond de o mètres resté vide au-dessus du phosphate après sa formation. Rejette-t-on cette hy- pothèse , il faut alors forcément adopter celle-ci : que pendant le cours immense des années qui nous séparent de ces époques géologiques, cette fosse profonde de 5 mètres , béante au-dessus des phosphates , aurait été respectée de telle sorte par les vents , les tempêtes , les pluies , les eaux torrentielles, qu'aucun atome de poussière ou de boue n'y aurait pénétré , ne serait venu maculer la première couche de phosphorite ; qu'en un mot, cette fosse, restée vide pendant un espace immense de temps , n'aurait été comblée qu'à l'époque quaternaire par notre couche ferrugineuse à ossements de Tapirs et Félins. Or, quia absurdum , nous pensons que la formation de phosphorite qui , dans le gîte de Be- duer, est inférieure à celle que recèle la couche ferrugineuse à ossements de Tapirs et Félins , ne remonte , comme celle-ci , qu'à l'époque qua- ternaire. FAUNE DU GITE DE BEDUER Nous n'indiquerons que très-succinctement les restes de Tapir, Felis, Hyène et les Mollusques observés dans la couche ferrugineuse ou toit de mine. TAPIR. Un humérus presque entier, mesurant 0,20 centimètres de longueur. Ses extrémités articulaires sont en partie détruites; cet os , par sa cam- brure très-prononcée , sa grosseur eu égard à sa longueur, son en- semble lourd , massif, paraît ne pouvoir être attribué qu'à un Tapiroïdo. FELIS. Une carnassière inférieure , deux vertèbres caudales et une dorsale , cette dernière se distinguant par son apophyse épineuse, mince, très- allongée, et fortemcnl inclinée en arrière. ( 511 ) Ces ossements proviennent d'un sujet jeune ou tout au moins de pe- tite taille. HYÈNE. Une portion d'humérus, la partie cubitale. Cet os est caractérisé par son corps grêle relativement à la largeur de la portion articulaire , et surtout par l'ampleur et la profondeur de la cavité olécranienne. Cet humérus présente une identité parfaite avec celui de YHyœna spœlea. MOLLUSQUES. Notre collègue à la Société Linnéenue, M. Gassies, y a reconnu : 1° Deux individus appartenant à la famille des Cyclostomacés , cons- tituant deux espèces, mais indéterminables, car la partie caractéristique,, l'ouverture , manque complètement. Chez la première espèce , il croit voir un Cyclostome de la section; des Choanopoma qui vivent actuellement sur les parties terrestres de l'île de Cuba, de la Jamaïque , etc., etc. ; sa forme est turriculée ef pourvue de stries longitudinales transverses, comme chez le Cifdostoma chordatum Gundlach. La seconde espèce, de forme pareille, mais dépourvue de stries, lui laisse quelque doute sur le genre , car elle est lisse comme certaines Bythinies françaises et cubaines. 2° Un Planorbe se rapprochant beaucoup de notre Planorbis c&ntor- tus Muller ; cependant, la cavité ombilicale étant beaucoup plus évasée, M. Gassies pense qu'il serait imprudent de le rapporter à cette espèce. CHÉIROPTÈRES. Les Chéiroptères du gîte de Beduer abondent, ainsi que nous l'avons dit, aussi bien dans la couche ferrugineuse que dans le massif qui lui est inférieur, et présentent un intérêt tout particulier ; car, comme nous le verrons , ils diffèrent essentiellement des nombreuses espèces si mi- nutieusement et si savamment étudiées par Blainville, dans sa grande Ostéographie des Mammifères ; nous les décrirons donc comme espèce nouvelle, sous le nom de Vespertilio oltinus (1). Ces débris se présentent dans les deux couches , la seconde surtout , dans un état de conservation , nous ne dirons pas seulement parfait, mais admirable ; dans la couche blanche notamment , ils ont une teinte laiteuse, unie et brillante, rappelant l'aspect des plâtres stéarines; les (1) De Ollus , nom antique du Lot. ( 542 ) moindres détails , los parties les plus délicates, sont conservées intactes ; des métacarpiens, des phalanges de jeunes individus, minces comme un fil , se présentent dans la roche , aussi nets que s'ils venaient de se détacher du squelette ; enfin , dans tous les os longs , fistuleux , comme chez les oiseaux, le réseau cellulo-fibreux a fait place à une cristallisa- tion blanche et transparente de l'effet le plus gracieux. VESPERTILIO OLTIXUS Delfortrie. Fig. i. et. Crâne vu de profil. — b. Le même vu en dessus. Grandeur naturelle, c. Molaires supérieures gauche , au double de leur grosseur. Tête étroite , allongée , comme bulleuse dans sa partie crânienne par suite du peu d'épaisseur des parois ; l'occipital , sensiblement relevé à sa partie supérieure, va joindre obliquement des mastoïdiens à lame élargie, relevée et excavée, puis porte une crête sagittale bien accusée qui, partant de son sommet , se prolonge, toujours avec la même saillie, jusqu'aux maxillaires ; région fronto-nasale sans aspérités ni dépres- sions, carénée et fort étranglée vers son milieu; os nasaux étroits, aplatis ; mâchoire supérieure ayant le palatin antérieur sensiblement arrondi et divergent. Nous n'avons retrouvé l'ensemble de cette forme dans aucune des espèces figurées par Blainville. Les Rhinolophes et les Rhinopomes déjà avancés dans la série des insectivores , diffèrent essentiellement de notre Chôiroptère par leur tète beaucoup plus bulleuse et surtout beau- coup plus raccourcie. La série dentaire que représente la figure c, indique suffisamment que notre Chéiroptère appartient à une des espèces terminant la série descendante, c'est-à-dire aux Chauves-Souris insectivores, se rappro- chant le plus des carnassiers. (513) Incisive , en crochet conique , aiguë , longue , séparée de la canine par un large espace. Canine, forte, de forme conique, tombant verticalement. Molaires , hérissées de pointes reliées par des barres tranchantes et par conséquent en saillie , ce qui donne à la surface de la couronne l'aspect d'un VV, dont les sommets des angles sont dirigés vers la partie interne de la mâchoire. Fig. 2. a. Limaçon détaché du rocher .H I Au double de leur grandeur h. Rocher. naturelle. N'aurions-nous pas trouvé , dans le phosphate , traces de dents de nos Chéiroptères, que le limaçon seul, figuré en a, aurait suffi pour pouvoir affirmer que les Chéiroptères de Beduer appartiennent non- seulement à la famille des insectivores, mais encore au groupe le plus inférieur dans la série; car, ainsi qu'on le sait, la saillie inférieure du limaçon se renfle d'autant plus que les individus avancent dans la série descendante des carnassiers. Or, ici le limaçon se présente sous l'aspect d'une bulle adhérente à peine au rocher, sa forme est extrêmement saillante , conique ; dans l'échantillon que nous figurons , il montre ses tours de spire au nombre de quatre. Fig. 3. Axis vu de profil. SPa^éB Grandeur naturelle. Cet os , bien qu'incomplet , se présente assez conservé cependant dans ses parties essentielles pour pouvoir être étudié : son apophyse odontoïde très-développée , est large et aplatie à la base ; sa partie an- térieure, grêle et conique , se relève sensiblement; apophyse articu- laire antérieure très-développée , de forme presque ovale , la base ce- pendant plus large que l'extrémité supérieure , trou vertébral peu développé , très-couvert par les lames de l'apophyse épineuse , ce qui rend celle-ci large à la base. L'état quoiqu'incomplet de la partie supérieure de cette apophyse, permet néanmoins de voir qu'elle était étroite et un peu rejetée en ar- rière ; apophyses transverses très-courtes obliquant en arrière. Cet axis ne présente rien de commun avec celui des espèces vivantes, ainsi le trou rachidien qui , ici , est placé à la base même du corps de ( 5U ) la vertèbre, est bien plus élevé dans le Noctilio Isporiims et le Vcsper- tilio murinus; chez ces derniers, la distance entre l'apophyse articu- laire antérieure et l'apophyse trausverse est très-rapprochée ; dans notre espèce elle est au contraire très-sensible ; et, chose assez bizarre, nous retrouvons cette dernière similitude dans les espèces les plus frugivo- res , notamment le Ptcropus jubatus. Fig-. 4. a. Omoplate vue de face- b. La même vue de profil Grau leur naturelle. De forme ovale, allongée, le bord dorsal égalant le bord axillaire, face externe ne présentant qu'une seule fosse étroite très-profonde , creusée en barque, limitée par deux crêtes, l'une joignant la cavité glénoïde , l'autre se terminant par l'apophyse acromion , qui est détruite sur notre échantillon ; la partie antérieure de cette face, qui d'ordinaire , chez les Chéiroptères , porte la seconde fosse, est ici au contraire très-bombée , surtout dans le voisinage de l'acromion. En b se montre la cavité glénoïde , de forme ronde plutôt qu'ovale , profonde et donnant naissance à une apophyse coracoïde longue, aplatie, brusquement recourbée en dedans et en arrière, qui présente à sa nais- sance une surface plane, allongée, sur laquelle la clavicule prend appui. Fig. 5. a. Humérus vu par sa face antérieure. b. M., vu par sa face postérieure c. Vu de profil. De grandeur naturelle. ( 515 ) a. Face antérieure. Corps de l'os légèrement courba en S , arrondi jusque vers les 2/3 de sa longueur, puis s'aplatissant et s'élargissant ; les deux tubérosités de l'extrémité supérieure saillantes et divergentes , celle interne plus forte que l'externe, mais un peu moins élevée qu'elle; crête deltoïdienne d'abord peu saillante, large, se rétrécissant en coin , puis devenant très- accusée, mince et tranchante. L'extrémité inférieure présente une double poulie oblique avec tubérosité interne très-saillante. Cette forme de trochlée, qui n'existe ni chez le Rhinolophus ferrum-Equinum , ni chez le Vespertilio murinus, se retrouve chez le Molossiis ursinas, le Steno- derma undatam , et même le Pteropus jubatus. b. Face postérieure. Extrémité supérieure : Tête parfaitement hémisphérique , un peu moins élevée que la tubérosité externe. Extrémité inférieure : Cavité olécranienue très-excavée, sensiblement élevée, de forme ovalaire, trocblée et épithrochlée très-accusées. Cette extrémité inférieure de l'humérus de notre Chéiroptère n'offre, sous cette face, aucun rapport avec les espèces de Blainville. Fig. 6. a. Eadius vu par sa face postérieure. b. Id., par sa face anté- rieure. Grandeur naturelle. Face antérieure : Cet os, beaucoup plus long que l'humérus, arrondi, légèrement arqué , présente à l'extrémité supérieure une surface arti- culaire large, profonde, en forme de cupule, non pas exactement cir- culaire, mais' cependant beaucoup moins allongée et moins ovalaire que chez toutes les espèces décrites,. et sensiblement relevée en arrière pour former facette segmoïde ; son extrémité inférieure, presque aussi élargie ( 516 ) que celle supérieure , est sillonnée en dessus de profondes gouttières donnant passage aux muscles extenseurs, Face postérieure. Lisse, triquètre à son extrémité supérieure ; la face articulaire inférieure montre une gouttière transverse, large, profonde, au-dessus et à l'angle de laquelle se voit l'apophyse styloïde assez bien accusée. Ce radius rappelle assez bien , dans son ensemble, celui des Rous- settes, c'est-à-dire des Chauves-Souris les plus frugivores. C'est la deuxième fois que nous avons à signaler cette singulière anomalie. Cubitus vu de trois- quarts. Grandeur naturelle. Cet os grêle, styloïde, a son extrémité supérieure très-sensiblement recourbée , élargie en une palette qui forme l'olécrâne dont la cavité segmoïde est à peine sensible ; à sa partie postérieure l'olécrâne, aplati d'abord, se termine vers sa base par une arête triangulaire très-accusée. Cette arête manque dans toutes les espèces décrites par Blainville. Re. 8. Radius et métacarpiens en connexion. lut 1 1 I Grandeur naturelle. Cette figure montre très-distinctement quatre métacarpiens repliés en éventail avec le radius ; sans entrer dans la description de cette pièce, nous ferons seulement remarquer l'échancrure profonde du se- cond métacarpien à son extrémité carpienne ; ce n'est que chez le Mo- lossus ursinus que nous retrouvons ce caractère aussi prononcé, et encore l'est-il moins qu'ici ; il manque complètement chez les Rous- settes et les Sténodermes , et ne se montre que très-faiblement chez le Rhinolophus ferrum-equinum et le Vesperlilio murinus, a. Fémur vu par sa face posté- rieure. &. Le même par sa face anté- rieure. Grandeur naturelle. Cet os grêle , droit et cylindrique , est assez long ; sur sa face posté- rieure sa tête bien détachée, sphéroïdale à sa base , mais légèrement conique au sommet, s'incline vers le grand trochanter qui est divergent en avant; elle est au contraire nettement détachée du petit trochanter qui diverge en arrière ; à son extrémité inférieure , l'os , très-renflé , montre une facette intercondylienne bien accusée , les condyles peu saillants. Sur la face antérieure, la tète de l'os est aplatie, les deux trochanters peu saillants, ce qui donne assez bien à cette extrémité l'aspect d'un trèfle ; à l'extrémité inférieure , la fossette intercondylienne est très- profonde , et les tubérosités des condyles bien développées. La forme de cet os ne se retrouve identique dans aucune des espèces de Blainville ; il diffère essentiellement surtout de celui du Rhinolophus ferrum-equinum , et se rapprocherait plutôt , chose assez étrange , de celui du Pteropus marginatus, qui appartient à la série s'éloignant le plus des carnassiers. Fig. 10. Tibia vu de trois-quarts. Grêle, plus long que le fémur, à-peu-près droit, cylindrique, triquètre vers l'articulation fémorale ; celle-ci divisée en deux par l'épine du ( 518) tibia , à peine sensible , présente une capsule presque plate à sa partie antérieure et légèrement relevée à sa partie postérieure ; extrémité tar- sienne renflée , montrant le condyle malléolaire bien développé. Le péroné, comme on le sait, est toujours complet chez les Vesper- tilions ; nous avons bien recueilli plusieurs extrémités articulaires de cet os si grêle, mais aucune dans un état assez complet pour en permettre la description. Les détails ostéologiques dans lesquels nous venons d'entrer, étaient bien de nature, comme on le voit, à nous faire faire une espèce nou- velle du Ghéiroptère de Beduer. 18 Décembre 1872. MÉMOIRE SUR LA MALADIE DE LA VIGNE DITE DU PHYLLOXERA VASTATRIX Par M. A. -H. TRIMOULET, Archiviste. LE PHYLLOXERA CAUSE OU EFFET Voici plus de quatre années que je me suis attaché à l'étude du Phyl- loxéra vastatrix accusé de la perte des vignobles du Midi de la France. Je vous dirai franchement, que ma première impression a été et demeure la même : tous les écrits que j'ai pu lire, toutes les discussions que j'ai pu entendre n'ont fait que me confirmer dans cette opinion. Non ! le Phylloxéra n'est pas et ne peut être la cause réelle de cette épidémie viticole. C'est ce que je vais essayer de développer tout-à-1'heure , et ce, le plus clairement qu'il me sera possible. Mais avant d'entrer dans le cours de cette discussion qui demande quelques développements , il me sera permis de dire que , quelle que soit la cause de ce désastre , il est du devoir de toutes Sociétés savantes et agricoles ou commissioûs s'occupant de cette terrible maladie, de s'attacher surtout et avant tout à la destruc- tion de la cause qui la produit , qu'elle soit interne , externe , végétale ou animale. Les essais et l'étude des remèdes à employer doivent être regardés comme le seul programme, la véritable route à suivre pour arriver à un but utile. Libre ensuite à tous les savants, une fois ce remède trouvé, à débattre entre eux si c'était le Phylloxéra ou toute autre chose qui était la cause primordiale de la maladie qui aujourd'hui a le don d'occuper et de préoccuper tous les viticulteurs. Cependant , la question ayant été posée, nos adversaires répétant sans Tome XXVIII. 36 ( 520 ) cesse que le malheureux Phylloxéra est la seule et l'unique cause du fléau, devons-nous et pouvons-nous loyalement garder un silence si préjudiciable à tant d'intérêts si gravement compromis? Non, car tous les efforts des expérimentateurs se dirigeant sans cesse vers cet unique but : détruire le Phylloxéra , font fausse route ; les résultats ont été et seront toujours complètement nuls comme ils l'ont été , — je vais sans aucun doute vous étonner et faire sourire plusieurs d'entre vous qui me traiteront de rétrograde, — comme ils l'ont été, dis-je, pour la maladie de la vigne dite de l'Oïdium. Mais vous ignorez donc que le Phylloxéra et l'Oïdium sont les effets de la même maladie? On a attaqué dans le principe avec acharnement l'oïdium , premier effet de cette maladie, au lieu de s'attaquer à la cause. Qu'a-t-on obtenu? Ce que l'on pouvait en attendre , c'est-à-dire le changement de l'effet : au lieu d'un cryptogame on a aujourd'hui un puceron; mais la cause primordiale de la maladie existe toujours et reste la même , malgré tous les efforts tentés depuis plus de 25 ans pour la détruire. Et aujourd'hui je vous dirais bien plus : Si vous persistez dans ce mauvais système, à la place d'un puceron , quand bien même vous réussiriez à le détruire complètement, ce dont je doute fort, vous auriez bientôt à combattre uu autre ennemi , plante ou animal , qui sera le troisième effet de cette maladie. C'est donc à la cause qu'il faut s'attaquer et non à l'effet ; car, comme nos prédécesseurs nous perdrions notre temps en vaines études. Dès le principe de la maladie, ou, pour être plus exact, dès le principe de la deuxième étape de la maladie, le jour où le savant professeur M. Planchon de Montpellier s'avisa de découvrir le puceron qu'il se hâta de nommer Risaphis phylloxéra et de le vouer à la vindicte publique, les personnes qui s'en occupaient déjà depuis longtemps se divisèrent immédiatement en deux camps : 4° Celles qui attribuèrent la mortalité de la vigne à la présence du Phylloxéra ayant pour chef de file MM. PJanchon , Lichtenstein , Bazile, Faucon , etc. , etc. ; 2° Celles qui attribuèrent cette mortalité à toute autre cause et qui eurent à leur tête des hommes tout aussi compétents que les premiers, malgré le dire de nos adversaires, MM. De Gasparin, Guyot, Mares, Boisduval, Siguoret, etc. , etc. Il suffit d'être de bonne foi et d'étudier seulement la solution d'une seule question pour faire crouler tout le système de la première école, dite des Phylloxéristes, qui ne s'attacheut qu'à l'apparence au lieu d'étu- dier le fond de la maladie. ( 521 ) Ils ne peuvent répondre à cette question sans réduire à néant toutes leurs théories basées sur des faits non prouvés et sans consistance ; c'est pour cela qu'ils évitent avec soin d'y répondre , cherchant des biais pour l'éviter et ne pas s'engager. Cette question qui est fondamen- tale, est celle de l'origine du Phylloxéra, question que je vais essayer de développer et d'étudier devant vous. ORIGINE DU PHYLLOXERA Quelle est l'origine du Phylloxéra? Deux réponses se présentent naturellement : 1° Ou il est de création nouvelle et l'œuvre de la génération spon- tanée ; £5° Ou il est de création ancienne. Tous les entomologistes sérieux sont unanimes à repousser la pre- mière hypothèse ; nous sommes tous d'accord sur ce terrain, et tous répondent par la négative : car il serait parfaitement inutile de rechercher les moyens de propagation et de voyage de cet hémiptère , s'il était le résultat de la génération spontanée , parce que toutes les fois que nous nous trouverions dans les mêmes conditions de température et de ter- rain , dous aurions immédiatement une nouvelle génération du terrible Phylloxéra. Tandis qu'au contraire, dans les terrains complètement différents sous des températures bien diverses , nous trouvons le Phyllo- xéra en Provence , dans le Bordelais , en Portugal , en Amérique et même dans les serres d'Angleterre , car les Anglais ne veulent pas rester en arrière des Français, même pour le puceron. Il faudrait être fou , étant partisan de la génération spontanée , de rechercher le moyen de détruire l'insecte qui nous occupe; car, d'après •ce système , il renaîtrait toujours de ses propres cendres. Une fois ce point établi , qui du reste' est indiscutable et accepté de tous les entomologistes , je vais répondre à la seconde question qui n'est pas plus difficile à résoudre, malgré qu'elle ait été habilement scindée en deux par nos adversaires les Phylloxéristes. Le puceron étant d'origine ancienne , Est-il d'origine américaine ? Ou est-il d'origine européenne ? Est-il d'origine américaine ? C'est là la grande question , car c'est la seule où les Phylloxéristes ont quelques chances. C'est là qu'ils sont / ( 52-2 ) sur leur terrain , c'est pour cela qu'ils s'y sont jetés à corps perdu en vouant , quelques-uns-d'entre eux à la malédiction publique sous pré- texte qu'importateurs de vigne américaine , ils étaient les propagateurs de la terrible maladie. Cette question , comme la précédente, n'est pas susceptible d'un sévère examen , et comme elle , doit être abandonnée des hommes sérieux. Et d'abord, le Phylloxéra vastatrix du Midi de la France est-il bien le même que le puceron de la vigne d'Amérique? On nous répond que M. Riley, qui est venu en Europe spécialement pour l'étudier, l'a dit; c'est très-bien, mais l'a-t-il prouvé? Avez-vous vu vous-mêmes les individus côte à côte? les avez-vous comparés ? vous a-t-on envoyé des échantillons d'Amérique afin de les examiner , de les vérifier , de les comparer , de faire enfin un travail quelconque? Non! et pourquoi? Vous voudriez que l'on s'en rapportât à M. Riley , soit ; car je n'ai aucune raison pour mettre en doute ce qu'il a avancé. Cependant je vous répondrais que M. Signoret le meilleur hémiptérologiste d'Europe n'est pas de cet avis , et s'il n'affirme pas le contraire , il doute fort ; et pour moi le doute d'un homme aussi expérimenté équivaut à]une affirmation. De plus la manière de vivre des Phylloxéra d'Europe et d'Amérique est complètement différente. Les premiers vivent constamment sur les racines, les seconds au contraire vivent sur les feuilles et habitent des galles. Les uns sont radicicoles, les autres sont gallicoles. En Europe , vous prétendez qu'ils tuent la vigne ; En Amérique , ils ne lui occasionnent aucun dommage. Et pourtant , vous Phylloxéristes , vous appelez cela des faits acquis à la science , et pourtant ils ne le sont rien moins ; et si toute la science était basée sur des faits pareils nous serions encore bien arriérés. Avez- vous seulement prouvé que notre Phylloxéra des racines est le même que le Phylloxéra gallicole trouvé chez MM. Laliman et Chaigneau sur les cépages américains que ces Messieurs ont reçu l'un et l'autre directement d'Amérique? Vous soutenez l'affirmative ; mais c'est une question qui est encore dans le doute , tranchée par des botanistes , des médecins , des agricul- teurs et des chimistes et non par des entomologistes. Quant à moi , qui le suis un peu, je me réserve, pour répondre à cette grosse question, d'avoir étudié à nouveau l'insecte dans la galle , et alors seulement je répondrai après plus ample informé. Vous voulez que le Phylloxéra, qui est gallicole aux États-Unis, ( 823 ) soit arrivé sur des importations de vignes de ce pays? Mais vous oubliez que les sarments et les plants sont dépourvus de feuilles et que , lors même qu'ils en auraient, les pucerons seraient morts après quatre jours de traversée! Les résultats seraient identiques pour les plants enracinés, en acceptant qu'au moment de l'importation, les pucerons seraient descendus dans les racines , ce qui vous resterait encore à prouver. M. Laliman , mon honorable collègue de la Société d'Agriculture , ayant consulté un grand nombre de propriétaires qui ont planté eux- mêmes de grandes quantité de vignes américaines , en a reçu une ré- ponse identique ; ils se sont tous trouvés d'accord : ils ont répondu à l'unanimité qu'ils ne trouvaient pas le puceron aux pieds de ces vignes, ni même aux pieds de celles qui les entourent. Vous répondez que des faits négatifs ne peuvent pas balancer un seul fait affirmatif ; mais il faudrait pour cela que ce fait aflirmatif existât et fût légalement constaté et prouvé. Et vous ne le faites pas : ce ne sont que des conjectures de votre part, faciles à dire mais difficiles à prouver. M. Laliman possède une correspondance volumineuse sur ce sujet et très-instructive à consulter. En Italie, M. le Marquis Ridolphi a fait depuis plus de quinze ans des plantations immenses de vignes américaines ; elles lui donnaient , en 1862, plus de huit cents hectolitres de vin. Il déclare qu'il ignore ce que c'est que le puceron appelé Phylloxéra ; que ses vignes sont magni- fiques et qu'il n'a à se plaindre d'aucune maladie. Il y a un autre fait qui est à signaler et qui vient à l'appui de ce que nous avançons. C'est celui-ci : que précisément les Phylloxéristes qui ont été les plus ardents à accuser les vignes américaines d'être les importatrices de la maladie en Europe, sont principalement ceux qui ont été les promo- teurs de la demande à son Excellence M. le Ministre de la Marine pour faire faire des transports de vignes américaines par lesjflottes de l'Etat. On ne peut avoir cependant deux poids et deux mesures : on devrait être conséquent avec soi-même. Ou les vignes américaines sont les importatrices de la maladie — Il faut alors les prohiber et en empêcher l'importation avec soin ; Ou elles ne le sont pas et peuvent remplacer avantageusement nos vignes épuisées. — Il faut alors au contraire en demander l'importation. Il n'y a pas de milieu , et il est incompréhensible que des hommes que l'on dit sérieux , que l'on veut poser comme infaillibles , soient les promoteurs de ces deux propositions opposées : ce qui , au résumé , / l ( 524 ) prouve surabondamment qu'ils ne croient pas plus que nous à l'origine américaine du puceron. Enfin si le puceron n'est ni d'origine de génération spontanée, ni d'ori- gine américaine , il ne lui reste que l'origine européenne. Il existait donc de tous temps dans nos vignes dans un état latent ne leur causant aucun dommage : il a fallu un cas fortuit pour le faire découvrir et lui donner de la célébrité. Je comprends que nos adversaires soutiennent que le Phylloxéra n'existe pas dans toutes nos vignes, car ils compren- nent facilement que s'il existait de tout temps dans nos vignobles , c'est la ruine assurée de leur théorie. Mais alors d'où vient ce puceron , s'il n'est pas l'œuvre de la génération spontanée, ou s'il n'est pas d'origine américaine? C'est pourquoi retournant la question ils nous disent : Montrez-nous un seul puceron trouvé dans un département non envahi et nous croirons à votre système. Il est à remarquer que cette question est presque insoluble , elle est à double face ; ils sont d'autant plus forts dans ce retranchement que pour trouver cet insecte, qui est très-rare dans l'état normal de la vigne, et de plus microscopique , il faudrait arracher une grande quantité de souches de vignes saines, ce à quoi n'adhérerait aucun propriétaire, pas même nos adversaires. Si , par hasard, nous venions à avoir la chance de le trouver, le jour que nous le montrerions ils répondraient invariablement : C'est le com- mencement de la maladie, l'invasion gagne du terrain ; dans deux ans, dix ans, vingt ans, cent ans nous n'aurons plus de vigne! Qui vivra verra ! Les deux premières questions étant résolues , et le puceron existant avant la maladie dans nos vignes , ce qui est incontestable, il vivait donc sans lui faire de tort , ce qui est très-facile à expliquer ; sa fécondité étant très-restreinle , les racines de la vigne étant très-dures , la nourri- ture manquait très -souvent aux jeunes pucerons qui périssaient en grande quantité. La maladie refoulée dans les racines par les médica- mentations tentées pour faire disparaître l'oïdium , la pourriture des racines s'étant déclarée, la sève s'étant arrêtée dans l'extrémité des radicelles, ces dernières ont éclaté; un écoulement abondant de sève s'en est suivi, les Phylloxéras attirés par l'abondance de la nourriture, en ont profité , et bientôt leur fécondité s'en est trouvée doublée, triplée et même centuplée. Le même fait se reproduit à l'air libre , mais il passe inaperçu. L'essai ou est facile : faites une blessure à un pêcher, à un prunier, voire même à un peuplier; le lendemain, le jour même, vous la verrez couverte ( 525 ) de pucerons et d'autres insectes. Nos adversaires voudront peut-être soutenir que ce sont ces insectes qui ont occasionné la plaie , puisque ce sont eux qui en profitent. Le Phylloxéra se trouve dans le même cas : il est et demeure l'effet et non la cause de la maladie. Je ne me flatte pas que cette théorie soit la mienne; elle est fondée sur les travaux de tous nos plus éminents hémiptérologistes, seuls savants compétents sur cette matière; pas un n'a dit que les pucerons sont la cause de la maladie des plantes, mais l'effet. Tous sont de cet avis : MM. Bonnet, Goureau, Gehin, Signoret, etc. Voulez-vous que je vous donne une citation sans réplique de M. Boisduval, prise dans son Essai sur l'Entomologie horticole? En parlant des pucerons en général , il disait , page 244 : « M. Gehin ne croit pas , et nous sommes de son avis, que la cloque » des pêchers soit due exclusivement à la présence des pucerons ; il sup- » pose que, par suite de certaines circonstances atmosphériques, au mo- » ment du développement des feuilles , telles qu'un changement brusque » dans la température , la sève s'arrête dans les vaisseaux de la feuille , » que celle-ci tourmentée par l'affluence du liquide qu'elle ne peut plus » élaborer, se déforme, se contourne, se recoquille et commence à se » cloquer. Alors les pucerons , trouvant toute préparée une habitation à » leur convenance, viennent s'y établir, s'y multiplient rapidement et » aggravent le mal. Il est positif que ces insectes choisissent, comme » beaucoup d'autres parasites, les feuilles qui ont éprouvé une modifi- » cation morbide pour s'y propager, atlendu que l'on voit souvent des » feuilles cloquées bien avant l'apparition de pucerons. Sans vouloir » prendre ici l'effet pour la cause, nous ajouterons que nous avons vu, » cette année, dans les jardins des environs de Paris, des feuilles clo- » quées complètement exemptes de ces petits animaux. Tous les jardi- » niers savent parfaitement qu'un arbre sain et vigoureux est rare- » ment attaqué par les pucerons. Ils savent aussi que les arbres ou les » plantes, à certaines expositions, sont choisis de préférence par ces » parasites, et que les chaleurs précoces du printemps, en hâtant l'éclo- » sion des œufs, favorisent beaucoup leur multiplication. » Cet article écrit par M. Gehin en 18621, ne semble-t-il pas fait spécia- lement pour le débat qui nous occupe ? L'affluence de la sève se porte • dans les racines, les fait gonfler, crever, et le puceron, comme je le dis plus haut, se multiplie à l'infini. Je crois que devant un homme compétent comme M. Gehin, nous devons tous nous incliner, même les savants d'aujourd'hui. ( 526 ) Certains Phylloxéiistes disent sans cesse à nos partisans : Mais vous avez sous la main la cause palpable de la maladie , et depuis cinq ans vous vous évertuez , vous vous épuisez à la rechercher ailleurs ! Nous leur demandons , non sans raison , ou est la preuve de leur dire? Ils vous répondent invariablement : C'est un fait acquis (1) ! car ces messieurs regardent comme fait acquis à leur cause tout ce qui a pu être imaginé contre notre système , qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas de preuve; car, dans ce dernier cas, d'après eux, il n'y a pas besoin d'examen, ou bien ils se contentent de vous dire: Comment! vous demandez des preuves? mais il y a longtemps que c'est prouvé, puisque le sayant botaniste professeur à la Faculté de Montpellier, M. Planchon, l'a dit ; tout le monde doit s'incliner devant un pareil témoignage ! Quelques personnes soutiennent qu'il y a de nombreux faits acquis à la science sur l'histoire du puceron; il y en a, cela est positif, mais il y en a que l'on dénature à plaisir et qui, par ce fait seul, feraient sor- tir le Phylloxéra de l'ordre des hémiptères. Je ne fais que copier M. le D r Boisduval, un de nos plus éminents entomologistes, dans son Essai sur l'entomologie horticole, p. 241 : « Avant les travaux de Réaumur, de Bonnet et de Degeer, quelques » ignorants, et le nombre en était grand à cette époque, croyaient que » les pucerons naissaient spontanément d'une liqueur mielleuse secré- » tée par les fourmis. Aujourd'hui , grâce aux travaux de ces savants , » l'histoire de ces petits animaux est aussi connue que celle des abeilles. » On sait maintenant que les pucerons maies et femelles s'accouplent » comme les autres insectes ; mais ce qu'il y a d'extraordinaire dans » ces petits êtres, c'est que d'un premier accouplement , il ne naît que » des femelles aptères, lesquelles sont fécondées pour toutes les géné- » rations jusqu'à la fin de la belle saison. Les pucerons provenant de » ces générations sont en général vivipares ; les petits naissent tous vi- » vants par une sorte d'accouchement. Au moment de cette opératiou , » le petit sort le derrière le premier en remuant les pattes Lorsque » ces femelles aptères ont mis au monde tous leurs petits (qui sont » eux-mêmes femelles), ce qui a lieu dans l'espace de quelques jours , » elles changent de couleur et périssent. Les jeunes subissent plusieurs » mues, et au bout d'une dizaine de jours, ils accouchent à leur tour. (I) Dans le langage Pliylloxériste on appelle faits acquis, les faits non pas certains, niais acquis par surprise. ( 527 ) » On peut s'imaginer, avec une pareille fécondité, l'innombrable quan- » tité de pucerons qui nous envahiraient, etc.... » Et plus loin : « Il arrive souvent , lorsque le temps est chaud et humide , que la » 3* ou la 4 e génération produit des individus ailés , mais toujours des » femelles , etc. « A l'automne vers la fin de septembre, dans les jardins à l'air libre, » la dernière génération donne naissance à des individus pourvus d'ailes » pour la plupart, mais dont la moitié est composée de mâles. Ceux-ci » s'accouplent immédiatement avec les femelles ailées ou non, et péris- » sent peu de jours après. Les femelles , au lieu de faire des petits » vivants, pondent alors des œufs qui doivent passer l'hiver. » Voici des faits acquis à la science, constatés par des hommes éminents qui ne s'appliquent pas à une espèce, à un genre, mais à toute la famille des aphides. Messieurs les phylloxéristes, pour nous mettre eu défaut, veulent que ces faits se fassent complètement au rebours, ce qui sor- tirait naturellement le Phylloxéra de cette famille, il ne le veulent pas et ne veulent pas qu'on leur demande les preuves. Il est à regretter, je le dis en passant, que M. Planchon réserve spécia- lement ses publications pour ses adhérents ; de cette manière on ne peut pas combattre ses doctrines , ni même relever ses assertions quand il vous prête des opinions qu'on a toujours combattues. De cette tactique , il résulte que nous devons accepter comme fait acquis, contre l'avis de tous les entomologistes, que le Phylloxéra perce avec son suçoir, qui cependant n'a aucune consistance, le bois de de la racine de la vigne , lequel , jusqu'à ce jour , avait paru assez dur, et que de cette manière il parvient à détourner la sève à son profit , épuiser ainsi et causer la mort de la vigne. Nous devons nous incliner devant cette théorie , quelque hasardée qu'elle nous paraisse , parce que , dit-on , ce que je mets en doute , un professeur de la faculté l'a avancé. Mais on ne réfléchit pas qu'en adoptant même cette théorie pour les pucerons adultes , elle est inacceptable pour les pucerons nais- sants , dont le suçoir a encore moins de consistance que celui des adul- tes. Ils seraient incapables de se procurer de la nourriture et seraient morts au bout de 24 heures. « Les hémiptères sont dépourvus de palpes; leur bouche consiste en » un bec ou suçoir formé par la lèvre inférieure. Celui-ci est composé » de quatre articles et forme une sorte de gaine renfermant trois soies » intimement réunies. C'est à l'aide de ces soies ou styles déliés que ces ( 528 ) » insectes percent le tissus des plantes ou des animaux pour pomper la » liqueur nutritive. Cette description n'est pas de moi , mais bien du D r Boisduval, non- seulement médecin mais entomologiste. Il est bien entendu qu'avec de pareilles armes, des soies ou styles déliés, ils ne peuvent percer que des corps tendres, que déjeunes plantes ou des feuilles, et non du bois dur, des corps résistants comme la racine de la vigne saine. Enfin , je serais véritablement curieux de voir fonctionner ce fameux suçoir , qui est , on ne peut le nier , de substance gélatineuse ; je serais curieux , dis-je , de le voir fonctionner soit à la manière d'un vilebre- quin, soit à la manière d'un emporte-pièce, pour faire son passage jusqu'au cœur de la racine ; d'autant plus que ces deux mouvements pa- raîtront impossibles à tous les entomologistes, seuls juges compétents dans cette question , n'en déplaise à nos contradicteurs. Car , pour avoir une réponse sérieuse à une pareille question , il me paraît essentiel de consulter un entomologiste et non un grammairien , un poëte , un botaniste , voire même un médecin. Un de mes collègues de la Commission départementale de la maladie de la vigne, comparait dernièrement le Phylloxéra à l'acarus de la galie (Sarcoptes Scabiei) , et disait : Supprimez l'acarus , et la galle dispa- raîtra! supprimez le Phylloxéra, et la maladie de la oigne disparaîtra! Supprimez l'acarus et la galle disparaîtra ! C'est une question très-controversée, et plusieurs médecins , hommes compétents, sont loin d'être de cet avis et regardent l'acarus noû comme la cause, mais comme l'effet de la maladie. Sans vouloir me prononcer dans une question ou je ne le suis pas , je répondrai que , dans tous les cas , il faut que l'acarus se trouve placé dans des conditions spéciales pour se reproduire ; si ces conditions n'existent pas , la maladie ne se déclare pas. Il en est de même du Phylloxéra : sortez-le des pieds de vignes malingres et souffreteux , mettez-le sur des pieds bien portants, les causes spéciales de sa reproduction manquant , il disparaîtra bientôt lui-même , faute de trouver un milieu ou il pourra vivre et prospérer. Dans toutes ces comparaisons, il s'agit de les présenter comme elles doi- vent l'être. La maladie de la vigne provient en général de diverses causes : / De la mauvaise nature du terrain, de la mauvaise irrigation, du manque d'engrais , de la culture forcée , du mauvais choix des cépages, de diverses raisons soit atmosphériques ou autres, et enfin de l'épuise- ment de la vigne. ; ( 529 ) Avant d'arriver à mes conclusions, permettez-moi de poser à nos adversaires deux questions auxquelles ils ne pourront répondre sans ruiner leurs prétentions : Trouve-t-on des ceps bien sains , sans aucun symptôme de maladie , avec les pucerons à leurs racines ? Ne trouve-t-on pas au contraire des vignes atteintes de la nouvelle maladie avec leurs racines pourries et pourtant sans pucerons ? J'attends leurs réponses. Certaines expériences sérieuses peuvent être tentées et me donneront complètement raison. Je dis sérieuses, car il ne s'agit pas défaire une expérience et de dire, une fois le résultat obtenu : J'avais prévu telle ou telle chose; il faut que ces résultats soient prévus à l'avance; car, n'importe ces résultats , nos adversaires trouveraient le moyen de les faire tourner à leur avantage. i re Expérience. — Faire planter dans un endroit infecté un cépage con- venable au terrain, tout en le renouvelant et le fumant convenablement en l'entour. Si ces plants résistent, c'est la preuve que le puceron ne fait rien à la vigne. 2 e Expérience. — Faire planter un pied attaqué, ou porter des puce- rons dans une localité saine. Je soutiens que les Phylloxéras disparaî- tront complètement , même du pied attaqué, s'il survit à l'opération, et qu'ils ne se retrouveront pas aux pieds voisins : autre preuve que le Phylloxéra ne fait aucun mal à la vigne saine et ne se propage pas ou du moins d'une manière sensible. CONCLUSIONS Je termine en soutenant que notre devoir est de rassurer tous les propriétaires de la Gironde contre certains écrits qui n'ont servi qu'à répandre la panique, en déclarant hautement : / \° Que les diverses commissions instituées dans le département de la Gironde veillent , que de nombreuses expériences ont été faites et se font tous les jours par leurs soins ; 2l° Que le Phylloxéra vastatrix ne se jette que sur les vignes malades,, faibles , mal venantes. Que les propriétaires, pour les guérir, devront s'attacher à donner à leurs vignes de la force par une culture plus appropriée aux terrains, par des engrais , des arrosements, des drainages et aussi en retranchant les ( 530 ) mauvaises branches , celles surtout qui sont inutiles ; de cette manière ils donneront de la vigueur à celles qui resteront. Que tous les viticulteurs demeurent persuadés que le seul moyen de s'opposer à la propagation de la maladie, c'est d'entretenir la santé et la vigueur de la vigne. Qu'ils se gardent surtout de toutes ces belles promesses que leurs font certains industriels qui promettent, à grand renfort d'articles de journaux, de guérir leurs vignes en détruisant l'insecte malfaisant, et qui leur vendent des drogues sans vertus, ou des drogues qui brûlent et tuent leurs vignes. De nombreuses expériences sont faites par nos Commissions; les résultats obtenus, on se hâtera de les publier pour que tout le monde puisse profiter de nos études. Il est certain que le Phylloxéra ri a pour mission que de détruire ce qui est épuisé, afin que la terre, débarrassée d'une plante qui a fait son temps, puisse produire d'autres végétaux; il en est de même pour une multitude d'insectes que l'on croit nuisibles, tant aux hommes qu'aux animaux et aux plantes, et qui, sans que Von s'en aperçoive, remplissent tous un rôle important dans l'organisation de l'Univers. PERSONNEL DE LA SOCIETE Au 15 Février 1875. Fondateur-directeur: J.-F. LATERRADE, directeur pendant quarante ans et cinq mois (mort le 30 octobre 1858), maintenu à perpétuité en tête de la liste des membres titulaires , par décision du 30 novembre 1 859. BUREAU MM. Charles Des MOULINS (C. igt )', Commandeur de l'Ordre Pontifical (classe civile) de Saint-Grégoire-le-Grand, Officier d'Académie, président à vie, rue de Gourgues, 5. Eue DELFORTRIE, juge de paix, vice-président, rue de Pessac, 66. Ose. L1NDER (0. #) , ingénieur ordinaire des mines, secrétaire-général , rue Fondaudége, 22. Ém. BENOIST, géologue, secrétaire du Conseil, cours des Fossés, 100. H. TRIMOULET, archiviste, rue Jouannet, à l'Entrepôt Saint-Remi, 3. Eug. BA1LBY, professeur de dessin linéaire au Lycée, trésorier, rue Judaïque-Prolongée, 37. CONSEIL D'ADMINISTRATION MM. Le Comte de KERCADO (0.^0.®), rue Judaïque, 159. Le D' Eug. LAFARGUE, rue des Remparts, 73. Le D r S. M. SOUVERB1E, conservateur du Musée, rue Bardineau, 5. Jules LAMBERT1E, conservateur-adjoint du Musée, au dit Musée, ou à Caudéran. TITULAIRES MM. Ch. DURIEU de MAISONNEUVE (# # *), directeur du Jardin des Plantes, officier d'Académie, place et hôtel Bardineau. Gust. LESPINASSE, rue de la Croix-Blanche, 25. J. COMME, chef des cultures du Jardin (auxiliaire) des Plantes, rue Belleville, 15. J.-B. GASSIES, directeur du Musée préhistorique, allées de Tourny, 24. H. BERT, en voyage aux Indes. Alex. LAFONT, villa Bon-Abri, à Arcachon. Léonce MOTELAY, cours de Gourgues, £. J.-L. SAMY, préparateur à la Faculté des sciences. Edouard LAFARGUE, rue Porte-Dijeaux, 8. i ( 532 ) MM. Félix ARTIGUE, à Bègles, quartier du Mourat. Edouard DRORY, rue Nuyens, 32, à La Bastide-Bordeaux. P.-E. DUBALEN, cours du Chapeau-Rouge, 20. E. Henry BROCHON fils, avocat, rue des Trois-Conils, 51. AUDITEUR M. Henry ARTIGUE, à Bègles, quartier du Mourat. HONORAIRES RÉSIDANTS S. Ém. Ms r le Cardinal DONNET (G. 0. #), archevêque de Bordeaux. MM. GAUTIER (0. & C. gt ), ancien maire de Bordeaux, rue Huguerie, 51. L'abbé BLATA1R0U, chanoine honoraire, doyen honoraire de la Faculté de Théologie, rue du Hà, 41 . Adolphe CHARROPPIN, ancien adjoint au maire, rue de Condé, 6. W. MANES &, ingénieur en chef des mines, en retraite, chemin des Cossus, 10 (au Bouscat). HONORAIRES NON RÉSIDANTS S. G. Msr DE LANGALERIE $j, archevêque d'Audi. MM. MILLET de LA TURTAUDIÈRE, naturaliste, à Angers. Le Baron de MENTQUE (G. 0. dfc), ancien préfet de la Gironde, à Paris. Le D r G. DES1IAYES, professeur au Muséum d'Histoire naturelle, à Paris. Le Pasteur 3. DUBY, botaniste, à Genève. Le D r Ami BOUE, géologue, à Vienne (Autriche) Le Vicomte A. de CAUMONT, directeur de l'Institut des Provinces, à Caen. Isaac LEA, conchyliologiste, à Philadelphie. Le T. R. P. MONTROUZ1ER, missionnaire apostolique, curé de l'île d'Art (Nouvelle-Calédonie). Van BENEDEN, professeur à l'Université catholique de Louvain (Belgique). L'abbé LÂBORDE, curé-doyen de Blanquefort et de Caychac (Gironde); nommé le 2 août 187-1. ADMISSIONS ET MUTATIONS Du 31 Décembre 1931 nu 15 Février 1873. ( Voir le tableau qui termine, à la première de ces claies, le tome A'A'i //. ) Ont été admis comme membres TITULAIRES résidants : MM. Félix ARTIGUE, auditeur, le 2i avril 1872. Edouard DRORY, entomologiste, apiculteur, sous-direeleur de la Compa- gnie du gaz, le 15 mai 1872. ( 533 ) MM. P.-E. DUBALEN, correspondant , le 6 novembre 4872, par suiie de la fixation de sa résidence à Bordeaux. E.-Henry BROCHON fils, avocat, le 5 février 4873. A été admis comme membre AUDITEUR, résidant: M. Henry ART1GUE aîné, botaniste, le 6 novembre 1872. Ont été nommés membres CORRESPONDANTS : L. PIRE, professeur de botanique à Bruxelles, le 7 février 1872. E. BUCA1LLE fils, de la Société des Amis des Sciences de Rouen , le 25 avril 1872. N. VIGNIAL, propriétaire viticulteur, maire de La Tresne, le 45 mai 4872. P.-E. DUBALEN, ornithologiste, à Sainl-Sever (Landes), le 45 mai 1872. Le Général Comte de NANSOUTY , membre de la Société Ramond,à Bagnères-de-Bigorre, le 20 mai 1872. G. de NERV1LE (0. îfc) , titulaire , par suite de sa nomination au grade d'Inspecteur général des Mines , avec résidence à Paris, boulevard Malesherbes, 85, en cette ville, en août 1872. Le Lieutenant-Colonel Théodore LYMAN, zoologiste, de Harvard Collège, à Cambridge (Massachussetts), le 4 décembre 1872. F. LESCUYER, ornithologiste, membre de l'Institut des Provinces, à St- Dizier (Haute-Marne), le 18 décembre 1872. NECROLOGE Un 31 décembre 1831 au 15 février 1833. {Voir le tableau qui termine, à la première de ces dates , le Tome XXVII.) MM. Ulysse DARRACQ, correspondant à St-Esprit-Bayonne. P.-F.-A.-C. BONNISSENT, géologue, correspondant, à Carentan (Manche), mort le 5 mai 1872. - ( 534 ) LISTE DES SOCIÉTÉS ADMISES COMME CORRESPONDANTES ( Par échange de publications ) Depuis le 31 décembre 1831 jusqu'au 15 février 1893. Académie Royale des Sciences de Belgique, à Bruxelles, le 20 mars 1872. Connecticut Academy of Arts and Sciences, à New-Haven (Connect.), le 29 mai 1872. Société Philosophique Américaine de Philadelphie, le 12 juin 1872. Bureau géologique de Suède, le 12 juin 1872; FIN DU TOME XXVIII. I I TABLE DES ARTICLES CONTENUS DANS CE VOLUME ZOOLOGIE ET PALEONTOLOGIE Faune conchyliologique terrestre et fluvio-lacustre de la Nouvelle-Calédonie (2 me partie); par M. J. B. Gassies, titulaire 1 Les Broyeurs du tertiaire aquitanien ; par M. E. Delfoktrie , vice-président . . 213 Note pour servir à la Faune de la Gironde, contenant la liste des animaux marins dont la présence a été constatée à Arcachon pendant les années 1869-1870; par M. A. Lafont, membre correspondant 237 Étude sur les restes fossiles de Siréniens du genre Halilherium dans le bassin de la Gironde ; par M. E. Delfortrie, vice-président 281 Questions obscures, relatives à l'Hydraclinia echinala Flem. et à V Alcyonium dotnuncula Lam., tous deux logeurs de Pagures; par M. Charles Des Moulins, président 32o Notes spécifiques sur le genre Polia D'Orb., vivant et fossile; par le même . . . 3d7 Note sur quelques ossements de Cétacés de Léognan (Gironde); p»r MM. E. Delfortrie, vice-président, et le D r Paul Fischer, correspondant 272 Les Phoques du falun aquitanien; par M. E. Delfortrie, vice-président. . . . 383 Note sur un Spatangue du miocène supérieur de Saucats , suivie d'observations inédites sur la lame buccale des vrais Spatangoïdes ; par M. Charles Des Moulins , président 387 Crustacés Podophthalmaires et Cirrhipèdes du département de la Girondo et des côtes du sud-ouest de la France ; par le D r Paul Fischer, membre corres- pondant 405 Catalogue critique des oiseaux observés dans les départements des Landes , des Basses-Pyrénées et de la Gironde; par M. P.-E. Dubalen, membre titulaire . . 139 Description d'une nouvelle espèce de Raie; par M. A. Lafont, membre titulaire. 303 GÉOLOGIE Les gites de chaux phosphatée dans le département du Lot; leur faune, le mode et l'époque probable de leur formation ; par M. E. Delfortrie , vice- président SOo ( 536 ) HISTOIRE NATURELLE APPLIQUÉE Mémoire sur la Maladie de la vigne, Phylloxéra cause ou effet; par M. H. Tm- moulet, archiviste, secrétaire de la Commission des Maladies de la Vigne . 519 Personnel de la Société, au 15 février 1875 551 Admissions et mutations, du 51 décembre 1871 au 15 février 1875 552 Nécrologe, du 51 décembre 1871 au 15 février 1875 555 Liste des Sociétés admises comme correspondantes, pendant la même période. 554 PROCÈS-VERBAUX Extraits des Comptes-Rendus des séances de la Société Linnéenne de Bordeaux, par M. 0. Linder , secrétaire-général : du 26 mars au 50 août 1871 du 15 novembre 1871 au 25 août 1872 six du 6 novembre au 18 décembre 1872 lxxii / / UOHDEAUX. — MPIUMERIE DE F. DEGRÉTEAU ET C'». EXTRAITS COMPTES -RENDU S DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE BORDEAUX ■ -»> --= jO g- ( ■ ■ EXERCICE 1871. Séance de rentrée : 26 Mars. — M. le Président présente un rapport d'ensemble sur les faits intéressant la Société , qui se sont produits depuis la dernière séance de 1870 , pendant les temps à jamais désas- treux que la France vient de traverser. Il rappelle ensuite que, grâce à Dieu , depuis la clôture de la dernière année académique , aucun vide nouveau ue s'est produit au sein de la Société, malgré les vives souf- frances éprouvées par quelques-uns de ses membres. Notre respectable et excellent collègue M. Le Roy est retombé malade, et son état de santé ne lui permet plus d'assister aux séances. Notre jeune et ardent secrétaire du Conseil, M. Benoist, a pris les armes , aussitôt après nos premiers désastres et contribué à la noble et belle défense de Toul, dont la capitulation l'a livré prisonnier aux Allemands. Interné à Minden, en Westphalie, il est resté dans cette ville jusqu'après la signature des préliminaires de paix. Honneur à notre jeune ami ! il a fait bravement son devoir et mérite que l'expression de la sympathie de ses collègues soit consignée au procès-verbal. Le fds de notre vice-président, M. Henry Delfortrie, ancien auditeur de la Société, a lui aussi pris le fusil du patriote et couru à la défense de notre chère Patrie , en ce moment , hélas ! si cruellement compro- mise par ses propres enfants. Notre secrétaire-général a , dans sa sphère , fait ce que les circons- tances ont exigé de lui. Soit comme membre du Comité de défense de la Gironde, soit comme membre du Comité militaire du Sud-Ouest, Procès- Verbaux. 1 II soit enfin comme chargé de missions ou comme directeur d'une capsu- lerie de guerre qu'il a créée à Bordeaux ; il a contribué , autant qu'il a pu le faire, à la défense du pays par son activité, ses labeurs et ses fatigues. Nos collègues, MM. Jacquot, Fischer et Tournouer , ont, non sans souffrances, échappé à la cruelle situation créée aux Parisiens par le siège de la capitale. — Pareil bonheur a été réservé personnellement à l'illustre M. Deshayes ; mais ses belles collections du Muséum ont mal- heureusement éprouvé des pertes peut-être irréparables. Avant de quitter pour un autre sujet cette série de renseignements individuels, M. le Président annonce à la Société que le Saint-Père lui a décerné la croix de Commandeur de l'Ordre civil de Saint-Grégoire- le-Grand, qui n'est accordée que pour travaux de « Sciences, Lettres, Arts » ; Et que le Chef du Pouvoir exécutif a élevé M. Linder au grade d'Offi- cier dans l'ordre de la Légion-d'Honneur. Sur sa proposition, il est ensuite décidé que : 1° Dans l'intérêt de la science, les relations d'échange des publica- tions avec l'Allemagne seront conservées intactes ; 2° A l'avenir et jusqu'à ce qu'il en soit autrement décidé , la Société Linnéenne n'accordera le titre de membre correspondant à aucun sujet de l'Empire germanique. Séance du 3 Mai. — M. Delfortrie lit une lettre de M. Oudry, don- nant d'intéressants détails sur la géologie de l'île Saint-Martin d'Oleron. Est voté l'échange des publications avec la Société entomologique de Belgique. M. Lafont dépose la note suivante destinée à lui faire prendre date pour les faits nouveaux qu'il y signale. «Le 11 février 1869 (température de l'eau + 12°), je vis deux Syngnathes-aiguilles étroitement embrassés, dans un bac de l'Aqua- rium- En les séparant, je constatai que la poche du mâle était vide, mais que les deux replis qui la forment , étaient fortement gonflés et vascularisés , et qu'ils étaient soudés par une humeur gélatineuse sur presque toute leur longueur. Vers la partie supérieure de la poche , ces replis s'écartaient et laissaient entre eux une ouverture en cœur. Au bas de l'abdomen de la femelle, s'avançait une sorte d'oviducte, long de G à 8 millimètres, qui était introduit dans la poche du mâle, par III l'ouverture que j'ai signalée à la partie supérieure de cet organe. En lâchant dans les bacs les deux individus dont je parle, je les vis se rejoindre aussitôt, et la femelle introduire chaque fois l'oviducte dans la poche du mâle. » L'oviducte de la femelle semble ne s'allonger autant qu'au moment de la ponte, car les autres femelles que j'ai pu observer n'avaient qu'un oviducte ressorti d'environ deux millimètres. » Il résulte de ce qui précède et des observations publiées dans les Actes de l'Académie de Bordeaux , que les œufs de ce Syngnathe sont pondus directement par la femelle dans la poche du mâle; que les œufs , disposés sur quatre rangs autour d'un axe central , doivent arri- ver ainsi à se placer avec facilité dans chaque moitié de la poche du mâle, où ils ne tardent pas à s'implanter sur la muqueuse de cette poche , à l'aide de fibres qui viennent s'anastomoser avec leur axe cen- tral , et servent à la nourriture des fœtus. IL » Le 27 septembre 1869, une Torpille de grande taille nageait avec vivacité dans un des grands bassins extérieurs de l'Aquarium; elle lança, en passant, une décharge électrique à un Gobie, qui se trouvait appliqué contre une des parois latérales du bac ; puis , continuant sa route, elle fit le tour de bac, dont la longueur est de 40 mètres, lança, en repassant au-dessus de ce poisson, une seconde décharge électrique au malheureux Gobie, qui, à la suite de la première, avait roulé au fond du bac. A la suite de cette seconde décharge, le Gobie, comme galvanisé , remonta à la surface de l'eau , où il nagea faiblement ; une troisième décharge, lancée par la Torpille, en passant au-dessous de lui , le fit tomber raide mort au fond du bac, où la Torpille vint le dévo- rer, après avoir fait le tour du bac. » A chaque décharge , la Torpille était éloignée du Gobie d'au moins 15 centimètres. » Chaque décharge était précédée d'une contraction assez prononcée de la peau de la Torpille. » Chaque décharge décomposait .l'eau et était accompagnée d'un dégagement considérable de petites bulles de gaz , se formant sur le passage du courant électrique, de telle façon que l'on pouvait , pour ainsi dire , voir passer la décharge. » Autant que l'on peut être affirmatif dans une pareille circonstance , IV le dégagement de petites bulles gazeuses se produisait sur un plan triangulaire, ayant pour base le Gohie et pour souimet la Torpille. » La Torpille devait peser environ 2 kilogrammes et le Gohie 23 à 30 grammes. i ni. Fécondation des Céphalopodes. « J'ai publié, dans les Annales des sciences naturelles (S. 3 e , t. XI , p.! 09), quelques observations sur la fécondation de ces mollusques; en continuant mes recberclies, je suis arrivé aux résultats suivants : » Les spermatophores naissent et se développent dans la poche de Needham , au sein d'une vésicule transparente complètement close , à parois indiquées par deux lignes obscures séparées par une ligne claire ; cette vésicule disparaît au moment où se forme le réservoir à sperme , et enveloppe le spermatophore , pendant la formation du sac, de la trompe, du ressort à spirale et de l'étui (observations faites sur des Loligo affi/n/is, pendant les mois de septembre et d'octobre). » J'ai rencontré quelquefois, soit dans le canal de Xeedham, soit dans la partie supérieure des vésicules d'Edwards (vésicules séminales de Cuvier), des sphères transparentes, contenant quelques granulations, et au moins aussi grosses que les cellules-mères des spermatozoïdes ; d'un autre côté , le testicule ne renfermait que des spermatozoïdes ou des cellules fdles. Il est donc probable que ce sont des sphères qui don- nent naissance aux spermatophores et qu'elles sont produites par la partie glanduleuse des vésicules d'Edwards. » Les spermatophores se chargent de sperme par leur partie infé- rieure, très-probablement au moyen du fdament glutineux qui sort de la trompe et du ressort en spirale, aidés par les mouvements vermi- culaires de la poche de Needham. §iv. Fécondation dans le genre Sepia. » Le 23 mai J 870, une femelle de S. Filliouxi, depuis longtemps à l'Aquarium, et assez apprivoisée pour se laisser manier sans trop de difficultés, pondait dans un bassin extérieur, et attachait ses œufs à une feuille de Zostère. Je la retirai de l'eau et constatai, entre les bras, tout autour de la bouche, un certain nombre de petits sacs remplis de spermatozoïdes. Ces sacs étaient attachés par leur partie la plus Large, H avaient été évidemment éjaculés par la base des spermatophores. » La femelle, remise b ontinua de pondre. Au bout d'environ demi-heure, en l'exami 7 aveau, je vis que le nombre des petits sacs remplis de sperme avait beaucoup diminué , et qu'il n'en restait qu'environ une douzaine. Aussitôt remise à l'eau, elle s'approcha d'un mâle , qui s'accoupla avec elle ; retirée de nouveau , cette femelle avait tout le tour de la bouche garni de petits sacs, semblables aux premiers, et adhérents, presque tous, à la membrane qui se trouve entre le bec et les bras. Après cet examen , je remis de nouveau la femelle dans l'eau, où elle continua de pondre pendant plus de deux heures , sans interruption nouvelle. » Il est bien évident que tous ces petits sacs servent à féconder les œufs , au moment où ils sortent de l'entonnoir et où la femelle les tient entre ses bras. Depuis cette époque, plus de la moitié des femelles que j'ai pu examiner, avaient un nombre plus ou moins grand de petits sacs autour de la bouche. » Cependant, il se pourrait que ce mode de fécondation ne fût pas le seul employé par ces Céphalopodes; On trouve, en effet, dans la poche des mâles, un grand nombre de spermatophores, qui ne peuvent pas éjaculer par le bas , et qui finissent par se crever par le haut, soit par l'effet d'une pression exercée sur eux, soit par un séjour de quelques minutes dans l'eau de mer. Ces spermatophores sont en général grisâ- tres. » Enfin, j'ai souvent trouvé dans les débris de spermatophores, reje- tés par les mâles après l'accouplement, un certain nombre de sperma- tophores ayant éjaculé par le sommet du réservoir. J'ai également rencontré , rarement il est vrai , dans le sac des femelles , de petits cylindres compacts, composés de spermatozoïdes, et provenant de spermatophores ayant éjaculé par le haut. 1 V. Genre Loligo » Pendant le mois de mai, j'ai constaté que presque toutes^les femel- les de cette espèce portaient , sur la membrane qui entoure la bouche , entre les bras de la première paire, une sorte de vésicule, de la grosseur d'un gros grain d'orge , remplie de spermatozoïdes parfaite- ment vivants. Je n'ai jamais trouvé, sur cette membrane, des sacs analogues à ceux que j'avais trouvés sur la S. Filliouxi; les échantil- lons qui ne portaient pas ces vésicules avaient fini de pondre et n'en portaient aucune trace. VI I VI. » Je n'ai rien trouvé de nouveau pour la fécondation du genre Ommastrephes ; j'ai seulement trouvé des faisceaux de spermatophores dans le sac des femelles d'O. sagittatus et crassus. J'ai même rencoutré jusqu'à quatre paquets de spermatophores dans la cavité branchiale d'une femelle de cette dernière espèce. Les échantillons de femelle de Sepia, de Loligo et d' Ommastrephes , présentant les particularités que je viens de signaler, sont conservés à l'Aquarium d'Arcachon. » M. Delfortrie donne lecture d'un extrait du Précis de Paléontologie humaine, publié par M. E. T. Hamy (1870), relatif à la note, insérée t. XXVII, p. 261 des Actes, sur les ossements striés des faluns de Léognan, dans laquelle il repousse l'existence de l'homme , à l'épo- que miocène. Après avoir rappelé que M. Delfortrie a découvert sur les ossements des faluns des entailles qu'il attribue à des poissons car- nassiers , au Sargus serratus en particulier, M. Hamy s'exprime en ces termes : « M. Delfortrie paraît avoir raison dans l'espèce, mais il s'est donné le tort de généraliser les résultats de ses recherches et de nier, d'après les quelques faits intéressants qu'il a recueillis , l'existence d'un homme miocène , que démontrent les reprises intentionnelles si mani- festes sur les pièces incisées de Pouancé. » M. Delfortrie fait observer que , tout en différant d'opinion avec lui quant à la conclusion géné- rale, M. Hamy a dû se ralliera ses conclusions pour le cas particulier de Léognan. M. Lafont ne conteste pas qu'il ne puisse y avoir des poissons car- nassiers grignottant leur proie , mais il affirme n'en point connaître ; les poissons carnassiers qn'il a observés avalent tous leur proie d'une bou- chée et sans mâcher. M. Souverbie ne croit pas à l'existence de poissons grignotteurs. Sur l'observation qui' lui est faite par M. Delfortrie que les os de Léognan ont dû être rongés, quand ils se trouvaient déjà en partie décharnés', il répond qu'à sa connaissance , il n'existe dans l'eau que les mollusques et les crustacés qui se nourrissent de corps morts. M. Lafont trouve que M. Souverbie va beaucoup trop loin. De ce que . nous ne connaissons aucun poisson se nourrissant de corps morts, nous ne pouvons affirmer qu'il n'en existe pas. En fait , nous he savons le mode de nourriture que d'un assez petit nombre de poissons; or, sur quoi nous baserons-nous pour affirmer que les choses se passent dans VII la mer autrement que sur la terre, chez les poissons différemment que chez les quadrupèdes ? Les animaux terrestres dont la charogne consti- tue la nourriture habituelle ne sont pas rares ; on ne voit vraiment pour quelle raison il n'y aurait pas tout aussi bien des animaux vivant de proie morte , au sein des eaux. M. le Président fait hommage à la Société , au nom de M. de Chastei- gnier, d'une note sur le Schistostega osmundacea Web. et Mohr, la mousse , si curieuse et si rare , que l'auteur a découverte, en 1870, à Bagnères-de-Luchon et que les bryologistes les plus autorisés regar- dent comme étrangère à la France. M. Durieu , tout en confirmant l'extrême rareté de cette plante , fait remarquer que le Schistostega n'était pas complètement nouveau pour la France, à l'époque de la découverte de M. de Chasteignier : M. E. Bescherelle l'avait rencontrée sur notre frontière des Ardennes, en 1866, et en avait annoncé l'habitat dans un court article inséré dans le Bulletin de la Société botanique de France, t. XIII, 1866, p. 477, sous le titre : Bryologie Française : Floride des environs de Revin (Ardennes) (1). Séance du 17 Mai. — M. Delfortrie remet à M. le Président un mémoire sur les Poissons broyeurs du miocène aquitanien. L'impres- sion de ce travail, dont l'auteur donne un rapide résumé, est votée par la Société. M. Gassies dépose sur le bureau quelques graminées sèches , parais- sant, selon lui , jouir de la propriété, sinon de tuer, du moins d'étour- dir les mites qui s'y attachent en grand nombre. Il désirerait savoir ce qui, dans ces plantes, produit l'effet qu'il signale. M. Durieu fait remarquer que les graminées déposées étant complète- ment sèches , sont par cela même inertes ; ce n'est donc pas dans les plantes qu'il convient de rechercher la cause du fait indiqué par son honorable collègue. M. Souverbie pense que si les mites se déposent sur les graminées et y périssent peu après, ce n'est que pour l'accomplissement de leurs (i) On lit , page 478 , que M. Bescherelle a trouvé le Schistostega osmundacea Web. et Mohr., bien fructifié, dans les fissures d'un rocher, au cimetière de Revin ; ce rocher appartient aux schistes et quartzites bleus des étages moyen et inférieur du terrain ardoisier, constituant les collines qui bordent la Meuse au nord du dépar- tement des Ardennes. La localité , la plus rapprochée de Revin , où l'on trouve la mousse dont il s'agit, est dans le grand duché de Bade, près de Gernsbach. VIII fonctions et que le support auquel elles s'attachent leur convient à cet effet; leurs fonctions accomplies, elles périssent. M. Gassies, sans contester l'exactitude de l'explication, fait observer' cependant que les insectes, après leur chute , se réveillent souvent dans un état de grosseur peu compatible avec cette explication. Il continuera ses observations et donnera de nouveaux détails, si elles en valent la peine. M. Delfortrie dépose un fragment de végétal fossile, recueilli dans les marnes inférieures au calcaire à Astéries des carrières de Cenon, où l'on en trouve souvent de même nature. M. Linder confirme la fréquence de ces sortes de fragments dans les couches dont il s'agit ; mais il ajoute, qu'en général , leur état de con- servation est tel , que la détermination spécifique , voire même géné- rique du fossile , est complètement impossible. Séance du 7 Juin. — M. Benoist, de retour d'Allemagne, où il était prisonnier de guerre depuis plusieurs mois , assiste à la séance et reçoit les témoignages les plus chaleureux de la vive et affectueuse sympathie de ses collègues. M. le Président l'invite à reprendre les fonctions de secrétaire du Conseil , auxquelles il a été appelé par le vote de ses col- lègues. M. Bonnissent , membre correspondant , fait hommage à la Société de son Essai géologique sur le département de la Manche. Sur la proposition de M. Linder, la Société, après en avoir délibéré, décide que, à l'avenir, dans l'intérêt de la statistique scientifique du département, la Société fera, chaque année , plusieurs excursions ayaDt chacune un but déterminé et dont le compte-rendu , selon l'importance des résultats , paraîtra in extenso dans le corps des Actes ou simple- ment par extraits dans les comptes-rendus des séances. M. de Kercado dépose sur le bureau plusieurs Physes {Ph. acuta), re- cueillies par sa petite-fille, dans une mare, à Tauzin, près de Gradignan , et présentant toutes une monstruosité remarquable , qui consiste en une très-forte déviation du péristomc, compliquée d'une forte gibbosité. M. Gassies fait observer que ces monstruosités , sans être commu- nes, sont cependant loin d'être rares chez certaines espèces de mollus- ques. Les Physes de la Nouvelle-Calédonie, par exemple, en présen- tent fréquemment de tout-à-fait analogues. A l'appui de son observation, il fait passer sous les yeux de ses collègues quelques échantillons pro- venant de ces îles. — Les Limnca stagnai/* offrent souvent aussi de singulières anomalies, et quelquefois il en est qui, entre les mains IX d'un conchyliologiste peu exercé , courraient le risque de devenir des types d'espèces nouvelles. M. Gassies insiste sur ce fait que les mons- truosités dont il s'agit restent presque constamment les mêmes dans les mêmes localités, ce qui s'explique, du reste, par l'identité des causes agissant sur des individus vivant ensemble. M. Des Moulins confirme l'opinion de M. Gassies, en ce qui con- cerne les mollusques d'eau douce , mais il fait observer que les anoma- lies sont moins fréquentes chez les mollusques marins. M. Durieu répond qu'il ne peut en être autrement , les mollusques marins habitant un milieu d'une immense étendue , dans lequel les causes de trouble apporté au développement normal des individus sont infiniment moins nombreuses que dans nos cours d'eau et dans nos campagnes. M. Samy fait passer sous les yeux de ses collègues quelques Hymé- noptères des genres Antophora, Andrena, Nomada, Eucera, et des Diptères du genre Myopa, dont les diverses parties de la tête sont char- gées de pollinies. Il rappelle que ces corps ont été pris autrefois pour des champignons, mais que Sprengel, Darwin et d'autres auteurs en ont fait connaître la véritable nature. M. Durieu dit à ce sujet que le rôle des insectes dans la fécondation des plantes est en effet connu depuis fort longtemps. En ce qui concerne spécialement les Orchidées, la visite des insectes est absolument néces- saire à beaucoup d'entr'elles pour mouvoir leurs masses polliniques et pour les transporter sur l'organe femelle. L'éperon floral des Orchis est constitué par deux tuniques que sépare un espace assez large où s'accumule le nectar; la tunique interne, extrêmement délicate, peut être aisément perforée par la trompe de certains insectes, des Abeilles , par exemple. Pour percer cette membrane et puiser les sucs qu'elle recouvre, l'insecte s'agite vivement; par ses mouvements, il détache les pollinies qui se fixent à quelque partie de son corps, puis il les transporte sur le stigmate d'une fleur voisine que féconde le pollen qu'il y dépose. On a constaté bien souvent que les fleurs, dont l'éperon est détruit ou endommagé, sont toujours stériles, parce que le nectar y fait défaut et qu'elles ne reçoivent pas la visite des insectes. M. Durieu rappelle , en terminant , que , dans les serres , les Orchidées exotiques ne fructifient point , si l'on ne pratique pas sur elles la fécon- dation artificielle , qui se fait en enlevant les pollinies au moyen de brucelles et en les déposant sur le stigmate. M. Samy parle ensuite d'uu genre de parasitisme qui , bien que connu X depuis longtemps, n'en offre pas moins d'intérêt; car, malgré les tra- vaux de Baumhauer, de Latreille, de Sichel, etc., il reste encore beau- coup à faire pour son étude complète. Il y a deux ans , notre collègue trouva, dans sa collection de Bombus , deux Conops; le cas n'étant pas très-rare , il ne crut pas devoir le signaler ; mais , tout récemment , il a recueilli un Conops , qu'il n'a pas encore déterminé, dans ses boîtes de Megachiles; il s'empresse de signaler ce fait, qu'il croit nouveau et qu'il étudiera avec soin , dès que le rétablissement des relations scientifiques le lui permettra. Le même membre rappelle que , il y a trente ans environ , M. Brullé envoya à M. Lepelletier deux mâles d'Eucera, pris à Bordeaux ; ces deux mâles furent décrits par M. Lepelletier sous les noms d'Eucera ni- grifacies et d'E. punctilabris ; ces espèces ont donc été établies sans femelles et signalées comme n'ayant d'babitat connu que les environs de Bordeaux. Cette année , M. Samy a été assez heureux pour recueillir à la fois les mâles et les femelles de ces deux espèces. Les femelles n'ayant pas été décrites et l'espèce en Hyménoptérologie étant surtout représentée par la femelle, notre collègue se propose de donner la des- cription des femelles d'Eucera dont il vient de parler. Séance du 21 Juin. — La Société reçoit des auteurs les ouvrages suivants : Préliminaires d'un mémoire sur les poissons tertiaires de Belgique , par M. Le Hon ; Mémoire sur une Balénoptère capturée dans l'Escaut, en 1869, par M. Van Beneden. M. Le Président a le regret d'annoncer à la Société la mort de M. Main , membre correspondant à Melle-sur-Béronne. La Compagnie s'associe aux regrets exprimés par son Président. M. Lafont écrit que, dans une excursion qu'il vient de faire sur les côtes françaises du golfe de Gascogne, il a vu en mer, en face de Gué- thary, une troupe de treize baleines. M. Fischer annonce qu'il a examiné les produits des dragages opérés, d'après son conseil, dans la fosse du Cap-Breton, par M. de Foliu, et qu'il y a reconnu quelques Bracbiopodes : Mcgcrlia truncata , Argiope cistellula, A. decollata, Terebratulina caput-serpentis, Valdheimia cra- nium, Crania ringcns , une valve roulée de Thecidea. Ces mollusques proviennent d'une profondeur de quarante-cinq brasses. A de plus grandes profondeurs , on a trouvé nombre de choses nouvelles pour la faune de notre région maritime : Tellina se r rata, T. balauslina, Lcpton squamosum , Coralliophaga lithophageUà , Ringicula buccinea, Den- talium noVé sp., etc. ; de plus, une belle moisson de Foraminifères , d'Ostracodes, un Polypier (Caryophyllia clavus) , avec un Cirrhipède (Pyrgoma sulcatum) parasite; un Ptéropode (Cleodora pyramidata) ; un magnifique Oursin (Brissopsis Biscayensis Fischer) , etc. M. Durieu dépose sur le bureau une graine originaire du Guatemala, dont la forme est des plus singulières : vue d'une certaine façon , elle présente, à s'y tromper, l'aspect d'une nymphe d'hémipthère aquatique. Il en avait reçu quelques-unes en \ 870 ; ne sachant à quelle plante les rapporter, il les fit semer en pleine terre ; une seule leva et se déve- loppa en une touffe immense , dont les froids précoces arrêtèrent mal- heureusement la croissance complète. Espérant la sauver, M. Durieu la fit transporter en serre ; mais rien n'y fit , la plante mourut. Heu- reusement que toutes les graines n'avaient pas été employées dans cette première expérience ; huit avaient été conservées pour le cas possible d'insuccès; elles furent semées en pot. Quatre pieds ayant levé furent transplantés en pleine terre ; l'un d'eux a réussi admirablement. Le sa- vant Directeur du Jardin-des-Plantes donne des détails très-intéressants à sur la croissance de ce végétal , dont le cotylédon avait été placé dans la partie la plus chaude du jardin : au bout de quelques jours , un premier rameau poussa à l'aisselle de la feuille inférieure et s'allongea rapide- ment ; de la même aisselle, mais au-dessus, en parut bientôt un second ; plus tard en vint un troisième , mais en face des premiers; à dater de ce moment , tous les rameaux furent opposés. La plante a commencé à fleurir au moment de l'apparition des premiers froids , développant un panache analogue à celui du maïs, caractère qui la classe dans la famille des graminées. Ne pouvant arriver à l'amener à maturité , M. Durieu a envoyé une moitié de la touffe à M. Naudin, qui a dû la transplanter dans son jardin d'essai de Collioures , et essayer de l'acclimater dans nos contrées. La nouvelle plante serait très-précieuse à l'agriculture par l'immense développement de ses touffes ; malheureusement , elle ne pourrait être utilisée comme plante fourragère , à cause de la quantité considérable de matière sucrée qu'elle contient. M. Benoist fait passer sous les yeux de ses collègues de très-beaux échantillons de Grateloupia diflîcilis Bast. (Donax) Mayer (gen.), trouvés à Lariey et à Bambaud (commune de Saint-Selve). M. Linder rappelle que , il y a dix-huit mois environ , il a eu l'occa- sion de faire connaître à la Société que la sonde avait ramené, des fonds d'un sondage en exécution à Monrose (commune de Saint-Estèphe), XII d'une profondeur de 1 20 à 130 mètres , des échantillons brisés de Nummulites, des Alvéolines et une Terebratiilina tenuistriata , qui assimilaient les sables où ils se trouvaient , aux couches à Nummulites de la falaise de Biarritz. M. de Chasteignier vient de reconnaître la même formation dans le sondage qu'on effectue en ce moment au château de Mauvezin, près de Castelnau (Médoc); il en a remisa M. Linder quelques échantillons (marnes sableuses verdâtres), re- tirés d'une profondeur de 120 à 1 25 mètres, pour déterminer les Num- mulites qu'ils contiennent en grande quantité. Notre collègue dépose sur le bureau les types des rhyzopodes dont il a constaté la présence dans ces échantillons , ce sont : Nummulites scabra , N. perforata , N. Lucasana, N. granulosa , Orbitoides papyracea (Nummulites pa- pyracea Boubée). Le même membre dit quelques mots d'une magnifique collection de calcaires quaternaires de la Nouvelle-Calédonie , envoyée au Musée de Bordeaux par le R. P. Lambert , et dont un certain nombre lui ont rappelé , d'une manière frappante, le mode de gisement de certaines parties de nos calcaires à Astéries girondins. Il a aussitôt étudié les publications géologiques relatives aux îles néo-calédoniennes , afin de vérifier si réellement il existe quelque analogie entre nos terrains ter- tiaires oligocènes de la Gironde et les terrains quaternaires coralligènes de l'Océanie. Cette étude , poursuivie ensuite sur le terrain , a conduit M. Linder à des résultats tout-à-fait inattendus et complètement diffé- rents de ceux qu'il a exposés antérieurement. Il s'est décidé , en consé- quence , à surseoir à la publication de son travail sur la géologie de nos terrains tertiaires du Sud-Ouest, jusqu'à l'époque prochaine, il l'espère, ou les doutes que cette étude a fait naître dans son esprit, au- ront disparu. Séance du 5 Juillet. — M. Tournouer annonce , et la Société est heureuse de l'apprendre, qu'il n'a pas souffert personnellement des hor- reurs que la Commune vient de faire peser sur Paris , mais qu'il n'en est pas de même de la maison paternelle, entièrement détruite par l'in- cendie , à l'exception de l'aile ou se trouvent ses collections , qui sont sauvées. M. Lafont remet à M. le Président un mémoire manuscrit contenant la description de quelques espèces nouvelles de la famille des Loligidce, et diverses notes devant servir à la faune de la Gironde. (Ce mémoire a été inséré t. XXVIII, p. 237, des Actes.) XIII Sont nommés membres correspondants : MM. Leglerc, capitaine au 31° de ligne ; Oudry, lieutenant au même régiment ; Daleau (François), à Bourg-sur-Gironde. Séance du 19 Juillet. — M. Leymerie fait hommage à la Société de son ouvrage Sur l'origine et les progrès de la question relative au type garumnien. M. Lafont écrit , pour annoncer qu'une Raie a pondu à l'Aquarium d'Arcachon , et que cette circonstance lui a permis d'observer avec pré- cision le procédé qu'emploient ces poissons pour fixer leurs œufs. Il demande à compléter le travail qu'il a déposé à la précédente séance par une addition relative à ce fait. La Société autorise. M. Delfortrie dépose, au nom de M. Oudry, pour être remis au Musée d'histoire naturelle de Bordeaux , un fort bel échantillon de roche grenatifère (variété grossulaire ) , que cet officier a recueilli lui- même , pendant sa captivité en Allemagne , à Auerbach , à quatre lieues de Darmstadt , sur la gauche du chemin de fer qui relie cette ville à Heidelberg. Le même membre fait passer sous les yeux de ses collègues la col- lection complète des dents de poissons qu'il a décrites dans le mémoire à insérer t. XXVIII, des Actes, sous le titre : Les Broyeurs du tertiaire aquitanien. M. Linder dit quelques mots d'un gisement quaternaire marin qu'il a observé dans la commune de Bassens , le long du chemin et à peu de distance du débarcadère de Monferrand. Ce gisement , situé un peu au-dessus du niveau des plus hautes marées , forme les parois d'un fossé d'une trentaine de mètres de longueur, destiné à recevoir les fon- dations d'une maison, au bord de la propriété de M. G-uignard; il a la forme d'un fond de bateau , dont la base paraît constituée par une cou- che de silex de la craie, diversement colorés, plus particulièrement gris, souvent brisés à la surface et mélangés d'éclats de même matière , dont quelques-uns ont évidemment subi la retouche de l'homme. Au-dessus de ce lit de silex vient une assise très-mince d'argile ocreuse, puis un sable marin de m 20 à m 25 d'épaisseur, dans lequel on trouve encore quelques éclats de silex , des fragments d'os et de nombreuses coquilles, la plupart très-bien conservées. Les coquilles recueillies par M. Linder appartiennent aux espèces suivantes de l'époque actuelle : Bithynia tentaculata , Scrobicularia piper ata , Limnea sp. ?, Tapes decussata, Cardium edule , Donax semi-striata , I i XIV Téllina solidula, Littorina rudis, Mactra subtruncata , Troclius crassus , Mytilus edulis (R.) , — cinereus, Ostrea edulis (R.), Patella vulgata, Littorina littorea, La terre végétale recouvre immédiatement le sable coquillier. Le même membre développe quelques coupes qu'il a relevées en compagnie de M. Daleau , nommé correspondant dans la séance pré- cédente. Ces coupes conduisent à des conclusions absolument con- traires à celles de M. Raulin , relativement aux terrains tertiaires des environs de Bourg , et confirment celles que M. Linder avait précédem- ment déduites des coupes qu'il a obtenues par le lever géométrique des terrains des environs de Blaye ; partout la molasse du Fronsadais est inférieure au calcaire à Astéries , avec ou sans interposition de calcaire lacustre. Sur la route de Bourg à Saint-Savin , le sommet du coteau de Lansac est formé de calcaire à Astéries riche en Polypiers ; au-dessous est une molasse semblable à celle de Cars et de Berson , disposée en assises ondulées , que sa position entre l'assise suivante et le calcaire à Astéries , assimile à la molasse du Fronsadais ; elle repose sur une argile marneuse , riche en Huîtres et en Anomies, qui forme ailleurs le recouvrement du calcaire marin duMédoc et de Saint-Estèphe. En descendant la Dordogne de Croûte à Bourg, puis la Gironde de Bourg à Roque-de-Tau , on n'aperçoit d'abord que des escarpements de calcaire à Astéries, à Euspatangus Tournoiieri , à Croûte ; à Natica crassatina, Turbo Par kinso ni , et Polypiers au Pain-de-Sucre , où la formation est terminée par des marnes à concrétions calcaires alternant avec des assises calcaires , semblables à celles qui la recouvrent au- dessus des carrières de Lavison, près de Saint-Macaire. A Marmisson , le calcaire à Astéries repose sur un calcaire à Sismondia occitana ; c'est le calcaire éocène de Saint-Estèphe. A Roque-de-Tau , cette dernière formation se montre au-dessus du calcaire d'eau douce de Blaye, et au- dessous du calcaire à Astéries , à l'état d'assises minces, alternativement marneuses et arénacéo-calcaires , renfermant quelques Peignes, des Sismondia et de nombreuses Anomies. Séance du 2 Août. — La Société décide qu'une excursion scientifique aura lieu , le 12 août, dans la vallée de la Pimpine. M. Laborde, curé-doyen de Blanquefort , le collaborateur dévoué lia feu M. oi<: Basterot, est nommé membre honoraire. XV Séance du 16 Août. — M. Delfortrie dépose sur le Bureau un échantillon de calcaire d'eau douce provenant de Pontac , dans la com- mune de Loupiac. M. Linder fait observer que ce calcaire appartient à la formation qui affleure , au Nord , au-dessus de Rions et à Peytoupin, près de Ca- dillac; au Sud, à la base de la molasse coquillière, au -château du Cros et à Sainte-Croix-du-Mont ; il fait donc partie du calcaire lacustre blanc de l'Agenais. M. Des Moulins rend sommairement compte d'une visite qu'il a faite, avec MM. Linder et Delfortrie, dans sa propriété de Vimeney, où il fait exécuter un sondage. Il remet à M. Durieu un magnifique échan- tillon de Merulius lacrymans bien fructifié , recueilli sur les traverses qui , dans ses chais , servent de support aux barriques. M. Durieu signale une petite mousse , Weissia reflexa Brid. , rare en France et en Al gérie , qui , depuis quelques années , garnit les murs intérieurs de la serre du Jardin-Public , où elle vient de fructifier. Il l'a trouvée, avec M. Lespinasse, à l'entrée d'une carrière souterraine, à Lormont ; elle existe aussi à Saint-Émilion , dans les mêmes conditions. Enfin , il l'a recueillie récemment, en grande abondance , dans la val- lée de la Pimpine , sur les parois verticales de l'entrée des carrières souterraines de Citon et du domaine Journu : la mousse s'y montre daus toute l'étendue des parois qu'atteint la lumière du jour, mais elle disparaît au-delà. Le savant directeur du Jardin-des-Plantes dépose ensuite sur le Bureau un échantillon de Sorgho à balais , provenant d'un semis de graines indigènes du Japon, et présentant par conséquent les caractères de la plante à l'état spontané ; cet échantillon, extrêmement maigre, ne rappelle en rien le verticelle épais que la plante produit après plusieurs années de culture. Séance du 30 Août. — M. Durieu met sous les yeux de ses collègues un épi de maïs ayant conservé les glumes primitives sur la graine ; ce fait se présente rarement et rappelle ce qu'est la plante à l'état sau- vage , avant toute culture. M. Benoist signale la présence de silex taillés sur les plateaux qui environnent le village d'Ivrac. Il dépose ensuite sur le bureau une série de fossiles recueillis par lui à Rilly-la-Montagne , près de Reims, dans l'étage suessonien inférieur (éocène inférieur^ ; puis, il lit la note suivante sur la formation oolitique et le terrain crétacé inférieur des Portes de Westphalie (Prusse occidentale). XVI « La voie ferrée de Cologne à Minden , au village de Porta , traverse en tranchée les montagnes de la Westphalie et présente une des plus belles coupes qui se puisse se voir. Profitant des loisirs qu'un séjour forcé me donnait à Minden, j'ai relevé cette coupe. » La partie supérieure des étages jurassiques se compose, en West- phalie , des mêmes étages qu'aux environs de Bar-le-Duc , en France : l'étage portlandien s'y lie intimement à l'étage kimmridgien, et celui-ci contient un grand nombre de fossiles semblables à ceux qu'on observe, aux environs de Commercy, dans le terrain correspondant. » La coupe suivante donnera une idée de la composition de ces étages : 1 . Calcaire gris alternant avec une argile grise à Greslya Saussuri, Pholadomyamulticostata, Pecten concentricus, Ostreavirgula. 10° 00 « (A la partie moyenne de cette couche , se trouve un banc de pierre à ciment, qui a une épaisseur de 1 m 50 et qui contient de grosses Pholadomya, le Cyprina Brongniarti et de rares co- quilles d'eau douce [Cyrena, Planorbis, Limnea) qui annoncent nettement le voisinage des terres, dont les ruisseaux nourris- saient les mollusques). 2. Alternance de calcaire gris compact et de marne avec Ostrea virgula ? 3. Marne schisteuse feuilletée 2, 00 4. Calcaire compact brun et gris 5, 00 5. Calcaire bleuâtre à Ostrea muïtiformis , devenant gris à l'air. . 1, 15 6. Calcaire dolomitique 4, 00 7. Calcaire ooli tique bleuâtre devenant gris à l'air . . . , 1, 00 8. Calcaire fragmentaire gris bleuâtre contenant trois bancs de calcaire sableux. (Ostrea spiralis , Cidaris elongatus.) 7, 00 9. Calcaire gris bleuâtre nettement stratifié , en bancs de l m d'é- paisseur (calcaire du Weser à Avicula pectiniformis) 20, 00 10. Calcaire marneux noir, s'exfoliant à l'air ( l'assise supérieure a 0, 70 d'épaisseur) 3, 00 11. Alternances de calcaire gris bleuâtre, de marnes feuilletées et de calcaire dolomitique à Ammonites cordatus et Fucoïdes. . . 14, 50 12. Argile noire schisteuse avec pyrite et nodules de fer carbo- nate argileux, avec Ostrea dilatata, Ammonites cordatus, 57,30 contenant , à la base , un 13. Conglomérat de grosses oolites ferrugineuses , empâtées dans une marne sableuse rougeâtre ou bleuâtre : Ammonites tu- Belemnites subhastaUis 0, 50 X XVII 14. Grès à gros grains de quartz , tantôt blanc, tantôt rougeâtre , et alors très-dur, avec taches violettes 43 m 30 15. Calcaire gris feuilleté avec quartz à gros grains alternant avec des schistes marneux et des bancs de grès verdâtre {Articula decussata) 25, 30 16. Marne schisteuse micacée, gris-foncé ou brune, à gros grains de quartz gris et blancs , contenant des galets de calcaire argileux remplis de Bhynchonella , Ammonites triplicatus, Pholadomya Murchisoni , Belemnites canaliculatus 23,60 17. Couche semblable au n° 15 23, 30 18. Calcaire schisteux gris ou noir, alternant avec une marne schisteuse grise (Ammonites Parkinsoni et Ostrea costata). 32, 30 19. Schistes marno-sableux à Ammonites Parkinsoni, Astarte Parkinsoni , Ostrea costata 31,33 320 m 91 « Le Lias supérieur se trouve un peu plus loin au village de Vlotho. » L'étage Corallieu est représenté par les n os A , 5, 6 , 7, 8 , 9 , 10, ou calcaire du Wéser; il est peu riche en fossiles. » L' Ammonites cordatus qui se trouve dans les n os 11 et 1 2 , caracté- rise nettement l'étage Oxfordien. » L'étage Callovien est à peine représenté par la mince couche de conglomérat n° 13 à Ammonites tumidus. » Le grès n° 14 et les couches n oS 15, 16 et 17 à Avicula decussata, sont évidemment synchroniques de notre étage Bathonien et à Y Ammo- nites Parkinsoni , les n os 18 et 19 correspondent à l'étage Bajocien. » Le terrain Jurassique est recouvert directement par des couches qui manquent totalement en France. » L'étage Wealdien, qui se rencontre en Angleterre, est parfaitement caractérisé en Westphalie ; il consiste en une alternance de couches charbonneuses, de schistes pyriteux, d'argile, de gypse et de lits cal- caires. Une exploitation d'argile, ouverte au village de Bôlhorst, pour la fabrication des briques et des tuiles, m'a donné une coupe très- détaillée de ce terrain, et m'a permis d'y recueillir de nombreux fossiles des genres Melania, Paludina, Cyrena, Unio, Dreissena. La base de cette formation contient trois couches de charbon brun, dont l'épaisseur varie de m 30 à 1 mètre. Je n'y ai observé aucune trace de végétation ; en revanche , les nodules de fer carbonate qui se trouvent dans les schistes qui accompagnent ce charbon sont pétris de Cyrena. En des- sous se trouve une assise puissante de sable avec Cyrena et Unio, qui XVIII remplit les dépressions du calcaire Portlandien, car les différentes lo- calités (Bô'lhorst, Bùckeburg, Obernkirchen) , ou l'on rencontre cette formation lacustre , étaient autant de petits bassins isolés et indépen- dants les uns des autres à l'époque crétacée inférieure. » La coupe suivante donne une idée de la composition du terrain : Coupe de l'étage Wealdien à Bôlhorst ( Westphalie ). Terre végétale. Argile brune m 50 — noire 30 — brune 50 — grise , feuilletée 50 — brune 40 — rougeâtre 20 Calcaire argileux jaune 40 Argile brun-rougeâtre 30 Argile à Cyrena 30 Calcaire en plaquettes avec Cyrena et Unio 50 Terreau noir avec plantes 10 Argile brun-rouge 50 — grise feuilletée 1 00 — brune 60 — rouge 50 Calcaire argileux jaune 30 Calcaire jaune 30 Argile rouge 60 — brune 60 — brune à Cyrena 1 00 Calcaire brun à Cyrena et Unio 50 Lit de terreau noir avec débris de végétaux 02 Argile rouge 50 — grise 50 Calcaire et argile à Cyrena. 50 Lit de terreau brun avec lignite 02 Argile noire 60 — et lit de lignite 60 — à Cyrena et lignite 60 — noire à Cyrena 1 00 Lit de lignite 01 Argile noire à Cyrena 1 20 Lignite 02 Argile noire à Cyrena 1 00 Lignite <> 20 XIX ANNÉE ACADÉMIQUE 1871-72. COMPOSITION DU BUREAU. MM. Ch. Des Moulins Président. Delfortrie Vice-Président. Linder Secrétaire générai. Benoist Secrétaire du Conseil. Trimoulet . Archiviste. C te de Kercado Trésorier. D r Lafargue D r S. -M. Souverbie. . . > Membres du Conseil. Lambertie Bailby Séance de rentrée : 15 Novembre 1871. — M. le Président annonce à la Société la mort de M. Legrand , membre titulaire , et lui rend compte des mesures prises par lui aux obsèques de ce regretté collègue pour lui rendre honneur. La Société décide que l'expression des regrets que lui inspire le vide produit dans ses rangs par la mort de M. Legrand sera insérée au procès-verbal. M. Durieu signale un fait intéressant pour la cryptogamie locale. Un champignon très-rare , découvert par le vénérable M. Laterrade père, et décrit par M. Legrand, il y a bientôt un demi-siècle , et qui, depuis, n'avait plus été revu dans la Gironde, a été retrouvé récemment par M me Durieu jeune , sous les chênes du bois de Gaulac , près Blan- quefort , dans le gazon mousseux. Par une coïncidence triste et singu- lière, M. Durieu sortait pour faire part à M. Legrand de cette heureuse trouvaille , au moment même oh on venait lui annoncer la mort de ce regretté collègue, M. le Président ajoute que, malheureusement, les pertes et les tris- tesses de la Société ne s'arrêtent pas là : M. l'abbé Coemans , le célèbre cryptogamiste belge, et l'un de nos correspondants, est mort, il y a quelques mois; M. Le Roy, conseiller à la Cour de Bordeaux, notre aimé collègue, atteint par une maladie qui ne pardonne point, n'a plus que quelques jours de douloureuse agonie à passer ici-bris, et M. Recluz, XX notre savant correspondant de Paris , frappé des malheurs de la patrie et des horreurs du siège de la capitale, est atteint de paralysie. Sur la proposition de MM. Delfortrie et Bexoist , la Compagnie admet à ses séances M. Félix àrtigue, à titre de membre auditeur. M. Delfortrie aanonce qu'il vient de découvrir, dans le grès à Squa- lodons de Léognan, une pièce anatomique des plus remarquables, composée d'un sternum , d'un radius et d'un cubitus, réunis en un seul tout; il a communiqué cette pièce importante à M. Fischer, pour la discussion et la description. M. Delfortrie a en outre trouvé, en divers lieux, de fort beaux os- sements d'Halitherium, dont il propose la reproduction en grandeur naturelle, et la description dans les Actes de la Société. La proposition est adoptée. M. Des Moulins lit une note intitulée : « Questions relatives à YHy- dractinia echinata Flem., et à YAlcyonium Domuncula Lamk., tous deux logeurs de Pagures. » — La lecture de cette note donne lieu à des observations de la part de M. Souverbie , qui les complétera à la pro- chaine séance. M. Timbal-Lagrave fait hommage à la Société de son mémoire inti- tulé : Recherches sur les variations que présentent quelques plantes communes dans le département de la Haute-Garonne , au point de tue phytho graphique. Séance du 29 Novembre. — M. Le Président annonce à la Société la mort, malheureusement prévue depuis longtemps, de notre digne et excellent collègue M. Le Roy. La Compagnie s'associe aux vifs regrets exprimés en termes émus par M. Des Moulins, et décide que l'expres- sion de ce sentiment sera insérée au procès-verbal. On procède aux élections du Bureau et du Conseil (exercice 4871-72). — Les membres en exercice sont réélus à l'unanimité. M. Artigue, élu membre auditeur, le 15 novembre, est. introduit et invité à prendre séance. M. Souverbie dépose sur le bureau des Alcyons qui se sont dévelop- pés autour de coquilles habitées par des Pagures, et qui offrent une assez grande analogie d'aspect avec les Al. Domuncwla rapportés de Toulon par M. Linder. Il s'en sert pour faire quelques objections aux conclusions du travail lu par M. Des Moulins dans la précédente séance. La discussion à laquelle ces objections donnent lieu, engage M. Le Président à prier M. Linder île se procurer îles exemplaires vivants de XXI l'Alcyon de la Méditerranée , en assez grand nombre pour permettre à la Société de résoudre les objections de M. Souverbie. La Société Asiatique du Bengale (Calcutta) demande l'échange des publications. L'échange est voté. Séance du 13 Décembre. — M. Gassies donne lecture d'une note de M. Dubalen sur l'histoire naturelle de la grande Rhûne , montagne des environs de Saint-Jean-de-Luz. Ce jeune naturaliste signale, à Hendaye et sur les rochers de Fontarabie , une Hélice qu'il semble disposé à considérer comme une hybride d'Hélix ericetorum et d'une autre espèce {H. pisana ou //. variabiïis) ; il eu donne la diagnose suivante : Animal : semblable à celui de Y Hélix variabiïis Drap., avec une teinte moins foncée. Coquille : sub-déprimée et finement striée ; ombilic très-ouvert , lais- sant voir les tours de la spire jusqu'au sommet ; suture assez profonde ; bouche arrondie , échancrée par l'avant-dernier tour ; péristome tran- chant , muni d'un bourrelet intérieur teint d'une couleur rose plus ou moins vive ; la dernière moitié du dernier tour de spire ornée de plu- sieurs bandes interrompues; sommet brun. M. Linder fait connaître qu'il a reçu quatre exemplaires d'Alcyonium Domuncula vivants ; il en remet trois à M. Souverbie pour le Musée do la ville ; le quatrième a été expédié à M. Fischer. Il espère pouvoir bientôt soumettre à l'examen de ses collègues un nombre plus considé- rable de ces spongiaires , dont un nouvel envoi lui est annoncé. Séance du 26 Décembre. — M. Dubalen , naturaliste à Saint-Sever, est nommé correspondant. M. Linder dépose sur le bureau dix-huit nouveaux échantillons d'Al- cyonium Domuncula, qu'il vient de recevoir de Toulon. MM. Souverbie et Lafont distinguent deux espèces différentes parmi les Pagures qui habitent ces spongiaires. M. Benoist dépose sur le bureau deux hannetons femelles vivants qu'il a trouvés , dans la journée, sur un arbuste de son jardin; ces coléoptères ne se distinguent de ceux qui paraissent au printemps que par leur taille plus petite et leur couleur plus grise. M. Lafont rend compte de dragages faits, depuis un an, le long des côtes de la Gironde : vers 45 à 50 brasses de profondeur, par le travers de La Canau, on a recueilli une molasse coquillière analogue à celle qui constitue le«falun de Salles. A 16 ou 20 kilomètres du littoral, on a trouvé un poudingue ferrugineux , paraissant être , comme la mo- lasse précédente , de formation actuelle. Au-delà , la sonde ne rapporte XXII plus que des sables variés ; il en remet à M. Linder deux échantillons pour qu'il en examine la nature minéralogique : l'un, contenant de nombreux foraminifères et quelques coquilles, a été dragué à 77 bras- ses de profondeur, à l'ouest du feu de Contis ; l'autre , moins riche en restes organiques , provient d'un fond situé par le travers du phare du Cap Ferret , à 85 brasses au-dessous du niveau de la mer. Le même membre fait passer sous les yeux de ses collègues une coquille de Triton nodiferum , provenant également d'un dragage, et qui présente le caractère particulier d'avoir subi un temps d'arrêt pen- dant sa croissance. Après cet. arrêt, le mollusque a continué à se déve- lopper en donnant à la partie nouvelle de la coquille l'aspect d'une coquille enchâssée dans l'ancienne. M. Lafont , à l'occasion de cette communication, développe sommai- rement ses idées sur l'époque de la formation de certaines parties du faiun de Salles. On paraît, selon lui, avoir confondu avec le falun plio- cène des dépôts coquilliers qui en sont très-distincts ; tels sont les dé- pôts de Peclen qu'on observe en amont du pont de Salles , sur la rive gauche , dans une sorte d'îlot entouré de marécages. La partie supé- rieure de cet îlot est un amas de coquilles exclusivement édules , et principalement composé de Peignes ; jamais on n'y trouve d'échantillons ayant leurs deux valves réunies , mais on y recueille des os brisés et des fragments de poterie. Selon lui , cet amas , qui repose sur un falun à Lucina columbella et à Cardita Jouanneti , ne peut être qu'un banc de coquilles ayant servi à la nourriture des premiers habitants de la Gironde , dont Salles était une station. La Société a reçu, depuis sa dernière séance : De M. Clos , directeur du Jardin-des-Plantes de Toulouse : Recherches sur le charbon de mais (Ustilago maydis); Essai de tératologie taxinomique ou des anomalies végétales considérées dans leurs rapports avec les divers degrés de la classification ; De M. de Caumont , directeur de l'Institut des Provinces : Congrès archéologique de France, XXXVII e session , tenue à Li- sieux , en 1870. Séance du 11 Janvier 1872. — M. Le Président annonce un nou- veau vide qui vient de se produire dans la Société, par la mort de M. Du- mont, membre titulaire. M. Souverbie donne lecture de lettres reçues par lui de M. Fischer . au sujet des spongiaires vivants et fossiles dont il a été question dans 1rs séances précédentes. L'Alcyonium Domuncula est aujourd'hui classé XXIII dans un genre nouveau , le genre Suberites. M. Fischer ne croit pas qu'il ait pu se conserver à l'état fossile ; il ne s'explique pas comment une éponge , formée uniquement de sarcode entremêlé de spicules de silice, aurait pu se fossiliser; il pense que les corps rapportés par M. Des Moulins aux Suberites, sont ou des Eponges calcaires (Calcépon- ges) ou des Bryozoaires. M. Fischer annonce , par la même lettre , qu'on a dragué au Cap- Breton un des Brachiopodes vivants les plus rares : Platidia Davidsoni Deslongch. ; ce mollusque a tout-à-fait l'apparence d'une Anomie , ayant, comme celle-ci, la petite valve seule perforée. C'est l'inverse chez toutes les autres Térébratulides. M. Lafont, à l'occasion de la lettre de M. Fischer , rend compte de quelques expériences qu'il a faites, de concert avec M. Souverbie, pour déterminer la forme des spicules des Suberites et de ceux des divers corps fossiles logeurs de Pagures , dont il a pu disposer. Il a constaté les faits suivants : « 1 ° Le Suberites Domuncula de la Méditerranée , traité par une so- lution bouillante de potasse caustique , a laissé un résidu qui , examiné au microscope (obj. 5; oculaire 1 ; gross 1 : 280 diamètres), a montré une masse de spicules isolés , très-longs , légèrement arqués , cylindri- ques, terminés par deux pointes cylindro-coniques très-courtes; ils sont creux, et leur longueur égale ou dépasse un peu le champ du microscope. » 2° Les spicules du Suberites suberea vivant , des côtes océani ques de la Gironde , traité par le même procédé , sont plus longs que ceux du S. Domuncula; ils sont aussi cylindriques, légèrement arqués, mais leurs extrémités se terminent en une pointe longuement effilée. » 3° Des fragments du corps fossile trouvé à Salles par M. Delfortrie, communiqué par M. Benoist , et indiqué provisoirement par M. Des Moulins , sous le nom de S. Domuncula fossile , après avoir été traité par l'acide chlorhydrique , ont laissé un résidu qui , examiné au micros- cope (même grossissement que ci-dessus) , se montre composé d'amas de spicules réunis par leur milieu , de manière à ressembler à une châ- taigne ou à un Oursin. Ces corpuscules soDt de forme aciculaire et éga- lent le douzième environ de la longueur des spicules du S. Domuncula vivant. « 4° Des fragments d'un corps fossile analogue [Cellepora parasilica), trouvé à Salles par M. Lafont, après avoir été traités par un acide, ont laissé un résidu composé, comme le précédent, de spicules réunis par XXIV le milieu et ressemblant à de petits Oursins. Ces corpuscules sont fran- chement n auriculaires et égalent le dixième de la longueur des spicules du 5. Domuncula. » Des fragments d'un corps analogue provenant du Muséum de Bor- deaux , ont donné des spicules très-ressemblants à ceux du fossile de M. Benoist, mais plus petits. En présence de ces faits, M. Lafont conclut que les corps fossiles des faluns n'appartiennent positivement pas au genre Sub évites , et, se ral- liant à l'opinion exprimée par M. Fischer , il pense que ces fossiles ne sont pas des Spongiaires, mais des Polypiers ou des Bryozoaires; il se rappelle , du reste , avoir trouvé des corpuscules analogues à ceux de ce corps, dans la partie corticale du pédoncule du Pennatida çjrisea. Ces corps, en outre, lui paraissent appartenir à'deux espèces distinctes.» MM. Souverbie, Linder et Beixoist, après avoir examiné à la loupe le corps indiqué par M. Lafont , sous le nom de Cellepora parasitica , y reconnaissent effectivement dans quelques parties, et d'une manière très -nette, les caractères qui distinguent les Bryozoaires. La nature de ce corps ne peut donc plus faire l'objet d'un doute. M. Lafont dépose sur le bureau une dent fossile qu'il a trouvée , à Léognan , dans la molasse ossifère de la carrière de Menou. « Cette dent , évidemment canine , ne lui semble pas pouvoir appartenir à un Squalodon , ni même peut-être à un cétacé, attendu que les dents de tous les cétacés qu'il a examinés , soit à Arcachon soit au Muséum de Paris, présentent un caractère constant, qui fait complètement défaut dans la dent fossile : toutes les dents des cétacés , indépendamment du canal dentaire , sont plus ou moins creuses , et elles le sont d'autant plus qu'elles appartiennent à un cétacé plus inférieur. » Les dents sont presque pleines dans les genres Phocena et Del pu i- nus; elles sont plus creuses dans le genre Tursio ; elles sont complète- ment évidées dans le genre Grampus. » Les cétacés, comme les reptiles, n'ont probablement pas de dents de lait, et le caractère indiqué montre un nouveau point de contact entre ces deux ordres de vertébrés. » M. Lafont cite, à l'appui de son opinion, les dents de la collection du Muséum de Bordeaux, attribuées par M. Souvekbie au Squalodon J Grateloupi ; elles sont en effet cassées vers leur racine, et permettent do, voir qu'elles sont presque entièrement creuses; leur taille el leut forme semblent concorder parfaitement avec la grandeur des maxillaires de Squalodon connus dans la Gironde. I XXV » La dent de la carrière de Menou n'appartient pas non plus à un Phoque , à cause des crêtes latérales de la couronne , qui les rappro- chent singulièrement du Squalodon; la courbure est également celle des dents du Squalodon ; il semble donc qu'elle ne doit pas appartenir au Squalodon Grateloupi , mais à un animal analogue , plus éloigné des Cétacés , mais plus rapproché des Siréniens. » Cette opinion peut s'étayer sur les débris de la colonne vertébrale trouvée dans la même localité , et qui semblent appartenir à plusieurs animaux distincts. » M. Motelay dépose sur le bureau un épi de seigle double, comme exemple d'un fait rarement observé jusqu'à présent. M. Des Moulins considère l'échantillon présenté comme une véritable fascie ; mais il se range à l'opinion de son collègue , sur l'observation qui lui est faite par M. Durieu, que la fascie exigerait la division du chaume en deux branches portant chacune son épi , tandis que , dans le cas actuel, la tige est simple dans toute sa longueur, et c'est l'épi qui se partage à sa base. A l'occasion de cette discussion, M. Lafont rappelle qu'un semblable phénomène de dédoublement, soit de la tête, soit de la queue, s'ob- serve souvent chez les jeunes saumons qu'on fait éclore artificiellement; mais les animaux dédoublés n'arrivent jamais à l'âge adulte. La Société a reçu de M. Preudhomme de Borre , depuis la séance précédente : Les traductions de deux brochures allemandes intitulées : 1° De l'origine des plantes alpines , par le D r A. Pokorny ; 2° Monographie du genre Glaphyrus Latreille , par le Baron E. Von Harold , de Munich , Et le Catalogue synonymique et descriptif d'une petite collection de fourneaux de larves de Phryganides de Bavière , par M. Pr. de Borre. Des remercîments seront adressés au donateur par le Secrétaire gé- néral. Séance du 22 Janvier. — A l'occasion de la lecture du procès-verbal de la dernière séance, spécialement en ce qui concerne la communica- tion de M. Lafont , relative à la dent trouvée dans la molasse ossifère de la carrière de Menou, à Léognan, M. Delfortrie annonce à la So- ciété que, le lendemain de la séance du \\ janvier, MM. Souverbie et Lafont sont venus étudier les dents fossiles de sa collection , et qu'après examen , ils ont reconnu que la dent dont il s'agit est bien réellement une dent canine de Squalodon Grateloupi. XXVI M. Durieu communique à la Société une lettre dans laquelle le R. P. Montrouzier lui annonce que , le 28 Juillet dernier, il a expédié à son adresse une caisse renfermant des tubercules des trois espèces d'Amor- phophallus qui fleurissent dans l'île Art. Le même membre dépose sur le bureau un magnifique exemplaire de Peristylus cordatus, petite orebidée complètement verte, feuilles et fleurs, commune aux Canaries, mais extrêmement rare en Algérie. Le tubercule, qui a produit la plante qu'il présente à ses collègues, a été recueilli en Algérie , par son ami M. Letourneux ; la première année (1870) , il n'a donné qu'une feuille jaune paraissant annoncer l'étiole- ment de la plante et peut-être sa mort ; mais, en '1871 , il a vigoureuse- ment végété et atteint son développement complet. Séance du 7 Février. — M. Louis Pire , membre des Sociétés bota- niques de Belgique et de France et de la Société malacologique de Belgique , est nommé membre correspondant. L'Académie des Sciences de Chicago informe la Société du déplora- ble sinistre qui a détruit son Musée et sa Bibliothèque ; elle la prie de vouloir bien lui adresser une nouvelle collection des volumes des Actes, qui lui avaient été envoyés antérieurement. — Satisfaction sera donnée à cette demande. Dons d'auteur : VAmorphopallus Rkieri DR. par M. Auguste Rivière, directeur du Jardin d'essai duHamma, en Algérie. Iaqttagelser over Nogle Siphonopliorer ved P. E. Muller. (Observa- tions sur quelques Siphonopbores. ) Séance du 21 Février. — M. Des Moulins donne quelques expli- cations sur les caractères d'un moule de Clavagelle, que M. Delfortiue a découvert dans le calcaire à Astéries de Cenon. Ce fossile n'a aucune analogie avec Claragella coronata du calcaire grossier de Paris, et constitue une espèce très-distincte de celles qu'on a rencontrées jusqu'à présent dans les calcaires tertiaires du Sud-Ouest. M. Benoist dépose sur le bureau divers fossiles présentant un grand intérêt pour la paléontologie locale : la palette du Taret trouvé à Mar- tignas par M. Daleau, un Cultellus?, une Pholadidc et un Gastrochœna trouvés dans le calcaire à Astéries de Cenon. La Société reçoit de M. H. Lambotte, professeur ;i l'Université de Bruxelles, une brochure intitulée : Considérations sur le corps thy- roïde dans la série des animaux vertébrés. XXVII Séance du 6 Mars. — M. Durieu dépose sur le bureau uu pot à fleurs rempli d'ergot du seigle [Credo segetum). M. Louis Pire, membre correspondant, fait hommage à la Société des ouvrages suivants , dont il est l'auteur : Liste des Mollusques terrestres et fluviatiles recueillis aux environs de Magnée et dans diverses localités de la province de Liège. Notice sur le Planorbis complaoatus {forme scalaire). Recherches bryologiques. Revue des mousses acrocarpes de la flore belge , 3 e fascicule , 76 pages. Nouvelles recherches bryologiques, 4 e fascicule, 25 pages et 2 planches. Lettre adressée à M. Campion. Séance du 20 Mars. — M. Le Président annonce à la Compagnie la mort de M. Darracq (Ulysse), membre correspondant à Bayonne. L'Université royale de Norvège à Christiania , transmet à la Société la publication suivante de M. A. Blytt , sur les plantes vasculaires de la flore de Christiania : Christiania Omegns Phanerogamer og Bregner med angivelse af deres udbredelse samt en indledning om vegetationens afhœngighed af underlaget af A. Blytt. M. Durieu dépose sur le bureau un pot de Riœlla gallica, plante monoïque des marais. C'est la première culture qu'on ait faite jusqu'à présent de cette plante. M. Artigue met sous les yeux de ses collègues une très- belle Gor- gone d'environ m 70 de hauteur, provenant de Saigon. M. Trevioulet annonce la réapparition , dans la Gironde, d'un pa- pillon, Rhodocera Cleopatra, qui en avait disparu depuis plus de trente ans. Séance du 10 Avril. — La Société reçoit les dons suivants : De M. Jouan, capitaine de frégate, membre correspondant, 1° Y Expé- dition en 1866. Épisode d'une station navale dans les mers de Chine; 2° Le livre de la Science de la mer et des astres. Exposé des connais- sances nautiques des marins arabes de l'Océan indien. De M. Bonnissent , membre correspondant : Essai géologique sur le département de la Manche. M. Des Moulins donne lecture de l'extrait suivant d'une lettre qu'il a •reçue de notre collègue M. Fischer , au sujet de sa note sur les Hy- dractinies ; XXVIII « Je suis un peu eu dissidence avec vous au sujet de Y Actinie de Bohadsch. Cette Actinie est, je crois, réelle; M. Gosse, dans son travail sur les Actinies anglaises l'a figurée d'après le vivant ; il l'appelle Adamsia palliata. Voici sa synonymie : Adamsia palliata Gosse, Médusa palliata Bohadsch , Actinia car ciniop ados Otto , Actinia parasitica Dugès , Cribrina palliata Ehrenberg. » Je le répète ; l'animal de cette Actinie est certainement une vraie Actinie. Mais oii la difficulté se corse, c'est lorsque cette Actinie se pose sur des coquilles mortes habitées par des Pagures et prolongées par des Jlydractinies ; c'est le cas de Y Actinia parasitica de Dugès. » Quant à Y Alcyonium echinatum , il a été décrit primitivement d'a- près un Buccinum undatum qui portait les aspérités du Polypier chi- tineux des Hydractinies. On l'a placé alors parmi les éponges cornées ; ce n'est que plus tard qu'on s'est aperçu que , à l'état vivant, ces aspé- rités portaient chacune de petits Polypes d'une ténuité excessive et que nous avons tous vus à Arcachon. On a dû alors retirer ce prétendu Alcyonium des éponges. Le genre Hydractinie a été fait pour lui. y> Ainsi on a sur la même coquille, supposons un Buccinum undatum : » I ° Un Pagure dans la spire , ' » 2° Une Nei^eis toujours avec le Pagure , » 3° Une Hydractinie qui prolonge la coquille, » 4° Une Actinie sur la coquille. » Tout ce petit monde vit très-cordialement et constitue une associa- tion collective pour l'exploitation des petits animaux qui s'aventurent trop près d'elle. » M. Fischer annonce , par la même lettre , que M. Agassiz a dragué l'animal du Pleurotomaire et un certain nombre d'Encrines. « Nous allons donc connaître les derniers survivants du monde secondaire. » M. Durieu dépose sur le bureau un pied de Lcontopodium alpinum , Synanthérée commune dans les Hautes-Alpes. M. Gibert est le premier qui l'ait cultivée. Le plant mis par M. Durieu sous les yeux de ses collègues a été obtenu en semant la graine dans une terre composée d'un mélange de schiste et de terreau de feuilles. M.*Artigue, membre auditeur, donne lecture do la note suivant* 1 : XXIX » En 1867, lors des grands travaux exécutés à Bordeaux pour l'ouverture de l'égout collecteur, MM. Delfortrie et Benoist ont si- gnalé la présence d'un lit coquillier marin rue des Trois-Conils , place Rohan et rue Rohan. (Actes de la Société, t. XXVII, 1869.) » Ces Messieurs ont retrouvé, en avril 1868, ce même banc coquillier en face de l'Entrepôt. Feu M. Dumont l'a signalé au quartier des Char- trons,aulieu dit YEstey-Crebat; enfin, M. Linder l'a retrouvé, en 1 871 , sur la limite des communes de Bassens et de Montferrand , sur les bords de la Garonne. » Je viens signaler, d'après des indications sûres et -mes propres ob- servations , la présence de ce même banc rue Carles-Vernet , près du pont de Brienne , et cours d'Alsace et Lorraine. » En 1 870 , la Compagnie des Chemins de fer du Midi fit creuser un puits rue Carles-Vernet, à gauche de la voie et à 200 mètres environ en amont du pont de Brienne. A une profondeur de 4 mètres environ, s'est montré un banc de gravier sableux renfermant des coquilles ma- rines et des rognons de silex noir de différentes grosseurs ; au-dessous, on trouve une couche d'argile rougeâtre mêlée à des cailloux roulés, et , à une profondeur de 6 mètres , on rencontre le calcaire à Astéries , mais point d'eau. » Ces renseignements m'ont été fournis par des agents de la Com- pagnie chargés de la surveillance des travaux. » Cette année (1872), j'ai suivi jour par jour, avec le plus grand soin et pendant plus de deux mois, les travaxix de déblai qui s'exécutaient cours d'Alsace et Lorraine , à gauche de la voie , en face des n os 113 et 115, pour l'établissement des fondations d'une maison. » Dans la tranchée du mur de face, j'ai constaté les couches suivantes : (a) Sol et sous-sol récent l m ,00 (b) Terramares de l'époque gallo-romaine 2, 20 (c) Dépôt de gravier fin mêlé à de la terre noire 0, 05 (cî) Dépôt d'argile rouge avec cailloux roulés | (e) Calcaire à Astéries ) ' Hauteur totale 4 m ,45 » A 2 m ,30 du pied de cette première coupe, et en dedans, j'en ai relevé une seconde de m ,95 de hauteur, formant avec la précédente une tranchée dans laquelle doivent être établies les fondations de la maison ; en voici le détail : XXX (C) Couche argilo-sableuse de m ,35 d'épaisseur contenant, à la partie supé- rieure, des coquilles marines;, à la partie moyenne, des ossements et un grand nombre (VOstrea; à la partie inférieure, des cocpiilles d'eau douce et terrestres. (D) Dépôt argileux rougeâtre de graviers et de cailloux, roulés , ayant m 60 d'épaisseur. » A cette profondeur, on constate un relèvement du calcaire à Astéries. » Les coquilles marines recueillies sont : Pecten maximus , Cardium tuberculatum , Tapes decussata, Mytilus edulis. Cardium eduïe , » Les coquilles d'eau douce et terrestres sont : Limnea xxdustris L., Zonites cellarius L., Planorhis marginatus et P. corneus BytJiinia tentacidata Lister, Noul., Bulimus acutus Drap. Cyelas comea L., Hélix variabilis Drap. (2 var.), H. his- Succinea Pfeifferi Kossmasler, jyida Mull. et H. cartJiumana Mull. » La différence de niveau entre les couches (c) et (C) , (d) et (D) et la présence de coquilles d'eau douce dans la couche (C), nous indique assez clairement l'ancien lit du Peugue. » La partie supérieure de la couche (C) du cours d'Alsace et Lorraine, et le lit marin trouvé rue Carles-Vernet , sont bien les mêmes que la couche argilo-sableuse signalée par MM. Delkortrie et Benoist , en 1868. Comme celle-ci, la couche sableuse de la rue Caries- Yernet con- tient , outre les coquilles marines , des rognons de silex de toutes di- mensions , mais ne dépassant guère la grosseur du poing. Au cours d'Alsace et Lorraine, les silex manquent absolument dans la couche (C), et n'ont été trouvés qu'à la base des terramares de l'époque gallo- romaine. » Comme le démontre très-judicieusement M. Delfortrie dans la note précitée, un dépôt d'une aussi grande étendue que celui-ci n'est pas susceptible d'être attribué au fait de L'homme, et la cause doit eu être recherchée dans les grandes forces de la nature. Nous partageons en- tièrement son idée sur une immersion des fonds do la mer, un cyclone , par exemple , qui aurait remonté le cours du fleuve, laissant sur sou passage les matières qu'il contenait en suspension. » XXXI Séance du 24 Avril. — Sont nommés : Membre titulaire : M. Artigue, membre auditeur; Membre correspondant : M. Bucaille , géologue à Rouen. M. le Chef de la Recherche géologique de la Suède adresse à la Société : a) Les livraisons 31-35 de la Carte géologique de la Suède; b) La Carte générale [des formations de la partie orientale du comté de Bal. Publications reçues à titre d'hommage : Quelques observations sur la Mklipone scutellaire, par M. E. Drory. Bordeaux , 1 872. Petit Manuel de la taille de la Vigne dans les forts terrains de la Gi- ronde , par M. Vignial. Bordeaux, 1870. De la Maladie de la Vigne , par le même. Bordeaux , septembre, 1 871 . Guide pratique du propriétaire de vignoble, par le même. Bordeaux, décembre, 1*871. M. Delfortrie met sous les yeux de ses collègues « deux os fossiles d'un grand intérêt et tout-à-fait nouveaux pour la faune girondine. Ces fragments, qui proviennent des faluns de Salles, sont : » 1° Un os tympanique de Plesiocetus , d'une conservation parfaite, complètement dépouillé de gangue , et pouvant être étudié jusque dans ses replis les plus profonds. Cet os , d'une compacité qui rappelle celle de la dentine, mesure 80 millim. dans son grand diamètre, et 50 millim. dans son diamètre transverse ; ces dimensions semblent indiquer qu'il a appartenu à un individu d'une longueur de 1 2 mètres environ. » 2° Un fragment d'axis de Balœnoptera (la partie gauche). Cette pièce, dont l'arc neural et les apophyses transverses sont brisés , laisse voir la presque totalité de l'espèce de mamelle qui, chez ces cétacés, remplace l'apophyse odontoïde. Les fosses varioliques qui recouvrent la surface articulaire antérieure et la petite dimension du corps de cette vertèbre , qui mesure , sans les apophyses transverses , 1 40 millim. de largeur sur 90 millim. de hauteur, font croire à M. Delfortrie que ce fragment d'os a dû appartenir à un jeune sujet. » M. Motelay dépose sur le bureau diverses plantes, nouvelles pour la faune de la Gironde, qu'il à recueillies dans ses dernières herborisations : Myosurus minimus Lin., à l'O. du Lazaret de Pauillac, dans un chemin creux ; Anémone ranunculoides Lin. , au bord du ruisseau qui sépare les communes de Pujos et de Budos; A. rubra Lin. ( A. montana ïïopp.), à Uzeste, dans la propriété Grenier, près de Villandraut; cette dernière espèce, jusqu'à présent confondue dans la Gironde avec A.pulsaUïla, a été reconnue d'une manière positive par M. Clavaud. XXXII Séance du 15 Mai. — M, Linder , qu'un voyage en Espagne a em- pêché d'assister à la dernière séance, présente, à l'occasion de la lecture du procès- verbal de la séance du 1 Avril précédent, quelques objections à la conclusion qui termine la communication de M. Artigue. Il ne croit pas que l'on puisse considérer les dépôts marins quaternaires , signalés le long de la Gironde et de la Garonne, comme le résultat d'une émer- sion des fonds de la mer par un cyclone, ceux de ces dépôts qu'il a vus ayant toute l'apparence de formations riveraines, analogues, par exemple, aux dépôts de plage qui se forment encore aujourd'hui dans ce qu'on appelle la Chambrette , près du Verdon. Il entre à ce sujet dans quelques détails qu'il complétera dans une séance prochaine. M. Delfortrie ne partage pas l'opinion de M. Linder. Selon lui un cyclone peut avoir produit les dépôts dont il s'agit ; mais il comprend fort bien qu'on ne soit pas de son avis , la plupart des faits naturels se prêtant à plusieurs explications. M. Deyrolle fils demande l'échange d'un recueil qu'il publie sous le titre de Revue et Magasin de zoologie, contre les publications de la Société Linnéenne. Les Statuts n'autorisant pas des échanges de cette nature , le Secrétaire général est invité à décliner la proposition. Publications reçues : Leymerie : Note sur la phosphorite du Quercy. Récit d'une ascension faite, en 4867, au pic de Nétou (Maladetta). M. Des Moulins annonce à la Société qu'il a eu la visite de Sir Ch. Lyell et du colonel Lymân de Harvard Collège. Le premier de ces sa- vants s'est prononcé catégoriquement sur la question de l'homme miocène , qu'il considère comme le résultat d'un rêve , et donne raison à l'opinion exprimée à ce sujet par notre collègue M. Delfortrie , dans sa note sur les Ossements entaillés et striés du miocène aquitanien. Sont nommés : Membre titulaire : M. E. Drorv, naturaliste à Bordeaux (La Bastide). Membre correspondant : M. Vignial, viticulteur à Latresne. M. Samy rappelle en quelques mots les empoisonnements graves par YAgaricus vernus qui viennent d'émouvoir d'une manière si vive et si douloureuse l'opinion publique. Il pense qu'il conviendrait de rédiger un petit opuscule donnant les caractères qui distinguent cette espèce vénéneuse de l'espèce comestible, Ag. campeslris. et dont la publication serait recommandée à la municipalité , mieux en position que personne de le répandre parmi les personnes que leur ignorance expose le plus à de fatales erreurs. XXXIII M. Durieu rappelle qu'il a publié , il y a huit ans , une note sur ce sujet ; il la déposera à l'une des prochaines séances à titre de ren- seignement. La Société , reconnaissant ce qu'il y a de bon et d'utile dans la mesure proposée par M. Samy , y donne son approbation , et confie à MM. Du- rieu et Lespinasse la mission de retracer les caractères distinctifs des principaux champignons comestibles et vénéneux de la région giron- dine , et de les figurer, au besoin, sur une planche en regard du texte. Séance du 29 Mai. — M. Oudry , membre correspondant , fait hom- mage à la Société de quatre feuilles de la grande carte de l'État-major, donnant le relevé de la presque totalité du département de la Gironde. Des remercîments seront adressés au donateur par le Secrétaire général. L'Académie des Arts et Sciences du Connecticut (États-Unis d'Amé- rique) demande à établir des relations d'échange entre elle et la Société Linnéenne. La proposition est acceptée. Le Bureau géologique de Suède informe la Compagnie qu'il lui a expédié jusqu'à ce jour : 1° Les feuilles \ à 35 de la carte géologique de la Suède, avec les textes correspondants ; 2° Une carte générale de l'extension de l'argile glaciaire dans la partie méridionale de la Suède ; 3° Une carte d'ensemble des sections diverses de la carte géologique de la Suède; 4° Un exposé des formations quaternaires de la Suède , par A. Erd- mann (1 vol. in-8° avec atlas in-4°) ; 5° Une carte générale des formations de la partie orientale du comté de Dal. M. le Directeur du lever géologique de la Suède désire savoir si ces publications sont parvenues à la Société, s'engageant à expédier, le cas échéant , celles qui ne seraient pas arrivées à leur destination ; il de- mande en même temps qu'on veuille bien adresser au Bureau géolo- gique , en échange de ses envois , les ouvrages relatifs à la géologie ou à l'une de ses sciences auxiliaires dont la Société Linnéenne pourrait disposer en sa faveur. Cette demande est renvoyée à l'examen du Secrétaire général, avec invitation de présenter des propositions à la prochaine séance. M. Durieu annonce que les plants de Riœlla gallica qu'il a mis sous XXXIV les yeux de ses collègues dans la séance du 20 Mars dernier, ont fleuri et sont aujourd'hui en pleine fructification. Il pourra donc enfin donner une description complète de cette plante intéressante. M. Samy revient sur la proposition qu'il a faite dans la précédente séance , et dont il croit qu'on n'a pas saisi le sens. Il veut faire, dit-il , 1° un opuscule sur ceux des champigDOus vénéneux que le vulgaire est porté à confondre avec certaines espèces comestibles , en indiquant les accidents qu'ils produisent; 2° un atlas qui contiendrait les dessins dé- taillés des huit à dix espèces utiles à connaître. Il a parlé de ce projet , non pour en mettre l'exécution à la charge de ses savants collègues , ni pour en faire supporter les frais à la Société , mais pour avoir l'appui moral de cette dernière, après examen de son travail. Il demande que la décision prise à ce sujet dans la précédente séance soit modifiée dans le sens de ses observations. — La Société fait droit à la réclamation de M. Samy. M. le général Comte de Nansouty est élu membre correspondant. M. Artigue dépose sur le bureau un échantillon de Spatangoïde d'une admirable conservation , qu'il a trouvé dans le falun de Pont- Pourquey (commune de Saucats), et dont jusqu'à présent od n'avait pu recueillir que d'assez petits fragments. Il le metaladisposition.de M. Des Moulins pour le décrire, s'il est nouveau , ou pour le nommer s'il appartient à une espèce connue. M. Durieu a communiqué à la Société une brochure très-remarquable sur la Multiplication de la vigne , que vient de publier M. Àug. Rivière, directeur du Jardin du Luxembourg , à Paris. M. Linder , secrétaire général , en fait le résumé suivant : « La vigne, que la tradition fait importer en France, de la Grèce à Marseille, mais dont la science, au moyen des débris fossiles qu'elle a recueillis , prouve l'indigénat , la vigne , une des richesses de notre pays, paraît subir en ce moment une nouvelle et rude épreuve : divers fléaux l'ont frappée depuis un quart de siècle; en divers lieux, la pa- nique et le désespoir s'emparent des viticulteurs , qui arrachent les plantations attaquées. Il faudra combler les vides produits, et comme il est un moyen excellent, sûr, rapide et, malgré 'cela, à-peu-près complètement ignoré, de multiplier la vigne, M. Rivière a pensé que c'était le moment de le signaler, plus chaleureusement encore que par le passé, et de redoubler d'efforts pour le propager comme il mérite do l'être. Ce moyeu, que recommando une expérience raisonnée et'des résultats exceptionnellement favorables, est le bouturage souterrain XXXV par la simplicité de sa pratique et par la prompte fructification qu'il fait obtenir, il mérite de fixer à un haut degré l'attention de tous ceux qu'occupe la culture de la vigne. » Quelques mots suffiront pour expliquer la méthode. » Sous nos latitudes , on enlève , dans le courant de novembre ou de décembre, les sarments que l'on ferait disparaître à la taille prochaine, et l'on choisit les meilleurs d'entre eux qu'on débarrasse de leurs vril- les , de leurs ramifications secondaires et de l'extrémité , qui est peu propre à une bonne multiplication. » On dispose les sarments dans une fosse suffisamment profonde , en deux ou trois lits superposés , séparés par autant de couches de terre , le lit supérieur étant à m 30 environ au-dessous de la surface du sol. La fosse doit être , autant que possible, à l'exposition du Nord, afin d'éviter un bourgeonnage trop hâtif des bois enterrés. — Les sarments ainsi stratifiés restent là jusqu'à l'époque déterminée pour la plantation. » Lorsque l'époque du bouturage est arrivée , — c'est-dire d'avril à la fin de mai pour les environs de Paris ; du milieu de mars au milieu d'avril pour le Bordelais ; de janvier en mars pour les pays tout^à-fait méridionaux , — on défonce profondément le terrain, on le fume et on l'amende de façon à lui donner ce qui lui manque. On retire ensuite , au fur et à mesure des besoins , les sarments de la fosse où ils sont en- terrés , et on les divise en tronçons de 4 2 à 20 centimètres , ayant un œil à chacune de leurs extrémités : les cépages n'étant pas tous de même nature , n'ayant ni tous le même caractère , ni tous la même vigueur, et leurs yeux étant espacés d'une manière très-variable , il peut arriver qu'une bouture n'ait que deux yeux ( ou en d'autres termes un seul mérithalle) , ou qu'il en ait trois (deux ^fnérith. ), quelquefois quatre (trois mérith .) et même plus. » Ces boutures sont enfoncées verticalement dans la terre , dans le sens de leur développement naturel et de façon que l'œil supérieur soit recouvert de deux ou trois centimètres de terre. » Dans un terrain de bonne qualité , il suffit de tracer des lignes selon le genre de culture qu'on veut adopter et d'y placer les boutures ; dans un terrain sablonneux , trop perméable et par suite perdant facile- ment son humidité, on ouvre des sillons dont on unit le fond , et l'on enfonce la bouture dans leur partie la plus basse, ou se concentrent les eaux atmosphériques ; dans un sol argileux , où c'est la stagnation des eaux qui est le danger à éviter, on relève au contraire le terrain en XXXVI dos d'âne ou , comme on dit, en billons, et c'est vers le sommet de la pente de ces billons qu'on enterre les boutures. » Le bouturage terminé , il est esentiel de tenir la terre meuble autour de chaque plant, en agissant d'ailleurs avec les précautions né- cessaires pour éviter d'endommager les bourgeons. Bientôt, en effet, la végétation se manifeste dans les boutures, dont l'œil supérieur se dé- veloppe rapidement , puis un bourgeon perce le sol et montre ses jeunes feuilles; en même temps, à la base de la bouture et tout au tour de sa section , pointent des radicules qui puisent dans le sol des éléments de nutrition, jusqu'alors fournis à la plante par la sève qui s'était conservée dans les cellules de la bouture. Sous l'influence d'une température qui, chaque jour, s'élève de plus en plus, la jeune vigne croît avec une extrême rapidité, et quand arrive l'été, l'œil supérieur de la bouture est devenu un jet de m 50 à 4 m 50 de longueur et même davantage, selon les conditions climatériques , la nature du sol et la vigueur du cépage. La force de la végétation est telle que , le plus souvent , à la fin de la saison , les jeunes tiges sont déjà garnies de ramifications se- condaires. » Malgré la vigueur extraordinaire des plants obtenus ainsi , il faut se garder de hâter leur production, l'important, avant tout, étant d'é- tablir des sujets bien constitués et susceptibles de produire longtemps et beaucoup : M. Rivière , pour fortifier la souche , taille la vigne en février-mars de la seconde année, au-dessus du troisième ou du qua- trième œil ; au commencement de la troisième année , il rabat le sar- ment à un ou deux yeux au-dessus de la taille de l'année précédente et retranche les rameaux inférieurs devenus inutiles. Quelques mois après, en août , le but est atteint : le cep est établi , sa base est solide et l'on est assuré désormais que W fructification aura lieu dans de bonnes conditions. C'est alors, mais alors seulement qu'on peut commencer à donner au plant la forme qu'on lui réservait. » M. Rivière pratique cette méthode depuis neuf ans , soit au Jardin du Luxembourg , à Paris , soit dans la Charente-Inférieure et en Algé- rie , et partout il a vu le succès le plus complet couronner ses essais entrepris sur une très-vaste échelle. Au bout de quatre à cinq mois, Les plants par bouturage souterrain, sont souvent aussi avancés que le sont ceux obtenus par les méthodes usuelles à la quatrième , voire même à la cinquième année. Les ceps de la troisième année ont une telle vigueur qu'ils font naître l'étonnement par les produits abondants qu'ils por- tent ; il en est sur lesquels ou a compté jusqu'à oo grappes ; ceux qui XXXVII en montrent 40 à 50 sont nombreux. Une méthode qui , pendant tant d'années, a constamment produit de tels résultats, n'est plus à l'état d'essai; elle a fait ses preuves, et l'on peut conclure avec l'auteur, sans être taxé d'exagération, que le procédé étant bon, excellent, il est vive- ment à désirer qu'il se répande. » Séance du 12 Juin. — M. le Président annonce à la Société une nouvelle perte qu'elle vient de faire dans la personne de M. Bonnissent, membre correspondant , décédé le 5 mai \ 872 , à Carentan. Sur la proposition de M. Des Moulins , des relations d'échange sont ouvertes avec la Société philosophique américaine de Philadelphie. A l'occasion de la lecture du procès- verbal de la précédente séance, M. Eug. Lafargue signale deux articles sur les champignons de la Gironde que le journal Bordeaux médical vient de publier dans ses colonnes : l'un est de lui et considère la question au point de vue pu- rement médical; l'autre, plus spécialement monographique, est de M. le D r Ed. Beaudrimont. M. Durieu signale la présence, auprès de Bruges , du Ranunculus trilobus Desf., forme méridionale du Ranunculus philonotis, que ses caractères ont fait considérer comme espèce distincte par la généralité des botanistes. La Société décide , sur la proposition de M. Delfqrtrie , qu'elle fera son excursion annuelle , le jeudi 27 juin prochain, à Gironde , localité située à l'entrée de la vallée du Drot. MM. de Kercado, Bailby, Gassies et Trimoulet sont nommés membres de la Commission d'organisation. M. Des Moulins rappelle que, en 1849, M. Aie. d'Orbigny, dans le premier volume , page 254 , de son Cours élémentaire de paléontologie et de géologie stratigraphiques , a signalé « une anatife fossile des ter- rains tertiaires faluniens de Bordeaux, VAnatifa Burdigalensis d'Orb. » Depuis cette époque , on a recueilli dans les mêmes faluns de nom- breuses valves de Pollicipes et de Scalpellum. Récemment , M. Del- fortrie a trouvé , dans les sables coquilliers de Pont-Pourquey (com- mune de Saucats), une valve dorsale d'un Lepas de la classification de Darwin, qui présente le caractère spécial d'avoir une carène den- ticulée. M. Des Moulins engage ses collègues à porter leur attention sur les débris analogues qu'ils pourraient trouver dans les faluns mio- cènes et pliocènes de la Gironde, afin de réunir les éléments nécessaires à leur détermination précise. Le Secrétaire général présente son rapport sur la demande de M. le Directeur du lever géologique de la Suède , qui a été renvoyée à son XXXVIII examen dans la précédente séance. Il propose d'adresser au Bureau géologique de la Suède tous les volumes des Actes dont la Société peut disposer et dont il donne l'énumération. Les conclusions du rapport sont adoptées. M. Lakont communique à la Compagnie la note suivante, et en demande l'insertion au procès-verbal : Note sur l'OSTREA ANGULATA (Griphœa) Lamk. et l'ûSTREA VIRGINICA Gmel. « Pendant ces dernières années, il a été importé dans le Bassin d'Ar- cachon plusieurs millions d'Ostrea angulata venant des environs de Lisbonne ; ces ^mollusques se sont acclimatés et se sont reproduits en abondance , sans se modifier en aucune façon , et en conservant par conséquent tous les caractères qui les distinguent de l'huître ordinaire , Ostrea edulis L. » Parmi les individus importés , on pouvait distinguer trois types : 1° Échantillons allongés, contournés, longs de 20 à 25 centimètres sur 5 à 8 de large , sans plis ; 2° Échantillons plus courts, à valves presque sans plis ; 3° Échantillons assez courts , dont les deux valves étaient fortement plissées. » Tous ces mollusques se distinguaient nettement de YO. edulis, 1° par leur goût, qui se rapprochait de celui du Cardium edule, mais que l'on trouvait plus prononcé ; 2° par la place et la couleur de l'impression musculaire , qui était violette et plus éloignée du sommet. Dans les échantillons allongés , cette impression était un peu latérale et presque ovoïde ; dans les individus courts , elle était presque circulaire et se trouvait placée à-peu-près au milieu des valves. » Pendant les mois d'avril et de mai de cette année , on a importé à Arcachon plusieurs milliers d'O. Virginica Gmel. Ces mollusques ve- naient des environs de New-York et [avaient été parqués pendant quel- que temps près de Liverpool. » Parmi les individus que j'ai pu examiner ( 3,000 environ ) , on trou- vait trois types : 1° Échantillons allongés, contournés, cunéiformes, identiques à certains individus de la forme allongée de YO. angulata des côtes por- tugaises ; 2° Un très-grand nombre d'individus , à-peu-près identiques à la l'orme non plisséc de l'huître de Lisbonne ; XXXIX 3° Un assez petit nombre d'échantillons présentant d'une manière plus effacée, il est vrai , les plis du troisième type de l'huître portugaise, mais parfaitement visibles. » Dans tous, l'impression musculaire occupe la même place que dans YO. angulata; elle est violette , ovoïde dans les échantillons al- longés , presque circulaire dans les individus courts ; enfin le goût des deux huîtres est identique , et rappelle à s'y méprendre celui du muriate de potasse. » La seule différence se trouve dans la contexture du test : il est plus dur et plus nacré à l'intérieur dans les huîtres américaines. » En conséquence , je crois pouvoir conclure que YO. angulata de Lamarck doit être réunie à YO. Virginica de Gmelin , et qu'elle aura été apportée sur les côtes du Portugal par quelque navire , dont la coque avait reçu le frai de YO. Virginica, pendant son séjour dans les eaux américaines habitées par ce mollusque. » M. Lafont termine sa communication par l'énumération de quelques- uns des animaux marins , qu'il a recueillis ce printemps et dont plu- sieurs sont nouveaux pour la faune de la Gironde. Parmi les poissons , il cite le Raia fullonica Rond.; — les crustacés , — Crangon trispinosus Hails, Nika edulis Risso , Peneus membranaceus Risso ; — les mollusques , — Neœra costellata Desh., Cardium minimum Phil., Lyonsia Norvegica Chemn., Dentalium gracile Jeffreys , Rissoa cimicoides Forbes , — proxima Aider. Bulla strigilla Loven., — punctata Clarck , — catena Mont. Il signale encore trois Entomostracés qu'il destine à M. de Folin, pour sa publication des Fonds de la mer ; deux Goniodoris indéter- minés ; le Polycera oculata, plusieurs Doris et un Lamellaria voisin des L. perspicua L. et teniaculata Mont., mais qui en diffère par les premiers tours , qui sont déprimés au lieu d'être saillants , et par le dernier qui est plus ventru. M. Durieu, revenant sur la question des champignons vénéneux de la Gironde, développe les considérations qu'il a publiées à ce sujet, il y a quelques années. XL « De tout temps , dit-il , les champignons ont été recherchés comme un aliment qui présente à la fois une nourriture substantielle , un mets délicieux , un condiment parfumé , quelque chose , en un mot , comme le disaient les anciens, digne de la table des dieux. Ni les dangers que présente leur usage , ni la crainte d'une mort affreuse n'ont pu , à au- cune époque, les faire abandonner; et aujourd'hui encore presque tous les peuples les recherchent et les apprécient autant que le faisait l'anti- quité civilisée. » Combien de fois pourtant ne s'est-on pas efforcé de les proscrire? Que de violents réquisitoires n'ont pas été lancés contre eux? Quel est l'auteur qui , traitant des champignons au point de vue hygiénique, n'ait pas conclu par la recommandation expresse de s'abtenir prudemment d'un mets si dangereux? Mais à quoi donc ont abouti ces diatribes et ces conseils? Chacun le sait. Partout et toujours on n'en a pas moins continué de se régaler de champignons, et il faut bien reconnaître que tout ce l'on pourra dire ou faire pour en interdire l'usage , n'aboutira jamais, et qu'alors même qu'il serait bon de les proscrire, il n'est au pouvoir de personne de faire qu'il en soit ainsi. » Dans un tel état de choses , ce qui est vraiment utile, ce n'est donc pas de prêcher en vain une abstention absolue , mais bien de vulgariser certaines connaissances pratiques qui permettraient à chacun de recon- naître les champignons vénéneux et d'éviter ainsi tout danger. » Ces connaissances sont bien simples et plus faciles à acquérir qu'on ne le suppose peut-être. Dans la Gironde surtout , où on ne fait usage que d'un nombre relativement assez borné d'espèces, il suffirait d'ap- porter un peu d'attention dans leur choix , pour éviter toute erreur et rester dans une sécurité complète. Chez nous , c'est à certains préjugés populaires , c'est aussi à un inconcevable esprit d'imprudence que sont dus presque toujours les accidents terribles qu'on a si fréquemment à déplorer. Aussi est-il bon, je crois, de rappeler que dans les pays où on utilise un très-grand nombre d'espèces de champignons ; où , à cer- taines époques , ces productions végétales entrent pour une large part dans l'alimention publique , en Russie , en Pologne , en Italie , par exemple, les empoisonnements sont à peu près inconnus. S'il n'en est pas de même ici , c'est que la population des campagnes se fie plus à ses croyances erronées qu'à l'observation positive et directe. » Certains auteurs qui ont écrit sur les champignons sans les connaî- tre réellement , ont prétendu établir des caractères généraux qui per- mettraient de distinguer les espèces comestibles des malfaisantes. Ces XLI vagues assertions se sont fait jour dans le monde à côté d'autres pré- jugés déjà existants. Eh bien ! tous ces prétendus caractères sont faux ou trompeurs ; ils ne peuvent que causer les méprises les plus funestes; ils sont d'autant plus dangereux qu'ils inspirent une confiance plus complète. » Je n'hésite donc pas à le déclarer : il n'est pas de caractère géné- raux applicables aux champignons bons ou mauvais. L'observation di- recte, spéciale, raisonuée, est le seul guide sûr en pareille matière. » Je n'allongerai point sans utilité cette note , en rapportant ici tous les moyens réputés infaillibles de s'assurer de la qualité bonne ou mau- vaise des champignons. Je me bornerai à rappeler en quelques mots qu'on a cru trouver ces caractères généraux dans la couleur, l'odeur, la saveur, la consistance, la lactescence, la présence ou l'absence de volva ou de collier. On a affirmé encore qu'il n'y avait aucun danger à faire usage de tout champignon attaqué par les limaces , tandis qu'il faudrait bien se garder de toucher à ceux dont la chair entamée change aussitôt de couleur; à ceux qui, pendant la cuisson , auraient bruni une cuiller d'argent ou noirci l'oignon avec lequel on les fait cuire. Eh bien ! cha- cune de ces assertions pourrait entraîner aux plus fatales conséquences celui qui les considérerait comme autant d'indices certains de mal- faisance ou d'innocuité. Il n'est, en effet, aucun des caractères attribués aux espèces vénéneuses qui ne puisse se retrouver chez certaines es- pèces comestibles, et réciproquement. Rien de plus décevant quelque- fois que la couleur ; des espèces excellentes peuvent avoir une odeur forte , une saveur acre , tandis que d'autres masquent leur qualité délé- tère sous une saveur douceâtre et une odeur peu pénétrante , quelque- fois même agréable. On voudrait faire rejeter tous les champignons munis de volva ou de collier; mais c'est précisément dans cette catégo- rie que se trouvent plusieurs de nos meilleurs champignons : l'oronge, la coquemelle , le champignon découche. La lactescence, le change- ment de couleur des lames et de la chair quand on les brise sont loin de caractériser uniquement des espèces dangereuses ; de tels caractères appartiennent aussi bien à ces dernières qu'à d'autres très-recherchées. Il y a plus : c'est que le plus dangereux de tous les champignons , l'agaric bulbeux, celui qui seul dans la Gironde paraît causer tous les accidents , se fait précisément remarquer par l'absence de suc laiteux comme par l'immutabilité de sa chair, tandis qu'une espèce excellente , comme l'indique son nom (Agaricus deliciosus), consommée en quan- tité considérable dans certains pays, laisse échapper en abondance de 5 XLII ses blessures un lait rougeâtre , en même temps que sa chair se colore de teintes d'abord safranées , puis vertes et livides. » S'il est un préjugé généralement répandu contre lequel on doive se tenir en garde , c'est celui qui pose comme indice certain de l'innocuité d'un champignon le fait d'être attaqué par des limaces. Il est , en effet , hors de doute que ces mollusques peuvent se nourrir impunément de substances végétales qui seraient un poison pour l'homme. Aussi ren- contre-t-on fréquemment la fausse oronge couverte de limaces qui se repaissent de sa chair, et, au moment où j'écris j'ai sous les yeux deux individus de ce redoutable agaric bulbeux, que je citais à l'ins- tant , à moitié dévorés par ces mêmes animaux. Quant à l'état d'une cuiller d'argent introduite dans le vase où on prépare le champignon, on s'est assuré , par de nombreuses expériences , que rien n'est plus fallacieux que ce prétendu indice. » Il serait inutile de prolonger ces citations. Qui ne comprend déjà que l'imprudent qui , sur la foi de caractères aussi illusoires , se croi- rait en mesure de bien distinguer les champignons, tandis qu'il rejet- terait quantité de bonnes espèces , ne manquerait pas de recueillir en grand nombre les champignons les plus dangereux ? » J'ai déjà dit que le nombre des espèces comestibles usitées dans divers pays est très-considérable. Il existe en effet bien moins d'espèces vénéneuses qu'on ne le pense généralement. On connaît dans cette grande classe de végétaux des groupes ou familles de plusieurs centai- nes d'espèces dont aucune n'est malfaisante , et dont certaines sont recherchées dans telle ou telle contrée. Je n'ai certes point l'intention de chercher à accroître le nombre de celles qu'on est habitué à consom- mer dans la Gironde ; bien loin de là, je voudrais pouvoir restreindre ce nombre et le limiter à celles qui sont le plus répandues, qui se ren- contrent dans presque toutes les localités, et qu'il est facile de re- connaître et de distinguer d'une manière certaine. En se bornant à ces espèces qui , je le répète , sont les plus communes , les plus volumi- neuses et en même temps les plus estimées, par conséquent les plus profitables , on sera sûr, pour peu qu'on veuille y apporter un peu d'at- tention, d'éviter toute chance d'erreur ou d'accidents. » Considérée dans son ensemble , la vaste classe des champignons renferme des végétaux dont les formes varient à l'infini. Le nombre des espèces connues est immense , et leur volume est souvent d'une peti- tesse extrême. Nous n'avons à nous occuper ici que de celles à qui, 'lins h' langage ordinaire, on applique plus particulièrement le nom de 1 XLIII champignons , c'est-à-dire à ces productions , en général de l'orme ré- gulière , constituées par une hampe ou pédicule surmonté d'un corps orbiculaire imitant un parasol , et qu'on nomme chapeau. Tantôt la face inférieure de ce chapeau est munie de feuillets ou lames disposées en rayons, caractère qui appartient au genre Agaric; tantôt le chapeau est doublé en dessous d'une épaisse couche de tubes fins , adhérents entre eux, ce qui caractérise le genre Bolet; d'autres fois, le dessous du chapeau est hérissé de pointes rapprochées mais distinctes , c'est le genre Hydne. Il est inutile de pousser plus loin les divisions génériques , ces simples données suffisent pour l'intelligence de ce qui va suivre. » Tous les accidents qui se produisent, sont généralement causés par un petit nombre d'espèces du genre Agaric. On pourrait même ajouter avec vérité que ces accidents , au moins ceux qui sont suivis de mort , sont dus uniquement à l'espèce la plus dangereuse du genre , à cet agaric bulbeux dont il a été déjà question, et qui n'est malheureuse- ment que trop commun dans nos contrées , surtout cette année où il abonde. Ce redoutable champignon est quelquefois étourdiment recueilli pour une autre espèce très-répandue , employée partout et des plus saines , puisque c'est celle qui est cultivée sur une si grande échelle à Paris , où elle est aussi la seule dont la vente soit permise sur les marchés : l'agaric de couche ou l'agaric champêtre [Agaricus cam- pes tris). » De même que toutes les plantes les plus communes et dispersées dans les contrées les plus diverses sans distinction de sol ou de latitude, l'agaric champêtre est très-variable ; mais il est toujours facile de le distinguer infailliblement de l'agaric bulbeux par des caractères cons- tants qui ne manquent dans aucune de ses variétés. L'agaric bulbeux , comme l'oronge et quelques autres espèces, est pourvu d'une sorte de sac membraneux et blanchâtre qui l'enveloppe dans son jeune âge , avant son expansion au-dessus du sol , et auquel on a donné le nom de volva. Cette enveloppe disparaît pendant la croissance du champignon; mais il en persiste une partie qui entoure la base renflée de la hampe, ainsi que de larges lambeaux qui restent adhérents à la surface supé- rieure du chapeau. » L'agaric champêtre étant privé de volva , on ne remarque rien de semblable à sa base ni sur le chapeau. Les deux espèces étant pourvues d'un collier vers le haut du pédicule , il n'y a pas à chercher à les dis- tinguer par cet organe. Mais un caractère de toute évidence qui , en l'absence de toute autre et clans tous les cas imaginables devrait rendre XLIV impossible toute méprise , c'est celui qui est fourni par les feuillets ou lames de la face inférieure du chapeau. Dans l'agaric champêtre, ces feuillets sont constamment roses ou d'un gris rosé pendant la jeunesse du champignon , pour passer rapidement à une teinte plus foncée , puis brune et enfin noire. Or, les feuillets de l'agaric bulbeux sont blancs et conservent invariablement cette couleur à tous les âges de la plante. Des différences si faciles à constater devraient suffire atout jamais pour faire rejeter sans hésiter hors de l'agaric champêtre tout individu muni de volva ou de feuillets blancs. Donc , on ne saurait trop le répéter : une volva dont les restes persistent à la base du pédicule et, sur le cha- peau , des feuillets invariablement blancs , — agaric bulbeux ; absence de volva , et par conséquent point de traces de cet organe ni sur le pé- dicule ni sur le chapeau , lames vivement colorées en rose, puis brunes ou violet foncé et enfin noires , — agaric champêtre. » Outre ces différences , nettement caractéristiques , il en est d'autres qui , bien que moins essentielles , permettent cependant de distinguer les deux espèces à première vue. Ainsi l'agaric bulbeux est toujours plus grêle , plus élancé que son congénère ; la surface du chapeau est très-lisse et non plus ou moins bistrée ou pelucheuse ; la hampe est fortement renflée en bulbe à la base , etc., toutes choses qui , bien ob- servées une première fois , pourraient suffire à éviter toute erreur, si les caractères essentiels sur lesquels j'insiste encore, ne rendaient pas déjà toute méprise impossible. » L'agaric champêtre croît de préférence dans les lieux découverts , les prairies , les bords gazonnés des chemins ; mais on le rencontre aussi , quoique plus rarement , dans les bois et les lieux ombragés. Dans ces dernières conditions, il est ordinairement plus élancé, le pé- dicule est plus grêle , le chapeau plus mince et sa face supérieure lisse et uniformément blanche ; c'est cette variété qu'on désigne dans certai- nes localités sous le nom de boule de neige. La légère différence d'as- pect que présente cette forme peut bien lui donner une certaine res- semblance avec l'agaric bulbeux, mais l'absence de volva et la vive co- loration des lames sont toujours là pour constater l'individualité. J'ajoute que cette même variété passe pour moins sûre que les autres , et qu'on lui a même attribué des accidents. Mais c'est par erreur. Les accidents, s'il y en a eu réellement, ne pouvaient être dus qu'à quelque pied d'agaric bulbeux glissé parmi les agarics champêtres. Toutes les formes possibles de ce dernier champignon sont douées des mêmes qualités et on peut en faire usage avec une égale confiance. XLV Maintenant je vais passer rapidement sur d'autres espèces en usage dans les environs de Bordeaux ; car, pour celles-ci , les causes d'erreur sont moindres , et les suites d'une méprise, s'il pouvait y en avoir une, moins dangereuses. » L'oronge [Agaricus cœsareus) a de tous temps passé pour l'un des champignons les plus exquis, et chacun sait que son innocuité est com- plète. On ne l'a, je crois, accusée que d'un seul méfait, celui d'avoir empoisonné l'empereur Claude. Mais l'histoire ne nous a pas laissé la recette de l'assaisonnement qu'Agrippine fit subir au mets qu'elle servit à son mari. L'oronge ne peut être que difficilement confondue avec la fausse oronge [Agaricus muscarius) , et, en effet, les populations ne s'y trompent plus ; chacun sait distinguer les deux espèces. L'oronge se fait tout de suite remarquer par sa belle couleur dorée , par une volva qui l'enveloppe en entier dans le jeune âge , et qui la fait alors ressem- bler à un œuf. Bientôt cette volva se rompt pour donner passage au chapeau qui n'en emporte point de lambeaux, mais elle persiste autour du pédicule comme une large gaine. La fausse oronge , au contraire , n'a qu'une volva incomplète qui se détruit et disparaît pendant le déve- loppement de la plante, excepté sur le chapeau, où ses restes forment de nombreuses mouchetures blanchâtres sur le fond rouge vif du cha- peau. Les feuillets et le pédicule sont blancs. » Du reste , les propriétés toxiques de la fausse oronge sont encore quelque peu douteuses. Cette espèce a été le sujet de nombreuses expé- riences, dont les résultats se sont souvent montrés contradictoires, Mais ce doute même suffît pour qu'on doive la considérer comme dan- gereuse et la repousser comme telle. Elle paraît assez rare dans les environs de Bordeaux. » Un autre agaric [Agaricus procerus) , dont le nom vulgaire varie à l'infini , selon les localités , assez connu pourtant ici sous celui de coquemelle , est également très-délicat et parfaitement sain. C'est un très-beau champignon , d'une taille élevée , à chapeau pelucheux , à pédicule bulbeux , moucheté comme une couleuvre , et muni d'un anneau mobile. Il ne se montre qu'en automne. Sa grande taille et sa beauté le font remarquer, et il est bien connu de tout le monde. Je ne m'y arrêterai donc pas davantage, puisque d'ailleurs il ne saurait devenir la cause d'aucun accident. Une seule espèce, il est vrai, lui ressemble en petit , Y Agaricus clypeolarius , mais l'odeur de celui-ci est repoussante et la saveur un peu caustique, ce qui, avec son exiguité, suffit pour le faire négliger et empêcher qu'il soit confondu avec la coquemelle. XLVI » J'ai parlé plus haut d'un agaric à suc laiteux, vivement coloré, dont les taches jaunes , rouges , vertes ou livides qui maculent sa chair et ses lames dès qu'elles sont entamées , épouvantent les personnes qui ne le connaissent pas, et le font considérer comme l'une des espèces les plus pernicieuses. Il n'en est rien. Ce champignon est, au contraire, l'un des meilleurs connus , un de ceux dont on peut faire usage avec le plus de sécurité. Aussi ces qualités lui ont-elles valu le nom délicieux (Agaricus deliciosus). On le rencontre fréquemment dans les bois de pins, en octobre et en novembre. Quelques habitants de nos campagnes le connaissent bien et s'en nourrissent ; ils le désignent, je crois, par le nom de catalan. » Il est peu de champignons qui jouent un aussi grand rôle comme aliment. Il abonde en Italie , en Sardaigne , etc., a tel point que , pen- dant la saison , les populations rurales en font presque leur unique nourriture et en réservent de fortes provisions pour l'hiver, au moyen de certaines préparations. L'aspect tout particulier de ce champignon ne permettra jamais de le confondre avec aucun autre. Il appartient à une section caractérisée surtout par le suc laiteux que laissent échapper la chair et les lames quand on les blesse , mais , chez ces dernières , le lait est blanc et la chair ne change pas de couleur. » Je ne parlerai point du champignon si connu dans le pays sous les noms de roussette ou de chanterelle , et qui se montre fréquemment dans les bois, depuis juin jusqu'à l'automne. Comme il n'offre absolu- ment aucun danger, qu'il ne saurait donner lieu à aucune méprise, il est inutile de s'y arrêter. Je ne m'arrêterai pas davantage sur l'hydne [Hydnum repandam) , champignon muni d'aiguillons mous à la face inférieure du chapeau , au lieu de lames ou de tubes. Cette espèce se montre quelquefois en grand nombre dans les bois épais , à la fin de l'automne. On peut la manger sans la moindre appréhension , et , comme la chanterelle , elle ne saurait donner lieu à aucune regrettable méprise. » Le champignon le plus usité dans la Gironde est aussi celui sur le compte duquel j'ai le moins à dire, attendu que le cèpe est si bien connu de tout le monde , que chacun sait parfaitement le distinguer des autres bolets. Et d'ailleurs, le cèpe fût-il, par impossible, confondu avec certaines autres espèces voisines ; avec les Bolctus scaber et B. suh- tomensus , par exemple , qu'il n'eu pourrait résulter aucun accident fâcheux, mais seulement un grand mécompte dans le régal qu'on se serait promis. XLVII » En dehors des grands genres dont il vient d'être question, nous trou- vons les morilles. Comme elles appartiennent à un groupe de champi- gnons dont aucune espèce n'est nuisible , il n'y a pas lieu de s'en occu- per ici. Les helvelles que caractérise une sorte de chapeau bizarrement contourné , les pezizes qui renferment une multitude d'espèces en for- me de cupule ou de godet , appartiennent à la même famille que les morilles. La plupart sont d'un si petit volume qu'on ne songe pas à en faire usage. Mais on pourrait manger sans crainte les plus grandes espè- ces. Il est de même des clavaires, sorte de champignons en forme de buisson très-rameux , de quelques centimètres de hauteur. Toutes les espèces de clavaires sont parfaitement inoffensives ; mais ce sont des champignons coriaces ou filandreux , partant peu agréables. » Je termine ici cette revue , déjà trop longue , peut-être. Elle aura suffi, je l'espère, pour montrer que les causes d'empoisonnement par les champignons sont bien moins nombreuses qu'on ne le croit générale- ment. Dans nos contrées nous n'avons guère, en effet , qu'une seule es- pèce redoutable, celle qui , par une inconcevable imprudence, est re- cueillie parfois comme l'agaric champêtre. Je crois avoir suffisamment fait voir que toute méprise est impossible , si on veut bien s'en tenir à l'observation directe, facile pour tQus, plutôt que d'ajouter foi à des préjugés sans fondement, ou aux contes absurdes des commères. Qu'on sache se préserver de l'agaric bulbeux , et nous cesserons d'être épou- vantés, chaque année , par le récit de quelques nouvelles catastrophes. » A la suite de cette communication , M. Durieu appelle l'attention de la Société sur une note publiée par M. de Vibra ye , à l'occasion de Y ap- parition spontanée en France de plantes fourragères exotiques , à la suite du, séjour des armées belligérantes en 1870 et 1871. Les Légumi- neuses, les Synanthérées et les Graminées sont les familles qui dominent parmi ces plantes ; les fruits de quelques Medicago ont été soumis à M. Durieu , qui en a reconnu plusieurs , originaires de l'Algérie, de la Sicile et de l'Amérique du Nord. D'après M. de Vibraye , les Légumi- neuses entrent pour plus d'un tiers dans le nombre des espèces exoti- ques observées ; les familles des Graminées et des Synanthérées pour un cinquième chacune. Parmi les Légumineuses , les luzernes et les trèfles prédominent : on a compté jusqu'à 1 2 espèces de Trifolium et 10 à 12 espèces de Medicago; les Synanthérées (28 espèces) appar- tiennent à 21 genres différents ; les Graminées (28 espèces) à 16. Les deux tiers de ces plantes fourragères sont annuelles et bisannuelles. Sur la proposition de M. de Kercado , président de la Commission XLVIII chargée de l'étude de la maladie de la Vigne, M. Drory est adjoint à cette commission , à laquelle un crédit est alloué pour la continuation de ses travaux. Séance du 26 Juin. — M. le Président a le regret d'annoncer à la Société que M. de Caumont, membre honoraire, a été frappé de para- lysie , le \ 5 mai dernier ; bien que l'intelligence de l'éminent directeur de l'Institut des provinces soit restée aussi lucide que par le passé, il est à craindre , vu la nature grave de l'infirmité dont il est frappé , que sa puissante activité ne soit à l'avenir perdue pour la science. M. Motelay rappelle que les botanistes s'accordent à considérer les Cliaragnes comme des plantes exclusivement aquatiques ; cette règle paraît souffrir parfois des exceptions : récemment, en effet, dans un terrain marécageux, aux environs du château de Roquetaillade, où le Chara fœtida type vivait en abondance , M. Motelay a recueilli plu- sieurs échantillons de cette Charagne, dont les racines seules plon- geaient dans l'eau, et qui cependant avaient parcouru régulièrement, comme leurs voisines aquatiques , leur évolution végétative. Ces Chara à vie aérienne sont trapues et présentent l'aspect de véritables Sphag- num; mais leurs caractères ne permettent pas de les séparer du Chara fœtida. M. Duballen dépose sur le bureau divers échinides , dont l'un , provenant du calcaire magnésien de Dax, paraît, autant que son état de conservation permet d'en juger, appartenir à une espèce du genre Micraster; un autre (Cyphosomat?) a été extrait des marnes calcaires de Trabail, près Saint-Sever, synchroniques des couches à crabes de Biarritz. M. Llnder donne quelques renseignements sur des filons d'apatite qu'il a récemment observés à Trujillo et à Montanchez , en Estra- madu're (Espagne). Ces deux petites villes sont situées au milieu de massifs granitiques , entourés , sur la plus grande partie de leur péri- phérie, par des schistes argileux et des quartzites généralement consi- dérés comme siluriens. On y observe trois systèmes de fractures , dont deux principaux : l'un qui se dirige du S. 20° 0. au N. 20° E. de la boussole ; l'autre qui court à-peu-près du S.-O. au N.-E. ; ces lignes de fractures paraissent en général peu sinueuses. L'aspect des granités de Trujillo et de Montanchez varie beaucoup d'un point à un autre : aux environs de la première de ces localités, si remarquable par les ruines de son ancienne splendeur, ils sont généralement compacts; le mica y est tantôt blanc, tantôt noir ; il est quelquefois jaune, lorsque la XL1K roche passe au gneiss. Dans la Sierra de Moiitanchez , au sud de Val- demoralès, ou trouve, à la limite des granités, des gneiss et des arkoses qui donnent au terrain l'aspect d'une formation métamorphique. Quelques-unes des fractures qui traversent les granités forment de véritables filons, dont la puissance varie de m 25 à 3 m , et dont l'in- clinaison oscille entre 70° et la verticale ; leur remplissage se compose presque toujours de quartz à cassure vitreuse, tantôt hyalin, tantôt laiteux ou translucide, à structure fragmentaire et formant des bandes parallèles aux parois des filons. Entre les bandes quartzeuses qui cons- tituent la masse des filons , viennent souvent s'intercaler des veines d'apatite, généralement discontinues, et dont l'épaisseur dépasse rare- ment m 30. Lorsque deux filons se croisent , la masse d'apatite s'épa- nouit au point de jonction. Les gens du pays affirment que, dans ce cas, le phosphate de chaux forme quelquefois des amas de plusieurs mètres de diamètre ; cela peut être , mais M. Lwder n'a pas été mis à même de confirmer le fait. Les apatites de Trujillo et de Montanchez ont presque toujours une structure fibreuse, réniforme ; elles sont rarement terreuses. Leur cou- leur est le rose-jaunàtre et le rose carné, parfois le blanc. Elles sont gé- néralement rayées par le quartz ; il s'en trouve cependant qui font feu au briquet ; mais alors l'analyse y décèle toujours une très-forte proportion de quartz mélangé. Projetées sur des charbons ardents, elles brillent souvent, dans l'obscurité, d'une lumière vert-jaunâtre plus ou moins intense, due à la présence du fluorure de calcium qu'elles contiennent à l'état de combinaison ; elles partagent cette propriété avec quelques variétés fluorées de granité de l'Estramadure. Les apatites dont il s'agit ici sont de richesse variable, selon la pro- portion de quartz qu'elles contiennent ; la plupart du temps on y trouve du fluorure et du chlorure de calcium à l'état de combinaison. Des traces de phosphate de fer, reconnaissables à leur teinte verte ou jaune-paille, l'accompagnent quelquefois dans des échantillons de quartz carié. On a souvent , par erreur, désigné sous le nom de phosphorite de Trujillo des phosphates de chaux, provenant d'une autre localité de l'Estramadure, Logrosan, située à quelques kilomètres à l'Est delà précédente. D'après les descriptions qu'on en a données , l'importance des gisements de phosphorite de Logrosan est incomparablement plus grande que celle des filons de Trujillo et de Montanchez , tant au point de vue de la régularité et de la puissance que de la richesse. M. Lin- der , faute de temps , a eu le regret de ne pouvoir les visiter. 6 La Société reçoit les publications suivantes : Conspectus systematichus et geographicus Acium Europœorum , par M. Alp. Dubois, conservateur du Musée d'histoire naturelle de Belgique ; Uès fonds de la mer (livraisons lia 20) , étude internationale sur les particularités nouvelles des régions sous-marines, dirigée par MM. le D f P. Fischer , L. de Folin , L. Périer ; Recueil des travaux de la Société d'Agriculture , Sciences et Arts d'Agen. Séance du 10 Juillet, — M. Quetelet, secrétaire perpétuel de l'Aca- démie royale de Belgique , écrit à M. le Président pour lui accuser réception de la collection des Actes publiés par la Société Linnéenne , et l'informer que l'Académie lui transmettra, en échange , celle de ses publications dont elle pourra disposer. L'échange des publications se poursuivra d'ailleurs, à l'avenir, d'une manière régulière, entre les deux compagnies. L'Institut Smithsonien annonce un nouvel envoi de ses publications. M. Duballen lit une note sur le catalogue systématique et géogra- phique des oiseaux d'Europe que la Compagnie , dans sa précédente séance , a reçu de M. Dubois , conservateur du Musée royal d'histoire naturelle de Belgique. On trouve dans ce catalogue , qui repose sur l'une des meilleures classifications ornithologiques connues, la mention d'oiseaux de passage qui, jusqu'à ce jour, n'avaient pas été signalés en Europe. M. Benoist met sous les yeux de ses collègues une série des coquilles perforantes qu'il a recueillies dans le falun de Mérignac. Il donne en même temps un aperçu de la constitution du terrain, au point oîi il a fait ses fouilles : a. Couche terreuse, rougeâtre, renfermant des fossiles usés et roulés (terre végétale). b. Sable grossier avec gros polypiers perforés, criblé, par places, de Lyco- plirys lenticularis. Cette assise est caractérisée par Gerithium liynitarium, C. Unboisi, C. plicatum, Cytherea undata, Lucina ornata, L. cohunbella , L. incrassata , Arca clathruta. c. Couche pour ainsi dire composée de blocs , roulés et perforés , de calcaire lacustre, et renfermant les mêmes fossiles que l'assise précédente. cl. Grès sableux gris, en fragments perforés, contenant des Jouannctia, Eas- tonia, etc. Les coquilles perforantes sont tellement nombreuses dans ces ass qu'on en trouve parfois jusqu'à huit emboîtées les unes dans les autres, LI M. Benoist , ayant comparé les espèces qu'il a recueillies à Mérignac à celles qu'il a observées dans le falun de Lariey, a formé le tableau suivant : {C, commun; CC, très-commun; R, rare ; RR, très-rare.) Mérignac. Lariey. Gastrochœna intermedia R RR. Pholas Branderi C R. — dimidicda C R Jouannetia scmicaudata C R. Saxicava arctica C R. anatina C R. Eastonia mitis R RR. turonica R RE. Petricola lithophaga R C. Venerupis decussata C. ..... . R. — Irus R R. Ungulina imguiformis R CC. Lithodomus Saucatsensis R R^ — cordatus ? C. — sp. ? . '. R R. La Société reçoit la publication suivante : Mémoires de la Société des Sciences naturelles, des Lettres et des Beaux- Arts de Cannes et de V arrondissement de Grasse (2 e vol.). Ce volume contient un catalogue raisonné des Lépidoptères du département des Alpes maritimes (4 re partie), par M. Millière, l'un des entomologistes les plus distingués qui soient en France , et une notice biographique sur J.-F. Laterrade , le vénéré fondateur de la Société Linnéenne de Bor- deaux , par M. l'abbé Lalanne , ancien membre de cette Société. Séance du 24 Juillet. — M. le Président annonce à la Compagnie la mort de M. Lackerrauer , de Paris , l'artiste de talent auquel elle avait conféré le titre de dessinateur de la Société. M. le Ministre de l'Instruction publique informe M. le Président que, par arrêté du 18 juillet , il a attribué une allocation de 500 fr. à la Société. M. Des Moulins donne lecture de la note suivante : Un Crinoïde tertiaire dans la Gironde. Je demande pardon à mes collègues de leur présenter une note si développée sur un fossile de sept millimètres de diamètre, unique jus- qu'ici , à ma connaissance du moins, dans nos faluns bordelais miocènes lu oii il a été découvert, il y a quelques jours à peine , par notre jeune et actif collègue M. Félix Artigue. Mais cet objet si petit était pour nous tous tellement inattendu, — et demeure encore si précieux par sa nouveauté locale , après des fouilles qui datent de bien plus de cinquante années , et ont été interrompues depuis plus de vingt ans, — que je n'ai pas à m'excuser de l'intérêt qu'il excite en moi. Il provient d'une localité où dos vénérables devan- ciers Dargelas , Jouannet et Grateloup ont fait leurs dernières — où les plus vieux d'entre nous ont fait leurs premières armes , — de Méri- gnac , veux-je dire , où l'heureux inventeur l'a recueilli dans un falun libre , blanc, passant à une marne de même couleur, à moitié à-peu- près de l'avenue de platanes qui va de la route départementale au ruis- seau ; celui-ci se rend du chef-lieu de la commune au quai de Bor- deaux où il s'écoule dans la Garonne. L'avenue dont je parle , de plan- tation peu ancienne encore , est celle de l'élégante maison rurale de la famille Baour. De notre temps à lions , une modeste maison de campa- gne, appartenant à feu M. Durécu, occupait le haut de la pente très- douce qui va de la route au ruisseau. Sur cette pente s'étendait le vigno- ble de graves ( diluvium ) assis sur le falun dit de Mérignac que nous avons incessamment fouillé durant tant d'années — et après nous tant d'autres collecteurs , notamment les capitaines d'infanterie Michaud et des Cherres, — grâce à l'inépuisable et patiente obligeance du proprié- taire. Cstte obligeance est du reste, paraît-il , comme une sorte de vertu héréditaire chez les possesseurs successifs de ce gisement exceptionnel- lement privilégié, car après bien des années d'un changement de culture qui fit interrompre les fouilles et transforma en prairie un guéret si éner- giquement et si profondément ameubli, la vieille obligeance de !a pre- mière moitié du XIX e siècle remonta pour ainsi dire à sa surface , s'y déploya avec une libéralité nouvelle , et permet aujourd'hui à nos jeu- nes successeurs, non pas de glaner modestement, mais d'entasser des trésors de richesses jusqu'alors cachées à la science, et qu'on retire à présent tant des profondeurs de l'ancien théâtre de nos explorations que de ses alentours. — A nouveaux bienfaits , nouvelle reconnaissance est due, et j'ose espérer, en la proclamant ici, que l'hommage en sera favorablement accueilli par nos généreux bienfaiteurs de 1872. Je reviens au fossile de sept millimètres. Sa nouveauté , pour nous absolue , l'est-elle pour tout le monde '? Formulé par une plume qui ne peut faillir, l'axiome nil suit sole nnnini commandait du moius quelques efforts de recherches; car, v nir involontairement et en dépit des belles découvertes faites depuis soixante ans , le nom d'Encrinite, — si l'on me permet d'employer un terme fa- milier, — quand il est prononcé devant un paléontologiste , sent tou - jours un peu le deux. De ces recherches il est résulté ceci : Le fossile en question a été découvert, nommé, décrit et très-bien figuré dès 1 847 : c'est le Pentacrinus Gastaldii Michelotti , Précis de la Faune miocène '( supé- rieure) de la Haute Italie (publié par la Société Hollandaise des Sciences de Haarlem, in-4°, avec 17 pi. lithogr. 1847), p. 59, pi. XVI, fig. 2,2 2 (2,2 2 , de profil; 2 4 grossie trois fois); espèce marquée comme caractéristique (+) dans le tableau synopt., p. 383. Attendu que le bel ouvrage de M. Michelotti n'est pas très-répandu en France dans les bibliothèques de province, je croîs utile de repro- duire intégralement ici l'article qu'il consacre à cet intéressant fossile (p. 59) : « Genre PENTACRINUS. » Spec. Pentacrinus Gastaldii. mihi. » P. columnâ obsolète quinque angulosâ; arliculis subqceualibus , » areis obovatis; lineis marginalibus Iaxis, remotis. Loc. La colline de Turin. le Bulletin , que M. Gastaldi, de Turin, a envoyé à la Société des » fragments de Pentacrinites trouvés dans les terrains tertiaires duPié- » mont. J'ai aussi trouvé plusieurs morceaux de la tige d'une Penta- » crinite, qui ressemble à la Pentacrinites basaltiformis , dans la Brec- » ciole calcaréo-trappéenne tertiaire du val Policella , dans le Véronais , » où ce conglomérat est enclavé dans le calcaire grossier, et les frag- » ments basaltiques sont empâtés dans un ciment calcaire qui renferme » de petites dents de Squale et des articulations de cette Pentacrinite. » Ces fragments de Pentacrinites , trouvés dans les sables serpentineux » du Piémont et dans les Breccioles du Véronais , ne pourraient-ils » pas avoir appartenu à des terrains plus anciens des couches tertiaires » qui les environnent ? » Évidemment , il s'agit ici du P. didactylus , dont il a été question plus haut , et qui appartient au terrain nummulitique du Vicentin et de Biarritz. Il est superflu de faire remarquer ici qu'aucune trace de cet intéres- sant fossile n'avait été reconnue par Alex. Brongniart lors de l'élabora- tion de son célèbre Mémoire sur les Terrains calcare'o-trappéens du Vicentin (1823) où il dit positivement, p. 51 : « Je n'ai compris daus » cette énumération que les corps organisés fossiles que j'ai vus, soit » qu'ils aient été déjà décrits , soit que ne les ayant trouvés exactement » décrits dans aucun des auteurs que j'ai pu consulter, etc TW° (T. IV, 2* série du Bulletin de la Soc. géolog. , p. 254 ; séance du 7 décembre 1846 ) : « M. Bayle, vice-secrétaire, donne lecture des » extraits suivants de deux lettres de M. Catullo : « Padoue, 18 Novembre 1846. » Dans le mois d'octobre de l'année passée, j'ai envoyé à la Société » une note, dont le but était de revendiquer quelques-unes de nies L1X » découvertes; note qui n'a pas été insérée dans le Bulletin; je prends » la liberté de la lui adresser de nouveau : » » (p. 255). Dans la susdite séance (celle du 17 juin 1845, t. II, p. 573), » il a été question, en outre, de Pentacrinites vues par M. Achille de » Zigno, dans le calcaire tertiaire modifié de la vallée Policella, dans » le Véronais , mais on n'ajoute point que j'ai été le premier à en cons- » tater l'existence dans la même localité. » (C'est le P. didactylus dont il est fait mention plus haut). « En 1823, j'annonçai ma découverte » dans les journaux de Paris et de Pavie (Férussac , t, IV, p. 35) , et » six ans après , j'ai cru pouvoir assimiler 1^ Crinoïdes du calcaire » miocène des Alpes vénitiennes au Pentacrinites caput Medusœ ( espèce » vivante), auquel les tiges ressemblent parfaitement. [Giorn. di Trevizo, » 1829, Gennajo). » Dans ces écrits, je parle par incidence des Crinoïdes de différentes » espèces que j'ai détachés de la craie de Mazzurega (Véronais) et de la » craie de Venda, dans les collines Euganéennes. » Nous voici parvenus bien près de l'année 1847, qui verra le Penta- crinus Gastaldii faire son entrée officielle dans le monde savant : ne passons pourtant pas sous silence les origines les plus anciennes de son histoire : elle remonte , à ma connaissance , à l'année 1 823 , et c'est au célèbre professeur Catullo, comme on l'a vu plus haut, que ce premier document est dû. V II se trouve ainsi formulé dans le t. IV, p. 35 du Bulletin des sciences naturelles et de géologie de Férussac, 2 e section, 1 re livraison de 1825. ce Article n 8 23, Fragment d'une lettre sur la géologie, du » professeur Catullo. {Giorn. del Ital. Litter., juillet et août 1824, » p. 364.) L'auteur y fait observer que les Encrines se trouvent dans » les calcaires de tous les âges ; il les cite dans le calcaire tertiaire de » Vérone » [Peut, didactylus), « de la vallée de Policella, près No- » vère [id. ) , et dans la craie des Euganéens. » (Il existe un bon nom- bre d'espèces crétacées. ) On m'accusera peut-être d'avoir allongé inutilement la présente note, en ajoutant au fait pur et simple, rendu authentique par la publication de M. Michelotti et par son admission dans le Prodrome de d'Orbigny, les documents rétrospectifs que je viens de transcrire. Un crinoïde est quelque chose de si nouveau pour la faune de notre Gironde , qu'on ne peut s'empêcher, quels qu'en soient les détails déterminatifs dont sa LX découverte est susceptible , d'y attacher une importance réelle. J'ai pensé, — mes collègues en jugeront, — que ce n'était point perdre du temps et du travail, que de rendre authentiques, par les détails que fournissent ces documents , le rang et le degré de râleur géologiques , pour notre faune paléontologique , de la découverte faite par M. Félix. Artigue, et qui n'a jusqu'ici, malheureusement pour nos collections, qu'un si mince représentant. Mais ce qui ne peut faire l'objet d'un doute, c'est l'utilité pratique d'une demande adressée par notre savant Secrétaire général à ceux d'entre nous qui ont l'heureuse chance d'enrichir nos catalogues d'une espèce importante, — soit nouvelle, soit litigieuse ou peu connue. — M. Linder désire, dans l'intérêt de l'importance scientifique des procès-verbaux qu'il rédige avec tant de dévouement, que chaque découverte mention- née soit, autant que possible, accompagnée d'une diagnose qui caracté- rise l'e«pèce communiquée à la Compagnie dans l'une de ses séances. Or, en thèse générale , pour être bonne à quelque chose de sérieux , il faut qu'une diagnose soit comparative , et il n'existe que trop de na- turalistes pratiques, — d'auteurs même, — qui comprennent fort peu cette nécessité de premier ordre ! Je suis , quant à moi , fort mal placé pour correspondre à l'intelligent désir de notre éminent Secrétaire. En premier lieu, je n'ai point par devers moi d'études spéciales sur cette famille si vaste , si compliquée , si difficile des Crinoïdes ; et la collec- tion que j'en possède ne dépasse peut-être pas le nombre de 25 espèces, dont pas une n'y est représentée par un échantillon riche en pièces di- verses; et je ne possède pas non plus l'ouvrage classique de Miller, lé- gislateur incontesté de la matière. [Nat. Hist. Crinoid., 1821). Par bonheur, il ne s'agit ici , pour le Peut. Gastaldii ( comme pour tant d'autres espèces) , que d'une entroque (articulation de la tige ou co- lonne de la charpente solide de l'animal) , et le grand ouvrage de Gold- fuss donnant la description et des figures de 08 espèces, je croyais pouvoir espérer d'y trouver un modèle à suivre pour une caractéristique un peu plus précise et accentuée que ce qu'on rencontre dans le courant habituel des diagnoses paléontologiques. Mais sur les 58 Crinoïdes de Goldfuss, il ne se trouve que onze espèces de Pentacrinus, seul genre de la famille ou les aires de l'articulation soient réellement pétalifor- mes et bordées par des stries régulières, symétriquement dessinées et saillantes; il n'y a donc que ces onze espèces dont les entroques pour- raient servir de cadres à des diagnoses génétiquement et par conséquent rigoureusement comparables. LXI Évidemment , il n'existe de ressemblance étroite de notre espèce qu'avec les Périt, scalaris et basaltiformis, — avec ce dernier surtout. Or, dans les espèces abondantes et un peu complètement connues , il y a tant de nuances de forme et' de contours entre les diverses entroques du même animal , que le descripteur est forcé de conserver dans sa diagnose des expressions un peu générales et par conséquent vagues. N'ayant sous les yeux qu'une seule entroque , et cette entroque étant •parfaitement représentée par la figure très-grossie (2 4 ) que publie M. Michelotti , je dois donc m'en tenir à la diagnose qu'il a donnée et que j'ai transcrite au commencement de la présente notice ; elle touche à tous les points essentiels et caractéristiques que nous pouvons désirer de voir traités dans l'étude monographique et plus que partielle qui nous occupe. Je vais , par conséquent , me borner à quelques observa- tions de détail , — particulières et pour ainsi parler individuelles , — sur l'échantillon que m'a confié M. Artigue. Sa dimension est presque exactement celle de la figure 2 2 de M. Mi- chelotti : posé sur la lithographie de cet auteur, à peine s'il la couvre complètement ; mais les sinus qui séparent les pétales sont un peu plus profondément entaillés ; surtout , les pétales eux-mêmes sont un peu plus largement et obtusément obovés. Le canal central de la colonne , s'il était vidé de sa gangue , admettrait à peine le passage d'un cheveu , de même que dans l'original et dans les autres entroques dont je possède les figures ou les originaux. Les stries qui bordent les pétales sont cour- tes , au nombre de six à huit par côté de pétale , souvent plus fortes et plus saillantes (effet, peut-être, de leur mode de fossilisation calcaire) que dans ce que je possède de Pent. scalaris et basaltiformis en nature et en figures. Les lobes de l'articulation (qui renferment les pétales proprement dits) sont plus obtus qu'ils ne le sont presque toujours dans le basaltiformis , et le diamètre général de l'entroque est plus semblable à celui du scalaris , dont les lobes plus profonds en général que ceux du basaltiformis , tendent à le rapprocher davantage que de ce dernier. Mais tout cela , — il faut l'avouer, — en matière de Crinoïdes, ce sont des pures vétilles : il faudrait connaître d'autres pièces du squelette pour caractériser solidement le Pent. Gastaldii, dont la distinction spé- cifique repose principalement, jusqu'ici, sur son gisement tertiaire; c'est là, me semble-il, le résultat authentique de l'observation concor- dante d'un si grand nombre d'éminents géologues. M. Gassies signale à la Commission chargée de l'étude de la maladie de la vigne, un cas remarquable de guérison qu'on lui assure avoir été LXII observé dans la commune de Latresne; il demande que le fait soit exa- miné, et qu'après vérification il soit, s'il y a lieu, l'objet d'un rapport. — Renvoi à la Commission compétente. M. Trimoulet résume en quelques mots les observations faites, aux environs de Gironde , par lui et ses compagnons d'excursion, le 27 juin dernier, jour de la fête Linnéenne. Il dit , à cette occasion , que les che- nilles ont , cette année comme les deux précédentes , étendu leurs ra- vages sur les arbres fruitiers du département. Dans certaines localités , peu d'arbres, surtout parmi les pommiers, les poiriers et les pruniers, ont échappé au fléau. L'année dernière , c'était la chenille du Bombyx Neustrîa qui avait ravagé nos vergers. Cette année, les chenilles du genre Yponomeuta se sont jointes à elles et ont contribué à augmenter les dégâts. Le genre Yponomeuta (Zeller) se compose de trois espèces, toutes trois fort communes dans le département : Y. variabilis Zeller, que Duponchel a décrite sous le nom de Padella, vit en société sur le prunellier des haies, qu'elle dépouille complètement de ses feuilles ; elle se jette ensuite sur les pommiers et les pruniers ; Y. etonymella Se, ( cognatella Duponch.), et Y. Pqdi Zell. [eiony- mella Dup. ) donnent lieu à des observations analogues. La dernière espèce, qui est la plus commune, vit en troupes innombrables principa- lement sur les fusains, Evonymus Europœus , et quand elle a dépouillé ces arbustes de leurs feuilles, elle se jette sur d'autres arbres ou ar- bustes auxquels elle fait promptement subir le même sort. Son appari- tion a été, cette année, un véritable désastre pour les propriétaires d'arbres fruitiers de l'Entre-deux-Mers et des environs de la Réole. M. Linder fait la communication suivante : M. Alex. Lafont m'avait remis, il y a quelques mois, pour les exa- miner, deux échantillons de sables dragués en mer, l'un à l'ouest de Contis ( profondeur : 77 brasses ) , l'autre à l'ouest du phare du cap Ferret (profondeur : 85 brasses). Le premier de ces échantillons était un mélange de sable quartzeux , un peu argileux et micacé, verdâtre, et de nombreux et très-menus débris de petites coquilles , parmi lesquels on distinguait quelques fora- minifères très-bien conservés. Traité à froid par l'acide nitrique faible, puis lavé à grande eau , il laissait un résidu de sable quartzeux , très- fin, roussâtro et piqué de noir par une assez grande quantité de grains arrondis, de 'fs à h de millimètre de diamètre, plus ou moins brillants i-t fortement magnétiques. LXIII Le second échantillon , moins fin que le précédent, était composé de sable quartzeux , de grosseurs variées, les uns hyalins, les autres plus ou moins colorés , mélangés de menus débris de coquilles , de petites épines d'échinodermes et de quelques foraminifères. Il était fort peu argileux et le barreau aimanté en retirait une proportion assez considérable de granules noirs magnétiques. On y discernait aussi quelques grains de silex. Ces résultats sont conformes à ceux que les auteurs des Fonds de la mer ont signalés dans la première partie du t. II, qu'ils viennent de faire paraître (1872). Un grand nombre de spécimens de sondage qu'ils ont analysés , spécimens recueillis , les uns le long des côtes de France, depuis le parallèle de Noirmoutier et la longitude moyenne de Belle- Ile jusqu'à la hauteur de l'embouchure de la Gironde , les autres dans la fosse du Cap-Breton, renferment en effet, comme les sables précités, une quantité plus ou moins grande de grains noirs attirables au barreau aimanté. Ces grains , d'après les analyses de M. L. Périer, ne seraient ni du fer oxydulé, ni du fer titane, mais un silicate de fer anhydre, dont la composition serait celle de la fayalite ( FeO, MnO,) 3 SiO 3 . Les auteurs des Fonds de la mer (1) s'expriment ainsi au sujet de ce sable magnétique du golfe de Gascogne : « Nous le rencontrâmes pour » la première fois, il y a longtemps, à l'entrée de la Gironde (2). Il est » même poussé par les flots jusque dans le fleuve, et les courants l'ac- » cumulent à La Chambrette , entre la Pointe-de-Grave et le Verdon. » Nous l'avons abondamment trouvé sur ce point , au mois de mars » 1864, et on l'y recueille toujours. Depuis, nous l'avons vu, non-seule- » ment dans le golfe, mais encore à Rio-Janeiro, à l'ile Maurice ; puis, » sur la côte de Syrie , sensible à Smyrne , à Rhodes , à Mersina , à » Alexandrette ; plus rare à Beyrouth , à Tripoli , à Alexandrie. A la » Martinique , il forme le cinquième de quelques sables. C'est proba- » blement aussi le même minéral qui, avec du péridot, du quartz noir, » etc., constitue le gravier menu de Fayal ( Açores). Enfin, la fosse du » Cap-Breton , comme les parages de Noirmoutier, le rappellent sans (1) Les Fonds de la mer , t. II, p. 41 et 44. (2) Le sable de la Pointe-de-Grave a été signalé, il y a bien des années déjà, par Jouannet , qui considérait les grains magnétiques qu'on y trouve en très-grande quantité, comme du fer titane. Les gemmes y sont nombreuses. On trouve des sa- bles semblables , en divers points des côtes de Gascogne , à la base des dunes bai- gnées par la haute mer. LXIV » cesse par les grains épars émaillant leurs sables Ne serait-ce pas » ce silicate que l'on rencontre en grains isolés dans les sables des lan- » des et que les géologues ont pris pour de la nigrine ou fer titane, » souvent magnétique et doué aussi d'un certain éclat métallique? » Ainsi posée, la question est trop restreinte. Je rappellerai , en effet , que l'on observe des granules noirs magnétiques non-seulement dans les sables des landes , mais encore dans les gneiss et les scbistes mica- cés des montagnes du Limousin , dans les trachytes des monts d'Au- vergne , dans les sables des vallées qui descendent de ces montagnes et dans les limons sableux de la Dordogne et de la Garonne (1). De plus, si l'on examine attentivement les cartes des côtes de Frauce (2) sur les- quelles on a représenté la nature du lit de la mer, on y rencontre sou- vent la mention, — sable ( roux ou gris ) piqué de noir , — dont la posi- tion coïncide, pour quelques-unes, d'une manière très-précise avec celle de lieux ou les auteurs des Fonds de la mer signalent des sables plus ou moins riches en grains noirs de silicate de fer magnétique, et cette cir- constance nous autorise à croire que la mention pique' de noir corres- pond, partout où elle existe, à des fonds qui renferment du silicate de fer magnétique. Or, il est à remarquer qu'elle n'apparaît sur les cartes au Sud, que vers la limite méridionale de la région recouverte par le sable des landes ; qu'elle se montre , au Nord , jusque vers l'embouchure de la Loire, et qu'elle est fréquente entre ces points extrêmes, surtout en face de l'embouchure de la Gironde dont les affluents principaux , comme aussi quelques-uns de ceux de la Loire , traversent des ter- rains dans lesquels existent, plus ou moins abondants, des grains noirs, magnétiques qui, vus à l'œil nu, paraissent doués, comme les grains de silicate du golfe de Gascogne, d'un certain éclat métallique. L'existence de grains noirs magnétiques dans les dépôts littoraux <1p la France, a été signalée, il y a déjà quelques années, par M. Delksse. Il y a souvent, a-t-il dit dans la séance du 4 mars 1867 de la Société géologique de France ;3, « il y a souvent du fer oxydulé, dans le dépôt » littoral de la France ; mais il est généralement en parcelles microsco- (1) Linder : Élude sur les terrains de transport du déparlcmcnl de la Gironde Actes de la Soc. Linn. de Bord., I. XXVI, pp. iTO cl 471 ; — tirage à part, pp 90 et 91). (2) Par exemple, la grande carte géologique de la France. (3) Dei.esse : Recherches sur le dcpùi littoral de lu France. (Bulletin de la Société géologique de France , t. XXIV, 2« série , p. 430. LXV » piques , en sorte qu'il faut avoir recours à l'aimant pour constater sa » présence. Vers l'embouchure de la Seine et de la Somme , la partie » du dépôt littoral qui est attirable à l'aimant ne dépasse pas deux dix- » millièmes. Elle est souvent supérieure à un millième lorsque le » rivage présente des schistes cristallins ou des granités , comme dans » le golfe de Napoule et à Belle-Ile , ou bien vers les embouchures de » fleuves , comme la Loire , le Rhin , qui traversent des régions volca- » niques. Il est rare que le dépôt littoral contienne plusieurs millièmes » de fer oxydulé ; cependant sur quelques points du rivage, notamment » près d'Hyères , il peut être accumulé par le clapotement des vagues, » et alors il constitue une grande partie du dépôt. » Ainsi il résulte évidemment d'une part, des analyses de M. L. Périer, que les grains noirs magnétiques , observés dans les sables qui consti- tuent certains fonds de mer, et quelques dépôts de rivages sont , non du fer oxydulé, mais un silicate de fer ayant la composition de la fay alite ; d'autre part; du gisement même de ces sables, ou que ces sables sont, le prolongement naturel des formations psammiques qui constituent les couches superficielles des régions littorales (1), ou qu'ils ont été arrachés aux terrains qui forment les côtes voisines , ou , encore , qu'ils ont été entraînés dans la mer par les fleuves de la région , dont les eaux ont traversé des roches dans lesquelles des grains magnétiques entreraient comme partie constituante. De telle sorte que si l'on considère comme démontrée l'existence de la fayalite dans les fonds du golfe de Gasco- gne , on est naturellement conduit à se demander, non-seulement si les grains noirs magnétiques que l'on rencontre dans le sable des landes appartiennent.au même silicate de fer que ceux recueillis dans les fonds du golfe de Gascogne , mais encore si les grains noirs magnétiques ré- pandus en si grande profusion dans quelques roches silicatées, telles que les schistes micacés, les granités, les trachytes, etc., n'appartien- nent pas aussi , au moins en partie , a cette espèce minérale. A priori, on ne voit rien qui s'oppose à cette conclusion. La fayalite a été originairement trouvée dans l'île de Fayal (Açores), parmi les débris de roches volcaniques oh se trouvent aussi des grains (1) Ce que paraît démontrer le sondage d'Arcachon, dans lequel les assises renfer- mant des grains noirs magnétiques, s'y montrent jusqu'à une profondeur de plus de 55 mètres au-dessous du niveau de la mer. Il est évident que ces sables, dont on retrouve les analogues dans l'intérieur des terres , ne se sont pas arrêtés brus- quement au rivage , mais qu'ils se sont prolongés dans l'Océan , au-dessus des faluns pliocènes de Salles. 8 LXVI de péridot. Sa composition chimique donne les relations atomiques de ce dernier minéral, de sorte qu'on peut, à vrai dire, la considérer comme un péridot ferrugineux, de même que la monticellite est un péridot à base de chaux et la knebélite un péridot manganésîfëre. Le péridot ne se rencontre habituellement que dans les terrains ba- saltiques et volcaniques. Toutefois il existe , à l'Ecole des mines de Paris , un échantillon de cette espèce minérale qui est engagé dans la pegmatite (1), et M. Damour (2) a observé dans la collection de M. Adam (3) un péridot titanifère , trouvé à Pfunders, en Tyrol, dont la gangue est une roche talqueuse , veinée de chaux carbonatée cristalline et qui évidemment ne provient pas d'un terrain volcanique. On sait d'ailleurs qu'on le trouve en certaine quantité dans les météorites et dans les roches qui forment la base de la croûte terrestre. Le genre péridot existe donc dans des roches silicatées d'origines diverses. Les gisements de fer oxydulé en grains, appartenant souvent aux mê- mes terrains que ceux du péridot, il ne serait assurément pas impossi- ble que l'on eût parfois confondu la fayalite, peu connue, avec le fer oxydulé, dont elle a les propriétés magnétiques et paraît partager les caractères extérieurs , quand elle est en très-petits grains arrondis. Guidé par ces considérations, je me suis proposé de vérifier si le doute que je viens d'exprimer est fondé. J'ai réuni à cet effet un certain nombre d'échantillons (4) provenant de différentes localités, et renfer- mant des granules noirs magnétiques. L'examen au microscope de ces granules, soigneusement triés au moyen d'un barreau aimanté, puis lavés, m'a donné jusqu'à présent les résultats suivants : 1 et 2. Sables du Golfe de Gascogne. — Ce sont les sables dont j'ai donné la composition au commencement de cette note. Les grains magnétiques qu'ils renferment sont noirs; pris en masse et vus à l'œil nu, ils paraissent doués d'un certain éclat métallique; mais, vus au microscope, leur éclat change de nature : tantôt les granules ont l'aspect d'un verre noir dépoli; tantôt ils ont , selon l'inclinaison, un luisant semblable à celui qu'affectent parfois les mamelons de l'hématite brune, ou un éclat résineux très-caractérisé. Tous , quel que soit leur aspect, ils appartiennent évidemment, à en juger par leurs caractères (1) Di'fuénoy : Trailè de minéralogie, l re édition, t. III, 552. (2) Damour : Noie sur un péridol lilanifère. ( Ann. des Mines , 5 e série , t. VIII , p. 90). (3) Adam : Tableau miner alogique. (Ann. des Mines , 6 e série, t. XV, p. -iOo.) (4) Fonds de mers, dunes, sables des landes, alluvions et vases de la Garonne et de la Dordognc, diluvium du Périgord, Irachytes d'Auvergne, etc. Lxvn extérieurs , à une même espèce minérale. Leur structure est tantôt compacte , tantôt un peu jbulleuse et comme scoriacée. Ils sont très-petits , leur diamètre variant de ^ à ^ de millimètre, et paraissent avoir été tous usés par un frot- temant prolongé. Ils ne rayent pas le quartz. 3 et 4. Sables provenant du sondage d'Arcachon, recueillis l'un à 53 m 60, l'autre à 60 m 40 de profondeur, par conséquent à une profondeur moyenne d'environ 52 m au-dessous du niveau de la mer. — Les granules magnétiques que renferment ces sables présentent absolument les mêmes caractères miné- ralogiques que ceux des échantillons 1 et 2 ; leur grosseur varie de 4- à -^ de millimètre. 5. Sables bruns magnétiques de la Pointe-de-Grave , recueillis à la laisse de haute-mer, à toucher la jetée en construction. — Les grains magnétiques sont de même nature que ceux des échantillons précédents. Réunis en masse et vus à l'œil nu , ils présentent un éclat métallique très-prononcé , mais qui disparaît complètement sous un fort grossissement. La plupart sont arrondis , quelques-uns ont une forme cristalline , dont les arêtes sont plus ou moins émoussées. Leur grosseur est supérieure à celle des granules examinés jusqu'à présent , leur diamètre atteignant jusqu'à un quart de millimètre ; mais leurs autres caractères sont ceux que j'ai signalés dans l'examen des échantillons n 03 1 et 2. 6. Sables des rives de l'étang de La Canau. — Autant que j'ai pu en juger d'après le petit nombre de grains magnétiques retirés de l'échantillon , mal- heureusement trop 'peu volumineux, dont un ami a bien voulu se dessaisir en ma faveur, les caractères de ces grains ne diffèrent pas de ceux que m'ont of- ferts les granules magnétiques des n 03 1 à 5. 7. Sable de la JDordogne recueilli au port de Lanquais par M. Ch. Des Mou- lins. — Ce sable , très- grossier, renferme deux sortes de grains attirables à l'aimant : les uns présentent les caractères des granules des échantillons 1 à 6 ; les autres , beaucoup plus rares, sont comme composés de grains agglomé- rés, lithoïdes et d'un brun rougeâtre qui rappelle la couleur de certaines héma- tites brunes. 8. Sable noir recueilli, après les grandes pluies , dans les rigoles des champs de la plaine qui s'étend du port de Lanquais aux Guillonets ( Dordogne ). ( Collection de M. Ch. Des Moulins ). — Les grains magnétiques constituent le septième environ de ce sable ; ils ont tous les caractères de ceux de la Pointe- de-Grave, dont ils ne diffèrent que par leurs formes cristallines plus fréquentes et beaucoup plus accentuées. 9. Sable noir de l'Auvergne, provenant de la destruction d'un tracliyte po- reux. ( Collect. Des Moulins ). — Mêmes caractères que ci-dessus ; formes cris- tallines fréquentes, à arêtes vives ou faiblement émoussées, paraissant se rapporter à l'octaèdre et au dodécaèdre réguliers. , Quelques grains sont bruns et d'apparence lithoïde. LXVIil Broyés au mortier d'agate , les grains retirés de ce sable par l'aimant don- nent une poussière qui , vue au microscope , offre le même éclat résineux ou vitreux qu'on observe dans la cassure ou sur les faces cristallines des grains eux-mêmes. Ce caractère est commun aux granules noirs magnétiques de tous les échantillons de sable examinés. Il résulte de l'examen auquel je viens de me livrer, que les caractères minéralogiques de la presque totalité des granules magnétiques re- cueillis dans les sables n os 3 à 9 , sont les mêmes que ceux des granules recueillis dans les fonds du golfe de Gascogne (n os \ et 2), et par conséquent qu'il est extrêmement probable que ces divers granules ap- partiennent à la même espèce minérale , le péridot à base de fer. La probabilité de cette conclusion est encore corroborée par cet autre fait que les grains magnétiques paraissent devenir plus gros et affectent des . formes cristallines plus accentuées , à mesure que l'on remonte la vallée de la Dordogne. Il me reste à examiner si l'analyse chimique conduit à la même conclusion. Je ferai connaître sous peu les résultats de ce nouvel examen. La Société a reçu les ouvrages suivants dans la séance de ce jour : De M. N. Joly, professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse : Etude sur les métamorphoses des Axolotls du Mexique. Contributions à l'histoire naturelle et à l'anatomie de la mouche- feuille des Iles Seychelles. Sur l' hyper-métamorphose de la Palingenia Virgo à l'état de larve. Séance du 7 Août. — M. Linder, annonce que le puits artésien de M. Brandenburg, à Bruges, a été approfondi, et que la sonde a pénétré dans une couche aquifère, d'où l'eau jaillit à raison de 494 litres à la minute. L'orifice du puits est à 26 mètres environ au-dessus du niveau de la mer, et son fond à \ 37 mètres au-dessous ; la profondeur totale du sondage est donc de \ 63 mètres. M. Linder , à cette occasion , entre dans quelques détails relative- ment à l'hydrologie souterraine du département de la Gironde ; il fait remarquer que les seuls sondages ayant jusqu'à présent donné des eaux jaillissantes, sont ceux qui ont pénétré dans la partie inférieure de l'é- tage du calcaire de Blaye. Trois nappes paraissent y avoir été rencon- trées ; elles sont de puissance variable, et leurs niveaux hydrostatiques semblent suivre l'ordre inverse de celui de leur superposition. Les puits artésiens du Médoc sont aujourd'hui assez nombreux ; ils forment Irès- sensiblement une bande parallèle à la direction moyenne de la ligne de faîte qui sépare la Garonne du bassin de la Levro, c'est-à-dirè que la LXIX nappe aquifère semble suivre une direction dont le point d'origine est dans les Pyrénées; cette circonstance explique l'affluence de plus en plus grande des eaux jaillissantes, au fur et à mesure que la sonde atteint des nappes aquifères plus profondes. Il est maintenant permis d'espérer que, sous peu de temps , l'on possédera des éléments suffisants pour fixer d'avance, avec quelque certitude, les points où la sonde ferait jaillir l'eau à la surface du sol ; mais , d'ores et déjà , l'on peut citer, comme présentant de grandes chances de réussite , des sondages qui seraient faits, par exemple, à Bourg et à Blaye. M. Des Moulins lit une note sur la lame buccale interne des vrais Spatangoïdes ; cette note sera insérée dans le corps des Actes. M. Durieu donne quelques détails sur l' H eleocharis amphibia qu'il a découvert, il y a vingt ans, sur les bords de la Garonne; il fait passer une très-belle gravure de cette plante sous les yeux de ses collègues , qui le pressent instamment d'en faire l'objet d'une note à insérer dans les Actes. Le savant Directeur du Jardin-des-Plantes dépose ensuite sur le bureau un charmant exemplaire de Trichinium Manglesii , Amarantacée originaire de la Nouvelle-Hollande , qui fleurit depuis trois mois au Jardin botanique , et dont les écailles, vivement colorées de rouge et de blanc , donnent à la plante l'aspect d'un trèfle d'une beauté tout-à-fait originale. Jusqu'à présent, cette plante avait été considérée comme in- cultivable en France. M. Durieu tient à constater que si l'impossibilité a disparu, c'est grâce aux soins et à l'habileté de M. Gilbert Terret, chef de l'École de botanique. M. Benoist présente des carapaces , une pince et un avant-bras d'es- pèces du genre Pagurus , trouvés par lui à La Sime , dans une couche pliocène contenant de nombreux fossiles identiques à des coquilles de mollusques de l'espèce actuelle. La Société reçoit les publications suivantes : H. Nyst et M. Mourlon : Note sur le gîte fossilifère d'Aeltre (Flan- dre orientale ) ; Mémoires de la Société des Naturalistes de la Nouvelle-Russie , à Odessa ; Paul Hagenmuller : Catalogue des Mollusques terrestres et flumaliles d'Alsace; P. Fischer et H. Crosse : Mission scientifique au Mexique et dans l'Amérique centrale. — Recherches zoologiques , publiées sous la direc- tion de M. Milne Edwards. — 7 e partie , Études sur les Mollusques ter- restres et fluviatiles. (Don de M.Fischer; avec le consentement du LXX donateur, la Société décide qu'elle fait don de ce magnifique travail à la bibliothèque du Muséum d'histoire naturelle de Bordeaux. ) Société des Amis des Sciences naturelles de Rouen. — ( 6 e et 7 e an- nées, — 4870-1871 . — Mémoires et procès-verbaux des séances. ) Séance du 21 Août. — M. Durieu, en déposant sur le bureau une monstruosité de la plante femelle du maïs , dit qu'il y a quelques an- nées , il a soutenu, dans son cours au Jardin-des-Plantes , que l'épi de la plante femelle du Zea mais a une conformation pareille à celle de la panicule mâle de cette graminée, et qu'il n'en diffère que par le fait de la soudure des rameaux dans le prolongement de l'axe de la tige. Divers faits , selon lui, confirment cette manière de voir ; c'est ainsi que l'année dernière , il a recueilli une plante femelle , dont la partie fructifère se composait de rameaux distincts ne portant que des épillets femelles et dont l'ensemble formait une panicule terminale tout-à-fait semblable à celle de la plante mâle. L'échantillon qu'il place aujour- d'hui sous les yeux de ses collègues, complète la démonstration. La base de la monstruosité est une agglomération spiciforme d'épillets fe- melles , tandis que son extrémité se divise en rameaux indépendants , qui portent les uns des fleurs mâles, les autres des épillets femelles, et forment , au-dessus de la base spiciforme , une véritable panicule ter- minale. L'étude des monstruosités présente parfois , ainsi qu'on le voit par cet exemple , un véritable intérêt au point de vue de la physiologie vé- gétale. On peut encore en donner comme preuve les monstruosités qui affectent quelquefois diverses espèces de Pavot dont la floraison a été tardive , et dans lesquelles la disposition des organes de la fleur, restés incomplets, indique nettement qu'ils ne sont que des feuilles modifiées de la plante. M. Durieu , à l'appui de cette observation , montre à ses collègues une fleur de Papetier bracteatum , dans laquelle les pétales sont difformes , les étamines ont des anthères qui sont de véritables feuilles, qui auraient passé plus tard à l'état de capsules plus ou moins complètes, et la capsule elle-même est composée de demi-loges, cons- tituées par des feuilles modifiées libres et convergentes. M. Durieu parle ensuite d'uue excursioD qu'il a faite, le 11 août, à l'étang de La Canau , pour constater la végétation nouvelle qui s'est emparée de la partie du sol de l'étang, abandonnée par les eaux, et des marais environnants , nouvellement asséchés. A la suite des grands tra- vaux de canalisation qu'on a exécutés le long des dunes , le niveau des étaugs s'est abaissé de soixante centimètres ; et les marais qui les en- LXXÏ touraient, mis à sec, sont aujourd'hui couverts de beaux produits: blé, maïs, betteraves, pommes de terre, etc. Toute trace de vé- gétation aquatique ou palustre a disparu de ce nouveau sol , désormais acquis à l'agriculture. Les mauvaises herbes de l'extérieur n'y ont pas encore pénétré. — Quant au sol , autrefois caché sous les eaux de l'étang, sol aliotique, tantôt nu, tantôt recouvert de sable , où jadis se développait une vigoureuse végétation qui circonscrivait l'étang d'une belle guirlande de verdure , il est maintenant nivelé par les vents, et n'offre plus à l'œil que l'aspect désolé d'une plage uniforme de sable, de largeur variable , et dépourvue de toute végétation. Ce n'est qu'au fond de quelques dépressions , emplacements d'anciennes mares que la main de l'homme n'a pas encore mis en culture, que l'on peut recon- naître quelques plantes palustres , chétives , rabougries , donnant un dernier signe de vie : Drosera intermedia , Scutellaria minor, Hydro- cotyle vulgaris , Alisma repens , Ptycholis Thorei, etc. Pteris aquilina n'a pu être retrouvé dans les cultures. M. Durieu expose rapidement l'histoire de la germination de cette fougère et de son établissement dans les terrains non remués. Il rap- pelle l'extrême légèreté de ses spores , que le moindre souffle entraîne au loin et qui flottent dans l'air jusqu'à ce qu'elles aient pu se déposer en un lieu convenable , abrité, chaud et humide, où le vent n'ayant plus aucune prise sur elles , elles puissent se développer et produire la petite fronde ou prothalliwn , commencement de leur vie aérienne. Autour de l'étang de La Canau, les terrains exondés ont, pendant la première année qui a suivi le retrait des eaux, formé comme un désert où le bétail ne pénétrait que rarement , et dans lequel les pas des bœufs traçaient des empreintes profondes qui , n'étant pas piétinées par de nouveaux passages , se conservaient intactes et devenaient autant de re- fuges des spores du Pteris aquilina. Au fond de chaque trou paraissait une jeune fougère. A la vue de ce commencement d'envahissement , M. Durieu eut le projet d'écrire sur ce fait une petite note, où il eût fait l'histoire très-simplifiée de la reproduction de la fougère , et montré l'utilité qu'il y aurait à la détruire dans son jeune âge , chose facile alors , tandis que , plus tard , l'extirpation devient d'une sérieuse diffi- culté , le Pteris aquilina , par ses rhizomes puissants et profondément hypogés , se propageant au loin avec une grande rapidité et envahissant littéralement le sol végétal dans lequel il a pénétré ; mais ses nombreu- ses occupations ne permirent pas à notre savant collègue de donner suite à son projet ; la note ne fut pas faite. LXXII Le grand chenal, où l'on recueillait YAldrovanda cesiculosa , est en- core très-profond , et l'abaissement de son niveau n'a rien changé à l'état de ses bords, garnis des mêmes plantes et offrant les mêmes abris à YAldrovanda. Pourtant cette rare et curieuse plante , le fleuron le plus intéressant de la flore girondine , a complètement disparu. Les recherches les plus minutieuses ne laissent plus de doute à cet égard. Les Chara fragifera , Nitella tenuissima et d'autres characées qui abondaient au pourtour de l'étang et qui toutes croissaient à une pro- fondeur de moins de 60 centimètres, ont disparu de même, et l'on n'en trouve pas la moindre trace dans tout l'étang. Nul doute , cependant , qu'elles ne reparaissent lorsqu'elles se seront fait, sur la nouvelle rive, un lit à leur convenance. La Société reçoit en don de M. le Capitaine Leclerg, membre cor- correspondant, quatre feuilles de la carte de France, dite de ï Etat-Ma- jor : n°M 9 1 , la Teste de Buch ; 1 92 , la Réole ; 203 , Sore ; 204 , Gri- gnols, qui, avec celles données précédemment par M. Oudry, complètent le département de la Gironde. Des remercîments seront adressés au donateur par le Secrétaire général. M. P.-J.-C. Huguet fait hommage d'un brochure intitulée : Souvenir du Congrès de Saint-Brieuc. — Avant, pendant et après ; par un mem- bre de la Société d'Émulation des Côtes du Nord. â Septembre 1892. ANNÉE ACADÉMIQUE 1872-73. COMPOSITION DU BUREAU MM. Ch. Des Moulins Président. Delfortrïe Vice-Président. Linder. . ' Secrétaire général. Benoist Secrétaire du Conseil. Trimoulet Archiviste. Bailby Trésorier. C te DE KERCADO D r Lafargue ....*. Lambertie D r S. -M. SOUYERBIE, Membres du Conseil. Séance de rentrée : 6 Novembre 1872. — M. de Kergado, empêché d'assister à la séance, écrit pour excuser son absence et pour prier ses collègues de vouloir bien accepter sa démission des fonctions de tré- sorier , que son âge avancé , quatre-vingts ans , le met dans l'impossi- bilité de remplir à l'avenir. Au nom de la Société , M. le Président adresse à M. de Kercado ses remerciements les plus chaleureux pour le dévouement sans bornes qu'il a apporté dans ses délicates fonctions, et lui exprime les regrets que sa retraite cause à la Compagnie. La Société consultée , accepte la démission de M. de Kercado comme trésorier, nomme à sa place M. Bailby , quelle remplace au Conseil par son vénérable prédécesseur. A part cette mutation, le nouveau bu- reau reste intégralement le même que l'année précédente. M. Dubalen, membre correspondant , actuellement en résidence per- manente à Bordeaux, est , sur sa demande , proclamé membre titulaire. Sur la proposition du Conseil, M. Artigue (Henri), botaniste, est admis à assister aux séances comme membre auditeur. M. le Président annonce à la Société que l'Empereur du Brésil , à la suite du voyage qu'il a fait à Bordeaux , il y a quelques mois , vient de donner à M. Durieu, directeur du Jardin des Plantes de notre 6 LXXIV ville , un témoignage de la haute estime en laquelle il tient ses travaux et son caractère, en conférant à cet éminent collègue la croix de chevalier de son Ordre de la Rose. M. Des Moulins déclare avoir la conviction qu'il n'est que l'interprète de la Compagnie, en exprimant à M. Durieu la vive part que tous ont pris à la satisfaction que lui a fait éprouver cette honorable distinction. Les membres présents s'associent avec chaleur aux paroles de M. le Président. M. l'abbé Moureau soumet au jugement de l'Académie un mémoire manuscrit intitulé : Supplément et rectification au Catalogue de M. de Chantelat. Ce travail est renvoyé à l'examen de M. L. Motelay. M. l'abbé Bardin informe M. le Président qu'il a terminé son mé- moire sur les mollusques fossiles de Genneteil ; il demande s'il peut le compléter par l'adjonction d'une planche lithographiée. Avant de rien décider à cet égard, la Société désire avoir un devis delà dépense qu'occasionnerait l'exécution de la lithographie. Le Secrétaire gé.xérxl propose à la Compagnie de faire distribuer, à l'avenir, les procès-verbaux des séances aux titulaires , au fur et à me- sure de leur impression par demi-feuilles, chacune portant la date exacte de sa distribution. Ce mode de procéder non-seulement aurait l'avantage de donner aux communications une publicité presque immé- diate , mais encore permettrait aux auteurs de rectifier promptement les erreurs qui, malgré tout le soin apporté à leur rédaction, vien- draient à s'introduire dans les procès-verbaux. La Société approuve cette proposition. M. Linder développe en quelques mots les résultats nouveaux aux- quels ses observations l'ont conduit au sujet des terrains quaternaires du sud-ouest de la France , ou plutôt les rectifications qu'il est amené à introduire dans son travail sur les terrains de transport de la Gironde. « L'honnêteté scientifique, dit-il en terminant, exige qu'un auteur, aussitôt qu'il a reconnu des erreurs dans ses travaux, les signale et les rectifie , sacrifiant son amour-propre à la vérité. Je vous ai dit les mo- tifs qui me font revenir sur les conclusions de mon travail de 1 868 , sur les terrains de transport de la Gironde, et pourquoi elles me semblent devoir être modifiées ; je vais, en peu de mots, indiquer les rectifica- tions à y apporter et les réserves qu'il convient d'y introduire. » I. Les terrains non stratifiés que l'on observe du fond des vallées de la Gironde jusqu'au sommet des plateaux se suivent dans l'ordre suivant, quand on en considère la série complète. » a. Des alluvions reposant sur des sables et des graviers, occupent : LXXV le fond des vallées; leur épaisseur est quelquefois considérable. Gn y trouve fréquemment des troncs d'arbres, des coquilles terrestres et fluviatiles , quelquefois des restes de l'industrie humaine. » b. Des graviers avec ossements d'éléphants ou d'autres animaux de l'époque quaternaire couvrent la base des flancs des coteaux et y for- ment, en quelques endroits, au-dessus des alluvions précédentes, une ou deux terrasses étagées , plus ou moins étendues et nettement accu- sées. En général, un limon peu épais et ressemblant au lœss en cons- titue le recouvrement : ce limon ne présente aucune apparence de stra- tification, et contient en quelques points des coquilles terrestres et peut-être quelques coquilles fluviatiles. » A ce second dépôt b appartient le gravier de Laroque (commune de Bassens), dans lequel M. Drouot a recueilli des ossements d'éléphant , de rhinocéros, de bœuf, de cheval , d'hyène, etc. (1). C'est ce même dépôt b qui forme les terrasses de Rions , de Lagruère et de Tonneins , ainsi que les sables et les graviers qui s'étendent dans le Médoc à la limite des alluvions de la vallée de la Garonne (2). » c. Des dépôts, tantôt composés de gravier ou de sable, tantôt d'ar- gile, constituent une troisième formation qui forme comme un manteau, pour ainsi dire continu , à la surface des plateaux et des coteaux élevés du département de la Gironde. Sur la rive gauche de la Garonne , elle porte, en partie, le nom de « sable des landes >> ; sur la rive droite, elle comprend les dépôts caillouteux de l'Entre-deux-Mers et ceux, à troncs d'arbres silicifiés , du Blayais. » La formation a est la plus récente ; elle est de date postérieure non seulement à celle des dépôts b et c , mais encore à celle de la dénuda- tion de ces dépôts et du creusement des vallées dans leur épaisseur. Le lit de gravier et de sable qui en forme la base et dont l'épaisseur est sou- vent assez grande , repose directement sur le terrain tertiaire ; il a été déposé après que les grandes vallées ont pris leur relief actuel, et depuis lors, aucun changement géologique n'a altéré ce relief, sauf l'accrois- sement des alluvions dans lesquelles coulent actuellement les cours d'eau, et quelques oscillations dans le niveau général du pays. IL Les dépôts a, b et c sont quaternaires ; peut-être cependant y a-t-il à faire des réserves au sujet de quelques dépôts de sables analogues (i) Annales des Mines , 5 e série , t. XV, p. 81 : Note sur quelques ossements, elc ; — Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux , t. XXVI , p. -156. (2) Actes de la Société Linnéenne, ibid. pp. 449 et suiv. LXXVI aux sables roux de la Chalosse, que l'ou observe, sur divers points, à la base des dépôts c. » III. Chaque bassin secondaire de la Gironde, a son terrain quater- naire spécial exclusivement composé d'éléments arrachés aux terrains plus anciens qui en constituent l'ossature. » IV. Le terrain quaternaire du sud-ouest de la France paraît s'être formé sous l'influence de causes complexes, De nouvelles observations me font douter très-sérieusement que le dépôt c soit , ainsi que je l'ai dit ailleurs, le résultat final d'un envahissement brusque du continent par la mer » ; et quant aux; dépots a et b , ils n'ont pas d'autre origine que ceux qui se montrent, aux mêmes niveaux, dans les vallées de la Loire, de la Seine et de la Somme. » La forme actuelle des vallées , la disposition de leurs versants en gradins étages , la nature et la composition des dépôts situés , à divers niveaux, sur les flancs et à la base des coteaux encaissants, sont la conséquence naturelle, 1° de l'écoulement de grandes masses d'eau, probablement torrentielles à l'origine, descendues des Pyrénées et du Massif Central, et 2° de l'impulsion que la rotation terrestre imprimait à ces eaux ainsi qu'aux matières qu'elles entraînaient dans leur course. » M. Lixder donne ensuite quelques renseignements sur le relief du terrain tertiaire inférieur de la Gironde; il annonce qu'il les complé- tera dans l'une des prochaines séances. M. Des Moulins rend sommairement compte de ses études sur les cirrhipèdes fossiles des faluns supérieurs de la Gironde et dépose sur le bureau la collection complète des pièces d'un Scalpellwm trouvées dans les faluns de Salles et de la Sime. M. Duralen présente un travail manuscrit intitulé : Catalogue critique des oiseaux observés dans les départements des Landes, des Basses-Pyré- nées et de la Gironde. L'impression de ce travail dans les Actes est pro- posée et votée. Le même membre met sous les yeux de ses collègues un échinide fossile qu'il a recueilli dans la partie supérieure de la couche à Tcrebra- tules de Coudares, près Saint-Sever. Ce fossile, que M. Des Moulins assimile au Macropneustes brisxoïdes Desor, rapproche la couche, dans laquelle il a été trouvé, des calcaires blancs à Echinodermes de Montfort (Delbos); ces calcaires blancs ne constitueraient doue pas, comme on l'a cru, un étage distinct, ils correspondraient simplement aux. assises qui recouvrent les marnes à Térébratules de Coudûres, Nexbis, Biar- ritz [au MouligoaL LXXVII M. Des Moulins fait remarquer que l'échantillon de M. Dubalen , bien que très-écrasé , présente cependant des caractères si nets , que sa détermination ne peut faire l'objet d'un doute. « Le Macropneustes brissoïdes Desor, Synops,, *p. 410, est, dit-il, le synonyme des espèces suivantes : » Eupatagus brissoïdes Agass. et Desor, Catal. raisonné ; » Spatangus brissoïdes Leske. — Ch. Des MouL, Tableaux synony- miques!, p. 392 ; » Spatangus punctatus Grat., Ours. foss. Dax , pi. I, fig. 11 !, (non Lamarck I — L'espèce de ce nom , pour Lamarck , est un vrai Micraster de la craie blanche de Rouen). » L'échantillon de M. Dubalen a des rapports avec trois espèces très- voisines l'une de l'autre , savoir : » 1. Macropneustes pulvinatus Agass., Cat. rais., p. 114. — D'Ar- chiac (sub Micrastero) , Foss. numm. de Bayonne, in Mémoires Soc. géol. de France , 2 e série, t. II, pi. 6, fig. 1 , p. 201. — Desor, Synops., p. 411 , lequel se distingue de l'échantillon de Coudûres en ce que ses tubercules ne sont pas disposés en chevrons. » 2. M. Pellati Cott., Echin. des Pyrénées, in Congrès scient, do France à Bordeaux, 1861 et 1863, t. III, p. 142, n° 96, pi. VIII, fig. 1,2; espèce fort belle et rare (très-renflée et comme parallôlipipédique ) , du rocher du goulet à Biarritz , couches à Serpuld spirulœa , laquelle se distingue de celle de Coudûres en ce que son sommet est plus antérieur, et que ses ambulacres antérieurs divergent à angles droits comme une croix , tandis que dans l'échantillon précité ils sont obliques. » 3. M. Deshayesii Agass. — Desor, Synops. , p. 410, pi. XLIV, fig. 2,3, du calcaire grossier de Paris et du terrain nummulitique du canton de Schwitz , espèce dont M. Des Moulins possède deux moules en plâtre de la collection, publiée par M. Agassiz , et par conséquent au- thentiques ; (ils figurent sous le nom de Micraster major, et portent les n os P. 90 et P. 92). » Cette dernière se distingue du M. brissoïdes par ses tubercules plus nombreux, par ses espaces interporaires moins larges et par sa forme moins cylindrique ; elle s'en rapproche par la grosseur et par le grand écartement de ses paires de pores. » En somme , s'il y a une différence spécifique réelle entre l'échan- tillon de Coudûres et le Deshayesii d'une part, — entre le Deshayesii et le brissoïdes d'autre part , on peut dire que ces formes sont exces- sivement voisines. — Si l'on ajoute à cela que les Macropneusles LXXV1II pulxinalus et même M. Pellatï sont aussi très-voisins de ces deux au- tres, on reconnaîtra combien il est difficile de fixer les vraies limites d'une bonne et solide espèce. » M. Durieu fait passer sous les yeux de ses collègues un bouquet d'Hebeclinium uxolepis De Cand., plante que ce célèbre botaniste n'avait pu étudier que sur le sec. Cette Synanthérée n'a pas encore été , à sa connaissance, cultivée en Europe , et c'est à regretter, car bien qu'elle ne soit pas à classer parmi les fleurs remarquables de nos jardins , ce- pendant elle peut encore, disposée en massifs, produire un très-bel effet. L'Hebeclinium uxolepis présente un caractère assez rare : son stigmate, au moment du complet épanouissement de la fleur, est jaune , tandis que la base du style est violacée comme la base du capitule, de sorte que le style prend à la fois les couleurs opposées qui , généralement, s'excluent dans les plantes. La fécondation terminée, les stigmates pâlissent et deviennent d'un blanc sale. M. Lambertie dépose sur le bureau une Argine Pandora hermaphro- dite, comme exemple d'un phénomène qui se produit rarement. Les ouvrages suivants ont été offerts par leurs auteurs à la Société : 1 . Prof. Comm. G. Capelllm : Sul Felsinoterio , sirenoide halico- rsforme dei depositi littorali pliocenici delV antico bacino del Méditer- ranée e del Mar Nero. — Bologna. % W. H. Gregg. M. D. : Catalogue of the birds of Chemung county Neic-York. (Extrait des procès-verbaux de l'Académie des Sciences d'Elmira. — New- York.) 3 et 4. Joh. Lange : Bertning om Universitetes botaniske Hâve for Amené, 1867-1868 et 1869-1870. — 2 vol. Copenhague. Bemœrkninger om froenes form og skulptur hos beslœgtede arter i forskellige slœgter. — Copenhague. 5. F. Lescuyer : Les Oiseaux dans les harmonies de la nature. 6. Carl Agardh Westerlund : Sceriges land och sôttatten-moUuskcr. — Lund. 7. Le même : Bidrag till Kânnedomen af Sceriges Atripliccs. — Lund. 8. Le même : Fauna molluscorum terrestrium et fluviatilium Sitc<:i A BORDEAUX, CHEZ COOERC & DEGRÉTEAU, ( Maison LAF ARGUE ), Rue du Pas Saint-George* , 18. 1872 i.- - — - ... ACTES DE LA SOCIETE LIMÉEME DE BORDEAUX TOME XXVIII Troisième Série : TOME VIII DEUXIÈME PARTIE A PARIS, CHEZ J.-B. BAÎLLIÈRE, LIBRAIRE, Rue Hautefeuille, 19; fflÊfflE MAISON A tOHDBES, MADRID ET NEW- YORK. A BORDEAUX, CHEZ CODERC & DEGRÉTEAO, ( Maison LAF ARGUE .), Rue du Pas Saint-Georges, 2 S. 1872 N.B. — MM. les Souscripteurs et les personnes qui voudront s'abom aux Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, sont prévenus que M J.-B. Baillière, à Paris et à Londres, et L. Coderg et F. Degrêti successeurs de Th. Lâf argue, à Bordeaux, recevront, comme pa passé, le montant de leurs abonnements et se chargeront de l'envoi Actes de la Société. <*£ AMNH LIBRARY 100167249